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Bande dessinée

Jeudi 3 janvier 2013 4 03 /01 /Jan /2013 07:00

asgard-t1-01.jpgAsgard est né avec une jambe infirme. La tradition exigeait la mort de ce "Skraëling" mais son père, incapable de le tuer, l'épargna et lui donna le nom du royaume des dieux. 40 ans plus tard, Asgard surnommé "Pied-de-Fer" vit seul en marge des autres habitants, toujours marqué par la malédiction de sa naissance. Un matin, il recueille sur la plage une jeune fille échouée, Sieglind, après le naufrage de son bateau de pêche engloutie par un monstre marin qui sévit dans les eaux de la région et empêche le bon approvisionnement des habitants. Mais Asgard est un chasseur reconnu et vient offrir ses talents contre récompense. La chasse va pouvoir commencer !

 

C'est dans les contrées nordiques que nous emmène cette fois-ci Dorison et Meyer, autour de légendes et de monstres marins. Le récit est centré autour du personnage d'Asgard, fort charismatique et un brin mystérieux, et de la jeune Siegling, une orpheline et ancienne esclave qui ne rêve que d'embarquer sur un navire et de se mesurer aux hommes. Asgard, vieux loup solitaire qui semble insensible et froid, va pourtant devoir s'encombrer à bord de son drak d'une Siegling clandestine. Malgré sa bonne volonté, ce dernier ne se laisse pas apprivoiser facilement.

Les personnages principaux comme secondaires sont plutôt bien campés et la narration progresse avec beaucoup de fluidité, sans temps morts. A mi parcours, la tension s'accentue et l'affrontement avec le Krökken se révèle particulièrement prenant et spectaculaire.

Porté d'ailleurs par le dessin très puissant de Ralph Meyer (Berceuse Assassine), ce premier tome

 est une vraie réussite. Le choix pertinent des cadrages accentuent la force du récit et donnent à voir toute l'étendue d'un univers entre mer, lacs coincés entre falaises et village viking.

 

Conforme à ses promesses, Asgard s'avère une histoire d'aventures de haut vol qui mélange sauvagerie et passages plus apaisés, à l'image de la relation entre Asgard et Siegling. Mêlant légendes nordiques (Ragnarök et serpent-monde) avec une chasse aux monstres marins, dont on peut observer une filiation avec Moby Dick, la série se révèle finalement très humaine, présentant par ailleurs le mode de vie viking, peu égalitaire, où chacun doit rester à la place que la naissance lui a donné.


N'hésitez donc pas à plonger dans cette aventure, accessible à un large public, et dont on ne peut que souligner la grande qualité ! Le seul regret que l'on pourrait émettre, tant son univers est riche et ses personnages intéressants, c'est qu'elle ne soit prévue qu'en 2 tomes. On verrait sans mal les protagonistes évoluer dans de plus vastes aventures !

La suite et fin de ce dyptique sort d'ailleurs le 25 janvier ! Voilà une raison supplémentaire de vous lancer !

 

 

D'autres avis :

Oliv' - Zaelle - Yvan -

 

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Titre : Asgard, tome 1

  Dessinateur : Ralph Meyer

Scénariste : Xavier Dorison

Éditeur : Dargaud

Parution : Mars 2012

  56 pages 

Prix : 13,99€



Par Choco - Publié dans : Bande dessinée - Communauté : Salon Lecture
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Lundi 31 décembre 2012 1 31 /12 /Déc /2012 07:00

train-des-orphelins-t1-01.jpg1990, aux États-Unis : un vieil homme nommé Harvey Young vient rendre visite à un certain Jim qui l'appelle lui-même Jim. On ignore tout de leur histoire.

Flash-back : retour en 1920 dans un des orphelinats new yorkais où bon nombre d'orphelins et d'enfants des rues trouvent refuge. Parmi eux, Jim, Joey, Harvey et Lisa qui vont, bien malgré eux, être envoyés vers l'Ouest et une nouvelle famille.

 

L'Amérique ne connaît pas encore sa grande crise mais les temps sont durs pour les orphelinats qui peinent à assumer l'affluence d'enfants abandonnés par des familles sans le sou ou d'orphelins qui colonisent les rues de la ville. Ne pouvant gérer tous les enfants qui lui sont confiés, l'état de New york organisa une opération d'envergure consistant à placer les enfants dans les régions pauvres de l'Ouest, en quête de main d'oeuvre gratuite. Financée par la haute société new yorkaise qui se donna bonne conscience à peu de frais, les enfants seront convoyés en train à travers tout le pays. Véritable tournée d'adoption, chaque arrêt en gare était ponctué d'une distribution d'enfants, annoncés par voie d'affichage, telle une foire aux bestiaux.

 

 " Recherchons foyers pour orphelins. Sous les bons auspices de l’Orphan Train Society de New York, une compagnie d’orphelins en provenance de la côte est arrivera dans notre ville le 23 mai. La distribution des enfants  (de tous âges, des deux sexes et en parfaite santé) se tiendra au théâtre à 14 heures. "

 

Jim et Joey sont deux frères placés à l'orphelinat par leur père, incapable de s'en occuper. Alors que les deux garçons espèrent toujours que ce dernier vienne les reprendre, un convoi ferroviaire d'enfants est organisé par le directeur de l'orphelinat. Sur le quai, les deux frères aperçoivent leur père. Mais loin de venir les chercher, il leur confie la garde de leur petite soeur Anna. Une douzaine d'enfants prennent alors le départ sous la conduite d'une veuve bigote qui se supporte pas les enfants et d'un jeune bourgeois peu scrupuleux. Jim et Joey se lient alors d'amitié avec Harvey, un jeune gamin débrouillard, qui leur donne des conseils pour ne pas être séparés et tenter de s'enfuir.

 

A travers l'histoire de ces enfants, nous découvrons le drame de cette migration historique qui fut un des plus grands mouvements de déplacement d'enfants connus. Entre 1853 et 1929, c'est 250 000 enfants qui participèrent à l'Orphean Train Society. Loin d'être la vaste opération de bienfaisance annoncée, elle fut le siège de multiples actes intéressés : les orphelinats qui se débarrassent d'une population coûteuse et se révèlent à assurer le bon suivi des enfants, les adoptants qui recherchent des bras pour le travail à la ferme, les esprits mal-intentionnés qui profitent de se faire de l'argent en "réservant" de jolies petites filles blondes à des parents en mal d'enfants. Et entre leurs mains, des enfants dont on exige qu'ils abandonnent le passé et tout ce qui s'y rapporte (photos, lettres).

 

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Le train des orphelins est une histoire poignante et plus que réaliste qui s'appuie donc sur ce drame historique fort peu connu des Etats-Unis. Philippe Charlot réussit à rendre cet épisode très accessible à travers une galerie de personnages en majorité enfantins. Loin de sombrer dans une description sombre et déprimante, il rend au contraire une narration relativement légère et enlevée, ponctuée de quelques répliques piquantes et humoristiques, et valorisée par le dessin très expressif de Fourquemin. On s'attache à ces enfants niés dans leur identité et à qui on impose une nouvelle vie, et qui pourtant n'en oublient pas de rire.

Entre fiction et réalisme, l'histoire alterne entre passé et présent tandis que le mystère s'épaissit quant à la destinée de ces enfants.

 

Une série pleine d'humanité à découvrir alors que le tome 2 (fin du premier cycle) est annoncé pour le 9 janvier !

 

On notera également avec intérêt le dossier explicatif en fin d'album qui permet de compléter la fiction.

 

 

 

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Interview du scénariste

 

 

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Titre : Le train des orphelins, tome 1

  Dessinateur : Xavier Fourquemin

Scénariste : Philippe Charlot

Éditeur : BAmboo, Grand angle

Parution : Octobre 2012

  48 pages 

Prix : 13,90€


Par Choco - Publié dans : Bande dessinée - Communauté : Salon Lecture
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Vendredi 14 décembre 2012 5 14 /12 /Déc /2012 21:45

niourk-t1-01.jpgDans un futur post-apocalyptique, les hommes sont retournés à un mode de vie grégaire et à un quotidien fait de chasse et de sacrifices aux esprits. Niourk nous invite à suivre la destinée d'un enfant noir au sein d'un clan qui suit aveuglément les directives d'un vieux shaman. Alors que le gibier et la pluie se font rares et menacent la survie du clan, ce dernier décide d'aller prier les dieux dans un lieu tenu secret. Niourk, seul enfant noir de la tribu et tenu à l'écart par sa différence, sait que le retour du shaman signera son arrêt de mort. Pourtant il ne reviendra pas. Et c'est Niourk qui, curieux et téméraire, ira à la rencontre de ce dernier. Ou plutôt de son cadavre, englouti par le froid et l'alcool, au pied des vestiges de notre ancienne civilisation : un ancien centre commercial dans lequel le jeune garçon va partir à la découverte.

 

Niourk, certains l'auront certainement reconnu, c'est aussi le roman du même nom du célèbre écrivain de science-fiction Stefan Wul. Les Éditions Ankama se lancent dans un projet d'envergure, qui est d'adapter en bande dessinée la totalité de son oeuvre.

Ce premier titre est, à ce titre, déjà une réussite !

 

La plongée dans une ambiance fin du monde est immédiate. La terre a été ravagée suite à une catastrophe écologique et les hommes payent les erreurs de leurs ancêtres. Retournés à un mode de vie primitif, les hommes semblent à nouveau fragiles et désespérés, s'accrochant aux fadaises d'un vieux fou manipulateur. La Terre nourricière n'est plus et l'instinct de survie prime devant l'humanité. Niourk semble être à part dans le groupe. Sa peau noire l'exclue et lui amène la méfiance des autres membres du clan. Alors que le vieux sage, "Celui qui sait", et Thoz, le meilleur chasseur de la tribu, tentent de rassurer le groupe, Niourk se sait menacé. Loin de rester immobile et dans l'attente, le jeune garçon va prendre son destin en main, sans vraiment s'en douter. Personnage héroïque qui cherche sa place et son chemin, Niourk va bientôt devenir le nouveau guide de son peuple.


Très fidèle au roman d'origine, cette adaptation est pourtant une véritable création, tant sa virtuosité graphique est au rendez-vous ! C'est Olivier Vatine qui est à l'oeuvre ici et qui nous avait déjà prouvé sa sensibilité aux questions écologiques dans sa série Aquablue.

L'univers brossé par l'auteur est d'une grande force. Les paysages désertiques, les ruines de notre civilisation, le dénuement des hommes sont magnifiés par son grand art du découpage, par une colorisation particulièrement réussie qui donne à voir un monde crépusculaire menaçant. Alternant panoramiques impressionnants, zooms dynamiques sur les personnages et leurs actions, Vatine explore toute la palette des possibilités tout en livrant un ensemble cohérent. La narration est très fluide et permet de découvrir et de s'attacher aux 3 personnages autour duquel tourne ce premier tome. Elle se fait d'ailleurs du point de vue de l'enfant noir et nous fait pénétrer ainsi encore plus intimement dans le cheminement de ce dernier.

 

Première adaptation de Wul, Niourk se révèle un opus très réussi, tant au niveau de la narration que du dessin. Seul aux commandes de cette série, Olivier Vatine a su s'approprier et mettre en image un univers qui ne manquait déjà pas de caractère. Alliant force et simplicité, il remet au goût du jour un chef d'oeuvre de la science-fiction (datant de 1957 !), accessible au plus grand nombre. On ne s'en plaindra pas ! Et on attend avec impatience la suite !

 

 

D'autres avis :

Paka - Oliv' - Yvan -

 

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Titre : Niourk, tome 1

  Dessinateur : Olivier Vatine

Scénariste : Olivier Vatine / Stefan Wul

Éditeur : Ankama

Parution : Octobre 2012

  48 pages 

Prix : 13,90€


 


Par Choco - Publié dans : Bande dessinée - Communauté : Salon Lecture
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Mardi 13 novembre 2012 2 13 /11 /Nov /2012 08:00

alice-au-pays-des-singes-t1-01.jpgMais qu'est-ce qu'une petite fille en jupon vient faire dans la jungle ?! C'est bien ce que se demande Alice alors qu'elle est juchée en haut d'un arbre au beau milieu d'une jungle luxuriante peuplée de singes ! Alors qu'elle a perdu la mémoire, Alice va tenter de retrouver le chemin du pays des merveilles en compagnie d' Eddy le mandrill. Mais la chose n'est pas simple, les animaux la prennent pour Tarzan et le tigre, roi de la jungle, rôde, bien décidé à se venger de ce dernier !

 

Une petite fille prise pour Tarzan, voilà qui n'est pas banal ! Alice, tombée tout droit du pays des merveilles, d'un trou de taupe, se retrouve au beau milieu d'une jungle plus ou moins inaccueillante. Rattrapée in-extremis par une bande de singes qui lui évite la chute, la petite fille qui a tout oublié se retrouve prise en charge par Eddy qui va tenter de renvoyer Alice, là d'où elle vient. Mais c'est que la demoiselle n'est pas commode ! N'hésitant pas à piquer quelques colères, Alice tente d'affirmer son identité de fille (ne porte-t'elle pas une robe ?!) et surtout de corriger la méprise dans laquelle tous les animaux la maintiennent : elle serait Tarzan !! Las, excepté Eddy, personne ne la croit et bientôt l'information arrive aux oreilles du tigre qui lui croquerait bien les oreilles ! La seule solution pour retrouver l'arbre d'où Alice vient et qui a mystérieusement disparu : aller trouver le vieux sage tout en évitant le tigre et ses chauve-souris espionnes.

 

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Vous l'aurez compris, derrière cette histoire un peu loufoque se cache une parodie de Alice au pays des merveilles mixé avec Le livre de la jungle ! Tebo et Keramidas se sont follement amusés à mélanger les éléments des deux contes et ce, pour notre plus grand plaisir. Entre malentendus et péripéties humoristiques, la petite Alice en voit de toutes les couleurs ! La galerie des personnages animaux est savoureuse et Alice avec son petit caractère péremptoire dépasse son rôle de petite fille polie. Naïve et insouciante quant aux dangers de la jungle, elle garde un sang-froid exemplaire, bien qu'elle soit régulièrement malmenée par les habitants du lieu. Dynamique, enlevée, la narration ne laisse que peu de temps mort, renforcée par la richesse et le jeu des dialogues qui sont un des points forts de cette histoire. Les blagues se succèdent, les situations sont plus ou moins décalées, les chutes humoristiques se multiplient. Entre moquerie, détournement et hommage décalé, cet album s'inscrit sans aucun doute dans une veine humoristique qui touchera toute la famille. 

Du côté du dessin, le résultat est tout aussi heureux. Keramidas a construit un univers particulièrement luxuriant et coloré qui compose l'arrière-plan particulièrement fort de personnages très expressifs. Véritablement foisonnant, il prend d'ailleurs toute sa mesure dans certaines planches extrêmement travaillées qui s'étalent en double page et se jouent avec intelligence du découpage de manière tout à fait inventive.

 

Belle réussite, Alice au pays des singes qui se termine sur une fin particulièrement savoureuse, ne s'adresse pas particulièrement à un public jeunesse selon moi. Le vocabulaire tantôt recherché, tantôt "djeuns",  le découpage parfois peu habituel dépasse le cadre des albums dit jeunesse pour s'adresser plutôt à un large public amateur d'humour et de loufoquerie. Dans tous les cas, c'est à découvrir !

 

 

 

D'autres avis :

Zaelle - Lunch et Badelel - David Fournol - Zorg -

 

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Preview de 10 pages

 

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Titre : Alice au pays des singes, tome 1

Dessinateur : Keramidas, Nicolas

Scénariste : Tebo

Éditeur : Glénat

Parution : Mai 2012

  56 pages 

Prix : 13,90€


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Vendredi 2 novembre 2012 5 02 /11 /Nov /2012 07:00

joe-aventure-interieure-01.jpgJoe est un jeune adolescent souffrant de diabète. Grand solitaire, il vit en silence la vente de la maison à laquelle il tient tant mais que sa mère, veuve d'un militaire mort au combat, peine à payer. Réfugié la plupart du temps dans son grenier parmi ses jouets et auprès de Jack, son rat de compagnie, Joe fuit la compagnie de ses camarades de classe qui n'hésite pas à lui faire subir quelques brimades. D'ailleurs, aujourd'hui il s'est encore fait chahuter et même piquer son goûter. Alors qu'il se rend compte trop tard de la crise d'hypoglycémie qui l'atteint, Joe plonge dans un univers fait d'hallucinations où, enfant élu, il est chargé de ramener la lumière dans un royaume menacé.

 

Peu amatrice de comics, je me suis laissée tenter une fois de plus par un titre du catalogue Vertigo que réédite Urban Comics, et ce, pour mon plus grand bonheur ! Cette histoire s'est révélée captivante à plus d'un titre.

Joe est seul, chez lui, en pleine crise d'hypoglycémie. L'orage et la pluie se déchaînent dehors. Le garçon doit descendre boire un coca pour apaiser la crise. Il ignore encore que le trajet de sa chambre à la cuisine sera une véritable aventure.

En effet, le manque de sucre provoque chez Joe des hallucinations qui le font basculer dans un monde parallèle qui s'appuie sur des éléments de son quotidien. Ses petits soldats prennent vie, son rat devient un guerrier redoutable, un robinet laissé ouvert se transforme en cascade, les plombs qui sautent qui symbolisent les ténèbres ...etc. Et lui, Joe, se retrouve au coeur de cette quête, devenant le personnage fédérateur autour duquel tout le monde se bat pour l'avenir d'un monde meilleur, échappant aux ténèbres.

 

Ce qui est bluffant dans cette histoire, c'est de voir le simple parcours de Joe à l'intérieur de sa maison devenir une véritable épopée ! Si le garçon est en proie à des visions auxquelles il se laisse aller, il a parfois des moments de lucidité où il tente de revenir sur terre et de simplement atteindre ce frigo où l'attend une boisson salvatrice. Le lecteur, spectateur du délire de l'adolescent, comprend rapidement que ce que vit Joe n'est qu'une création de son esprit. A l'image du héros, il oscille lui aussi entre ces 2 univers et découvre avec délice ce qui relie l'imaginaire à la réalité. Le processus créatif de Joe est ici décrypté et l'auteur s'ingénie à démontrer la manière dont l'homme introduit le fantasme dans un quotidien peu amène.

Un propos qui s'appuie d'ailleurs particulièrement sur la force graphique de Sean Murphy dont le dessin fourmille de détails et nous fait basculer d'un monde à l'autre sans peine. Certaines illustrations en pleine page sont particulièrement impressionnantes tandis que les scènes de combats et de poursuites s'avèrent une débauche visuelle où le fantastique a une large part.

L'aventure intérieure de Joe, surnommé "l'enfant qui meurt", est aussi le symbole de l'enfance et de l'adolescence. Une période torturée où on préfère se raconter des histoires plutôt que d'affronter la réalité : la mort du père, les problèmes d'argent de la mère, les brimades des autres enfants. A travers, cette quête parallèle, Joe va grandir et découvrir une force qu'il ignorait. Assumer des responsabilités, trouver le courage d'affronter ce qui fait peur, donner du sens à ce qu'on vit, accepter l'aide d'autrui. Une quête intérieure qui trouvera d'ailleurs une belle conclusion.

 

Sur une base de scénario un peu classique, Grant Morrison et Sean Murphy dépasse une simple histoire de lutte contre la maladie (qui m'a d'ailleurs fait penser à l'album Ghostopolis) pour nous offrir ici une fabuleuse ode au pouvoir de l'imagination. Servi par un dessin particulièrement réussi, Joe, l'aventure intérieure s'avère particulièrement convaincant et une belle porte d'entrée au travail de ces 2 auteurs.

 

 

D'autres avis :

Yvan -

 

 

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Titre : Joe, l'aventure intérieure

Dessinateur : Sean Murphy

Scénariste : Grant Morrison

Éditeur : Urban comics, Vertigo

Parution : Octobre 2012

  224 pages 

Prix : 19€


 

 


Par Choco - Publié dans : Bande dessinée - Communauté : Salon Lecture
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