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Bande dessinée

Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 07:00

clown-01.jpgClown a découvert un jour une petite fille dans les ordures. Il l'a recueilli dans sa petite roulotte de bois et l'a élevé comme sa propre fille. Il lui fait des cadeaux, la borde dans son lit, lui apprend à lire. La vie est douce, on mange au bord d'un feu au son de la guitare. Les années passent, Zoé grandit et les jours ne sont pas toujours facile. Il faut se faire un peu d'argent pour manger. Un jour, Clown et Zoé arrive en ville. Clown rencontre d'anciennes connaissances pour qui il va travailler un temps. Des "amis" peu recommandables qui vont le faire boire et briser son bonheur.

 

Clown commence comme un joli conte. Pour se terminer tragiquement.

Le scénario tient en quelques mots : il s'agit ici d'une sombre histoire de vengeance qui va amener Clown à trucider ses compagnons de travail et de beuverie. Impossible de vous en dire plus, je vous laisse découvrir la raison de cet acte désespéré et néanmoins compréhensible.

Les paroles sont réduites à l'essentiel et la narration se fait par l'intermédiaire d'une voix off qui se suffit à elle-même pour comprendre l'histoire, tant le dessin est explicite.

Car ce qui marque surtout dans cet album, c'est le graphisme époustouflant dans lequel se déploie cette simple histoire. Les deux auteurs, père et fils, font preuve d'un remarquable travail sur le dessin et la couleur. L'ambiance se fait tantôt feutrée, tantôt menaçante. Les expressions du visages sont extrêmement parlantes et on ressent la tendresse entre Clown et Zoé, tout en rondeurs, tout comme la menace insidieuse des artistes du cirque avec leurs visages grimaçants et anguleux. La colorisation est parfaite, jouant habilement sur la lumière et les couleurs. Les scènes de nuit sont vivantes. Le rouge du cirque est un fil conducteur qu'on retrouve au fil des pages.


Bref, c'est véritablement un très bel album que voilà et je n'ai pas envie de vous en dire plus tant il est à savourer avec les yeux !

Si j'apprécie les Éditions Mosquito, en tant qu'éditeur de Sergio Toppi, je ne peux que saluer à nouveau leur travail pour la découverte de cette petite perle ! Découvrez-la sans tarder !


 

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Blog des auteurs

Premières pages à lire

 

 

 

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Titre : Clown

Dessinateur / scénariste : Louis Le Hir

  Coloriste : Jean-Louis Le Hir

Editeur : Mosquito

Date de parution : Mai 2012

  48 Pages

Prix : 13€


 


Par Choco - Publié dans : Bande dessinée - Communauté : Salon Lecture
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 06:00

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Addidas Em et son père vivent dans une ville industrielle, hérissée de hautes cheminées. La petite fille, par sa petite taille, aide son père ramoneur à se nettoyer les conduits étroits où ce dernier ne peut pénétrer. Petite fille dégourdie, elle semble parfois bien plus mature que son papa qui s'oublie parfois dans la boisson en ressassant la perte de sa femme dans une cheminée et se souciant de l'étrange maladie de sa fille. C'est que Addidas plonge parfois dans un bref coma inexplicable qui l'a laisse inanimée, et ce, plusieurs fois par jour. Un matin, alors que le papa cuve sa cuite de la veille, Addidas part seule effectuer le travail de ramonage. Sa rencontre avec leurs plus sérieux concurrents qui veulent lui prendre le contrat se terminera sur des paroles malheureuses qui poussera la petite fille à s'enfoncer au plus profond de la cheminée. C'est là qu'elle y rencontre une étrange créature qui lui fera découvrir les machines secrètes liées aux hommes.

 

Série incontournable, c'est avec quelques années de retard que je découvre ce petit bijou !

Peeters et Wazem nous emmène sur les pas de la petite Addidas pour une histoire sombre et poétique.

Addidas est une petite fille profondément attachante dont la naïveté émeut. Portant un regard innocent sur les choses, elle n'en est pas moins parfois incroyablement adulte. Son père semble faire ce qu'il peut pour ne pas se laisser sombrer et on comprend que sa fille est tout ce qui lui reste, la seule chose qui compte à ses yeux. Sa disparition dans les cheminées, comme sa mère, est une véritable déchirure pour lui qui fera tout pour la retrouver. La relation entre Addidas et son père est particulièrement forte et d'autant plus puissante que la mère a disparue. Ces deux-là se soutiennent mutuellement mais parfois l'un se perd quand l'autre a encore besoin du réconfort paternel. C'est alors dans les entrailles de la ville que Addidas cherchera refuge.


La ville semble ici tentaculaire. La campagne, totalement absente, sonne comme une promesse lointaine, comme un fantasme idéal inatteignable. A quoi servent toutes ces cheminées qui ponctuent le paysage ? Quelle est cette étrange créature chassée par les siens qui s'attache à Addidas ? Que cherchent ces hommes en secret dans les entrailles de la terre ? A quoi servent ces machines sur lesquelles travaillent sans repos des êtres inconnus à la force surhumaine ? Addidas a -t'elle rencontré ce qu'ils s'escriment à trouver depuis si longtemps ?

Les rouages urbains semblent menaçants et l'administration s'obstine à manipuler ses habitants et les envoyer contre leur gré creuser un trou dont personne ne connaît le but.

 

Au fur et à mesure de l'histoire, la fraîcheur et l'innocence d'Addidas s'oppose à la fumée, à la grisaille d'un monde trop terre à terre. L'espoir et les rêves n'existent plus que dans l'imagination. Et seule Addidas comprendra son importance, cette capacité de recréer un monde parfait, sans les contraintes du réel, tel un démiurge devant sa création.


Peeters déploie dans ces albums un univers à l'époque et à la géographie indéfinie. Addidas est dessinée avec beaucoup de tendresse : de grands yeux innocents qui ne peuvent laisser indifférent, une bouille adorable et pleine de candeur. Le trait est dense, profond ; les personnages sont expressifs, mis en valeur par l'économie de paroles. Si le dessin de Peeters se passe sans aucun problème de couleurs, ces dernières, réalisées ici par Albertine Ralenti, donnent encore plus d'ampleur, de chaleur et de lumière à cette géographie urbaine assombrie par les cheminées, la fumée, la résignation.

 

Koma est tout simplement inexplicable. Fable métaphysique et bien plus encore, échappant à une compréhension pleine et entière, cette histoire semi-réaliste s'épanouit dans un onirisme final qui donne au récit une autre dimension. Série indispensable qui ne se refuse à tout classement, Koma est juste un chef d'oeuvre de poésie, de tendresse et d'amour. Une oeuvre unique qui rend hommage au pouvoir de l'imagination et du rêve face à la bêtise des hommes.

 

D'autres avis :

Yvan - David - Champi -

 

A noter :

Une intégrale des 6 tomes existe depuis peu en version non colorisée.

 

 

 

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Titre : Koma

Dessinateur : Benoir Peeters

Scénariste : Pierre Wazem

Éditeur : Humanoides associés

Parution : de 2003 à 2008

    48 pages

Prix : 11,20€

Intégrale noir et blanc : Mai 2010 / 279 pages / 24,95€

 


 

bd du mercredi

Chez Mango

 

 


Par Choco - Publié dans : Bande dessinée - Communauté : Salon Lecture
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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 14:10

Demain-demain-01.jpgOctobre 1962. Soraya et ses 2 enfants débarquent d'Algérie pour rejoindre Kader, installé en France. Alors qu'elle pensait arriver dans un palace, Soraya découvre que le logement n'est qu'une miséreuse cabane située dans un bidonville. C'est le choc ! Pas d'électricité, pas d'eau courante, un toit en tôle qui fuit. Soraya peine à accepter la réalité, pourtant elle n'aura pas le choix. Comme des milliers d'autres immigrés entassés dans ce bidonville, la famille Safiri va devoir vivre dans des conditions insalubres, attendant désespérément le logement espéré dans ces grandes barres d'immeubles en construction.

 

Laurent Maffre revient dans cet album sur cette période peu glorieuse de l'histoire française : en pleine reconstruction d'après-guerre, la France a favorisé l'immigration massive de portugais, maghrébins, ... main d'oeuvre peu coûteuse pour les usines et les industries du bâtiment. Des immigrés dont on se soucie peu du logement et qui se retrouve entassés aux portes de Paris tandis qu'ils oeuvrent dans la journée à construire les habitations qui leur manquent. De cet état de fait est né le 127 rue de la Garenne. Ce terrain de 21 hectares situé à Nanterre va devenir un des plus grands bidonvilles de France. On le baptisera La Folie. 8000 à 10 000 habitants qui n'ont pour seule adresse que le 127 rue de la Garenne.

S'appuyant sur le travail de Monique Hervo qui, durant de longues années, vécut à La Folie pour soutenir ses habitants, sur des rencontres avec des familles immigrés ayant vécu au bidonville, Laurent Maffre retranscrit avec succès la situation de l'époque dans cet album très documenté qui offre un témoignage poignant.

 

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A travers l'histoire de la famille Safiri, nous allons découvrir le parcours d'une famille immigrée au sein de la République Française. La France, mirage fantasmé où coulerait l'argent à flot est loin de cette image d'Epinal. Mais pour ceux qui ont quittés leur pays, il est de bon ton de continuer à entretenir l'illusion. Mise en scène truquée de photos familiales avec décors architecturaux parisiens, cartes postales grandiloquentes, retour au pays triomphal avec argent et cadeaux. Il est difficile de détruire le mythe et de révéler ses difficultés lorsque l'on a tout quitté. La famille qui rejoint le mari ultérieurement n'en est que plus choquée.

La vie au bidonville est loin d'être sereine. La police rode et interdit tout construction en dure. Les habitants travaillent alors la nuit pour rendre "habitable" leur misérable cabane, planquant derrière la tôle et autres déchets le mur en briques monté en cachette. Des destructions arbitraires se font régulièrement. Les incendies menacent. Les ordures s'accumulent et sont brûlés lorsque l'odeur devient trop forte. Les enfants jouent près des camions et vont à l'école du quartier. Stigmatisés par leurs camarades mieux lotis qui vivent dans les HLM,  les "chaussures sales" en prennent leur parti avec la naïveté de l'enfance. Pendant ce temps-là, les pères triment, s'occupent de l'approvisonnement en eau, doivent faire face aux récriminations de leurs femmes, affronte une administration française odieuse et parfois même corrompu.

POurtant, malgré les difficultés, entraide et chaleur n'ont pas disparus, bien au contraire. Il y a les hommes qui se donnent des coups de main pour améliorer leurs logements. Il y a les enfants d'une accouchée qu'on prend en charge. Il y a ceux dont la maison à brûler qu'on reloge ici et là. Il y les français qui n'hésitent pas à fraterniser et à offrir leur aide. Il y a les fêtes aussi où les danses et les chansons amènent lumière et joie.

Voilà la vie d'un immigré au 127, rue de la Garenne.

 

L'auteur offre un récit réaliste et profondément humain sur ces hommes et ces femmes, unis dans l'adversité. Conçu dans le prolongement de son précédent album L'homme qui s'évada, l'auteur a souhaité mettre l'accent sur le témoignage direct de ces immigrés. Il leur laisse la parole, évitant une voix off narrative, et permet une identification plus facile, une empathie plus naturelle vis à vis de ses personnages.

Son trait, épuré et précis à la fois, fourmille de détails et rend avec beaucoup d'ampleur les sentiments et les émotions vécus. Les couleurs absentes se sont pas nécessaires tant le dessin se révèle fort.


Pour ma part, je vous avoue bêtement que j'ai tout découvert des bidonvilles de Nanterre avec cet album. Au delà du contenu historique, j'ai été frappé de la résonnance toute contemporaine de cette histoire. Combien de personnes vivent encore de cette manière-ci en France ? Bien plus qu'on ne l'imagine, je crois. Je pense entre autres aux roms qui subissent encore de nos jours le même genre d'oprobe et de difficultés.

Demain, demain me semble un album essentiel pour qui veut comprendre à quoi rime immigration et intégration. Celle d'hier mais celle d'aujourd'hui également. A l'heure où ces termes sont plus des arguments de campagne et des concepts chiffrés, il me parait indispensable de voir et de comprendre la réalité humaine qui se cache derrière ces mots. Laurent Maffre peut se féliciter d'avoir atteint son objectif : celui de donner la parole à celles et à ceux qui ont été sacrifiés sur l'autel du travail et de la rentabilité.

C'est un véritable coup de coeur que je partage avec vous et je vous enjoins de découvrir cette histoire !

 

 

Liens :

Interview audio de l'auteur et de Monique Hervo.

Archives audio de Monique Hervo : Cette dernière a enregistré des centaines d'heures de témoignages d'habitants du bidonville. Aujourd'hui, plusieurs heures ont été numérisés et vous sont proposés en libre accès, accompagnées des dessins de Laurent Maffre. Je vous encourage chaleureusement à aller écouter ces voix qui ont traversées les années offrant ainsi une prise directe sur la situation de l'époque.

 

D'autres avis :

Mo' -

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  Titre : Demain, demain - Nanterre, bidonville de la folie

Auteur : LAurent Maffre

Éditeur : Actes Sud BD / ARTE

Parution : Mars 2012

    160 pages

Prix : 23,40€



 

 

 


Par Choco - Publié dans : Bande dessinée - Communauté : Salon Lecture
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 07:00

veridique-histoire-des-compteurs-a-air-01.jpgDans un monde futuriste et quelque peu aseptisé, l'air que nous respirons est devenu une denrée si rare qu'il est désormais compté. L'homme se balade désormais avec un compteur à air dans le dos et est tenu d'économiser coûte que coûte ce précieux "carburant". Des quotas sont imposés et les parents d'Emile dont nous suivons l'histoire lui interdisent bien d'en consommer pour « des bêtises comme respirer des fleurs ou monter l’escalier quatre à quatre ».

 

Cette fable si moderne est pourtant une réédition d'un album ô combien visionnaire paru en 1973. Evoquant de manière directe une dégradation de l'environnement telle que des compteurs deviennent nécessaire pour vivre, il pointe aussi du doigt les inégalités sociales. Alors que pour le petit Emile, le simple fait de respirer une fleur en cachette ou même de rire est du gaspillage, on voit d'autres enfants plus nantis avoir la chance de posséder un animal et de courir en leur compagnie. Plus loin, ce sont des ouvriers d'usine qui meurt dans l'indifférence. Et plus loin encore, on découvre une zone où l'air est tellement pollué qu'il en est gratuit.


Cardon dessine ici un monde effrayant, presque déshumanisé. Les humains sont affublés d'un boite disgracieuse sur le dos qui engendre une mode en conséquence et n'évite pas la surenchère sur de nouveaux compteurs toujours plus performants. Les rues sont vides, silencieuses. Il n'y a plus de voitures, plus de cris d'enfants, plus de vie pourrait-on dire. Résignation et désespoir semblent être le quotidien.

 

La mise en forme graphique dans un format à l'italienne est tout aussi curieuse. Le texte ne prend pas place dans le dessin et l'album se présente comme une alternance de dessins muets et de page de texte. Un texte court, percutant qui tient en une phrase mais éclaire l'image d'à côté. Les dessins sont donc en pleine page ou même en double page. Le trait est épuré, se construisant sur des lignes graphiques étouffantes, écrasantes qui laissent peu de place à la liberté des hommes. Aucune couleur pour alléger l'atmosphère pesante. Les seuls tâches colorées présentes ne font que souligner l'importance d'un détail : les nouveaux compteurs, la fleur interdite,...  Le monde de Cardon se veut fort sombre...

 

La véridique histoire des compteurs à air est une histoire à la fois surréaliste et se basant sur des réalités sociales et environnementales bien réelles. Vu à travers le regard d'un enfant d'ouvrier qui se confie à son journal intime, le monde inégalitaire est dénoncé de manière subtile. Un album atypique d'une grande force et qui n'a pas perdu son étonnante actualité.  

 

Liens :

Interview de Cardon

 

D'autres avis :

L'accoudoir - Du9 -

 


 

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Titre : La véridique histoire des compteurs à air

Auteur : Jacques-Armand Cardon

Éditeur : Buchet Chastel, Les cahiers dessinés

Parution : Février 2012 (1ère édition : 1973)

    160 pages

Prix : 28,40€


 

 

Par Choco - Publié dans : Bande dessinée - Communauté : Salon Lecture
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Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 07:00

tony-chu-t1-01.jpgTony Chu est un flic tout ce qu'il y a de plus banal. Enfin presque. C'est que notre homme a l'habitude de goûter les cadavres. Pas pour le plaisir, non. Pour des raisons professionnelles. Car Tony Chu est cibopathe : il a la capacité de déterminer l'origine, l'histoire de ce qu'il mange. De voir, de sentir le parcours de la viande qu'il a dans l'assiette, de revivre leur mort. Autant vous dire que ça a de quoi couper l'appétit. Une capacité quelque peu encombrante mais que Tony Chu va mettre à profit dans son travail. Ingurgiter un bout de cadavre lui permet ainsi de découvrir des indices qui lui permettront de remonter à la source du criminel et de mener à bien ses enquêtes.

 

C'est sous ce pitch complètement barré que s'ouvre cette formidable série de comics (oui, c'est le miracle de ce début d'année : j'ai lu du comics ^^). 

Nous plongeons dans un monde où, pour cause de grippe aviaire, le gouvernement a interdit la vente de poulets. Bien évidemment, ces morceaux deviennent très recherché et sont la source d'un marché noir très lucratif.

Tony Chu, pris en flagrant délit de cannibalisme sur cadavre, doit "se mettre à table" devant ses boss qui exigent des explications. Incapable de révéler son étrange pouvoir, Tony Chu se fait sauver la mise par Savoy, qui l'embauche dans son unité spéciale, la RAS (répression des aliments et stupéfiants). Ce dernier apprécie d'autant plus ce don qu'il a deviné, qu'il possède lui-même le même ! Savoy va alors former notre jeune flic qui peine encore à prendre pleinement possession de ses capacités et l'obliger à les utiliser en toute circonstance, cadavre frais ou franchement pourri (arrgh !).Les trafiquants de poulets n'ont plus qu'à bien se tenir !

 

Sous des dehors franchement écoeurant, Tony Chu se révèle une histoire vraiment drôle et enlevée. Si l'idée loufoque de départ nous offre quelques scènes ragoûtantes au parfum de sang, on est loin de tomber dans un scénario gore et plombant. L'humour pince sans rire de Tony Chu et les bonnes trouvailles éparpillées ici et là dans les répliques des personnages délestent cette histoire de toute noirceur et penche vers un humour noir de circonstances.

Le scénario s'avère très dynamique et les aventures de Tony Chu sont ponctués de multiples rebondissements et révélations (le frère de Tony est-il trafiquant de poulet ? Savoy est-il un flic tout blanc ?) que je vous laisse découvrir.

En arrière-plan de l'histoire, on ne manquera pas de noter cette crise alimentaire qui touche l'industrie de l'alimentation. En tant que végétarienne, je me suis délectée (^^) de découvrir ce cibopathe qui nous offre à travers son don, la capacité de voir l'horreur de la production de la chaîne alimentaire ! Aucun doute que, si les consommateurs d'aujourd'hui avaient la même connaissance de ce qu'il mange, ils réfléchiraient à deux fois à ce qu'ils mettent dans leur assiette !

 

Graphiquement, on est loin des super-héros en collants, ce qui fait que cette série m'a d'ailleurs séduite. Les couleurs sont moins criardes, moins agressives. Le trait est efficace et rend avec succès le dynamisme de l'histoire.

 

Bref, Tony Chu est un comics décalé qui m'a totalement convaincue par son histoire hors-norme, par son humour noir et ironique qui tranche habilement sur des situations plus mortifères, par ses personnages dynamiques et pince sans rire. Un excellent comics donc pour qui n'a pas l'habitude d'en lire :)

 

 

D'autres avis :

Yvan - Arsenul - Yaneck - Zorgblog - Ys -

 

 

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  Titre : Tony Chu, détective cannibale, tome 1 : Goût décès

Dessinateur : Rob Guillory

Scénariste : John Layman

Editeur : Delcourt

Date de parution : Septembre 2010

  150 Pages

Prix : 14,95€


 

Challenge roaarrr

Prix Eisner Awards

Meilleure nouvelle série 2010 & Meilleure histoire continue 2011

 

 

Par Choco - Publié dans : Bande dessinée - Communauté : Salon Lecture
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