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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 23:58

 

bonjour tristesse 1

 

Auteur : Françoise Sagan

1ère Edition : 1954


Edition Julliard, 16€, 153 pages

Edition Pocket, 4,60€, 160 pages


 

 

 

Allez savoir pourquoi, je me suis toujours imaginé la lecture de Bonjour tristesse comme ennuyeuse.

C'est tentée par le billet de Cynthia que je me suis enfin décidée à le lire. Je l'ai ouvert avec pas mal de scrupules, un deuxième livre à mes côtés, au cas fort probable où le roman me tomberait des mains.

Et puis, en fait, non.

J'ai été prise tout de suite par cette histoire étonnante, venant d'une jeune fille de 19 ans.

 

bonjour tristesse 2Cécile est en vacances sur la côte d'azur avec son père. Elle a 17 ans, vient d'échouer à son bac et ne pense qu'à profiter du farniente et de la mer. Très vite, elle rencontrera le beau Cyril, un peu plus agé qu'elle, qui l'éveillera à l'amour.

Raymond, le père de Cécile, est un homme volage et séducteur. Depuis qu'il est veuf, il passe de femmes en  femmes. Sa jeune maitresse Elsa les accompagne pour ce séjour qui se déroule sans accro et empreint de la liberté qui a toujours eu cours dans leur vie.

Aussi quand Anne débarque à l'improviste, le quotidien est quelque peu chamboulé. Belle femme de 40 ans, Anne est autoritaire, rigide, cultivée et quelque peu mystérieuse. Faisant l'admiration de Cécile, elle reprend en main la vie de la jeune fille pour lui imposer quelques règles. Il en faut peu à Raymond pour succomber au charme de la nouvelle arrivante.

L'équilibre en est brisé, les tensions ont exacerbés et la jeune Cécile va tomber dans la jalousie, la manipulation, la cruauté et prooquer un drame...

 

Ca aurait pu être un simple récit de vacances sauf que ça ne le sera pas. Beaucoup de psychologie dans ce roman troublant qui nous présente différents affects.

Tout dabord, la relation malsaine qui lie Cécile à son père. Raymond semble oublier l'age de sa fille qu'il semble considérer comme une amie à qui se confier. Il l'emmène dans ses soirées alcoolisées, lui présente sans vergogne ses maitresses et ne semble se soucier aucunement de l'éducation de sa  fille qu'il laisse grandir librement. Cécile, de son côté, est très attachée à son père qui l'a pourtant laissé grandir dans un couvent (?) jusqu'à peu. Elle l'idolâtre quelque peu et tient à tout prix à leur complicité.


Jeune fille simple et douce, Cécile va pourtant se révéler très cruelle lorsqu'elle verra sa liberté menacée. Car plutôt que de réagir ouvertement avec violence comme une adolescente normale, elle va garder en elle toute sa rage et concocter un plan machiavélique pour faire capoter une relation qui l'éloigne de son père. La jeune fille apprendra à manipuler ses proches, à utiliser leurs faiblesses et leurs espoirs pour mieux arriver à ses fins.

 

Parallèllement, elle découvrira l'amour et la sexualité en compagnie de Cyril. Alors que celui-ci semble éperdumment amoureux au point de souhaiter l'épouser, Cécile montre une distance certaine vis à vis de lui. Confondant amour et recherche du désir et du plaisir, la jeune fille se révelera finalement peu éprise.

Complétement insouciante et naïve, Cécile est le reflet de son age et de son époque. Agissant selon ses envies, elle agit quelque peu comme si elle avait un droit de propriété sur son père et la vie qu'il peut mener.

Sa vie est faite de facilités et d'argent, de sorties et de voitures luxueuses. Quiconque lui en empêchera la jouissance se verra forcément sanctionné...

 

" Il fallait absolument se secouer, retrouver mon père et notre vie d'antan. De quels charmes ne se paraient pas pour moi subitement les deux années joyeuses et incohérentes que je venais d'achever, ces deux années que j'avais si vite reniées l'autre jour... La liberté de penser, et de mal pense et de penser peu, la liberté de choisir moi-même ma vie, de me choisir moi-même. Je ne peux dire « être moi-même » puisque je n'étais rien qu'une pâte modelable, mais celle de refuser les moules. "


La tension monte crescendo et le drame final est d'autant plus choquant que, provoqué d'une certaine façon par Cécile, celle-ci n'en éprouvera aucun remords... juste une certaine tristesse :


" Seulement quand je suis dans mon lit, à l’aube, avec le seul bruit des voitures dans Paris, ma mémoire parfois me trahit : l’été revient et tous ses souvenirs. Anne, Anne ! Je répète ce nom très bas et très longtemps dans le noir. Quelque chose monte alors en moi que j’accueille par son nom, les yeux fermés : Bonjour Tristesse."

 

Outre le scénario sans faille et la psychologie poussée, on ne peut qu'admirer l'écriture de cette jeune auteur d'alors pour qui ce fut le premier roman. J'y ai retrouvé avec plaisir une certaine qualité stylistique que je ne retrouve que chez de grands auteurs classiques.


 Inutile de vous dire que je compte bien replonger dans mon édition kitchissime à l'éditeur et à la date inconnus... mais qui contient encore 4 autres romans de l'auteur...



Les avis de Lily, Cynthia, Leiloona, Florinette, Brize, Clarabel,...

 

 

 

 

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commentaires

Anjelica 02/08/2010 18:48



je l'ai lu il y a bien longtemps et j'avais bien aimé. Je n'ai lu que ce livre de cette romancière.



Choco 04/08/2010 14:44



Ce fut une bonne surprise pour moi ! Par contre, son deuxième roman que je viens de chroniquer m'a plutôt déçue...



Ankya 06/07/2010 22:45



Non pour l'instant je vais laisser Françoise et lire mes autres livres de ma PAL grandissante :)



Choco 09/07/2010 08:54



LOL ! Au revoir Françoise !



Ankya 06/07/2010 19:49



moi ça a été tout le contraire. Je m'en faisais une joie et je me suis ennuyée en le lisant. Je suis tout de même arrivée au bout, mais déçue.



Choco 06/07/2010 20:05



Ah voui ? Comme quoi, chacun a des attentes différentes ! Tu en as lu d'autres ou du coup, tu n'en a pas eu envie ?



Restling 04/07/2010 19:29



Lire Sagan, c'est déjà un plaisir, mais la lire dans une édition kitchissime, c'est le top du top ! J'ai lu les éditions achetées par mes parents (donc kitchissimes ^_^) et quand maintenant, je
vois les nouvelles éditions, je suis presque déçue.



Choco 04/07/2010 22:57



euh voui, faut voir... je dois dire que la mienne est tellement moche que je lui préfererais tout de même une édition récente !


J'essaierais de mettre une photo de la couverture à mon prochain billet !



Manu 03/07/2010 20:52



Je n'ai jamais été attirée par ce roman ni même par cette femme si sulfureuse



Choco 04/07/2010 22:17



Moi non plus mais comme je l'avais dans ma biblio et que Cynthia m'avait décidé... je ne regrette pas, dans tous les cas !



Humeur

Le 26 Août 2013 :
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