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Loin-du-monde-1.jpg

 

Auteur : David Bergen

Editeur : Albin Michel, Terres d'Amérique

Date de parution :  Mars 2010

Prix : 20 €

  276 pages

 

 

Raymond Seymour est un jeune indien Ojibwé de 19 ans. Il vit seul, reclus, dans une vieille cabane au milieu de la forêt. Son existence est plutôt médiocre : il se contente de servir de groom pour les riches femmes blanches qui dépensent inutilement leur argent sur le green du golf voisin, pour mieux avoir la sensation de vivre. Ray sait qu'il n'appartient pas au même monde mais il sort néanmoins avec une jeune fille blanche de bonne famille, Alice. Mais la famille d'Alice voit d'un très mauvais oeil cette relation "inter-raciale"... L'oncle d'Alice, shériff de la ville, ne se prive pas de mettre en garde plusieurs fois le jeune homme avant de lui donner la bonne leçon où Ray manque de mourir...

 

Plus loin, c'est la jeune Lizzy et sa famille que nous suivons. Les Byrd viennent passer 2 mois dans une communauté un peu spéciale, le Refuge, dirigée par le docteur Amos qui pense élever les âmes grace à une pseudo spiritualité de pacotille. En pleine dépression, la mère pense retrouver son équilibre et sa paix intérieure dans ce lieu isolé, en pleine nature. Elle se décharge de ses obligations maternelles sur sa fille aînée qui se voit obligée de s'occuper de ses 3 frères alors que son mari accepte bon gré mal gré l'expérience et fais preuve d'un faux enthousiasme pour le bonheur de celle qu'il aime. Une famille bancale donc qui cherche ses repères dans un monde où elle ne trouve plus sa place.

 

Ray et Lizzy vont se rencontrer et l'histoire d'amour qui s'annonce entre eux ne laissera personne indemme...

 

Loin-du-monde-2.jpg Une trame somme toute classique pour un roman qui évite malgré tout les clichés.

Un homme et une femme, isssus de 2 monde différents, à la frontière de l'enfance et de l'age adulte. Une histoire d'amour qui ne peut tourner qu'au tragique.


  "Il y a deux sortes de lois, celles pour les gens comme toi et celles pour les gens comme moi"


David Bergen brosse, à travers l'histoire de ces 2 adolescents, ce passage si emblématique entre 2 périodes de vie. Imperméables aux récriminations des adultes qui paniquent de ne pas tout controler, Lizzy et Ray vivent sans soucis de bien faire et de respecter les lois. Laissant libre cours à leurs instincts, ils s'affranchissent des codes et des normes de la société.


C'est aussi l'occasion pour l'auteur de pointer du doigt le racisme sous-jacent qui pollue encore les relations entre blancs et indiens. Les familles indiennes sont séparées, les enfants confiés à de bonnes familles blanches qui esaient d'inculquer la voie du seigneur à ces petits sauvages rouges.

De leur côté, les familles de la middle-class blanche ne sont pas épargnés. Le docteur Amos profite de son ascendant pour draguer les mères perdues alors qu'un autre résident du Refuge, paralysé, voit sa femme batifoler avec son amant. Les enfants Byrd grandissent sans la protection de leur mère et semblent tous à la lisière de l'équilibre.

Bref, sous des dehors bucoliques, le Refuge et la forêt qui l'entoure sont loin d'être le paradis promis.

 

L'histoire d'amour entre Lizzy et Ray, qui est pourtant le fil conducteur du roman, parait malgré tout un peu décevante. Car contrairement à ce que l'on pouvait s'attendre, l'exploration de leurs sentiments amoureux est finalement assez peu abordé. On les retrouve bien plus souvent à batailler avec les adultes et leurs interrogations existentielles que sur le plan strictement amoureux. Sans vouloir tomber dans le mélo romantique, j'aurais aimé que l'auteur s'apesantisse un peu sur les sentiments éprouvés par les 2 adolescents, sur l'éveil et la découverte de l'amour et de sa sexualité.

Le lecteur trouvera cependant de très belles pages sur les relations familiales, en particulier celles de Ray et Lizzy avec leur(s) frère(s).

 

Voilà un tableau bien pessimiste qui nous ait fait là de la société qui n'hésite pas à broyer ses enfants qui osent sortir des barrières. Un constat amer qui démontre une fois de plus que les plus faibles seront les plus opprimés.

"Loin dumonde" se révèle donc un bon roman qui croise différentes thématiques avec bonheur.

Mais un roman auquel il manque tout de même quelque chose pour nous marquer véritablement. Dommage car le final, qui signe la fin de l'enfance et de son innocence, est d'une grande force.

Un roman que j'imaginerais même parfaitement adapté pour le cinéma.


  " Dans la vraie vie, dans la sienne, dans celle d' Emma et de Franz, et même dans celle de Lizzy, n'étaient-ils pas tous des marionnettes manipulées par un marionnetiste suprême, quelque dieu malveillant et impartial qui souriait avec bienveillance des travers de ses marionnettes. << Peut-être n'y-a-t'il rien d'autre. Que le hasard. Et encore, ce serait trop généreux. Le hasard peut impliquer la grâce, l'espoir, la rédemption. J'ai renoncé à tout cela. >> " 

 

 

L'avis de Saxaoul, Calypso,


Un grand merci à BOB et à Albin michel !


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Par Choco - Publié dans : Littérature canadienne
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