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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 16:38

 

 

Mémoires d'un yakuza 01

 

Auteur : SAGA Junichi

 Editeur :Picquier, poche 

Date de parution : Juin 2007

Prix : 9,50 €

  362 pages

 

 

 

Comme le titre l'indique, il s'agit ici des mémoires d'un yakusa japonais. Alors qu'il se meure lentement d'un cancer, le gangster va confier son parcours au médecin qui le soigne, SAGA Junichi. A sa mort, dans les années 70, ce dernier relatera alors sur papier son étonnant parcours.

 

On se fait tous une idée ultra-violente des yakusas, véhiculée par les nombreux films qui leur sont dédiés. On les associe toujours à une image de criminels violents qui flinguent à tout va.

Sauf que dans ces mémoires, on va découvrir qu'à l'origine, les yakusas étaient surtout des joueurs professionnels et que la plupart de leurs activités étaient consacrés aux tripots de jeu.


  " Le vrai métier des yakusas, c'étit le jeu, et rien d'autre. De mon temps, si un yakuza avait gagné sa vie d'une autre manière, les gens l'auraient regardé de haut. << Oh, lui, auraient-ils dit. Il veut ramasser des oeufs de tous côtés, parce qu'il n'arrive pas à gagner sa vie avec le jeu, il n'est pas assez bon. C'est un imposteur, et rien d'autre >>. "

 

 

memoires-d-un-yakuza-02.jpg

 

 

Nous allons donc suivre notre homme de 1910 à 1970 environ.

Ijichi Eiji a une quinzaine d'années quand il quitte la maison familiale pour aller travailler à Tokyo chez un oncle dans son entreprise de charbon. A force de cotoyer les dockers, il finit par sympathiser avec eux et à intégrer leur cercle de jeu, à fréquenter les quartiers des plaisirs. Il travaille ensuite clandestinement sur les "bateaux de minuit", qui permettaient aux gens de se déplacer la nuit sans éveiller les soupçons de la police, les jeux d'argent étant interdits à l'époque.


  "Avant la guerre, la façon dont vivaient la plupart des japonais consistait à se lever quand il faisait encore noir et à se rendre à leur travail, puis à travailler de toutes leurs forces toute la journée, et enfin à rentrer quand il commençait à faire sombre, manger et se coucher : ce qui veut dire que dans la plupart des familles, tout le monde dormait déjà à neuh heures du soir. Alors si quelq'un se trouvait dans les rues à cette heure-là, ils pensaient tout de suite que ça ne valait rien de bon. "

 

Ijichi Eichi finit par intégrer les maisons de jeu et entrer dans un gang. Il fait son apprentissage :


" Qu'est-ce que je faisais en fait ? La lessive, le ménage, la cuisine et les courses. A côté de ça, il fallait que je m'entende bien avec les commerçants du quartier et que j'aide à l'entretien des rues du voisinage. Les balayer et les nettoyer, ce genre de travaux."

 

On découvre avec lui les codes d'honneur, le business du jeu, le système de l'ascension interne, l'entraide entre ses membres.

 

" Il y avait des règles précises pour pratiquement tout - de la façon dont on salue quelqu'un au-dessous ou au-dessus desoi, la façon de parler aux gens, la façon d'indiquer que vous les écoutez, tout. C'est un monde féodal, très différent de la vie ordinaire extérieure. "

 

 

mémoires d'un yakuza 03

 

Puis il devient joueur professionnel, connait la prison. Il s'élève dans la hiérarchie et dirige son propre tripot, avant de devenir chef du gang.

 

" La plupart des gens s'imaginent que les yakusas sont des brutes, mais pour arriver en haut, il faut bien plus que du muscle et de la force. Autrement n'importe quel idiot pourrait y parvenir. Ce qui compte, c'est d'avoir les qualités  qui font que les gars sous vos ordres sont loyaux, prêts à mourir pour vous si nécessaire. "

 

Au-delà, de l'aspect "technique" des gangs, on découvre aussi le parcours humain d'un homme qui a dû lutter et travailler dur pour trouver sa place. On suivra ses multiples aventures amoureuses et la relation forte qui l'unit à ses frères de gang.

A travers ce portrait d'un vie, se dessine aussi en filigrane le portrait d'une époque. Il évoque les années difficiles de l'après-guerre, la corruption de la police, le tremblement de terre de 1923 qui détruisit une grande partie de Tokyo puis les difficultés économiques, les affaires qui ne marchent plus. Les portraits des petites gens, des geishas ajoutent une couleur encore plus humaine à ce récit qui l'est déjà.

 

Vous l'aurez compris, inutile de chercher dans ce texte, une intrigue trépidante, avec assassinats et bagarres à chaque page. Sans être un enfant de coeur, Ijichi Eiji se révèle un chef de gang à l'ancienne, respectueux des codes et des hommes.

"Mémoires de yakusa" est un portrait au long cours ponctué d'une découverte intéressante d'un milieu et d'une époque révolue loin des clichés convenus du cinéma.

 

 

 

L'avis de Saraswati que je remercie pour le prêt !


 

Pour ceux que le sujet intéresse, vous pouvez lire :


- " Yakuza, la mafia japonaise ", de Dubro et Kaplan, chez Picquier à 11,50€

- "Yakuza : enquête au coeur de la mafia japonaise", de Pierrat et Sargos, chez Flammarion à 20€

 

 

 

challenge In the mood for Japan

 

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commentaires

sarawasti 27/03/2011 20:21



contente que ça t'ait plu   tu peux garder le bouquin, je sais bien que tu aimes ce genre d'homme....mais c'est
vrai que la photo du gars en couche n'est pas très sexy !



Choco 28/03/2011 00:34



Le contraire m'aurait étonné quand même :)


De toute façon, il n'est pas question que je garde l'ouvrage !! , c'était un prêt et en plus, c'est une fille sur la couverture


Et la "couche" du monsieur, c'est un fundoshi !



Manu 27/03/2011 09:13



Intéressant et intriguant ! J'adore la couverture !


Par contre, la photo du gars dans ton texte hum hum



Choco 28/03/2011 00:09



BAh, c'est un yak' quoi ! Il est censé faire peur !



Choupynette 26/03/2011 18:00



pas mal pour découvrir ce monde mystérieux des yakuzas...



Choco 27/03/2011 23:55



Oui, à l'époque, ils n'avaient pas du tout le même rôle qu'aujourd'hui !



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