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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 08:00

 

naufrages 01

 

Auteur : Akira Yoshimura

Editions :  

Actes Sud - Janvier 1999 - 190 pages - épuisé

Actes Sud, Babel - Février 2004 - 192 pages - 7,50€


 

Isaku est un jeune garçon de 9 ans qui vit avec sa famille dans un village japonais très pauvre. Coincé entre la montagne et les rivages rocheux de la mer, le village ne possède que peu de moyens de subsistance. L'élevage et l'agriculture étant impossibles, la population vit de la pêche, de maigres cultures et de quelques échanges avec les villages à proximité. La vie est tellement difficile que certains habitants sont même obligés de se louer à la ville pour obtenir de l'argent qui permettra à la famille de subsister en leur absence. C'est le cas du père d'Isaku. Parti travailler pour 3 ans, il a laissé sa famille et Isaku, malgré son jeune âge, se retrouve chef de famille. Isaku prend très à coeur son rôle et va commencer son apprentissage de jeune adulte.

Durant 3 ans environ, nous allons suivre le jeune garçon et découvrir le quotidien du village. Rythmées par les saisons, les tâches se répèrent années après années : Pêche au poulpe puis aux encornets, la saison des sardines et des maquereaux, cuisson du sel, échanges avec d'autres villages, etc... La mère d'Isaku est plutôt dure avec son fils et la tendresse n'est pas à l'ordre du jour lorsqu'il faut se battre pour survivre.

Mais Isaku, au fur et à mesure de son apprentissage, va finir par découvrir que les grands feux allumés la nuit ont surtout une autre fonction : tromper les navires perdus dans la tempête et les entrainer à s'échouer sur les rochers pour pouvoir mieux récupérer leurs cargaisons. Ces naufrages tant recherchés sont en effet une véritable bouffée d'air pour ces villageois en leur permettant de vivre à leur faim pendant plusieurs années et d'éviter de louer leur travail.

Hélas, parfois le prix à payer pour cette tranquillité du ventre est parfois un peu trop lourd...

 

 

naufrages 02

 

Ce petit conte qui prend place dans une époque indéfinie évoque la vie extrêment difficile dans un village dénué de tout. On y vit de façon archaïque et rurale. La faim fait partie du quotidien. Posséder de nouveaux vêtements ou manger du riz à tous les repas est un véritable luxe qu'aucun d'entre eux ne peut s'offrir. La survie est un combat de tous les jours et qui ne sait pas pêcher condamne sa famille à la mort. C'est pourquoi Isaku se révèle un personnage extrêmement attachant. Au départ, peu averti dans son travail, il se bat néanmoins avec opiniatreté pour réussir à ramener à manger à sa famille. Isaku veut être digne de la responsabilité que lui a donné son père et veut que ce dernier soit fier de lui à son retour. 

Les difficultés n'enlèvent pas une part de légereté et de bonheur malgré tout. Isaku va connaitre ses premiers émois amoureux. Il a une part de naiveté qui l'empêche d'avoir une vue pessimiste de la vie.

 

Le narrateur est d'ailleurs Isaku lui-même. Le récit est plutôt descriptif et le jeune garçon raconte son quotidien au fil des saisons. Le temps passe, le cycle des choses et de la vie continue de tourner. Il nous fait partager ses pensées, ses peurs, ses espoirs.

En bref, il s'agit d'une tranche de vie et il ne faut pas s'attendre à une intrigue trépidante. Le rythme est lent, la fin est abrupte et le lecteur sait que la vie du village continuera de façon immuable.

Cruelle et noire, l'histoire souligne les extrémités auquelles la misère et la faim peuvent nous conduire, et transforme le simple récit en une réflexion philosophique.

 L'Homme n'est qu'un simple élément de la Nature. En provoquant et en demandant plus, en devenant avide et paresseux, peut-être dépasse-t'il les limites de sa simple condition d'humain. Le châtiment n'en serait alors que d'autant plus justifié ? Dans tous les cas, la Nature donne et reprend. La vie est un éternel cycle où la nature, les hommes naissent et meurent indéfiniment.

 

Je vous laisse méditer là-dessus et vous encourage à lire ce petit bijou !

 

Extraits :

 

" Le mort, un homme de plus de cinquante ans du nom de Kinzo, était nu, simplement couvert d'un linge autour des reins. Après une mauvaise chute, il s'était couché, et depuis quelques jours sa famille ne lui donnait plus que de l'eau. On n'avait pas l'habitude au village de nourrir les mourants. "

  

" Il commençait à comprendre. Il avait été longtemps persuadé que la cuisson du sel était une cérémonie pour que les bateaux en difficulté viennent s'échouer sur la plage, et il se rendait compte maintenant que c'était surtout un moyen de provoquer un naufrage."

 

Les avis de Papillon, Marie, Bluegrey, Kalistina,       

 

 

 

 

challenge In the mood for Japan

 

 

 

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commentaires

Marie 04/03/2011 08:23



Coup de coeur pour ce livre ! C'est celui que j'ai préféré de cet auteur.


D'ailleurs, je suis tombée par hasard sur ce roman il y a quelques jours en essayant de ranger mes bibliothèques... Conclusion, j'ai stoppé le rangement sans même m'en rendre compte pour m'assoir
au pied de l'étagère et relire ce livre... 


 



Choco 04/03/2011 13:50



 ah oui carrément ! Ce n'est pas allé jusqu'au coup de coeur pour moi, j'ai préféré d'autres textes mais bon, il
faut que je lise ses autres romans que je ne connais pas !



kali 03/03/2011 00:15



Je me rappelle surtout cette atmosphère si particulière!



Tulisquoi 01/03/2011 23:15



Je viens juste de l'acheter, après avoir lu Le Convoi de l'eau du même auteur. Ils m'ont été tous les deux chaudement recommandé par ma libraire. J'ai hâte de le commencer maintenant !



Choco 03/03/2011 17:18



Tu m'étonnes ! A moi de m'attaquer aux autres romans aussi !



Herisson08 27/02/2011 22:05



La couverture m'attire terriblement !



Choco 01/03/2011 17:10



ça se comprend !



Hélène 27/02/2011 11:29



Rien que pour pouvoir mettre la couverture de ce livre en avant dans ma bibliothèque, je suis prête à craquer..



Choco 27/02/2011 22:31



Avec Actes Sud, c'est facile de craquer alors !



Humeur

Le 26 Août 2013 :
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