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Vendredi 3 mai 2013 5 03 /05 /Mai /2013 07:00

satan-dans-le-desert-01.jpgsatan-dans-le-desert-02.jpgBob Hightower est un flic californien, quelque peu planqué dans les bureaux, grace à son ex-beau-père, shérif de son état. Cet homme divorcé à l'existence banale va pourtant devoir affronter l'enfer lorsque son ex-femme est assassinée et que sa fille Gabi est enlevée. Son chemin va croiser celui de Case, une ex-junkie qui semble reconnaître le mode opératoire du tueur. A deux, ils partent traquer le tueur, quitte à y laisser des plumes.

 

  Second roman de Bostan Teran, Satan dans le désert est un récit tout ce qu'il y a de plus noir, où le mal suinte entre les lignes. On plonge dans un univers où humanité et compassion n'ont pas leurs place et où la violence se fait à la fois physique et psychologique.

Bob est un homme ordinaire qui, malgré son divorce, peine à passer à autre chose. Il reste attaché à son ex-femme qui s'est pourtant remariée, et seul le bonheur de sa fille Gaby compte. Pourtant, quand notre flic tranquille découvre le massacre qui a eu lieu dans son ancien domicile conjugal, c'est la panique. Son ex-épouse, son compagnon ont été assassinés d'une manière particulièrement difficile et surtout, sa fille a disparue. La police qui ne tient aucune piste, est sur les dents. Bob désespéré, tente le tout pour le tout et rencontre l'étrange jeune fille qui lui a écrit. Cette dernière, Case, est convaincue de reconnaître le tueur d'après la mise en scène du crime. Ex-héroïnomane hantée par ses démons et son passé, Case semble trop instable et trop rebelle pour être crédible. Mais n'ayant rien d'autre à quoi se raccrocher, Bob se lance dans une aventure qui le dépassera rapidement.

 

Sous une trame classique, voici un duo détonnant : l'ancienne droguée et le flic. Loin de se faire dans la facilité, leur entente ne va pas de soi. La confiance n'est pas de mise, la communication se fait dans la douleur. Seuls les évènements qu'ils vont devoir affronter réussira à les rapprocher. C'est qu'une sorte d'adolescent écorché nommé Cyrus s'improvisant à moitié gourou d'un groupe sataniste joue avec l'innocence de la petite Gabi, après avoir des années avant fait subir le même sort à Case. Les faits sont durs, violents. Sans tomber dans la description crûe et gratuite, l'auteur ne cache pas les scènes de violence (viols, meurtres rituels, ... qui même suggérés sont souvent choquants) accentuant ainsi l'ambiance apocalyptique d'une terre desséchée où le salut n'est plus à attendre.

Pour autant, la psychologie de cette histoire est extrêmement bien travaillée : la relation de Bob et Case qui évolue sensiblement du mépris au respect, la main-mise psychologique de Cyrus sur la dizaine d'adolescents perdus qui constitue sa meute assoiffée, les mensonges de l'entourage de Bob qui contribuent à leur chute à tous. Le lecteur connaît d'ailleurs très rapidement l'identité du ravisseur, les implications d'autres personnages censés être tous blancs. Il ne lui reste qu'à observer, impuissant, le gouffre vers lequel chacun tente de s'extirper avec plus ou moins de succès. Le Bien, le Mal, la frontière est parfois ténue. Bob se raccroche au Bien, à Dieu mais va découvrir Satan dans le désert, tandis que Case qui n'arrive pas à sortir de l'ornière, rencontrera peut-être le Bien ou tout du moins la confiance d'un homme.

 

satan-dans-le-desert-03.jpg©Claire Martin

 

Ce roman extrêmement fort est un roman où la Vie et la Mort s'entremêle. Une sombre histoire où les monstres ne sont pas toujours ceux qu'on croit. Où le lecteur cherchera en vain une fin heureuse où chacun retourne dans son joli monde sans aucune séquelle. On en est loin. Tout est à reconstruire, à oublier. Les illusions de ce monde se sont envolées. Reste juste le sentiment d'être toujours en vie et de devoir désormais continuer envers et contre tout.

 


« C'est pas à l'Amérique propre et puritaine que vous avez affaire, sur ce coup-là. Cette merde, c'est l'enfer. Une histoire de drogue, de sang et de foutre, déjantée à un point que vous n'avez pas idée. »

 

 Vous êtes prévenus.

Pour ma part, c'est un coup de coeur !

 

 


  Titre : Satan dans le désert

  Auteur   : Bostan Teran

Éditions :

Le Masque, Février 2004 - 21,90€

Folio policier, Mai 2005 - 464 pages - 8,60€



Par Choco - Publié dans : Polar - Communauté : Salon Lecture
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Mercredi 20 février 2013 3 20 /02 /Fév /2013 07:00

delivrance-01.jpegIl aura fallu la curiosité d'un flic pour qu'un appel à l'aide soit enfin découvert. Le département V de la police de Copenhague vient de recevoir les restes d'une bouteille et son message écrit en lettres de sang. Découverte sur les côtes écossaises, elle resta plusieurs années sur un bord de fenêtre sans que personne ne s'en soucie. Pourtant, c'est un véritable SOS que la bouteille contient. A moitié illisible, il va pourtant être le point de départ d'une longue enquête conduite par Carl Mock et ses assistants.

 

Troisième enquête du département V, on retrouve avec plaisir le curieux duo formé par Carl Mock et Assad, son assistant à tout faire qui cache bien des ressources, découvert dans  Miséricorde. S'y adjoint l'originale Rose, apparue dans le tome 2 (que je n'ai pas lu, pour ma part) qui est à la hauteur des deux autres compères. Car outre l'intérêt de l'enquête en elle-même, les personnages sont à eux seuls une des bonnes raisons de découvrir les romans de Jussi Adler Olsen ! L'auteur nous offre des personnages savoureux et hors-normes qui agissent en dépit des règles officielles. Carl tient ses siestes pour primordiales et ne rêve que d'être débarrassé de ses enquêtes harassantes, avant de se jeter à corps perdu dans une enquête non-résolue lorsqu'il sent quelque chose. Assad, sous des dehors d'immigré peu adapté, possède son quota de jugeote et fait avancer les enquêtes par ses réflexions percutantes tandis que Rose, butée, n'hésite pas à aller en travers des ordres de son chef pour mieux suivre ses propres desiderata. Le département est ainsi donc une équipe un peu en roue libre qui, planquée dans les bas fonds amiantés des bâtiments, se moque bien du qu'en dira-t'on. La dose d'humour distillée par les relations et les discussions hauts en couleurs entre les personnages donne beaucoup de chaleur et de verve à une écriture plus classique.

 

L'intrigue en elle-même se dévore toujours avec autant de facilité ! Alors que Carl et son équipe enquête sur ce misérable message à trous vieux de plusieurs années, le lecteur suit en parallèle le quotidien d'un couple sans histoire. Enfin, sans histoire, pas tout à fait... Le mari cache à sa femme son activité et s'absente régulièrement pour de courtes périodes. Cet homme mystérieux se révélera bien vite un meurtrier en puissance, lié au message de l'ancienne bouteille. 2 fils conducteurs, une vieille enquête qui permet de traquer un tueur encore en action, des victimes en attente de leurs sauveurs, une alternance de la narration entre les enquêteurs et le tueur : ce procédé déjà utilisé pour Miséricorde et peu original a pourtant le mérite de faire monter la tension et de prendre connaissance des faits du points de vue de tous les protagonistes. On pénétrera la psychologie torturé du meurtrier, de son passé, pour plonger au coeur des communautés religieuses sectaires.

 

Une analyse psychologique de qualité, une intrigue habilement construite, des personnages séduisants et de l'humour à belle dose font de Délivrance un excellent polar accessible à un large public.

ça serait dommage de s'en priver !

 

 

D'autres avis :

Keisha - Clara - Le Bison -

 

 

 


Titre : Délivrance

  Auteur  : Jussi Adler Olsen

Éditeur : Albin Michel

Parution : Janvier 2013

  672 pages 

Prix : 22,90€


 

 

Par Choco - Publié dans : Polar
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Mardi 19 juin 2012 2 19 /06 /Juin /2012 20:20

chien-de-don-quichotte-01.jpgHugo, un ancien flic, est désormais l'homme de main,  et accessoirement le tueur à gages, d'Esteban, riche patron d'une multinationale. Voilà déjà quelques années qu'il travaille pour lui mais depuis quelque temps, Hugo semble perturbé. C'est qu'il a adopté un chien, Bion, qu'il trimballe désormais partout et qu'il a fait connaissance d'un prêtre alcoolique aux pensées fort peu catholiques  ! Ces rencontres vont révolutionner sa vie : désormais Hugo ne veut plus tuer ! Hélas, c'est sans compter le mauvais sort et ce mystérieux groupe de hackers dénommé Vendredi 13 qui sème la zizanie dans les affaires véreuses d'Esteban...

 

Esteban, puissant homme d'affaire à la colle avec le pouvoir, est furieux. Une bande d'adolescents a piraté ses comptes et lui a piqué de l'argent, pour le reverser à une bonne cause. Il va dès lors mettre ses hommes sur le problème. Eric, en informatique, ainsi que Hugo et Boris, un ex-mercenaire soviétique, sont missionnés manu militari. La pression monte. Eric semble cacher ses liens avec Vendredi 13. Boris est prêt à tout pour évincer Hugo tandis que ce dernier semble partir dans un délire très personnel.

Un curé complètement saoul qui ne croit plus en Dieu lui a donné un livre dont nous ne saurons pas le nom (On le devine à la fin !) mais qui raconte l'histoire d'un homme qui fait le bien autour de lui. Et depuis Hugo se pose beaucoup de questions. Celui qui tuait sans problème de conscience va désormais chercher à prêcher la bonne parole et tenter de régler les problèmes de manière pacifique. Mais il est bien difficile de mener de front son travail de tueur à gages et sa mission de faire le bien. Surtout quand le sort s'acharne à vous faire tuer malencontreusement ceux que vous souhaitiez sauver !

 

Après le chouette Samedi 14, de Pouy , encore une belle pépite dans cette sympathique collection Vendredi 13 ! Cette fois-ci, c'est une auteur danoise écrivant en français qui rejoint les Éditions La Branche.

C'est tout d'abord une belle série de personnages que nous offre l'auteur. Entre le curé qui passe sa vie aux comptoirs des bars et voue aux gémonies tout ce qui a un lien avec Dieu et va se retrouver mêler à cette histoire de hackers bien malgré lui, le silencieux Boris qui cherche à tirer son épingle du jeu, le groupe de hackers, jeunes inconscients qui pensent changer le monde avec leurs piratages et vont se retrouver face à plus fort qu'eux, et surtout Hugo qui, armé de son chien, de son flingue et de son livre, cherche à changer sa vie en ratatinant par erreur ses cibles, inutile de vous préciser qu'on se régale !

Les dialogues sont bourrés d'humour noir, d'ironie et de second degré. Si l'action est un peu lente à démarrer, le rythme s'accélère rapidement et le lecteur assistera à une montée en flèche du scénario qui, s'appuyant sur la "folie" et le décalage d'Hugo de plus en plus importants, se terminera sur un final sanglant en apothéose !


Si l'histoire est relativement classique et sans grand suspens, on retiendra surtout son traitement pour le moins original. Le chien de Don Quichotte est un roman tragi-comique savoureux et quelque peu déjanté qui, mine de rien, pointe du doigt les contradictions de notre société : des activistes utopistes prêts à se vendre, un tueur qui ne veut plus tuer, le curé qui ne supporte plus le genre humain, ...C'est drôle, c'est enlevé. J'aurais presque aimé que l'auteur aille encore plus loin dans l'improbable ! :)

 

 

D'autres avis :

Livrogne - Yv - Action suspense -

 

Extrait :

 

" Il songea qu'il devait rentrer, il était tard et il n'y avait plus personne dans le bar, personne à part lui et un prêtre qui tenait à peine sur ses jambes et un barman au teint blafard. Il regarda le miroir derrière le comptoir dans lequel se reflétait la salle. Le bistrot était sinistre. Hugo était accoudé au comptoir à côté de l'homme d'église qui se saoulait au whisky et qui observait son verre vide. Il marmonnait que depuis le temps qu'il fréquentait Dieu, celui-ci aurait pu le lui remplir, il en avait le pouvoir, enfin, s'il existait il en avait le pouvoir et c'était sûrement la raison pour laquelle les gens croyaient en lui. Les gens le prenaient pour un magicien. Tu te rends compte ? Il suffirait qu'il remplisse ce verre et ce serait la preuve de l'existence de Dieu. Il m'emmerde, enchaîna le prêtre. A côté du verre, un livre épais. Le prêtre posa sa main sur son verre et le poussa en direction du barman qui le remplit à ras bord. Le prêtre n'attendit pas, il le but d'un trait et en réclama un autre puis il regarda Hugo et lui demanda s'il voulait se confesser. Ça fait du bien la confession. Une vraie douche intérieure, un coup de propreté, rien que ça. Hugo le remercia mais non, il n'avait rien à dire. Hugo ne parlait jamais de lui ni de son travail, parce qu'il ne voulait pas effrayer les gens. Le jour où sa mère avait appris comment il gagnait sa vie, elle avait eu peur. Il n'oublierait jamais son visage affolé quand elle vit les pistolets et le couteau sur la commode de sa chambre. Le barman remplit à nouveau le verre du prêtre qui continuait à marmotter. Tout le monde a quelque chose à confesser. Des saloperies. Les gens sont mauvais. A l'image de Dieu. L'être humain est une espèce ratée. Le prêtre buta sur le mot raté et dut se répéter plusieurs fois. Hugo l'écoutait poliment. Le prêtre ne le dérangeait pas et de toute façon il n'avait rien d'autre à faire, il avait réglé un problème délicat et il buvait un verre parce qu'il ne voulait pas rentrer chez lui, c'était bientôt son anniversaire et ça lui faisait drôle. En descendant de sa chaise pour gagner la sortie, le prêtre s'agrippa à son épaule. Pour toi, dit-il en lui filant le livre sur le comptoir. Cadeau. Il empestait l'alcool. Lis ça. C'est pas mal. Il avala son dernier verre et chancela en se dirigeant vers la porte et quand il ouvrit le battant pour sortir, un courant d'air froid et sec pénétra dans le bistrot. Hugo frissonna. Le barman qui avait suivi le prêtre des yeux expliqua qu'il venait de l'église un peu plus loin et aussi qu'il ne croyait plus en Dieu, qu'il ne croyait plus en rien. Comme tout le monde. Le barman avait la voix amère. Lui non plus ne croyait en rien. Tout ce qu'il savait c'est qu'il fallait travailler pour payer les taxes et bientôt ce serait tout ce qu'il pourrait payer à force de filer du fric aux riches et en plus il faisait mauvais, il neigeait par intermittence depuis deux jours."

 

 

 

 


Titre : Le chien de Don Quichotte

Auteur : Pia Petersen

Éditeur : La Branche, Vendredi 13

Parution : Mars 2012

  224 pages 

Prix : 15€ 


 

Merci aux Agents littéraires et aux Éditions La Branche !

 

Par Choco - Publié dans : Polar - Communauté : Salon Lecture
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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 10:50

ce-qu-il-faut-expier-01.jpgKonrad Jonsson revient à Tomelilla, cette petite ville qu'il s'était juré d'oublier.  S'il y retourne aujourd'hui, c'est qu'il y est convoqué par la police : ses parents adoptifs viennent de mourir. Herman et Signe viennent d'être victime d'un meurtre et laissent derrière eux un joli magot gagné à la loterie. De l'argent qui aiderait bien Konrad, journaliste en panne d'inspiration et d'argent depuis qu'une mission a laissé son accompagnateur pour mort. Sans alibi, Konrad devient le principal suspect. Durant l'enquête de la police, ce dernier replonge alors dans ses souvenirs et se penche sur le mystère qui entoure la disparition de sa vraie mère, Agniezka, une polonaise ostracisée tout comme son fils, ce "bâtard de Polak" qui subit particulièrement la haine du fils légitime de Herman et Signe. Un retour sur le passé difficile qui mènera chacun à expier ses fautes.

 

Voici un bon polar suédois qui nous mène tout droit dans une petite ville aux accents racistes voisine d'Ystad où officie le célèbre Wallander de papier.

Le retour de Konrad dans la ville se fait sous le signe du malaise. Homme un peu largué, père d'une grande fille dont il n'est pas très proche, divorcé et s'investissant peu dans sa nouvelle relation amoureuse, Konrad va devoir affronter et exorciser ses peurs. Parti de Tomelilla pour une raison que nous découvrirons au cours du roman, il culpabilise quelque peu de n'avoir jamais pris de nouvelles de ses parents adoptifs mais peu aimants, d'avoir abandonné Sven le seul ami qu'il avait pour fuir un passé qu'il a occulté depuis toujours. Son retour provoque pourtant des réminiscences de sa vie avec sa mère et entraîne beaucoup de questionnements de sa part. Enquêtant à sa façon sur cette femme qui a disparu mais qui est toujours resté dans son coeur, Konrad va peu à peu tisser des liens entre ses recherches et la mort de ses parents adoptifs, et retrouver l'équilibre qui lui manquait depuis toujours.

 

Vous l'aurez compris l'enquête policière se double surtout d'une quête identitaire et c'est cette dernière qui nous est donné le plus à voir. L'enquête suit son cours et nous y avons accès par l'intermédiaire d'un journaliste bien renseigné qui se prend d'affection pour Konrad et l'aide dans ses recherches. Konrad se révèle bien vite un personnage très intéressant dont la quête est passionnante. Sans être totalement de neige, il apparaît avec ses failles et ses faiblesses qui le rendent attachant.

Les autres personnages apparaissent également assez troubles. Chacun semble avoir quelque chose à cacher et un terrible secret pèse évidement sur certains.

 

Au delà de cette histoire familiale, l'auteur nous déroule un portrait assez sombre de la société suédoise : racisme, intolérance, homophobie, partisans d'extrême-droite, lâcheté et abandon, ... La vie est loin d'être une réjouissance ici. Pourtant quelques fenêtres plus lumineuses s'ouvrent ici et là : l'amour d'une fille pour son père, l'amour d'un homme pour une femme. Après avoir expié ses fautes, le bonheur semble encore possible heureusement et on referme le livre sur une note d'espoir.

 

Ce qu'il faut expier s'avère donc un très bon polar qui offre une intrigue étoffée et des personnes riches sans tomber dans une surcharge sanglante. Toute la réussite de l'auteur tient dans l'art de mener une histoire dont le final ne lassera pas de nous surprendre tout en construisant avec beaucoup de réalisme une fresque sociale et psychologique des habitants de Scanie. Une très bonne découverte que je vous conseille donc !

 

 

D'autres avis :

Leiloona - La ruelle bleue - Lucie - 

 


Titre : Ce qu'il faut expier

Auteur : Olle Lönnaeus

Editeur : Liana Levi

Parution : Octobre 2011

    416 pages 

Prix : 21€ 


 

prix lectrices ELLE


Par Choco - Publié dans : Polar - Communauté : Salon Lecture
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Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 07:00

fantomes-de-belfast-01.jpg

Gerry Fegan est un membre de l'IRA. Aujourd'hui inactif, il a pourtant été l'un de ses efficaces sbires, n'hésitant pas à abattre et à tuer impunément.  Après 12 ans de prison et malgré le prestige qu'il garde encore auprès de son entourage, notre homme est pourtant devenu dépressif et alcoolique. C'est que, depuis quelque temps, des fantômes du passé viennent le hanter. Littéralement. 12 Suiveurs, comme il les appelle, qu'il est seul à voir et qui ne se lassent pas de l'accompagner et de hurler leur souffrance dans sa tête. 12 hommes et femmes qu'il a tués et qui réclament vengeance. Tourmenté par ses âmes de l'au-delà, Gerry tente de leur échapper en éliminant les commanditaires de ces meurtres. Il se retourne alors contre son propre camp, constitué de profiteurs, de voyous bien peu respectables.

 

Nous sommes donc en Irlande, après l'accord de paix signé en 1998. Une paix encore fragile qui peut exploser à la moindre anicroche. Aussi quand Mc Kenna, nouvellement élu au parlement, et Caffola sont retrouvés assassinés, certains pontes s'agitent tandis que d'autres profitent pleinement et hypocritement de la situation.

Gerry, de héros, passe rapidement au statut de l'homme à abattre. Mais la peur qu'il distille chez ses interlocuteurs est encore bien présente.Son retournement de veste, sa façon de parler à des ombres invisibles le font passer pour un fou qui ne craint plus rien, même la mort.

Homme tourmenté par son passé, c'est pourtant un personnage attachant qui espère avoir une vie normale. Un vie sans avoir à tuer. Une vie à aimer peut-être. Son attirance pour la belle Marie Mc Kenna, nièce de celui qu'il vient d'éliminer, le perturbe et lui fait voir que les choses parfois peuvent être douces. Rejetée par sa famille pour avoir épousé un policier catholique, Marie se sent des accointances avec cet homme discret et silencieux qui fuit la foule et tout contact humain. 2 exclus qui tenteront de se trouver mais devront affronter le secret de l'autre. Difficile de faire table rase du passé...

 

Les fantômes de Belfast s'avère un bon thriller qui, tout en jonglant avec une légère part de fantastique, aborde aussi un pan historique de l'Irlande. Si la paix en Irlande et ses différents enjeux politiques ne sont pas ici le sujet principal, la toile de fond est suffisamment intéressante pour donner du contenu à une intrigue qui tourne pourtant autour de la "simple" culpabilité d'un homme.

De chapitre en chapitre, la tension monte, le décompte des morts et des suiveurs se fait, se dirigeant vers un final plus apaisé qui pourtant ne sera pas. Le final sera sanglant et vengeur, la mort aura encore raison. Tueurs et victimes se croisent, se mélangent, inversent aussi les rôles parfois. Seule la présence de Marie et sa petite fille Ellen apporte douceur et lumière dans ce monde où la mort est omniprésente et où chacun tente de tirer la couverture à soi. Les activistes de l'IRA ne sont pas épargnés. Manipulateurs, pleutres, profiteurs, ils magouillent autant qu'ils peuvent pour maintenir leur pouvoir et leur empire financier. Profitant de la naïveté de gamins, comme Fegan, ils mettent en place leur petit système où le moindre grain de sable est éliminé.

 

Roman noir par excellence, Les fantômes de Belfast signe les débuts d'un bon auteur très prometteur. S'interrogeant sur la place de ces hommes du passé qui eurent un rôle primordial dans la constitution de l'état irlandais, Neville parle de la difficulté de parvenir à la paix. Le passé et les morts demeurent et il est bien difficile de fonder une république sur un socle mortifère. Suffit-il de tout reprendre de zéro et d'absoudre les erreurs passées ? La réponse ne va pas de soi et d'autres conflits l'ont bien prouvés, hélas...

En attendant, je vous conseille ce polar qui mélange action et émotion, une histoire qu'on peine à lâcher !

 

D'autres avis :

La ruelle bleue - Yvon - Leiloona qui n'a pas aimé -

 

 


 Titre : Les fantômes de Belfast

Auteur : Stuart Neville

Editeur : Rivages, Thriller

Parution : Août 2011

    410 pages 

Prix : 22€


 

prix lectrices ELLE

 

Challenge Thriller


Par Choco - Publié dans : Polar - Communauté : Salon Lecture
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