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Essai

Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 07:00

maison-de-sugar-beach-01.jpgHélène Cooper est née au Libéria dans les années 60. Issue d'une famille aisée, ses ancêtres étaient des esclaves américains affranchis qui ont quittés l'Amérique pour s'installer au Liberia au 19ème, des congos. Des hommes qui par leur statut de héros, de responsables politiques ont acquis une position fort enviable par rapport aux indigènes locaux. Mais de toute ceci, Hélène n'a cure, petite fille qui vient de s' installer dans une immense villa et qui s'effraie de ces nuits dans la grande chambre où elle doit désormais dormir seule. Sacrifiant à la coutume, ses parents lui trouve alors une compagne en la personne d'Eunice, jeune indigène de basse condition. Si les débuts de la cohabitation sont difficiles, les  filles finissent par nouer une amitié forte. Leur vie se poursut insouciante jusqu'au coup d'état de 1980 qui obligent Hélène et sa famille à fuir le pays, en laissant Eunice...

 

Hélène Cooper nous livre ici un récit autobiographique qui mélange destinée individuelle et Histoire nationale du Libéria. Le lecteur découvre son enfance libérienne, le quotidien d'une famille d'importance que tout le monde connaît et respecte. On navigue entre les jeux naïfs de l'enfance, les premières amours, le déchirement du divorce parental et les grandes lignes de l'histoire libérienne  à travers le parcours des ancêtres d'Hélène qui ont participé à la création de cet état. 

A la moitié de l'ouvrage, tout bascule et Hélène doit faire face à des violences insoupçonnées. Sa famille fuit aux Etats-Unis où elle peine tout d'abord à reconstruire sa vie. Son coeur est encore au Libéria ainsi que sa soeur Eunice. Peu à peu, elle réussit à devenir une vraie américaine et se lance à corps perdu dans le projet de devenir une grande journaliste reporter. Oubliant son pays d'origine pour mieux avancer, Hélène finira pourtant par revenir à cette terre qui l'a vu grandir.

 

Autant annoncer la couleur tout de suite : ce livre m'a profondément ennuyé....

Contrairement à d'autres lecteurs, je n'ai pas réussi une seule seconde à m'intéresser au parcours d'hélène Cooper. La longue trajectoire de ses ancêtres, la multiplicité de leurs noms qui m'ont totalement perdue, l'insouciance de cette famille aisée qui a des "boys" pour la servir, leur formidable maison de 22 pièces, cette petite Eunice qu'on vient adopter pour mieux réconforter les 2 filles de la famille, l'occultation d'Hélène par rapport à Eunice pendant x années, son retour coupable au Libéria : tout ça m'a laissé de marbre et je n'ai ressenti aucune empathie devant leur parcours plus ou moins chaotique.

Je dois dire que, pour une raison que j'ignore, le continent africain ne m'intéresse pas. Aussi plonger dans l'histoire du Libéria envers lequel je n'ai aucune curiosité outre mesure ne m'a pas aidé à m'enthousiasmer pour cet ouvrage.

Certes, j'ai découvert l'histoire de ce pays à travers le destin des Cooper mais pour autant, je ne m'en trouve pas plus riche. Bref, je pense que ce livre n'était tout simplement pas pour moi. Inutile de m'étaler donc et de trouver des raisons.


Je vous renvoie donc aux avis de lecteurs plus positifs :

Leiloona - La ruelle Bleue - Lucie - Claire -

 

 


Titre : La maison de Sugar Beach

Auteur : Hélène Cooper

Editeur : Zoé

Parution : Septembre 2011

    352 pages 

Prix : 22€


 

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Par Choco - Publié dans : Essai - Communauté : Salon Lecture
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Samedi 17 mars 2012 6 17 /03 /Mars /2012 10:00

gaston-et-gustave-01.jpgOlivier Frébourg est un écrivain qui s'apprêtait à être père. Mais c'est trois mois avant terme que les jumeaux que sa femme attendait sont arrivés. Arthur est mort. Gaston, lui, a survécu. Mais c'est une douloureuse attente que les parents s'apprêtent à vivre. Soigné dans un service de néonatalité, le jeune prématuré doit se battre pour survivre. Entre espoir et cauchemar, le père tente de maintenir la tête hors de l'eau en convoquant la grande figure de Flaubert, dont la statue orne l'entrée de l'hôpital. Un auteur qui a toujours refusé la paternité pour mieux écrire et auquel s'est beaucoup nourri Olivier Frébourg.

 

Olivier Frébourg n'est pas le premier auteur à se pencher sur le deuil d'un enfant.

 

"Alors pourquoi s'entourer de ce petit tas de livres sur les enfants morts ? Quand je parviens à en lire quelques lignes, ils me paraissent étrangers : j'essaie de trouver en eux une improbable consolation. La mort d'un enfant est devenu un genre littéraire. Il est impossible pour un écrivain qui subit une catastrophe de ne pas en faire un linceul de papier. Combien de parents ont perdu leur enfant sans encombrer les librairies ?"

 

Cette tragédie qui le frappe de plein fouet est un véritable naufrage pour l'auteur qui va développer une culpabilité certaine. Cette escapade à Saint-Malo était-elle une bonne idée ? N'a-t'elle pas involontairement provoqué cet accouchement prématuré ? A-t'il fait les bons choix dans sa vie ? Cette vie voyageuse et aventureuse qui a toujours été la sienne est-elle compatible avec la vie de famille ? Père heureux de 3 grands enfants, l'auteur s'interroge pourtant sur la figure du père et de l'écrivain. Peux-t'on porter les deux rôles en même temps ? Pour Flaubert, la réponse est non. Le prolifique écrivain a, pour sa part, fait le choix de l'écriture alors que Frébourg a pris les deux casquettes. A tort ?

Entre confession douloureuse et réfléxion littéraire sur l'écriture et sur Flaubert, Gaston et Gustave n'échappe pas à une certaine forme de voyeurisme. Frébourg n'hésite pas à confier ses peurs, ses sentiments, sa colère, son quotidien de père de prématuré. Il nous narre l'infini de ces journées, à attendre un signe de bien portance de l'enfant survivant, à craindre les rechutes, nombreuses, à refuser le coup de fil du matin qui annoncerait le pire. Il décrit l'horreur d'avoir à faire le deuil de celui qui n'eut pas le temps de vivre, l'organisation de sa crémation, sa solitude face à sa douleur, l'équilibre de la famille qui est brisé.

Il s'interroge sur sa vie, sur la manière dont il l'a conduite faisant peu à peu le lien avec celle de Flaubert. Tissant des parallèles entre eux deux, il nous conduit peu à peu dans l'intimité du grand homme, détaillant parfois des pans biographiques de l'auteur, explicitant certain faits d'écriture, certaines conduites qui le ramène à son propre statut d'écrivain.

S'il parle de lui en toute sincérité, Frébourg garde pourtant une certaine pudeur. Rien ne sera dit ou presque de ses relations avec la mère des jumeaux, de son propre ressenti à elle. Une femme qui semble un peu absente ici et qui d'ailleurs finira par l'être tout à fait envers l'auteur. Un point de vue que l'on pourrait regretter sauf que le sujet n'est pas là.


Se penchant sur sa propre douleur, sa propre culpabilité, Frébourg nous oblige malgré tout, d'une certaine façon, à voir le délitement de sa vie, à partager peut-être une part intime qui ne nous concerne pas. Comme pour le "roman" de  De Vigan qui m'avait gênée, le lecteur se voit plongé dans la vie d'un homme qu'un bouleversement soudain plonge dans une terrible souffrance. S'il est impossible de rester de marbre devant ce drame humain, il n'empêche qu'on assiste à une période très personnelle de l'auteur. C'est un homme plutôt bourgeois qui fréquente des milieux intellectuels élevés, à qui la vie réussit et qui semble mener une vie facile ponctuée de belles amitiés et de nombreux voyages. Jusqu'au jour où la machine se grippe et le conte de fées se termine.

Néanmoins, Frébourg réussit peu à peu à donner de l'ampleur à son récit. Se soustrayant quelque peu à son histoire personnelle, le livre prend un tour plus intéressant lorsque ce dernier pénètre plus profondément dans la vie de son auteur fétiche. Animé d'une belle plume qu'on ne peut lui enlever, Frébourg m'a beaucoup plus convaincue dans sa réflexion littéraire que sur sa propre expérience de la prématurité.

C'est donc un axe d'écriture assez original que de mettre en echo sa propre vie avec celle d'un grand auteur. Si le décalage est grand entre les deux auteurs, les passerelles m'ont semblées pertinentes tout en laissant malgré tout un sentiment ambigu de mélange des genres.

Gaston et Gustave est donc un document qui ne remportera pas l'adhésion de tout le monde.

 

 

D'autres avis : 

Leiloona qui s'est, au contraire, ennuyée avec les passages flaubertiens - Lucie -Claire -

 

 

 

 


Titre : Gaston et Gustave

Auteur : Olivier Frébourg

Editeur : Mercure de France

Parution : Septembre 2011

    233 pages 

Prix : 17,90€


 

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Par Choco - Publié dans : Essai
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 07:00

veuf 01Jean-Louis Fournier a perdu sa femme. Le coeur de Sylvie s'est arrêté de manière inattendue, laissant l'auteur à sa solitude et à son chagrin.

Veuf, loin d'être un récit larmoyant sur la détresse d'un homme, est un véritable hommage à l'absente, à celle à qui il doit d'être ce qu'il est.

 

L'auteur nous raconte donc son veuvage, au gré de ses souvenirs. Il parle de leur rencontre, des moments de joie à ses côtés. Mais surtout, il se penche sur sa propre solitude et à travers elle, ne fait qu'évoquer un peu plus Sylvie.

Il y a le courrier qui arrive toujours à son nom, les catalogues de roses et les factures d'un téléphone qui ne sert plus. Il y a son nom dans le répertoire qu'il faut un jour effacer à tout jamais. Il y a les questionnaires stupides de satisfaction du crématorium ou pire encore, l'échelle de point de malheur qu'un grand psychologue dresse dans son "sortir du deuil".

 

« Celui qui a eu 10 contraventions, ça lui fait 110 points, donc il est plus malheureux que s'il avait perdu sa femme.»

 

Il parle de la gêne des proches, des mots de consolation qu'on ne trouve pas et qui ne servent, de toute manière, à rien.

Mais surtout, il nous raconte Sylvie, sa Sylvie. Celle qui avait tant de coeur, ce coeur qui l'a lâché injustement. Celle qui savait donner vie aux plantes, qui a su apprivoiser ses 2 enfants handicapés. Celle qui était attentive et l'aidait dans son travail.

Il s'adresse parfois à elle directement, souligne avec douceur les conséquences de son départ.

 

" Le plus terrible c’est que je vais mourir seul, tu ne seras pas là pour me rassurer, me tenir la main, me fermer les yeux. "

 

Mais loin d'être le récit plombant attendu, le texte contient la légèreté, l'humour aussi parfois dont l'auteur use ici avec pudeur et élégance. Il se moque de sa propre personne, dédramatise les faits tout en nous montrant par là toute la difficulté de continuer à être, tout simplement. Une litanie rythme ses mots, qu'il tente de faire sienne.


"Tous les jours, à tout point de vue, je vais de mieux en mieux."

 

L'humour et la dérision lui servent de garde-fou pour ne pas sombrer.

 

Mais à travers ses successions d'anecdotes, de souvenirs, Jean-Louis Fournier offre en fait un véritable hommage envers son aimée. Il ne pouvait lui faire plus beau cadeau que ce texte où l'auteur se met à nu avec ses failles, ses erreurs, et tout cet amour qui occupe souvenirs et objets qui se rattachent à elle. Un amour qui l'a grandi et dont il est reconnaissant de tout ce qu'il lui a apporté.

 

" Elle croyait en moi, et grâce à elle j’ai commencé à y croire. A l’époque, j’étais presque rien, maintenant je suis presque quelque chose."

 

Avec une économie de mots, une pudeur délicate et une élégance sans pareille qui se pare parfois de touches ironiques pour alléger son propos, Jean-Louis Fournier réussit avec brio à parler du deuil, de son propre deuil sous une forme originale qui ne pourra que toucher au coeur le lecteur. Un hommage vibrant et émouvant à une femme aimée comme chacun voudrait peut-être en être un jour l'instigateur. A mille lieux d'un récit nombriliste et larmoyant , Veuf nous confie le souvenir poétique de Sylvie afin qu'elle continue d'être à travers la mort. A nous de faire de même avec nos morts mais aussi nos vivants, en n'oubliant pas la valeur des petits bonheurs et de l'amour dans sa simplicité.

La vie continue et n'oublions pas qu'il "est poli d'être gai" comme nous le rappelle l'auteur avec cette exergue de Voltaire.

 

 

Extraits :

 

"Quand je regarde tes petits chapeaux, je pense avec une infinie tristesse à ton cerveau, tombé en panne sèche, de sang. Il est éteint définitivement. Tu ne penseras plus jamais à moi… J’ai regardé à l’intérieur des chapeaux s’il ne restait pas une petite pensée pour moi."

 

"Tu étais le pôle positif, j'étais le pôle négatif. ça faisait de la lumière , et souvent des étincelles."

 

"Elle n’aimait pas parler d’elle, encore moins qu’on en dise du bien. Je vais en profiter, maintenant qu’elle est partie."

 

" Depuis que la rayonnante Sylvie s'est éteinte, il fait sombre dans la maison , je vis dans la pénombre . J'ai eu beau changer les ampoules, j'ai eu beau en mettre des plus puissantes avec plein de watts , il fait toujours sombre."

 

" Tu as été ma plus belle qualité,j'espère ne pas avoir été ton plus gros défaut."

 

D'autres avis :

Cathulu -

 


Titre : Veuf

  Auteur : Jean-Louis Fournier

Editeur : Stock

Parution : Octobre 2011

    160 pages 

Prix : 15,50€


 

prix lectrices ELLE

 

1% littéraire 2011

Par Choco - Publié dans : Essai - Communauté : Salon Lecture
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Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 12:20

disparue de san juan 01

Marie-Anne Erize a disparue en octobre 1976 à San Juan, Argentine. Enlevée sur la place publique, la jeune femme n'est jamais réapparue et son corps n'a jamais été retrouvé. Elle avait 24 ans.

Philippe Broussard, journaliste au Monde, a rencontré la mère de Marie-Anne, il y a 10 ans à l'occasion d'un reportage. 3 ans plus tard, cette histoire continue à le hanter. Il décide alors d'enquêter sur la disparition de la jeune femme, tentant de trouver la vérité à son sujet.

 

Le journaliste débute son ouvrage en retraçant les premières années de Marie-Anne. Il raconte sa famille installée dans une pampa désertique. Il la suit adolescente dans les années 70 où la jeune fille vit quelque temps à Paris, jouant les mannequins tout en gardant un engagement important envers son pays. Bientôt, elle devient une militante active des Montoneros, péronistes de gauche et s'affirme contre la dictature. La pression du gouvernement argentin se fait de plus en plus marquée mais Marie-Anne refuse de quitter son pays. Elle paiera le prix de son engagement : elle sera enlevée et tuée, comme des milliers d'autres argentins qui dérangeaient la dictature.

 

L'auteur semble véritablement fasciné par son sujet.

Broussard a fait d'ailleurs le choix de présenter la vie de cette dernière de manière romancée. Un choix qui ne me convainc pas du tout.

Le portrait qu'il dresse de la jeune fille est très (trop) flatteur. Marie-Anne est belle, intelligente. Elle a du coeur et paraît être la jeune femme parfaite. Trop parfaite. La volonté de l'auteur de nous la montrer sous son meilleur jour devient rapidement agaçante et la figure de sainte qu'elle revêt, trop accentuée.

Broussard n'a pas connu cette fille. Il reconstruit son image à partir de témoignages variés et semblent embellir continuellement son "personnage".

A un peu plus de la moitié de l'ouvrage, le lecteur ne plongera toujours pas dans l'enquête sur sa disparition proprement dite et restera empêtrée dans la vie de cette jeune fille qui finit par lasser. 

Autant vous dire que pour ma part, j'ai fini par jeter l'éponge...  j'espérais plonger dans les coulisses de la dictature argentine, découvrir l'atmosphère de l'époque. Je pensais que l'ouvrage aurait une portée plus universelle envers tous les disparus de la dictature. Que nenni.

L'auteur reste fixé sur cette jeune femme et peine à s'en délier. Peut-être que mes attentes étaient décalées quant au contenu de l'ouvrage...


Toujours est-il que la construction de l'essai ne m'a pas beaucoup plus convaincue.

Broussard intercale entre chaque chapitre les longues lettres qu'il envoie à la mère de Marie-Anne. Des lettres à sens unique dont on ne connaît pas les réponses (mais y'en-a-t-il eu ?), ce qui réduit d'autant plus l'intérêt de cette correspondance. Il détaille avec un luxe de précisions ses démarches, ses recherches et donne l'impression de se lamenter sur la disparition de cette jeune femme si bien. On ne saura rien de la réaction maternelle face à ses missives : agacement, ignorance, reconnaissance ? Pour ma part, j'ai eu le sentiment que l'auteur réveillait régulièrement la douleur de la famille, obligeait la mère à suivre son enquête. Cette femme n'avait rien demandé, tentant certainement de faire le deuil d'une fille au corps perdu. La démarche de l'auteur part certainement d'une bonne intention mais peut-être que la mère souhaiterait aussi que le passé ne soit pas déterré ? Nous n'aurons pas la réponse.

Des lettres donc à l'intérêt limité mais qui coupe en plus la lecture de manière régulière et intempestive.

 

disparue-de-san-juan-02.jpg

 

Vous l'aurez compris, je n'ai pas aimé cette enquête qui ressemble plus à une tentative de reconstruction idéale d'une jeune femme disparue. Si la démarche de recherche de la vérité que Broussard entreprend est salutaire, ce dernier semble bien trop impliqué et fasciné par son sujet pour donner un ouvrage véritablement intéressant sur la dictature argentine. On pourra me rétorquer que son enquête prend un tour nouveau dans la dernière partie de son livre qui aborde un peu plus, je le suppose, le sort de Marie-Anne après son enlèvement. Néanmoins, les 300 pages précédentes sur la vie romancée de la disparue n'auront eu pour effet que de me faire fuir.

 

 

D'autres avis :

Leiloona - Lucie -

 


Titre : La disparue de San Juan

  Auteur : Philippe Broussard

Editeur : Stock

Parution : Février 2011

    442 pages 

Prix : 22€ 


 

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Par Choco - Publié dans : Essai - Communauté : Salon Lecture
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Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 15:25

la-plus-belle-histoire-des-femmes 01Derrière le titre un peu pompeux de cet essai se cache tout simplement l'histoire de la condition féminine à travers les âges. L'ouvrage se présente sous la forme d'entretiens conduits par Nicole Bacharan, historienne et politologue, avec 3 femmes de qualité, spécialistes du sujet.

Découpé en 3 parties, il se penche tout d'abord sur les origines de la discrimination féminine qui remonte à la préhistoire, puis trace les grandes lignes de l'évolution du statut de la femme à travers les siècles et les différentes sociétés, avant de terminer en posant les bases philosophiques de la place des femmes contemporaines et la place qu'il leur faut trouver aujourd'hui.

 

C'est Françoise Héritier, anthropologue, qui débute la réflexion dans cette première partie. Elle explique que la supériorité du masculin sur le féminin est bien culturelle et remonte aux temps anciens des hommes préhistoriques. La femme a "le privilège exorbitant d'enfanter" des femmes à son image mais aussi des hommes. Ce pouvoir est dès lors la cause de la subordination des femmes : les hommes s'approprient les femmes afin de s'assurer qu'elles enfantent LEUR fils à eux. Ils les privent de liberté, leur refuse l'accès au savoir pour empêcher toute émancipation et les relègue dans le domestique.

Une conception originelle qui pose les bases de notre condition aujourd'hui et qu'on retrouve encore dans notre inconscient. Par exemple, lorsque vous expliquez à un enfant la procréation, on dit facilement que le papa met une graine dans le ventre de maman. Cela revient à dire que la femme est une "marmite" et que l'identité de l'enfant vient du père ! Françoise Héritier poursuit sa réflexion en précisant la répartition des rôles et les premières atteintes aux femmes (viols, mutilations sexuelles, ...)

la-plus-belle-histoire-des-femmes-02.jpg

Michelle Perrot, historienne spécialiste de l'histoire des femmes, dresse dans la seconde partie du livre le parcours de la femme à travers les époques. Les thèmes abordés sont extrêmement variés. Après avoir explicité son statut intime et personnel (bébés filles non désirées, instruction orientée, mariage, imaginaire amoureux, maternité, amour maternel, naissances non désirées, veuvages, ...), elle se penche ensuite sur ces femmes qui sortent des critères traditionnels (religieuses, saintes, femmes violées, prostituées, lesbiennes, femmes artistes ou écrivaines) en s'appuyant particulièrement sur le rôle de l'Eglise. L'historienne évoque ensuite le statut de la femme au travail, ses domaines de compétence très typés, la différence de salaire, l'évolution de son instruction. Elle termine enfin par la place des femmes dans la "cité", dans la sphère publique et politique où sont prise les décisions, son rôle de citoyenne et son statut juridique, et les débuts du féminisme.

 

Dans la dernière partie, Sylviane Agacinski, philosophe, ouvre la réflexion sur la pensée et l'identité féminine d'aujourd'hui. Elle évoque, par exemple, le problème du féminin dans la langue et les règles de grammaire ou les représentations domestiques encore en cours aujourd'hui. Mais la philosophe prône surtout le fait que les femmes doivent aujourd'hui inventer leur propre identité et non pas s'affirmer en copiant les hommes. Elles doivent assumer leur féminité et trouver une place équilibrée entre vie familiale, vie professionnelle et même politique. Selon elle, une parité inscrite dans la loi est indispensable pour faire avancer les choses. La philosophe est également contre les mères porteuses et la prostitution qui ne sont qu'une preuve supplémentaire que le corps féminin est nié tout comme son propre désir. Elle évoque également les nouvelles techniques de procréation et les dons de sperme et d'ovocytes qui modifie le rapport à la parentalité.

 

la-plus-belle-histoire-des-femmes-03.jpgVous l'aurez compris le regard et la connaissance que posent ces 4 femmes sur notre propre histoire en tant que femme est terriblement passionnant ! Cet essai se révèle presque une lecture indispensable pour les femmes mais aussi pour les hommes, afin de comprendre l'origine de cette non-égalité des sexes et des répercutions contemporaines qui en découlent. 

Conduite sous forme de dialogues, la réflexion est très fluide et très dynamique. Nicole Bacharan questionne ses interlocutrices avec intelligence et permet de suivre un cheminement naturel dans la parole. Elle relance habilement, demande des précisions et nous suivons de manière addictive le schéma d'une condition féminine qui s'est faite avec le temps. Le récit est émaillé de nombreux faits concrets, de statistiques aussi parfois qui viennent éclairer de manière vivante et réaliste le contexte historique. Les propos ne sont pas conduit de manière chronologique et la situation de la femme se décrit surtout à travers les différents thèmes, tous connexes. On y trouve également de nombreux auteurs cités dont les textes reflètent de manière consciente ou non le rôle secondaire de la femme, tout comme des femmes de poids qui se sont dressés pour l'égalité des sexes ( George Sand, Simone de Beauvoir, Simone Weil, Olympes de Gouges, etc..).

Pour autant, les auteurs sont justes et sans gros parti-pris. Elles n'hésitent pas à pointer du doigt aussi les erreurs des défenseurs des femmes ou leur contradiction.

 

La plus belle histoire des femmes s'avère donc en définitive un ouvrage extrêmement salutaire dans une société qui continue de véhiculer l'inégalité des sexes au profit du masculin. Il ne s'agit bien sûr pas d'un ouvrage exhaustif retraçant de manière complète l'histoire de la condition féminine. Il y a tant à dire qu'en 300 pages, l'essai ne pouvait être que synthétique. Pourtant, il permet d'avoir une vision globale et fort bien sélectionné sur les grandes lignes du parcours féminin. Très accessible et sans érudition excessive, l'ouvrage pourra donc renvoyer chaque femme à sa propre identité et l'aider à prendre conscience de la place qu'elle doit prendre aujourd'hui.

 

Salutaire et passionnant, vous dis-je !

(au point que l'ouvrage peut voyager chez les commentatrices connues)

 

D'autres avis :

Leiloona, tout aussi convaincue

 

 

 


Titre : La plus belle histoire des femmes

Auteurs : Nicole Bacharan, Françoise Héritier, Michelle Perrot, Sylviane Agacinski

Editeur : Seuil

Parution : Mai 2011

  309 pages 

Prix : 19,50€ 


 

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Par Choco - Publié dans : Essai - Communauté : La littérature au féminin
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