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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 07:00

hotels-insolites-europe-01.jpgLes éditions Jonglez sont connues pour leurs nombreux ouvrages de tourisme "différent" avec leur collection "insolite et secrète" ou celle des "hôtels insolites". Après avoir traité de la France et du Royaume-Uni, ils nous proposent aujourd'hui une sélection d'hôtels insolites en Europe.

 

Amoureux de logements hors-norme et insolites, cet ouvrage est fait pour vous ! Vous avez toujours rêvé de vivre en roulotte, de passer une nuit dans les arbres, de dormir en haut d'un phare ou d'habiter un monastère ? Votre rêve peut désormais se réaliser le temps d'un séjour grâce à la sélection d'hôtels les plus improbables possibles qui vous sont proposés ici.

Inconnus le plus souvent du grand public, ces lieux secrets auront le chic de vous dépayser et de vous surprendre dans les grandes largeurs. Découpées par secteur géographique, ce n'est pas moins de 200 adresses que vous allez pouvoir découvrir. Des sites totalement atypiques où vous pourrez choisir selon vos envies, caravanes ou roulottes, wagon de chemin de fer ou de tramway, château d'eau ou moulin à vent, péniche ou phare, etc...

De manière encore plus exubérante, vous pourrez opter pour un cheval de Troie à roulettes, un Boeing reconverti, un tonneau viticole, un cercueil, un tube en béton, une prison,  une voiture 2 CV, une capsule de survie, un igloo, un aquarium flottant, une arène taurine, ou une grue industrielle ! Les amoureux de la nature apprécieront les cabanes perchées, les tentes ou hamacs suspendus ou encore les îles désertes. Plus loin les hôtels futuristes et design se mélangent aux constructions traditionnelles (châteaux, monastères, tour de guet, buron, ...)

Bref, il est impossible de ne pas céder à la fantaisie et à l'originalité de ces nombreux hôtels !

Loin d'être un vulgaire répertoire papier touristique, le guide en lui-même se présente comme un beau livre de photos à la couverture cartonnée.  Il se pare d'un papier glacé des plus agréables qui met particulièrement bien en valeur les nombreuses photos. En effet, chaque hôtel se voit présenté sur 2 ou, plus rarement, 4 pages. Y figure une ou deux photos du lieu ainsi qu'une présentation de l'hôtel : son histoire, le passé du lieu, son décor ou ce qui fait son originalité. En quelques lignes, l'auteur réussit à donner une vision complète et concise de chaque endroit. Les informations pratiques ne sont pas oubliées et adresse, site internet, tarifs et précisions d'accessibilité sont mentionnés dans une colonne contigüe. Au niveau des prix, on trouve d'ailleurs une grande diversité de budget et chacun pourra s'offrir un petit plaisir insolite selon sa bourse.

Ces bonnes adresses sont découpées par secteur géographique et une carte numérotée vous permet de les situer.

 

Impossible de vous révéler toute la saveur et la diversité de ces hébergements ! La seule lecture de l'ouvrage vous fait déjà rêver à d'autres mondes, d'autres univers, d'autres temps.

Depuis la lecture d'un Famille Tant-mieux en roulotte (ne riez pas ! non, Enid Blyton n'a pas écrit que Oui-Oui !!), je suis férue de ces logements atypiques qui m'offre mon content de rêve et decalage avec la masse.

Aussi, pour vous donner l'eau à la bouche, je vous offre quelques clichés qui, j'espère, vous donneront envie d'en savoir plus !

 

hotels-insolites-europe-03.jpgDormir dans un avion Iluyshin

 

hotels-insolites-europe-04.jpgle Crazy bear Hotel - Beaconsfield

 

 

hotels-insolites-europe-05.jpgDas park Hotel

 

 

hotels-insolites-europe-06.jpgHotel Inntel Zaandam

 

hotels-insolites-europe-07.jpg   Grue portuaire de Harlingen

 

 hotels-insolites-europe-08.jpgChez Bertrand


 

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 La ferme aventure

 


hotels-insolites-europe-10.jpg Tonneau de la cour au grip

 

 

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Hotel Juvet


 

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hotels-insolites-europe-18.jpg   Tree hotel

 

 

hotels-insolites-europe-13.jpg Hotel Palafitte

 

 

hotels-insolites-europe-14.jpg V8 hotel

 

 

hotels-insolites-europe-15.jpg L'île aux oiseaux

hotels-insolites-europe-16.jpg Les deux abbesses

 


hotels-insolites-europe-17.jpgVilla cheminée

 

 

Et pleins d'autres que je vous laisse découvrir !

Vous pouvez découvrir une trentaine de pages de cet étonnant ouvrage à cette adresse.

 

 


Titre : Hotels insolites Europe

  Auteur : Steve Dobson

Editeur : Jonglez

Parution : Novembre 2011

    350 pages 

Prix : 19,90€


 

Merci à l'éditeur et aux Agents littéraires pour cette découverte !


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Published by Choco - dans Beaux livres
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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 07:00

eco-t2-01.jpegJe vous avais parlé du tome 1 il y a peu. Je réitère l'expérience en poursuivant la lecture des aventures de la jeune Eco.

Eco a donc quitté le domicile familial pour  partir à la recherche de la princesse des nuages qui, espère-t'elle, lèvera la malédiction qui pèse sur son corps changeant. C'est en compagnie de ses 4 poupées animées, Socrate, Esope, Diogène et Epitecte, que la jeune fille traverse des terres inconnues et parfois dangereuses. Elle se nourrit de baies trouvées dans la forêt, se lave dans la rivière et chemine difficilement sous les encouragements de ses 4 guides de chiffon. Mais la rencontre d'un monstrueux voyeur amoureux à qui elle promet moqueusement son coeur en échange d'une lune décrochée, va peut-être tout changer...

 

Si le premier tome abordait l'enfance d'Eco avec la difficultés et les conséquences des premiers choix, nous retrouvons ici une Eco en plein questionnement sur sa personne et son apparence. Ses hanches n'en finissent pas de s'élargir et ses seins de grossir. Et voilà qu'un inconnu à l'aspect monstrueux, réclame de sa part un amour pur, pour lever la malédiction dont il est affublé, lui aussi. Rejetant cette vilaine bête sans visage, Eco va apprendre à devoir faire des sacrifices pour avancer et obtenir ce qu'elle désire.

Ce deuxième tome voit donc la mort de l'enfance d'Eco, engloutie dans les souvenirs, et l'accès à une certaine maturité qui peine encore à s'affirmer totalement dans les humeurs changeantes de la jeune fille. Eco devient une personne ambigüe tout comme ce prince, enfermé dans l'apparence d'une bête repoussante, prêt à tout pour lever sa malédiction. Eco se libère des chaînes de l'enfance et des parents. Elle adopte une attitude plus libre, se laisse aller à de sensuels ébats avant de reprendre sa liberté, telle une jeune fille inconséquente.

 

Jolie fable sur la vie, Eco nous rappelle le long cheminement nécessaire pour devenir adulte : les grands sacrifices, les petites trahisons, une détermination sans faille quand il s'agit de réaliser nos souhaits les plus chers, nos questionnements aussi sur le désir et l'amour. Une route pas forcément simple et qui engendre son compte de blessures.

 

On retrouve au niveau du graphisme toute la poésie et l'enchantement déployés dans le premier volume. Le texte continue de se mêler aux illustrations à la manière d'un album pour enfant et Almanza construit une fois encore un univers merveilleux qui se marie à la perfection à l'histoire de ce petit conte pour adultes. Les références enfantines se font d'ailleurs toujours nombreuses et les têtes de chapitre s'agrémentent de citations issues de contes populaires, comme La Fontaine, Grimm ou Perrault.

La palette utilisée est riche, foisonnante qui plonge le lecteur dans une atmosphère envoutante, à la fois mystérieuse et fantastique.

 

Ainsi, ce deuxième volume d'Eco est dans la parfaite continuité du premier, prolongeant la dimension onirique du parcours initiatique d'Eco.

Je ne doute pas que le troisième et dernier tome, qui abordera la période de la vieillesse, soit de la même qualité et finisse en beauté cette si originale série !

 

 

D'autres avis :

Blog BD de C. - Sara - AcrO - Lunch

 

Liens :

Les premières pages à lire

 

 

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   Titre : Eco, tome  : la bête sans visage

 Dessinateur : Jérémie Almanza

Scénariste : Guillaume Bianco

Editeur : Soleil, Métamorphose

Parution : Novembre 2011

    80 pages 

Prix : 15,90€


 

Merci à l'éditeur et à Babelio pour ce Masse critique !


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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 14:00

 

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Lyon - Eté 2011


 

Les dimanches en photos sont aussi chez : 

 Liyah, Tiphanie, Choupynette, Fleur, Liliba, SeriaLecteur, Margotte, Estellecalim.

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 22:30

la zone t1 01Dans le futur hypothétique de 2019, la Terre a été ravagée d'un grand cataclysme et la Nature a repris ses droits sur les Hommes, disparus à 95% en Angleterre. En 2069, la population survivante tente de panser ses cicatrices et a bannie de son quotidien tout ce qui la renvoie à son passé.

Au village cloîtré d'Applecross, Lawrence est le seul à porter un regard plus nuancé sur le passé et à préserver la connaissance de l'écriture et surtout des livres qu'il conserve pieusement à son domicile. Vivant seul à l'écart, avec son animal domestique, une femelle puma qu'il appelle le Chat, Lawrence tente malgré tout d'enseigner la lecture à la jeune Keira. Malheureusement, le jour où cette dernière s'enfuit avec inconscience munie d'une carte du pays, Lawrence est bien vite accusé d'avoir perverti la jeunesse avec ses idées de l'Ancien Monde, responsables du grand cataclysme. Menacé par les villageois et surtout inquiet pour la jeune fille qui ignore les dangers auxquels elle s'expose, il part à sa recherche et renoue avec les territoires extérieurs qu'il est un des rares à avoir parcouru.

 

C'est dans un univers apocalyptique que nous plonge ici Eric Stalner. Le monde a été dévasté par une succession de catastrophes (épidémies, raz de marée, séismes, tempêtes ...) et désormais la Nature a repris le dessus sur le monde civilisé, enfouissant sous la végétation les restes d'une urbanisation poussée.

Les survivants vivent enfermés dans des villages dont ils n'osent pas sortir, craignant d'être contaminés par l'extérieur.

A Applecross, les habitants sont clairement hostiles envers Lawrence, l'Etranger qui a vécu à l'extérieur de nombreuses années et dont on craint les idées et la connaissance qu'il tire des livres de l'Ancien Monde.

Un homme ambivalent donc et un peu secret qui cache en son sein un certain savoir et de nombreuses blessures. Partant à la recherche de Keira, il devra réaffronter ses démons et retrouver les terres qu'il avait fuit autrefois tout en se protégeant des hordes d'enfants sauvages cannibales, à l'affût de la moindre chair fraîche.

 

Fascinant récit qui nous plonge dans un univers futuriste à la portée humaniste tout en suivant la quête d'un homme complexe. Le récit qui nous est fait est extrêmement rythmé et mélange habilement passé et présent. Les informations sur l'apocalypse se dévoilent peu à peu et le lecteur pourra être quelque peu perdu avant d'avoir toutes les données en main. La narration se ponctue de nombreux flash-backs qui nous éclaire sur le passé de Lawrence ainsi que sur certains éléments de la Zone, cette partie secrète du pays qu'il est l'un des seuls à connaître. Une Zone que le lecteur parcoura plus loin en sa compagnie et qui se révèlera pleine de surprises. Sans compter que l'album se ferme sur une bouleversante révélation qui modifie la perception que le lecteur s'est faite sur le cataclysme et ne fait que redoubler les questionnements !

 

Eric Stalner propose donc un récit d'anticipation où le futur est loin d'être réjouissant. Le monde qu'il a imaginé s'avère très intéressant sans être révolutionnaire (science prohibé, rejet des livres, Nature qui reprend ses droits) et distille un arrière-fond écologiste qui est toujours bon à prendre lorsque l'on voit où les excès de nos sociétés industrielles nous mènent.

Premier tome d'une série, l'album introduit plutôt bien l'univers et laisse le lecteur avec de nombreuses questions dont il attend les réponses avec impatience. Le focus se fait pour le moment essentiellement sur le personnage de Lawrence dont les zones d'ombre sont propices à de riches développements dans les tomes suivants.

Le dessin est plutôt réaliste et les décors particulièrement riches et soignés. Les couleurs sont particulièrement réussies et donnent une belle densité à cette nature à la fois menaçante et ressourçante.

 

Ce premier album de La zone s'avère donc une excellente surprise avec un scénario plutôt riche et un très beau dessin. Inutile d'être un grand fan des récits post-apocalyptiques pour apprécier cette série qui réserve encore beaucoup de surprises ! Prévue en 4 tomes, on peut d'ors et déjà découvrir les 3 premiers. N'hésitez donc pas !

 

 

D'autres avis :

Bulles et onomatopées - Catherine - PG Luneau -Yaneck -

 

Liens :

Les premières pages à lire

 

 

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 Titre : La zone, tome 1 - Sentinelles

 Dessinateur / scénariste : Eric Stalner

  Coloristes : Pradelle / Langlois

Editeur : Glénat, Caractère

Parution : Mai 2010

    55 pages 

Prix : 13,50 €


 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 07:00

tib et tatoum t1 01Tib est un petit garçon d'une dizaine d'années qui vit à l'époque de la préhistoire. Son problème vient de cette tache de naissance qui lui recouvre l'oeil. Les autres enfants du clan ne cessent de se moquer de lui, aussi Tib se retrouve très souvent seul pour jouer. Jusqu'au jour où Tib rencontre un étonnant dinosaure ! Bien que l'animal ne parle pas, ils deviennent rapidement amis. Heureux d'avoir enfin un copain, Tib s'empresse de parler du fameux Tatoum ( nom donné d'après le bruit de l'animal quand il coure) aux autres membres du clan. Le hic : c'est que les dinosaures sont censés avoir disparus depuis des milliers d'années. Adultes et enfants se refusent à croire à son existence et persistent à se moquer de l'imagination débordante du petit garçon.

 

Voilà le premier volume d'une nouvelle série rafraîchissante et de qualité pour les enfants !

Tib est un petit garçon extrêmement attachant mis à l'écart par les autres enfants de son âge, à cause d'une ridicule différence. Une différence dont se moque totalement le petit dinosaure. Affectueux envers Tib, il suit sans difficulté le petit garçon dans ses jeux. Par contre, il se révèle plein de ressources lorsqu'il s'agit de se cacher des autres personnes. Adoptant des postures d'équilibriste, il parvient toujours à rester caché, au grand désarroi du petit garçon qui persiste à vouloir le présenter. Un petit dinosaure sans prétention donc mais qui cache aussi une grande force. Végétarien aux yeux de Tib, on le voit pourtant croquer régulièrement des petites bestioles derrière son dos. Il sait plonger comme un athlète des JO, bondir comme un lapin et courir le 100 mètres comme un léopard. Bref, les aventures des 2 compères sont loin d'être de tout repos et se termine souvent de manière imprévue et comique.

Car de l'humour, cet album en possède beaucoup. Destiné aux plus jeunes, je ne vous cacherais pourtant pas que j'ai personnellement pouffé tout haut à sa lecture !

La narration, sans être découpée en différentes histoires, est rythmée malgré tout par une succession de séquences qui se terminent à chaque fois en une sorte de petite chute comique du meilleur effet.

Les dessins sont de qualité et contribuent à créer un univers coloré et dynamique où les expressions de Tib et Tatoum sont particulièrement soignés.

 

Vous l'aurez compris, Tib et Tatoum est un album particulièrement savoureux tant par ses gags et les réflexions du petit Tib que par les personnages en eux-même, qu'on peut clairement trouver Kawaiiiiiiii (* mignon) ! Plongeant ses jeunes lecteurs dans un temps préhistorique adouci où les hommes partent à la chasse pendant que les enfants jouent dans les bois, cette nouvelle série ne pourra que rallier les enfants. Une série qui fait la part belle à l'humour mais contient de jolies notions comme l'amitié et l'acceptation de la différence.

Soyons clair, je suis ultra-fan : je veux la suite !! (Comment ça, je n'ai pas 7 ans ?!)

 

Cet album est nominé, à juste titre pour le coup, pour le festival d'Angoulême 2012 en sélection jeunesse, aux côtés du très chouette Waluk, je le rappelle !

 

 

D'autres avis :

Cely - Blog BD de C. - Lire pour le plaisir -

 

Liens :

Les 16 premières pages à lire ! N'hésitez pas !

 

 

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 Titre : Tib et Tatoum, tome 1 - Bienvenue au clan !

 Dessinateur : Bannister

Scénariste : Grimaldi

Editeur : Glénat, Tchô ! la collec

Parution : Novembre 2011

    48 pages 

Prix : 9,95€

 


 

bd du mercredi

Chez Mango


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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 07:00

veuf 01Jean-Louis Fournier a perdu sa femme. Le coeur de Sylvie s'est arrêté de manière inattendue, laissant l'auteur à sa solitude et à son chagrin.

Veuf, loin d'être un récit larmoyant sur la détresse d'un homme, est un véritable hommage à l'absente, à celle à qui il doit d'être ce qu'il est.

 

L'auteur nous raconte donc son veuvage, au gré de ses souvenirs. Il parle de leur rencontre, des moments de joie à ses côtés. Mais surtout, il se penche sur sa propre solitude et à travers elle, ne fait qu'évoquer un peu plus Sylvie.

Il y a le courrier qui arrive toujours à son nom, les catalogues de roses et les factures d'un téléphone qui ne sert plus. Il y a son nom dans le répertoire qu'il faut un jour effacer à tout jamais. Il y a les questionnaires stupides de satisfaction du crématorium ou pire encore, l'échelle de point de malheur qu'un grand psychologue dresse dans son "sortir du deuil".

 

« Celui qui a eu 10 contraventions, ça lui fait 110 points, donc il est plus malheureux que s'il avait perdu sa femme.»

 

Il parle de la gêne des proches, des mots de consolation qu'on ne trouve pas et qui ne servent, de toute manière, à rien.

Mais surtout, il nous raconte Sylvie, sa Sylvie. Celle qui avait tant de coeur, ce coeur qui l'a lâché injustement. Celle qui savait donner vie aux plantes, qui a su apprivoiser ses 2 enfants handicapés. Celle qui était attentive et l'aidait dans son travail.

Il s'adresse parfois à elle directement, souligne avec douceur les conséquences de son départ.

 

" Le plus terrible c’est que je vais mourir seul, tu ne seras pas là pour me rassurer, me tenir la main, me fermer les yeux. "

 

Mais loin d'être le récit plombant attendu, le texte contient la légèreté, l'humour aussi parfois dont l'auteur use ici avec pudeur et élégance. Il se moque de sa propre personne, dédramatise les faits tout en nous montrant par là toute la difficulté de continuer à être, tout simplement. Une litanie rythme ses mots, qu'il tente de faire sienne.


"Tous les jours, à tout point de vue, je vais de mieux en mieux."

 

L'humour et la dérision lui servent de garde-fou pour ne pas sombrer.

 

Mais à travers ses successions d'anecdotes, de souvenirs, Jean-Louis Fournier offre en fait un véritable hommage envers son aimée. Il ne pouvait lui faire plus beau cadeau que ce texte où l'auteur se met à nu avec ses failles, ses erreurs, et tout cet amour qui occupe souvenirs et objets qui se rattachent à elle. Un amour qui l'a grandi et dont il est reconnaissant de tout ce qu'il lui a apporté.

 

" Elle croyait en moi, et grâce à elle j’ai commencé à y croire. A l’époque, j’étais presque rien, maintenant je suis presque quelque chose."

 

Avec une économie de mots, une pudeur délicate et une élégance sans pareille qui se pare parfois de touches ironiques pour alléger son propos, Jean-Louis Fournier réussit avec brio à parler du deuil, de son propre deuil sous une forme originale qui ne pourra que toucher au coeur le lecteur. Un hommage vibrant et émouvant à une femme aimée comme chacun voudrait peut-être en être un jour l'instigateur. A mille lieux d'un récit nombriliste et larmoyant , Veuf nous confie le souvenir poétique de Sylvie afin qu'elle continue d'être à travers la mort. A nous de faire de même avec nos morts mais aussi nos vivants, en n'oubliant pas la valeur des petits bonheurs et de l'amour dans sa simplicité.

La vie continue et n'oublions pas qu'il "est poli d'être gai" comme nous le rappelle l'auteur avec cette exergue de Voltaire.

 

 

Extraits :

 

"Quand je regarde tes petits chapeaux, je pense avec une infinie tristesse à ton cerveau, tombé en panne sèche, de sang. Il est éteint définitivement. Tu ne penseras plus jamais à moi… J’ai regardé à l’intérieur des chapeaux s’il ne restait pas une petite pensée pour moi."

 

"Tu étais le pôle positif, j'étais le pôle négatif. ça faisait de la lumière , et souvent des étincelles."

 

"Elle n’aimait pas parler d’elle, encore moins qu’on en dise du bien. Je vais en profiter, maintenant qu’elle est partie."

 

" Depuis que la rayonnante Sylvie s'est éteinte, il fait sombre dans la maison , je vis dans la pénombre . J'ai eu beau changer les ampoules, j'ai eu beau en mettre des plus puissantes avec plein de watts , il fait toujours sombre."

 

" Tu as été ma plus belle qualité,j'espère ne pas avoir été ton plus gros défaut."

 

D'autres avis :

Cathulu -

 


Titre : Veuf

  Auteur : Jean-Louis Fournier

Editeur : Stock

Parution : Octobre 2011

    160 pages 

Prix : 15,50€


 

prix lectrices ELLE

 

1% littéraire 2011

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 07:00

sherman t1 01Jay Sherman peut être fier : son fils Robert va très certainement accéder à la présidence des Etats-Unis. Pourtant, contre toute attente, ce dernier est abattu à la sortie d'un meeting sous les yeux de son père. Alors qu'il lutte entre la vie et la mort, Jay Sherman reçoit un mystérieux coup de fil qui lui promet de lui arracher son fils, sa fille ainsi que sa fortune.

"Le moment est venu de payer pour ce que vous avez fait, Mr Sherman."

Mis sous la protection d'un agent du FBI, Eva Cruz, Sherman va tenter de comprendre en plongeant dans ses souvenirs.

 

Jay Sherman est un homme d'influence qui possède une belle fortune. Pourtant cet homme respecté vient de la rue. A l'aide de séquences en flash-back, Jay fait le récit de sa vie à l'agent du FBI qui l'accompagne désormais. Son enfance fut loin d'être facile : fils d'un vagabond qui meurt sur le pavé, il a dû se débrouiller très vite seul. Protégé par un sergent de la ville, il fait son bonhomme de chemin tout en espérant venger son père. Il monte peu à peu les échelons et réussit à se faire une place dans la finance. Il a trempé autrefois dans des affaires louches, s'est fait des ennemis. Puis il rencontre sa future femme, fille d'un riche banquier. Une ascension profitable qui pourrait bien faire quelques envieux...

 

Voilà un début de polar efficace qui nous plonge dans l'Amérique des années 50. L'intrigue tourne essentiellement autour du personnage de Jay Sherman. Un homme d'apparence respectueuse, qui a construit son propre empire seul, après avoir quitté la rue. Néanmoins les auteurs réussissent à nuancer le portrait de cet homme dont le passé recèle quelques côtés sombres. Ce premier tome lui est quasiment consacré et présente avec intelligence le personnage, alternant l'homme d'autrefois avec celui d'aujourd'hui. Un personnage contrasté donc mais qui laisse la place à d'autres personnages secondaires, plus ou moins ses ennemis potentiels, et que nous retrouverons certainement avec plus de densité dans les tomes suivants. Et impossible bien évidemment de deviner celui qui lui en veut tant au point de détruire sa vie !

 

La narration se fait dynamique. L'alternance passé / présent se fait avec beaucoup de fluidité et les scènes d'action ponctuent avec rythme les passages plus dialogués.

Le trait de Griffo est relativement classique et diffère quelque peu de la très belle couverture qui donne une impression plus fondue. Ici, on retrouvera sa ligne claire et épurée. Bref, c'est efficace et très soigné sans être bouleversant. L'atmosphère de l'époque est cependant parfaitement rendue. On retrouve les chapeaux à large bords, les vieilles automobiles, etc.

 

Le premier tome de cette série prévue en 6 volumes (le quatrième vient de sortir et le dernier est prévu pour juin) s'avère très prometteur. Axée sur la figure charismatique de Jay Sherman, cette nouvelle série reste assez classique mais contient une intrigue policière plus qu'intéressante qui avance rapidement tout en ménageant un certain mystère. Bref, c'est plutôt réussi dans son genre !

Je devrais donc vous parler de la suite très bientôt !

 

 

D'autres avis :

Bulles et Onomatopées -

 

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 Titre : Sherman, Tome 1 - La promesse, New York

 Dessinateur : Griffo

Scénariste : Stephen Desberg

Editeur : Le lombard, Troisième vague

Parution : Janvier 2011

    48 pages 

Prix : 11,95€


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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 12:20

 

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Basilique de Fourvière - Lyon, été 2011

 

 

Les dimanches en photos sont aussi chez : 

 Liyah, Tiphanie, Choupynette, Fleur, Liliba, SeriaLecteur, Margotte, Estellecalim.

 

 

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 12:00

 

Comme l'année dernière, je viens saluer cette nouvelle année en compagnie du sieur Toppi.

Faute d'avoir le temps de venir vous le souhaitez individuellement, et avant que la fin du monde nous atteigne...


je vous souhaite à tous une bonne année 2012 !


 

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 07:00

retour-a-killybegs-01.jpgEirinn go Brach ! L'Irlande pour toujours !

 

C'est à travers la force de ces mots que Tyrone Meehan a grandit. Dans la petite ville de Killybegs. C'est aussi à Killybegs qu'il viendra attendre la mort et nous livrer son ultime vérité.

 

" Si je parle aujourd'hui, c'est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu'après moi, j'espère le silence."

 

2006. Tyrone vient se réfugier dans la maison de son enfance. Il a trahi les siens et goûte désormais à la solitude. Une solitude qui le renvoie à lui-même, à son père, à ses amis de l'IRA, à sa vie passée. A ses choix, à ses erreurs.

Dans une narration alternant l'engagement des premiers temps et les derniers jours de traître, l'homme se confie.

Il y a le père tout d'abord. Violent, amer, avec sa guerre perdue contre les britanniques et la séparation de l'Irlande en deux en 1921. Il ne lui reste que la boisson et les coups. Et cette haine viscérale contre les anglais qu'il transmettra à son fils.

 

Quand mon père me battait il criait en anglais, comme s'il ne voulait pas mêler notre langue à ça. Il frappait bouche tordue, en hurlant des mots de soldat. Quand mon père me battait il n'était plus mon père, seulement Patraig Meehan. Gueule cassée, regard glace, Meehan vent mauvais qu'on évitait en changeant de trottoir. Quand mon père avait bu il cognait le sol, déchirait l'air, blessait les mots. Lorsqu'il entrait dans ma chambre, la nuit sursautait. Il n'allumait pas la bougie. Il soufflait en vieil animal et j'attendais ses poings.


A sa mort, la famille part pour Belfast. Là, on s'y bat contre l'Allemagne, au contraire de l'Irlande libre. Les irlandais, les catholiques sont brimés, repoussés dans des ghettos miséreux. A 16 ans, Tyrone choisit l'IRA.


" L'IRA. Ce n'était plus trois lettres noires, bavées sur notre mur à la peinture haineuse. Ce n'était plus une condamnation entendue à la radio. Ce n'était plus une crainte, une insulte, l'autre nom du démon. Mais c'était un espoir, une promesse. C'était la chair de mon père, sa vie entière, sa mémoire et sa légende. C'était sa douleur, sa défaite, l'armée vaincue de notre pays. Jamais je n'avais entendu ces trois lettres prononcées par d'autres lèvres que les siennes. Et voilà qu'un gaillard de mon âge osait les sourire en pleine rue.

L'IRA. Soudain, je l'ai vue partout. Dans ce fumeur de pipe chargé de couvertures. Ces femmes en châle, qui nous entouraient de leur silence. Ce vieil homme, accroupi sur le trottoir, qui réparait notre lampe à huile. Je l'ai vue dans les gamins qui aidaient à notre exil. Je l'ai vue derrière chaque fenêtre, chaque rideau tiré pour tromper les avions. Je l'ai vue dans l'air épais de tourbe. Dans le jour qui se levait. Je l'ai sentie en moi. En moi, Tyrone Meehan, seize ans, fils de Patraig et de la terre d'Irlande. Chassé de mon village par la misère, banni de mon quartier par l'ennemi. L'IRA, moi. "


Il devient un fianna puis un membre actif de l'organisation. Très vite, il découvre la prison. Ce qui l'érigera en héros sera aussi sa perte.

Comment un homme aussi engagé envers son Irlande, aussi respecté par l'IRA est-il devenu un traître ?

 

retour à killybegs 02

 

Nous avions découvert Tyrone Meehan dans Mon traitre où un petit français nous confiait son admiration et sa souffrance devant la traîtrise de Tyrone. Aujourd'hui, dans Retour à Killybegs, c'est à son tour de prendre la parole.

Un récit qui nous plonge véritablement dans l'histoire de l'Irlande que nous allons suivre à travers les années et le personnage de Tyrone qui fait corps avec son pays. Une histoire tourmentée, violente qui nous emmène de la guerre civile dans les rues irlandaises à la résistance dans les prisons anglaises sous forme de grèves de la faim et de la propreté. Une vie difficile donc où l'engagement politique se présente comme une évidence. Le récit a presque valeur documentaire. Le lecteur vibre à l'unisson des protagonistes, comprend la complexité de cette guerre où rien n'est simple que ce soit pendant ou après.

Pourtant cet engagement, cette vie consacrée à cette cause n'empêche pas les erreurs, les secrets. Tout cela est lourd, fatiguant pour les hommes.

 

" Alors, j'ai renoncé à mourir. A vivre aussi. Je serais ailleurs entre ciel et terre. Je les emmerderai tous! Les Brits, l'IRA, ces donneurs d'ordre! Je n'en pouvais plus de cette guerre, de ces héros, de cette communauté étouffante. J'étais fatigué."

 

Et Tyrone porte un fardeau au fond de son coeur. Un fardeau qui a fait de lui le héros respecté. Celui qui ne trahirait pas. Et pourtant... Chaque homme a sa faiblesse. Tyrone s'est laissé entraîné, malgré lui, à collaborer avec les britanniques, tout en se persuadant qu'il ne trahissait pas.

 

"Toute ma vie j'avais recherché les traîtres, et voilà que le pire de tous était caché dans mon ventre".

 


Quel roman que celui-là ! Sorj a écrit ici un roman extrêmement fort qui va au-delà d'un simple version romancée d'une expérience personnelle. Dans Mon traître, l'auteur réussissait déjà avec brio à réinterpréter avec ampleur son expérience de la traîtrise. Ici, il touche à l'art absolu du roman. Se mettant dans la peau du traître, de SON traître, Sorj donne la parole à celui qui l'a blessé, imaginant, interprétant les pensées de cet autre, tentant par là-même de le comprendre et pourquoi pas de l'absoudre. Quoi de plus difficile que de donner à voir un "ennemi" ? Cet homme qui a trahi devient sous sa plume un être très humain, une grande figure paternelle avec ses contradictions et ses failles. Un homme que l'on peut haïr et aimer à la fois. L'auteur y dresse le parcours d'un homme, de ce qui l'a fait et ce qui l'a défait. Un personnage complexe pris dans le tourbillon de l'Histoire, à la fois victime et coupable.


Son écriture est toujours d'une grande pureté, subtile, légère qui ne s'encombre pas de "trop de mots" tout en dégageant une grande force. Une écriture rythmée qui sait parfois se passer de verbes, qui ponctue de manière très intelligente la phrase en la stoppant, la reprenant.

 

Mais au-delà de tout ça, Retour à Killybegs est un hommage à la fois pudique et fort à une amitié perdue, au père protecteur qui tout en faillant reste d'une certaine manière admirable. Un roman où l'auteur tente d'offrir de manière juste et non manichéenne son Irlande qu'il aime tant et qu'il refuse d'oublier. Un roman où Sorj nous donne sa propre douleur, tentant par là-même d'en atténuer la force en l'enterrant dans un magnifique cercueil de papier. Un grand roman assurément.

 

 

( Je dédie cette modeste critique à ma chère Emmyne qui m'a tant ouvert les yeux sur cet auteur.)

 

 

D'autres avis :

Emmyne - Clara - Yv - Val - Maeve -

 


Titre : Retour à Killybegs

  Auteur : Sorj Chalandon

Editeur : Grasset

Parution : Août 2011

    331 pages 

Prix : 20€


 

Grand Prix du Roman de l'Académie Française 2011

 

1% littéraire 2011

 

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