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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 12:20

disparue de san juan 01

Marie-Anne Erize a disparue en octobre 1976 à San Juan, Argentine. Enlevée sur la place publique, la jeune femme n'est jamais réapparue et son corps n'a jamais été retrouvé. Elle avait 24 ans.

Philippe Broussard, journaliste au Monde, a rencontré la mère de Marie-Anne, il y a 10 ans à l'occasion d'un reportage. 3 ans plus tard, cette histoire continue à le hanter. Il décide alors d'enquêter sur la disparition de la jeune femme, tentant de trouver la vérité à son sujet.

 

Le journaliste débute son ouvrage en retraçant les premières années de Marie-Anne. Il raconte sa famille installée dans une pampa désertique. Il la suit adolescente dans les années 70 où la jeune fille vit quelque temps à Paris, jouant les mannequins tout en gardant un engagement important envers son pays. Bientôt, elle devient une militante active des Montoneros, péronistes de gauche et s'affirme contre la dictature. La pression du gouvernement argentin se fait de plus en plus marquée mais Marie-Anne refuse de quitter son pays. Elle paiera le prix de son engagement : elle sera enlevée et tuée, comme des milliers d'autres argentins qui dérangeaient la dictature.

 

L'auteur semble véritablement fasciné par son sujet.

Broussard a fait d'ailleurs le choix de présenter la vie de cette dernière de manière romancée. Un choix qui ne me convainc pas du tout.

Le portrait qu'il dresse de la jeune fille est très (trop) flatteur. Marie-Anne est belle, intelligente. Elle a du coeur et paraît être la jeune femme parfaite. Trop parfaite. La volonté de l'auteur de nous la montrer sous son meilleur jour devient rapidement agaçante et la figure de sainte qu'elle revêt, trop accentuée.

Broussard n'a pas connu cette fille. Il reconstruit son image à partir de témoignages variés et semblent embellir continuellement son "personnage".

A un peu plus de la moitié de l'ouvrage, le lecteur ne plongera toujours pas dans l'enquête sur sa disparition proprement dite et restera empêtrée dans la vie de cette jeune fille qui finit par lasser. 

Autant vous dire que pour ma part, j'ai fini par jeter l'éponge...  j'espérais plonger dans les coulisses de la dictature argentine, découvrir l'atmosphère de l'époque. Je pensais que l'ouvrage aurait une portée plus universelle envers tous les disparus de la dictature. Que nenni.

L'auteur reste fixé sur cette jeune femme et peine à s'en délier. Peut-être que mes attentes étaient décalées quant au contenu de l'ouvrage...


Toujours est-il que la construction de l'essai ne m'a pas beaucoup plus convaincue.

Broussard intercale entre chaque chapitre les longues lettres qu'il envoie à la mère de Marie-Anne. Des lettres à sens unique dont on ne connaît pas les réponses (mais y'en-a-t-il eu ?), ce qui réduit d'autant plus l'intérêt de cette correspondance. Il détaille avec un luxe de précisions ses démarches, ses recherches et donne l'impression de se lamenter sur la disparition de cette jeune femme si bien. On ne saura rien de la réaction maternelle face à ses missives : agacement, ignorance, reconnaissance ? Pour ma part, j'ai eu le sentiment que l'auteur réveillait régulièrement la douleur de la famille, obligeait la mère à suivre son enquête. Cette femme n'avait rien demandé, tentant certainement de faire le deuil d'une fille au corps perdu. La démarche de l'auteur part certainement d'une bonne intention mais peut-être que la mère souhaiterait aussi que le passé ne soit pas déterré ? Nous n'aurons pas la réponse.

Des lettres donc à l'intérêt limité mais qui coupe en plus la lecture de manière régulière et intempestive.

 

disparue-de-san-juan-02.jpg

 

Vous l'aurez compris, je n'ai pas aimé cette enquête qui ressemble plus à une tentative de reconstruction idéale d'une jeune femme disparue. Si la démarche de recherche de la vérité que Broussard entreprend est salutaire, ce dernier semble bien trop impliqué et fasciné par son sujet pour donner un ouvrage véritablement intéressant sur la dictature argentine. On pourra me rétorquer que son enquête prend un tour nouveau dans la dernière partie de son livre qui aborde un peu plus, je le suppose, le sort de Marie-Anne après son enlèvement. Néanmoins, les 300 pages précédentes sur la vie romancée de la disparue n'auront eu pour effet que de me faire fuir.

 

 

D'autres avis :

Leiloona - Lucie -

 


Titre : La disparue de San Juan

  Auteur : Philippe Broussard

Editeur : Stock

Parution : Février 2011

    442 pages 

Prix : 22€ 


 

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 19:30

 

Celia-Perrin-Sidarous.jpg© Celia Perrin Sidarous

 

 

Je vous souhaite à tous un très bon Noël !

 

 


 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 07:00

ramayana 01Le Ramayana est une des plus grandes légendes mythologiques de l'Inde. Ce grand texte épique d'inspiration hindouiste aurait été écrit au VIème siècle par un certain Valmiki mais sa datation prête encore à discussion. C'est un texte très long (48 000 vers...) qu'il est difficile d'appréhender dans son entier.

Pourtant tous les indiens la connaissent, même par petits bouts. Enfants et adultes se la transmettrent souvent oralement et les grands épisodes se récitent souvent par coeur agrémentés de scènes très visuels.

 

L'histoire, là voilà, dans ses grandes lignes : Ravana, un démon ivre de pouvoir, muni de 10 têtes et du double de bras, médita pendant plusieurs milliers d'années afin de pouvoir obtenir auprès des dieux la formulation d'un voeu. Brahma finit par exaucer son voeu de ne pouvoir être vaincu ni par un dieu, ni par un démon. Grace à son nouveau pouvoir, Ravana libère des démons des ténèbres qui, bientôt, envahissent l'univers. La Terre finit par se plaindre et le dieu de la justice, Vishnu, intervient. Ravana ne pouvant être neutralisé par un dieu, Vishnu décide de se réincarner sous la forme d'un avatar : Rama. Rama nait une famille royale et grandit entouré de ses frères. Il épouse la belle Sita et vit heureux jusqu'au jour où une des reines du royaume exige qu'il soit exilé au profit d"un de ses fils qu'elle désire voir accéder au trône. Rama, suivi de son demi-frère Lakshman et de Sita quittent le royaume et errent dans la jungle. Mais bientôt, c'est le démon Ravana qui enlève Sita pour la faire sienne. Rama et Lakshman, aidés du singe blanc Hanuman et de Jambavan, l'ours noir, se mettent à la recherche de la jeune femme. Après une longue et célèbre bataille, le prince exilé Rama réussit à tuer le démon, avant de retrouver le trône qui lui était dû.

 

Vous l'avez compris, c'est une grande fresque épique que ce Ramayana. Sanjay Patel, qui travaille pour les studios Pixar, s'est pris de passion pour cette histoire. C'est un homme que la lecture endort et pourtant, il s'est lancé dans l'adaptation illustrée de ce conte. Bien conscient que peu de personnes peuvent suivre le texte original dans son entier, il a choisi de présenter "une version bien plus courte et subjective de cette mythologie".

Et de fait, l'ouvrage est une grande réussite !!

 

L'album n'est pas exactement une bande dessinée : il pourrait tout aussi bien être catégorisé en album jeunesse car il se présente plus comme une suite d'illustrations accompagnées de textes.

Le texte, parlons-en : l'auteur a su retranscrire toute la saveur du mythe d'origine en simplifiant l'histoire sans l'édulcorer. La narration est courte et ne s'encombre pas de détails superflus et trop compliqués pour les néophytes en mythologie indienne. Les principaux dieux sont présentés, les rares termes indiens expliqués ou traduits. la lecture se fait avec fluidité et le lecteur ne se perd pas en route !


Mais l'atout majeur de cet album est à trouver dans les illustrations, absolument surprenantes et fabuleuses !

Le style peut vraiment déstabiliser au début mais se révèle habile et convient parfaitement à cette histoire foisonnante. Les illustrations s'avèrent en effet très colorées. Les personnages, les décors sont constituées à partir de formes simples rondes ou géométriques. Mais loin de donner une ambiance académique, l'auteur fait preuve d'une grande inventivité qui met en scène le tout avec une très grande originalité. Renouant avec la tradition picturale indienne, Sanjay Patel revisite le mythe ancestral pour lui donner un véritable souffle de modernité.

Les personnages sont extrêmement expressifs, l'action est ultra dynamique . Les mots sont presque parfois inutiles tant l'histoire passe naturellement dans les images. Le texte se place d'ailleurs le plus souvent dans un cadre de couleur, sur le côté de l'illustration. Mais on trouve aussi des illustrations pleine page ou en double page, sans texte, accentuant ainsi un peu plus la valeur de l'image.

 

Enfin, le dernier quart de l'ouvrage se veut un peu plus didactique et apporte un intéressant bonus en présentant un glossaire explicatif des différents dieux et personnages présents dans l'histoire.

Suivront ensuite quelques pages de croquis préparatoires, avant le travail sur les formes et la mise en couleurs par ordinateur, qui permettent de se rendre compte de la masse de travail pour un album qui a demandé 4 ans d'effort.

 

Ramayana, la divine ruse est véritablement un petit bijou d'inventivité au style graphique détonnant qui s'adresse à un large public, enfant comme adulte. Permettant de (re)découvrir un des mythes indiens les plus importants, il offre au lecteur de pénétrer avec une grande facilité dans une mythologie pas toujours facile à appréhender. Un album d'une grande richesse qui donne vie à la légende. Bref, une découverte éblouissante ! Je vous la recommande chaleureusement !

 

 

Lien :

Vous pouvez feuilleter les premières pages sur le site de l'éditeur.


 

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Titre : Ramayana, la divine ruse

  Auteur : Sanjay Patel

Editeur : Ankama

Parution : Octobre 2011

    184 pages 

Prix : 29,90€


 

bd du mercredi

 

 

Un grand merci à Babelio pour ce partenariat !

 


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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 19:05

rien ne s'oppose à la nuit 01Avec Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan écrit sa mère, sa famille mais aussi sa difficulté d'écrire sur soi, de prendre du recul sur sa propre histoire.

Ainsi donc, Lucile, la mère de l'auteur. Lucile s'est suicidée quelques années plus tôt. La douleur de cette perte est toujours sensible, d'autant plus que les relations entre les 2 femmes n'ont pas toujours été facile.

Delphine de Vigan choisit de se confronter à l'histoire familiale. Elle interroge les différents membres de sa famille, enregistre leurs confidences, lit correspondance et carnets. Peu à peu, elle reconstruit le passé de sa famille et de sa mère et livre un portrait très personnel de ses ancêtres tout en dévoilant à la fois sa propre intériorité.


On suit tout d'abord l'enfance de Lucille. Cette dernière a grandi dans une famille nombreuse, entourée de nombreux frères et soeurs (8). La jolie Lucille coure les séances photos pour des publicités de vêtements pour enfants. La mère leur laisse beaucoup de liberté et très tôt les laissent se prendre en charge eux-mêmes. Mais bientôt, les drames surgissent : un frère décède accidentellement. C'est le début de plusieurs disparitions qui toucheront la famille sur de longues années. Malgré les pertes, la famille reste soudée mais la douleur sourd à travers les silences plus nombreux.

Plus loin, l'auteur poursuit son portrait en y ajoutant ses propres souvenirs. Elle évoque le mariage de sa mère, sa propre arrivée, celle de sa soeur. On découvre les premiers problèmes de comportement de Lucille, ses séjours en maison de repos, le diagnostic de bipolarité. On assiste à ses multiples abandons, dérèglements et à la souffrance mais aussi la peur de ses filles.

Enfin, l'auteur conclut son portrait en donnant un regard distancé sur sa mère, analysant les conséquences à travers les générations des drames familiaux qui se répètent.

 

Comme ce livre dû être douloureux à écrire ! Douloureux mais nécessaire à la fois. L'auteur, en se penchant sur l'histoire de sa mère, tente d'exorciser sa propre douleur et de comprendre peut-être les raisons du geste fatal de sa mère. Une mère compliquée qui fut loin d'être exemplaire et dont la fille tente de reconstruire la vie pour mieux, peut-être, assumer la sienne.

De vigan fouille donc dans la mémoire des survivants de la famille. Elle interroge les oncles, les tantes, soulève certains secrets de famille (infidélité du grand-père, inceste sur Lucille possible). Les versions sont parfois différentes de l'un à l'autre mais l'auteur reconstruit sa propre vision, sa propre "Lucille".

Mais à travers ce portrait maternel, De Vigan se penche également sur le processus d'écriture. Le texte alterne régulièrement avec la voix de l'auteur en plein work in progress. Elle confie la difficulté de l'exercice, l'aspect plus terre à terre de ses entretiens familiaux, ses recherches personnelles, ses questions sur la vérité des faits. Elle fait le parallèle avec sa propre famille et ses enfants, se penche sur son propre rôle de mère.

 

Rien ne s'oppose à la nuit est donc à la frontière entre récit autobiographique et texte romancé. Delphine de Vigan recrée ici la personne de sa mère. Une mère qu'elle a tenté de nous offrir avec ses qualités et ses défauts, avec une certaine neutralité. Néanmoins, l'émotion affleure et on ne peut rester insensible à la souffrance partagée de cette famille qui a connu son lot de drames. L'auteur se dévoile ici avec beaucoup de pudeur tout en ne nous cachant rien des côtés sombres.

L'histoire est bien évidemment bouleversante. L'écriture s'est faite simple et assez épurée, évitant d'alourdir un peu plus une ambiance qui ne manquerait pas d'étouffer son lecteur dans le cas inverse.

Pourtant malgré toutes ses qualités, je garde une certaine réserve vis à vis de ce texte que j'ai pourtant aimé. Bien que je n'ai eu aucune impression de voyeurisme, j'ai malgré tout eu le sentiment que cette histoire ne m'appartenait pas. Cette famille, ces deuils, toute cette souffrance. Le tout est joliment raconté certes mais chaque famille a son lot de drames. Si j'avais lu ce texte comme une fiction, il en aurait certainement été autrement. Ici, je ne peux que constater que, une fois de plus, les auteurs trouvent du réconfort à se raconter. Je comprends parfaitement la démarche et trouverais plaisir et soulagement peut-être dans une démarche cathartique de raconter mes propres souffrances. Mais l'exercice reste peu innovant et, malgré la présence d'une narration de l'auteur se voyant en train d'écrire, Rien ne s'oppose à la nuit manque de la petite touche qui me permettrait de m'approprier le texte.

 

Au final, c'est véritablement un récit qui m'a beaucoup touchée par cette façon de se mettre à nu, de mettre à jour ses propres failles, de s'interroger avec recul sur son histoire familiale. Mais je regrette peut-être l'absence de portée plus universelle. Un texte qui toucherait tout le monde en dépit peut-être d'un parallèle avec sa propre histoire. Un très beau texte hommage donc mais pas le roman bouleversant de l'année pour moi... J'ai aimé mais je n'ai pas vibré.

 

D'autres avis :

Hérisson - Mango - Leiloona - Clara - Emeraude - Cathulu - Ankya - Marion - Kactusss - Hélène - Theoma - Val - Saxaoul - Irrégulière - La ruelle bleue - Lili -

 

 

 


 Titre : Rien ne s'oppose à la nuit

  Auteur : Delphine de Vigan

Editeur : JC Lattès

Parution : Août 2011

    440 pages 

Prix : 19€


 

1% littéraire 2011

 

prix lectrices ELLE

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 22:37

Petit-chaperon-rouge-en-transylvanie-01.jpgLe petit chaperon rouge : tout le monde connaît. Dans cet album, les auteurs se sont amusés à revisiter quelque peu le conte originel.


Une vieille mamie, fort bien renseignée par une voyante autrefois, recroise sur son chemin cette dernière. Cette fois-ci, la voyante lui promet de grands malheurs et lui offre une pelote de laine rouge qui protégera ce qu'elle a de plus cher. La grand-mère tricote alors une jolie petite cape rouge pour sa chère petite-fille Ruby. Le petite est enchantée par ce nouveau vêtement et est bien décidée à remercier sa grand-mère, malade depuis quelques jours, en lui portant quelques victuailles. Ruby prend la route et croise dans les bois un loup. Malgré l'interdiction de parler aux inconnus, Ruby entame la conversation avec celui-ci, bien convaincue que sa cape la protège de tout. Le loup convainc la petite Ruby de s'arrêter chercher un trèfle à quatre feuilles pour porter chance à la mamie. Vous connaissez la suite... ou presque ! Car la petite Ruby d'aujourd'hui est beaucoup moins naïve que celle d'autrefois...

 

Vous pouvez le constater, le scénario de Martin Powell (connu chez Disney et Marvel) suit quasiment l'histoire d'origine et ne s'autorise que de légères variantes. Seule la fin, qui sera tout aussi fatale pour le loup, surprendra le lecteur par sa petite touche comique et fantomatique.

Et de fait, on peut se retrouver quelque peu déçu si l'on s'attendait à une grosse réécriture du conte. Le titre quelque peu trompeur qui nous emmène en Transylvanie ne vaut que pour les quelques esprits et fantômes que nous retrouverons dans les dernières pages. Néanmoins, difficile de bouleverser totalement une histoire si connue.

Finalement cet album est surtout intéressant pour son traitement graphique. Victor Rivas (connu lui aussi surtout aux États-Unis) donne à Ruby et à son univers un petit côté féerique à la Burton. Le trait est sombre, les visages et les décors hachurés. Le loup a toujours de grandes dents effrayantes et Ruby, une bouille et de grands yeux ronds qui la rendent attachantes. Mais le tout donne une ambiance moderne et contemporaine qui allie de manière ingénieuse noirceur et légèreté, tragique et humour.

 

Le petit chaperon rouge en Transylvanie est finalement une manière bien plus moderne narrativement et graphiquement d'aborder ce conte si éculé et un peu gnan gnan. Alliant un dessin qui oublie l'imagerie enfantine pour brosser un décor plus torturé, avec un scénario parsemé de petites idées ici et là, qui allègent la frayeur de l'histoire en y ajoutant quelques petites touches humoristiques, l'album s'avère une vraie bonne surprise !

 

D'autres avis :

David Fournol -

 

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 Titre : Le petit chaperon rouge en Transylvanie

 Dessinateur : Victor Rivas

Scénariste : Martin Powell

Editeur : Emmanuel Proust, Jeunesse

Parution : Septembre 2011

    32 pages 

Prix : 9,95€ 


 


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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 07:00

Eco-t-1-01.jpg

Eco est la petite fille d'une dizaine d'années d'un couple de couturiers, les Schakleboot. Leur travail a grande réputation et les oblige à fournir sans délai les clients les plus fortunés et les plus exigeants. Laissée à elle-même, Eco tente de s'occuper et s'amuse elle aussi à coudre ses propres vêtements. Hélas, la jeune Eco n'est pas très douée et ses créations ressemblent plus à des oripeaux et à des chiffons, au grand dam des parents. Un jour cependant, ils lui confie une mission d'importance : porter un coffret de 3 poupées à la famille d'un princesse d'importance. Malheureusement, la généreuse Eco préferera s'en démunir au profit d'une plus pauvre, entraînant ainsi la colère et la ruine de sa famille. Maudite par sa mère, voilà la jeune enfant forcée de quitter son doux cocon enfantin, d'autant plus que son corps murit lui aussi...

 

La collection Metamorphose est une branche très surprenante et autrement plus qualitative des éditions Soleil. Elle propose des albums audacieux qui se démarque totalement de la trame traditionnelle de la bande dessinée et sont au carrefour de l'illustration et de l'album.

De fait, ici, Eco penche même plutôt du côté des albums jeunesse par l'alliance d'illustrations et de textes joints à côté ou sur l'image elle-même.

 

Eco se présente donc sous forme de conte et plonge le lecteur dans une ambiance enchantée et onirique.

La petite fille, suite à une acte de générosité, se voit mal comprise par ses parents qui la punissent d'une malédiction et d'un rejet. Eco découvre avec douleur la violence des adultes et sa peur d'être abandonnée est palpable. Désormais, elle devra avancer seule face à l'inconnu et aux dangers qui la guettent. Seule aussi pour apréhender les changements corporels qui l'atteignent (disportion du corps, des grosseurs à la poitrine, sang qui s'écoule de son corps) et découlent, selon elle, de la malédiction maternelle.

La petite fille solitaire s'est donc construit un univers bien à elle qui ne fera que s'accentuer après le rejet de ses parents. Les amulettes magiques données par une vieille mendiante vont animer 4 petites poupées qui lui tiendront désormais compagnie et parfois lui serviront de guides.

 

Vous l'aurez compris, on navigue en plein dans l'univers de l'enfance et, bientôt, des changements de l'adolescence. Eco grandit avec douleur, renvoyée à elle-même contre son gré, effrayée de devoir quitter le monde rassurant de la sphère familiale.

L'album se révèle finalement une belle allégorie de cette période ingrate où le corps change et où il va être temps de se confronter à l'extérieur et à l'inconnu.

Les auteurs ont utilisés ici l'atmosphère des contes de bien belle manière. 

En clin d'oeil, on retrouve d'ailleurs avant chaque début de chapitre une petite citation de Jack et le haricot magique , posant ainsi la filiation narrative qui les lie.

 

Le texte de Guillaume Bianco est à la fois naïf et violent. Il n'hésite pas à asséner quelques vérités tout en conservant une certaine part de légèreté et de poésie.

Le dessin de Jérémie Almanza, quant à lui, est véritablement de toute beauté ! Collant parfaitement à cette histoire, le trait est rond, chaleureux, coloré, déroulant le fil d'un univers chamarré aux décors finement travaillés. Le tout donne un univers féérique et enchanté qu'on rêverait presque de croiser sur grand écran !

La mise en page est soignée, et alterne des illustrations pleine page avec des médaillons qui colonisent une page de texte. Les angles de vues sont d'ailleurs variés et rappellent certaines techniques photographiques.

 

Eco est donc un superbe album d'une grande richesse qui, à la manière des contes, pose subtilement de nombreuses questions, parle de la vie et de nos peurs, des êtres que nous sommes et que nous devenons à travers les années.

Un album inclassable, un conte intemporel destiné aux plus grands mais qui flirte avec la littérature jeunesse d'une manière telle que je suis un peu en peine pour vous dire s'il est lisible aussi par les plus jeunes...

 

 

 

D'autres avis :

Noukette - Sara - Jérome - Lael - Lily - Lunch et Badelel - AcrO -

 

 

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 Titre : Eco, tome 1 : la malédiction des Schakelboot

 Dessinateur : Jérémie Almanza

Scénariste : Guillaume Bianco

Editeur : Soleil, Métamorphose

Parution : Octobre 2009

    72 pages 

Prix : 14,90€


 

bd du mercredi

 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 07:00

Justice dans un paysage de reve 01Nous sommes au début des années 50 dans une province Sud-africaine. Willem Pretorius, un capitaine de police blanc vient d'être assassiné de 2 balles dans le dos, son corps abandonné près de la rivière qui sépare le pays d'avec le Mozambique. Alors que ses 4 fils afrikaners crient vengeance contre les noirs, l'inspecteur Cooper est chargé de l'enquête. Venu de Johannesburg, notre homme doit rapidement trouver des pistes et s'intégrer au mieux à la population locale. Pour cela, il est aidé de Shabalala, un officier zoulou plutôt silencieux. Mais très vite, la pression s'intensifie : la police secrète afrikaner, la Security Branch, vient y mettre son grain de sel et ses agents, prêts à tout pour que l'enquête conduise à la condamnation d'un quelconque opposant à la politique afrikaner, justifiant ainsi bien habilement leur politique raciste.

 

Bienvenue en Afrique du Sud donc, un pays dirigé par le National Party, où tout contact charnel entre blanc et noir est légalement condamné...

Malla Nunn nous plonge dans l'intimité d'un pays où la séparation des races et le racisme fait encore force de loi.

Le contexte de l'époque et l'ambiance tendue entre les communautés est parfaitement rendu. A travers les portraits de ses personnages (femme noire sous la coupe d'un blanc, famille mélangée qui cache son métissage, ...) l'auteur explicite toute la complexité des relations sociales sud-africaines. Le lecteur plonge dans la bienséance chrétienne blanche qui cache de sordides secrets tout comme dans les coutumes traditionnelles des noirs. Noirs et même métisses sont les victimes ordinaires d'un racisme quotidien qui ne se remet à aucun moment en question.  D'autres blancs se voient eux-même ostracisés : le vieux juif du coin qui a fuit les horreurs nazis, l'inspecteur Cooper qu'on traite d'homosexuel. Il ne fait pas bon d'être différent ou de ne pas avoir les origines qu'il faut dans ce pays.

Les communautés noires et blanches sont donc aux antipodes l'une de l'autre et le mélange des deux est impensable. L'habile inspecteur Cooper va devoir pénétrer les deux univers en jouant de prudence et de tact. Très touchant et pudique, l'homme semble avoir un passé tourmenté qui l'assaille de cauchemars récurrents. Cooper est cependant un homme juste et droit qui ne se laisse pas impressionner par la Security Branch et va tenter de mener l'enquête à sa façon en usant de discrétion, de ruse et de patience.


L'enquête en elle-même avance assez lentement. On est loin d'un thriller haletant qui ne lâche pas son lecteur. L'auteur a fait sien le rythme africain où toute chose nécessite un degré supérieur de temps, les infrastructures de l'époque ne le permettant pas non plus (transports limités, routes non carossables, lenteur administrative, absence de téléphone portable, pas d'hopital, ...).Les indices se font rares et la progression de l'inspecteur se fera lente et progressive. Ce dernier va tenter de chercher dans la vie et le passé du capitaine de police Prétorius, le ou les éléments qui justifierait son meurtre. Loin d'être le mari et le père parfait, Prétorius va se révéler plein de mauvaises surprises.

 

Justice-dans-un-paysage-de-reve-02.jpg

 

Vous l'aurez compris, si l'intrigue n'est pas hautement palpitante, elle vaut surtout pour sa représentation sociale et politique d'un pays en plein bouleversement. La justice passe après le respect des lois raciales instaurées par le nouveau gouvernement afrikaner du National Party et peu importe si ce sont les noirs qui trinquent ! L'auteur réussit avec beaucoup de réalisme à plonger son lecteur au sein des différentes communautés raciales où rien n'est jamais vraiment tout blanc ou tout noir (si je puis me permettre l'expression !). Chaque groupe a ses travers, ses moutons noirs, le plus souvent victimes de cette politique de séparation des races qui force le naturel à une coupure contre nature.

 

Justice dans un paysage de rêve est un roman classique mais plaisant qui offre une peinture saisissante d'une époque pas si lointaine où les hommes forçaient les lois pour mieux se séparer et se protéger d'une sauvagerie qu'ils portaient en fait en eux-même. Un bon policier très instructif mais qui peine à se démarquer malgré tout.

 

On notera toutefois la révélation finale sur le passé et l'origine de Cooper qui ne manquera pas d'attirer les lecteurs ferrés vers la suite des aventures de notre inspecteur ! La suite paraitra en 2012.

 

D'autres avis :

Virginie - Leiloona - Choupynette - Kathel - Lili Galipette - Lucie -

 

 


 Titre : Justice dans un paysage de rêve

  Auteur : Malla Nunn

Editeur : Editions des deux terres

Parution : Février 2011

    392 pages 

Prix : 22,50€


 

prix lectrices ELLE

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Published by Choco - dans Polar
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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 15:10

Choco Shoot 01

C'est un peu récurrent en ce moment : je suis en retard dans tout et dans mes publications de blogs en particulier !

C'est donc  avec une bonne dizaine de jours en plus que je vous annonce le nouveau thème !

 

EXceptionnellement, vu le timing, vu les fêtes de fin d'années qui approchent, le concours se déroulera à cheval sur décembre et janvier.

 

Pour ce double mois, le thème est :

 

Illuminations

 

En référence aux lumières de Noël bien évidemment mais rien ne vous oblige à vous borner à ces illuminations festives !

J'espère que vous serez nombreux à être inspiré !

J'attends donc vos photos jusqu'au dimanche 29 janvier minuit.

(et non pas le 31, attention !)

à cette adresse : grenierdechoco@gmail.com

(merci d'envoyer d'envoyer des photos de moins de 1Mo mais suffisamment grandes pour ne pas avoir la taille d'un timbre poste sur une page web ! Je suis constamment obligé de retailler des clichés à chaque session...)

 

Pour rappel, les modalités de participation sont ici

Les photos doivent être totalement anonymes et ne pas avoir été publiées en ligne.

Pensez aussi à donner un titre à votre photo ! C'est un petit plus parfois :)

 

 

 

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 15:05

Choco Shoot 01 Les votes se sont clôturés hier et je vous annonce donc les résultats de ce chocoshoot 7 sur :

Les animaux

 

Vous avez été 15 participants et  77 à voter pour votre photo préférée.

Les votes ont été assez diversifiés mais on note quelques photos qui sont sorties en tête.

 

Je tiens à préciser d'ailleurs que 2 des participants ont été quelque peu privilégiés par les votes. Ils ont appelés aux votes sur leurs blogs respectifs (ce qui est tout à fait acceptable) et si leur photo est anonyme, elle est malheureusement reconnaissable par l'usage systématique d'une même mascotte peluche sur toutes leurs photos.

De fait, si je ne leur en tient pas rigueur (l'erreur vient aussi de moi qui aurait dû aller faire un tour sur les blogs avant d'accepter leur photo...), le résultat en est quelque peu biaisé.

 

Toujours est-il que vous attendez le nom du gagnant !

 

Il s'agit de Melle Hardy et de son magnifique coq de la photo 4 qui recueille 13 votes !


 

Chocoshoot animaux 04

 

Bravo à la photographe pour cette première participation réussie au concours !

 

 

Voici le résultat des votes des autres participants :

 

graphique-chocoshoot-7.jpg

 

Voici l'attribution des photos :

 

Photo 1: Moutie

Chocoshoot animaux 01

 

Photo 2 : Keisha

Chocoshoot animaux 02

 

Photo 3 : Hélène

Chocoshoot animaux 03

 

Photo 4 : Melle Hardy

Chocoshoot animaux 04

 

Photo 5 : Miss Babooshka

Chocoshoot animaux 05

 

Photo 6 : Wal

Chocoshoot animaux 06

 

Photo 7 : Saxaoul

Chocoshoot animaux 07

 

Photo 8 : Manu Gene

Chocoshoot animaux 08

 

Photo 9 : Fleur

Chocoshoot animaux 09

 

Photo 10 : Aifelle

Chocoshoot animaux 10 touche pas à mon lapin

 

Photo 11 : Cathy

Chocoshoot animaux 11a

 

Photo 12 : Hutte des bois

Chocoshoot animaux 12

 

Photo 13 :DeL

Chocoshoot animaux 13

 

Photo 14 : Liliba

Chocoshoot animaux 14

 

Photo 15 : Hélène

Chocoshoot animaux 15

 

 

De mon côté, j'ai voté, comme beaucoup, pour le magnifique coq ! Je dois dire que ce gros plan met particulièrement bien la bête en valeur et les couleurs sont de toute beauté. Si on avait eu la crête en plus, ça aurait été le top !

J'ai pas mal hésité avec la photo 8 et cette oreille en transparence de lumière qui me plaît beaucoup aussi !

Tout comme, l'araignée de la 3 très intéressante qui aurait peut-être mérité un cadrage décentré (?).

 

En tout cas, je vous remercie tous de vos participations!

Pour des raisons évidentes de disponibilité, je n'ai pas pu participer à cette session et je regrette un peu mon absence d'implication et donc d'enthousiasme sur un thème qui me plaisait assez.

 

Je tiens aussi à m'excuser auprès des gagnants des derniers mois pour l'absence de petite récompense...

Je n'ai actuellement ni le temps, ni surtout les moyens de vous envoyer un petit quelque chose.

Mais bon, il est évident que vous participez à ce concours pour la gloire ! ^^


 

Et vous, pour qui avez-vous voté ? POurquoi ?

N'hésitez pas à présenter et expliquer vos photos pour qu'on puisse échanger dessus !

 

Le nouveau thème du mois de Décembre ET Janvier (exceptionnellement) est à retrouver ici !

 


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Published by Choco - dans Choco Shoot
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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 23:56

soldats de sable 01

En 1945, l'archipel d'Okinawa est le théâtre de batailles qui voient s'affronter l'armée impériale japonaise et les forces armées américaines. Des mois de combats qui feront de nombreuses victimes militaires et civiles.

Dans Soldats de sable, Susumu Higa évoque, en différentes histoires, le conflit vue de l'intérieur par les habitants eux-mêmes. S'appuyant sur la propre expérience de ses parents, l'auteur (né dans les années 1950) livre un témoignage hors pair qui n'hésite pas à égratigner l'image des soldats japonais.

 

Voici le contenu de quelques unes :

 

Lame de sable :

Une garnison de soldats japonais vient investir l'île sous prétexte de protection. Réquisitionnant l'école, déboisant les arbres sacrés du lieu, pêchant à la dynamite, obligeant les civils à des entraînements militaires, ces derniers sont assez mal acceptés par la population. Seul un homme tentera de les convaincre de partir et de leur rendre la tranquilité qui les protège des combats américains.

 

....... :

Ici, c'est une mère et ses 3 enfants que nous allons suivre. Attendant le retour de son mari parti à la guerre, la mère tente de protéger et nourrir  comme elle peut sa progéniture. Alors qu'elle se réfugie dans un abri, des soldats japonais font iruption et pillent ses dernières provisions. Son bébé, effrayé par le bruit des bombardements, se met à hurler au grand dam des soldats qui craignent d'être repérés. Menacée de mort, la petite famille est expulsé à l'extérieur et la mère, contrainte de se trouver un nouvel abri, reprend son errance.

 

...... :

Un soldat japonais fait prisonnier par les américains découvrent que ses ennemis ne sont pas les terribles vengeurs annoncés. Bien traité par ces derniers, il accepte de collaborer avec eux afin d'épargner des vies de civils japonais. Devenu traducteur, il accompagne les soldats américains qui tentent de convaincre la population cachée dans des abris de sortir et de se rendre. Mais craignant les exactions ennemies et incités par les soldats japonais infiltrés parmi eux, nombreux se résoudent au suicide ou pire encore, sont victimes de ces "actes de bravoure" de l'armée impériale.

 

.... :

La guerre est terminée depuis de nombreuses années. On découvre un jeune apprenti potier qui suit l'enseignement de son maître. Se fournissant de la terre du village, bientôt pourtant, le jeune homme est atteint de cauchemars récurrent. Quand des ossements humains sont découverts dans le village, bientôt, l'ombre des ancêtres devenus fantômes plâne au dessus des descendants d'Okinawa.

 

 

soldats de sable 04Vous l'aurez compris, l'auteur a construit habilement son recueil qui va de la menace des combats à l'après-guerre et ses blessures non cicatrisées. Les récits réunis ici donnent ici une vision radicalement différente du discours officiel et laissent entendre la voix de la population civile qui a eu à subir la guerre mais aussi l'attitude de l'armée japonaise.

On découvre ici des soldats égoistes pour qui seule la victoire et l'honneur comptent. Ils prennent certaines décisions en dépit du bon sens, utilisent la population comme bouclier humain, pillent leurs réserves sans vergogne et ne font preuve d'aucune compassion ou sentimentalisme.

Heureusement, l'auteur sait aussi montrer des soldats plus positifs qui n'hésitent pas à se battre pour sauvegarder quelques vies humaines, ou plus loin des étudiants qui renoncent à rejoindre leur famille pour sauvegarder vainement des milliers de livres et écrits inestimables pour l'histoire japonaise.

Les habitants, forcés de se plier aux ordres, sont pris entre deux feux. Ils n'ont pas voix au chapitre devant la force militaire et doivent tout accepter sous prétexte d'aide à l'effort de guerre. Lorsque les américains envahissent les terres japonaises, la population forcée de faire profil bas est même accusée par ses propres soldats de traitres et menacés de morts. Là encore, rien n'est tout noir et la solidarité fait parfois oeuvre de miracle.

 

Bref, c'est une vision totalement absurde, amorale et meurtrière qui nous est donné ici de la guerre, un véritable plaidoyer anti-militariste que l'auteur livre en toute simplicité, s'appuyant sur des portraits très humains et très réalistes de citoyens japonais, victimes impuissantes de la guerre qui tentent de se sauver sans oublier leurs valeurs.

Une veine réaliste donc qu'on retrouve dans son dessin très simple, aux lignes claires, qui réussit en quelques traits à donner vie à cette époque tourmentée sans alourdir le propos.

La postface, très éclairante, revient sur le contexte de l'époque, détaille l'origine et le sens de chaque nouvelle.

 

Soldats de sable s'avère donc un ouvrage particulièrement salutaire du point de la mémoire et de l'histoire. Devant un Japon qui, encore aujourd'hui, fait face à des discours révisionnistes au sein même de son gouvernement, l'auteur fait preuve d'un certain engagement humaniste en illustrant ce traumatisme de la guerre et en livrant sans manichéisme une vision réaliste des batailles d'Okinawa.

Le français, de son côté, découvrira certainement en plus cet épisode mal connu de l'histoire japonaise.

Au final, voilà bien des raisons de se pencher sur ce formidable recueil !

 

 

A noter :

Ce titre est sélectionné pour le Festival d'Angoulême dans la sélection officielle.

 

D'autres avis :

L'article très complet de Culturopoing  qui vous propose de gagner un exemplaire. 

 

Liens :

Premières pages à lire

 

 

 

soldats-de-sable-02.jpg

 

 

soldats-de-sable-03.jpg

 

 

 


Titre : Soldats de sable

  Auteur : Susumu Higa

Editeur : Le lézard

Parution : Septembre 2011

    250 pages 

Prix : 19€


bd du mercredi

 

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