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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 07:00

Vladivostok 01Après avoir pas mal voyagé dans le monde, Cédric Gras, jeune géographe français, se voit confier la mission de créer une alliance française à Vladivostok. S'il a déjà séjourné en Russie, le jeune homme ne connaît pas le côté extrême-oriental du pays. C'est avec grande surprise que la ville se révèle à lui. A travers les saisons, l'auteur va s'atteler à nous faire découvrir une ville et une région dont on ignore tout et réussir à décortiquer l'âme russe dans laquelle il se retrouve tant.

 

Parti pour un an d'expatriation, Cédric Gras restera finalement 3 ans dans cette ville qui lui fit pourtant une si mauvaise impression à son arrivée. Vladivostok est une ville russe que 9000 kms séparent pourtant de la capitale. Coincée sur une péninsule à l'extrême sud du pays, la ville est plus proche de la Chine, de la Corée du Nord et du Japon que de Moscou. Port de pêche important de la région, elle interagit régulièrement avec ses plus proches voisins avec qui elle fait commerce.

Contrairement à l'idée que nous nous faisons tous certainement, la région ne ressemble pas à la froide Sibérie et bénéficie d'un climat temperé qui alterne entre hiver enneigé et un été pluvieux de mousson.

L'auteur arrive au printemps, au terme d'un voyage en Transsibérien et commencera son récit par cette saison qui peine à soulever l'enthousiasme. La ville a l'apparence d'un "marais à l'eau salé et à l'air vicié" et la mer pourtant toute proche se laisse à peine sentir. Pourtant, Cédric Gras ressentira cette ville comme une évidence et l'étrange sentiment d'arriver dans un endroit familier.

 

Vladivostok-02.jpg

 

A travers les saisons donc, le français détaille les particularités d'une ville et d'une région à cheval entre occident russe et Asie. Une région méconnue que ses habitants cherchent à fuir pour un eldorado moscovite ou étranger. Pour mieux y revenir parfois. Il évoque les difficultés économiques d'une région oubliée par le pouvoir central, l'architecture communiste qui enlaidit le paysage, les produits manufacturés chinois qui remplacent la production russe trop lointain et peu accessible, le manque de transports qui oblige chacun à patauger dans la neige boueuse l'hiver, Noël et les voeux de bonne année enregistrés du président qui sont diffusés en domino au gré des fuseaux horaires de la vaste Russie, les particularismes religieux,  etc...

L'auteur adopte un regard d'ethnologue et nous donne à voir avec un exotisme surprenant une ville insoupçonnée. Loin d'avoir une vision pessimiste d'une région quelque peu sinistrée, Il réussit à aborder de manière positive de cette ville qu'il a adopté avec beaucoup de coeur.

 

" Vraiment, je ne sais pas pourquoi j'aime la Russie. Je l'ai découverte par hasard. Un peu par hasard et elle s'est imposée. Je cherchais une terre d'asile, de nouveaux horizons. Je voulais aussi cultiver une certaine manière de vivre, généreuse et un peu triste. Je voulais l'immense, le froid, le farouche et le grand. "

 

Mais au-delà de la ville, Cédric Gras parle aussi avec beaucoup de chaleur des hommes qui l'habitent. Il pointe du doigt leurs difficultés et le souhait de fuir une ville si grise. Il met en lumière les relations entre les hommes et les femmes russes. Ces dernières, toutes en féminité malgré le froid, prennent plaisir à jouer les indifférentes, les froides beautés, s'attachant au statut et au confort que l'homme pourrait leur amener.

 

"Elles sont belles tous les jours, sans faute, sans exception."

 

C'est que la vie est dure et que l'amour parfois vient en second. Le français découvre l'amour à la russe, il réapprend des codes chevaleresques oubliés par chez nous : raccompagner une femme jusqu'à chez elle, offrir des fleurs par pur plaisir, faire la cour mais sans jamais rien attendre en retour et ne même pas s'étonner de l'absence d'un simple sourire. Attendre les beaux jours pour se séparer et éviter ainsi les déménagements pénibles de la saison glaciale. Supporter les séparations à longue distance et s'aimer à travers les années, ou alors s'oublier doucement et faire la cour à une autre.

 

Vladivostok-04.jpg

 

Loin d'être un récit de voyage au sens classique du terme, Vladisvostok est surtout le portrait honnête et tendre d'une ville, victime d'un imaginaire faux et/ou tronqué, qui cherche son identité entre l'austérité russe et la profusion asiatique. Cédric Gras restitue ainsi les 2 faces d'une ville, à la fois difficile et pourtant aimante, et ne tente pas d'enjoliver son propos. Repoussante et séduisante dans un même élan, Vladivostok a su excercer sur notre expatrié une fascination qu'il transmet au lecteur avec beaucoup de tendresse.

Si l'auteur ne parle qu'à peine de lui et de son emploi, il transmet malgré tout la relation qu'il a noué avec cette ville et ses habitants, et surtout la manière dont cette rencontre l'a grandit et l'a renvoyé à lui-même.

 

"Ce que j'aime dans la Russie, c'est qu'elle m'a rendu à l'Europe. J'ai détesté ce continent pour fuir sur tous les autres. Je trouvais chez nous que l'Europe n'avait plus de caractère, plus d'identité, plus de force. Or tout cela est encore bien vivant à l'Est."

 

Il n'hésite pas, au cours de la narration, à évoquer avec force citation les nombreux auteurs qui l'ont précédés sur les terres russes. Et la culture française continue de bénéficier d'un certain prestige que les élèves savent restituer avec facilité alors que leurs homologues français en sont paradoxalement incapables.

Il fait preuve aussi d'humour et relève avec amusement certaines différences culturelles qui l'étonne.

 

" Le kitch est de retour là où l'argent a fait défaut pendant trop longtemps, porté par tous les nouveaux riches de tous les nouveaux mondes. En chine comme en Russie les intérieurs des puissants sont des horreurs commandées à grands frais à des décorateurs italiens sans scrupule. Une recherche d'appartement à Vladivostok peut donner de doubles crises cardiaques : à la vue du loyer et à celle de l'intérieur."

 

Cédric Gras repartira plus riche de son séjour, prêt à se "replanter" ailleurs. Et le lecteur de son côté, pourra se laisser aller à un certain fantasme russe d'extrême-orient...


"Quand vous quittez Vladivostok, c'est toute une valse de mots dont vous ne saisissez peut-être pas bien le sens qui revient composer une poésie nommée mélancolie. J'en ai fait l'expérience. Pendant ces mois j'ai fait de cette ville la mienne. Il faut s'ennuyer de longues heures dans un endroit, à en fouiller tous les recoins, pour pouvoir affirmer que c'est chez vous. (...). Après toutes ces saisons, Vladivostok, c'était ma ville ! Et c'est tout un vocabulaire." 

 

Sylvain Tesson qui offre à ce récit une très belle préface n'hésite pas à écrire qu'il s'agit du "plus beau salut que j'ai lu depuis des années à cette Russie qui nous aimante. " On ne peut que lui donner raison, tant Vladisvostok est une déclaration d'amour formidablement écrite !

 

 

D'autres avis :

Ecrivains et voyageurs -

 

 


 Titre : Vladivostok, neiges et moussons

Auteur : Cédric Gras

Editeur : Phébus

Parution : Avril 2011

    196 pages 

Prix : 17€ 


 

challenge récit de voyage

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 15:46

 

Inside-out-JR-01.jpg

 

Cette étrange boite est en fait une cabine photographique installée par l'artiste JR à l'occasion des Rencontres photos de Arles.

Chaque visiteur pouvait ainsi se faire prendre en photo gratuitement par la machine et obtenir un poster très grand format de son cliché.

L'affiche sort en quelques minutes d'un dispostif d'impression fixé en haut d'une poutrelle métallique, le visage du photographié se dévoilant peu à peu à la vue de tous avant de chuter à terre.

 

Les visiteurs étaient ensuite invités à coller leur affiche sur les murs de la ville.

La queue pour participer à ce dispositif étant trop longue, je me suis contentée d'admirer les photos des autres....

 

Inside-out-JR-02.jpg

 

Pour en savoir plus sur le projet :

http://www.insideoutproject.net/

 

 

Les dimanches en photos sont aussi chez : 

 Liyah, Tiphanie, Choupynette, Fleur, Liliba, SeriaLecteur, Margotte, Estellecalim.

 


 


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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 15:10

 

Gilles-Coulon-01.jpgCliquez sur les photos pour agrandir

Gilles-Coulon-02.jpg

 

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Gilles-Coulon-04.jpg

 

Gilles-Coulon-05.jpg

 

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 07:00

le--silence-ne-sera-qu-un-souvenir-01.jpgSur une rive slovaque du Danube, vit une communauté rom. Alors qu'on célèbre les 20 ans de la chute du mur de Berlin et que les journalistes affluent, le vieux Mikluš, lui, est rongé par le passé. Un passé qu'il a toujours tu et dont le poids n'a fait que s'accentuer avec les ans.

Alors le vieil homme va raconter son peuple à l'un d'eux. Il lui narre l'histoire de sa communauté, son quotidien. Puis, peu à peu, sa langue se délie et bientôt c'est le profond secret autour duquel se joue un terrible drame familial que Mikluš confie à son interlocuteur.

 

" Je m'appelle Mikluš et je suis un truand. Aucun crime ne pèse sur ma conscience, mais mon délit ne mérite pas plus légère sentence que celui d'un tueur à gages. Je suis un malfrat de première classe, un vieux corsaire repenti sans navire, qui, honteux de son butin, a choisi de l'enfouir dans le sable avant de disparaître - en prenant soin de rouler la carte au trésor dans une bouteille, mais échouant à la jeter à la mer ; ce qui revient à porter un masque le reste de votre vie en espérant secrètement qu'un jour heureux de carnaval une main se hasarde à le lever et vous sauve. Personne n'a jamais débusqué la honte qui me ronge, et j'ai été trop lâche pour la regarder en face.
N'essayez pas de mettre un visage sur ma voix, je n'en ai plus, rongé par les vers, ce que vous penserez sans doute vous qui ne savez rien de la mort. Mais qu'importe. Une mauvaise grippe m'a finalement emporté, un méchant coup de froid vous expliqueraient les miens qui, escomptant chasser le mauvais oeil, m'ont patiemment veillé pendant dix jours et dix nuits. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que leurs incantations étaient inutiles puisque j'avais déjà décidé de mon sort, un privilège du grand âge sans doute que d'avoir le choix entre la vie et la mon : ou bien je restais encore un peu debout, mais je m'imposais de briser enfin le silence ; ou bien je choisissais de me taire et c'était pour toujours. Le courage m'a manqué, le «pour toujours» l'a emporté."

 

Les éditions Gaïa, connues pour leur catalogue nordique, propose ici leur premier roman français. Et quel roman !! Autant vous le dire de suite, il s'agit pour moi de LA perle de la rentrée qui passera certainement entre les mailles des journalistes mais s'avère pour un premier roman totalement abouti et réussi !

 

" N’allez pas chercher fleurs bleues et longs jupons ourlés d’or, on vous rirait au nez, et laissez les roulottes dans leur cimetière, ça fait une paye que le joli folklore n’est plus d’actualité. De la vie de bohème avec lequel votre inconscient continue peut être de nous marier, vous savez bien qu’il ne reste presque rien, quelques vieilles ritournelles et les cheveux bouclés de Carmen, tout ça ne pèse pas bien lourd dans l’héritage laissé aux suivants. Ce qui fait le poids, c’est tout le reste, tout ce qu’on met sur le dos du Rom avant même qu’il sache se tenir droit. Le nourrisson n’a pas poussé son premier cri qu’on lui demande de se taire, il n’a que trois cheveux sur le crâne qu’il est déjà pouilleux, et à peine parvient-il à aligner cinq mots qu’on l’accuse de mentir. Un jour ou l’autre il sera suspecté de vol, de violence et peut être même de crime. Vous trouvez que j’ai la main lourde ? Eh bien disons qu’il est de toute façon asocial et qu’à partir de ce constat, vous pouvez lui coller sur le front l’étiquette de votre choix."  

 

le--silence-ne-sera-qu-un-souvenir-02.jpg

 

Mikluš est donc le narrateur de cette histoire un peu déstabilisante dans ses premières pages mais très vite imposible à abandonner. Notre homme est mort et cette libération lui permet de se libérer du secret qu'il détient. Il s'adresse à la fois au lecteur et au journaliste. Il commence par évoquer sa communauté, les gamins de Supava qui font le singe devant les touristes pour récolter quelques sous, la défiance des gadjé qui les voit comme de "crasseux tsiganes et voleurs de poule".


" Le rom, il tient comme il peut, balloté d'un courant d'air à un autre, le vent s'engouffre partout où il pointe son nez. Il n'est attendu nulle part, vous le savez bien, on le refile à sn voisin ; à peine a-t-il posé sa famille qu'on le fait déguerpir, et on l'accuse de ne pas tenir en place. "

 

Il raconte leur tentative de les loger dans des immeubles les coupant de la Terre et de la collectivité amicale, de la stérilisation forcée des femmes, de l'école qui tente d'inculquer une autre culture aux petits roms. Il remonte l'histoire et parle de l'arrivée des nazis et de leurs méfaits sur les tsiganes : tontes, viols, raffles.

Et puis, à travers son récit, un petit garçon apparait par intermittence. Adam, dit le Petit, dit Dilino. Adam qui ne parle pas, qui n'a pas de famille, qui est le souffre-douleur des autres enfants, troublés par sa blondeur et par sa façon de trainer son violon envers et contre tout. On découvrira aussi Chnepki, désormais La vieille, à moitié folle.

 

le--silence-ne-sera-qu-un-souvenir-03.jpgMikluš, bientôt, remonte l'origine du secret. Il raconte le drame de Chnepki qui lui fit perdre sa gaieté originelle puis l'arrivée de celui qui saura réouvrir ses barrières : Lubko, le vagabond violoniste qui lui donnera une jolie fille Maruska. Il raconte le destin qui s'acharne sur cette pauvre Chnepki, son homme qui s'enfuit avec sa fille pour la sauver de la folie de sa mère. Il raconte leur vie à deux, le travail du bois pour créer des marionnettes. Et le drame qui une fois de plus vient les toucher.

Mikluš raconte tout, il se vide de sa honte, de son immobilisme devant le petit Dilino dont il nous confiera l'origine. Un enfant qu'il n'a pas su protéger, aimer. Un enfant à qui il aura caché jusqu'à sa mort la tragédie qui conditionne son existence.

 

Vous l'aurez compris, ce roman fait le portrait d'une communauté défaite qui peine à survivre devant les soubresauts de l'histoire, la haine de ses voisins (sera évoquée les nouveaux cranes rasés qui errent dans cette Allemagne contemporaine), l'indifférence du monde devant les persécutions passées et non jugées (Nuremberg les a oublié...), tout comme les humiliations d'aujourd'hui. Mais c'est aussi le portrait d'un groupe qui vit au rythme des saisons, qui se refuse à toute porte entre les personnes, pour lesquelles l'entraide n'est pas un vain mot.


" Les portes étaient des intruses, (...) du silence et de la solitude qui nous empêchaient de respirer, et c'est justement de ça dont nous ne savions pas nous passer, la respiration de l'autre à proximité. "

 

C'est un peuple fier qui continue à vivre libre et à s'épanouir dans des travaux manuels et dans ces joyeuses orgies musicales où chacun s'oublie dans le flot des violons.

Le roman est aussi l'histoire d'une famille qui voit construire son histoire dans un drame perpétuel qui dépasse les générations. C'est l'histoire de ce petit Dilino et de ses ancêtres, bousculés par une vie faite de malheurs, d'intolérance et de misère.

 

Le silence ne sera qu'un souvenir est véritablement un roman magnifique que l'auteur a écrit dans une prose poétique qui reprend les lancinants sanglots du violon tsigane. Laurence Vilaine nous offre ici un condensé d'émotion qu'on penserait écrit par un tsigane lui-même tant cette communauté est si bien décrite et interprétée. Pour un premier roman, je le répète, c'est un coup de maître !

C'est une histoire à la fois dure et douce. Une histoire qui parle d'amour et de souffrance. Une histoire que personne ne pourra oublier après avoir tourné la dernière page de ce roman que vous devez ABSOLUMENT découvrir !

 

Mais " N'oubliez pas que les fins heureuses n'ont jamais été le fort des histoires tsiganes"...

 

Un grand merci à Gaïa d'avoir fait cette découverte !

 

D'autres avis :

Le très beau billet d'Actualitté -

 

Liens :

Fiche de l'éditeur où vous pouvez écouter un extrait du texte et une interview de l'auteur.

Photos : © Fab William alexander

 

 


 Titre : Le silence ne sera qu'un souvenir

Auteur : Laurence Vilaine

Editeur : Gaïa

Parution : Août 2011

    176 pages 

Prix : 17€


 

1% littéraire 2011

 

Un grand merci à Babelio et à son opération masse critique !

 

 


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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 07:00

Love-le-tigre-01.jpg"Dans le règne animal, les bêtes ne s'aiment pas, mais ne se détestent pas non plus. L'amour et la haine forment un tout. Un tout universel. Un ensemble suprême qu'on pourrait appeler le divin ou encore amour. L'amour que l'homme n'atteindra jamais".

 

Un album qui débute par cette adresse ne peut qu'être un bel hommage aux animaux. De fait, d'animaux, il ne sera que question ici.

Nous sommes dans la jungle. Un tigre se réveille et part à la recherche de son diner. Il croise un tapir qui s'abreuve au bord du fleuve et le prend en chasse. Ce dernier lui échappe in-extremis mais le tigre ne lâche pas sa proie. Pourtant c'est bientôt son tour de devoir se défendre contre un alligator et plus loin devant un couple de panthères.

La vie des animaux ne se définit pas en terme d'amour ou de haine. C'est juste la loi de la jungle. Le plus fort mange ou tue le plus faible. Le hasard parfois peut conduire à la mort.

 

Love est un surprenant album qui tient à la fois du conte et du documentaire animalier. Totalement sans paroles, il laisse la jungle et ses animaux s'épanouir au fil des pages et bientôt le lecteur est totalement immergé dans un univers où il n'a pas sa place.

A travers les déambulations, on découvre la vie de la forêt par d'habiles enchaînements qui font preuve de naturel et de fluidité : le tapir qui s'abreuve au bord du fleuve, les piranhas qui attendent le maladroit,  les escargots qui s'unissent, les singes qui narguent du haut des arbres leurs prédateurs, les paons qui se font la cour, ...

L'expérience est d'autant plus forte que l'album peut s'enorgueillir d'un magnifique dessin qui fait la part belle à la nature. Les auteurs ont su rendre avec précision les gestes et les expressions de chaque espèces animales et dénote d'une belle observation. Elle se révèle dense, foisonnante de mille détails qui enrichissent chaque case. La couleur se fait douce et déploie une jolie palette de vert, de gris et d'ocre.

On notera également la grande diveristé des angles de vue qui rappelle d'ailleurs un certain côté cinématographique à cet album.

 

Bref, Love est véritablement une réussite qui plaira aux enfants autant qu'aux adultes. Laissez-vous donc prendre par la magie et la beauté de la nature et des animaux à l'état pur !

 

D'autres avis :

Bulles et Onomatopées - Emmyne - Kactuss -Belzaran -

 

Liens :

Preview de l'album

 

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 Titre : Love, le tigre

 Dessinateur : Federico Bertolucci

Scénariste : Frédéric Brrémaud

Editeur : Ankama, Etincelle

 Parution : Mai 2011

     74 pages 

Prix : 14,90€


 

bd du mercredi

 

 

 

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 07:00

 

Avant le format Point 2 du Seuil et après les mini-livres, il y a eu les Tank Book.

Cette société édite des livres en format réduit, prenant place dans un paquet de cigarettes !

Le dit-paquet reprenant le graphisme cigarettier pour mieux annoncer titres et auteurs !

 

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Les titres disponibles sont :

 

- Joseph Conrad: Au cœur des ténèbres

- Ernest Hemingway: The Undefeated and Les neiges du Kilimanjaro

- Franz Kafka: La metamorphose et La colonie pénitentiaire

- Rudyard Kipling: L'homme qui voulut être roi, The Phantom 'Rickshaw et Black Jack

- Robert Louis Stevenson: Dr. Jekyll et Mr. Hyde

- Léon Tolstoï: La mort d'Ivan Ilych and le Père Serge


 

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D'ailleurs, l'idée a du en inspirer certains qui ont imaginé le recyclage de vieux distributeurs de cigarettes.

Un éditeur basé à Hambourg propose ainsi quelques livres écrits par des auteurs du cru, vendus dans le voisinage de l'université au prix de 4€.

 

distributeur-livres.jpg


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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 07:00

parfum de jitterbug 01Tom Robbins qui m'avait régalé avec son roman Une bien étrange attraction est à nouveau mis à l'honneur chez Gallmeister.

 

Cette fois-ci, le lecteur va plonger dans les délices du parfum et d'un élixir de jouvence qui traversera plusieurs siècles.

Priscilla, serveuse à Seattle, consacre ses nuits à faire des expériences chimiques pour trouver la recette du Taco parfait.

A la Nouvelle-Orléans, Mme Devalier et son assistante V'lu travaille dans leur petite parfumerie en perte de vitesse pour confectionner le parfum ultime qui leur fera remonter la pente.

Enfin, à Paris, l'excentrique Marcel Fever, nez de la société du même nom qu'il dirige avec son cousin Claude peaufine le futur best-seller de la maison.

Rien ne les relie excepté le fait que, tous les jours, une betterave leur est livré mystérieusement.

 

" Un vieux proverbe ukrainien nous met en garde : "Une histoire qui commence avec une betterave finit toujours avec le diable."
Voilà un risque qu'il nous faut prendre."

 

L'origine de ces betteraves est à chercher dans l'autre histoire que Robbins nous sert en parallèle : Alobar, roi de Bohème du 8ème siècle refuse de se soumettre à la tradition qui commande de tuer leur dirigeant aux premiers signes de vieillissement (impuissance, cheveu gris). Ce dernier s'échappe grâce à un subterfuge et prend la route à travers l'Europe et le monde mais aussi à travers les siècles. C'est que notre homme vivra 900 ans et que sa quête éperdue d'immortalité se réalisera à force de conviction et de rencontres. Les moines Bandaloop l'initieront à leurs secrets et la belle indienne Kudra le régénérera à force d'amour et de sensualité. Le dieu Pan sera aussi de la partie et son fumet de bouc, un ingrédient fort peu goutu de cette aventure au goût de betterave. Il faut dire aussi qu'avec tout ce christianisme tapageur, notre dieu-bouc n'est plus honoré et perd peu à peu de son pouvoir.


Parfum, betterave, dieu, immortalité, religion : voilà un cocktail improbable que Tom Robbins réussit avec brio à entrelacer ! Ne cherchez pas ici un récit réaliste, l'auteur part comme à son habitude dans des élucubrations loufoques qui cachent malgré tout une intense réflexion.

Le roman se construit autour de chapitres alternés qui nous conduisent soit auprès d'Alobar, soit auprès de nos 3 parfumeurs. Le lien n'est évidemment absolument pas évident et ne se fera jour qu'au terme d'une lente narration qui balade son lecteur sur les traces du roi immortel. On le suit et on découvre à travers ses yeux de néophyte différentes civilisations, différentes conditions auquel notre homme s'adapte toujours sans soucis.

Toujours obligé de fuir pour différentes raisons ou circonstances, dont le fait que son visage ne vieillit pas, il croise sur sa route différentes religions : les hindouistes qui exigent d'une veuve qu'elle s'immole par le feu sur le cadavre de son mari, les moines bandaloop (bouddhistes ?) qui voit le secret de la longévité dans la méditation et l'ascèse, les païens qui honorent le roi de la galette pour mieux en lui offrant tout ce qu'il souhaite pour mieux le tuer 7 jours plus tard et les chrétiens enfin qui crient à la magie noire et aux socières dès que quelque chose leur échappe et qui tuent le dieu Pan à petit feu par leur rigorisme et leur individualisme.

Il sera donc question ici de vie, de mort, d'amour et de plaisir de vivre. Alobar, lui, a fait clairement le choix de la vie, s'épanchant régulièrement dans des activités à haute teneur sexuelle, un bel hommage au lubrique Pan dont il essaye de sauvegarder l'image et la force (l'odeur de bouc en rut, elle, est toujours là !).

 

"On dit que lorsqu'un homme est dans l'attente de relations sexuelles imminentes, sa barbe pousse à un rythme accéléré. Il n'est pas impossible qu'Alobar doive s'arrêter pour aller se raser avant la fin de ce paragraphe."

 

On retrouve la prose mystique de notre auteur qui s'amuse de ses personnages et leur met dans la bouche bon nombre de théories plus ou moins fumeuses sur l'immortalité mais qu'importe le flacon pourvu qu'on est l'ivresse ! Mais le flacon est ici de qualité. L'écriture est toujours aussi pleine d'absurdités et l'auteur sait parler avec beaucoup de sérieux de choses totalement décalées.

Le roi de la métaphore impossible (le "Houdini de la métaphore" tout de même !) est toujours en forme et, même si je regrette que ma lecture ait été un poil moins jouissive que son roman précédemment édité, je ne me lasse pas de l'humour et de l'inventivité dont il fait preuve.


" Priscilla vivait dans un studio. On appelait ça un <<studio>> parce que l'art est censé donner du prestige et que les propriétaires ont un intérêt personnel à nous faire croire que les artistes préfèrent dormir dans leur atelier. Les vrais artistes ne vivent presque jamais dans des studios. Il n'y a pas assez d'espace et la lumière n'y est pas bonne du tout. Ce sont les employés qui vivent dans des studios."

 

" La masse de son corps  qui tenait à la fois du carré de citrouilles, de la salle de bal espagnole et de l'idole païenne fit floc quand elle s'affala sur un confident couleur citron vert. "

 

" Les toilettes dans chaque appartement faisaient le même bruit qu'un ténor italien qui se gargarise avec du Lavoris, et la nuit les réfrigérateurs faisaient penser à des bisons en train de brouter. "

 

Un parfum de Jitterbug est donc là encore un roman jubilatoire qui ne lassera pas de surprendre son lecteur qui cherchera toujours le rapport entre parfum et Jitterbug !

Que les amateurs de betterave se rallient !

 

 

 

Extraits :

 

L'apologie mémorable de la betterave :

 

" La betterave est le plus profond de tous les légumes. Le radis, convenons-en, est plus fiévreux, mais le feu du radis est un feu froid, ce n'est pas le feu de la passion, c'est celui du mécontentement. Les tomates ne manquent pas de vigueur ; toutefois, il court en elles une veine de frivolité. Les betteraves, elles, sont terriblement sérieuses.
Les peuples slaves doivent leurs caractéristiques physiques aux pommes de terre, leur inquiétude sourde aux radis, et leur sérieux aux betteraves.
La betterave, légume mélancolique par excellence, est le plus disposé à souffrir. Essayez donc de faire couler du sang en pressant un navet...
La betterave, c'est l'assassin qui retourne sur les lieux de son crime. La betterave, c'est ce qui arrive lorsque la cerise finit avec la carotte. La betterave, c'est l'ancienne ancêtre de la lune d'automne, barbue, enterrée, presque fossilisée, les voiles vert foncé du bateau lunaire échoué, cousues de veines où coule un plasma primitif ; la ficelle du cerf-volant qui reliait autrefois la Lune à la Terre ; barbe boueuse, désormais, forant désespérément le sol à la recherche de rubis.
La betterave était le légume préféré de Raspoutine. Ça se voyait dans ses yeux.
En Europe, on cultive beaucoup une grosse betterave appelée betterave fourragère. Peut-être que c'est cette betterave fourragère que l'on voit chez Raspoutine. A n'en pas douter, il y a de la betterave fourragère dans la musique de Wagner, même si c'est le nom d'un autre compositeur qui commence par B-e-t-, pardon, B-e-e-t...
Bien sûr, il y a des betteraves blanches, desquelles suinte du jus sucré et non du sang, mais celle qui nous intéresse, c'est la betterave rouge ; la variété qui s'empourpre et enfle comme une hémorroïde, une hémorroïde contre laquelle il n'existe aucun remède.
(En fait, il y a bien un remède : demandez à un potier de vous faire un anus en céramique - et quand vous ne serez pas assis dessus, vous pourrez toujours l'utiliser comme bol pour déguster votre bortsch.)"

 

" La réalité est une notion subjective, et cette culture se caractérise par une tendance stupide à considérer que quelque chose est important seulement si c'est sérieux et sévère.(...) Quand on est malheureux, on en vient à s' préoccuper énormément de soi-même. Et on en vient à s'prendre tellement au sérieux ! Les gens véitablement heureux, c'est-à-dire les gens qui s'aiment véritablement, eux n'pensent pas beaucoup à eux-mêmes. Vous prenez une personne malheureuse, elle ne supporte pas que vous essayiez d'lui remonter le moral, parce que ça veut dire qu'elle doit arrêter de s'appesantir sur elle-même et reporter l'attention sur l'univers. Se sentir malheureux, c'est la forme ultime de l'autocomplaisance."

 

Liens :

Premières pages du roman

 


 Titre : Un parfum de Jitterbug

Auteur : Tom Robbins

Editeur : Gallmeister, Americana

Parution : 6 Octobre 2011

    456 pages 

Prix : 24,90€

 


 

1% littéraire 2011

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 07:00

Je vous présente aujourd'hui la photo choisie pour le ChocoShoot "A table !"

J'étais partie au début sur une photo avec des oeufs... et un marteau mais je n'ai pas trouvé de composition qui me plaise.

 

je suis partie ensuite sur une construction avec des spéculoos ! (clin d'oeil à ma Zaz !)

mais je n'étais, là non plus, pas satisfaite.

 

speculoos.jpg

 

En farfouillant dans mes placards pour trouver quelque chose de présentable, j'ai fini par tomber sur un paquet de lentilles !

Je me suis donc amusée à éparpiller les graines de manière esthétique (pas si simple ^^),

à essayer de prendre des macros avec un appareil qui n'en fait pas vraiment.

J'ai fini par avoir quelque chose d'a peu près présentable !

En choisissant parmi les différentes prises, je suis tombée sur celle-ci qui m'a tout de suite fait penser à un rivage. Peut-être à cause de ses sortes de galets éparpillés.

Il m'a suffit de retravailler un peu le noir et blanc et de recadrer !

 

ChocoShoot A table 04 - lentilles échouées

 

La photo avant retouche :

lentilles avant

 

 

Les dimanches en photos sont aussi chez : 

 Liyah, Tiphanie, Choupynette, Fleur, Liliba, SeriaLecteur, Margotte, Estellecalim.

 


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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 07:01

 

Montiel-klint-01.jpgCliquez sur les photos pour agrandir

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 07:00

 

Merci à Emmyne qui trouvait que décidement je me laissais aller sur ce blog à trop d'absence ces derniers jours (pour la bonne cause, je vous rassure...)

 

Si j'étais...

 

1 - Une oeuvre d'art

Il s'agirait de la sculpture de Rodin, la Danaïde dont je suis totalement amoureuse, et dont je voudrais tant toucher les courbes lisses...

 

danaide.jpg

 

2 - une légende

La légende japonaise d'origine chinoise de Tanabata :


L'empereur céleste avait sept filles. La plus jeune, experte en tissage, était appelé la Tisserande (Shokujo ou Ori Hime). Assise chaque jour devant son métier elle ne tissait pas des tissus ordinaires mais uniquement des brocarts célestes pour chaque changement de saison. Chaque jour l'arrangement du Ciel était un de ses chefs-d'oeuvre. Un jour, la princesse, qui s'ennuyait au Ciel descendit se promener sur terre. Là elle rencontra un jeune vacher que tout le monde surnommait le Bouvier. Ils tombèrent immédiatement amoureux l'un de l'autre. Insatisfaite de sa vie solitaire au Ciel et de la surveillance sévère de son père, elle rêvait d'un amour passionné, d'un avenir heureux et d'une vie paisible. Elle décida donc de rester sur terre auprès de son compagnon le Bouvier. Ils formèrent alors un couple inséparable. L'homme travaillait aux champs et la femme tissait... Quelques années passèrent; de leur amour un garçon puis une petite fille naquirent. Mais bientôt l'empereur céleste, mis au courant de la nouvelle vie de sa fille, entra dans une colère violente et envoya un génie chercher sa fille pour la ramener au Ciel. Séparée de son mari et de ses enfants, la princesse se mit à pleurer de douleur. Constatant la disparition de sa bien aimée, le Bouvier plaça ses enfants dans deux paniers aux deux bouts d'une planche et partit à sa recherche. Mais au moment où il s'apprêtait à rattraper son épouse captive d'un génie céleste, la femme de l'Empereur apparut et fit naître d'un geste de la main une rivière large, profonde et aux eaux tumultueuses qui stoppa l'avancée du Bouvier. Très affligé, ce dernier ne voulut pas quitter le bord de la rivière. Et sur la rive opposée, la tisserande ne cessait pas de verser des larmes, restant sourde aux injonctions répétées de son père de reprendre son travail de tissage céleste. Devant tant d'obstination, l'empereur fit une concession: il permit à sa fille de retrouver son amant une fois l'an. Depuis, chaque année, le septième jour du septième mois du calendrier lunaire, les pies célestes forment une passerelle provisoire au-dessus de la voie lactée (Ama no gawa), sur laquelle les amants stellaires: Véga et Altaïr, renouvellent leur serment d'amour.

 

De nos jours, les Japonais célèbrent cette fête en portant le yukata et en décorant les feuilles de bambou. Ils écrivent leurs souhaits, parfois sous forme de poèmes, sur un tanzaku et les accrochent sur les feuilles. On dit qu'Orihime et Hikoboshi feront que les vœux deviennent réalité. Après avoir été décoré, vers minuit ou le jour suivant l'arbre en bambou est jeté dans un fleuve ou brûlé pour que les vœux se réalisent.

 

tanabata.jpgFestival de Tanabata à Edo - Hiroshige, 1852

 

3 - Un paysage

Un coucher de soleil vu du haut des falaises de Santorin

 

santorin.jpgMais aucune photo ne peut rendre ce sentiment d'immensité et de paisibilité...


 

4 - Une devise

Ce qui ne te tue pas te rend plus fort.

 

5 - Un son

Le bruit du vent dans le feuillage.

 

6 -  Un cocktail

Un truc sans alcool.

 

7 - Un signe de ponctuation

Le point d'exclamation !

 

8 - Un oiseau

Le Chocobo, c'est évident ! C'est de lui que je tire mon pseudo, et non pas du chocolat ^^

 

chocobo.jpg

 

9 - Un fleuve

La Bagmati, fleuve sacré de Katmandou et affluent du Gange, qui recueille les cendres des morts (et aujourd'hui, malheureusement, toute la pollution de la ville...)

 

10 - Un adverbe

Hum.... doucement, ailleurs, autrefois, tellement,...

C'est au choix !

 

 

J'épargne les autres qui, de toute manière, de manqueront pas d'être désignés à leur tour...

(bon, ok, j'ai surtout la flemme ^^)

 



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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
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