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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 07:00

Bienvenue-a-Oakland 01T-Bird, le narrateur, vit à Oakland. Pas dans les beaux quartiers huppés aux rues si propres qu'elles donnent envie de s'allonger, non, dans le Oakland crasseux et délabré, dans les quartiers où blancs et noirs se font la guerre malgré leur misère commune, dans le coin des exclus de la société qui rament pour survivre.

T-Bird, lui, est né en bas de l'échelle. Il a grandit dans une caravane avec un père qui n'est pas le sien et une mère qui a préféré écarter les jambes pour une flopée de Hells Angels. Il a connu toute sorte de boulot et ce dès le plus jeune âge où il apprend que rien n'est offert dans ce monde et qu'il faut batailler pour avoir de quoi vivre. Aujourd'hui, T-Bird vit dans dans un garage sans fenêtre et infesté de bestioles qui lui grimpent dessus pendant la nuit. Parfois, il dort dans son camion-benne qui lui sert à ramasser les ordures.

Et T-Bird a la rage. Une rage qu'il crie alors qu'il nous raconte sa vie, faite de petits boulots merdiques, d'injustice et de misère. Une rage qui dénonce la pourriture de ce monde et prend le pas sur une violence physique qu'il ne pratique pas. Une rage mais aussi un amour incommensurable pour ce lieu qui l'a vu naître et qui contient aussi de la beauté dans ses pires fondements.

 

" Si, la merde qu'on voit, les étrangers considèrent qu'elle est laide, c'est parce qu'ils sont habitués à la merde que, eux, ils trouvent belle et qu'ils ne perçoivent pas combien leur monde peut nous paraître immonde à nous, la laideur de leur petit personnel et de leurs bagnoles européennes ou japonaises hautement antiseptiques qu'aucune tache de sperme ni de honte ne corrompt jamais, la laideur de leurs briques si parfaitement alignées, de leur carrelage récuré, de leurs jardiniers, de leurs plombiers, tous ces gens qui travaillent pour eux - nous  . Mais nous, parce qu'on est nous, on voit des trucs magnifiques qu'ils ne voient pas. La beauté d'une haie bien taillée ou d'une rampe d'accès au béton bien coulé, la beauté d'un petit ange mexicain en cloque à treize ans, obèse et triste, la beauté d'un immeuble correctement démoli. Nous qui vivons dans la laideur, on connaît la beauté - et elle n'a rien à voir avec ce qu'on trouve dans les magazines branchés des salles d'attente des toubibs ou des avocats spécialisés dans les divorces."

 

Bienvenue à Oakland, donc, bienvenue en enfer.  Dès les premières pages, T-Bird s'adresse au lecteur qu'il prend à parti. Né du mauvais côté avec peu de possibilité de s'éléver, il enrage de ne pouvoir s'échapper de sa condition et de voir l'injustice du monde qui permet à d'autres ce qui lui ait refusé.

 

" Tu veux du parfait ? T’as qu’à lire les putains de bouquins de quelqu’un d’autre. (…) Je veux qu’en tournant la dernière page de mon bouquin tu ressentes un peu d’inquiétude, juste un peu, que tu te sentes un peu concerné, mon petit bonhomme, ma petite dame, que tu te dises que peut-être, ce n’est qu’un peut-être, mais que c’est peut-être toi qu’on va se faire. Peut-être qu’on est tout simplement en train d’attendre le bon moment pour te faire la peau. "

 

T-Bird adopte une narration décousue, faites d'anecdotes et de digressions. Il nous parle de sa situation présente, de sa volonté de s'offrir un vrai chez soi et de l'obligation de dormir dans son camion afin de gagner de quoi payer une caution pour un logement, et de fait, de cette odeur de merde qui lui colle à la peau.

Il évoque son enfance où dejà il ramassait des merdes de chien, tondait des pelouses pour quelques sous ; la violence qui fait feu dans son quartier opposant noirs, blancs, mexicains ; les soirées passées au bistrot où tous les déclassés se retrouvent mégotant sans fin sur les femmes qui les ont fait souffrir ; les femmes justement qui se marient pour une situation et divorcent bien vite emportant dignité et enfants dans leurs bagages ; la trompette et les boeufs de musique qui servent d'échappatoire, etc...

T-Bird nous raconte son Oakland donc, fait de désespoir, de misère humaine et sociale. Sa langue, à l'image de sa ville, est écorchée, vulgaire et parfois même provocatrice.

Le lecteur découvre à travers ses mots un quartier délaissé, abandonné aux ordures empilées aux portes de la ville et aux alcooliques qui noient leur chagrin amoureux.


C'est une véritable galerie de personnages haut en couleurs qui se dessine. Les femmes auront le plus souvent le mauvais rôle ici, soit putains, soit destructrices de foyer déjà bancals. Mais les hommes, trimant inutilement pour sauvegarder un semblant de dignité, trouvent dans une fraternité le soutien qui leur permet de survivre. Car ce roman aussi noir soit-il contient une chaleur insoupçonnée selon moi. T-Bird déteste sa ville, voudrait à tout prix s'en échapper mais quelque chose le retient malgré tout. Chacun se construit ses propres plans d'avenir, condamnés avant même d'être lancés. Et pourtant, dans ce cloaque, ces hommes sont là les uns pour les autres. Il y a l'ancien militaire, obsédé de techniques guerrières et d'espionnage qui offre à chacun mari éploré ses services pour punir l'ancienne amoureuse. Il y a Louis, dans son bar du Dick, qui offre réconfort à coup de verres gratuits. Il y a les copains qui ne savent pas rester impuissant face à la folie qui prend peu à peu l'un des leurs et tentent de le sauver. Il y a cette camaraderie inhérente à ceux qui connaissent les mêmes galères. On découvrira la formidable action collective qui prendra tout un quartier afin de punir celui qui croyait pouvoir arnaquer un T-Bird enfant.

 

Bienvenue-a-Oakland-02.jpgManifestation des indignés d'Oakland, octobre 2011


 

Bienvenue à Oakland est bien évidemment un roman noir, très noir même.

Le malheur, la désillusion sont le quotidien de ces hommes-là, victimes d'un rêve américain en capilotade, d'une société illusoire où l'ascenseur social n'est là que pour les plus riches finalement. Une société qui préfère ignorer la pauvreté des siens et se voile la face bien opportunément au mépris de ceux qui font le sale boulot, comme celui de ramasser leurs déchets. Des hommes qui doivent se contenter des miettes qu'on veut bien leur accorder donc.

Pourtant, il faut savoir déceler ces petites touches de lumière et même d'humour qui se glissent dans les interstices d'une narration tourmentée à l'image de son narrateur : cette amitié qui les tient les uns les autres, cette volonté commune de s'en sortir et de s'échapper.


Loin d'être un roman excessivement plombant, j'ai trouvé que Bienvenue à Oakland s'avérait finalement assez surprenant. Vulgairement, le lecteur bouffe de la merde mais pas que. A travers une crudité de langage faite d'insultes et de chienneries que certains trouveront excessive, on peut déceler une écriture très réaliste mais travaillée même si sans grande fioriture stylistique. T-Bird se pose malgré tout en écrivain.

 

" Ce dont on a besoin, c’est d’une littérature imparfaite, d’une littérature qui ne tente pas de donner de l’ordre au chaos de l’existence, mais qui, au lieu de cela, essaie de représenter ce chaos en se servant du chaos, une littérature qui hurle à l’anarchie, apporte de l’anarchie, qui encourage, nourrit et révèle la folie qu’est véritablement l’existence quand nos parents ne nous ont pas légué de compte épargne, quand on n’a pas d’assurance retraite, quand les jugements de divorce rétament le pauvre couillon qui n’avait pas de quoi se payer une bonne équipe d’avocats, une littérature qui dévoile la vie de ceux qui se font écrabouiller et détruire, ceux qui sont vraiment désespérés et, par conséquent, vraiment vivants, en harmonie avec le monde, les nerfs à vif et à deux doigts de péter un câble, comme ces transformateurs électriques sur lesquels on pisse dans la nuit noir d’Oakland. La prose de John Steinbeck n’est peut-être pas la plus élaborée du monde, mais au moins Steinbeck avait quelque chose d’important à dire. "

 

Il est loin d'être bête et fait même preuve d'une certaine culture musicale et littéraire.

 

" Personne ne savait que je lisais tous ces bouquins. C'est pas le genre de truc qui s'avoue, dans mon quartier. Si tu racontes qu'au lieu de mater le match des Raiders ou de picoler de la bière tu lis des bouquins, merde, tout le monde va penser que t'es une tarlouze, plus personne ne t'adressera plus jamais la parole et, ce qui est clair, c'est que plus personne ne te fera plus jamais confiance, pas avec cette tête remplie de gentilles petites conneries artistiques de coco, cette tête dans les nuages qui regarde tout le monde de haut. Si tu lis des bouquins, eh ben, tu le gardes pour toi. "

 

Mais finalement, malgré les galères, la misère, le désespoir dont son existence est faite, le narrateur reste d'une certaine manière libre : libre de hair le monde et de l'envoyer chier, libre de ne rien avoir à perdre, libre d'être heureux de son existence merdique mais aussi libre de vouloir être heureux comme eux. Une ambivalence étonnante mais qui souligne simplement le pouvoir de la vie.

 

 

" Autour de moi, tout n'est que misère, dénuement, rage et crasse. Tout, sauf mon âme. Bizarement, ça ne m'a pas touché, en tout cas pas assez pour remettre en question ma foi et mon optimisme inaltérables. Quelque part, je sais que l'humanité n'est pas aussi immonde que celle dont j'ai pu faire l'expérience. Je sais que le pus, la gangrène et les marécages ne sont pas la condition naturelle du cœur de l'homme, mais les fruits de la désillusion, que les déchirements cannibales sont la conséquence, non la cause, la réaction désespérée de cœurs dépouillés, dévorés, mais battant toujours. "

 

" Y a rien de plus beau que la volonté de vivre lorsqu’on baigne dans le désespoir absolu. L’espoir c’est pour les connards. Il n’y a que les grandes âmes pour comprendre la beauté du désespoir."

 

"(…) il y a peut-être au fond, en moi, un truc qui tourne vraiment rond, un truc pur et transcendantal fait pour voir et pour ressentir la douleur du monde, pour ingurgiter et digérer cette horreur brute, et la transformer en une chose belle et cristalline, comme si je pouvais réduire des ordures en sublimes pierres précieuses."

 

Ce roman est un petit coup de coeur, assurément ! Que dire de plus !

 

" Ce livre ne raconte pas comment j'ai surmonté l'adversité ou lutté contre mon environnement, parce que j'aime et que j'ai toujours aimé mon milieu – sauf la fois où j'ai fait le snob en épousant une fille des quartiers résidentiels. Ce livre parlent des gens qui travaillent pour gagner leur vie, les gens qui se salissent et ne seront jamais propres, […]. Pour toi, ce sont des personnages, pour moi c'est la famille, ceux avec qui j'ai grandi."

 

 

 

D'autres avis :

Nanne - Jérome - Catherine - Béné - La ruelle Bleue - L'accoudoir -

et Ys qui n'a pas aimé.  

 


 Titre : Bienvenue à Oakland

Auteur : Eric Miles Williamson

Editeur : Fayard

Parution : Août 2011

    414 pages 

Prix : 22€


 

1% littéraire 2011

 

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 20:36

Choco Shoot 01

C'est avec un petit peu de retard que je vous annonce le nouveau thème de notre concours photo.

Pour ce mois de Novembre, le thème est :

 

Les animaux

 

Les vrais, les faux, les domestiques, les sauvages, ...

A vous de trouver la bestiole de votre coeur !

 

Vous avez jusqu'au 30 novembre pour m'envoyer votre photo

à cette adresse : grenierdechoco@gmail.com

 

Je vous rappelle que les photos doivent être faites dans le mois en cours et ne doivent pas avoir été publiées sur votre blog.

Vous pouvez faire des retouches et donner un titre à votre cliché.

 

Pour les modalités de participation, c'est ici !

 


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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 07:00

 

 

ateliers sncf 01

 

Anciens ateliers SNCF - Arles, été 2011

 

 

 

Les dimanches en photos sont aussi chez : 

 Liyah, Tiphanie, Choupynette, Fleur, Liliba, SeriaLecteur, Margotte, Estellecalim.

 

 

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 15:20

 Dans le cadre des 50 ans d'Amnesty International, un ouvrage a été publié retrançant les grands combats de ces dernières années. Alliant photos emblématiques et textes explicatifs, il met en lumière les atteintes aux droits humains, passées et présentes.

 

Arles a soutenu l'initiative en offrant un large espace à l'association en présentant en grand format l'intégralité des photos de cet ouvrage, accompagnées de leurs textes éclairants.

Je vous en présente quelques unes et vous encourage vivement à vous procurer ce petit livre (détails en fin d'article)

Une des expositions qui m'a le plus marquée !

 

(cliquez sur les photos pour agrandir)

 

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 La catastrophe nucléaire de Tchernobyl

 

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Manifestations de la place Tian'anmen

 

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 Les bidonvilles du Caire

 

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 Les enfants-soldats

 

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Les jeunes travailleuses de l'industrie textile en Chine

 

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Mines anti-personnelles

 

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 Mineurs en prison

 

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L'esclavage des enfants

 

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 Les réfugiés de Rafah

 

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 La première guerre de Tchétchénie

 

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Et certainement, la terrible photo de Mary Ellen Mark qui me restera le plus ancré dans la mémoire...

(lire la petite histoire...)

 

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 Les exclus aux Etats-Unis

 

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Ces photos ne sont donc qu'un faible aperçu de l'ouvrage en question. Vous l'aurez compris, ce sont des images fortes, parfois extrêmement dures qui soulignent avec beaucoup d'esthétisme ces nombreux drames.

Un livre indispensable selon moi, sans compter qu'il est à petit prix !

 

amnesty 03

 

 


 Titre : Droit de regards

Auteur : Amnesty International /divers photographes

Editeur : Actes Sud, Photo poche

Parution : Juillet 2011

    144 pages 

Prix : 12,80€


 

 

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 23:30

le-serpent-d-hippocrate 01

Alain Mangeon est médecin. Mais aujourd'hui, c'est devant un jury qu'il se présente. Que s'est-il donc passé ?

Dans le cadre de ses consultations, Alain a fait la connaissance d'Isabelle qui lui fait part de ses angoisses et de ses coups de déprime. Son mari Paul est militaire et est souvent absent lors de ses missions dans le golfe. Peu à peu, au fil de ses visites, Isabelle se confie de plus en plus à Alain et lui parle de violence conjuguale dont elle est victime. Alain devient rapidement son amant et tente de soutenir la jeune femme dont il est très amoureux. Hélas, parfois l'amour rend aveugle...

 

Impossible d'en dire plus sur cet album qui mènera en bateau le lecteur et certain de ses personnages sans révéler le fin mot de l'histoire.

S'inspirant d'une histoire vraie, Fred Pontarolo a construit une intrigue qui couvre les 8 années que le couple interdit vivra ensemble.

Isabelle semble psychologiquement cassée, souffrant en silence des horreurs que lui inflige son mari. Alain, lui, est terriblement touché par sa détresse et délaisse peu à peu sa propre famille. Pourtant, on sent comme un certain malaise. En tant que médecin, Alain semble avoir une position assez statique devant ces violences. Malgré le secret professionnel, on s'attendrait à ce que son implication soit plus forte, qu'il tente de convaincre Isabelle de fuir son mari, de réagir. Son soutien restera moral et les années passant, les faits s'aggravent. 

 

Contre toute attente, il sera question dans Le serpent d'Hippocrate, de manipulation et de maladie mentale. Ce n'est que dans les toutes pages que le voile se lèvera sur une suprenante révélation. Chapitré en plusieurs parties, l'histoire trace les grandes lignes de la relation entretenue entre Alain et Isabelle. Malgré les grosses ellipses temporelles, le ton de leur relation est clairement palpable. Alain est très amoureux. Isabelle, soumise et impuissante devant son mari. On ne peut que se révolter devant la description des sévices racontés par Isabelle. Mais les choses sont bien plus complexes et les apparences parfois trompeuses.

L'auteur réussit avec succès à décortiquer tout la psychologie des personnages et de la relation qui les tient. Fait de petits détails anodins, cette histoire garde en son sein une révélation percutante qui associera notre surprise à celle de l'un des personnages. La tension s'accentue crescendo et le drame est attendu.

Après le coup de théâtre final, on pourra néanmoins regretter l'absence de quelques pages supplémentaires permettant d'affiner un peu plus les raisons de tout ceci.   

 

Visuellement, c'est un très beau dessin qui nous est offert ici. Le trait est fin, les visages anguleux et les couleurs, particulièrement réussies, restent dans des teintes douces ou passées tout en plongeant parfois dans des épisodes plus sombres, plus tourmentés. On notera aussi la présence de dessins enfantins réalisés par Dorothée Jost. Pour certaines planches, Pontarolo utilise même de très beau lavis qui donne beaucoup de profondeur.

 

Un album réussi donc qui ne pourra qu'impressionner par le retournement et la manipulation dont l'auteur fait habilement preuve à l'égard de ses lecteurs... et de ses personnages !

  

 

D'autres avis :

Mo'

 

Liens :

Blog de l'auteur

Preview

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le-serpent-d-hippocrate-05.jpg

 


 Titre : Le serpent d'Hippocrate

Auteur : Fred Pontarolo

Editeur : Futuropolis

Parution : Mars 2011

    56 pages 

Prix : 15€


 

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 15:37

Histoire de France en BD tome 1 01

Le concours est désormais terminé !

Vous avez été 25 à participer.

Le tirage au sort a été effectué à l'aide du logiciel "Hasard"

 

et le nom qui est sorti est celui de....

 

Kactuss !

qui est prié de m'envoyer ses coordonnées !

 

 

Merci à tous d'avoir participé !

D'autres blogs organisent un concours, n'hésitez pas à tenter votre chance chez eux !

(chez George ou Hérisson)

 

 

tirage-les-nuls.jpg

 

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 07:00

cahiers-ukrainiens 01

 Comme l'annonce la couverture, cet album n'est pas une fiction mais un récit-témoignage. Nous avons entre les mains le résultat de 2 ans de voyage en Ukraine (en 2008-2009) que l'auteur s'applique à nous faire connaître à travers ses habitants et son histoire.

Après une douzaine de pages posant les bases d'un pays en plein marasme depuis la domination russe, Igort rentre ensuite au coeur de l'histoire Ukrainienne en rapportant et illustrant les propos de quelques habitants qui lui ont confiés leur vie.

On découvre alors avec stupéfaction le drame humain qui s'est joué depuis les années 30 et les conditions difficiles de vie, de survie même pourrait-on dire.

 

En 1932, Staline lance une opération de "dékoulakisation". Les koulaks sont des propriétaires terriens qui refusent la collectivisation. Il s'agit alors de réquisitionner toutes les réserves de céréales des paysans et par là même d'annihiler toute tentative d'indépendance du pays. Outre la terrible famine qui s'en suit, une vaste déportation dans les goulags est organisée. La population meurt littéralement de faim au point de se pervertir en mangeant chiens, chevaux et... cadavres humains. Les corps sont déterrés, les enfants abandonnés.

La conséquence de cette opération : la population passe de 5 600 000 à 149 000 personnes...

Un crime contre l'humanité dont on discute encore aujourd'hui de sa reconnaissance. Seuls 24 pays l'ont reconnu comme génocide, et la France n'en fait pas partie.

 

Vous l'aurez compris, c'est un témoignage extrêmement fort que nous livre ici Igort. Alternant les témoignages d'habitants avec des chapitres historiques qui nous détaillent avec beaucoup d'habileté la réalité de l'époque, il nous sert le portrait inhabituel d'un pays dont on ne sait finalement que peu de choses.

Chaque habitant a vu sa vie brisée d'une manière ou d'une autre par la famine, la pauvreté ou la maladie. Et leurs conditions de vie actuelles ne se sont pas vraiment améliorées. Seraphina, 80 ans, évoque l'horreur de la famine. Nicolaï, 78 ans, raconte son enfance cahotique, l'invasion allemande, ses drames sentimentaux et surtout une terrible maladie qui le laisse à moitié paralysé et rampant comme un chien pour essayer de survivre malgré sa solitude. Maria à 83 ans explique son parcours qui la mène aujourd'hui à gagner quelques kopeks en proposant aux passants de se peser sur sa balance.

L'Ukraine, après avoir été le grenier de l'Europe, est aujourd'hui un pays qui peine à se redresser malgré l'indépendance obtenue en 1991. Chômage, hausse des prix, la population peine à s'en sortir et l'ombre communiste continue toujours de peser sur le pays.

 

Igort traduit excellement son expérience dans un dessin et une mise en page audacieuse. Prenant quelque peu l'apparence d'un carnet de voyage, l'album alterne entre une narration plus classique dans des planches colorées de 5-6 cases et des pages plus libres où texte et illustration se mélangent dans un noir et blanc plus affirmé. Cette opposition reflète bien les différentes narrations. Les témoignages d'ukrainiens s'illustrent de manière plus "académique" dans des tons sépias et éteints tandis que le récit historique apporté par Igort se teinte d'un noir plus agressif qui traduit bien la violence des faits de l'époque.

 

Les cahiers ukrainiens d'Igort est vraiment une lecture forte qui ne pourra laisser aucun lecteur indifférent. Mélangeant habilement histoire et témoignage, l'auteur réussit à dresser le portrait d'un pays peu médiatisé et dont l'histoire dramatique reste à ce jour encore peu connu du grand public. C'est vraiment un album de grande qualité que l'auteur et l'éditeur ont su mettre en valeur avec une belle présentation, un beau papier qui soulignent toute la richesse graphique de son dessinateur.

 

 

D'autres avis :

Mo' - Joelle - Catherine - Théoma - Leiloona -

 

Liens :

Le site de l'auteur (en italien)

 

 

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 Titre : Les cahiers ukrainiens

Auteur : Igort

Editeur : Futuropolis

Parution : Juin 2010

    176 pages 

Prix : 22€


 

bd du mercredi

 

challenge récit de voyage

 

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 07:00

Choco Shoot 01

 

ChocoShoot 6 :

A table !

 

Alors que je pensais réellement devoir annuler le concours,

vous avez été finalement 11 à participer.

Je remercie particulièrement les 6 participants des 2 derniers jours :)

 

On reste loin du taux de participation des premiers thèmes malgré tout.

Peut-être que vous vous lassez, peut-être que les thèmes sont mal choisis, peut-être que le timing tombe mal pour vous.

En tout cas, si vous avez des suggestions, des améliorations à proposer, n'hésitez pas !

 

Trêve de blabla !

Vous pouvez voter pour votre préférée jusqu'au Mardi 8 Novembre, minuit.

Par mail : grenierdechoco@gmail.com

ou à l'aide du tableau situé sous les photos.

 

C'est à vous !

 

N'oubliez pas de cliquer sur chaque photo pour les agrandir !

 

 

 

Photo 1 : On dirait le sud

ChocoShoot A table 01 - On dirait le Sud

 

Photo 2 :

ChocoShoot A table 02

 

Photo 3 :

ChocoShoot A table 03

 

Photo 4 : Lentilles échouées

ChocoShoot A table 04 - lentilles échouées

 

Photo 5 :

ChocoShoot A table 05

 

Photo 6 :

ChocoShoot A table 06

 

Photo 7 : Quenelles maison

ChocoShoot A table 07 - quenelles maison

 

Photo 8 : Ephémère ChocoShoot-A-table-08---Ephemere.jpg

 

 

Photo 9 :

ChocoShoot A table 09

 

Photo 10 :

ChocoShoot A table 10

 

Photo 11 :

ChocoShoot A table 11

 

 

 

 

 


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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 07:00

blueberry-t1-01.JPGTome 1 : Fort Navajo

 

Le lieutenant Craig vient d'être affecté à Fort Navajo. Sur sa route, il croise le lieutenant Blueberry qui se dirige également au même endroit. Si Craig parait bien sous tout rapport, respecteux des règles et féru de politesse, Blueberry, au contraire, est précédé d'une sale réputation. Amateur de whisky et joueur impénitent de poker, Blueberry est une tête brûlée qui aime s'affranchir des ordres à l'occasion.

Nous sommes en 1860, après la guerre de sécession, dans l'ouest américain et les indiens apaches viennent de faire la paix avec les blancs. Mais il suffit d'un massacre d'une famille de ranchers et la disparition de leur enfant pour attiser les tensions. Le commandant de Fort Navajo, homme modéré et réfléchi se bat avec la maladie et c'est malheureusement son major Bascom qui va le remplacer à la tête du fort.

Alors que Bascom, qui voue une véritable haine envers les indiens, se prépare à une chasse aux rouges, Craig et Blueberry enquêtent sur ces meurtres qui semblent avoir été perpétrés par des mexicains de la frontière et tentent d'éviter une véritable montée de violence de la part des indiens.

 

blueberry-t2-01.jpgTome 2 : Tonnerre à l'ouest

 

Bascom, le commandant raciste de Fort Navajo a profité d'une rencontre pacifique avec les indiens pour mieux les trahir et les emprisonner. Le chef Cochise réussit à s'enfuir et conduit une véritable attaque contre Fort Navajo. Alors que le commandant Tucson se meurt d'une morsure de serpent et que Bascom attise la guerre avec les indiens, Blueberry décide d'aller chercher un remède à Tucson. Il utilise la ruse afin de déjouer l'attention des indiens qui ne manquent pas de le poursuivre. Après avoir échappé de justesse à divers périls, aidé de Crowe, un lieutenant métis indien, il décide de partir à la recherche de Stanton, le jeune garçon disparu afin de calmer la tension entre les 2 camps.

 

 


 

 

blueberry-t3-01.jpgTome 3 : L'aigle solitaire :

 

Blueberry a réussit à arracher le jeune Stanton des mains des indiens mexicains. Croisant sur sa route une compagnie de soldats qui les conduit à Fort Quitman, Blueberry découvre que leur commandant a décidé de lever une armée contre les apaches. Bien décidé à l'arrêter, Blueberry se charge de le rejoindre en prenant la tête d'un convoi de munitions qui leur est destiné et va devoir affronter de nombreux périls sur leur route.  Dirigés par Quanah, dit Aigle solitaire, ils vont être trompé par leur guide.

 

 

 

 

 

 

blueberry-t4-01.jpegTome 4 : Le cavalier perdu :

 

Le convoi a réussi à atteindre Camp Bowie et Blueberry obtient une entrevue avec le commandant Crook qu'il réussit à convaincre de mettre fin à la guerre. Craig s' est porté volontaire pour délivrer un message de paix au président. Alors que son retour se fait attendre, Blueberry part à sa recherche. Mais Quanah qui a espionné leur conversation a capturé Craig. Blueberry réussit à libérer son ami et tente par la suite de retrouver Crowe le métis pour que ce dernier l'aide à négocier la paix avec le chef Cochise. Accompagné de MacClure, il part pour de nombreuses péripéties à travers la sierra et le Nouveau Mexique.

 

 

 

 

 

blueberry-t5-01.jpgTome 5 : La piste des navajos :

 

Blueberry, toujours accompagné de MacClure et Cowe, est toujours à la recherche du campement des apaches. Lorsqu'ils les retrouvent, ils découvrent que ces derniers attendent une cargaison d'armes des mexicains. Bien décidé à empêcher cette livraison qui nuierait à toute possibilité de paix entre les indiens et les blancs, Blueberry se lance à la poursuite des trafiquants mexicains dont il espère bien faire exploser leur cahche secrète.

 

 

 

 

 

 

 

Tout le monde connaît Blueberry, au moins de nom, et les 5 albums ci-dessus constituent le premier cycle de cette série en plein devenir à l'époque.

Comme vous pouvez le constater, je viens à cette série mythique sur un tard. J'ai plutôt découvert la BD en tant qu'adulte, il y a de ça une petite dizaine d'années et j'ai débuté mon apprentissage par les mangas puis par des albums atypiques (one-shot, éditions indépendantes...) avant de toucher aux plus grandes séries. Ce qui fait que les grandes séries de référence comme Blueberry, XIII, Largo winch me sont tout à fait étrangères. Il y a quelque temps, j'ai donc eu envie de me pencher sur mes lacunes.

Si je vous raconte tout ça, c'est qu'il m'est très difficile de juger aujourd'hui Blueberry avec l'oeil du lecteur de l'époque.

 

Blueberry est donc LA série d'aventures dans le Far-West, initié par Giraud et Charlier.

On y suit les aventures du fameux Blueberry, lieutenant fort en gueule mais toujours prêt à défendre la veuve et l'orphelin au péril de sa vie s'il le faut. Un homme donc qui n'hésite pas à désobéir et à partir seul lutter contre l'injustice ou les méchants, et qui tente à tout prix de ramener la paix dans son pays.

Car en effet, l'Histoire a ici tout son importance. Nous sommes juste après la guerre de sécession et les tensions entre indiens et blancs sont plus que latentes. Bref, il s'agit bien d'une histoire de cow-boys et d'indiens dans ses grandes largeurs.


Dans ces 5 premiers tomes, Blueberry rebondit d'aventures en aventures. Il s'agit vraiment d'un héros tout ce qu'il y a de plus classique. Il vient à bout de toutes les attaques lancées contre lui et réussit à se sortir de toutes les situations meme les plus extrêmes grace à son imagination, ses pièges ou l'intervention d'autres personnages qui tombent toujours à point nommé.

Autour de Blueberry, se bousculent toute une série de personnages, faire valoir du héros ou pivot de la narration, qui enrichissent l'histoire. En pleine guerres indiennes, nous découvrons des soldats racistes, des commandants qui cherchent à les exterminer à tout prix, des indiens violents et vengeurs qui s'accompagnent parfois de grands chefs plein de sagesse, des petites gens qui tentent de survivre au milieu de tout ça. Les insultes fusent et tout le monde semble vouloir faire couler le sang de l'ennemi.

Blueberry cherche de son coté à faire la jonction entre ces peuples ennemis et y réussit avec plus ou moins de succès. Homme bon et éclairé par excellence, il n'hésite pourtant pas à blesser ou tuer les indiens, les mexicains qui le pourchassent. Et de fait, si les blancs ont leur brebis noires, il est notable de voir que les indiens ont malgré tout le mauvais rôle ici.

Néanmoins, le scénario extrêmement dense tient tout à fait la route. Il prend place dans un contexte historique marqué qui reprend certains faits réels des guerres indiennes. Ne connaissant pas très bien cette période de l'histoire américaine, ça m'a étonnament permis d'y voir un  peu plus clair.

On notera bien évidemment les nombreux concours de circonstances ou coincidences qui permettent bien utilement à faire avancer le récit. On soulignera aussi que parfois le récit traîne un peu en longueur et que l'on fait durer le plaisir sur plusieurs tomes.

 

Du côté de dessin de Giraud, au risque de me faire lyncher, je dois bien dire qu'il m'a tout de même semblé un peu daté... ça n'est que le début de la série et les personnages sont encore assez caricaturaux. Blueberry a d'ailleurs pour modèle un Belmondo de fraîche jeunesse et peine à s'en démarquer. Le trait est classique, les couleurs ne sont franchement pas formidables avec des tons très francs, assez primaires. Et les phylactères envahissent une bonne partie des cases, l'époque étant encore à une narration très bavarde dont les informations passent souvent de manière un peu artificielle dans les dialogues. Certains voient une évolution positive du dessinateur à travers ces 5 albums que, pour ma part, je ne suis pas capable d'observer.

 

Vous l'aurez compris, affranchie de toute nostalgie et de tout culte, je n'ai pas eu de coup de coeur pour ce début de série. Si je pointe certains défauts à l'aune de mon regard d'aujourd'hui, il reste pourtant difficile de critiquer cette série majeure. Car Blueberry, malgré son petit côté un peu vintage, reste une histoire fichtrement intéressante à lire. Un vrai récit d'aventure comme on en fait encore rarement qui embarque le lecteur dans les péripéties de notre lieutenant tout en donnant à son histoire un contexte historique enrichissant.

 

 

 

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Titre : Blueberry

Tome 1 : Fort Navajo

Tome 2 : Tonnerre à l'ouest

Tome 3 : aigle solitaire

Tome 4 :Le cavalier perdu

Tome 5 : La piste des navajos


Scénariste : Jean-Michel Charlier

Dessinateur : Jean Giraud

Editeur : Dargaud

Parution, 1ères éditions : 1965 / 1966 / 1967 / 1968 / 1969

   46 pages 

Prix : 11,55€




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Published by Choco - dans Bande dessinée
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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 07:00

 

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Thiers - été 2011

 

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