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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 11:11

 

Usine abandonnée du Creux de l'Enfer

Thiers - Juillet 2011

 

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Les dimanches en photos sont aussi chez : 

 Liyah, Tiphanie, Choupynette, Fleur, Liliba, Sandrine, SeriaLecteur, Margotte, Estellecalim.

 

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 19:15

 

Comme annoncé, voici le premier billet du samedi qui sera consacré aux

Rencontres photos d'Arles 2011

 

Comme l'année dernière, je vais essayer de vous présenter les différentes expositions que l'on pouvait voir.

Je vais commencer par celle de Michel Bouvet

qui présente les différentes affiches du festival au cours des ans.

 

 Vous l'aurez constaté, il s'agit toujours d'un légume ou d'un animal !

 

bouvet-01.jpg(Cliquer sur les photos pour agrandir)

 

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 07:00

berceuse-pour-un-pendu-01.jpgVoilà un étonnant roman qui m'est bien difficile de présenter !

Nous sommes en Islande et nous allons suivre 3 curieux huluberlus qui se sont trouvés en amitié. Le narrateur, immigré polonais, est un poète qui s'invente toute sorte de métier pour survivre, comme celui de mime dans une ville qui n'en a jamais connu ! Il y a Boro, un croate, peintre de son état et homme excentrique qui joue de l'harmonica à une orque apprivoisée ! Enfin, on découvre Szymon, un autre polonais, violoniste de haut vol mais aussi souffrant d'une bipolarité qui le rend parfois fou.

 

Les 3 amis se retrouvent régulièrement pour des expéditions atypiques et rocambolesques quelque peu improbables. Le narrateur se déguise en clown et finit par devenir mime. Ou alors, il improvise une peinture pour mieux la fourguer à un prix luxueux dans un café. Il tente de vendre des poèmes dans une armoire sous le nom de Hugo de Hugo.

Boro a la phobie du vert et se change en pelouse.

Szymon n'est pas en reste lui qui part se baigner... dans un champ de lupins bleus, semblable à un océan.

 

[...] Nous nous sommes retrouvés sur un plateau jonché de lupins, des kilomètres de toutes les nuances de bleu possibles et imaginables. [...] Nous sommes sortis. Je me suis appuyé au capot, me délectant de l'extraordinaire spectacle, et Szymon a pris dans la voiture son maillot de bain et sa serviette qu'il a étendue par terre comme le font les baigneurs à la plage de Miedzyzdroje. Il s'est complètement déshabillé et a enfilé son maillot de bain bleu, a sorti son archet, son violon, l'a accordé et a demandé : “Tu ne te baignes pas, n'est-ce pas ?” et avec son violon il est entré dans le champ de lupins. Il est allé de l'avant , lentement, tenant son instrument au-dessus de sa tête, comme s'il ne voulait pas le mouiller, comme s'il barbotait dans les vagues. [...] Il s'est immobilisé, j'ai entendu une douce musique en provenance du champ. C'était un air serein et mélodieux, en parfaite harmonie avec le lieu. [...] Le vent s'est levé. La mélodie s'est mêlée à son souffle. Un orchestre philharmonique au coeur de la mer, oui, au coeur de la mer, car à cet instant seulement j'ai compris que nous étions vraiment au bord de la mer, que c'étaient des vagues marines, que c'était un vent marin, que tout n'était que musique, et qu'au loin l'homme se baignait, se baignait dans les vagues et dans la musique.

 

berceuse-pour-un-pendu-02.jpgChamp de lupins bleus islandais


Nos trois compères vont trainer à Rekjavik et dans les environs. Ils iront faire peur à des voleurs de groseilles pour mieux se repaître de leur butin. Ils repeindront en vert et rose la statute d'un poète local. Ils se font des virées à Ikée... pour le restaurant et ses hot-dogs ! etc...

 

Vous l'aurez compris, c'est un texte fort atypique dont il s'agit ici, oscillant entre absurde et poésie. Ce roman est en réalité d'inspiration autobiographique. Klimko retrace d'une certaine manière son exil dans l'ile islandaise et évoque tout particulièrement son amitié avec Szymon Kuran, un vrai violoncelliste célèbre, atteint de bipolarité et qui s'est suicidé en 2005 dans sa folie.

 

“Hubert, promets-moi  d'écrire quelque chose après ma mort. Sur nous, notre amitié, l'amour ... Tu le mettras à ta sauce, tu donneras des couleurs à tout ça. Dis, tu le feras ? Promets-le-moi !” J'ai promis."


Et de fait, Berceuse pour un pendu est une sorte d'hommage à Szymon mais aussi à Boro, hommes à la fois burlesques et désespérés que l'exil ou la maladie fait souffrir.

En dehors de cette ode à l'amitié, le roman se révèle être également une réflexion sur le statut de l'exilé comme sur celui de l'artiste incompris. Les 3 amis sont des immigrés et peinent à trouver leur place. Déracinés, leur seul point d'ancrage est le trio qu'ils forment et les aventures loufoques qu'ils vivent. Leur statut d'artiste leur permet toutes les excentricités mais il n'en rste pas moins qu'ils demeureront anonymes, pauvres et incompris. Seul le narrateur trouvera sa voie en rencontrant la femme de ses rêves. Cela signifie-t'il que seul l'amour peur sauver ? La question est posée !

 

Je dois dire que ce roman m'a totalement déstabilisé ! Je ne suis pas vraiment adepte de l'absurde et je dois dire que j'ai eu des difficultés à rentrer dans le petit monde hors-norme des 3 personnages. POurtant, peu à peu, le lecteur se laisse embarquer sans plus chercher à comprendre et découvre un univers où les fous sont en liberté, où la désespérance fait loi tout en étant nuancé par l'ironie et l'humour présent dans diverses situations.

 

[...] ces islandais qui n'ont pas la moindre notion de l'art car, toujours selon Boro, en cinquante ans, on ne peut pas passer, d'un coup, de la cabane aux salons, du viol des brebis au sexe raffiné avec la princesse.

 

Un auteur surprenant à découvrir donc !

 

Extrait :

 

" L’homme qui ressemblait à Korczak, Maximilien Kolbe et Gandhi et portait des lunettes susceptibles, par beau temps, de mettre le feu à un champ de blé ou à une grange s’est présenté. Je suis Szymon Kuran. Enchanté, ai-je répondu. Non, c’est moi qui suis enchanté, a-t-il rétorqué, toi, tu as seulement l’impression de l’être. Il devait avoir raison, il était sans doute enchanté, alors que moi je ne faisais qu’exprimer une impression par une formule toute faite. C’est ce qu’on appelle la bonne éducation. Un mélange d’interdits et d’accommodements climatiques. Szymon mangeait son hot-dog, j’ai voulu lui poser une question, mais Boro s’est interposé. Alors, cette histoire de graviers, a-t-il zézayé. Ce n’est pas bien compliqué, ai-je répondu. Il faut que tu fasses comme les poules ou les autruches, elles n’ont pas de dents non plus, et pour bien digérer elles avalent de tout petits cailloux qui broient les aliments à la place des dents. Abasourdi par le raccourci intellectuel et cette histoire sans queue ni tête, Szymon a écouté mon bref exposé gastrologique, a posé l’emballage de son hot-dog sur la table et s’est mis à rire doucement. Boro et moi poursuivions une conversation entamée le mois précédent à propos de l’achat d’un dentier ou d’un petit sac de graviers. Voyant la réaction de Szymon, Boro a conclu sa phrase comme de coutume. À l’anglaise et laconiquement. « Fuck you », a-t-il dit, puis il a enfourné le reste de son hot-dog en fanfaronnant. Comme il avait du mal à avaler l’énorme bouchée, il a bu quelques gorgées de flotte rapportée des toilettes dans un gobelet en carton et a répété : « Fuck you. »"

 

A noter :

Le nouveau roman d' Hubert Klimko sort au mois de Septembre 2011 : Les toutes premières choses.

Le coeur brisé par une beauté cruelle, le jeune Hubert quitte son pays natal. Prêt à dévorer le monde, il commence par faire du stop, plumer des volailles et cueillir des fraises tout en rêvant à la belle Ulla.
Visitant l'Europe et son propre passé, le jeune vagabond croisera les destinées rocambolesques d'un Japonais fleur bleue diseur de bonne aventure, d'un oncle fanatique de la gelée de framboise, d'un pommier magique et d'un psychothérapeute qui joue à l'hirondelle. Des rencontres aussi belles qu'insolites qui le conduiront à entreprendre une tout autre odyssée, celle de l'écriture.

 

D'autres avis :

Bluegrey -

 

Liens :

Interview de l'auteur


 

Berceuse pour un pendu

Hubert Klimko

Editeur : Belfond

Septembre 2010 - 156 pages - 16€

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 07:00

elle-ne-pleure-pas-elle-chante-01.jpgLaura est réveillée un matin par un coup de fil qui lui annonce que son père est dans le coma. C'est le choc. Mais pas celui attendu car Laura, elle, est heureuse... L'homme dont elle a si souvent souhaité la mort, git désormais inconscient à sa merci. La jeune femme se rend à la demeure familiale, soutient sa mère effondrée et retrouve toute la famille unie autour de ce drame. Elle se rend à l'hôpital avec le médecin de famille et une infirmière lui signale qu'il faut parler aux comateux qui se souviennent des paroles de leurs proches. L'impuissance de son père permet alors à Laura de se vider de tout ce qui lui pèse depuis de nombreuses années et de se libérer de l'emprise d'un père trop aimant.

 

Elle ne pleure pas, elle chante est un album adapté du roman éponyme d'Amélie Sarn où cette dernière évoque, disons-le crûment, l'inceste paternel. Un sujet difficile que Corbeyran et Murat ont réussi à illustrer sans pathos.

Tout le récit est vu du point de vue de Laura et en effet, c'est la voix de la victime qui est ici mis en valeur.

Les retrouvailles avec sa famille dont elle s'était éloignée sont lourdes de silences et de non-dits. Sa mère semble lui reprocher son indifférence ou sa froideur par un " ce n'était pas un monstre, tu sais" que le lecteur devine pas si loin de la vérité finalement...

La vision de son père, presque mort, à l'hôpital est un électrochoc pour Laura qui laisse enfin ses larmes couler et se remémore tout un passé difficile. L'impuissance et le silence de son père comateux est l'occasion pour la jeune femme de se délivrer du poids des actes paternels et d'exprimer sa haine pour ce père qui l'a souillé mais aussi de manière plus surprenante son amour.

Alors Laura raconte et le lecteur découvre les faits. Les propos sont à la fois pudiques et extrêmement forts. Elle raconte combien ce père lui a fait mal mais évoque aussi la sensation d'amour qui naît de ces échanges contre-natures. Une sensation dérangeante qui montre toute l'ambiguïté des rapports incestueux avec la conscience que cet acte est mauvais mais qu'il est aussi d'une certaine façon une marque d'amour.

Laura parle de la force dont elle a dû faire preuve pour continuer à avancer malgré tout dans la vie, du fait qu'elle ne s'est pas laissée complètement détruire et que désormais c'est elle la plus forte alors que lui, son père, gît inerte et inconscient sur un lit.

 

Vous l'aurez compris, cet album est d'une puissante intimité tout en ayant un caractère universel. Le propos est difficile et ne peut évidemment pas laisser indifférent. On découvre la portée de tels actes dans la vie d'un enfant, les répercutions à long terme et les difficultés de se construire. On partage la haine de la victime, sa révolte, les cris dont elle peine à se libérer.

Néanmoins, j'émets une certaine réserve par rapport à cet album. L'ambiguïté évoquée ci-dessus m'a fortement gênée. Même si je peux la concevoir, elle n'en est pas moins dérangeante pour un lecteur lambda qui n'a pas vécu lui-même ce type de drame. Le sous-entendu de Laura évoquant presque "l'affection" qu'elle éprouve pour ces gestes déplacés, symbole d'un amour bien trop débordant (mais amour tout de même) d'un père pour sa fille m'a franchement désarçonné...Même si je sais qu'on peut continuer d'aimer ses parents, malgré des actes répréhensibles qu'ils auraient commis contre vous, même si je sais que toute marque d'amour est mieux qu'indifférence, il m'a été difficile d'accepter qu'on puisse "apprécier" (mes termes sont mal choisis mais je n'en trouve pas d'autres...) ou les attendre d'une certaine manière. (attention, je ne dit pas que l'héroine aimait se faire violer par son père !)

La pirouette finale, innatendue, est d'une ironie désespérée. Mais la réaction de Laura m'a laissée aussi perplexe. Qu'en est-il du travail de deuil du passé ? Le père aurait-il finalement "gagné" contre sa fille qui pourtant nous a montré tout au long de cet album qu'elle avait enfin trouvé la force d'affronter son passé et qu'elle était enfin plus forte que lui ? J'avoue que je m'interroge encore quant au sens final...

Et qu'en est-il du reste de la famille ? La mère était-elle au courant des actes de son mari en les minimisant ou les ignoraient-elle sciemment ? Beaucoup de questions restent en suspens pour moi.

 

Au niveau du dessin, le trait est surprenant. Les contours sont épais, de grands aplats de couleurs forment les corps et les décors. Les personnages semblent se mouvoir dans un certain flou, synonyme peut-être de l'entre-deux (haine/amour - passé/ futur) dans lequel navigue la victime. Le découpage est classique mais renforce la mise à distance d'une histoire forte qui évite le pathos tout en étant juste et fine. Le dessinateur évite l'écueil de la représentation de l'inceste pour mieux se concentrer sur l'émotion et les sentiments de Laura.

 

Elle ne pleure pas, elle chante est un album indubitablement fort et un témoignage important sur ces violences faites aux enfants. Un récit poignant et dérangeant qui n'épargne pas le lecteur.


 

D'autres avis :

Mo' - Yaneck - David - Théoma - Noukette -

 

A noter :

Une adaptation cinématographique, qui me semble fort intéressante, a été réalisée et est sortie en juin 2011 en Belgique. A suivre pour une sortie française...

 

 

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Elle ne pleure pas, elle chante

Scénariste : Corbeyran, d'après Amélie Sarn

Dessinateur : Thierry Murat

Editions Delcourt, Mirages

Novembre 2004 - 101 pages - 14,95€


 

bd du mercredi

Chez Mango


 

palsechesChallenge PAL sèches chez Mo'


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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 23:59

 

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Jardin des plantes - Montpellier

 

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Les dimanches en photos sont aussi chez : 

 Liyah, Tiphanie, Choupynette, Fleur, Liliba, Sandrine, SeriaLecteur, Margotte, Estellecalim.

 


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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 07:00

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Née à New York et vivant à Paris depuis 1971, Jane Evelyn Atwood fait l'acquisition de son premier appareil photo en 1975 et commence à photographier un groupe de prostituées à Paris. C'est en partie la force de ces images qui lui valut d'obtenir la première bourse de la Fondation W. Eugene Smith en 1980 pour un autre sujet qu'elle venait d'aborder : les enfants aveugles. Elle n'avait encore jamais publié de photo.
Au cours des années suivantes, Jane Evelyn Atwood réalise plusieurs séries choisies avec soin, parmi lesquelles un reportage de dix-huit mois sur un régiment de la Légion étrangère où elle suit les soldats de Beyrouth au Tchad ; une chronique de quatre mois et demi sur le premier malade du sida en France, qu'elle accompagne jusqu'à sa mort ; et une étude de quatre ans sur les victimes de mines antipersonnel qui la conduit du Cambodge en Angola, en passant par le Kosovo, le Mozambique et l'Afghanistan, toujours avec le même regard personnel et engagé.
En 1989, elle entreprend de photographier les femmes incarcérées et parvient à avoir accès à certains des pires centres pénitentiaires et prisons du monde, y compris aux quartiers des condamnées à mort. Ce travail monumental de dix années, portant sur quarante prisons dans neuf pays d'Europe et aux États-Unis, reste aujourd'hui un témoignage photographique déterminant sur le sort des femmes emprisonnées. Il a fait l'objet d'un livre publié en anglais et en français et continue d'être exposé dans le monde entier.
En 2005, Jane Evelyn Atwood se rend à Haïti, sa vision rompt radicalement avec l'imagerie que l'actualité impose régulièrement pour évoquer ce pays. Fascinée par ses habitants, la photographe choisit d'utiliser la couleur, avec ses ombres et ses contrastes, pour témoigner de la dignité et des espoirs d'un peuple qui ne se résout pas à la fatalité. (Source MEP)

 

 

jane-evelyn-atwood-01.jpgLa Rue des Lombards - Paris, 1976-1977

 

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jane-evelyn-atwood-21.jpgBlondine et un client, rue des Lombards, Paris, 1976-1977


 

jane evelyn atwood 05Woods Hole, Cape Cod, Massachusetts, Etats-Unis, 1983

 

jane-evelyn-atwood-04.JPGLe sauna de la prison, colonie de travail pour délinquants juvénils, Ryazan, Russie, Ex-URSS, 1990

 

jane-evelyn-atwood-06.jpgL’Institut départemental des aveugles, Saint-Mandé, France, 1980

 

 

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jane-evelyn-atwood-22.jpgUne prisonnière dans l’atelier de l’établissement, Centre Pénitentiaire Les Baumettes, Marseille, France, 1991

 

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jane-evelyn-atwood-20.jpgAl-Shurooq School, jeunes filles aveugles, Jérusalem, 1982

 

jane-evelyn-atwood-13.jpgLes Gonaïves - Haïti, 2005

 

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Victime de mine, 27 ans, pas de jambes, un bras, un enfant. Kuito, Bié, Angola, 2002

 

jane-evelyn-atwood-19.jpgJames Baldwin et son frère David - St. Germain des Près, Paris, 1981

 

 

 

Jane Evelyn Atwood est actuellement exposée à Paris :


Galerie In Camera, pour sa série "Rue des lombards"

du 6 au 24 Septembre 2011

 

Maison européenne de la photographie

pour une rétrospective de son oeuvre

"Photographies 1976-2010"

du 29 juin au 25 Septembre 2011

 

Un catalogue "Rue des Lombards", édité aux éditions Xavier Barral,

réunit plus de trente ans après, le premier reportage réalisé par Jane Evelyn Atwood.

 

Profitez-en !

 

 

http://www.janeevelynatwood.com/



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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 07:00

ensembles-contraires-t1-01.jpgensembles-contraires-t2-01.jpgBrest, années1990. Christophe et Eric sont 2 adolescents très différents qu'une première rencontre n'avait pas permis de sympathiser. Mais quelques mois plus tard, ils se revoient et c'est alors le début d'une grande amitié qui va perdurer envers et contre tout. Cette histoire, c'est celle autobiographique de Kris et de Eric T. qui l'accompagne au scénario.

 

" ce n’est pas une fiction. Pas une histoire extraordinaire non plus. Juste le quotidien de deux types qui ne se sont pas cherchés, mais se sont néanmoins trouvés. Pour le meilleur et pour le meilleur encore à venir." nous précisent les auteurs.

 

Les ensembles contraires nous raconte une belle histoire d'amitié et d'humanité entre 2 garçons que tout sépare.

Christophe vit heureux dans une grande maison familiale animée et se passionne pour le ping-pong alors que Eric se débat avec la maladie de son père en fin de vie et l'alcoolisme rampant de sa mère. En plein échec scolaire, il prépare un CAP couture qui ne le mènera à rien et le conduira à une vie de galère. A la mort de son père, il part vivre dans un foyer de jeunes travailleurs et vit avec difficultés de petits boulots. Sa seule fenêtre positive est Christophe qui lui apporte un peu de bonheur et d'insouciance mais bientôt la présence de son ami ne suffira plus et Eric va s'enfoncer dans la dépression jusqu'au drame...

Dans le deuxième tome, nous retrouvons nos 2 protagonistes en 1994 à la suite du drame arrivé à la fin du tome 1. Christophe tente de renouer solidement avec Eric et de le soutenir, malgré lui. Il tente de le réintégrer dans une société qu'il rejete et l'avait rejeté. Eric est désormais installé dans la demeure familiale de Kris et reprend pied peu à peu. Mais bientôt, c'est au tour de son ami de vivre une mauvaise passe et à Eric de le soutenir.

 

Vous l'aurez compris, c'est le récit sincère et intime d'une amitié forte qui nous est dévoilé ici. La narration alterne entre Eric et Christophe, d'ailleurs identifiés par des codes couleurs différents. Les 2 garçons évoquent la naissance de leur amitié, leur adolescence avec ses bons et mauvais moments, le temps de l'amour et des filles, les galères d'argent et de boulot, les drames personnels. Le récit n'est pas linéaire et consiste en tranches de vie représentatives de leur histoire.

Il y sera aussi question de sujets forts : maladie, suicide, alcoolisme, illetrisme, drame de l'amour. La vie n'est pas toujours rose et les auteurs ont à coeur de nous montrer aussi les pendants les plus noirs de la société dont ils font partie.

 

J'aime les histoires d'amitié. C'est une valeur que j'affectionne particulièrement. J'y ai retrouvé ici tout la force de ses relations si puissantes qui défie le temps et les obstacles de la vie.  L'amitié entre Chris et Eric est belle, pudique et à la fois très intime. Une intimité qui m'a cependant ici empêché de me projeter dans cette histoire tant elle est personnelle. Et c'est peut-être mon petit regret. J'ai lu et découvert cette relation de manière très extérieure, touchée par l'intensité mais aussi par la banalité quotidienne de leurs relations mais sans vibrer de manière forte à leur histoire. Le bouleversement attendu n'est pas venu.


On ne peut que saluer le travail et le recul nécessaire qu'il a fallu pour mettre en forme un tel projet autobiographique dessinée par un 3ème homme extérieur à leur amitié. Nicoby a su pourtant retranscrire leurs émotions avec beaucoup de réalisme et en proposant un dessin original. Comme je l'indiquais plus haut, chaque personnage se meut dans une ambiance graphique qui lui est propre. Le récit d'Eric est dans de ston  jaunes, orangés alors que celui de Christophe s'effectue dans une ambiance mauve.

 

Les ensembles contraires se révèlent 2 très beaux albums qui plongent dans l'humain, dans l' intimité forte d'une amitié exceptionnelle.

 

"J'arrive pas à profiter d'un moment heureux parce que quand je réalise que j'en vis un, je sais qu'il est déjà parti, qu'il est mort et que tout est à refaire. "

 

"Quand la vie nous laisse à poil, on se fringue des moindres riens"

 

"Bref, je n'avais pas l'amour, mais j'avais la tendresse. Celle des amis éternels. celle qui comble les sentiments inassouvis et la solitude. Celle qui la creuse aussi malheureusement"


 

D'autres avis :

Mo : tome 1, tome 2 -

 

Liens :

Lire les premières pages du tome 1

Lire la preview du tome 2


 

Tome 1 :ensembles-contraires-t1-02.jpg

 

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Tome 2 :

 

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Les ensembles contraires

Scénario : Kris et Eric T.

Dessin : Nicoby

Editions Futuropolis

Tome 1 - Mai 2008 - 189 pages - 24€

Tome 2 - Septembre 2009 - 219 pages - 25€

 

 

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 07:00

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Pour ce mercredi de la BD, je vais vous présenter exceptionnellement une exposition !

Ceux qui me suivent régulièrement savent certainement que je suis amoureuse du travail de dessinateur de Sergio Toppi que j'ai présenté à de nombreuses reprises sur ce blog.

L'exposition exceptionnelle sur l'auteur qui a lieu actuellement à Thiers, dans le Puy de dôme, ne pouvait bien évidemment pas me laisser indifférente et il était indispensable que je m'y rende ! Une escapade lyonnaise dont je reviens a été l'occasion de faire un détour par Thiers qui, outre cette formidable expo, s'est révélée une ville charmante.

Cette exposition évènement initiée par un adjoint de la mairie, fan de l'auteur, est remarquable. Elle prend place dans une ancienne usine, l'Usine du May, désormais  "Maison de l'aventure industrielle" servant de lieu d'exposition et de musée.

 


 


 

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Le troisième étage est réservée au grand maître italien et présente 350 dessins originaux de l'auteur !


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Les fenêtres sont décorées de grand kakémonos reprenant des illustrations du dessinateur.


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Les différentes planches ont été présentées par thèmes : Japon, Préhistoire, Far-west, Mille et une nuits, Armes blanches, Bestiaire,... et une notice infomative présente rapidement le sujet avec une citation de Toppi et une illustration sur le thème.


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" Le Japon, c'est pour moi une vieille passion, je dois avouer que je ne saurais à vrai dire pas expliquer à quoi elle est dûe. Ce qui me fascine chez les Nippons, c'est cette précision maniaque et c'est ce qui me manque. J'ai pour cet univers une admiration mêlée d'effroi. "

 

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La scénographie de l'exposition est plutôt sobre mais on note la présence de quelques objets en lien avec certains albums.

Pour l'album Blues, par exemple, une vieille voiture américaine rouillée vous accueille alors qu'une bande-son de saxophone se met en route lorsque vous êtes devant les planches, illustrant ainsi l'instrument accroché un peu au dessus.

 

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Devant les dessins de Saint acheul, ce sont des bruits de bombardements et de fusillades qui vont accompagneront, avec quelques armes posées à terre.

 

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Les planches originales en noir et blanc étaient présentées sur 3 hauteurs et je dois dire que ceci m'a pas mal gênée, la rangée du haut étant finalement inacessible pour nos yeux curieux des petits détails.

Néanmoins la qualité des dessins était bien là et va au-delà de ce qu'on l'on peut voir dans les albums imprimés... Ici, nous pouvions découvrir tout le travail du dessinateur, la précision des traits, le temps aussi qu'il a fallu consacrer à chaque dessin. Voir que certaines parties du dessin sont totalement coloriées à l'aide de hachures, découvrir la finesse de certaines taches travaillés à l'aquarelle, apercevoir les traits faits au crayon de papier sous l'encre noire... inutile de vous dire que j'ai pris mon pied !

 

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Mais là où j'ai pris une véritable claque visuelle, c'est au niveau des illustrations couleurs...

J'avais toujours préféré les albums en noir et blanc de Toppi qui me semblaient offrir plus de contraste, plus de détails. ça, c"était avant.... Car maintenant je peux vous affirmer que les dessins couleurs de Toppi sont de véritables chefs d'oeuvres !!!

Je n'ai pas de mots pour décrire la beauté de ces planches, sublimées par un travail à l'aquarelle qui ne se laisse pas vraiment deviner au vu des albums papiers. Les couleurs sont mille fois plus fortes et plus profondes, les fondus sont totalement magnifiques, et j'en passe !

Les photos ne rendent malheureusement pas honneur à leur qualité ... mais vous donneront peut-être une petite idée.

 

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On pouvait aussi découvrir 3 grandes illustrations sur le thème de la préhistoire et des vikings :


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Mais le clou de l'exposition était la présentation des planches originales du Tarot des origines.

En 1987, Sergio Toppi reçu la commande d'une série de cartes de tarots.
Après avoir manifesté quelques réticences, il se prit au jeu et réalisa 56 illustrations avec comme sujet les hommes primitifs. Il dessinait pour la première fois, une longue série sur un même thème. Cette oeuvre forte et profondément originale montre toute l'empathie du maître milanais pour les hommes préhistoriques, tout en gardant - thème oblige- une part de mystère et de magie. (source Mosquito).

 

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Voilà, j'espère réellement vous avoir donné envie de découvrir Sergio Toppi

ou d'aller visiter cette belle exposition !

Vous pouvez la voir jusqu'au 31 Août 2011.

L'entrée est de 5€ ou 3,80€ en tarif réduit : autant dire pour rien du tout !


A l'issue de la visite, vous trouverez quelques goodies en vente :

- l'affiche de l'exposition à ?€

- une sérigraphie signée par l'auteur à 50€

(que je n'ai pas trouvé fantastique... J'étais décidée à m'offrir ce petit luxe bien avant l'expo, 

mais je suis finalement repartie sans...)

- 6 cartes postales différentes à 1€ reprenant les illustrations des tarots

(que j'encadrerais faute d'illustration)

- le livre "Tarots des origines" à 30€, exemplaire numéroté et signé par Toppi

(tirage de 1500 exemplaires dont 200 numérotés et signés)

(j'ai craqué pour un n°182 ^^)


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L'ouvrage est un recueil d'illustration reprenant les 56 dessins imaginés pour ce tarot bien particulier, commandé au dessinateur en 1987.

Le jeu de tarots fut publié par la maison d’édition Lo Scarabeo. Pietro Alligo raconte :  "Connaissant sa prédilection pour les arbres, les pierres et les peuplades anciennes, je lui proposai de réaliser un jeu sur les hommes primitifs. C’est ainsi que naquirent « Les tarots des origines ». Nous étudiâmes comment adapter ce thème à l’univers des tarots.
Les quatre séries classiques ont été réparties selon quatre couleurs. Dans cette clé chromatique, les coupes sont remplacées pour L’âme par le bleu couleur de la nuit, des rêves de la spiritualité.
Pour Les Deniers et les Bijoux, le jaune symbolise la luminosité du jour, l’énergie et la joie.
Dans la série Les Bâtons, le bleu et le jaune unis, génèrent le vert, couleur de la nature, symbole de l’harmonie, le cycle de la vie et des saisons.
Pour Les Epées, opposé et complémentaire au vert, le rouge exprime le sang, l’agressivité, la survie.
C’est sur cette base que Toppi a réalisé ces images, qui nous plongent dans un univers émouvant et magique."

Découpées en 4 gammes chromatiques (rouge, bleu, vert, jaune), elles ont pour thème les hommes primitifs.

Chaque illustration est accompagnée d'une petite phrase poétique qui sert de titre au dessin.


" Enfant d'âme

l'hérédité nourrit la jeunesse"

 

"Animal de nature

Ecoute le singe en toi"

 

Le livre est de haute qualité : dos toilé, papier épais.

Je regrette néanmoins une chose : après avoir vu les originaux, je sais combien les illustations sont vives et extrêmement nuancées. Quel dommage de ne pas les retrouver de manière aussi forte dans cet ouvrage !

 

 

Le tarot des origines

Sergio Toppi

Editions Mosquito, Nec plus

Juin 2011 - 64 pages - 30€

 

 

Découvrez les autres albums de Toppi sur ce blog : 

- Soudards et belles garces

- Le joyau mongol

- Le sceptre de Muiredeagh

- Saint Acheul, 17 / Comme un ours en furie / Mietzko

- Le trésor de Cibola

 Un dieu mineur

 

Le site de l'éditeur qui propose aussi quelques photos de l'expo.

Quelques pages du Tarot des origines à découvrir.

 

 

bd du mercredi

chez Mango

 


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Published by Choco - dans Bande dessinée
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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 12:40

Les-belles-choses-que-porte-le-ciel-01.jpgLes-belles-choses-que-porte-le-ciel-02.jpgStephanos est un immigré éthiopien qui s'est installé à Washington. Il tient une petite épicerie dans le quartier populaire de Logan circle, et vit modestement. Ses seuls loisirs sont les moments passés avec ses 2 amis : Joseph, un congolais serveur dans un restaurant et Kenneth, un autre éthiopien devenu ingénieur. Leurs soirées dérivent bien souvent sur leurs souvenirs africains et un de leur jeu favori consiste à donner un nom de dictateur africain et de deviner la date et le lieu de son coup d'état !

Un jour, Stephanos va voir sa petite vie bousculée par l'arrivée dans le quartier de Judith et sa petite fille métisse, Naomi. Stephanos s'attache à ces 2 voisines et se prend à rêver à un avenir radieux auprès d'elles. Malheureusement, leur arrivée provoque aussi quelques changements dans le quartier...

 

Stephanos a fuit seul l'Ethiopie à la mort de son père, arrêté par la dictature locale de Mengistu. Sa famille est restée au pays et seul un oncle l'a aidé à s'installer aux Etats-Unis. Après avoir vécu un moment à son domicile, Stephanos s'est emancipé. Peu ambitieux, il a choisi d'ouvrir une petite épicerie qu'il tient de manière un peu relâchée. Sa vie est plutôt solitaire, exceptées les visites de ses 2 amis. Quand Judith, une femme blanche, professeur d'histoire américaine qui aime la littérature, s'installe dans la maison voisine, son quotidien s'anime ponctué des visites de la jeune femme ainsi que de celles de sa fille à la boutique. La petite Naomi vient partager ses lectures avec Stephanos qui n'hésite pas à lui faire la lecture de Dostoiesvki. Malgré leur différence de classe sociale, d'éducation, Stephanos est de plus en plus sensible à la chaleur de Judith, à ses invitations, à sa joie de vivre. Sans s'avouer amoureux, notre épicier s'attache fortement à ces 2 femmes. Il délaisse un peu plus son épicerie pour mieux se promener et rêvasser aux "belles choses que portent le ciel", expression qui provient de La divine comédie de Dante.

A travers l'histoire de Stephanos, c'est celle des immigrés et du rêve américain que Mengetsu évoque. Stephanos, comme ses 2 amis, sont devenus américains sans avoir su abandonner leur identité africaine.

Coincés entre 2 mondes, ils peinent à trouver leur place.

 

" Que disait toujours mon père, déjà ? Qu'un oiseau coincé entre deux branches se fait mordre les ailes. Père, j'aimerais ajouter mon propre adage à ta liste : un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul. Cela fait assez longtemps que je vis ainsi, en suspension."


" Soit je suis parti pour me créer une nouvelle vie, libre des contraintes et des limites culturelles, soit j'ai tourné le dos à tout ce que j'étais et à tout ce qui m'avait constitué ".

 

Une place et une famille que Stephanos semble trouver utopiquement en la personne de Judith.

Mais perdus dans une société qui n'est pas la leur, ils sont désespérément seuls et tentent de recréer l'afrique perdue avec nostalgie. Le jeu des dictateurs st d'une ironie mordante, pointant du doigt les drames de la nation africaine qu'ils continuent pourtant d'évoquer avec affection.

 

" Si ça te manque tellement, lui hurla-t-il un jour, pourquoi tu n'y retournes pas ? Comme ça t'auras plus besoin de dire sans arrêt 'C'est comme l'Afrique' et 'On dirait l'Afrique'. Mais tu veux pas y retourner. Tu préfères que ça te manque confortablement ici plutôt que la détester chaque jour sur place. "


Leur pays d'accueil est, lui bien loin des clichés fantasmatiques. Le quartier de Stephanos est pauvre, les prostituées travaillent au bout de la rue et son épicerie voit sa clientèle déserter.


"J'aimais cette place à cause de ce qu'elle était devenue: la preuve que la richesse et le pouvoir n'étaient pas immuables, et que l'Amérique n'était pas aussi grandiose que cela, après tout."


L'arrivée de Judith est un signe d'embourgeoisement du quartier qui, peu à peu, devient trop onéreux pour la population noire qui se voit expulsée des logements impayés. La révolte gronde et les incidents se multiplient, visant la population blanche.

 

La narration se fait par Stephanos qui alterne la description de son quotidien avec celui de son passé. Les flash-backs se font un peu dans le désordre et c'est au lecteur de reconstituer son parcours.

 

Les belles choses que portent le ciel est un très beau portrait d'homme. Un homme entre 2 cultures qui aura toujours la sensation d'être en exil et d'être coupable d'avoir abandonné sa famille. Un homme qui a accepté avec résignation son statut d'immigré modeste et sa solitude. Un homme qui prend la vie comme elle se présente, avec ses malheurs et ses petits bonheurs passagers.

Voilà un roman désenchanté sur le monde qui réussit malgré tout à entrouvrir une petite lucarne d'espoir : le ciel comporte aussi de belles choses...

 

Extraits :

 

"Il y a ceux qui ceux qui se réveillent chaque matin prêts à conquérir la journée, et puis il y a ceux d’entre nous qui ne se réveillent que parce qu’ils y sont forcés. Nous vivons dans l’ombre, dans les quartiers. Nous possédons de petits magasins, vivons dans des appartements délabrés qui n’ont pas assez de lumière et nous arpentons les mêmes rues jour après jour. Nous passons nos après-midi à regarder sans but par nos fenêtres. Des somnambules, voilà ce que nous sommes tous. "

 

" Nos souvenirs, dit Joseph, sont comme une rivière qui serait séparée de l'océan. Avec le temps, ils vont lentement se tarir sous le soleil, alors on boit et on boit mais on n'est jamais désaltérés. "

 

"Je n'étais pas venu en Amérique pour trouver une vie meilleure. J'étais arrivé en courant et en hurlant, avec les fantômes d'une ancienne vie fermement attachés à mon dos. Mon objectif, depuis lors, avait toujours été simple : durer, sans être remarqué, jour après jour"

 

A noter :

L'auteur sort un nouveau roman le 17 août : Ce qu'on peut lire dans l'air

Au début des années 1980, Yosef et Mariam, un jeune couple que la révolution éthiopienne a séparé pendant trois ans, se rejoignent enfin aux Etats-Unis. Pour célébrer leurs retrouvailles, ils s’offrent un voyage de noces à Nashville. Trente ans plus tard, Jona, leur fils, qui ignore tout de leur passé, revient sur leurs pas. Entre de vagues souvenirs d’enfance et le silence de ses parents sur le drame qui les a menés aux Etats-Unis, il reconstitue à tâtons l’histoire de sa famille, sa propre histoire…

 

D'autres avis :

PapillonThéoma - Saxaoul - Chiffonette - Katell - Catherine - Lili galipette -


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Déportés Ethiopiens vers 1978, pendant la Terreur Rouge.

 

Les belles choses que portent le ciel

Dinaw Mengestu

Editions Albin Michel, Terres d'Amérique - Août 2007 - 303 pages - 21,50€

Editions Livre de poche - Octobre 2009 - 281 pages - 6,50€


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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 07:00

 

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Les dimanches en photos sont aussi chez : 

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Le 26 Août 2013 :
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