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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 07:01

 

histoire de l'oubli 01

 

Auteur : Stefan Merril Block

 Editions :

Albin Michel - Janvier 2009 - 361 pages - 20€

Livre de poche - Janvier 2011 - 384 pages - 6,95€

 

 

 

 

Abel Haggard est un vieux célibataire qui vit seul dans une maison qui tombe peu à peu en ruines et dont on voudrait le voir partir. L'homme sort peu et vit de manière solitaire depuis de nombreuses années. Les seuls choses qui le font tenir, ce sont ses souvenirs : ceux de sa mère et de la légende d'Isadora qu'elle lui racontait, ceux de son frère jumeau revenu transformé de la guerre, ceux de Mae, sa belle-soeur, qu'il a aimé d'un amour fou et surtout celui de sa fille dont il attend le retour depuis toujours.

Parallèlement, on suit Seth, un jeune adolescent dont la famille est brisée depuis la maladie de sa mère. Cette dernière perd peu à peu la tête, la mémoire.


  " Plus je grandissais, m’instruisais, devenais adulte, plus ma mère baissait, oubliait, agissait comme une enfant. S’il n’y avait pas eu ce bruit atroce sous le palier, qui sait au bout de combien de temps nous aurions pris conscience que ses bizarreries n’étaient pas de l’excentricité mais les symptômes d’une maladie génétique, neurologique, dévastatrice ? "

 

Hospitalisé, sa maladie se révèle être un Alzheimer familial, une forme précoce qui se transmet de génération en génération. Le dialogue avec sa mère est coupé, son père fuit tout contact. Seth essaie de comprendre et se plonge alors dans une recherche sur la maladie et le passé familial maternel qui lui est toujours resté caché. Piratant des données médicales, il se lance alors à la rencontre de patients atteint d'Alzheimer.


  " L'idée est la suivante : si tous les gens affecté héréditairement de la maladie de ma mère faisaient partie de la même famille élargie, cela signifirait que certains d'entre eux devaient être des cousins relativement proches ? Et s'il y avait une importante base de données de tous les cas en Amérique du Nord, n'étaient-il pas possible que cette base renferme l'identité de cousins de ma mère au troisième, deuxième ou même premier degré ? Et que certains d'entre eux puissent en savoir plus sur les origines de maman, puisqu'ils étaient de la même famille ? "

 

 

Histoire-de-l-oubli-02.jpg

 

L'histoire d'Abel et de Seth est bien évidemment liée mais la découverte se fait de manière tout à fait progressive. Les voix des 2 personnages alternent et donnent un rythme dynamique et léger à cette histoire qui est loin d'être plombante malgré le thème de la maladie.

A travers l'enquête de Seth, on découvre en même temps que lui l'histoire d'une maladie et de ses conséquences sur des familles entières. Tout aurait débuté avec un certain Mapplethorpe, un homme aux moeurs légères qui offrit au monde une tripotée de batards affublés d'un gêne râté et qui, de fil en aiguille, l'auraient eux-même transmis à leur progéniture.

On apprend aussi concrètement quelles sont les symptomes de la maladie, le chamboulement que celà provoque dans la vie des malades, de leur famille. C'est juste, dur parfois mais jamais larmoyant.

Seth, c'est aussi l'histoire d'un garçon et de ses relations avec ses parents. Les échanges parentaux n'existent plus depuis longtemps mais on voit de manière très touchante la façon qu'à Seth de tenter avec obstination de faire bouger les choses, d'essayer de faire réagir son père.

 

" (...) quand ils m'avaient raconté l'histoire leur vie (...), je m'étais senti, bizaremment renaître. C'était comme si je m'étais trouvé dans un espace sombre, caverneux, dont les parois avaient été éclairés par leurs témoignages. L'idée était la suivante : peut-être  que mon désir n'était pas de disparaître, ni de comprendre la maladie, ni même de découvrir la vérité sur le passé de ma mère. Peut-être que le but de ma quête était-il simplement ceci : entendre ces récits, et en imaginant les contours de leur fardeau, commencer à comprendre la forme du mien. "


Abel, de son côté, est un vieux monsieur qui a toute sa tête. Le passé, c'est tout ce qui lui reste. Il nous raconte avec pudeur et simplicité l'histoire d'amour qui a changé toute sa vie. On y voit des mères aimantes, des hommes qui n'assument pas ce qu'ils sont, d'autres qui s'oublie pour le bien des autres.

Les personnages sont bluffants de justesse et de sincérité et on voudrait presque aller à leur secours. Pourtant d'un charisme fou, ils occupent tout l'espace du roman et lui en donnent leur force.

 

Il y a ceux qui oublient malgré eux et ceux qui ne vivent que par la mémoire.

La mémoire est-elle un poids difficile qui nous empêche d'avancer ou une source de félicité ? Sa perte est-elle synonyme de la mort psychique de l'être humain ? L' Homme se définit-il par ses souvenirs ?

Où se situe le bonheur alors ? Dans Isadora, cette cité mythique oùles hommes heureux ont tout oubliés ?

L'auteur ne donne pas de réponse mais nous offre un final bouleversant.

 

L'Histoire de l'oubli est un sacré roman. Un roman qui nous parle de mémoire et d'oubli, de maladie et d'espoir, de famille et de transmission, du poids des secrets, mais aussi de l'amour qui au final relie tout.

Un roman dense et très abouti qui, en tant que premier roman d'un jeune homme de 26 ans, surprend par sa maturité. Une histoire véritablement bouleversante à découvrir sans aucun doute !

 

Extrait :

 

"Pour commencer, dirent les supernovae, la posture de ces créatures ne ressemble à rien. Et si elles se tenaient debout, bon sang ? Et ces mains qui pendent le long du corps – si on leur faisait manier des outils ? J’aime bien les scènes de sexe, mais on pourrait, je crois, les améliorer. Et l’idée du sexe pour le sexe ? Et puis, elles manquent de motivation. Et si on les dotait d’un niveau de raisonnement supérieur ? Ça relancerait l’intrigue. Enfin, c’est juste une idée… A propos, ces créatures vivent une chose après l’autre. Ça manque de fil conducteur. Il faut absolument les doter d’une mémoire plus développée."

 


 

Les avis de : Keisha, Ys, Stephie, Cathulu, Kathel, ...

 


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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 07:00

 

Choco Shoot 01

 

 

 

Le thème de ce premier Choco Shoot du mois d'Avril est :

 

 

Le printemps

 


 

Un premier sujet très classique et plutôt facile,

histoire de ne pas vous décourager d'entrée de jeu dans ce concours !

Mais un sujet qui correspond bien à l'ambiance printannière de ce mois d'Avril !

 

 

Le beau temps arrive, les oiseaux chantent, les bourgeons apparaissent et les arbres reverdissent...

Le printemps, c'est aussi les jupes qui raccourcissent et les amours qui renaissent.

C'est l'époque des grands ménages et des changements...

 

Montrez-moi donc ce que signifie le printemps pour vous !

Essayez d'être original !

Sinon, pour ceux qui ont le cerveau encore en hibernation ,

vous pouvez trouver quelques idées ici dans le Projet photo 52 qui avait proposé le même thème...


Vous avez jusqu'au 30 avril pour m'envoyer vos photos !

 

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 07:00

 

 

Choco Shoot 01

 

 

 

 

Je vous en avais parlé il y a quelques semaines ici ....

 

L'idée de créer un petit concours photo amateur me trottait dans la tête !

Et bien, le voici, le voilà !!

 

Le concours Choco Shoot


 

 

 

 

Les règles :

 

Tous les premiers du mois, je vous donne un sujet.

Vous avez le mois entier pour faire votre photo et me la transmettre par mail à cette adresse : grenierdechoco@gmail.com.

Le poids de la photo ne devra pas exéder 1 Mo.

Vous êtes libres de la publier ou non sur votre propre blog, si vous en avez un, mais dans ce cas, attendez que je l'ai publié ici, histoire qu'il y ait un effet de surprise !


Le but étant de vous faire sortir vos appareils, je n'accepte pas les photos ayant déjà été publiés sur votre blog, comme celles que vous avez faites il y a 3 mois !

Donc uniquement des clichés faits dans le mois du concours !

Attention aux tricheurs, les dates de prises de vues sont enregistrées sur vos appareils numériques lorsque vous prenez votre photo...

Dans le cas contraire, je me réserve le droit de disqualifier le participant

 

Les photos peuvent bien sûr être retravaillées par ordinateur, c'est même souvent conseillé. Il ne s'agit pas de transformer une photo (comme de réduire les bourelets des mannequins ^^) mais pluôt de la mettre en valeur en la recadrant ou en rectifiant le contraste, la luminosité, etc...

 

Vous n'êtes bien évidemment pas obligé de jouer tous les mois. Votre participation peut varier selon votre inspiration et les thèmes proposés !

Pas d'obligation de vous inscrire non plus officiellement, il suffit de m'envoyer votre photo en temps et en heure.

 

Les résultats :

 

Au début du mois suivant, je publierais sur mon blog toutes les photos des participants de manière anonyme.

Et j'inviterais les visiteurs à voter pour leur photo préférée ! Les participants pourront également voter mais pas pour leur propre photo...

 

Le photographe qui remportera le plus grand nombre de vote se verra gratifié d'un petit cadeau de ma part (très certainement un livre et une friandise ! ).

Si c'est moi qui remporte le concours, vous devrez tous m'envoyer un cadeau.... mouahahaha ! (bon je plaisante !)

 

 

L'esprit :


Il s'agit d'un petit concours sans grande prétention et l'objectif est de se faire plaisir !

Le but n'est donc pas de critiquer et de se moquer des photos des autres mais d'échanger de manière amicale et constructive sur nos prises de vues.

Pour ma part, c'est une façon de me fixer des objectifs concrets et de me forcer à travailler en photographie, ma flemme me poussant souvent à reporter l'activité à la saint Glinglin !

J'espère donc à travers ce concours lancer un petit effet de groupe stimulant qui j'espère vous servira à vous aussi, et progresser grâce à vos remarques positives ou négatives.

 

 

 

 

Je tiens à remercier Stelchan pour la création de ce beau logo avec mon volatile favori devenu mascotte !

N'hésitez pas à visiter son blog où vous trouverez photos, dessins et strips humoristiques variés !

 

 

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J'en profite pour vous présenter 2 autres petits défis photos découverts récemment

pour lesquels je me tâte depuis un moment à m'inscrire...


 

 

- Le projet photo 52 :

 

Ktycat a lancé le projet photo en Janvier et fixe toutes les semaines un nouveau thème (52 semaines dans l'année) sur lesquels les photographes amateurs doivent bûcher !

Une fréquence un peu contraignante mais riche d'idées au vu du résultats des participants !

Excepté des recettes de cuisine et une passion pour les bentos, on trouve également sur son blog pleins d'articles techniques pour débutants sur la technique photo et je vous invite à aller y farfouiller si vous souhaitez développer vos connaissances.


 - Le challenge nuancier :

 

Chez Libelul, c'est un défi autour de la couleur qui est organisé. Tous les mois, une nouvelle couleur est proposé. Il suffit tout simplement de prendre une photo mettant en scène la couleur du mois !

 

 

 

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De mon côté, j'envisage de vous montrer un peu plus de photo sur ce blog...

(entre les livres, le Japon et la photo, ça devient un vrai bazar ici ! )

 

J'ai envie de vous présenter régulièrement des photographes que je découvre

(et j'ai tout à découvrir justement !)

 

Le week-end semblant moins propice aux lecteurs qui commentent assez peu ces jours-là,

je me verrais bien instaurer un petit "Photographe du samedi" consacré aux professionnels

et continuer les "Dimanches en photos" avec mes propres clichés.


Etant donné qu'aujourd'hui, ces dimanche mélangent de manière un peu foutraque les 2...

Je vous y présente depuis un moment quelques photographes par mes photos de photo (festival d'Arles) !

et je trouve l'exercice plutôt intéressant.

J'espère que vous y trouverez aussi votre compte !

 

 

 

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Maintenant, je n'ai plus qu'une chose à vous dire :


Mettez l'appareil photo dans le sac, sortez et shootez selon vos envies !

 

RVD demain pour le sujet du mois d'Avril...

 


 

photographe-2.jpg

Charles Ebbets, en pleine action



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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 08:00

 

 

balade balade 01

 

Auteur : Kokor

 Editeur : Vents d'ouest

Date de parution : Avril 2003

Prix : 12 €

  117 pages

 

 

Sullivan Vilette est un agent immobilier bien consciencieux. L'acheteur qu'il doit accueillir est très important et Sullivan doit effectuer à ses côtés le tour du propriétaire dans l'espoir qu'il se porte acquéreur. Il faut dire que ce n'est pas n'importe quel bien qui est en vente : il s'agit de la Terre !

Et l'acheteur qui se présente est un petit bonhomme extraterrestre au langage primaire mais aussi un client rare et précieux qu'il faut satisfaire. Aussi quand celui-ci exige de parcourir la Terre à cheval (  « Apatte, apatte ! ») au lieu d'emprunter le rapide hélicoptère mis à leur disposition, Sullivan ne peut que se rendre à l'idée farfelue du client. Voilà donc notre curieux duo parti sur les routes du monde. Sullivan n'hésite pas à lui faire l'article de chaque monument, de chaque particularité, toutes mentionnées dans un acte de vente gros comme un dictionnaire.

Mais voilà que quelques pages plus loin, on découvre que cette même histoire est la base d'un feuilleton radiophonique, furieusement suivi par quelques amateurs. Les personnages sont-ils équipés de micros ? Où commence le rêve, où s'arrête la fiction ?

 

Cette histoire complètement décalée balade le lecteur sur les traces de nos 2 voyageurs, cousins éloignés de Don Quichotte et Sancho Pancha. On y rencontre avec plaisir des références à l'île de Paques, à Arthur et à sa fabuleuse épée. On y croise d'étonnants habitants. La planète Terre semble quelque peu étrange, on y baigne dans une ambiance quelque peu poétique et fantastique.

Parallèlement, on suit le quotidien beaucoup plus réalistes de quelques auditeurs : un garagiste, un jeune couple en passe d'être parents. On y retrouve les travers de la société d'aujourd'hui : un braquage et la violence envers une femme dans un café, les publicités géantes qui mangent le paysage et les grèves des routiers.

On oscille constamment entre les 2 narrations et on se demande bien où tout ça va nous mener. Le lecteur s'interrogera jusqu'au bout sur la réalité de cette aventure. Aussi lorsque l'explication se fait jour dans les dernières pages, on découvre avec beaucoup d'humour le sens et l'origine de cette chevauchée. Et l'auteur réussit avec brio à nous laisser dans un certain doute !

 

"Balade balade" se révèle donc une histoire assez réjouissante. Légère et loufoque, elle emmène son lecteur sur les rives de l'imagination et se penche sur le principe de la création.

Mon seul regret : la fin est très surprenante mais est peut-être amené un peu rapidemment et me laisse quelque peu sur ma faim.

 

Une première rencontre avec Kokor, plus que positive donc !

 

 

 

Les avis de Mo' grâce à qui je l'ai lu ! de David, XL, Tiphanya,

 


 

balade-balade-02.jpg

 

balade-balade-03.jpg

 

balade-balade-04.jpg

 

 

palseches

 

Challenge PAL sèches de Mo' !


 

bd du mercredi

Chez Mango !

 

 


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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 08:00

 

wasurenagusa 01

 

Auteur : SHIMAZAKI Aki

 Editions :

Actes Sud - 2003 - 123 pages - 12€

Actes Sud, Babel - 2009 - 125 pages - 6,50€

 

 

 

Je continue ma poursuite de la série à pas de tortue...

Pour les tomes précédents :

Tome 1 : Tsubaki

Tome 2 :  Hamaguri

Tome 3 : Tsubame


Dans ce quatrième tome, nous suivons les pas de Kenji Takahashi, héritier d'une noble famille. Il est issu d'une famille très autoritaire qui ne rigole pas avec la morale et les traditions. Divorcé d'une première femme avec qui il n'a pas eu d'enfant, sa famille le presse de se remarier afin de perpétuer la lignée familiale. Mais ce jeune homme discret va pour une fois s'élever contre ses parents : il a rencontré Mariko mais cette dernière est issu d'un milieu populaire et s'avère en plus être mère célibataire. Alors que ses parents désapprouvent complètement leur union, Takahashi épouse Mariko et envisage même d'adopter son fils, Yukio. Ce dernier a en effet découvert qu'il était stérile...

 

Avec la voix de ce nouveau personnage, nous plongeons une fois de plus dans les méandres des relations d'un petit groupe de personnes. Une fois de plus, un secret de famille bien enfoui se cache dans le passé famillial. Takahashi, qui a coupé toute relation avec ses parents, se rappelle l'importance qu'avait eu sa nurse pendant son enfance. Attentive et chaleureuse, elle était la seule à donner de l'affection à ce petit.

De fil en aiguille, il cherche à rertouver sa trace et découvre un fait marquant concernant ses parents et lui-même. Voilà encore une histoire qui démontre que les secrets familiaux rejaillissent toujours d'une manière ou d'une autre sur les enfants.

Au-delà du secret de famille, l'histoire est aussi prétexte à dénoncer la pression sociale et à montrer que le poids des traditions est encore bien présent dans les familles japonaises. L'importance de la lignée familiale, le rôle de procréer assigné aux femmes, le problème que la stérilité peut provoquer dans le couple et la famille : tout ceci apparait en filigrane de l'histoire.

L'écriture de l'auteur est toujours aussi simple et subtile. Pas d'emphase, la simplicité des sentiments se suffit à lui-même. Seules quelques remarques affleurent ici et là sur des évènements marquants de l'histoire du Japon : l'invasion de la Mandchourie par les japonais, le massacre des corréens après le tremblement de terre déjà évoqué dans un tome précédent.

 

 


Les nombreux avis de :

Karine - Marie - Joelle - Stephie - Snowball - Clara - Leiloona - Cynthia - Manu - Restling - ...

 

 

challenge In the mood for Japan

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 18:28

 

 

Rencontres d'Arles 2010

Expositions "I am a cliché"

Echos de l'esthétique punk

 

Exposition Peter Hujar

 

hujar-01.jpgCliquez pour agrandir

 

 

Comme mes photos étaient vraiment trop truffées de reflets...

Je triche et vous met des clichés de meilleure qualité :)


 

hujar 02
Candy Darling sur son lit de mort - 1974

 

 

hujar 03William Burroughs, allongé - 1975

 

 


hujar 04Talons détruits - 1985

 

 

 

hujar-05.jpgCatacombes de Palerme n°4 - 1963

 

 

 

hujar-06.jpg

Bar à Brooklyn - 1975

 

 

 

hujar-07.jpgLe world trade center la nuit - 1976

 

 

 

 

C'était un dimanche en photo avec Liyah !

 



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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 16:38

 

 

Mémoires d'un yakuza 01

 

Auteur : SAGA Junichi

 Editeur :Picquier, poche 

Date de parution : Juin 2007

Prix : 9,50 €

  362 pages

 

 

 

Comme le titre l'indique, il s'agit ici des mémoires d'un yakusa japonais. Alors qu'il se meure lentement d'un cancer, le gangster va confier son parcours au médecin qui le soigne, SAGA Junichi. A sa mort, dans les années 70, ce dernier relatera alors sur papier son étonnant parcours.

 

On se fait tous une idée ultra-violente des yakusas, véhiculée par les nombreux films qui leur sont dédiés. On les associe toujours à une image de criminels violents qui flinguent à tout va.

Sauf que dans ces mémoires, on va découvrir qu'à l'origine, les yakusas étaient surtout des joueurs professionnels et que la plupart de leurs activités étaient consacrés aux tripots de jeu.


  " Le vrai métier des yakusas, c'étit le jeu, et rien d'autre. De mon temps, si un yakuza avait gagné sa vie d'une autre manière, les gens l'auraient regardé de haut. << Oh, lui, auraient-ils dit. Il veut ramasser des oeufs de tous côtés, parce qu'il n'arrive pas à gagner sa vie avec le jeu, il n'est pas assez bon. C'est un imposteur, et rien d'autre >>. "

 

 

memoires-d-un-yakuza-02.jpg

 

 

Nous allons donc suivre notre homme de 1910 à 1970 environ.

Ijichi Eiji a une quinzaine d'années quand il quitte la maison familiale pour aller travailler à Tokyo chez un oncle dans son entreprise de charbon. A force de cotoyer les dockers, il finit par sympathiser avec eux et à intégrer leur cercle de jeu, à fréquenter les quartiers des plaisirs. Il travaille ensuite clandestinement sur les "bateaux de minuit", qui permettaient aux gens de se déplacer la nuit sans éveiller les soupçons de la police, les jeux d'argent étant interdits à l'époque.


  "Avant la guerre, la façon dont vivaient la plupart des japonais consistait à se lever quand il faisait encore noir et à se rendre à leur travail, puis à travailler de toutes leurs forces toute la journée, et enfin à rentrer quand il commençait à faire sombre, manger et se coucher : ce qui veut dire que dans la plupart des familles, tout le monde dormait déjà à neuh heures du soir. Alors si quelq'un se trouvait dans les rues à cette heure-là, ils pensaient tout de suite que ça ne valait rien de bon. "

 

Ijichi Eichi finit par intégrer les maisons de jeu et entrer dans un gang. Il fait son apprentissage :


" Qu'est-ce que je faisais en fait ? La lessive, le ménage, la cuisine et les courses. A côté de ça, il fallait que je m'entende bien avec les commerçants du quartier et que j'aide à l'entretien des rues du voisinage. Les balayer et les nettoyer, ce genre de travaux."

 

On découvre avec lui les codes d'honneur, le business du jeu, le système de l'ascension interne, l'entraide entre ses membres.

 

" Il y avait des règles précises pour pratiquement tout - de la façon dont on salue quelqu'un au-dessous ou au-dessus desoi, la façon de parler aux gens, la façon d'indiquer que vous les écoutez, tout. C'est un monde féodal, très différent de la vie ordinaire extérieure. "

 

 

mémoires d'un yakuza 03

 

Puis il devient joueur professionnel, connait la prison. Il s'élève dans la hiérarchie et dirige son propre tripot, avant de devenir chef du gang.

 

" La plupart des gens s'imaginent que les yakusas sont des brutes, mais pour arriver en haut, il faut bien plus que du muscle et de la force. Autrement n'importe quel idiot pourrait y parvenir. Ce qui compte, c'est d'avoir les qualités  qui font que les gars sous vos ordres sont loyaux, prêts à mourir pour vous si nécessaire. "

 

Au-delà, de l'aspect "technique" des gangs, on découvre aussi le parcours humain d'un homme qui a dû lutter et travailler dur pour trouver sa place. On suivra ses multiples aventures amoureuses et la relation forte qui l'unit à ses frères de gang.

A travers ce portrait d'un vie, se dessine aussi en filigrane le portrait d'une époque. Il évoque les années difficiles de l'après-guerre, la corruption de la police, le tremblement de terre de 1923 qui détruisit une grande partie de Tokyo puis les difficultés économiques, les affaires qui ne marchent plus. Les portraits des petites gens, des geishas ajoutent une couleur encore plus humaine à ce récit qui l'est déjà.

 

Vous l'aurez compris, inutile de chercher dans ce texte, une intrigue trépidante, avec assassinats et bagarres à chaque page. Sans être un enfant de coeur, Ijichi Eiji se révèle un chef de gang à l'ancienne, respectueux des codes et des hommes.

"Mémoires de yakusa" est un portrait au long cours ponctué d'une découverte intéressante d'un milieu et d'une époque révolue loin des clichés convenus du cinéma.

 

 

 

L'avis de Saraswati que je remercie pour le prêt !


 

Pour ceux que le sujet intéresse, vous pouvez lire :


- " Yakuza, la mafia japonaise ", de Dubro et Kaplan, chez Picquier à 11,50€

- "Yakuza : enquête au coeur de la mafia japonaise", de Pierrat et Sargos, chez Flammarion à 20€

 

 

 

challenge In the mood for Japan

 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 21:00

 

 

  ABE kobo 1

 

 

 

 

ABE Kôbô, de son vrai nom ABE Kimifusa est né à Tokyo en 1924. Il a grandi à Shinyou en Chine où son père était un médecin à l'Université de la Mandchourie. En 1943, il commence ses études de médecine à l'Université de Tokyo. Il perd son père lors d’une épidémie de fièvre typhoïde, ce qui le poussera à se pencher sérieusement sur le sens de l'existence humaine.

ABE s’installe à Hokkaido avant de rentrer à Tokyo. Il y noue des accointances avec le mouvement marxiste et devient lui-même un activiste communiste. Il fréquenta des artistes d’avant-garde tels que Okamoto Taro, Tesigawara Hirosi, Haniya Yutaka… Il se marie avec Yamada Matiko qui prit le nom d’Abe Mati une artiste de théâtre qui illustrera également les œuvres de l‘auteur.


En 1947, Il publie "Poèmes anonymes", dédicacé à son père et à son meilleur ami, tous deux décédés à la fin de la deuxième guerre mondiale en Mandchourie.

Il obtient son diplôme de médecine mais choisit la carrière littéraire.

Il publie son premier roman en 1948, imaginant une autre vie pour son ami Kanayama Tokio qui s’était enfuit de chez lui et avait péri dans le désert de Mandchourie.

Abe Kôbô joignit le Parti Communiste afin d‘organiser des cercles littéraires pour les ouvriers des quartiers populaires. Il devient cependant l’élève d’Isakawa Jun qui était contre le marxisme.

En 1950, sa nouvelle "Le Cocon rouge", lui vaut le premier des trois prix littéraires les plus prestigieux du Japon, le prix Akaï Mayu.

En 1951, il obtient le prix Akutagawa, le plus grand prix littéraire japonais, pour son œuvre " Les murs" , anthologie de six récits, dont la préface avait été écrite par Isakawa.

En 1962, parait "La femme des sables"  qui obtient au Japon le Prix Yomiuri et en France, le prix du Meilleur Livre Etranger. Le roman sera d'ailleurs adapté à l’écran par Hiroshi Teshigahara. De plus, cet ouvrage vaut à Abe Kôbô d’être exclu du Parti Communiste, principalement à cause de la thématique qu’il y développe.

 

Il écrit également des pièces de théâtre : en 1967, il fonde la compagnie Abé Kôbo Studio, montant, outre ses propres pièces avant-gardistes (dont la plus célèbre est "Les amis" sur un homme qui reçoit la visite d'une famille inconnue au grand complet), celles d'Arthur Miller et d'Harold Pinter. Il s'oriente alors vers un travail de metteur en scène de théatre et travaille également pour la télévision. Parallèlement, il continue à publier des romans tels que "La Face d'un autre" sur un homme chez qui le désir de se faire mettre un masque sur son visage défiguré a des conséquences inattendues, "Le Plan déchiqueté" sur un détective que la recherche d'un homme disparu va conduire à perdre son identité, "l'Homme-boîte" sur un homme quittant la société pour arpenter les rues d'une grande ville vêtu d'une grande boîte en carton, "Rendez-vous secret" où un homme à la recherche de sa femme disparue se met à découvrir toutes les formes de comportement criminel, "L'arche en toc" sur un homme se cachant dans le métro pour éviter l'apocalypse.

Le romancier meurt à Tôkyô en 1993. "Cahier Kangourou", qui conte l'histoire d'un homme sur les jambes duquel poussent des radis paraît après sa mort, de même que "Mort Anonyme", recueil de nouvelles correspondant à diverses étapes de son parcours littéraire.


Son style est proche du surréalisme européen et son thème récurant est l’existence de l’homme dans un monde absurde.

 


 

 

Liens :

 

- Courte étude de son oeuvre


 

 

 

Bibliographie traduite en français :

 

1949 à 1966 : Mort anonyme

1951 : La vie d'un poète (dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines tome II)

1951 : Les murs

1957 : Soldat d'un rêve (dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines tome II)

1962 : La femme des sables

1964 : La face d'un autre

1967 : Le plan déchiqueté

1967 : Les amis

1973 : L'homme-boite

1977 : Rendez-vous secret

1985 : L'arche en toc

1991 : Cahier kangourou

 

 

 

- Mort anonyme (1949 à 1966)

 

mort-anonyme-01.jpg

 

Editions françaises :

 

- 1993 : Editions Denoël

traduit du japonais par Minh Nguyen-Mordvinoff

  296 pages - 21,34€

2-207-24109-2

 

- 1995 : LGF, Livre de poche Biblio

traduit du japonais par Minh Nguyen-Mordvinoff

218 pages - 5€

2-253-93242-6

 

 

 

 

 

 

 

A travers des personnages qui semblent d'une grande banalité, un employé de bureau, un fonctionnaire, un soldat, Abe Kobo nous fait toucher du doigt l'essentiel, la condition humaine, avec ses limites désespérantes, ses illusions et ses espoirs.

 

Le recueil  regroupe les nouvelles suivantes :


 - La Mort anonyme  

- L'Envoyé spécial  

- Le Rêve du soldat  

- Les Envahisseurs  

- La Transformation 

- Le Beau parleur  

- La Vie d'un poète  

- Dendrocacalia  

- Le Pari  

- Au-delà du tournant

 

 

Des avis chez :

- Black

 

 

 

- La vie d'un poète (1951) :


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Edition française :


- 1989 : Editions Gallimard, du monde entier

   dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines tome II

  Traduit par Marc Mécréant

590 pages - 25,15€

2-07-071388-1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Les murs (1951) :

 

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Editions françaises :

 

- 1989 : Picquier

traduit du japonais par Marc Mécréant

320 pages - 14,94€ (épuisé)

2-87730-023-4

 

- 1994 - Picquier, poche

traduit du japonais par Marc Mécréant

256 pages - 8€

2-87730-193-1

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

Six récits qui nous entraînent dans un univers fantastique, celui du labyrinthe de l'identité aux frontières du réel et du rêve, et qui ont valu à leur auteur une renommée considérable au Japon avant même que La Femme des sables ne consacre sa renommée internationale en 1962.

 

Le recueil  regroupe les nouvelles suivantes :


- Les Murs

- Le Cocon rouge

- Le Crime de Monsieur S. Karuma

- L'Inondation

- La Craie magique

- Les Affaires

- Le Tanuki de la tour de Babel

 

 

Liens :

 

- Etude de la nouvelle "Le crime de Monsieur S. Karuma (en PDF)

 

Des avis chez :

Julien -


 

- Soldat d'un rêve (1957) :

 

 

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Edition française :


- 1989 : Editions Gallimard, du monde entier

  dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines tome II  

 Traduit par Marc Mécréant

590 pages - 25,15€

2-07-071388-1

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

La nouvelle "Soldat d'un rêve" (Yume no heishi), publiée en 1957, s'ouvre et se ferme sur un poème énigme, le temps d'une nuit et d'un récit plus illusoire que réel.

Un vieux policier, solitaire, attend dans un monde tragiquement clos par des barricades réelles : le village, le mur de la maison du maire, mais aussi symboliques : son incommunicabilité avec le trio infernal maire, adjoint, prieur, sa conscience. Durée de cette attente : une nuit. Pour quelle action ? Aucune, une absence d'action plutôt.

On reconnaît ici les règles d'une mise en scène tragique qu'accentue un récit en abîme où la description remplace l'action et où se superposent récit du narrateur - le seul fiable par la précision réaliste -, monologue du policier et « chorus » indistinct du maire et de ses deux acolytes, la voix de l'un faisant écho à celle de l'autre jusqu'à l'absence d'identité... volontaire!

Volontaire, puisque, semble-t-il, Kōbō a tissé d'absence la trame plastique de son récit : neige, soldats disparus, écran des shoji, trace... tous sont confondus dans un gris de rêve, mais quel rêve ?

"Soldat d'un rêve" se veut une nouvelle de l'attente d'un vieillard aussi observateur que le héros du Rivage des Syrtes, Aido, et aussi accusateur d'un immobilisme général.

Mais tandis qu'Aido fuit dans l'action, le vieux policier fuit, lui, dans le rêve, le vide - l'exil intérieur.

 

 

 

- La femme des sables (1962) :

 

femme-des-sables-01 femme-des-sables-02Editions françaises :

 

- 2002 : Stock, La cosmopolite

traduit du japonais par Georges Bonneau

378 pages - 9,50€

2-234-05483-4

 

- 2004 : LGF, Livre de poche, Biblio

traduit du japonais par Georges Bonneau

317 pages - 6,50€

2-253-05995-1

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

Un professeur parti à la découverte de quelque insecte des sables échoue dans un petit village du fond des dunes - village dont il ne pourra plus sortir. Comme les autres habitants, le voilà prisonnier du sable : le sable qui envahit tout, qui s'infiltre dans la moindre fissure et qu'il faut sans répit rejeter. Particulièrement dans le trou où est tapie la maisonnette qu'il habite en compagnie d'une femme fruste, vraie maîtresse-servante. Jour après jour, mois après mois, l'homme et la femme rejettent le sable. Cet esclavage est la condition même de leur survie. Lassé de cette routine, l'homme tentera de s'échapper, de retrouver sa liberté... Roman insolite d'une extraordinaire richesse, dur et angoissant, qui, sous l'exactitude et la précision des détails d'une fiction réaliste, retrouve la dimension des mythes éternels. Il ne s'agit de rien d'autre que de la condition humaine avec ses limites désespérantes, ses illusions et ses espoirs.

 

Ce roman a été adapté au cinéma par TESHIGAHARA Hiroshi en 1964 sur un scénario de l'auteur lui-même.

 

Extrait :

 

"Maison déjà à demi-morte, se dit-il ; maison saisie par les tentacules du sable qui sans fin continue de couler ; maison aux viscères à demi-déchirés par la morsure du sable... Du sable, de ce rien qui n'a, pour l'ordinaire, qu'un huitième de millimètre, et qui , hors son grain élémentaire, ne possède même pas de forme propre... De ce rien qui s'appelle sable, de ce sans-corps et dont pourtant le pouvoir destructeur est tel que rien n'est capable de lui faire front, rien au monde... A moins que... quisait ?... de ne pas avoir de forme ne soit précisément ici le privilège, l'expression la plus haute de la Force en soi !..."

 

 

Liens :

 

- Avis de blogueurs chez Papillon, Lecture-écriture, Plathey, Domiwind,

- Fiche du film et avis sur Cinémasie

 

 

- La face d'un autre (1964) :

 

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Edition française :

 

- 1999, Stock, La cosmopolite

240 pages - 9,15€

2-234-05135-5

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

Le narrateur de cette histoire a eu le visage horriblement brûlé à la suite d'un accident. De telle sorte qu'il est condamné à vivre la figure enveloppée de bandages. Depuis, sa femme a élevé entre eux un mur de silence qu'il veut à tout prix faire tomber. Il imagine alors de se fabriquer un masque en matière plastique, réaliste au point de faire de lui un autre homme derrière un nouveau visage. Et il en vient peu à peu à se dire qu'il pourrait ainsi séduire sa femme, tout comme un étranger.

Il réussit dans son entreprise. Ou du moins, il le croit. Car sa femme ne l'a-t-elle pas reconnu n'a-t-elle pas deviné quel était son dessein ? N'a-t-elle pas joué le jeu en espérant de sa part un geste, une preuve d'amour ? On le voit, ce roman cruel et fascinant pose le vieux, l'éternel problème de l'identité. Qu'est ce le moi réel, et que recouvre-t-il ? Le masque dissimule-t-il l'ancienne personnalité ou bien en crée-t-il une nouvelle ? Version moderne, à sa façon, du Dr Jekyll et Mr Hyde, La face d'un autre connaît depuis plus de trente ans un succès jamais démenti.

 

Le roman a été adapté au cinéma, en 1966, par TESHIGAHARA Hiroshi sur un scénario de l'auteur lui-même.

 

 

Extraits :

 

- Incipit :
" Enfin tu es là, après avoir franchi les détours sans nombre du labyrinthe. Tu as pu trouver ce refuge grâce au plan qu'il t'avait donné. Tu as monté l'escalier d'un pas mal assuré, en faisant résonner les marches, comme si tu avais frappé avec tes pieds les pédales d'un orgue. La première porte en haut de l'escalier. Tu as retenu ton haleine en frappant. Pas de réponse. Cependant, une fillette accourut vers toi avec des souplesses de chatte. Elle devait t'ouvrir la porte. Tu lui as adressé la parole, espérant qu'elle avait quelque chose à te dire. Mais sans te répondre, elle s'est enfuie en souriant malicieusement. Alors tu as regardé partout dans la chambre, le cherchant. mais tu ne l'as pas trouvé, ni lui ni son ombre. La chambre t'a parue morte ; y flottait une odeur de ruines. Et tu as tressailli, à ton tour regardée par ces murs qui maintenant ont perdu leur expression. Te sentant mauvaise conscience, tu voulus rebrousser chemin. C'est alors que tes yeux sont tombés sur les trois cahiers et la lettre qui étaient sur la table. Tu eus l'impression d'être tombée dans un piège. Ton coeur était lourd d'angoisse, mais tu ne pus résister à la tentation. Et d'une main qui tremblait un peu, tu as décacheté la lettre que, maintenant, tu es en train de lire."

 

-  " La liberté ne consiste pas seuleument à suivre sa propre volonté, mais aussi parfois à la fuir. "


- " La souffrance de l’emprisonnement réside dans le fait que l’on ne peut, à aucun moment, s’évader de soi-même."

 

- " La solitude est un enfer pour ceux qui tentent d'en sortir, elle est aussi le bonheur pour les ermites qui se cachent. "

 

 

 

Liens :

 

- Avis de blogueurs chez : Bibliophagie -

- Fiche et avis du film sur Cinémasie

 

 

 

- Le plan déchiqueté (1967) :

 

plan-dechiquete-01plan-dechiquete-02Editions françaises :

- 1993 : LGF, Livre de poche Biblio

traduit de l'anglais par Jean-Gérard Chauffeteau

279 pages - 10,40€ (épuisé)

2-253-06309-6

 

- 1997 : Stock, La cosmopolite

traduit de l'anglais par Jean-Gérard Chauffeteau

272 pages - 10,67 € (épuisé)

2-234-04846-X

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

Le plan déchiqueté nous raconte une histoire mystérieuse pleine de suspense où une intrigue quasi policière se superpose à un drame spirituel. Le personnage central - on hésite à dire le héros - est un chasseur, un détective privé qui recherche un disparu dans l'immense désert de la cité moderne. La poursuite - violente, parfois cauchemardesque - le conduit de plus en plus profondément dans les bas-fonds de Tokyo : entreprises frauduleuses, spectacles douteux, chauffeurs de taxis en marge de la loi, voyous qui rançonnent homosexuels et drogués, hommes d'affaires qui font commerce de la corruption et de la mort

A mesure que le rythme s'accélère, les disciplines professionnelles qui lient le détective au monde réel exigent paradoxalement qu'il "devienne" en quelque sorte l'homme qu'il recherche. Il lui faut penser comme pense son gibier, agir comme il agit. Peu à peu, inéluctablement, impitoyablement, son identité, sa personnalité, son moi vont se confondre avec ceux du disparu.

 

Le roman a été adapté au cinéma, en 1968, par TESHIGAHARA Hiroshi sur un scénario de l'auteur lui-même.


 

Liens :

 

- Avis de blogueurs chez : Lecture-écriture - Domiwind -

- Fiche et avis du film sur Cinémasie

 

 

 

- Les amis (1967) :

 

les-amis-01.jpg

 

Edition française :

 

- 1987 : Gallimard, Le manteau d'Arlequin

traduit du japonais par Cécile et Françoise Sakaî

88 pages - 9,91 €

2-07-071138-2

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

Un homme, un jour, reçoit une surprenante visite : celle d'une famille au grand complet - grand-mère, parents et enfants - qui s'installe dans son appartement et prétend l'arracher à la solitude. Pourtant, ce sont là des inconnus... A partir de cette situation inédite, se développe une logique implacable qui fera du protagoniste un otage dérisoire ; le rire devient grinçant. Il se pourrait que tout fût un cauchemar, mais, réaliste ou onirique, cette fiction pose en termes dramatiques le problème de l'individu face aux autres. Cette angoisse, peut-être appartenait-il à un écrivain japonais de l'exprimer.

Depuis sa création en 1967, cette pièce - représentative de l'oeuvre dramaturgique de Kōbō Abe - a été jouée plusieurs fois au Japon ainsi que dans divers pays étrangers, notamment les Etats-Unis et la France (Théâtre Renaud-Barrault, 1981). La traduction présentée ici se fonde sur une version remaniée par l'auteur à l'occasion d'une reprise.

 

 

- L'homme-boite (1973) :

 

homme-boite-03.jpgEditions françaises :

 

- 1979 : Stock, La cosmopolite

traduit du japonais par Suzanne Rosset

206 pages - 9,30€ (épuisé)

2-234-00805-0

 

- 1999 : Stock, La cosmopolite

traduit du japonais par Suzanne Rosset

208 pages - 8,40€ (épuisé)

2-234-05134-7

 

- 2001, Stock, La cosmopolite

traduit du japonais par Suzanne Rosset

271 pages - 8,45€

2-234-05426-5

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

Cet homme qui a enfoui sa tête et le haut de son corps dans une boîte en carton n'est pas un Diogène cynique réfugié dans un tonneau par mépris de l'humanité. Tourmenté et solitaire, c'est un anti-héros, un être mythique dont le mal profond est l'impuissance, et pour qui la boîte, à la fois sécurisante et protectrice, est un écran placé entre lui et les autres, destiné à le protéger des contraintes de la société...

Ecrit dans une langue dense, drue, dépourvue de sentimentalisme, ce roman a eu un immense succès au Japon, avant d'être traduit dans une quinzaine de langues.

 

 

Note de la traductrice:


" Lorsqu'on m'a demandé si j'étais d'accord pour traduire le roman d'Abe Kobo, "L'homme-boîte", je savais, par avance, que j'allais, en acceptant, au devant de difficultés. La principale d'entre elles était de déchiffrer, à travers une histoire atypique, les principes de la philosophie de l'auteur et la façon dont il envisageait la situation de l'homme dans le monde moderne. L'homme-boîte qui a enfoui sa tête et le haut de son corps dans un boîte en carton est un personnage oppressé par la complexité des temps modernes ; il est le symbole de l'impuissance individuelle face à un monde hostile. La boîte est donc, pour lui, un endroit protecteur et sûr. Il y découpe, à hauteur des yeux, une ouverture qui lui permet de jeter un regard vers le monde extérieur. C'est ce regard même, d'un microcosme vers un macrocosme, qui le sauvera, car il entrera ainsi en communication avec la femme aimée qui l'obligera à sortir de sa boîte et à se révéler au monde. On peut dire que "L'homme-boîte" est une sorte de roman philosophique à "suspense". "

 

 

- Rendez-vous secret (1977) :

 

rendez-vous-secret-02.jpgEditions françaises :

 

- 1985 : Gallimard, Du monde entier

traduit du japonais par René de Ceccaty, Ryôji Nakamura

209 pages, 14,94€ (épuisé)

2-07-070088-7

 

-1996 : Gallimard, Folio

traduit du japonais par René de Ceccaty, Ryôji Nakamura

272 pages - 7,30€

2-07-039473-5  

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

Une femme disparaît. Emmenée à l'aube en ambulance. Hospitalisation forcée ? Enlèvement ? Fugue d'adultère ? Son mari enquête, de plus en plus certain d'être privé de son libre arbitre. Dans les souterrains d'un hôpital labyrinthique, structuré comme une ville fantôme sous surveillance électronique, entre des ruines de fondations, au milieu des préparatifs tragi-comiques d'une sinistre fête de commémoration, l'«homme» ne cesse d'errer, tout en rédigeant minutieusement des cahiers d'enquête. Un cheval qui mène l'opération. Une secrétaire nymphomane, conçue in vitro. Une fillette prostituée et mourante qui rétrécit d'heure en heure. Les figures que le narrateur croise appartiennent à un monde dominé par le sexe, l'angoisse, les manipulations scientifico-policières, le grotesque.

Dosant avec une fascinante maîtrise l'absurde et le rationnel, Kôbô Abé signe avec Rendez-vous secret un roman policier, un livre pornographique, une fable poétique, un exercice de style de haute virtuosité. La comédie hyperréaliste du désespoir.

 

 

- L'arche en toc (1985) :

 

arche-en-toc-02.jpgEdition française :

 

- 1987 : Gallimard, Du monde entier

traduit du japonais par René de Ceccatty, Ryôji Nakamura

352 pages - 17,53 €

2-07-070965-5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

Peut-on imaginer la fin du monde sans Arche de Noé? Peut-on imaginer, de nos jours, la fin du monde sous une autre forme qu'une guerre nucléaire? Cette arche serait donc un abri antiatomique.

 

 

 

- Cahier kangourou (1991) :

 

cahier-kangourou-01cahier-kangourou-02Editions françaises :

- 1995 : Gallimard, Du monde entier

traduit du japonais par René de Ceccatty, Ryôji Nakamura

192 pages - 17,53€

2-07-073045-X

- 2003 : Gallimard, L'imaginaire

traduit du japonais par René de Ceccatty, Ryôji Nakamura

192 pages - 6,50€

2-07-076812-0

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

Un homme se réveille un matin, les mollets recouverts d'une espèce de légume qui ressemble à de la luzerne. Il se précipite chez un dermatologue aussi stupéfait que lui devant ces étranges symptômes. Dès lors, la journée du malade se déroule comme un rêve d'une extraordinaire précision réaliste. Des événements plus incongrus les uns que les autres s'enchaînent...

Kôbô Abe, qui devait mourir moins d'un an après la parution de ce dernier roman, était atteint d'une grave maladie. Sur un ton tour à tour guilleret et dramatique, il décrit dans cette fable onirique les dernières heures d'un malade.

 

Liens :

 

- Critiques chez : La femelle du requin - Takija -

 

 

 


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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 08:00

 

 

Vous avez peut-être été étonné que je n'évoque pas la catastrophe qui touche actuellement le Japon.... Pourtant, je suis avec beaucoup de tristesse et de frayeur les nouvelles en provenance de l' archipel. Je vous épargnerais les banalités d'usage que vous avez certainement lu ici et là.

 

Le billet le plus lu sur ce blog est en ce moment un article sur le roman

"La submersion du Japon".

Et ça m'a donné envie de vous parler de la symbolique de la catastrophe présente depuis longtemps dans l'imaginaire japonais.


 

akira-02.jpgAkira

 


 

Comme je l'évoquais dans ce billet, les japonais sont obsédés par la catastrophe.

Le Japon est un archipel flottant situé sur une ligne defaille régulièrement agité, sujet à de nombreux tremblements de terre, typhons, éruptions volcaniques et tsunamis qui menacent d'engloutir le pays tout entier.

Ses habitants sont imprégnés de culture bouddhiste et apprennent que la vie est éphémère (l'impermanence des choses ) et se déroule dans un mouvement cyclique sans fin (naissance, vie, mort, renaissance, etc...),

Les japonais opposent à leur angoisse un fatalisme certain devant la précarité de leur destin : "De toute façon, il n'y a rien à faire" dit un proverbe. Ils ont pris conscience de l'importance de vivre le moment présent. S'ils doivent mourir demain, autant continuer à profiter du temps qu'il leur reste.

 

Les japonais vivent donc dans la culture du risque. L'archipel est régulièrement touché par des séismes et tempêtes diverses. Pour l'exemple, il y a eu 1631 séismes en 2009.

Les évènements les plus marquants à noter sont le célèbre tremblement de terre du Kanto en 1923 et celui de Kobe en 1995. On pourra malheureusement leur ajouter celui de 2011 qui restera gravé dans l'histoire japonaise et connaitra un écho dans les années à venir. 

De nombreux volcans sont en activité dans l'archipel. Le Sakurajima, par exemple, le plus actif de tous, connait environ 550 explosions par an.

 

Outre les catastrophes naturelles, on peut ajouter également le traumatisme de la seconde guerre mondiale et des bombardements d' Hiroshima et de Nagasaki en 1945. 

Je vais vous citer Jean-Marie Buissou, spécialiste du Japon, qui l'explique très bien :


" Hiroshima, pour les Japonais, c’est évidemment une horreur, une injustice qu’on leur a fait subir. Mais c’est aussi le châtiment qui a effacé leurs crimes, c’est une nouvelle naissance. Avant sa défaite, dans l’inconscient collectif, le pays était engagé sur la mauvaise voie, il était agressif, mal conduit. Hiroshima aurait en quelque sorte fait table rase du passé et permis aux Japonais de retrouver leur vraie nature, qui n’est pas une nature guerrière, mais pacifique. C’est donc très ambigu. On s’étonne souvent que le Japon, constitué d’un archipel assez fragile, dont des centaines de milliers d’habitants ont péri à cause de l’arme atomique, ait le troisième parc nucléaire du monde. Mais le mouvement antinucléaire japonais n’a jamais réussi à mobiliser autant que les antinucléaires allemands, par exemple. Cela s’explique par le fait qu’au plus profond d’eux-mêmes, les Japonais se disent qu’ils ont vécu la catastrophe nucléaire, qu’ils y ont survécu, et qu’ils ont même rebondi plus loin encore. Pour eux, le nucléaire n’est donc pas la fin du monde. D’autant qu’ils ne croient pas en la fin du monde, qui n’existe ni dans le bouddhisme, ni dans le shinto. Il y a des catastrophes, qui peuvent être abominables, mais après chaque catastrophe, la vie renaît. Par conséquent, les Japonais, sans forcément aimer le nucléaire, en ont peut-être moins peur que les autres."

 

Ainsi depuis des centaines d'années, aucun domaine de création n'échappe à ce sentiment d'impermanence et de précarité.

Tous ces risques permanents ont bien évidemment influencés la production littéraire.

Et mon but, ici, n'était pas de vous faire un cours d'histoire ou de sociologie mais de vous parler de ces oeuvre littéraires où l'on retrouve la symbolique de la catastrophe, qu'elle soit naturelle, humaine ou nucléaire.


On retrouve déjà cette idée dans les estampes japonaises "ukiyo-e" dites "images du monde flottant". Le monde flottant est synonyme d'illusion, de monde éphémère promis à la disparition. Tout comme l'amour qui ne dure pas. Les courtisanes qu'on retrouvent particulièrement dans ces estampes deviennent le symbole de l'amour éphémère et de la mort de toute chose.


 

vague-hokusai.jpgLa grande vague de Kanagawa - Hokusai (1831)

 

 

 

On retrouve très fortement cette thématique de la catastrophe dans les mangas (que l'histoire dit créés par Hokusai d'ailleurs). De nombreux titres évoquent une destruction du Japon, voire du monde. Le genre post-apocalyptique remporte d'ailleurs un grand succès. Tsunami, séismes et explosions nucléaires apparaissent de façon frontale ou parfois de manière plus sous-jacente.

 

Voici une petite sélection de titres sur le sujet :

 

- La submersion du Japon

de Sakyou Komatsu (scénario) et Tokihiko Ishiki

 

submersion du japon 6

 

Adapté du roman de Komatsu dont je vous avais parlé ici, ce manga en 3 volumes repose sur l'idée d'un énorme tremblement de terre quiprovoque le réveil des volcans et le glissement de l'archipel sous l'eau, provoquant ainsi de tout le peuple japonais dans les autres pays du monde.

 

Edition française : Panini (2 volumes traduits et épuisés...)

 

 

- Spirit of the sun

de Kaiji Kawaguchi


spirit-of-the-sun-01.jpg

2002. Le mont Fuji se réveille et explose, provoquant la coupure de l'archipel en 2. Faisant appel à la Chine et aux Etats-unis, l'état japonais se retrouve coincé entre 2 autorités exigeantes qui prennent le contrôle du pays. Durant 15 ans, on y suit le destin d'un jeune héros qui fuit à Taïwan. L'auteur s'interessera ici plus aux conséquences géopolitiques de la catastrophe et évoque les difficultés d'intégration d'une diapora japonaise à Taïpei

 

Edition française : Tonkam. Série complète en 17 volumes à 7,95€ le tome.

 

- Tokyo, magnitude 8 :

de Usamaru Furuya

 

Tokyo-magnitude-8-01.jpgUn séisme de magnitude 8 secoue Odaiba, dans la baie de Tokyo, provoquant son lent engloutissement. Les deux jeunes héros de l'histoire fuient vers le centre de Tokyo et découvre une ville complètement détruite. C'est l'occasion pour l'auteur de mettre en scène l'humanité des uns et l'égoisme des autres. Une série qui s'attache à décrire avec beaucoup de réalisme les conséquences d'un séisme, l'organisation des secours et la recherche de moyens de subsistance.


Edition française : Panini. Série complète en 5 volumes à 8,95€ le tome.

 

- Survivant

de Takao Saito

 

survivant-01.gifA la suite d'un gigantesque tremblement de terre, le jeune Satoru se retrouve isolé sur une île déserte, sans moyen de communiquer avec l'extérieur et sans ressources. Seul face à son destin, il doit réinventer les gestes de la survie et affronter les dangers de la vie sauvage, loin des facilités du monde moderne. Le froid, la faim, la maladie, la solitude sont autant de difficultés dont il va devoir faire l' expérience.

 

 

Edition française : Kanko. Série complète en 10 volumes à 6,95€ le tome.

 

- Gen d'Hiroshima :

de Keiji Nakazawa 

 

gen-d-hiroshima-01.jpgKeiji Nakazawa évoque de manière autobiographique sa vie de 1945, depuis le jour où la bombe est tombé sur Hiroshima et sa famille jusqu'en 1955 environ. Sortis en 1973-1974 au Japon, les 10 volumes de cette série sont un témoignage majeur sur les conséquences de la bombe sur la population japonaise, que ce soit d'un point de vue physique que moral ou politique. Un indispensable !

 

Editions françaises : Vertige Graphic - 18€ le tome en grand format - 9€ en petit format.

 

- Le pays des cerisiers

de Foumiyo Kunno

 

pays-cerisiers.jpgJe vous en parlais ici.

Le pays des cerisiers est une histoire courte en 3 parties sur la difficulté de vivre apres le drame d'Hiroshima. Dans la 1ère partie, nous sommes en 1955 et Minami, une jeune couturière, a perdu plusieurs membres de sa famille à cause de la bombe atomique. Nous allons suivre son quotidien et sa vie tranquille et découvrir que 10 ans après, les blessures physiques et psychologiques sont toujours douloureuses. Dans la 2ème partie, c'est la petite Nanami que nous suivrons 30 ans plus tard. Le lien avec Minami sera fait petit à petit. Enfin, dans la dernière partie contemporaine, nous retrouverons Nanami adulte dans un Hiroshima toujours traumatisé par la bombe et ses effets invisibles sur la population.


 Edition française : Kana, Made In - 10€

 

 

Voici quelques titres ci-dessous dans le genre post-apocalyptique.

Ce genre présente souvent le même type de scénario : le monde est détruit et un ou plusieurs hommes survive(nt) et tente(nt) de reconstruire un monde meilleur. Mais l'avenir est souvent teinté de pessimisme : les destruction sont souvent de la faute des hommes. Les histoires sont de plus en plus sombres et "on passe d’un monde que l’on reconstruisait à un monde où nous mourrons tous".

 

 


- Akira

de Katsuhiro Otomo

 

akira-01.jpg

Tokyo est détruite par une mystérieuse explosion en 1982 (1992 dans la version occidentale) et cela déclenche la Troisième Guerre mondiale. En 2019 (2030 selon les versions colorisées américaine et française), Neo-Tokyo est une mégalopole corrompue et sillonnée par des bandes de jeunes motards désœuvrés et drogués. Une nuit, l’un d'eux, Tetsuo, a un accident de moto en essayant d'éviter un étrange garçon qui se trouve sur son chemin. Blessé, Tetsuo est capturé par l’armée japonaise. Il est l’objet de nombreux tests dans le cadre d’un projet militaire ultra secret visant à repérer et former des êtres possédant des prédispositions à des pouvoirs psychiques. Les amis de Tetsuo, dont leur chef Kaneda, veulent savoir ce qui lui est arrivé, car quand il s’évade et se retrouve en liberté, il n’est plus le même…

 

Editions françaises : Glénat

Version couleurs en 14 volumes -14,99€

Version Noir et blanc en 6 volumes - 12,90€

 

- Ken le survivant :

deTetsuo Hara

 

ken-le-survivant-01.jpgL’histoire se déroule dans un futur relativement proche sur une terre ravagée par la guerre nucléaire qui a eu pour conséquence l’évaporation de la plupart des océans et la destruction d’une grande partie de la végétation. Dans cet univers post-apocalyptique, les survivants sont soit d’humbles villageois essayant de survivre, soit des bandits vicieux regroupés en gangs qui s’adonnent aux pillages et à la persécution de ces villageois. Cependant, un artiste martial nommé Kenshiro, un homme reconnaissable aux sept cicatrices qu’il porte sur le torse, est choisi pour devenir le successeur du légendaire art assassin le Hokuto Shinken. Au début de l’aventure, Ken ne cherche pas réellement à aider les villageois, mais au fur et à mesure que son étoile le guide, il se révèle comme étant le sauveur tant attendu par une population au bord du désespoir.

 

Edition française : série de 20 sur 27 volumes en cours chez Asuka à 6,50€ le tome.

 

- Dragon head :

de Mochizuki Minetaro

 

dragon-head-01.jpgUne classe rentre à Tokyo d'un voyage, à bord du Shinkansen. La terre tremble, le train déraille et pratiquement tous les passagers meurent sur le coup. Seuls trois collégiens survivent à cet accident et se retrouvent enterrés sous les décombres du tunnel. Après des jours de recherche, ils trouvent enfin une sortie. Mais le monde extérieur a été ravagé par une catastrophe... . Un huis clos angoissant se met lentement en place, montrant la réaction des trois jeunes élèves face au chaos.

 

Edition française : série complète en 10 volumes chez Pika à 10,50€

 

- MW :

de Osamu Tezuka

 

mw-01.jpgYuki Michio mène une double vie. Employé modèle à la banque le jour, il devient une ordure la nuit. D’étranges pulsions meurtrières le poussent à commettre les crimes les plus odieux. Après chaque crime, il effectue le même rituel et va se confesser auprès du prêtre catholique Garai. L'anti-héros de MW cache derrière lui un terrible secret remontant à son enfance. Témoin d'un accident qui avait vu la population de son île natale décimé par un gaz provenant d'une base américaine, il est rongé par son passé et seul son désir de vengeance le fait avancer. Tezuka évoque ici un Japon sous menace étrangère d'armes de destruction massive et son histoire contient une vraie charge politique contre la guerre et ses conséquences sur les civils.

" Dans ce manga qui est une transposition à peine déguisée des conséquences des radiations sur les populations civiles touchées par l'explosion nucléiare, Tezuka esquisse la possibilité d'une vengeance de la part des victimes à l'encontre des responsables du désastre."

 

Edition française : Série complète en 3 volumes chez Tonkam à 6,95€

 

- X

de Clamp

 

x-01.jpgKamui Shiro était encore très jeune lorsque sa mère périt dans un grand incendie. Lorsqu’il revient à Tokyo 6 ans plus tard, Kamui ne veut rendre de comptes à personne et n’accepte aucune aide. Pourtant, dès son retour dans la capitale, il est abordé par différentes personnes vraiment étranges. Une ultime bataille approche pour décider du destin de la Terre et Kamui doit y jouer un rôle décisif. En choisissant son camp, il scellera l’avenir de l’humanité. Qui des Dragons de la Terre ou des Dragons du Ciel l’emportera ? L’humanité mérite-t-elle d’être sauvée ou faut-il la sacrifier pour sauver la planète ?

X est un manga fantastique inspiré de la Bible et plus particulièrement de l'Apocalypse, a ainsi vu sa publication suspendue durant plusieurs mois en 1995 : montrant de nombreux tremblements de terre, censés annoncer l'imminence de la fin du monde, le manga avait heurté la sensibilité de nombreux lecteurs, alors que Kobe venait d'être touchée par un séisme.

 

Edition française : Série en cours en 18 tomes chez Tonkam à 6,95€.

 

- Global Garden :

de Saki Iwatari

 

global-garden-01.jpgA l'aube de sa mort, Einstein regrette son implication indirecte dans la conception de la bombe nucléaire. Il émet alors le souhait que la Terre devienne un havre de paix. Il rencontre deux enfants, Hikaru et Haruhi, qui voient le passé, et aussi l'avenir, dans leurs rêves. Ils lui racontent que, depuis les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, l'arbre de vie, Yggdrasil, est mourant. Cet arbre permet l'équilibre de la planète. Mais ils ont aussi vu le futur dans lequel cet arbre revivra grâce à une jeune fille dotée d'un pouvoir étrange. Einstein les aide à se procurer des médicaments ralentissant la croissance pour qu'ils puissent rencontrer cette jeune fille qui pourra exaucer son dernier vœu.

 

Edition française : série complète en 8 volumes chez Delcourt à 6,95€.

 

- L'école emportée :

de Kazuo Umezu

 

ecole-emportee-01.jpg"L'école emportée" narre la disparition brutale d'une école primaire et de tous ses occupants, mystérieusement projetée dans un monde désertique, dépourvu de vie, où le sable dispute à un ciel aux brumes obscures les limites incertaines de l'horizon noir. Complètement dépassés par la situation, les adultes chargés de la protection des enfants vont se révéler incapables d'assurer leur rôle. Certains laisseront libre cours à leur folie naissante, d'autres préfèreront le suicide. C'est dans ce monde que les enfants, désemparés, à court de repères tant familiaux que géographiques, se devront à eux seuls de s'accorder l'espoir d'une survie improbable.

 

Edition française : Série complète en 6 volumes chez Glénat à 7,50€ le tome.

 

- Jacaranda

de Shiriagari Kotobuki

 

Jacaranda-01.jpgAu beau milieu de Tokyo, perçant le béton, jaillit une jeune pousse d'arbre qui devient arbuste en un temps record, puis arbre. L'arbre se mue en gigantesque Jacaranda dont racines et branches détruisent les blocs de béton qui forment la ville. La panique des habitants achève de détruire la ville qui renaîtra sous un jour nouveau : un monde plus vert.

Le monde détruit par la nature...

 

Edition française : Oneshot chez Kanko à 11€

 

 

- Tokyo, fin d'un monde :

de Junichi Noujou

 

tokyo-fin-dun-monde-t1-01.jpgÀ l'époque du lycée, Yuma Oda a laissé un souvenir impérissable à l'un de ses professeurs : il a lévité, puis plongé toute sa classe en léthargie avant de disparaître ! Quelques années plus tard, Miho Omori est la seule ancienne élève à être sortie de l'hypnose collective. Elle travaille au « bureau de recherches des communications futures », un service du gouvernement qui s'intéresse au paranormal. Son chef, Taro, enquête sur Yuma Oda, qui serait l'un des mystérieux « hommes du futur ». Qui sont-ils ? Quel est leur but ? Le temps presse : partout dans Tokyo, les signes avant-coureurs d'une catastrophe s'accumulent...

 

Edition française : série en 3 volumes chez Delcourt à 6,95€. Le premier tome est sorti cette semaine !


 

 

Dans le même genre d'idée, il est pertinent aussi de noter que le gentil Astroboy, le robot préféré des petits japonais comme des grands, est mû par l'énergie atomique...

Les japonais ont un rapport très important à la science : ils ont été battus par elle (par la bombe) et ce sera par elle qu'ils réussiront à regagner leur valeur.

Ainsi les technologies sont extrêmement développées dans leur société mais dans un but éminemment pacifique. Malheureusement les japonais découvrent qu'elles peuvent également être destructrices et qu'une mauvais utilisation de la part de l'homme peut entrainer un bouleversement du monde.

Et quand l'homme bouleverse et pollue la nature, la Nature se venge....

 

 

 

Voilà ! C'était une petite sélection non-exhaustive !

Si vous avez connaissance d'autres titres, n'hésitez pas à m'en informer par commentaires !

 

Un autre article traitant du sujet dans les romans japonais suivra...

 


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Published by Choco - dans Manga
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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 14:00

 

immigrants-01.jpg

 

Dessinateurs : Collectif

Scénariste : Christophe Dabitch

 Editeur : Futuropolis

Date de parution :  Novembre 2010 

Prix : 19 €

  118 pages

 

 

 

  "Immigrants" est un album collectif réunissant 13 auteurs de bande dessinée et 6 historiens, le tout est dirigé par Christophe Dabitch qui a scénarisé les différents témoignages. Vous l'aurez compris, le thème de ce recueil est l'immigration, sujet toujours plus que jamais d'actualité dans la France d'aujourd'hui...

Le partenariat avec l'association BD Boum, connue pour son investissement dans l'action sociale à travers des témoignages présentés dans des albums de bande dessinée (les albums "Paroles de"  tox, de taulards, de sourds, d'illetrisme ) est d'autant plus cautionnante.

 

Nous avons donc 11 histoires indépendantes, chacune réalisé par un dessinateur différent.

Il y a une femme angolaise violée et torturée qu'on réussit à faire passer en France. Il y a une famille tsigane de Roumanie qui trouve dans notre pays les moyens de faire soigner leur fille malade mais aussi la violence et les expulsions intempestives de la police. Il y a Jamshid, le petit iranien, qui part à Paris et oscille entre ses 2 cultures. Il y a un politicien de l'opposition gambienne traqué par l'armée qui finit comme employé de nuit dans un hôtel. Il y a Naïma, la jeune intellectuelle arabe qui a truvé dans la culture de quoi dépasser le statut misérable d'immigré de ses parents. Et il y a tous les autres...

Tous ces immigrants, partis de leur pays pour des raisons différentes, évoquent leur rapport à la France, leur intégration, le poids d'être un étranger. Ils y ont trouvés la paix mais parfois aussi la violence et le racisme.

Evitant tout cliché et tout misérabilisme, l'album offre un panel élargi et non exhaustif de situations personnelles, privilégiant l'aspect humain et la réflexion sur le déracinement et l'intégration. Racontés à la première personne, chaque histoire se révèle touchante, parfois poignante tant nous rentrons dans l'intime de la personne.

 

Au milieu de ces récits, s'intercalent des textes d'historiens extrêmement bien documentés qui éclairent de façon simple et précise l'histoire de l'immigration dans notre pays. On nous rapelle que l'immigration ne date pas d'aujourd'hui et qu'elle fait partie constitutive de son évolution, qu'elle a été nécessaire et utile à la France. On y abordera par exemple le statut des femmes migrantes, le rôle du sport dans l'immigration ou bien encore les stéréotypes de l'immigration asiatique.

 

D'un point de vue graphique, pas d'homogénéité bien évidemment au vu du nombre de dessinateurs. Sont présents : Etienne Davodeau, Christian Durieux, Benjamin Flao, Manuele Fior, Christophe Gaultier, Simon Hureau, Etienne Leroux, Kkrist Mirror, Diego Doña Solar, Troub’s et Sébastien Vassant. Chacun possède sa patte personnelle, soit en couleur, soit en noir et blanc. Certains témoignages sont très réussis, d'autres paraissent plus brouillons, plus confus.

Néanmoins, la visée éducative et citoyenne de cet ouvrage fait oublier les quelques défauts présents. Car toute la force de cet album est dans le propos : prônant tolérance et humanité, "Immigrants" ne pourra que vous toucher au coeur.

 

" Penser l’immigration uniquement comme un problème, un phénomène récent, ou une perturbation extérieur du cours normal de l’histoire du pays, c’est se condamner à ne rien comprendre du monde dans lequel nous vivons et oublier que l’immigration est prise dans notre histoire. "

 

Certains hommes politiques d'aujourd'hui devraient en prendre de la graine....

 

 

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immigrants 02

 

 

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bd du mercredi

 

 

 

Cet album était un conseil de Mo' !


palseches

 



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