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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 08:00

 

 

 

Tour noire 01

 

Auteur : Louis Bayard

Editeur : Le cherche midi

Date de parution : Octobre 2010

Prix : 22 €

  403 pages

 

 

 


 

Tour noire 03Paris, 1818. Louis XVI et Marie-Antoinette ont été guillotinés, Napoléon a été exilé et les Bourbons sont revenus au pouvoir.

Hector est un jeune étudiant en médecine qui vit avec sa mère, veuve, dans une maison qui accueille quelques pensionnaires pour permettre d'améliorer l'ordinaire quelque peu difficile. Son quotidien est rigide et fait de nombreuses petites habitudes desquelles il ne dévie pas. Pourtant, l'imprévu va survenir en la personne de Vidocq. Un meurtre, lié à la personne d'Hector, a été commis et le célèbre inspecteur compte bien s'adjoindre l'aide du jeune homme dans la résolution de cette enquête, bon gré, mal gré. Voici donc notre jeune étudiant un peu naïf mais néanmoins perspicace entrainé à la suite de Vidocq dans les méandres de l'histoire et de la royauté. En effet, l'enquête va les mener sur les traces du Dauphin, le petit Louis XVII (serait-il véritablement mort ?) et par la même occasion sur le passé du père d'Hector...

 

 

Quand j'ai reçu cet ouvrage, j'étais un peu sceptique. Je ne suis pas grande amatrice de polar historique encore moins de la France du 19ème siècle. Et pourtant, ma lecture fut une très bonne surprise !

Nous sommes loin du "meilleur thriller historique" annoncé sur la couverture (je ne dois pas avoir la même notion du thriller que l'éditeur mais bon...) mais la lecture fut des plus agréables !

 

Le narrateur de cette histoire est Hector lui-même. Il rapporte avec brio son aventure en compagnie de Vidocq. Nous plongeons dans le Paris de l'époque avec intérêt et découvrons l'époque de la Restauration de l'intérieur : ses aristocrates et ses dames qui tiennent salon, ses petites gens qui survivent tant bien que mal, les quartiers misérables de Paris et ses prostituées, les petits larcins et les grands crimes. C'est précis sans être rébarbatif et innaccessible.

Bref, j'ai pris pour ma part, une petite leçon d'histoire (mais comme je le disais, cette époque là c'était pas trop mon truc donc je ne pouvais qu'apprendre des choses !).

Et puis, il y a les personnages. Vidocq tout d'abord qui est un personnage truculent avec de la gouaille à revendre, qui se grime et se transforme au gré des besoins et en impose au jeune Hector. Hector, qui se révèle plus faible, plus malléable va malgré tout trouver son intérêt dans cette histoire qui le plongera dans sa propre histoire familiale. Attachant par sa bonté et ses questionnements, il finira par se libérer au contact de Vidocq. On pourra juste regretter que certains personnages secondaires ne soient pas assez fouilllés.

L'intrigue, quant à elle, est sujette à révélations et à rebondissements. On ne s'ennuie pas une seconde. Le récit est rythmé et alterne entre l'époque d'Hector (la Restauration) et celle de son père (la révolution). Le lecteur découvrira d'ailleurs au cours du récit de nombreux encarts issus du carnets de notes du paternel, notes qui intriguent au début mais finissent par donner tout son sens au récit. Le père d'Hector aurait en effet été le médecin de la famille royale, enfermée à la prison du Temple, la fameuse Tour noire, et aurait plus particulièrement soigné le Dauphin, jeune garçon de 10 ans alors.

 

Tour noire 02Prison du Temple - Paris


 

" La tour noire" se révèle donc un bon polar historique où le lecteur suivra une enquête à énigmes dirigé par un "couple" d'enquêteurs qui se complètent plutôt bien.

N'étant pas une adepte du roman historique, je ne suis pas trop exigente sur ce sujet mais peut-être que certains trouveront les références trop légères à leur goût.

Pour ma part, j'ai passé un bon moment et ce fut suffisant. Et ayant été prise par l'histoire que je ne n'ai finalement pas pu lâcher, je vous le recommande !

 

 

Les avis de Karine, Ys, Gruikman, Neph.

 

 

Merci à Solène et aux Editions du Cherche-Midi pour cette découverte !

 


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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 13:00

 

 

Merci à Cynthia que finalement, je ne remercie pas ^^

 

 

1) Combien de fois avez-vous été en librairie, en bibliothèque ces trente derniers jours?
1) Zéro fois 2) 1 à 10 fois 3) Plus de 10 fois

 

-> réponse 2 : 3/4 fois (?)

En même temps, je ne sais pas trop si ça compte vu que je travaillais encore en librairie puis que j'y suis allée pour voir mes anciens collègues et pas pour faire des achats...

 

2) Combien de livres ont rejoint votre PAL depuis?  (hormis les emprunts de bibliothèque, une PAL étant la pile dont on ne se débarrasse pas comme ça et qui peut croupir chez soi des années) 
1) Zéro 2) 1 à 5 3) Plus de 5

 

-> réponse 2 : oui seulement !

parce que mes derniers achats sont majoritairement de futurs cadeaux.


la plupart des autres sont des titres déjà lus que je voulais avoir dans ma bibliothèque :

- L'invitation - Mermoux (BD)

- Le bleu est une couleur chaude -Maroh (BD)

- Le collectionneur -Toppi (BD)

- La chenille - Maruo (Manga)


Au final, les derniers ajouts à ma PAL sont :

- Le coeur régulier - Olivier Adam

- Au japon ceux qui s'aiment ne disent pas je t'aime

- plus forte que le sabre, tome 1 et 2 (Lus, avis à venir)

-  Kyoto limited express (billet publié)

 

Super raisonnable donc ! Il est surtout temps d'attaquer cette foutu PAL !

 

 

3) Combien de livres dans votre LAL au cours des trente derniers jours?
1) Zéro 2) 1 à 10 3) Beaucoup plus

 

-> réponse 3, approximativement....

Avec la rentrée de janvier, les titres se multiplient... heureusement que quelques livres voyageurs vont venir ou sont venus jusqu'à moi !

 

4) Un livre lu en entier ces trente derniers jours? Faisait-il partie de la PAL? S’agit-il d’une nouvelle acquisition?

1) Aucun 2) Oui, et il faisait partie de la PAL 3) Oui, et il s’agit d’une de mes acquisitions de l’année

 

-> réponse 2 et 3

oh oui, peut-être une dizaine de titres sortis de la PAL...

Certains très récents comme le Kyoto limited express et d'autres bien plus anciens comme La distance entre nous (à venir)

Il faut mettre à part en plus, 2-3 partenariats qui ne pouvaient trainer trop longtemps.

 


5) Un défi entamé pendant ces trente derniers jours?

1) Défi? 2) Entamé oui 3) Fini même

 

-> réponse 2 !

ça suffit les défis ! 2 de plus rajoutés en début d'année... faut pas pousser mémère dans les orties non plus ^^

Bon oui j'ai entamé ou continué quelques défis...

- Le challenge Women BD

- Le challenge Oates

- Le challenge PAL sèches

- Le challenge 1% littéraire

- Le challenge In the mood for Japan

 

 


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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 08:00

 

doubt tome 1 1

 

Auteur : TONOGAI Yoshiki

Editeur : Ki-oon

Série en 4 tomes - Terminée

Date de parution : Août 2009, Novembre 2009, Février 2010, Juin 2010

Prix : 7,50 € le tome

  224 pages

 

 

Rabbit Doubt est un nouveau jeu qui fait fureur au Japon. Se déroulant sur internet, un groupe de "lapins" doit découvrir qui est le "loup" caché parmi eux. Le but étant de l'identifier avant qu'il tue tous les participants. 

Six fans du jeu se retrouvent à l'extérieur pour faire connaissance et partent passer un bon moment dans un karaoké. Malheureusement, ils vont se réveiller enfermés dans un batiment abandonné, le corps tatoué d'un mystérieux code-barres. Quand ils découvrent qu'une des jeunes filles du groupe a été tuée, ils réalisent qu'ils sont dans une partie de Rabbit Doubt, grandeur nature... Ils ne leur restent plus qu'à dénicher le loup...

 

Cette courte série rappellera peut-être des souvenirs à quelqu'un. Pour ma part, j'ai tout de suite pensé au film Cube où un groupe de gens se retrouvent enfermés dans un cube labyrinthique. Un huis-clos qui exacerbe les tensions et l'égoisme de chacun. D'autre part, ça m'a  également rappelé le manga "Duds Hunt" où on retrouve l'idée du jeu où tous les coups sont permis.

Bref, vous l'aurez compris, il s'agit ici d'un manga plutôt ciblé pour les adolescents et adultes car ça va plutôt saigner dans cette histoire.

 

Un groupe de jeunes se retrouvent donc, de façon inexpliquée, enfermés dans un ancien hopital psychiatrique glauque au possible, sans possibilité de communiquer avec l'extérieur. Un "loup" tueur se cache parmi eux et tout le monde ignore son identité. Vous vous doutez bien que les suppositions vont aller bon train et que chacun va soupçonner l'autre. Des groupes se forment, des affinités et des innimités se dessinent mais les morts continuent... La paranoia commence à régner et certains commencennt même à s'attaquer à leurs camarades. En même temps, ils explorent les lieux pour chercher une sortie mais font d'autres découvertes bien déplaisantes.

 

Si le début du manga manque de fluidité (l'introduction des personnages n'est pas pas assez creusée) et de réalisme ( la mort de la première fille ne semble pas les effrayer plus que ça...), le récit prend rapidemment de la force et plonge dans les méandres du cerveau des personnages. Passant d'un point de vue à un autre, on découvre les interrogations de chacun d'entre eux, leurs doutes, leurs suspicions, leurs peurs. Comme eux, on cherche qui est le loup du groupe et comme eux, on valse entre plusieurs solutions.

Je n'ai d'ailleurs, pour ma part, pas vu arriver le final qui m'a franchement surprise !

 

"Doubt" est finalement plutôt un bon manga très efficace même si le tome 1 a eu du mal à me convaincre totalement.  Pas exempt de défauts mais suffisament bon et original pour passer un très bon moment (si je puis dire, vu le sang versé ^^) en sa compagnie.

 

Je remercie Kactuss d'avoir porté mon attention sur cette parution et vous le conseille également !

 

Les avis de Kactuss, David, Mr ZombiZorblog, Bulles et Onomatopées, Iluze, Ys,

 

 

doubt-tome-1-3.jpg

 

 

 

doubt-tome-1-4.jpg

 

 

 

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 08:00

 

trop n'est pas assez 01

 

Auteur : Ulli Lust

Editeur : ça et là

Date de parution : Novembre 2010

Prix : 26 €

  463 pages

 

 

Vienne, 1984. Ulli est une jeune fille autrichienne de 17 ans, une gentille punkette qui passe son temps avec les copains à refaire le monde et à boire. Les chambres sont squattées par les uns et les autres. L'ambiance est plutôt libertaire et la famille assez loin. Un jour débarque Edi, une nana quelque peu délurée qui n'a pas froid aux yeux. Les deux sympathisent et décident de partir sur un coup de tête pour prendre la route, direction l'Italie. Mais le goût de l'aventure et de l'interdit les mèneront surement un peu plus loin qu'elles ne l'auraient souhaités.

 

Parties les mains dans la poche, sans passeport, sans bagage, sans argent et sans prévenir personne, Edi et Ulli sont pourtant bien décidés à franchir la frontière et à prendre du bon temps. En faisant du stop et en prenant des chemins détournés, elles débarquent en Italie, joyeuses et insouciantes. Pourtant sur place, elles rejoignent le milieu des marginaux et découvrent la nécessité de la survie : il faut trouver de l'argent de quelque manière que ce soit. Mendicité, vols et bientôt offres de gâteries diverses pour avoir à manger. La violence règne, les bastons sont récurrentes, la drogue fait aussi des ravages et la mafia n'est pas loin. Si Edi couche sans scrupules avec des hommes pour un simple repas ou par pur plaisir, Ulli a un peu plus de mal avec tout ce qui touche au sexe.


  " Même si je m'efforçais de jouer les dures à cuire, mes besoins érotiques étaient étonnamment innocents. Embrasser, des câlins, je trouvais ça super. La baise, je m'en fichais. "

 

Passant de Vérone à Rome puis s'enfonçant un peu plus vers le Sud et la Sicile, les 2 amies vont peu à peu découvrir que les italiens sont de plus en plus intéressées par les parties de jambes en l'air potentielles qu'elles représentent. Leurs regards se faits de plus en plus lourds et leurs demandes de plus en plus insistantes. Pour eux, une étrangère est une fille facile, voire une pute.

 

" Le pire, c’est d’être matée et pelotée sans arrêt, le viol mental. D’être traitée comme un petit toutou, qui par hasard sait parler. Mais ce que toutou dit, tout le monde s’en fiche. "


Le mode de vie des 2 punkettes basé sur la liberté commence à trouver ses limites et se fait de plus en plus inquiétant. A raison car le drame finit par arriver. Ulli perd le contact avec Edi mais continue malgré tout son voyage seule. Elle tombe de déchéance en déchéance et ses retrouvailles avec Edi n'y changeront rien.

Edi, inconsciente, les entraine dans les mains de mafieux sans scrupules avant d'abandonner son amie.

Les 2 mois de voyage se termineront abruptement. Ulli rentrera chez elle, seule, avec ses illusions perdues.

 

Récit autobiographique, "Trop n'est pas assez" est la chronique amère et violente d'un voyage initiatique qui conduira notre héroine sur la voie du désenchantement.

Exaltée par la liberté et les interdits bafoués, Ulli va pourtant découvrir la face noire des hommes.

L'idéal punk et ses idées libertaires sont bien mis à mal dans ce récit qui n'épargne pas non plus l'amitié et ses petites trahisons.

L'auteur décrit, sans complaisance aucune envers elle-même et avec beaucoup de recul et d'à-propos son expérience quelque peu borderline qui l'a emmené au-delà des limites qu'elle souhaitait. Cru et sans équivoque, elle évoque sans pudeur la sexualité, devenue un moyen de se protéger, de se nourrir plutôt que de se donner du plaisir.

Un récit toujours sur le fil mais qui ne tombe pas dans le glauque et sait se ménager des passages plus légers où l'humour affleure.

L'odyssée italienne d'Ulli est entrecoupée ici de passages textuels, extraits de son carnet de voyage, donnant ainsi une résonnance encore plus forte et réaliste de son périple.

Ce voyage en Italie restera indélébile pour Ulli, marquant d'une certaine manière la fin de l'enfance et de ses illusions. Découvrant la cruauté et l'oppression masculine, son regard sur le monde sera à jamais changé et laissera place à une vision plus féministe des choses.

 

On notera le graphisme, plutôt surprenant avec sa bichromie dans les tons verts, et son trait simple assez expressif qui sert bien le propos.

 


Prix révélation Angoulême 2011.

 

L'avis d'Yvan.

 


 

trop-n-est-pas-assez-02.jpg

 

 

trop-n-est-pas-assez-03.jpg

 

 

 

Et pour lire les 37 premières pages, c'est juste en dessous....

 


 

 

bd du mercredi

 

Bd du mercredi avec Mango

 

 

palseches

 

Challenge PAL sèches chez Mo'

 

 

Women bd

 

Challenge Women BD chez Theoma

 

Challenge roaarrrPrix révélation 2011


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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 14:10

 

Chers blogolecteurs,

 

ça fait un petit moment qu'une idée me trotte dans la tête...

je me décide à vous la proposer !

Vous connaissez un peu mon goût pour la photo.

Je participe aux dimanches en photo de Liyah et aux self-portrait du Jeudi.

Je fréquente depuis peu un forum photo qui organise tous les mois des concours.

Mais je suis loin d'être au niveau pour y participer...


Alors je me disais : pourquoi pas faire ce genre de petit concours parmi nous ?

Je sais qu'il y a quelques photographes amateurs dans le coin.

 

Donc voilà :

J'aimerais bien organiser une sorte de petit concours bon-enfant pour photographe débutant ou amateur.

Un thème serait donné chaque mois.

A la fin, je ramasse les copies et publie anonymement nos oeuvres sur mon blog.

J'inviterais les blogueurs à voter.

Et le photographe qui aurait recueilli le plus de vote se verrait éventuellement gratifié d'un petit cadeau (chocolat, livre, ou que sais-je encore !)

 

La grande question est :

Est-ce qu'il y aurait des amateurs ?

 

Pas d'obligation de participer tous les mois.

Pas besoin d'avoir un appareil photo de compétition.

Pas besoin d'avoir envie de devenir un grand photographe.

 

C'est juste un petit rendez-vous amusant pour parler un peu d'autres choses que les livres

 

Alors il y aurait des amateurs ?

(Dites oui ! Dites oui !)

 


photographe.jpg

 

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 13:32
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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 08:00

 

Kyoto Limited Express 01

 

Auteur : Olivier Adam

Photographe : Arnaud Auzouy

Editeur : Points Seuil

Date de parution : Octobre 2010

Prix : 8 €

  176 pages

 

 

Simon Steiner est de retour à Kyoto. Voilà 3 ans qu'il avait quitté le pays où il a vécu avec sa femme et sa petite fille. Aujourd'hui, il est seul. Seul sur les traces du passé et de ceux qu'il a aimés et perdus. Il y rencontre Hiromi, une japonaise qui l'accompagnera dans sa quête, et déambule inlassablement dans la ville.


 

Kyoto Limited Express 02

 

On connait le goût de l'auteur pour le Japon et sa tendance à écrire sur l'absence et la disparition. Nous retrouvons ici les thèmes chers à l'auteur dans ce petit opus qui est sorti directement en poche.

Chloé, la fille de Simon a disparue "avec ses quatre ans pour toujours", son couple s'est délité et sa femme l'a quitté. Il revient à Kyoto sur les traces de sa vie passé où le bonheur était palpable.

La ville est toujours égale à elle-même alors que la vie des hommes s'écoule.

 

“Ici rien n'avait changé, la texture de l'air, l'inclinaison du soleil, le rythme des jours. Mais de nous rien ne subsistait.

 

 

Kyoto_Limited_Express-03.JPGLe pavillon d'or - Kyoto

 

 

C'est un livre subtil, poétique et mélancolique qui ne se raconte pas et se découvre avec délectation. L'homme est malheureux, sa détresse palpable. Une douleur sourde qui laisse place à la lenteur et paradoxalement à la quiétude.

Les descriptions de Kyoto, détaillées et parfaites, nous transportent directement dans la ville qui oscille entre tradition et modernité.

 

"Depuis combien de temps suis-je ici ? Des jours, des semaines, des mois. Peu m'importe. Dans cette ville le temps s'écoule sans forme ni contour, les jours se mêlent jusqu'à se confondre, fluides et désarmés. il y a trois ans, lors de mon premier séjour ici, dès les premiers instants j'avais été saisi. Un sentiment de familiarité. D'accord immédiat. De Kyoto je n'avais rien découvert. J'avais tout reconnu. Comme si la ville, sa géographie, sa lumière, la texture de l'air, l'écoulement du temps étaient inscrits en moi depuis longtemps, depuis toujours."

 

Mais ce qui fait le charme supplémentaire de cet ouvrage, ce sont les photos. En effet, à chaque page de texte répond une photo en vis à vis. Parfaitement adaptées, elles éclairent d'autant plus le texte qu'on y trouve d'étranges correspondances. Il serait d'ailleurs intéressant de savoir si c'est le texte qui a inspiré le photographe ou l'inverse. On y croise des écolières perdues dans la multitude, des solitaires en contemplation. On parcourera les nombreux jardins japonais, on observera la ville du haut des immeubles, on traversera la ville avec ses bars, ses petits marchands, et ses temples....

 

 

Kyoto_Limited_Express-04.jpgTemple Heian - Kyoto

 


Je n'en dirais pas plus : découvrez-le !

C'est un petit bijou littéraire et visuel qui se passe de commentaires.

 

N'hésitez pas à visiter le site du photographe

où vous pourrez découvrir une nouvelle sélection de photos pour accompagner le texte.

 

 

L'avis de Snowball -


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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 08:00

 

cahier bleu 01

 

Auteur : James A. Levine

Editions :

Buchet-Chastel - Janvier 2010 - 228 pages - 19€

Pocket - Janvier 2011 - 248 pages - 6,50€

 

 

 

Batuk est une jeune indienne de 15 ans. Le récit que nous lisons est une sorte de journal intime où elle y déverse sa vie et ses souffrances. Car Batuk n'est pas une jeune fille comme les autres... Nous allons très vite découvrir qu'elle a été vendue par sa famille pour devenir prostituée, à l'age de 9 ans.

Sa vie est très difficile et son seul espace de liberté est ce carnet et ce crayon qu'elle trouve un jour et qui lui permettent de raconter son histoire. Ses souvenirs et les histoires qu'elles inventent lui permettent de tenir mais parfois la violence de l'homme est plus forte.


 

cahier-bleu-03.jpg

 

Batuk est une petit campagnarde dont la famille a des difficultés financières. Elle vit avec ses frères et soeurs à l'écart de la ville et se berce des contes que lui raconte son père. La tuberculose qui la maintient à l'hopital pendant de nombreuses semaines lui permet d'apprendre à lire et à écrire. Ses parents sont fiers et espèrent qu'elle fera des études. Hélas, un jour, le père de Batuk l'emmène à Bombay.

La petite fille comprendra plus tard que son père l'a abandonné et vendue pour devenir une esclave sexuelle. Elle a 9 ans, elle est vierge et des hommes se battront aux enchères pour obtenir une première nuit "d'amour" avec elle.... Ainsi commence sa nouvelle vie...

S'ensuit alors le parcours de la jeune indienne. Séquestrée dans un bordel, on assiste à son quotidien : les visites des hommes attirés par sa jeunesse, le rôle qu'elle a appris à jouer, son apprentissage de prostituée dans un pseudo "Orphelinat", les visites des policiers qui se font payer en nature pour fermer les yeux, mais aussi son amitié avec le jeune Puneet , seul garçon de l'établissement qui se verra bientôt enlever sa masculinité.

Parallèlement elle évoque sa jeunesse heureuse, les veillées familiales, sa capacité à lire et écrire qui est une chance pour son milieu.

Plus loin, nous la verrons évoluer dans un hotel de luxe. Sa compagnie a été achetée très chèrement pour le fils d'un homme de pouvoir. Violent et impuissant, il va faire de batuk son esclave et lui faire payer ses défaillances.


 

cahier-bleu-02.jpg

 

Vous l'aurez compris, ce récit vous plonge dans un déluge d'horreur : violence morale, coups physiques, viols, etc... Vous aurez droit à toutes les ignominies que cette petite fille va subir.

Et autant vous le dire tout de suite, je n'ai pas du tout aimé ce récit !

L'intention de l'auteur est certainement louable. Médecin ayant enquêté sur le travail des enfants, Lévine a voulu témoigner de l'existence encore trop courante de ces petites esclaves sexuelles. Il faut savoir qu'il existe plus d'un million d'enfants prostitués en Inde.

Sauf que le récit, écrit comme une sorte de témoignage réaliste, en prend tellement la forme que je me serais cru dans un de ces nombreux textes qui n'offre aucun intérêt littéraire et se contente d'offrir voyeurisme et sordide à souhait.

En effet, je n'ai pas attendu Monsieur Lévine pour connaître l'existence de ces esclaves sexuelles indiennes, hélas. Je n'ai rien appris avec ce roman, je suis juste tombé dans un abîme de dégoût à voir les sévices subis, étalés ici avec un luxe de détails dont on se serait bien passé.

Le roman aurait pu être aussi fort sans cette insistance sur les aspects glauques de l'histoire.


 

cahier-bleu-05.jpg

 

 

Au niveau de l'écriture, on oscille entre naiveté et maturité. Vu la situation de cette gamine projetée dans un monde adulte, on peut comprendre cette ambivalence. Néanmoins, la voir nommer l'acte sexuel "faire du pain au lait" à 9 ans est tout à fait concevable mais le fait l'est beaucoup moins à 15 ans, au bout de 6 ans de prostitution. De même, le sexe de l'homme se trouve affublé d'un surnom (?) indien qui est censé adoucir le terme si je puis dire ; l'anus est le "trou marron", le sexe féminin un "lapinou". Mais quand on voit la crudité de certains actes décrits ici, on se demande bien l'intérêt d'une telle précaution. On peut également douter du niveau de langue d'une personne qui n'a que quelques semaines d'apprentissage de la langue mais passons.

C'est fort dommage car le roman recèle malgré tout de beaux passages. Mais le rapport à l'écriture de Batuk ne m'a pas semblé suffisamment exploité au profit de son quotidien de prostituée.

 

" Je ne sais pas trop dans quel but j'écris, mais je frissonne à l'idée qu'un jour je puisse regarder en arrière et lire de quel façon je me suis liquéfiée dans mon encre jusqu'à n'être plus rien - juste lui appartenir. "

 

 

cahier-bleu-04.jpg

 

"Le cahier bleu" est bien évidement un livre dérangeant sur un sujet difficile, qui ne laissera personne indifférent. Certains trouveront qu'il fallait que ce soit dit et que la situation des enfants esclaves doit être mis en avant. Certains découvriront peut-être le sort de ces jeunes indiens.

Tout le monde l'a trouvé bouleversant et nécessaire... Pas moi...

 

A noter :

Les droits d'auteur du livre seront reversés au centre international pour les enfants disparus et exploités : www.icmec.org


 

Les avis de Stephie, Clara, Gambadou,... d'autres ?

 

 

 

 

cahier-bleu-06.jpg

Les photos de l'article sont de Mary Ellen Mark

Je vous invite à aller découvrir les autres photos de son reportage

au sein de Falkland Road, l'une des pires rues de Bombay...

Parfois les images parlent plus que les mots...

 

 

 

logotwitter2.jpg


 

Merci à BOB et aux Editions Pocket !

 


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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 08:00

 

 

Situé à New York, sur Madison Avenue, ce café a été désigné par Nema Workshop.

Le café étant à proximité de la New York Public Library à Bryant Park, le propriétaire a demandé une décoration en lien avec celle-ci.

L'établissement a ainsi été recouvert de trompe-l'oeil (des rayonnages de livres) mais dans un sens complètement original qui donne l'impression que la pièce a été retourné !

 

 

  despresso 01

 

 

despresso-02.jpg

 

 

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despresso-04.jpg

 

 

D’Espresso, 317 Madison Avenue (42nd Street), (212) 867-7141.


http://www.despresso.com/

 

 


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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 14:00

 

parenthese 01

 

Auteur : Elodie Durand

Editeur : Delcourt, Encrages

Date de parution : Mai 2010

Prix : 14,95 €

  221 pages

 

 

A 21 ans, Judith est régulièrement atteinte de pertes de mémoire et de courtes absences. Les crises se multiplient, ses proches le lui font remarquer. Judith finit par consulter un médecin qui diagnostique de l'épilepsie et lui donne un traitement médical pour diminuer les crises. Pourtant ces dernières ne cesent de s'accentuer et finissent par devenir sérieusement handicapantes. Des analyses plus importantes s'imposent au cours desquelles les médecins décèlent une tumeur au cerveau.

 

Cette histoire que Elodie Durand nous raconte, c'est la sienne. Cachée sous le deuxième prénom de l'auteur, l'héroine est son alter-égo.

C'est le récit de sa maladie, 4 ans de douleur, de mémoire qui flanche et de souvenirs qui s'en vont,  de batteries de tests médicaux et d'opérations. 4 ans de sa vie donc que l'auteur cherche à retrouver.

Cet album est une manière pour elle de retrouver ces années perdues, de fermer la parenthèse d'une période dont elle a quasiment tout oublié.

 

Nous allons suivre Judith depuis ses premiers symptomes jusqu'à son rétablissement. Elle va évoquer ses premiers oublis, les "blancs" qui lui font zapper la conversation en cours, l'inquiétude de ses proches.

Quand le diagnostic de l'épilepsie tombe, la maladie continue de s'accélérer et Judith , n'est plus capable d'avoir une vie normale. Elle ne comprend plus le sens de ses études, elle perd ses capacités intellectuelles, elle oublie qui elle est, où elle habite, ne reconnait plus sa mère qu'elle suit comme une petite fille qui attend qu'on lui dise quoi faire. Elle dort toute la journée et ne veille que quelques heures par jour.


  " On est où là ? Il est quelle heure ? On est où là ? Il est quelle heure ? Là où je suis...

Je ne vois rien. Je ne sens rien. Je ne peux plus parler... Je ne peux plus entendre... "


Judith regresse, se perd mais sa famille, patiente, est toujours là à la soutenir.

L'opération a lieu, la tumeur est bombardée de rayons mais la rémission est lente, très lente.

Néanmoins, Judith finit par revenir mais sans souvenirs de ces années de maladie.

Les connaissances qu'elles croisent dans la rue et lui demandent de ses nouvelles la gêne : elle ne les reconnait pas, a tout oublié de leur souvenirs communs et peut difficilement leur parler de sa maladie.


  " Dans ma tête, ça allait dans tous les sens. J’étais un monstre. Un monstre s’était emparé de moi tout entière. Je n’avais plus de tête. Ma tête était une prison. Je ne pensais pas que je mettrais tant d’années à me réconcilier avec elle. "


Aujourd'hui, Elodie a voulu aller à la rencontre de ces années là, en interrogeant ses proches, en rassemblant leurs souvenirs à eux, leur ressenti et le sien.

Cela donne un album extrêmement touchant et pudique où aucun voyeurisme n'y a sa place. Loin d'être larmoyant, on y trouve au contraire des passages légers, légèrements ironiques de l'auteur sur elle-même.

Ce récit se révèle le témoignage fort d'une jeune femme qui se bat pour retrouver une vie normale et devenir celle qu'elle était,  un témoignage sur la mémoire qui a sans aucun doute une vertu thérapeuthique pour l'auteur qui nous confie ici ses peurs et ses doutes.

Aujourd'hui Elodie Durand est d'ailleurs devenu illustratrice.

 

Le trait de l'auteur est simple, en noir et blanc, fait avec de nombreux crayonnés sombres.

Elle a par ailleurs inséré dans son album d'autres dessins réalisés à l'époque de sa maladie : des personnages torturés qui reflètent bien le désordre mental de la jeune femme et accentue encore plus le relief de cette histoire.

 

Un grand album, tout simplement.

 

Prix Révélation du Festival d’Angoulême 2011

 

 

 

Les avis de Cécile, Yvan et de Mo'.

 

Une interview de l'auteur est à lire ici.

 

 

Quelques planches à découvrir :


 

 

 

bd du mercredi

 

 

Découvrez les autres participants chez Mango !

 

 

Women bd

 

Women Bd Challenge chez Theoma

 

Challenge roaarrrPrix révélation 2011

Prix BdBoum 2010


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Published by Choco - dans A importer
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Humeur

Le 26 Août 2013 :
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