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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 08:00

 

premier amour 01

 

Auteur : Joyce Carol Oates

Editions :

Actes sud - Juin 1999 - 90 pages - épuisé

Actes Sud, Babel - Aout 2006 - 90 pages - 5,50€ (épuisé)

 

 

 

 

Josie et sa mère ont quitté le foyer familial pour aller habiter chez la grand tante Esther. Aucune explication n'est donné à la petite fille de 11 ans qui doit s'accomoder de ce nouveau lieu à l'atmosphère froide et pesante. Sa mère se désinteresse d'elle pour mieux aller courir auprès d'amours éphémères et Josie se retrouve bien souvent seule. La seule personne qui lui porte un peu d'intérêt distant est son cousin Jared, jeune séminariste en vacances. Jared, plus agé que Josie (environ 25 ans), fascine la demoiselle. Attirée par ce jeune homme mystérieux, constamment retranché dans sa chambre où il se dévoue à Dieu, parmi les livres et les images pieuses, elle accepte de le suivre dans les marais, à l'occasion d'une rencontre innopinée. Josie a-t'elle croisé sur son chemin le serpent noir qui la hante et la dévorera ?

 

Ce court roman est à l'image des autres textes de l'auteur : extrêmement dérangeant.

Car ce que nous allons découvrir ici est que cette attirance que Josie a pour son cousin va se révéler d'autant plus malsaine que celui-ci va en jouer pour que la petite fille devienne l'objet de ses fantasmes érotiques.

 

premier-amour-02.JPGLa résurrection de la fille de Jaïre, 1861. (une des images de Jared)

 


 

Jared, prisonnier de son extrémisme religieux, est abruti d'images du Christ extatique souffrant sur la croix et instaure une relation sadique avec la petite fille, se plaisant à la faire souffrir.

Josie, elle, oscillant entre souffrance et amour, découvre à travers cette transgression une certaine liberté et aborde aux rivages de l'adolescence qui vont peu à peu l'éloigner de la figure maternelle.

 

" Autrefois, du temps de ma petite enfance, nous étions quasiment des égales, Mère et moi (car le pouvoir réside dans l'égocentrisme impitoyable, inconteté) ; avec le temps, à mesure que je grandissais, que j'émergeais chaque jour davantage de l'enfance, j'avais perdu mon pouvoir au profit de ma mère. Car elle était elle-même une enfant, une trompeuse et fascinante enfant prête à user de toutes les séductions afin qu'on l'aime et souhaite -ô si ardemment ! - être aimé d'elle. Ce qui était à jamais impossible, du moins selon ton désir. "


Le lien qui les unit va demeurer secret et l'ascendant que Jared va avoir sur Josie sera tel que la petite fille considerea leur relation comme de l'amour.

 

" Tu ne voulais pas appeler cela de l'amour, tu l'appelerais autrement, d'un autre mot, d'un autre nom. Fermant les yeux au point d'en être parfois étourdie, d'en avoir le vertige. Au point d'en éprouver une excitation, un effroi aux limites du supportable. Et je le revois, mon cousin Jared Jr. Tant d'années plus tard. Je vois une flamme verticale, une silhouette. Pas une personne. Si je m'efforce de me remémorer son visage, le son de sa voix et, au creux de mon ventre, cette sensation d'une clef tournant dans une serrure sitôt qu'il me touchait, je perds tout."

 

Et puis il y a la mère qui ne voit rien, toujours absente, qui considère sa fille à la fois comme une adulte et comme une petite fille.

 

premier-amour-03.jpg" Les doigts de Mère, véritables serres, avaient agrippé mes épaules osseuses. Ses yeux accusateurs sondaient les miens, ses yeux gris pâle teintés de bleu, parsemés de paillettes de mica quasi invisibles, comme certaines des pierres disséminées sur les berges de la Cassadaga.
"Tu ne peux rien me dissimuler ! Tu ne peux pas avoir de secret pour moi !"
Car il doit bien y avoir un jour - une heure, une minute ! - où pour la première fois, un bébé tente de leurrer sa mère : un moment où pour la première fois de sa vie, il exerce ce que l'on appelle sa volonté : le geste de tromperie instinctif, improvisé, le subterfuge qui deviendra partie intégrante de sa vie mentale. Si les parents sont en mesure de déceler un tel moment, il se peut qu'ils l'étouffent de telle sorte que l'intrigue ourdie par le bébé soit à jamais déjouée. "

 

 

 

 

Pourtant si le sujet parait plutôt glauque, Oates réussit haut la main à utiliser une langue pudique où rien ne transparait. Tout est dans le non-dit et les évocations subtiles que le lecteur saura intelligemment interpréter. Pas d'horribles descriptions de sévices, la métaphore et le symbilisme sont souvent présents ici. On pense d'ailleurs à ce fameux serpent noir, évoqué de façon récurrente par Josie, qui peut aussi évoquer le serpent du péché dans la Bible.

La religion, fort présente, est décrite par Oates comme un réservoir à frustrations et à fantasmes pervertis.

La relation mère-fille ne semble pas beaucoup plus équilibrante avec une mère tantôt absente, tantôt étouffante et offre, en place de tendresse, de grandes sentances sur la vie.

 

"Premier amour" est un roman troublant et fascinant. Décrivant à mots couverts, une relation obsène et malsaine où l'amour se dispute à la souffrance, il fait le portrait édifiant d'une jeune fille qui, dans ses premiers émois érotiques, se trouve pas tout de suite la force de se libérer d'une emprise qui la submerge.

 

J'ai pour ma part fort apprécié ce petit roman. Lu il y a 2-3 semaines, j'ai peut-être pu m'éloigner de l'aspect dérangeant que l'on ressent au prime abord et constate, en écrivant ce billet avec recul, toute la subtilité de ce texte !

Un roman qui ne plaira pas à tout le monde, c'est certain... mais qui est pourtant à découvrir !


 

Les avis de : Cynthia (que je remercie pour le cadeau !) et de Picwick.

 

 

 

 

challenge oates




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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 08:00

 

Apprenti 01

 

 

Auteur : Bruno Loth

Editeur : La boite à bulles

Date de parution : Janvier 2011

Prix : 17 €

  96 pages

 

 

 

Nous sommes en 1936, à Bordeaux. Nous suivons Jacques, un jeune homme de 16 ans, dans son apprentissage sur les chantiers navals.

Jacques est plutôt un bon élève à l'école et ses parents espèrent qu'il va réaliser de grandes études. Mais le jeune homme, devant les difficultés financières de la famille va préférer s'engager dans les ateliers de construction navale. Il va apprendre son métier avec Bertin qui va lui montrer comment se servir des outils et toutes les choses à savoir à l'atelier de traçage.

C'est aussi la découverte du sens de la hiérarchie. Les nouveaux apprentis, les arpettes, sont gentiment bizutés par les travailleurs aguerris et Jacques va devoir apprendre à se faire respecter.

A la fin de la journée, Jacques enfourne le vélo retapé de son père et va à la rencontre des plaisirs de son age.

 

Inspiré de la vie de son père, Bruno Loth fait surtout de "Apprenti" le portrait d'une époque emblématique où le monde ouvrier est en plein changement.

C'est l'époque du Front Populaire. Une certaine douceur de vivre règne. Les ouvriers, par leurs manifestations, ont obtenus la semaine de 40h et les congés payés. Les gens profitent des petits moments de plaisir : bals, pique-nique, sorties entre amis et même virée dans les maisons closes...

Hitler et la future deuxième guerre n'ont pas encore atteint le moral de la population même si la montée du nazisme est évoquée dans les conversations.

Graphiquement, les couleurs majoritairement grises et beiges donnent une ambiance douce et quelque peu suranné.

 

C'est donc un album sympathique dont il est question ici, entre portrait biographique et chronique historique d'un temps où les choses paraissaient plus faciles.

 

Une découverte que je dois à Mo' dont le billet est bien plus intéressant que le mien

 

 

palseches

 

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 12:20

 

 

Rencontres d'Arles 2010

Expositions "I am a cliché"

Echos de l'esthétique punk

 

Soit 24 expositions autour du punk... un régal !

 

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Jamie Reid

 

 

reid-01.jpgCliquez pour agrandir

 

 

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 08:00

 

jour-du-marche-01.jpg

 

Auteur : James Sturm

Editeur : Delcourt

Date de parution : Octobre 2010

Prix : 17,50 €

  96 pages

 

 

 

Début XXè siècle.

Mendleman est un tisserand juif dont la femme va bientôt accoucher. Comme chaque semaine, il va vendre ses tapis au marché. Mais ce jour-là, il découvre que son acheteur habituel a pris sa retraite et que pour son successeur, la qualité importe peu comparativement au prix... Tentant sa chance ailleurs, notre homme ne parvient malheureusement pas à écouler sa production. Effrayé à l'idée de ne plus pouvoir nourrir sa famille, l'artisan perd pied.

 

Mendelman est un homme de l'ancien monde, respectueux des traditions et fier de la qualité de son travail. Il va découvrir l'émergence d'un nouveau monde basé sur le profit, où seul compte le rendement et les coûts bas. C'est un homme inadapté qui voit l'invasion de produits manufacturés aux détriments des vraies valeurs et dont les créations se voient vendues au moins offrant. On pourrait d'ailleurs y voir aussi un parallèle avec la création d'une oeuvre artistique.

C'est aussi un homme que cette première paternité fait peur. Un homme qui s'interroge sur son existence, sur le sens qu'il lui faut donner désormais. Un homme qui n'hésite pas à prendre Dieu à parti et à mettre en doute sa foi.

 

C'est un album simple, sans fioritures, où la parole va à l'essentiel. Les traits sont épais et les couleurs forment de vastes applats. Une planche pourra se découper en 12 cases comme offrir un seul plan muet et contemplatif.


Se déroulant sur une seule journée, le récit transforme le quotidien ordinaire d'un homme en petit conte philosophique qui rend également hommage à la communauté juive d'Europe de l'Est.

 

A découvrir !

 


 

Un autre avis chez Du9.

 

 

 

 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 08:00

 

a quand les bonnes nouvelles 01

 

Auteur : Kate Atkinson

Editions : 

Editions de Fallois - 2008 - 20€ - 360 pages

Edition Livre de poche - Octobre 2009 - 6,95€ - 466 pages

 

 

Joanna Mason a 6 ans quand sa mère et sa soeur sont sauvagement assassinés sous ses yeux. Seule survivante, elle est devenu 30 ans plus tard le docteur Hunter, une mère de famille heureuse qui a su dépasser ses traumatismes. Pourtant, l'assassin vient de sortir de prison et l'inspectrice Louise Monroe surveille de près la jeune femme, par peur de récidive.

Reggie, 16 ans, s'occupe du bébé de Joanna. Sans famille, excepté un frère qui lui en fait baver, c'est une jeune fille un peu larguée qui s'est énormément attaché au Docteur Hunter et connait toutes ses habitudes.

Aussi, quand cette dernière est prétendument parti avec son bébé chez une vieille tante, selon son mari, Reggie est la seule à s'inquiéter et à imaginer une disparition. Elle se met à enquêter seule pour convaincre l'inspectrice Monroe et trouvera sur son chemin l'aide d'un certain Jackson Brodie, vieille connaissance de Louise...


 

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Premier roman d'Atkinson que je lis et très grand plaisir de lecture !

L'absence de référence aux précédentes aventures de Jackson Brodie n'a pas été un frein et donne d'autant plus envie de les découvrir !

Voilà un récit complexe où se succèdent différentes intrigues bien évidemment liées entre elles. En effet, la romancière alterne les points de vue et multiplie les approches de ce qui va se révéler un grand ensemble cohérent. Les histoires de chacun se recoupent et dénotent d'une habile construction de la part de l'auteur.

 

"A quand les bonnes nouvelles " est un roman très étonnant qui oscille entre roman policier et roman psychologique. Car si l'intrigue policière avec la disparition de Joanna est la première qui saute  aux yeux, le roman va bien au delà de ça.

L'analyse psychologique est poussée et le portrait qui est fait des personnages est dense. Chacun a une histoire forte, des failles qui conditionnent son mode de vie et ces faiblesses ne les rendent que plus attachants.

Les bonnes nouvelles ne sont d'ailleurs pas légion dans ce roman qui s'attache particulièrement au destin qui malmène l'Homme...


"Ce n'est pas parce qu'il  vous est arrivé quelque chose d'horrible une fois que ça ne peut pas se reproduire."

 

Mais loin d'être plombant, le roman se trouve aussi ponctué de petites touches d'humour et d'ironie.

Les personnages semblent englués dans le malheur et une succession de malchance. Pourtant, loin de se résigner, ils continuent d'avancer envers et contre tout. L'amour d'un homme, d'une femme, d'un enfant, ou même de la vie, les oblige à se dépasser et à continuer à croire dans un avenir qui semble malgré tout bouché.


  "Vraiment, chaque fois qu’on disait au revoir à quelqu’un, on devrait faire attention, juste au cas où ce serait la dernière fois. "

 

 

Bref, tout ceci nous donne un excellent roman auprès duquel il serait dommage de passer !

J'en veux encore ! :)


 

 

Les avis de Cuné, George, Joelle, Mango, Keisha, Cathulu, Clara, Brize, Aifelle, Hélène, ...

 

 

 

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 08:00

 

brooklyn-01.jpg

 

Auteur : Colm Toibin

Editeur : Robert Laffont, pavillons

Date de parution : Janvier 2011

Prix : 20 €

  314 pages

 

 

Eilis est une jeune irlandaise qui vit avec sa mère et sa soeur Rose à Enniscorthy. Son père est mort, ses frères sont partis travailler en Angleterre, il ne reste qu'elles pour s'occuper de leur mère. Rose est la seule à ramener un peu d'argent tandis que Eilis peine à trouver du travail. Jusqu'au jour où le père Flood, pasteur irlandais vivant à Brooklin aux Etats-unis, prend en main le destin de la jeune fille. Sans qu'elle comprenne bien comment, Eilis se retrouve envoyée aux Etats-unis, par sa mère et sa soeur qui lui espèrent un meilleur avenir en dépit du sacrifice de la séparation.

Eilis se retrouve employée comme vendeuse dans un magasin de vêtements et vit dans une petite pension de famille. La vie n'est pas très drôle, se partageant entre le travail et ses cours du soir en comptabilité. Sa seule distraction : les bals de la paroisse où se pressent les jeunes gens. Elle y rencontrera Tony, un jeune italien très amoureux.

Un évènement vient pourtant tout bouleverser et peut-être remettre en cause l'avenir qui lui était tracé...

 

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Chateau d'Enniscorthy - Irlande


 

Nous sommes dans les années 50 et la vie n'est pas simple pour les jeunes filles d'alors. Le chômage est important, les perspectives d'avenir peu reluisantes. Nombreux sont ceux qui passent les frontières irlandaises pour aller chercher fortune plus loin. Les moeurs et le statut de la femme ne sont pas encore franchement libérés. Le départ d'Eilis pour l'Amérique est vu comme une chance.

Son intégration ne se fait pas sans heurts. Tout en découvrant un nouvel espace de liberté, la jeune femme a le mal du pays. Son travail est peu épanouissant et ses colocataires un peu grinçantes. 


A travers l'histoire de cet exil volontaire, l'auteur nous fait le portrait de toute une époque : misère, immigration, développement économique, communauté noire qui prend de l'importance, ...

Les choses se passent différemment selon que l'on soit en Amérique ou en Irlande. On pourrait presque y voir un portrait croisé de ces 2 pays. Alors que l'Amérique prend son envol économique, l'Irlande semble encore englué dans ses traditions et sa misère.

 

Tout le roman se fait autour d'Eilis. Le récit donne une description très minutieuse de ces faits et gestes, de son arrivée, de son emploi du temps. Une précision qui rend, hélas, le texte quelque peu ennuyeux. Il ne se passe rien de notable dans la vie de notre irlandaise, tout est très long et monotone. Eilis semble faire tout ce qu'on attend d'elle et peu de choses viennent pimenter sa vie toute tracée.

Et c'est là où le bât blesse pour moi... J'ai trouvé l'héroine insupportable...

Loin d'être à l'image d'une jeune femme qui prend en main son destin, Ellis se veut le parfait modèle d'existence de la bonne et gentille femme, celle qui travaille mais pas trop, celle qui soutiendra son mari et lui fera de beaux bébés. Même si parfois, elle se permet quelques aspirations plus personnelles, elle s'en tient finalement à ce qu'on attend d'elle. Ses questionnements, s'ils sont évoqués, ne sont pas assez détaillés et approfondis, eux, pour le coup

Sans dévoiler la fin, je dois même dire que j'ai excécré la façon dont elle se fait manipuler par sa famille et ses proches. La chute du récit est à son image : elle laisse l'impression d'une femme qui n'assume pas ses choix et reste dans l'incertitude de ce qu'elle veut réellement.

 

Bref, sans avoir détesté, ce fut une déception donc... et je semble être la seule fausse note pour le moment...

 

Les avis tous beaucoup plus positifs de : Amanda, Kathel, Manu, Cuné,

 

brooklyn-04.jpgLe pont de Brooklin - Edouard Boubat

 

 

 

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Merci à BOB et à Robert Laffont pour ce partenariat.



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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 08:00

 

chateau de sable 01

 

Dessinateur : Frederik Peeters

Scénariste : Pierre Oscar Lévy

Editeur : Atrabile

Date de parution : Octobre 2010

Prix : 17 €

  100 pages

 

 

C'est l'été. Voici le temps où famille, jeunes et moins jeunes, se retrouvent sur les plages, cherchant à s'isoler des autres et à coloniser son propre espace personnel de sable blanc. Voici une petite crique où 13 personnages anonymes se rencontrent. Chacun s'efforce d'ignorer l'autre. Jusqu'à ce que l'improbable survient...

Impossible de dévoiler le fond de cette histoire sans déflorer l'album... alors la chronique sera courte.

En tout cas, la réalité bascule dans le fantastique et nos 13 anonymes vont devoir cohabiter dans un huis-clos oppressant et sans issue où les gens vont peu à peu révéler leurs plus mauvais côtés, comme leurs meilleurs.

 

Le lecteur va découvrir petit à petit qui sont ces gens, les liens qui les unissent, leur évolution psychologique dans ce face à face qui ne se passe pas sans heurts. Ce sont des gens comme vous et moi, des familles avec enfants, des couples, des retraités, un immigré. Chacun va réagir différemment face à ce basculement. La peur fera sortir chez certains, préjugés et violences alors que d'autres sauront s'élever au dessus de leurs faiblesses.

Aucune explication ne sera donné de cet évènement qui survient et on fermera l'album sans la réponse à nos questions. Et pourtant, l'essentiel est ailleurs.

Car cette histoire est juste un prétexte pour souligner le caractère éphémère de notre vie, le fait qu'il faut savoir apprécier les moments présents et ne pas les gâcher en disputes et mesquineries inutiles. Un album qui nous renvoit à nos propres aspirations, au temps qui passe et à ce que nous en faisons. Une réflexion sur la mort et notre condition d'être humain.

 

Un très très bel album en forme de conte allégorique qu'il faut vraiment découvrir !

 

 

 

Les avis de David (qui m'avait donné envie), Mo, Lunch,


 

palseches

 

 

C'était ma BD du mercredi avec Mango !


 

bd du mercredi

 

 

 

 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 08:00

 

 

kraa 01

 

Auteur : Benoit Sokal

Editeur : Casterman

Date de parution : Septembre 2010

Prix : 18 €

  94 pages

 

 

 

On connait Sokal pour son célèbre inspecteur Canardo et voilà qu'il nous surprend avec un album aux antipodes de l'univers policier et de son dessin ligne claire.


Yuma est un jeune garçon indien qui vit dans une vallée perdue de l'Alaska. Vivant avec sa tribu, son quotidien est fait de chasses et de contes chamaniques racontés près du feu. Fasciné par un jeune aiglon orphelin, il prend la responsabilité de s'en occuper et de le nourrir, n'en déplaise à certains.

Jusqu'au jour où la vie de la tribu va être bouleversé : des promoteurs sont bien decidés à les faire quitter le territoire pour qu'ils puissent exploiter les nombreuses ressources naturelles du sous-sol et construire la grande cité prospère dont ils rêvent : Klontown. Refusant de partir, la tribu est alors massacré.

Le jeune Yuma qui en réchappe va dès lors associer sa vie et son destin à son aigle, qu'il va appeler Kraa et crier vengeance auprès de ces hommes qui lui ont tout pris, sa famille et sa terre.


Voilà un très bel album qui plaira aux amateurs de mythologie indienne, d'aventures et aux défenseurs de la nature.

Yuma va en effet se lier de manière extrêmement forte avec cet aigle : un lien d'ordre chamanique qui n'étonnera pas lorsque l'on découvre le culte que la tribu vouait à l'animal. L'aigle est d'ailleurs un personnage à part entière dans cette histoire où l'on trouve régulièrement en narration ses propres pensées. Le jeune garçon ne fait qu'un avec son animal totem qui l'aidera à défendre son territoire et à venger la mort de sa tribu. Se fondant complètement avec l'animal, il devient une partie de cette nature qu'il défend. Une entité à la fois bonne et mauvaise qui doit parfois blesser pour sauver ce qui est important. Une nature difficile donc où la survie se fait parfois aux détriments des autres et qui exige aussi sa part auprès des hommes.

Il y a d'ailleurs un côté Jack London dans cette grande fresque primitive qui oppose la Nature et les Hommes.

 

Graphiquement, le dessin est vraiment très beau. Sokal a su mettre en valeur cette nature sauvage et difficile. Les décors nous embarquent dans des contrées étrangères et le dessin de l'aigle est remarquable de finesse. On ne peut certes pas en dire autant pour les chevaux qui, je dois dire, sont absolument ratés... En tant qu'ancienne cavalière, j'ai pu relever des disproportions notables et des mouvements un peu improbables au niveau des jambes des chevaux. Mais vous allez dire que je chipote ! 

Les couleurs sont douces,sombres et denses à la fois et servent bien le récit et son petit côté surranné des récits d'aventure du 19ème siècle justement.

 

Le récit est prévu en 2 tomes. La suite devrait sortir en 2012. (patience !)

 

Vous pouvez lire les premières pages ici ! Et une interview très intéressante de Sokal !

 

 

L'avis de Saraswati qui m'avait donné envie !

 

palseches

 

 

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 08:00

vie-a-coucher-dehors-01.gif

 

Auteur : Sylvain Tesson

Editions :

Gallimard - Mars 2009 - 16,90€ - 196 pages

Folio - Octobre 2010 - 5,70€ - 205 pages

 

 

 

Une vie à coucher dehors est un recueil de nouvelles et une fois n'est pas coutume, j'ai aimé ces nouvelles !

Sylvain Tesson est de prime abord un auteur de récit de voyage mais il s'aventure parfois sur les rives de la fiction.

Dans ce recueil, il nous emmène malgré tout à travers le monde et ses différents peuples aux destins plus ou moins heureux. 

En Sibérie, un homme détruit la route pour la construction de laquelle il s'est battu ; Un éleveur de porcs anglais ne supporte plus la cruauté envers les animaux que le rendement exige ; Un démineur afghan est victime de la misère et de la cupidité ; Des femmes qui se révoltent contre la domination masculine ; Un criminel russe qui fuit la punition des hommes pour mieux rencontrer celle du divin ; Une mannequin qui rêve d'être sauvé de la noyade ; Une dispute entre 2 frères qui se répète à travers les siècles ; 2 collégiens anglais qui se repaissent de vins centenaires ; Des naufragés qui tuent le seul lecteur de la troupe sont renvoyés à l'ennui du quotidien ; Un naufragé du pacifique qui s'occupe en lisant un sac de lettres perdues ; Un couple victime d'une malédiction grecque ; Un russe et un breton qui passe un Noël inoubliable dans un phare ; ...

 


 

vie-a-coucher-dehors-02.jpgLee Jeffries

 


 

Ces 15 nouvelles mettent toutes en avant la cruauté du sort et du destin de l'Homme. La vie se joue de nous, de l'Homme qui se croit au dessus de la Nature et qui, par sa vanité, exige plus que nécessaire.

Chaque nouvelle se termine par une chute habile, souvent innatendue et surtout amère, qui souligne d'autant plus l'ironie des situations.

Ici, le constat est noir et pessimiste. La vie est difficile et ne fait pas de cadeau. Seule la dernière nouvelle et son miracle de Noël laissera une note d'espoir.

 

Je dois dire que j'ai beaucoup aimé ce recueil. ce doit même être la première fois que j'apprécie le genre de la nouvelle... c'est dire !

Si vous n'avez pas peur d'un pessimisme forcené, plongez dans ces petites histoires qui évoque le côté sombre de la vie et la face obscure du monde.

Pas étonnant qu'il ait obtenu le prix Goncourt 2009 de la nouvelle...

 

 

 

L'avis de Cuné, Papillon, Hélène, Clara, Kathel, Saxaoul, Cryssilda, Saraswati, ...


 

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Merci à Folio et à BOB pour cette découverte !!

 



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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 11:13
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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
Ce blog sera à terme supprimé.
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