Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 08:00

 

 

Saules-aveugles-01.jpg

 

Auteur : Haruki MURAKAMI 

Edition papier : Belfond

Date de parution : Septembre 2008

Prix : 21,50 €

  427 pages

 

Edition audio : Audiolib, Mars 2009, 17€ 

Sélection de 8 nouvelles - 6H d'écoute

 

 

 

 

Comme de nombreuses blogueuses, j'ai succombé à l'offre d'Audiolib de découvrir un livre audio de mon choix. J'ai juste un peu de retard pour mon article....ahem...

N'ayant jamais testé le procédé et afin de permettre une écoute plus souple, j'ai choisi des nouvelles alors même que je sais que je ne suis pas adepte du genre.... Bon, d'accord, le fait que l'auteur soit japonais y est aussi un peu dans la balance...

  J'ai donc choisi "Saules aveugles et femme endormie" d'Haruki Murakami. Alors que la version papier propose 23 nouvelles, la version audio n'en a sélectionné que 8. Pourquoi ce choix limité, je ne saurais dire. 6h d'écoute, c'est déjà pas mal me direz-vous mais bon certains romans en fait au moins le triple alors pourquoi pas pour celui-ci ?

 

J'ai donc testé la formule de différentes façons :

- Ecouter bien tranquillement, allongée dans le canapé, en fin d'après-midi.

Bon, je ne sais pas si c'était le mauvais jour mais je dois vous avouer que je me suis clairement endormie... bercé par la voix du narrateur.Il faut croire que l'écoute passive n'a rien de bon pour moi !

- Le deuxième essai a été beaucoup concluant. M'appuyant sur les expérience de certaines, je me suis lancée dans le repassage intelligent ^^

Et là, je dois dire que ça a extrêmement bien fonctionné. Nonobstant le vide abyssal du cerveau de la ménagère en pleine pratique, j'ai su écouter avec plaisir et plonger dans les nouvelles pendant que les bras s'activaient.

Et pour tout dire, voulant prolonger mon écoute, j'ai même cédé à l'appel du panier à linge qui me priait de le vider depuis de trop nombreux mois (oui oui en mois ^^).

Résultat : une écoute intelligente et plus de vêtements qui trainent !

  - Autre essai du même genre : en faisant la vaisselle. L'activité la plus rébarbative que je connaisse et qui m'a semblé tout de même un peu moins pire avec un charmant acteur qui me sussure à l'oreille.

  - Enfin, dernier test : au coucher, au lieu de prendre le livre habituel, tester le MP3. Approuvé mais néanmoins pas la meilleure si le sommeil se fait pressant.

 

Conclusion : je suis assez partagée sur cette nouvelle façon de "lire".

 

La lecture par le comédien Sylvain Machac s'est révélée très agréable. Il interprète avec succès les différents narrateurs et narre de façon dynamique le récit.

Le découpage en nouvelles m'a permis d'étaler plus facilement mes écoutes.

Le livre audio m'a permis d'occuper de façon positive un temps quelque peu perdu dédié aux tâches ménagères.

Néanmoins, pour mon cas personnel, ça reste assez limité. Je dois dire que cette écoute passive ne me convient pas tout à fait. Mon esprit s'est échappé à de nombreuses fois et j'ai souvent perdu le fil des récits. Revenir en arrière, faire une pause est un peu rébarbatif et au final on ne le fait pas. Noter les pages des passages significatifs est impossible. La narration se fait plus lente et il faut le double de temps pour arriver au bout de l'ouvrage.

Bref, si l'écoute de livres peut être très intéressante dans certains cas de figure, ma vie à moi n'offre qu'assez peu de moment où le livre audio semble pertinent. Car oui, je ne repasse qu'une fois tous les 6 mois et, même si je fais ma vaisselle régulièrement (enfin tout est relatif ^^), c'est un laps de temps trop court pour me permettre de dédier un écoute audio à cet usage.

 

Merci à Thomas d'Audiolib pour cette première découverte !

 

 

Quelques mots sur les nouvelles tout de même...

Et bien, comme pour le recueil de Margaret Atwood, je n'ai une fois encore pas grand chose à en dire.

Aussi vite écouté, aussi vite oublié...Une conséquence de l'audio ?

Les ambiances étaient plutôt tristes, sous forme de petits contes désabusés et amers.

Je me souviens que la fin des nouvelles tombait sans vraiment se conclure de façon tranchée.

Aucune des histoires ne m'a marquées et je trouve ça d'autant plus regrettable que j'aime habituellement la prose de Murakami.

Bref, encore une fois, peu convaincue par ce format court...


 

L'avis de Kathel.

 

 


Repost 0
20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 08:00

 

quand souffle le vent du nord 01

 

Auteur : Daniel Glattauer

Editeur : Grasset

Date de parution : Mars 2010

Prix : 18 €

348 pages

 

 

 

Emmi Rothner souhaite se désabonner de la revue "Like". Malheureusement, suite à une erreur d'orthographe, ses mails répétés aboutissent chez un certain Leo Leike qui finit par s'amuser de la chose et lui répond avec politesse et humour. De fil en aiguille, le dialogue s'installe et nos 2 correspondants font preuve de réparties intelligentes et cultivées qui les amèneront à s'apprécier mutuellement. A s'apprécier oui mais jusqu'à quel point ? Car petit à petit, insidieusement leurs rapports purement épistolaires tombent peu à peu dans le badinage amoureux... Rien de bien méchant me direz-vous, sauf que Emmi a un mari et une famille. Où tout cela les mènera-t'ils ?

 

Ce roman a bien sûr été vu un peu partout sur les blogs et j'arrive après la bataille ! Lu il y a 2 mois, j'ai beaucoup de mal à écrire ce billet...

 

quand-souffle-le-vent-du-nord-02.jpg"Quand souffle le vent du Nord" n'est pas un roman bouleversant pour son écriture même si les mails de Léo ont fait se pâmer de nombreuses lectrices...

C'est surtout un roman passionnant pour la manière extrêmement juste dont il analyse la rencontre amoureuse à distance et la cristallisation que cela provoque.

 

Les échanges entre Léo et Emmi se font tout d'abord sur un plan amical. On ne se dévoile pas trop. La rencontre dans la vraie vie n'est pas envisagé et chacun apprécie ces échanges dont la pertinence et l'humour égayent les journées de chacun.

Léo s'est fait largué par sa femme, Emmi a sa petite vie routinière. Et les mails sont pour eux une manière de s'évader du quotidien.

Chacun se fait une image de l'autre à travers ses messages et cet inconnu leur permet d'être eux-même, sans fard, libre de toute contrainte sociale ou morale.


"Dans mes mails, je peux être comme jamais la vraie Emmi. Dans la "vraie vie", si on veut réussir, si on veut tenir le coup, il faut sans cesse faire des compromis avec sa propre émotivité (...) Nous adaptons en permanence nos sentiments à notre entourage, nous ménageons ceux que nous aimons, nous nous glissons dans les cent petits rôles du quotidien, nous nous tenons en équilibre, nous pesons le pour et le contre pour ne pas mettre en danger la structure à laquelle nous appartenons."

 

Et à force de se dévoiler, on finit par être attiré par l'Autre. On s'interdit les actes mais on commence à s'autoriser la pensée. Et là, on sait que c'est foutu, que rien n'est jamais innocent.

On fantasme sur une voix, une image, sur ce qui pourrait être.

Emmi aime son mari, s'interdit toute forme de tromperie et d'adultère mais est attirée malgré elle par cet inconnu dont les messages lui deviennent plus que indispensables. Une absence, un retard dans la réponse et voilà nos épistoliers, inquiets et éperdus. L'amour a cristallisé et la perte de l'Autre devient insupportable.

 

" Ecrire, c'est comme embrasser mais sans les lèvres.  Ecrire c'est embrasser avec l'esprit."

 

Se rencontreront-ils ou pas ? Je vous laisse le découvrir !

Nombreux lecteurs on été déçus ou frustrés de la fin. Pour ma part, je dirais que ça ne pouvait pas se finir autrement...  Je n'en imaginais pas d'autre et la suite présumé de l'auteur m'inquiète un peu.

 

quand-souffle-le-vent-du-nord-03.jpg

C'est donc un roman à la fois classique dans cette forme d'amour épistolaire et très contemporain pour l'aspect virtuel de leur rencontre. Un roman qui décrit merveilleusement bien les mécanismes de l'amour virtuel et s'avère très réaliste (et je peux vous dire que je sais de quoi je parle.... ahem...).

Un roman original qui donne l'impression de farfouiller dans les historiques d'un ordinateur. Le lecteur lit la succession de mails, la date et l'heure de leur envoi. Et rien que dans ces détails, on peut découvrir la fébrilité de leurs auteurs et l'évolution de leur correspondance.

A côté de ça, les échanges entre Emmi et Léo sont extrêmement savoureux, bourrés d'humour, d'ironie, de réparties cinglantes et de gentilles piques à l'adresse de l'autre. Si tous nos correspondants pouvaient être de ce niveau... soupir...


 

Bref, un roman admirable de finesse et d'analyse psychologique que je vous recommande chaudement comme les autres lecteurs...


 

 

Les avis de Cathulu, Cuné, Fashion, Keisha, Leiloona, Karine, Emeraude, Clara, Tamara, Cynthia, Antigone, Stephie, Mango, Aurore, Bladelor, Kathel,  ...

 


Repost 0
19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 08:00

 

arche de noé 01

 

Dessinateur : Charles Masson 

Scénariste : Chloé Von Arx 

Editeur : Futuropolis

Date de parution : 10 Février 2011 

Prix : 18 €

  128 pages

 

 

Léa est une jeune trentenaire à la recherche de l'âme soeur. Elle passe ses soirées sur le site de rencontres Meetic et discute avec de nombreux candidats. Les résultats ne sont pas très concluants : entre ceux qui mentent sur leur age, leur intention, leur photo, aucun ne semble à la hauteur. Pourtant un mystérieux Noé insiste et "flashe" régulièrement sur la jeune femme qui finit par y prêter attention. Noé se révèle un bel homme qui semble équilibré et séducteur juste ce qu'il faut. Léa finit par le rencontrer. Accompagné de ses 2 amis inséparables, aussi bizarre l'un que l'autre, Noé s'avère très enthousiaste et entreprenant envers la jeune femme qu'il présente déjà comme sa femme et avec qui il envisage déjà l'avenir...

Léa aurait-elle fait une erreur ou serait-elle tombée sur la perle rare ?

 

Voilà une histoire originale qui part sur un postulat qui parlera à de nombreuses personnes : les rencontres par internet.

Léa est une de ces nombreuses célibataires en mal d'amour qui cherche désespérement à rencontrer quelqu'un. Ses amies autour d'elle sont casées, se marient, envisagent la maternité. Elle semble avoir une vie équilibrée mais la pression sociale se fait malgré tout jour insidieusement.

Léa est en attente et lorsqu'elle pense avoir trouvé le bon partenaire, elle y focalise ses envies. A tort, peut-être ? Nous la verrons en attente : du grand amour, du téléphone qui sonne, ...

Sans vous dévoiler l'histoire, la relation qui va s'instaurer entre nos 2 célibataires ne va pas vraiment tourner comme Léa le souhaite et va d'une certaine façon tomber dans une sorte de folie.

Si le lecteur fait un peu attention, il pourra voir des signes avant-coureurs de la personnalité particulière de Noé.

Cette rencontre amoureuse qui est censé être une période euphorisante va se révéler de plus en plus étouffante et malsaine. Et Léa va continuer d'y foncer tête baissée.

 

Au dessin, on retrouve Charles Masson, auteur entre autres de "Droit du sol" ou "Les boules vitales". Son trait va toujours à l'essentiel et n'offre aucune fioritures inutiles. Les décors sont épurés .

Les couleurs sont majoritairement en bichromie dans des tons beige, jaune et bleu sombre et accentue d'autant plus le caractère d'oppression de la narration.

 

"L'arche de Noé ..." est un album donc assez intéressant qui aidera particulièrement les célibataires de tout poil à se méfier de certaines rencontres...

 

 

L'album n'étant pas encore paru, les visuels qui suit sont issus d'épreuves avant parution.

 

 

arche-de-noe-02.jpg

 

arche-de-noe-03.jpg

 

 

bd du mercredi

 

 

C'était la BD du mercredi avec Mango et les autres !

 


Repost 0
Published by Choco - dans A importer
commenter cet article
18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 08:00

 

Une fois n'est pas coutume, je viens cette fois-ci vous parler d'un site que je viens de découvrir !

 

 

www.hachiju.com

 

 

Il s'agit d'un site très original dont la durée est éphémère !

Donc profitez-en avant qu'il ne disparaisse... le 30 janvier.

 

Imaginé par France Télévisions et la Cité Internationale de la BD et de l’image,

le site vous propose une découverte du manga sous toutes ses formes.

Le tout est découpé en petits chapitres thématiques qui proposent différents articles et de très nombreuses vidéos.

De nouveaux documents sont ajoutés régulièrement.

N'hésitez donc pas à y retourner toutes les semaines !

 

Vous pourrez suivre les traces des Editions du Lézard Noir au Japon, découvrir la promotion des BD franco-belges au Japon, plonger dans le manga alternatif et comprendre le contexte de son développement français et japonais, écouter les spécialistes français du manga, découvrir le marché de l'édition en France, faire un point sur quelques auteurs, etc... et j'en passe !

 

Pour avoir visionné tout le site, je peux vous dire que si les articles vont à l'essentiel, ils sont malgré tout très intéressants et offrent un panel assez complet du sujet.

Le plus intéressant à mon goût : les courtes vidéos qui donnent une vue orginale et rare sur certains aspects de ce milieu.

 

 

A découvrir donc pour les fans et les néophytes !

Chacun y trouvera midi à sa porte !

 

 

 

Repost 0
Published by Choco - dans Manga
commenter cet article
17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 19:30

 

 

sous les yourtes de mongolie 01

 

Auteur : Marc Alaux

Editeur : Transboréal

Première édition : Décembre 2007

Réédition : Novembre 2010

Prix : 19,90 €

  387 pages

 

 

Marc alaux est un passionné de la Mongolie. Depuis 2001, il y aura effectué 4 voyages et parcouru le pays de long en large, seul ou accompagné.

"Sous les yourtes de Mongolie" est le récit de ces découvertes. Edité une première fois en 2007, il ressort aujourd'hui avec une nouvelle couverture.

En 2001, Marc Alaux traverse la Mongolie à pied d'Est en Ouest pendant 7 mois avec un ami : Départ d'Oulan-bator, désert de Gobi, Khangai. En 2003, on le verra cheminer seul dans le massif du Khentii. Il retrouvera en 2004, son compagnon de route pour un nouveau périple de 2300 kms pendant 6 mois dans les confins montagneux de l'Altaï et des Sayans. En 2006, il retournera avec son épouse dans les monts du Khentii. Sans compter les autres voyages qui suivirent la parution de l'ouvrage.


Loin d'être un récit chronologique de ses voyages, l'ouvrage se présente comme une somme culturelle des régions parcourues. Il se découpe d'ailleurs en 4 parties géographiques :

1 -  Oulan-Bator – Sans faucille ni marteau

2 - Gobi et steppes orientales – La Terre des herbes

3 - Khangai et Khan Khöökhi – Le pays aux cent rivières

4 - Altai et Sayan – Les confins montagneux

 

sous-les-yourtes-de-mongolie-02.jpg


Nous découvrirons tout d'abord le goût de Alaux pour la marche et l'effort. Ses voyages sont souvent synonymes d'exploits sportifs. Il part seul ou avec un ami dans des conditions extrêmes de températures, se contente de nourriture frugale et s'attache particulièrement à la forme du voyage à pied. Il se perd parfois, ne rencontre aucun habitant pendant des jours et doit sbir la faim, le froid et l'épuisement du corps. C'est une forme de voyage un peu extrême mais qui est essentielle pour notre auteur.

 

Puis il y a la Mongolie, ce pays rêvé auquel on associe une somme de clichés plus ou moins justes. Car la Mongolie, ce n'est pas simplement ces vastes steppes vertes où courrent des chevaux en liberté. C'est aussi un désert, des montagnes, un été qui ne dure que 2 mois, des villes aussi en apparence pauvres et crasseuses, et tant d'autres choses que je vous laisse découvrir.

Les nombreux voyages de l'auteur à travers les différentes régions vont l'aider à pénétrer le tréfond de la culture mongole et le lecteur avec lui. En effet, au delà de l'aspect récit de voyage, Marc Alaux a l'art de nous présenter la Mongolie dans tout ce qu'elle est intrinsèquement.

Sera évoqué le nomadisme en perte de vitesse, les changements climatiques qui entraine la mort des troupeaux et l'obligation pour les nomades de s'expatrier à la ville où fleurissent de plus en plus des bidonvilles de yourtes, la nécessité de la collectivisation des paturages qui entraine un épuisement des sol, le patrimoine culturel qu'on ne cherche pas à sauvegarder, les répercutions du communisme sur le pays,  etc...

Partageant avec l'auteur la vie des éleveurs nomades, on découvrira le quotidien difficile de ses hommes qui vivent en adéquation avec la nature difficile, leurs coutumes, leur hospitalité légendaire, leur philosophie de vie, le statut de la femme, etc...

 

sous-les-yourtes-de-mongolie-04.jpg

 

Moi ce que que j'aime dans les récits de voyage, c'est apprendre des choses, découvrir une civilisation de l'intérieur, vivre des expériences inédites par procuration. J'aime que ça ne soit pas un simple récit rapportant un parcours qui se limite à ce que l'on en voit. Et je dois dire que Marc Alaux réussit formidablement bien à dépasser tout ça !

Car c'est un ouvrage véritablement complet qui se révèle ici à nous,  presque une étude ethnologique. S'appuyant sur de nombreuses lectures dont les références nous sont en plus abondamment données, Marc Alaux évoque l'histoire de la Mongolie, son évolution, ses perspectives d'avenir. 

 

C'est un livre érudit mais accessible, très bien écrit,  passionnant, et extrêmement fort que j'ai adoré et vous conseille plus que chaudement !

Un texte qui vous fera aimer la Mongolie si ce n'est pas encore le cas !


 

Extraits :

 

 

" Je m’abandonnai à l’haleine chaude du poêle. Ses tentacules me libérèrent de la tension musculaire qui avait fait de mon corps un bouclier. La perspective obsédante d’une nuit dehors et l’anxiété du vagabond sous la pluie s’estompèrent. Je n’étais pas à même d’apprécier d’emblée l’aménité de mes hôtes – j’ignore si c’est la fatigue ou une émotion plus profonde qui me fit trembler quand on m’offrit un bol de thé. Toutefois, je compris que des inconnus sacrifiaient leur confort déjà mince pour mon intérêt, et je mesurai la valeur qu’ils donnaient à ma vie. Ces gens – éleveurs et passants retenus par la pluie – nous laissaient poliment nous remettre. La femme vaquait à ses occupations, le chef de famille craminait une peau de marmotte. Nulle impatience n’altérait le sourire de nos hôtes qui venaient de nous soustraire aux caprices de la steppe. Je levai les yeux vers le toono. Mon geste dérouta mes hôtes mais je pus ainsi ravir un peu de la quiétude du campement. Tous les regards suivirent le mien en respectant mon silence. Je profitai des chants de la yourte : le souffle de l’argal au cœur de l’âtre, le bruit de paille de la pluie sur le toit, le grincement de la charpente, le vent pris dans la cheminée. "

 

sous-les-yourtes-de-mongolie-05.jpg" Qui sonde les entrailles du Gobi ne peut en admirer niaisement les paysages ! Il se sent encerclé, dépouillé, décharné par eux, happé par leur hostile physionomie, décontenancé par l’absence d’hommes, concassé par le gigantisme de l’intervalle qui le sépare du firmament. Où qu’il lève les yeux, les empreintes s’effacent et les corps s’évanouissent sous la brûlure du soleil, le vent des steppes, le bec des vautours. Même l’herbe ne résiste pas. Elle se consume l’été, givre en hiver, roussit au printemps. Le gel effrite les roches et le sable se disperse. La mort paraît omniprésente. Je me demandais qui, hormis les défunts, pouvait se reposer dans le Gobi. Cela dit, quand le vent se taisait, j’éprouvais dans le soudain mutisme du désert une douce sérénité. Un mélange d’excitation et d’effroi laissait alors mon cœur battre librement. Toutefois ces rares instants finissaient vite avec le retour des bourrasques."


" Inouïes et gracieuses mais surtout rieuses et spontanées, les Mongoles dégagent une sensualité émouvante. Dans un visage rond, large et plat comme la steppe, des lèvres charnues s’ouvrent sur deux lignes de dents dont la blancheur contraste avec des joues rosées sur des pommettes saillantes. Le reste du visage est discret avec la racine du nez comme enfoncée et, sous de longs sourcils, la fente étroite des yeux est retroussée au coin. Entre les paupières plissées brillent des iris bruns ou noirs comme le charbon. Le regard est paisible, mais expressif et jamais soumis. L’indépendance et la franchise s’y remarquent aussi clairement qu’une yourte dans la steppe. "

 

 

Vous pouvez retrouver d'autres extraits de l'auteur sur le site de Transboréal.

 

A noter :

Marc Alaux est également l'auteur de " La vertu des steppes, petite révérence à la vie nomade " aux éditions Transboréal, mai 2010, 8€.



 

sous-les-yourtes-de-mongolie-03.jpgLes photos de l'article sont de Marc Alaux

 

 

 

 

challenge récit de voyage


Repost 0
16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 13:20
Repost 0
13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 08:00

 

mort-en-lisiere-01.jpg

 

Auteur : Margaret Atwood

Editions :

Robert Laffont, Pavillons - Septembre 1999

254 pages - 18,14€

 

Robert Laffont, Pavillons poche - Septembre 2009

378 pages - 8,90€

 


 

"Mort en lisière" est un recueil de 9 nouvelles sur des thèmes universels comme la vie, l'amour, la mort, ...

Toutes laissent un goût amer en bouche.  Les femmes sont le plus souvent les narratrices de ces récits qui évoquent des amours de jeunesse, des relations d'adultères vouées à l'échec, des trahisons amicales ou familiales, des violences domestiques ou des petites mesquineries du couple.

 

Rien de très folichon donc. Atwood dresse un portrait plutôt sombre de la vie et de son quotidien où chacun des personnages semblent englués dans une sorte de routine fataliste. La vie ne ressemble pas à ce qu'ils avait imaginés et rien de sert de se battre pour changer les choses.

 

Je vais avoir peu de choses à dire sur ce recueil qui m'a laissé de glace... un avis express donc...

Peu adepte des nouvelles, je dois même dire que j'ai très vite oublié chacune de ces histoires dès que le livre a été fermé.

Je n'ai pas aimé l'immobilisme des personnages qui ne sont pas heureux et ne tentent même pas d'atteindre un autre idéal. Pourtant les récits un peu mélancoliques, glauques ont souvent ma préférence mais là, je dois dire que ça n'a pas du tout fonctionné...

 

Un recueil qui n'était visiblement pas pour moi....

 

 

Les avis de Clara, Mango, Keisha,


 

 

Prix-litt-raire-blogueurs.jpg

 

Repost 0
12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 08:00

 

ascension t1 01

 

 

 

 

 

ascension-t2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Shin'ichi Sakamoto

Editeur : Delcourt

Date de parution : Septembre 2010 / Novembre 2010

Prix :7,95 €

200 pages

 

 

Buntaro Mori vient d'arriver dans son nouveau lycée. Taciturne, solitaire, il fuit ses camarades de classe et préfère ne compter que sur lui-même. L'intégration se fait donc difficilement malgré les tentatives de rapprochements des autres élèves. Un jour, il relève le défi de l'un d'eux : escalader le batiment de l'école. Il réussit et ressent pour la première fois le sentiment d'être vivant, une sensation de bien-être qu'il va vouloir désormais retrouver à tout prix.

Refusant de s'inscrire au club d'escalade de l'école et d'apprendre sous la houlette d'un professeur, Mori préfère oeuvrer en solitaire, quitte à se mettre en péril. Mais c'est sans compter la persévérance du professeur qui décèle chez le jeune homme, un potentiel extraordinaire, et la compétitivité de Miyamoto, autre élève, qui vit très mal de se voir supplanter par ce débutant qui ignore tout des techniques de base.

 

Adapté du roman " L’Homme solitaire " de Jiro Nitta, "Ascension" parait être un banal manga de sport où le héros va retrouver le goût de vivre par l'intermédiaire d'une activité physique, mais se révèle finalement assez loin des clichés !

L'aspect sportif sera bien évidemment abordé. Le lecteur va suivre Mori dans sa découverte de l'escalade. Car s'il a un sens inné de la grimpe et de l'observation, il ne connait rien aux techniques, au lexique la concernant. Ainsi, on aura beau être néophyte, à aucun moment, le lecteur ne se sent largué par un aspect plus spécialisé de l'histoire. Un lexique et des explications plus théoriques sont d'ailleurs donnés et complètent parfaitement la mise en situation du manga.

A côté de ça, Mori est un personnage très intéressant. Solitaire, refusant toute activité de groupe, il se met ainsi en porte à faux avec les codes de la société traditionnelle japonaise.

De même, en pronant l'escalade en solitaire, considéré comme suicidaire, Mori apprend à vaincre ses peurs et à avancer en se surpassant. Se soumettre au danger et ignorer les voies plus faciles et sécuritaires semble être une chose quelque peu oublié aujourd'hui et l'attitude de Mori n'en est que plus enthousiasmante.

On sent d'ailleurs bien qu'un secret ou une blessure pèse sur lui et que l'escalade est une manière d'excorciser les démons du passé. 

Le scénario est dynamique, on ne s'ennuie pas.

Graphiquement, il est plutôt bien gratté. Les angles de vue peuvent être originaux, et les mouvements semblent assez réaliste d'un point de vue sportif.  La Fédération de la Montagne et de l’Escalade est d'ailleurs partenaire de l'édition.

 

 

Une très bonne surprise à découvrir donc !

 

 

Vous pouvez lire les premières pages ici !

 

A noter :

Sakamoto est aussi l'auteur de "Nés pour cogner " et "Kiômaru".

Ascension est en cours de parution au Japon et 12 volumes existent déjà.

 

 

 

ascension-t1-02.jpg

 

 

ascension-t1-04.jpg

 

 

ascension-t1-03.jpg

 

 

 

 

C'était la BD du mercredi avec Mango et les autres !

 

bd du mercredi

 

Repost 0
Published by Choco - dans Manga
commenter cet article
11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 08:01

 

challenge In the mood for Japan

 

 

 

Voilà un peu plus de 6 mois que le challenge a été lancé....

Profitons de la nouvelle année et de ses nombreux bilans pour se lancer dans celui de mi-parcours !

 

 

Lancé avec crainte et la certitude que peu seront intéressés,

l'aventure japonaise a finalement séduit à ce jour (blogueurs disparus déduits)

69 participants !!

dont

34 ronins, 28 samourais et 7 sensei

 

3 challengeurs ont d'ores et déjà atteint leur objectif et cloturé officiellement leur challenge.

(Merci de me signaler si vous avez fini !!)

Nombreux pourtant sont ceux qui ont décidés de passer dans la catégorie supérieure et de poursuivre leur découverte.

 

20 personnes n'ont pas encore débutés leurs lectures...

Il reste encore 5 mois mais je vous encourage à ne pas trop trainer...

 

Vous avez écrit 151 billets et parlé de 51 auteurs différents !

On constatera tout de même que Yoko Ogawa (25 billets) et Aki Shimazaki (31 billets) ont fait le plein et ont souvent eu la préférence des blogueurs !

Une belle diversité qui montre votre curiosité et la richesse de la littérature japonaise !

 

Tiphanya et moi sommes les seules à avoir traités de récits de voyage...

N'y-a-t'il pas d'autres lecteurs-voyageurs ?

 

 

Pour conclure, je vous remercie tous pour votre enthousiaste qui m'a surpris et enchanté !

Je vous rappelle que le challenge se cloturera en juin 2011.

Si vous constatez des erreurs ou des oublis dans la récap par participants, signalez-le moi !

 

Pour info,

j'envisage quelques surprises et cadeaux pour les participants à l'issue du challenge,

surement réservé à ceux qui rempliront leur contrat.... gniark gniark ^^

A bon entendeur....

 


Repost 0
Published by Choco - dans Challenges
commenter cet article
11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 08:00

 

J'ai fait une récap des challenges il y a quelques jours

et je me rends compte que j'ai oublié le petit dernier en date ...

 

Il s'agit d'un challenge Carnet et récit de voyage, organisé par Tiphanya !

 

challenge récit de voyage

 

En tant que responsable d'un rayon librairie Récit de voyage,

difficile pour moi de passer à côté !!

 

L'objectif est de lire 6 livres et vous avez 5 catégories différentes :

 

Catégorie Phileas Fogg :

au moins un récit sur un tour du monde + un récit par continent


Catégorie Indiana Jones :

au moins un récit de fiction (tel les voyages de Gulliver, par exemple) + un récit par continent


Catégorie Corto Maltese :

au moins un récit de marin + un récit par continent


Catégorie Spirou & Fantasio :

au moins un récit écrit par un journaliste + un récit par continent


Catégorie Yoko Tsuno :

au moins un récit écrit par une femme + un récit par continent

 

 

Les plus courageux peuvent tenter de rejoindre "la ligue des voyageurs extraordinaires",

c'est à dire de lire le livre correspondant à chaque catégorie + un récit par continent,

soit un total de 10 livres dans l'année.

 

 

 

Pour le détail, c'est ici !!

avec bibliographie et récap !

 


Repost 0
Published by Choco - dans Challenges
commenter cet article

Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
Ce blog sera à terme supprimé.
Suivez moi désormais sur :

 

Rechercher