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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 23:00




Nous sommes en 1915, en pleine guerre mondiale. On découvre qu'un tueur en série sévit dans les tranchées : plusieurs femmes civiles ont été assassinées et le tueur laisse derrière lui une lettre d'adieu sur chacun des corps.
Un bouc émissaire est désigné et fusillé mais le massacre continue. Le lieutenant de gendarmerie, Vialatte, est assigné à la mission de découvrir le meurtrier. Mais son introduction est très mal accueillie par les soldats qui considère son corps de métier comme une section de planqués. Une enquête d'autant plus malvenue qu' un faux coupable en est mort et que l'assassinat de quelques jeunes femmes n'est rien comparé aux morts de la guerre...

Peu à peu, Vialatte va découvrir l'horreur des tranchées et de la guerre réelle auquelle il n'est pas préparé : de jeunes délinquants sont envoyés au front en échange de remise de peine pour servir de chair à canon ; des officiers qui agissent de façon stupide ; des femmes qui sont le dernier lien avec l'amour et l'humanité assassinées, suprême provocation dans une époque où la mort est déjà bien trop présente.
Finalement l'enquête devient un prétexte pour découvrir le contexte de la guerre et des conséquences humaines qui en découlent. Vialatte sert de catalyseur d'émotion devant ce qu'il découvre en même temps que le lecteur. Le texte simple et presque poétique fait le pendant de la violence des images.
Un dessin, par ailleurs, magnifié par les sublimes couleurs d'aquarelle de Maël. L'ambiance des tranchées froides, brumeuses et boueuses est parfaitement bien rendue et les détails sont extrêmement travaillés. Le rythme est lent et permet au lecteur de mieux s'immerger dans le contexte.

Cet album qui est un premier tome d'introduction (sur 3 prévus) amorce un très beau récit à venir. Surfant sur la vague des albums consacrés à la première guerre mondiale, les auteurs ont su se démarquer des références (Tardi, Gibrat,...) pour donner un album original et réflexif sur la guerre : Peux-t'on tuer impunément au service de la guerre et être puni pour la même raison dans le civil... ? Tout le paradoxe et l'atrocité de la guerre est dans cette question...

A découvrir donc !

Les premières pages à lire ici.


Note : ***







Editions Futuropolis - 16€



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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 21:49




Madrid, fin des années 80. Paco Cortès, écrivain de roman policier, termine sa dernière oeuvre avec passion.

"Les dernières phrases résonnèrent dans la tête de leur créateur comme les accords d'une symphonie proche de l'apothéose, juste avant que la salve d'applaudissement n'éclate."

Mais Paco est plutôt un looser. Sa femme l'a quitté à cause de son infidélité et il croit dur comme fer pouvoir la récupérer à base de fleurs et de pension alimentaire. Il ne comprend pas que sa passion pour le roman policier fait obstacle à tout réconciliation.
Car Paco est passionné par le crime. Il pond des intrigues à la pelle dans des intrigues pleines de clichés.

" Tout doit parfaitement coller dans un roman policier, sinon, on s'arrange pour que ça colle. Un roman policier est comparable à une comptabilité scrupuleusement tenue : au bout du compte, il faut que ça tombe juste. Or, pour obtenir un tel résultat, le bon auteur de littérature criminelle a des as dans sa manche. Un peu comme un tricheur."

"A Madrid, on commettait un assassinat à la fois, tous les trente-six du mois. Pas l'ombre de cette merveille d'hécatombe où quinze ou vingt bonhommes clamsaient, truffés de balles, dans le bon décor, avec le bon mobile, les bons suspects, comme savait si bien le faire le maitre des maitres, Raymond Chandler. Vingt morts dans un bled de cinq mille habitants, le rêve ! Ici, il fallait se décarcasser pour arriver à tirer quellque chose des passages à tabac dans les bureaux de la Guardia Civil avec leur crucifix flanqué de la photo du Caudillo et de celle de Primo de Rivera, l'Absent... Soporifique au possible. "

Auteur bas de gamme, il se contente de publier en série des romans convenus chez un éditeur plus intéressé par leurs ventes que par leur qualité littéraire...

" Alors Paco, qu'est-ce que tu en dis ? Tu me fais un polar et un roman à l'eau de rose, en attendant que je trouve quelqu'un. Après tout, pour toi, torcher une merde noire ou une merde rose, c'est du pareil au même."

De plus,  sa passion l'a conduit à animer un club fermé d'amateurs : Les amis du crime parfait où ces derniers débattent théorie policière et construisent de faux crime parfait (c'est à dire dont on n'aurait pas assez de preuves pour accuser l'assassin ). Chaque membre y porte le surnom d'un héros de la littérature policière : Maigret, sherlock Holmes, Miss Marple, Perry mason,...

Nous allons donc suivre ce petit groupe pendant une période agité de l'Espagne, lors de la tentative de coup d'état qui rappellera à certains la guerre civile.
Leur quotidien se déroule lentement, ponctué de quelques accros : la brouille de Paco avec son éditeur et sa décision de devenir détective, ses tentatives pathétiques pour retrouver sa femme, la fidélité de Modesto, en admiration devant son oeuvre, l'assassinat de son beau-père dont il va être soupçonné, la passion de l'un pour les armes à feu, celle de l'autre pour une jeune femme,...
Bref rien de bien enthousiasmant...
En effet, il faudra attendre la page 230 sur 363 ( ! ) pour que l'action bouge quelque peu. Paco décide de retrouver l'assassin de son beau-père et se lance dans une enquête digne des intrigues qu'il créait. Pistes, déductions, indices, témoignages des prévenus,... Paco se croit dans un de ses romans.
Alors le crime sera-t'il parfait ? je vous laisse le découvrir !

Je dois dire que cette lecture ne m'a pas vraiment emballée...  Beaucoup d'ennui face à une histoire qui ne décolle pas. L'idée de départ me paraissait originale mais je ressors déçue de ma lecture.
On y trouve pourtant de bons passages humoristiques où les éditeurs et les policiers en prennent pour leur grade.

" Modesto revint à 10 heures le lendemain matin (...), comme l'inspecteur le lui avait indiqué. C'était l'heure à laquelle le commissaire divisionnaire chargé de l'enquête (...) prenait son service. Effectivement, il arriva à 11h30. "

"...la police, composée en fin de compte de fonctionnaires ayant un faible pour la bureaucratie, n'est jamais pressée, elle aime les détours autant que les délinquants aiment les raccourcis"

mais ces séquences ne suffisent pas à amener un peu d'action dans une histoire qui en manque cruellement. Quel paradoxe pour un texte qui se veut pencher vers l'univers du roman policier !
Le club des amis du crime parfait ne nous donne finalement qu'assez peu d'éléments de leurs discussions et seules quelques pages nous laisse entrevoir leur travail théorique sur le crime, très intéressant ceci dit. L'intrigue, au final, ne tourne pas autour de ce fameux club qui ne sert que de point de départ.
Ce roman n'est d'ailleurs pas à prendre comme un polar mais aussi comme le témoignage d'une époque.
C'est peut-être ce qui rattrape quelque peu le reste : les tensions politiques sont exacerbées et la tentative de coup d'état fait ressurgir dans la tête du peuple les traumatismes de la guerre civile. On y découvrira aussi que les conséquences restent importantes pour les bourreaux comme pour les victimes, même bien des années plus tard, et que l'esprit de vengeance ne s'est pas apaisé devant l'immunité de certains activistes.

Bref c'est un roman qui aurait pu être très original dans son traitement du crime et par l'humour incisif qui point régulièrement dans les dialogues mais qui est, à mon goût, complètement plombé par la lenteur et l'inaction de l'intrigue. Dommage...

L'avis beaucoup plus enthousiaste de Leiloona !

Note : **


Editions Quai Voltaire - 21,50€

Je remercie BOB et les éditions du Quai Voltaire pour leur envoi.


challenge-du-1-litteraire-2009.jpg

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 20:32

Le livraire, dans son annexe,  a réussi à me dénicher au fin fond de mon grenier pour ce tag que tout le monde avait fait...sauf moi !

Je m'y prête donc avec beaucoup de retard... et lui présente mes excuses !


1. A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture ?


Excepté les niaiseries de Oui-oui et Martine, un des premiers romans dont je me souviens est un titre de la Bibliothèque Rose (toujours de Blyton) : "La famille Tant-mieux", famille qui décide de vivre en roulotte !
Cette famille m'a tellement marqué par l'originalité de son style de vie que je rêve toujours d'habiter dans un lieu atypique...

et le deuxième roman (ou plutôt série), c'est la fameuse saga de l'Etalon noir de Walter Farley, que j'ai lu et relu au moins une quinzaine de fois...
La jeune cavalière que j'étais s'est passionnée pour Alec et sa vie auprès de Black et de sa descendance ! 
Je garde encore précieusement ma vieille collection avec ses couvertures méga kitch !

                 
 

2. Quel est le chef-d’œuvre “officiel” qui te gonfle ?


Et bien, je n'ai pas encore trouvé... J'aime Proust, Balzac, Flaubert, Dostoievski, Tolstoi, ...
Les autres, je ne les ai pas lu !

Sinon je dois dire que je ne suis pas trop sensible à la prose de Messieurs Roth et Auster...


3. Quel classique absolu n’as-tu jamais lu ?


Ah ben nous y voila... un bon paquet, je dois dire...
Pérec, Céline, Vian, Joyce, Camus, Cohen, ... et tant d'autres !
Au moins, je vais faire durer le plaisir de découvrir des classiques toute ma vie !

4. Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as “honte” d’aimer ?


et bien, aucun... Je n'aime que de la qualité...


5.Quel est le livre que tu as le sentiment d’être la seule à aimer ?

 

euh... je ne vois pas, là non plus... Je n'ai pas encore découvert le chef d'oeuvre inconnu de tous... !


6. Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier ?


Je vous donnerai le titre cité à l'occasion du challenge Coup de coeur de Théoma : "Les belles endormies" du japonais Yasunari KAWABATA.

Superbe récit qui oscille entre érotisme, amour, solitude et vieillesse où l'on y suit un vieil homme seul qui paye pour dormir avec des jeunes filles endormies. On y parle de l'amour du corps féminin, de la peur de la vieillir et de l'impuissance à donner du plaisir.


"La beauté atteinte par les seins de la femme n'était-elle point la gloire la plus resplendissante de l'évolution de l'humanité ? "

 

 

et je vous donnerais aussi "l'éternité n'est pas de trop" de François Cheng qui est pour moi le plus beau roman d'amour que j'ai lu...

Dao-Sheng, qui vit une vie de reclus, décide de retourner en ville afin de retrouver l’unique amour de sa vie, rencontré un soir, il y a 20 ans. Il la retrouve mal mariée et malade. Alors qu’il la soigne, leur amour s’épanouit dans la chasteté et la spiritualité. La fin sublime du roman donnera tout son sens à ce récit empli de poésie et d’amour.

 

 

 

 


 

7. Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer ?

 

Un harlequin... en hommage à cette grande folie qui a eu cours il y a peu sur la blogosphère !

Et quitte à faire dans le dépaysement...

 

 

Merci à Hildebad pour cette découverte essentielle à ma culture japonaise...


8. Quel livre pourrais-tu lire et relire ?


Je ne relis quasi jamais de livres, excepté quelques uns lus, appréciés et oubliés.
Le seul qui fait exception est "Mémoire d'une jeune fille rangée" de Simone de Beauvoir qui a bercé mes années de fac. Pour la suite, voir la question suivante !


9. Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité ?


Beauvoir donc car c'est son parcours de femme et d'intellectuelle, plus que d'écrivain, qui m'a vraiment marqué et que c'est une des rares figures à laquelle je me suis un tant soit peu identifiée. Au point de consacrer mon mémoire de maitrise à cette femme !

10. Quel livre t’a fait verser tes plus grosses larmes ?


- "Des souris et des hommes" de Steinbeck (Larmes poignantes)
- "Le sourire étrusque" de Sampedro (La grosse boule dans la gorge)
- "Le dernier train" de Maria Mercè Roca ( Sanglots du passé)
"La disparition d'Esme Lennox" de Maggie O'Farrell ( A gros bouillons)

11. Quel livre t’a procuré ta plus forte émotion érotique ?


Dans mes jeunes années de lycéennes : Sade et les passages érotiques de "la philosophie dans le boudoir" acheté trois fois rien chez Maxi-Liv... Rien compris au reste...

12. Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?


Un livre infini ou une énorme saga genre "La comédie humaine" de Balzac ou "A la recherche du temps perdu" de Proust pour remplir ma solitude de leurs nombreux personnages de papier.
et je rajouterais un "Copain des bois" version adulte lol !

13. De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience ?


Rien de particulier, j'ai déja assez de titres dans ma LAL... Peut-être le prochain Claudie Gallay.
Mais je dois dire que je suis à chaque fois impatiente de lire mon auteur de BD préféré : Chabouté !

14. Quel est selon toi le film adapté d’un livre le plus réussi ?

- "L'amant" de Duras, même si elle même n'a pas apprécié le film.
- "Le seigneur des anneaux" de Tolkien, une véritable gageure !
- "Orange mécanique" de Burgess, une claque !

et je rajouterais ces derniers, même si je ne les ai pas lus :
- "Shining" de King et le flippant Nicholson
- " La ligne verte" de King
- "Into the wild"
- "le secret de Brokeback moutain"
- "Mysterious skin"

oui ok ça fait beaucoup trop mais je n'ai pas su tranché !

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 23:00


Marie et Esmeraldae m'offrent le prix de l'amitié... et le tag qui va avec !
Je les en remercie :)




Il m'est demandé de vous citer 7 choses que j'aime ou que je n'aime pas.
Etant doublement tagguée, je vous ferais l'honneur des deux !


J'aime :

- Faire la grasse matinée bien au chaud sous la couette
- Lire toute une journée complète non-stop
- Recevoir des surprises chocolatés et livresques par la poste
- Qu'on me brosse les cheveux et avoir pleins de frissons de plaisir
- Regarder des films asiatiques en V.O que personne ne connait
- Etre amoureuse et avoir l'impression d'exister
- Rêver...

Je n'aime pas :


- Les cons qui jettent leur déchets par terre
- Etre déçue par mes amis
- Manquer de temps pour faire tout ce que je veux faire
- Avoir froid
- Les clientes qui font caca dans les librairies (...°_°...)
- Le gouvernement français
- Voir les autres voyager et rester en rade


Je ne désignerais pas 7 volontaires mais je dédie ce prix (et son tag...gniark, gniark...!)
à Cynthia
qui me fait découvrir la joie d'une amitié bloguesque...

 



Edit du 18 Novembre :

 

A la demande générale, voici donc les précisions scatologiques que vous attendez tous...

Ames sensibles...éloignez-vous !


 

Nous avons effectivement une cliente un peu... spéciale qui, suite à un accident, perd un peu la boule.

Elle ne porte pas de culotte... et il arrive qu'elle laisse "tomber" des morceaux de crotte dans les rayons, particulièrement quand elle se gratte les fesses....

Il semblerait que ça arrive fréquemment quand on la perturbe ou la contrarie...

Je précise que cette femme est d'une hygiène très douteuse et que le rayon embaume pendant 15 min après son passage... Bref elle pue et a des jambes de yéti !

Et pour aller dans le détail, ses "pertes" sont sèches... On ne sait pas très bien comment c'est possible... Est-ce que ça reste collé à ses fesses... ?

et bien sûr, pour couronner le tout, elle marche dedans pour bien l'étaler dans tout le rayon (c'est pas voulu tout de même).

 

Et la semaine dernière, c'est MON rayon qui a eu droit à son petit cadeau...

et c'est MOI qui ait dû ramasser sa merde... tout sèche bien collée et étalée au sol...

Je vous laisse imaginer la scène... les odeurs...

Et mon humeur...

 

Bref, cette cliente qui vient quasi tous les jours ne peut en plus pas être mis à la porte...

car elle fait partie des meilleures clientes et dépense des sommes folles !!!


Voila ! je termine cette parenthèse particulièrement glauque...

mais vous l'avez voulu !!

 


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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 22:19




Iris est une jeune femme active qui tient sa propre boutique. Elle vit seule mais entretient, sans se poser de questions, une relation avec un homme marié. Son quotidien est rythmé par ses rencontres furtives avec Luke, ses recherches professionnelles et par sa relation très forte avec Alex, son frère de coeur, avec qui elle a été élevé. En effet, Iris n'a pas connu son père, décédé, et sa mère a refait sa vie avec un jeune papa veuf. Quotidien qui va se retrouver bouleversé, le jour où on lui annonce qu'elle a une grand-tante et qu'elle va devoir lui trouver un autre toit ! En effet, l'asile où cette dernière était enfermée depuis 60 ans ferme ses portes.
Iris prend en charge, tant bien que mal, la vieille dame et s'interroge. Sa grand-mère, Kitty, est atteinte d'alzheimer et ne peut communiquer sur cette soi-disante soeur. Sa mère ne connait même pas son existence. Bref c'est le flou le plus total sur Esme, qui n'est pas aussi folle que ce qu'on veut bien lui dire, et les raisons de l'avoir enfermée à l'age de 16 ans.
Dès lors, tout l'enjeu du roman est de découvrir le mystère de sa vie passé.

Je dois le dire tout net : ce roman m'a complètement bouleversée et je me suis retrouvée à pleurer à chaudes larmes, à mon grand étonnement (moi qui ne pleure que exceptionnellement devant un roman...) et de façon très innatendue, en découvrant le parcours de cette fameuse Esme Lennox.
Le roman alterne entre 2 points de vue : d'un côté, celui d'Iris et de ces préoccupations vis à vis de sa nouvelle aieule et de l'autre, celui d' Esme qui se souvient de son enfance, de son passé tout en savourant sa nouvelle liberté.
Peu à peu, se profile le portrait d'une époque (les années 30) où les femmes évoluaient dans un cadre rigide et codifié. On y découvrira les débuts de la famille Lennox en Inde puis leur vie bourgeoise en Ecosse, la jeunesse des deux soeurs et leurs différences. Kitty ne pense qu'à se marier alors que sa soeur préfère s'affranchir des codes. Les drames vont se nouer et se dénouer.
Parallèlement, la relation entre Iris et sa grand-tante évolue. Elles s'écoutent et peu à peu s'apprivoisent.
Au final, c'est la mémoire retrouvée et l'acception de soi qui en découlera pour Esme comme pour Iris.
L'écriture est simple mais sait parfaitement transmettre les émotions aux lecteurs qui ne pourra qu'être touché par ce destin sous le signe de l'injustice, de la solitude et de l'emprisonnement.

Un roman fort sur un sujet fort : Ne ratez pas ce roman si vous ne l'avez pas encore lu !!

" Revenue au présent, Esme se trouve dans la voiture et revient d'une balade au bord de la mer. Elle fait semblant de dormir. Non qu'elle soit fatiguée, mais elle a besoin de réflechir. La tête renversée en arrière, elle ferme les yeux. Au bout d'un moment, la fille, Iris, se penche pour éteindre la radio. La musique orchestrale, qu'Esme appréciait, à la vérité, est réduite au silence.
C'est là l'unique attention qu'on ait témoignée à Esme depuis bien longtemps. Un peu plus et elle se mettrait à pleurer, ce qui ne lui arrive plus jamais. L'envie d'ouvrir les yeux et de prendre la main de la fille l'envahit. Mais elle n'en fait rien. La fille ne sait pas à quoi s'en tenir sur son compte, elle préférerait qu'elle ne soit pas là... Esme le sait. N'empêche. Elle craignait que la musique ne trouble son sommeil. Vous vous imaginez ?"


Les avis de Karine, Yspaddaden, Gambadou, Keisha, et bien d'autres sur BOB !


Note : *****

Je remercie amplement Ys pour ce livre voyageur bouleversant !
Je ne peux que vous inciter à lui demander de poursuivre son voyage jusqu'à chez vous !




Editions Belfond - 19€

et le poche vient de sortir ce mois-ci ! profitez-en !
Editions 10-18 - 7,90€

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 22:20




Les allusifs lancent une nouvelle collection consacré aux polars : 3/4 polar, orné d'une belle couverture tachée de sang.
Débutant avec l'auteur Gabriel Trujillo Munoz, elle nous plonge pour ces 3 premiers opus dans son pays d'origine : le mexique.
Loverboy est le tome 2 mais il n'est pas nécessaire d'avoir lu le premier.

Nous y retrouvons l'inspecteur Morgado, appelé pour résoudre rapidemment une affaire qui gêne quelque peu l'état craignant des réactions et des manifestations. En effet, une vague d'enlèvement d'enfants sévit depuis peu et amène la psychose dans la population des mères. Le docteur Fidel Chacon, président de la commission pour les droits de l'enfant, avait semble-t'il trouvé une piste... mais ce dernier a été assassiné. Seul indice, une vidéo tournée par Chacon, qui parait montrer le repère des criminels. Morgado va se lancer dans cette enquête et plonger dans l'horreur du monde des traficants d'organes entre Mexique et Etats-Unis.

« L’homme pensa alors aux conséquences de ses actes. Il pouvait avoir des ennuis avec la justice si quelqu’un apprenait comment ce rein sain, de la dimension de celui de son fils malade, était apparu en moins d’une semaine dans la banque d’organes de cet hôpital privé. Puis il réfléchit encore un peu et se vit en train de remplir sa déclaration d’impôts de l’année. Il allait falloir trouver moyen d’expliquer comment cinquante mille dollars s’étaient évanouis en fumée. Quand il en fut arrivé là, il chassa ces pensées.


Il s'agit d'un roman court, très court (83 pages), qu'on pourrait presque apparenter à une nouvelle.
Et c'est LE défaut de ce récit... L'intrigue parait vite "torchée", la mise en place est rapide, l'inspecteur trouve une piste en 2 coups de cuillère à pot et la résolution de l'enquête tombe avant même que le lecteur réagisse. Les personnages sont intéressants mais la présentation trop rapide empêche de s'y attacher vraiment. Bref, pour moi, c'est une déception... L'intrigue avait tout pour me plaire mais la brièveté du roman brise toutes les attentes. On reste en surface et le lecteur devine dès le début comment le récit va tourner. 
Dommage car l'idée était plutôt bonne. L'auteur n'hésite pas au passage à égratigner quelque peu l'image des Etats-Unis et la richesse de ses habitants qui préfèrent se voiler la face pour mieux soigner les leurs, indifférents à ce qui se passe au delà de leur frontière. Il alterne avec brio les voix de l'enquêteur et des criminels, dont on découvre peu à peu toute la folie et l'apreté aux gains.

Un petit roman dur mais hélas, trois fois hélas, trop court pour en garder un quelconque souvenir, à peine refermé... 
Je ne sais si toute la collection sera de la même épaisseur mais le prix pourra en rebuter certains pour un temps de lecture aussi réduit.

Malgré ce bémol, je remercie tout de même Babélio et les Editions Les allusifs pour cet envoi.





Note : **


Editions Les allusifs - 12,50€

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 19:53




Espagne, 1936. La guerre civile menace et pousse Jonas à s'éloigner de Madrid. Il trouve un emploi de secrétaire auprès du peintre Salvador Déséo, installé avec sa femme Galatée dans le petit village de pêcheur de Cadaquès.  
Son arrivée est très mal perçue et les villageois le chassent du village. Jonas va, en effet, s'apercevoir que le peintre, par son attitude plus qu'excentrique, est craint et détesté. Le jeune homme va découvrir peu à peu les dessous sanglants et glauques qui sont à l'oeuvre derrière cette intense période créatrice du célèbre Déséo et qui vont habiter ses pires cauchemars.

Vous aurez bien sûr reconnu les similitudes du personnage Salvador Déséo avec le peintre Salvador Dali !
Paco Roca s'est, en effet, inspiré librement du célèbre peintre pour faire de son album un bel hommage à son génie créatif. Vous y retrouverez des clins d'oeil à des tableaux célèbres, au groupe des artistes surréalistes de l'époque, 
Seul différence, l'auteur pousse la folie du peintre à des extrémités assez peu catholique... et transforme Salvador en tueur en série pour assouvir son art et son besoin de modèles ! Je ne vous en dit pas plus !
Des passages difficiles pourront choquer certains. Cela reste un album à ne pas mettre entre toutes les mains.
L'album oscille entre réalité et cauchemars, ce en quoi il se raccroche magnifiquement à l'aspect surréaliste de l'artiste.
Une préface et une postface entourent l'album d'explications sur l'origine du récit : un récit retrouvé chez un antiquaire qui serait le journal d'un ancien secrétaire de Déséo. Nous voilà en plein dans la tradition picaresque espagnole.

Un album dérangeant et très original qui colle parfaitement à son sujet : Dali et le surréalisme.


Note : ****



Editions Erko - (épuisé)
 







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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 15:28





Le coupeur de roseaux est un court roman, écrit en 1932.

Nous suivons le narrateur qui décide de se promener aux abords du sanctuaire de Minase, ancien palais de l'empereur Gotoba (12ème siècle) transformé en lieu de culte. Son récit est émaillé de descriptions géographiques et historiques et ponctués de citations littéraires et poétiques. Il imagine l'empereur et le décor qui s'offrait à ses yeux tout en plongeant dans ses écrits.

"Je regarde dans le lointain
Le pieds des montagnes est enveloppé de brume
Rivière Minase !
Pourquoi avoir préféré
Les soirs d'automne ? "

Sa promenade le conduit au fleuve Yodo qui se traverse en 2 fois pour atteindre Hashimoto. Un banc de sable au milieu du fleuve sert de relai. C'est sur ce banc de sable que notre narrateur décide de se poser pour contempler à loisir la pleine lune.

La lune au dessus du fleuve Yodo et du château d'Osaka, par Hokusaï

C'est sur cet îlot qu'il rencontre un coupeur de roseaux qui, tout en lui offrant du saké sans compter, lui rapporte une anecdocte de jeunesse : son père l'emmenait chaque année en promenade sur les bords de la rivière Yodo et s'arrêtait pour observer une belle jeune femme qui jouait du Koto sur la berge opposée. Les années passent et le père se décide enfin à raconter à son fils l'histoire de cette femme.
On va découvrir alors, en même temps que notre narrateur, une histoire d'amour contrarié entre la belle O-Yû et le père, où le respect, l'amour pur et le sacrifice sont élevés au rang d'honneur.
Je n'en dirais pas plus pour ne pas vous dévoiler la richesse de l'intrigue.

Ce roman très intéressant n'est toutefois pas si facile d'accès suite à la longue introduction du narrateur sur le lieu de sa promenade. Regorgeant de références peu connues par les lecteurs occidentaux, il peut très rapidement ennuyer... Cependant, il faut avoir le courage de poursuivre pour atteindre la partie du récit sur O-Yu et Shinnosuke, autrement plus passionnante.
Entremêlant passion, secret, raffinement, mélancolie et relation à trois, cette histoire en forme de conte traite du désir innasouvi et l'élève comme forme d'amour suprême. Une femme sacrifie sa vie pour l'amour de sa soeur et de son mari. Une autre se refuse à aller contre les traditions. Un homme se marie par amour d'une autre femme. C'est une relation triangulaire bien complexe qui nous est présentée ici.
Le problème de la condition féminine est quelque peu montrée du doigt. Enfermées dans les traditions, elles sont soumises au bon vouloir de leurs maris et de leur famille.
Le lecteur baigne dans une atmosphère de mystère et de mélancolie renforcée par une écriture poétique qui rappelle les haikus.

Bref une belle découverte malgré une mise en place un peu longue du récit.

Il est à noter que le cinéaste Mizoguchi s'est inspiré de cette nouvelle pour réaliser en 1951 le film "Mademoiselle Oyu".







 

















Tanizaki s'étant lui-même inspiré du conte floklorique japonais : le coupeur de bambou. Datant du Xème siècle, il est considéré comme le plus ancien texte narratif japonais.Je vous renvoie à la notice Wikipédia qui est très bien faite : http://fr.wikipedia.org/wiki/Kaguya-hime.


Cette lecture était commune avec Cynthia qui a trouvé l'histoire très agaçante !



Note : ****


Editions Folio, 2€


Objectif-PAL.jpg

Objectif PAL : # 6


 

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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 18:20




Nous sommes en Grece, en pleine dictature militaire. Le général Metaxas, s'inspirant de Mussolini et Hitler, impose un régime autoritaire où les libertés sont bafouées. Les rébètes, musiciens pour qui le plaisir de la musique, des femmes et de l'herbe passent avant tout, sont particulièrement réprimés.
Prudhomme va nous faire découvrir leur quotidien en suivant un groupe de musiciens qui se défie de la police pour laisser libre cours à leur art.

Nous voilà plongé dans l'ambiance du Rébétiko, musique populaire qui parle d'amour impossible, de hashich, de classe marginale, et imprégnés des rythmes orientaux de Turquie.
En effet, les grecs chassés de Turquie dans les années 20 sont obligés de revenir dans leur pays d'origine. Considérés comme des parasites, ce sont des marginaux. Les cafés où ils jouent et fument le narguilé sont victimes de razzias et peu à peu leur espace de liberté disparait.
Vers 1950, le rébétiko s'appauvrit en laissant la place à des chansons plus fades et plus commerciales. Associée à la drogue et aux marginaux, ce style de musique deveint mal vu.

Voici un petit extrait du film "Rebetiko" de Costas Ferris, histoire que vous compreniez l'ambiance.
(Le son n'est pas top mais bon...)




Cet extrait reflète bien l'ambiance que vous allez retrouver dans cet album : les cafés enfumés, les improvisations musicales, la belle femme qui fait languir tous les hommes, les jeux de cache-cache avec la police,...
Les personnages sont un mélange de figures musicales réelles et de personnes inventées.
Le dessinateur a su parfaitement nous plonger dans l'ambiance.

Cet album est une tranche de vie de ce groupe de musiciens. Je ne suis tout de même pas rentrée complètement dans le récit, finalement assez léger. Et le sujet, pas facile à prendre en main si on ne connait pas le contexte historique, même si la bd l'aborde.
Bref un bel album, à lire rien que pour l'ambiance qui nous fait voyager et pour la découverte de ces rébètes bafoués !









Note : ***


Editions Futuropolis - 20€

 

Challenge roaarrrPrix regard sur le monde 2010


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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 20:55


Encore un super challenge en perspective !
Lancé par Geishanellie, il consiste à lire 3 romans de Science-fiction en 1 an.
Soit en version "simple" : 3 titres au choix, soit en version "crazy" : 3 titres dans des genres différents.



Ayant été autrefois responsable du rayon Science-fiction...
Ayant été une grosse lectrice de Sf et ayant délaissé ce genre depuis quelque temps...
Ayant longuement hésité mais ayant pas mal de SF dans ma PAL...
Ayant vu passer assez peu de billet de Science-fiction...

Voilà encore une bonne occasion de s'inscrire !

Tous les détails sont ici !






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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
Ce blog sera à terme supprimé.
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