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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 22:44


April et Frank Wheeler sont un jeune couple américain de la classe moyenne. Ils vivent dans un pavillon de banlieue, affublé d'une belle fenêtre panoramique. Frank travaille dans une entreprise de calculatrices électroniques mais y affiche un profond désintérêt. April s'essaye à la comédie théâtrale tout en tenant son rôle de maitresse de maison.
Ils fréquetent leurs voisins tout en les dénigrant. En effet, notre petit couple s'estime au dessus de la condition de petits bourgeois dans laquelle ils doivent se contenter de vivre aujourd'hui. Mais englués dans leur petite routine, rien ne change jusqu'au jour où...

Les personnages vivent dans l'illusion du bonheur et s'y complaisent par facilité.
A force de compromission et de désir d'intégration dans la classe moyenne américaine , ils finissent par mettre de côté leurs idéaux et à se plier aux règles.
L'idéaliste April, lasse d'un conformisme ambiant et écoeurée par la lacheté de son mari qu'elle voyait tel qu'il n'était pas réagira avec violence jusqu'au drame final.

Véritable autopsie du couple, ce roman paru en 1961 décortique les faux semblants, les non-dits et les frustrations de chacun. Même si parfois les dialogues semblent un peu datés et le statut de la femme un peu stéréotypé, on rentre parfaitement dans cette histoire de couple qui va mal, contrairement aux apparences. Beaucoup d'empathie envers les personnages, chez lesquels certains pourront peut-être retrouver leurs propres sentiments.
Ce roman, plein de violence sourde, est un témoignage dur sur le couple, ses concessions, l'usure du quotidien et de l'amour, tout comme un portrait désenchanté du couple moyen américain qui se doit de se fondre dans la masse. Une belle leçon à retenir !

Note : ****

Editions Robert Laffont, pavillon poche - 10,90€
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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 15:56





Raghnarok est un petit dragon bien déjanté qui vit dans la forêt avec sa maman. Celle-ci désespère de lui apprendre à voler tandis que ce dernier préfère dévorer les esprits de la forêt dont il est censé être le protecteur.
Accompagné de Najette sa fée protectrice en treillis, Raghnarok n'en finit pas de prendre des gamelles, de servir d'appât ou de rabatteur pour les repas de la grand-mère dragon et de s'empiffrer d'humains, d'elfes et de saucissons à l'ail (astuce imparable pour la chasse !).

Composés de gags en une planche qui tricotent le quotidien de notre petit dragon, l'album mis en valeur par de belles couleurs est drôle, vous l'aurez bien compris !
Destiné tout d'abord aux plus jeunes (parution dans la collection T'chô), il sera aussi apprécié des grands.


Note : ****


Editions Glénat - 9,40€


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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 15:10


Nous sommes en Afrique du Sud, 15 ans après la fin de l'apartheid. La violence et l'épidémie de sida continuent de faire de nombreuses victimes.
Ali Neuman, zoulou qui a vu sa famille massacrée, est devenu le chef de la police criminelle de Cape Town. Avec ses collègues Epkeen et Fletcher, il va enquêter sur la mort d'une fille blanche, fille d'un ancien champion de rugby, qui vient d'être retrouvé morte avec une drogue inconnue dans le corps. S'agit-il d'un acte raciste ou d'une histoire de drogue ?
Nos 3 flics et amis vont alors se lancer dans une enquête plus que dangereuse dans les bas-fonds des townships où tous y perdront quelque chose...

L'auteur réussit à nous entraîner dans un tableau très réaliste de l'Afrique de Sud, en proie à la corruption (de la police entre autres), à la misère et à la violence qui en découle. La fin de l'apartheid et le miracle Mandela sont loin d'avoir résolus tous les problèmes. La peinture, aussi effrayante soit-elle, de la société sud-africaine est imparable.
Les 3 personnages principaux ont d'ailleurs chacun leurs démons et leurs blessures. Epkeen se débat avec une ex-femme et un fils qui le hait et noie ses soucis dans l'alcool et les plaisirs charnels. Fletcher, fréquemment charrié pour sa "féminité", doit assumer le cancer de son épouse.
Bref rien dans de très drole dans ce roman où le happy end n'a pas sa place.

Pourtant, contrairement aux critiques élogieuses qui fleurissent un peu partout, je n'ai pas été emporté par ce roman.
La présentation décousue des personnages m'a fortement gênée. L'auteur peut vous parler sur 3 chapitres d'un des 3 flics puis passer dans les 3 chapitres suivants à un autre flic. On finit alors par découvrir qu'il n'y a pas 1 personnage principal mais 3,... quoique le personnage de Neuman reste quand même le plus important.
Il est alors difficile de s'attacher à ces 3 policiers, même s'ils trimballent tous des casseroles qui les rendent attachants. A la moitié du livre, on a toujours l'impression d'être au début dans une phase de présentation. On a l'impression de ne pas avancer et au final, les caractères de chacun ne semblent pas assez aboutis. Dommage car le potentiel était là.
On peut émettre des doutes aussi sur l'organisation d'une police criminelle qui semble se composer de nos seuls héros et d'un chef qui trouve le temps d'enquêter comme et avec ses officiers... Pas très crédible tout ça. Un chef de police est loin d'avoir le temps d'enquêter et est là pour coordonner celle de ses "subalternes".

"Zulu" reste quand même un bon roman noir, à lire rien que pour la vision réaliste d'une Afrique du Sud, qui n'en finit pas de panser ses plaies.

Note : ***

Editions Gallimard, série noire - 19,50€
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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 13:59


Lire est bien le cadet des soucis de la reine d'Angleterre... jusqu'au jour où elle se retrouve dans un bibliobus par un concours de circonstances qui l'amène à emprunter un livre par politesse. Un commis de cuisine rencontré au bibliobus va alors devenir son conseiller de lecture. Choisissant tout d'abord les ouvrages d'auteurs qu'elle a cotoyé dans le grand monde, elle finit par attaquer les romanciers les plus ardus. Bouleversée par ses découvertes littéraires qui en entrainent indéfinement d'autres, la reine va commencer à négliger les obligations dûs à son statut et devoir faire face à la désaprobation grandissante du palais.

Nous allons découvrir dans ce roman une reine très touchante mais un peu coincée qui, à 80 ans, va se mettre à penser grace à la lecture. L'ironie de l'auteur sur le protocole du palais de Buckingham, sur le manque de sincérité et de spontanéité de ses habitants, sur l'intimité des écrivains, sur les chefs d'état incultes (oui oui on pense au même !)  est présent tout au long du roman. On se régale de la chute complètement inattendue
Il offre également de belles réflexions sur la lecture, son pouvoir subversif et sa place dans nos sociétes actuelles. Place qui devient si peu importante qu'on soupçonne la reine de sénilité à force de s'y adonner avec tant de passion !
C'est une lecture jubilatoire que ce roman à l'humour bien trempé que je vous conseille fortement !

Petit extrait :

"Windsor accueillait ce soir-là un banquet d'apparat : le président de la République française s'était placé aux côtés de Sa Majesté tandis que la famille royale se regroupait derrière eux ; la procession se mit lentement en marche et rejoignit le salon Waterloo.

- Maintenant que nous sommes en tête à tête, dit la reine en adressant des sourires de droite à gauche à l'imposante assemblée, je vais pouvoir vous poser les questions qui me tracassent au sujet de Jean Genet.

- Ah... Oui, dit le président.

La Marseillaise puis l'hymne britannique suspendirent durant quelques instants le déroulement des opérations, mais lorsqu'ils eurent rejoint leurs sièges, Sa Majesté se tourna vers le président et reprit :

- Il était homosexuel et il a fait de la prison, mais était-ce vraiment un mauvais garçon ? Ne pensez-vous pas qu'il avait un bon fond, au contraire ? ajouta-t-elle en soulevant sa cuillère.

N'ayant pas été briefé au sujet du dramaturge chauve, le président chercha désespérément des yeux sa ministre de la Culture, mais celle-ci était en grande conversation avec l'archevêque de Canterbury.

- Jean Genet, répéta la reine pour lui venir en aide. Vous le connaissez ?

- Bien sûr, répondit le président.

- Il m'intéresse, dit la reine.

- Vraiment ?

Le président reposa sa cuillère. La soirée promettait d'être longue. "


Note : *****

Editions Denoël - 12€

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 13:23









4 Mai 1891, Sherlock Holmes disparait  dans les chutes de Reichenbach entrainant avec lui son pire ennemi, le professeur Moriarty. Alors que son frère Mycroft Holmes détruit ses précieuses archives et prétend qu'il était devenu fou , le fidèle Watson refuse de croire à cette version et se lance dans une enquête qui le conduira au coeur de la famille Holmes et de ses secrets.
Nous retrouvons dans ces 2 beaux albums illustrés en gris bleuté ou en ocre/sépia ( pour les flash back ) l'ambiance des romans policiers de Doyle. L'observation et l'esprit de déduction y sont mis à l'honneur et on y découvre des clins d'oeil à l'oeuvre originelle  ( Doyle est l'agent littéraire de Holmes ! ).
Voici une variation originale du mythe Sherlock Holmes qui parvient à faire mouche par la psychologie appuyée des personnages, à leur dualité et par un graphisme adapté à l'ambiance victorienne de l'époque.

Note : ****

Editions Futuropolis - 11€ ou 22€ le coffret des 2 tomes

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 15:10


Eric Moore est l'heureux propriétaires d'une petite maison de la middle class. Avec sa femme Meredith et son fils adolescent Keith, il vit une existence sans histoires. Une vie parfaite qui va éclater en morceaux quant son fils va être soupçonné de la disparition d'une petite fille de 8 ans dont il avait la garde, la veille de sa disparition. Malgré toute la confiance qu'il a en sa famille, le doute va s'installer et briser toutes ses certitudes...
Le roman nous est conté du point de vue du père de Keith. L'intrigue policière est secondaire. Ici, c'est la réaction et les sentiments des proches qui sont mis en avant. Le doute qui s'insinue en Eric va s'étendre à toute la famille : les relations avec fils, frère et femme vont être mises bien à mal par sa parano galopante. De vieux secrets de famille ressortent et déstabilisent encore plus notre père qui se croyait idéal.

Un point de vue original, une intrigue à suspense qu'on n'arrive pas à lâcher malgré une narration assez simple, une fin surprenante. On partage les doutes et la colère d'Eric moore et on comprend qu'une confiance brisée peut emmener en enfer et détruire la cellule familiale.
Les relations père/fils sont décortiqués et le manque de communication pointé du doigt.
Car "Les feuilles mortes" est aussi un roman sur l'amour filial, ses attentes déçues et ses interrogations : "Qu'est-ce que l'amour filial sinon aimer des gens que l'on n'aimerait pas ?" .

Un très bon polar que que je vous conseille !
Seul reproche : court et très vite lu !

Note : ****

Editions Gallimard, série noire - 22,50€
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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 14:34


Julius Winsome est un quinquagénaire qui vit seul dans une cabane au fond de la forêt du Maine. Petit-fils d'un rescapé de la 1ère guerre mondiale et fils d'un homme qui lui as appris la langue dans les romans de Shakespeare, Julius a horreur de la violence et ne chasse pas.
 Entouré des 3282 livres que lui a légués son père et en compagnie de son chien Hobbes, il vit une existence tranquille rythmée par ses rares sorties en ville,  ses essais de jardinage et ses lectures.
Tranquille jusqu'au jour où Hobbes meurt, tué d'un coup de fusil à bout portant et qui va déclencher chez Julius une furie meurtrière, traquant ceux qu'il croit être les meurtriers.

Récit d'amour et de vengeance, Donovan ne cherche pas à analyser les raisons du geste de Julius. Même si les raisons illogiques et folles de Julius ne se laissent pas appréhender ( chagrin ? vengeance ? ), le personnage parait éminement sympathique et nous sommes pris d'une troublante empathie. Isolé du monde, vivant au milieu des fantomes de son père et de Claire, la seule femme à avoir partagé sa vie de reclus, il nous fait ressentir sa solitude, sa douleur et son désarroi. Le tout dans l'écrin froid et austère d'une nature âpre et enneigée, ponctué de citations shakespeariennes.

Note : ***

Editions Seuil - 19,50€
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 23:37







Sanpei est un sexagénaire qui vient de devenir veuf. Invité par son fils Shiro à venir habiter chez lui, il tombe en rangeant ses affaires sur un carnet de bord tenu par sa femme où elle lui indique tous les petits trucs du quotidien qui vont lui être utile : comment recoudre un bouton, repasser une chemise, des recettes de cuisine, les gouts de sa petite-fille ...Etc.
Au début, très mal dégourdi dans son quotidien et avec sa famille, Sanpei devient le père et grand-père attentionné qu'il n'était pas.
Au fur et à mesure des anecdotes et des souvenirs où l'humour est présent par petites touches, on découvre le quotidien de la famille dans sa simplicité. Le personnage de Sanpeï s'étoffe et s'humanise jusqu'à suggérer une histoire d'amour très pudique.
Un dyptique poétique très touchant par l'auteur de "Le pays des cerisiers" et une collection "Made in" de chez Kana qui continue de nous trouver de belles perles !

Note : ****

Editions Kana, Made in - 10€ le tome
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 22:31





17ème siècle, dans une Amérique où la véritable ségrégation raciale n'a pas encore commençé.
Le principal sujet est l'esclavage, celui qui précède le racisme. En effet, l'esclavage n'est pas qu'une affaire de race et il touche en particulier les femmes vulnérables.
Nous allons suivre Florens, cédée à Jacob Vaark, pour une dette non remboursée, sous les supplications de sa mère esclave de la prendre, elle sa fille, plutôt qu'elle-même et son bébé. Malgré les années, Florens ne se remet toujours pas de cet "abandon". Florens, toujours qui s'amourache d'un jeune forgeron noir et libre et qui troque son asservissement pour un autre.
Jacob Vaark est un colon hollandais qui a émigré en Amérique et s'improvise fermier. Il veut construire une maison, bien supérieure à son rang, témoignage de son accomplissement et qui devient un joug pour toute la famille. un héritage dérisoise qui perd tout son sens quand il n'y a pas de descendants à qui le transmettre.
Il répugne d'abord au commerce de la chair mais se laissera tenter par des activités lucratives dans le commerce du rhum et du sucre. «Et il y avait bel et bien une profonde différence entre la proximité des corps des esclaves à Jublio et une main-d'oeuvre lointaine à la Barbade. Pas vrai ?>>
Rebekka, l'épouse blanche de Jacob Vaark, incarne une autre servitude. Elle a elle-même été plus ou moins cédée à son mari par la famille, après un long et pénible voyage en bateau à travers l'Atlantique, parmi les prostituées. C'est une femme dont les perspectives se limitent à «servante, prostituée ou épouse» du fait de son sexe et de son rang social.
Il y a aussi Sorrow, rescapée d'un naufrage et  Lina, achetée à des presbytériens qui l’ont recueillie après qu’une épidémie a dévasté toute sa tribu. Toutes deux, esclaves chez les Vaark.

C'est une belle mosaique de personnages que nous offre Toni Morrison.
Le lecteur pourra être un peu déstabilisé dans les premiers chapitres et se demander qui parle, qui sont les gens cités. Les "explications" viennent lentement au fil des différents narrateurs qui vont dérouler des pans de leur vie devant nos yeux.
La polyphonie des voix, l'alternance de point de vue sur un même évènement nous font ressentir au plus profond les sentiments et la détresse de chacun des personnages.
Le regard est souvent introspectif, tourné vers le passé et explique les blessures et les attentes de chacun.

"Un don" remonte aux origines d'une nation qui se constitue dans le chaos, la violence raciste, la persécution pour sorcellerie et les conflits religieux. Une nation, faite d'identités multiples, comme les personnages du roman formant pour un instant une "famille" mais qui va se déliter dans la mort et la perte de l'innocence pour un nouveau pays aux idéaux corrompus et où l'individualisme fera loi.
Le dernier chapitre, de toute beauté, laisse enfin entendre la voix de l'espoir, celle de la mère de Florens délivrant l'ultime message que sa fille n'a jamais réussi à entendre : le "don" du titre.

Un roman aussi fort que le sublime "Beloved" !


Note : *****

Edition Bourgois - 15€

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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 00:21

Juan vient de se marier avec Luisa. Pendant leur voyage de noces, il a le sentiment que sa vie bascule et qu'il n'a plus sa vie en main.
ce roman très psychologique explore les états d'âme du jeune marié et donne une étude poussée des relations amoureuses, du couple et du mariage. Il explique comment 2 personnes arrivent à vivre ensemble, s'interroge sur le fait de tout se dire ou pas, la part des compromis dans un couple. Il aborde aussi les nons-dits de la cellule familiale à travers les secrets du père de Juan.

Je dois dire que exceptionnellement j'ai abandonné la lecture à la page 163... J'ai trouvé ça ... très chiant, il faut le dire...
Même en entrecoupant ma lecture par d'autres romans, j'ai fini par le lâcher...
Le récit est très lent, la lecture très morne et les états d'âme des personnages ne m'ont pas du tout intéressés malgré un thème accrocheur.
A relire surement plus tard... j'ai trouvé ailleurs des critiques de gens qui avaient persisté et apprécié...

Note : *

Editions Rivages poche - 8,40€
Editions Folio - 8,10€
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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
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