Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 13:00

 

Blast t2 01

 

Auteur : Manu Larcenet

Editeur : Dargaud

Date de parution : Avril 2011

Prix : 22,90 €

  208 pages

 

 

Il y a quelques mois, je vous parlais de la claque que le premier tome de Blast avait été pour moi.


On y découvrait un homme, Polza Mancini, en pleine garde à vue, aux prises avec des flics bien pressés de lui soutirer les détails qui l'ont conduit à son arrestation, un crime dont on ne savait rien.

Polza se racontait, en détails et on découvrait son parcours atypique : homme obèse, mal dans sa peau, il avait décidé de tout abandonner après la mort de son père et de vivre en marge des hommes. Il y évoquait ses blessures, son enfance, la mort accidentelle de son frère par sa faute et surtout le Blast qui l'avait frappé, ce choc illuminatoire qui l'a libéré pour un bref moment de son enveloppe corporelle et de ses contraintes morales.

 

Dans ce deuxième tome, l'interrogatoire avec les policiers se poursuit. Les 2 hommes jouent contre la montre : ils doivent découvrir comment Carole est arrivé à l'hôpital avant que la garde à vue se termine. Mais Polza, lui, prend toujours son temps et continue de narrer son histoire à son propre rythme.

Sa clochardisation se fait encore plus extrême. Il vit dans les bois, nu, et agit presque comme un animal, à l'instinct, se nourissant de cadavres d'animaux et se mantient dans un état d'ébriété constant dans la perspective de retrouver le Blast tant désiré. Il se fait battre par les enfants et les chasseurs et finit par quitter la solitude de la forêt pour revenir vers les hommes. Il rencontre un certain Jacky, SDF lui aussi, et dealer violent avec qui il passera l'hiver. Avant de reprendre une fois encore sa quête de vagabond...

 

Si dans le premier tome, nous pouvions avoir une certaine tendresse pour Polza, touché par ses blessures intérieures et son choix de liberté, ce deuxième opus éloigne toute empathie que l'on pouvait avoir. Le portrait qui est fait de Polza est sombre, bien plus sombre. Le dégoût affleure devant cet homme qui vit pire qu'un chien. On ressent d'autant plus la folie de cet homme qui préfère s'annihiler plutôt que d'affronter ses démons qui n'hésitent pas à venir le hanter à l'occasion.

Ainsi le récit avance, les détails de son parcours se font jour sans pour autant dissiper tout mystère. Le lecteur se pose plus de questions qu'il n'en possède les réponses.

 

Inutile de vous dire que cet album est à nouveau un choc narratif et graphique !

Larcenet fait plonger son personnage dans les méandres de l'esprit humain et lui donne un comportement destructeur qui remonte à l'enfance. On découvre en effet que Polza s'auto-mutilait le corps, ce corps qu'il porte comme un fardeau depuis toujours et qui l'encombre toujours autant. Sa vie en dehors des hommes et des marges, les contraintes qu'il impose à son corps (alcoolisme, drogue, pb de nourriture,...) sont une autre manière de s'autodétruire. Son choix de vivre au coeur de la nature, non pas comme un hippie écolo mais comme un animal qui revient à son état originel le fait passer pour fou dans cette société où la norme est de mise.

 

Blast-t2-03.jpg

 

Graphiquement, Larcenet a poursuivi son travail entamé dans le premier tome. L'album est toujours en noir et blanc et les seuls touches de couleurs, symbolisées par les dessins de ses propres enfants, correspondent à l'enfance de Polza ou au Blast. Les lavis sont de toute beauté et Larcenet exploite toute la richesse des différents niveaux de gris. Certains applats de noir se voient hachurés et grattés.

La narration se fait lente, se passant souvent de paroles inutiles tant l'image nous touche par sa force. On y découvre des pleines pages qui touche parfois au sublime.


 

Blast-t2-02.jpg

 

Bref, ce deuxième tome confirme ici tout le bien que je pensais de Larcenet avec cette série qui restera surement un de ces chefs d'oeuvre qui défieront le temps.


C'est un indispensable que vous devez absolument découvrir !!!

 

 

Extraits :

 

" C'est une erreur. L'ivresse n'est pas un asservissement, c'est une libération. C'est le seul moyen de se connaître sans se faire peur. Mais comme pour toutes les disciplines, si on veut dépasser le simple amateurisme, ça demande du courage, du travail et de la ténacité. Vivre soûl, ça se mérite. "

 

" L'expérience de la liberté est difficile et dangereuse. Elle impose de s'oublier et de s'affranchir de la société des hommes. RAres sont ceux qui résistent à la révolution intime qui résulte de ce sacrifice. Cet été-là, je suis devenu une bête, ni plus ni moins. Ailleurs, on m'aurait enfermé pour ça. La forêt m'a protégé... "

 

" Anxiolitiques, antidépresseurs, barbituriques, hypnotiques... et bien d'autres dont j'ignorais la fonction mais qui étaient si appétissants. Dans presque toutes les maisons que j'ai habitées sans y être invité, j'ai pu vérifier l'omniprésence de ces médicaments du mal-être... C'est étrange qu'ils soient l'apanage des sociétés dont la priorité n'est plus la survie. A croire que l'angoisse naît du confort. "

 

 

 

D'autres avis chez :


Mo' avec qui je faisais lecture commune, et que je remercie mille fois pour ce cadeau !!!!!!

Bulles et onomatopées -

 

 

 

Blast-t2-05.jpg

 

 

 

 

Blast-t2-06.jpg

 

 

Blast-t2-04.jpg

 

 

Blast-t2-07.jpg

 

 

 

 

bd du mercredi

Chez Mango



Bonus :

 

Larcenet qui parle de son travail sur cet album.

 


Partager cet article
Repost0
29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 18:45

 

dieu mineur 01

 

Auteur : Sergio Toppi

Editeur : Mosquito

Date de parution : Mars 2011

Prix : 13 €

  60 pages

 

 

Et oui, une fois de plus, j'ai rendez-vous avec Sergio Toppi dont je ne me lasse pas d'apprécier les albums !

 

Avec "Un dieu mineur", Sergio Toppi nous propose 3 histoires à connotation fantastiques où l'Homme se retrouve une fois de plus bien humble devant la force de la Nature.

 

Dans "Aioranguaq", on suit un chasseur inuit qui, pour avoir bravé une interdiction légendaire (nettoyer son fusil avec la peau d'un phoque sans taches) sera frappé d'une malédiction qui lui enlèvera son nom et le don de viande, les animaus lui refusant leur vie.

"Pribiloff 1898" nous présente un bateau occupé par une bande de chasseurs avides et sanguinaires qui s'attaquent aux phoques pour leurs peaux. Le plus enragé de tous, Kyril, se verra jugé par ceux qu'il traque de la plus ironique des manières. 

Dans "Un dieu mineur", un petit dieu de faible importance nous narre son existence et le culte qu'il a entraîné. Dépité de se voir ignoré par un des humains du village, il cherche à se venger mais le temps et le destin aura finalement gain de cause face au pouvoir d'un dieu mineur.

 

Ces trois récits sont parus respectivement en 1988, 1979 et 1993. On y retrouve bien sûr l'affrontement entre l'Homme et la Nature, cher à l'auteur. On plonge dans un univers neigeux et aquatique, fait de banquise, de glace et d'immensité. L'Homme et sa vanité dérisoire, ses croyances ancestrales et ses dieux invisibles. Toppi évoque aussi ici, dans la dernière nouvelle, cette vanité qui peut atteindre les dieux-même. 

Des récits sombres et pessimistes mais non dénués d'humour : l'ironie de la chute de ces 3 contes contrebalance la noirceur du propos.

Le dessin est tout aussi somptueux, la composition des planches est fort audacieuse laissant la part belle belle à toute la liberté et l'inventivité du maître. Les animaux y seront même particulièrement en valeur.

 

Comme toujours je suis conquise... comment ne pas l'être en découvrant les planches ci-dessous !

 

 

Sachez que les éditions Mosquito vous offre la lecture intégrale de la première histoire sur son site !

ça serait bête de ne pas en profiter !!

 

 

dieu-mineur-02.jpg

 

dieu-mineur-03.jpg

 

dieu-mineur-04.jpg

 

dieu-mineur-05.jpg

 

 

Découvrez les autres albums de Toppi sur ce blog :

 

- Soudards et belles garces

- Le joyau mongol

- Le sceptre de Muiredeagh

- Saint Acheul, 17 / Comme un ours en furie / Mietzko

- Le trésor de Cibola

 

Pour les autres, c'est à suivre....

 

 

 



Partager cet article
Repost0
27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 07:00

 

grand mort t1 01grand-mort-t2-01.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Dessinateur : Vincent Mallié

Scénaristes : Loisel / JB Djian

Coloriste : Lapierre

Editeur : Vent d'ouest

Date de parution : Novembre 2007 / Novembre 2008

Prix : 13,50 €

56/58 pages

 

 

Pauline est une étudiante parisienne qui vient passer quelques vacances en Bretagne chez une amie afin de pouvoir réviser ses examens en tout quiétude. L'arrivée dans le bled perdu de Val de Troudec commence mal : la 2CV laissée pour ses déplacements ne démarre pas. Erwan, qui bataille lui aussi avec son vélo, lui propose son aide. Les 2 jeunes gens finissent par se mettre en route ensemble mais la voiture finit par s'arrêter définitivement, faute d'essence, à quelques mètres du domicile du jeune homme. Obligée de passer la nuit sur place, Pauline va découvrir bien malgré elle le quotidien d'Erwan dont elle se méfie par a-priori. Erwan est un jeune métisse qui habite seul dans une maison isolée. C'est un garçon taciturne qui semble intéressé par le monde du "petit peuple" et est l'élève d'un viel aveugle, maître Cristo. Pauline n'hésite pas à se moquer de ces croyances d'un autre âge mais quand elle va se retrouver parachuté dans un univers parallèle peuplé de créatures étranges, son avis sera tout autre...

 

Que voilà une série prometteuse imaginée par le célèbre Loisel !

Pauline et Erwan sont diamètralement opposés : alors que l'une a un tempérament excessif, raleur et très cartésien, l'autre a une personnalité plus silencieuse et ouverte à d'autres mondes. Et ces 2 personnages que tout oppose vont devoir composer lorsqu'ils vont se retrouver ensemble dans l'univers du petit peuple auquel Pauline ne croit pas. Chargé d'une mission extrêmement importante, Erwan doit effectuer un voyage initiatique alors que Pauline, elle, découvre avec frayeur cet univers inconnu. Ce qu'elle ignore encore, c'est qu'elle est tombé dans un autre espace-temps où le temps n'a pas le même défilement que sur terre (10 jours équivalent à 2 ans dans le notre) et que le retour risque d'être plus compliqué que prévu. 


Alors que le premier tome nous plonge avec délice dans un monde chatoyant où chaque être étonne, le deuxième au contraire illustre le dur retour à la réalité urbaine de la Terre où la situation semble se dégrader : sécheresse, maladies, ... Paris est devenu très inquiétante, la misère est partout, les gens dorment dans les rues et la ville se dégrade. La crise est totale : sociale, économique, sanitaire. Un avenir bien sombre dont Erwan découvre l'ampleur alors qu'il est à la recherche de Pauline, après son retour du petit monde.

 

Les 2 premiers tomes de cette série donnent un avant-goût plutôt chouette de ce qui nous attend à l'avenir !

Le premier tome, tout en nous exposant l'intrigue et les 2 personnages principaux, nous emmène dans un monde parallèle où les créatures, les coûtumes, le langage sont différents du nôtre. Le deuxième tome, même en revenant dans notre monde, accentue le mystère lié aux conséquences que cette escapade aurait bien pu avoir sur Pauline. Le mystère reste donc entier et l'histoire ne décolle pas encore complètement..

 

Pourtant quel plaisir de retomber dans ces mondes fantastiques sortis de l'esprit de Loisel. Si l'auteur ne signe pas ici le dessin, Maillé reprend fortement ses codes graphiques. Les superbes couvertures sont à l'image du contenu : un dessin soigné qui fait la part belle aux personnages et aux paysages, le tout rehaussé d'une très belle mise en couleurs. Les auteurs réussissent à donner du relief aux ambiances, qu'elles soient nocturnes ou diurnes, en s'appuyant sur une palette graphique variée.

Les 2 personnages ont chacun une identité forte qui les rend attachants et leurs différences de personnalité est un prétexte supplémentaire pour introduire une touche d'humour dans le scénario.

 

Tout concourt à en faire un début de série très réussie ! La suite tant attendue n'arrive toujours pas hélas...

Moi, tout ça, ça me donne envie re relire tout Loisel !!


 

D'autres avis :

Mo' (qui m'a rappelé que je voulais les lire !) - Bulles et onomatopées -  Champi -  Lou -  Tamara - PG Luneau sur le tome 1 et le tome 2.

Et celui d'Emmyne qui vient de tomber aujourd'hui même !

 

 

 

Tome 1 :

 

grand-mort-t1-02.jpg

 

 

grand-mort-t1-03.jpg

 

grand-mort-t1-04.jpg

 

 

Tome 2 :

 

grand-mort-t2-02.jpg

 

 

grand-mort-t2-03.jpg

 


grand-mort-t2-04.jpg

 

 

bd du mercredi Chez Mango

 

 

palseches

Chez Mo'

 


Partager cet article
Repost0
22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 07:00

 

tresor de cibola 01

 

 

Auteur : Sergio Toppi

Editeur : Mosquito

Date de parution : Septembre 2004

Prix : 13 €

  46 pages

 

 

 

Nous sommes au 16ème siècle sur les terres du nouveau monde. Cuchillo, un ancien conquistador traine ses guêtres dans le désert et se désespère de ne pas avoir fait fortune. Jusqu'au jour où un voyageur étranger, accompagné de son serviteur maure, Kaloumi, s'arrête à son misérable campement. Après qu'ils se restaurent, Martin de Urria lui parle alors d'une carte en sa possession, qui est censé les mener au fameux trésor de Cibola : les 7 cités d'or ! L'appât de l'or attise l'envie de Cuchillo qui accepte de les accompagner et de les aider dans leur quête. Commence alors une longue route qui ne les mènera peut-être pas là où ils l'auraient souhaités...

 

Voilà encore une grande aventure de la part de Toppi, nous conduisant sur les traces des mythes légendaires.

Le mythe des cités d'or dont il est question ici existe réellement. Il prend sa source au 12ème siècle lors de l'invasion de Mérida, en Espagne par les maures. 7 évêques se seraient enfuis en emportant les précieuses reliques en or et créèrent les cités de Cibola et Quivira. Le temps les transformera en cités faites entièrement en or. L'arrivée des conquistadors au Mexique et de multiples expéditions à la recherche de ces cités merveilleuses accentuèrent un peu plus la légende. Les cités ne furent jamais découvertes mais inspirirent bon nombre de fictions.

La génération du club Dorothée pourra reconnaître dans cette histoire, la trame du dessin animée "Les mystérieuses cités d'or" qui repris la figure historique d'un certain Esteban... (Pour ma part, j'étais une grosse fan !! ).

 

Si Toppi utilise cette légende, c'est pour mieux montrer la folie des hommes. Nous allons suivre ici ces 3 hommes dans un désert où la faim et la soif seront leur compagne. Les paysages sont arides, désertiques et accablés par le soleil brulant. Outre la menace de la Nature, ils devront faire face à une tribu d'indiens sanguinaires qui ne se laissent pas compter par de ridicules subterfuges. La folie de l'or, la folie des grandeurs les mènent sur un chemin qui est trop vaste, trop dangereux pour eux. Certains mourront, d'autres survivront, d'autres parviendront à la cité. Mais dans tous les cas, pas de la manière qu'ils pensaient.

 

Cet album-ci ne sera pas dans le noir et blanc habituel de l'auteur mais Toppi magnifie son histoire en illustrant la destinée de ces 3 hommes, en couleurs directes. Les tons sont forts, ocres et ardents. Ils renvoient la brûlure du soleil, la poussière du désert et l'éblouissement de l'or. Les décors sont tourmentés à l'image des personnages. Le découpage est peut-être moins audacieux que dans d'autres albums, mais qu'importe !

 

Bref, moi, je suis toujours aussi admirative de son travail !!

 

Allez donc voir ce qu'en ont pensé Mo et Joëlle...



 


tresor-de-cibola-02.jpg

 

tresor-de-cibola-03.jpg

 

 

tresor-de-cibola-05.jpg

 

 

tresor-de-cibola-04.jpg

Partager cet article
Repost0
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 07:00

 

Elle(s) 01

 

Auteur : Bastien Vivès

Editeur : Casterman, KSTR

Date de parution : Mai 2007

Prix : 10,40 €

  102 pages

 


 

Alice et Charlotte sont 2 copines inséparables en pleine adolescence. Elles s'appellent tous les jours, font les boutiques ensemble, courent les soirées pour mieux draguer chacune de leur côté. Charlotte est une jeune fille assez libérée mais ses histoires d'amour sont constamment des échecs, les graçons ne s'intéressant qu'aux gâteries sexuelles qu'elle pourrait leur faire. Sa copine Alice, à la poitrine surdimensionnée, est tout aussi délurée mais semble plus prudente dans ses histoires amoureuses.

A force de trainer dans les rues et de prendre le métro à heures constantes, Charlotte constate qu'un jeune garçon n'arrête pas de les suivre. Renaud est plus âgé, semble prisonnier de son monde, de ses mangas et de ses écouteurs mais parait malgré charmé par les 2 donzelles de 18 ans. De fil en aiguille, il finira par intégrer leur cercle amical et peut-être amoureux...

 

Voilà un sympathique album sur la période adolescente et ses errements amoureux. Garçons et filles fricotent ensemble pour le meilleur et pour le pire. Les mecs ne pensent qu'au cul (et aux gâteries buccales... ahem...) et les filles cherchent le grand amour. Crédules et naives, elles se font toujours avoir par le premier venu qui les embobine de belles paroles et finissent par passer pour des filles faciles.

C'est aussi l'époque où l'on se cherche, où l'on n'assume pas encore ses envies et où l'avenir fait peur.

Renaud, plus âgé, s'enferme dans des distractions de geek et ose à peine ouvrir la bouche. Il idéalise les 2 jeunes filles mais, lucide, il est témoin du comportement puérile de certains garçons et se refuse à profiter de la faiblesse de certaine fille pour obtenir quelque plaisir charnel.

"Elle(s)" se révèle aufinal une histoire d'amour pleine de fraicheur qui ne tombe pas dans le romantique mièvreux. On y aborde l'amour et le sexe sans fausse pudeur mais sans vulgarité non plus. Les personnages sont en pleine valse des sentiments, ça hésite, ça se trompe mais ils finissent par trouver leur chemin.

 

Premiere bande dessinée de Bastien Vivès, après un album d'illustration (Poungi), "Elle(s)" est une oeuvre étonnamment mature qui réussit à rendre l'ambiance des tergiversations amoureuses.

La narration est rythmée et cohérente, alternant scènes d'action et moment de réflexion ou d'observation silencieuse. Graphiquement, c'est très efficace : les couleurs sont chaudes et enveloppantes, même si parfois un poil trop sombres.

 

En définitive, un premier album réussi qui annonce un auteur intéressant ! Et là, même si je ne les ai pas encore lu, les albums qui ont suivis le prouvent !

 

 

 

Un autre avis à lire chez Krinein.

Le blog de l'auteur : http://bastienvives.blogspot.com/

 

 

Elle-s--02.jpg

 

Elle-s--03.jpg

 

Elle-s--04.jpg

 

 


Partager cet article
Repost0
11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 07:00

 

loups-garous-de-montpellier-01.jpg

 

Auteur : Jason

Editeur : Carabas

Date de parution : Novembre 2009

Prix : 13,95 €

  pages

 

 

Jason (Jon Arne Sæterøyest un dessinateur norvégien qui habite Montpellier depuis quelques années. Pas étonnant donc qu'il y situe un de ces albums. L'histoire est, quant à elle, beaucoup moins banale.

Le héros, Sven, a de nombreux point communs avec l'auteur : citoyen scandinave, il a vécu à Bruxelles avant d'atterrir à Montpellier. Mais Sven est également représenté sous la forme d'un loup. Passionné de dessin et d'échec, notre héros se transforme également en cambrioleur les nuits de pleine lune. Grace à un masque de loup-garou, il réussit à effrayerles habitants et à les détrousser sans risque. Tout fonctionne pour le mieux, jusqu'au jour où de vrais loup-garous viennent lui demander des comptes...

 

C'est sur ce scénario tout simple que se base l'album : un cambrioleur qui se fait chopper par ceux qu'il imite frauduleusement. On le suit tout d'abord dans ses escapades nocturnes sur les toits, puis dans son quotidien quelque peu banal. Les menaces des vrais loup-garous se font jour mais Sven continue ses actions nocturnes. Mais cette idée un poil surréaliste est également un prétexte pour parler des rapports entre Sven et Audrey, une proche amie et voisine de palier. A travers leurs relations, on comprend que Sven est amoureux d'elle alors que cette dernière est lesbienne...

 

Les personnages sont des animaux anthropomorphiques comme on le retrouve dans les autres albums de Jason. L'ambiance est simple, les dialogues peu nombreux. On sent le poids des silences et des non-dits qui pèse sur notre héros. Néanmoins quelques échanges humoristiques apparaissent comme celle-ci entre Sven et un ami :

 

Sven:"Tu fais quoi en ce moment ?"
Ami:"Je mate le cul des filles."
Sven:"Ca peut pas faire de mal."
Ami:"Leurs seins aussi."
Sven:"Un vrai boulot quoi..."
Ami:"L'escalator est la plus grande invention de tous les temps. Quand t'es derrière une fille et que l'escalator monte, t'es juste au niveau de son cul. Et quand il descend et que tu regardes la fille qui monte dans l'autre sens, tu as une vue plongeante sur son décolleté. "
Sven : "Faudra que j'essaie"
Ami : "Tu devrais"

Le rythme du dessin est très lent. Le graphisme est assez géométrique, carré et les traits sont sobres. Les couleurs assez tranchées animent les planches et donnent du relief à l'histoire. Les connaisseurs de Montpellier pourront retrouver quelques lieux ou monuments de la ville mais celà de manière tout à fait subtile.
Première découverte de Jason pour ma part, je dois dire que cet album ne m'a pas complètement convaincue. Mélange de fantastique et de quotidien, on se retrouve malgré tout devant une simple tranche de vie et l'histoire d'un amour non partagé. Une histoire agréable à lire certes mais qui ne mène pas très loin.
D'autres lectures me semblent nécessaires avant d'avoir un avis tranché sur l'auteur...
loups-garous de montpellier 02

loups-garous-de-montpellier-04.jpg

loups-garous-de-montpellier-05.jpg


Partager cet article
Repost0
6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 07:00

 

Liens-de-sang 01

 

Dessinateur : Hermann

   Scénariste : Yves H

Editeur : Le lombard, Signé

Date de parution : Septembre 2000

Prix : 11,90 €

  48 pages

 

 

Etats-Unis, années 50. Sam Leighton a quitté sa province pour devenir flic à la ville (New York ?). Jeune et encore plein de principes, Sam décide d'enquêter sur la mort suspecte d'un caïd du milieu dont tout le monde est bien content d'être débarrassé. Le tueur qui sévit en série signe ses victimes d'une croix sur la joue et multiple les meurtres. Malgré les mises en gardes de ses supérieurs, Sam se lance à la poursuite de Joe Beaumont, le Boss de la ville, invisible depuis de nombreuses années mais gérant toute la ville. L'intervention d'un détective privé qui compte sur son aide pour le faire tomber et sa rencontre avec la belle Gladys, maitresse de Beaumont pousse un peu plus Sam à découvrir où se terre le fameux Boss. Hélas, ce que notre flic consciencieux ignore, c'est qu'il a rendez-vous avec le destin et la vengeance d'un homme...

 

Nous avons ici un polar très noir, très déstabilisant et très original. La structure du récit est un véritable entremêlement et il n'est pas facile de comprendre les tenants et les aboutissants de l'histoire tant l'auteur réussit à piéger son lecteur tout autant que son héros. Car l'enquête de Sam qui progresse avec les rebondissements habituels va se révéler bien plus perverse que prévu et nous finirons par découvrir que notre héros s'est complètement fait manipuler, et nous aussi ! Les personnages ne sont pas ceux qu'ils semblent être, certaines scènes sont purement oniriques. Il sera ici question d'adultère, de trahison et de parricide. Et la conclusion de l'histoire est aussi glaçante que surprenante.

 

Au niveau du dessin, c'est une merveille ! Les aquarelles d'Hermann sont parfaites et rendent magnifiquement l'ambiance délètere de cette ville en perdition qui noie ses habitants dans des histoires qui les dépassent. On pourra même noter une case qui offre un joli clin d'oeil à la plus célèbre peinture de Hopper. Les couleurs sont fortes, tantôt sombres sous les nuits pluvieuses, tantôt vives et relevées dans les intérieurs luxueux.

 

"Liens de sang" est un bel album familial ( père au dessin et fils au scénario) qui malgré une intrigue un poil confuse mérite amplement d'avoir une place dans vos bibliothèques ! Une intrigue déroutante et originale et un dessin époustouflant : une vraie réussite ! J'étais déjà fan des Hermann et je suis ravie d'avoir encore de bonnes raisons de continuer à l'être !

 

A noter : ce one-shot fait partie d'une trilogie américaine dont les autres titres sont : "Manhattan beach 1957" et "The girl from Ipanema"

 

C'est l'avis de Yaneck qui m'avait donné envie !


 

 

Liens-de-sang-02.jpg

 


Liens-de-sang-03.jpg

 

 

Liens-de-sang-05.jpg

 

Liens-de-sang-04.jpg

 

 

palseches

 

Challenge PAL sèches chez Mo'

 

 

bd du mercredi

 

Chez Mango

 


Partager cet article
Repost0
30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 08:00

 

 

balade balade 01

 

Auteur : Kokor

 Editeur : Vents d'ouest

Date de parution : Avril 2003

Prix : 12 €

  117 pages

 

 

Sullivan Vilette est un agent immobilier bien consciencieux. L'acheteur qu'il doit accueillir est très important et Sullivan doit effectuer à ses côtés le tour du propriétaire dans l'espoir qu'il se porte acquéreur. Il faut dire que ce n'est pas n'importe quel bien qui est en vente : il s'agit de la Terre !

Et l'acheteur qui se présente est un petit bonhomme extraterrestre au langage primaire mais aussi un client rare et précieux qu'il faut satisfaire. Aussi quand celui-ci exige de parcourir la Terre à cheval (  « Apatte, apatte ! ») au lieu d'emprunter le rapide hélicoptère mis à leur disposition, Sullivan ne peut que se rendre à l'idée farfelue du client. Voilà donc notre curieux duo parti sur les routes du monde. Sullivan n'hésite pas à lui faire l'article de chaque monument, de chaque particularité, toutes mentionnées dans un acte de vente gros comme un dictionnaire.

Mais voilà que quelques pages plus loin, on découvre que cette même histoire est la base d'un feuilleton radiophonique, furieusement suivi par quelques amateurs. Les personnages sont-ils équipés de micros ? Où commence le rêve, où s'arrête la fiction ?

 

Cette histoire complètement décalée balade le lecteur sur les traces de nos 2 voyageurs, cousins éloignés de Don Quichotte et Sancho Pancha. On y rencontre avec plaisir des références à l'île de Paques, à Arthur et à sa fabuleuse épée. On y croise d'étonnants habitants. La planète Terre semble quelque peu étrange, on y baigne dans une ambiance quelque peu poétique et fantastique.

Parallèlement, on suit le quotidien beaucoup plus réalistes de quelques auditeurs : un garagiste, un jeune couple en passe d'être parents. On y retrouve les travers de la société d'aujourd'hui : un braquage et la violence envers une femme dans un café, les publicités géantes qui mangent le paysage et les grèves des routiers.

On oscille constamment entre les 2 narrations et on se demande bien où tout ça va nous mener. Le lecteur s'interrogera jusqu'au bout sur la réalité de cette aventure. Aussi lorsque l'explication se fait jour dans les dernières pages, on découvre avec beaucoup d'humour le sens et l'origine de cette chevauchée. Et l'auteur réussit avec brio à nous laisser dans un certain doute !

 

"Balade balade" se révèle donc une histoire assez réjouissante. Légère et loufoque, elle emmène son lecteur sur les rives de l'imagination et se penche sur le principe de la création.

Mon seul regret : la fin est très surprenante mais est peut-être amené un peu rapidemment et me laisse quelque peu sur ma faim.

 

Une première rencontre avec Kokor, plus que positive donc !

 

 

 

Les avis de Mo' grâce à qui je l'ai lu ! de David, XL, Tiphanya,

 


 

balade-balade-02.jpg

 

balade-balade-03.jpg

 

balade-balade-04.jpg

 

 

palseches

 

Challenge PAL sèches de Mo' !


 

bd du mercredi

Chez Mango !

 

 


Partager cet article
Repost0
23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 14:00

 

immigrants-01.jpg

 

Dessinateurs : Collectif

Scénariste : Christophe Dabitch

 Editeur : Futuropolis

Date de parution :  Novembre 2010 

Prix : 19 €

  118 pages

 

 

 

  "Immigrants" est un album collectif réunissant 13 auteurs de bande dessinée et 6 historiens, le tout est dirigé par Christophe Dabitch qui a scénarisé les différents témoignages. Vous l'aurez compris, le thème de ce recueil est l'immigration, sujet toujours plus que jamais d'actualité dans la France d'aujourd'hui...

Le partenariat avec l'association BD Boum, connue pour son investissement dans l'action sociale à travers des témoignages présentés dans des albums de bande dessinée (les albums "Paroles de"  tox, de taulards, de sourds, d'illetrisme ) est d'autant plus cautionnante.

 

Nous avons donc 11 histoires indépendantes, chacune réalisé par un dessinateur différent.

Il y a une femme angolaise violée et torturée qu'on réussit à faire passer en France. Il y a une famille tsigane de Roumanie qui trouve dans notre pays les moyens de faire soigner leur fille malade mais aussi la violence et les expulsions intempestives de la police. Il y a Jamshid, le petit iranien, qui part à Paris et oscille entre ses 2 cultures. Il y a un politicien de l'opposition gambienne traqué par l'armée qui finit comme employé de nuit dans un hôtel. Il y a Naïma, la jeune intellectuelle arabe qui a truvé dans la culture de quoi dépasser le statut misérable d'immigré de ses parents. Et il y a tous les autres...

Tous ces immigrants, partis de leur pays pour des raisons différentes, évoquent leur rapport à la France, leur intégration, le poids d'être un étranger. Ils y ont trouvés la paix mais parfois aussi la violence et le racisme.

Evitant tout cliché et tout misérabilisme, l'album offre un panel élargi et non exhaustif de situations personnelles, privilégiant l'aspect humain et la réflexion sur le déracinement et l'intégration. Racontés à la première personne, chaque histoire se révèle touchante, parfois poignante tant nous rentrons dans l'intime de la personne.

 

Au milieu de ces récits, s'intercalent des textes d'historiens extrêmement bien documentés qui éclairent de façon simple et précise l'histoire de l'immigration dans notre pays. On nous rapelle que l'immigration ne date pas d'aujourd'hui et qu'elle fait partie constitutive de son évolution, qu'elle a été nécessaire et utile à la France. On y abordera par exemple le statut des femmes migrantes, le rôle du sport dans l'immigration ou bien encore les stéréotypes de l'immigration asiatique.

 

D'un point de vue graphique, pas d'homogénéité bien évidemment au vu du nombre de dessinateurs. Sont présents : Etienne Davodeau, Christian Durieux, Benjamin Flao, Manuele Fior, Christophe Gaultier, Simon Hureau, Etienne Leroux, Kkrist Mirror, Diego Doña Solar, Troub’s et Sébastien Vassant. Chacun possède sa patte personnelle, soit en couleur, soit en noir et blanc. Certains témoignages sont très réussis, d'autres paraissent plus brouillons, plus confus.

Néanmoins, la visée éducative et citoyenne de cet ouvrage fait oublier les quelques défauts présents. Car toute la force de cet album est dans le propos : prônant tolérance et humanité, "Immigrants" ne pourra que vous toucher au coeur.

 

" Penser l’immigration uniquement comme un problème, un phénomène récent, ou une perturbation extérieur du cours normal de l’histoire du pays, c’est se condamner à ne rien comprendre du monde dans lequel nous vivons et oublier que l’immigration est prise dans notre histoire. "

 

Certains hommes politiques d'aujourd'hui devraient en prendre de la graine....

 

 

  immigrants-03.jpg

 

 

immigrants 02

 

 

immigrants-04.jpg

 

immigrants-05.jpg

 

 

 

 

bd du mercredi

 

 

 

Cet album était un conseil de Mo' !


palseches

 



Partager cet article
Repost0
16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 12:50

 

  chemin de l'amérique 01

 

Dessinateur : Baru

Scénariste : Jean-Marc Thévenet

Couleurs : Daniel Ledran

 Editions :

Albin Michel, L'écho des savanes - 1990 - 45 pages - Epuisé

Casterman - 1998 - 45 pages - Epuisé

Casterman - Novembre 2010 - 48 pages - 12€

 


 

En Algérie, dans les années 50. Said Boudiaf est fils de boucher. Son père espère bien qu'il va continuer dans le commerce familial et lui confie les livraisons de viande. Pourtant, le seul rêve de Saïd est de devenir boxer. Il n'hésite d'ailleurs pas à participer à quelques petits combats de rues. C4est de cette façon qu'il est repéré par le "constantinois", un manager bien décidé à le transformer en champion. Quand Saïd est envoyé à Paris, la consécration n'est pas loin. Mais c'était sans compter sans l'Histoire qui, avec la guerre pour l'indépendance de l'Algérie, demande à chacun de prendre parti...

 

Inspiré de l'histoire vraie d'un boxer ( Chérif Hamia) qui quitte son Algérie natale, gagne ses galons en France avant de partir pour l'Amérique, "Le chemin de l'Amérique" dresse le portrait d'une époque sombre à travers le destin d'un homme, entrainé bien malgré lui par les évènements historiques.

Saïd, à la fois combatif et naïf, arrive à Paris pour les championnats de France qu'il remporte brillamment. Son statut d'algérien n'est pas toujours vu d'un très bon oeil mais le boxer fait fi d'un certain racisme ambiant exacerbé par la guerre d'Algérie qui vient de débuter. Il fait la connaissance de Sarah, une belle femme dont il tombe amoureux, le reste lui important désormais peu.

Pourtant Saïd n'est pas complètement heureux : son frère resté en Algérie s'engage farouchement pour l"indépendance en rejoignant le FLN et cherche à convaincre Saïd de le rejoindre. Certains indépendantistes cherchent même à lui soutirer "l'impôt révolutionnaire" pour soutenir leur mouvement mais Saïd refuse en vertu du fait qu'il est du "côté de la boxe".

Chaque camp essaie d'en faire le symbole de sa propre cause et Saïd se trouve pris entre 2 feux.

 

Voilà un album à la dimension historique importante. S'éloignant du thème des souvenirs de jeunesse de ses précédents albums, Baru continue néanmoins à dénoncer toute forme de violence morale et politique. Sans montrer aucun combat, il réussit à aborder un sujet difficile en relatant de manière quasi documentaire un parcours d'importance. En effet, le récit est emmaillé de nombreuses coupures de presse, de fausses photos avec des dirigeants politiques (comme Saïd avec Ben Bella) accentuant ainsi l'aspect réaliste de l'histoire. Sans prendre parti, Baru réussit néanmoins à pointer du doigt les dérives de la guerre.

 

Son trait a quelque peu évolué et semble plus abouti, plus "fini" que dans "Cours camarade". Croqués de manière moins fuyante, les personnages restent cependant toujours en mouvement. Les scènes de boxe sont d'ailleurs extrêmement bien rendues et dénotent d'une observation certaine. La narration est plus posée, plus réfléchie. Un narrateur intervient régulièrement pour poser les choses et éclairer le récit.

 

Bref, "Cours camarade" est un album extrêmement fin sur le sujet de la guerre d'Algérie. En montrant le parcours d'un homme sur une dizaine d'année, Baru réussit à parler de la Grande Histoire en pénétrant par la Petite. Un album qui dénote d'un certain engagement politique de son auteur, un engagement que nous retrouverons aussi plus tard.

 

A noter : L'album a reçu le prix Alph-art du meilleur album au festival d'Angoulême de 1991.

 

 

L'avis très complet de Phylacterium.

 


 

chemin-de-l-amerique-02.jpg

 

 

chemin-de-l-amerique-03.jpg

 

 

bd du mercredi

 

Chez Mango

 

Challenge roaarrrPrix Fauve d'or 1991


Partager cet article
Repost0

Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
Ce blog sera à terme supprimé.
Suivez moi désormais sur :

 

Rechercher