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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 12:00

 

cours-camarade-01.jpg

 

Auteur : Baru

 Editeur : L'écho des savanes 

Date de parution :  Janvier 1988 

Prix : 9 €

  45 pages

 

 

 

Je continue ma découverte chronologique de Baru avec l'album "Cours camarade ! ".

Stanislas et Mohamet viennent de passer le bac. Fini le temps du bachotage, il est temps de prendre du bon temps ! Apprenant que les soeurs Forestier organisent une boum en l'absence de leurs parents, ils se joignent à la fête. Le frangin, d'un racisme assumé, voit d'un très mauvais oeil l'arrivée d'un arabe dans les lieux. Seul et couard, il s'éclipse pendant que nos 2 garçons lutinent les 2 soeurs et se ramène avec des potes bien décidés à casser de l'arabe. Stan et M'hamet s'enfuit. S'ensuit une course poursuite qui va durer tout l'album et perturber la vie bien tranquille du pauvre Monsieur Carignon qui n'avait rien demandé à personne !

 

Situé dans les années 80, l'album a été un flop commercial à l'époque. Prévu en 5 tomes, Baru devra arrêter les aventures de nos 2 copains faute de ventes suffisantes. Ce "squelette de course poursuite", comme le nomme l'auteur, se verra repris dans un autre album "L'autoroute du soleil" qui reprendra la trame dramatique : "deux types et des tarés à leurs trousses".

 

Les 2 héros finissent leurs études mais savent bien que leur seule perspective d'avenir va être le chômage. Le racisme ambiant n'arrange rien. Le pen et ses idées nationalistes prennent de l'ampleur, l'immigration est accusé d'être responsable de l'aggravation de la situaion économique. Bref, l'ère est plutôt morose.

Stan et M'hamet, quelque peu insouciants, se sont pas de mauvais bougres et se contentent de fuir face à leurs assaillants.

Dans leur épopée routière, ils vont croiser quelques personnages extravagants : un routier obsédé par le sexe qui ne pense qu'à trouver une pute sur les parkings ou à violer les passagères prises en stop, un vieux soixante-huitard qui voit dans leur cavale un reste d'esprit de rébellion. Sans compter le malheureux Mr Carignon qui va croiser plusieurs fois sur sa route les 2 jeunes pour son plus grand malheur.

La violence verbale et physique est omniprésente mais l'humour est loin d'être absent dans cet album. Le ressort comique est joué par Mr Carignon et la répétition des rencontres dûes au hasard.

 

 Le rythme est trépidant, on fuit, on court, on se bat, on a peur aussi.

Les scènes s'enchaînent rapidemment et les ellipses dans l'action sont nombreuses. Le trait est nerveux et le mouvement fortement suggéré par Baru. Les personnages sont très stylisés, leurs expressions tendues à l'extrême.

Le dynamisme verbal est suggéré par la taille des phylactères qui peuvent se révéler de grande taille lorsque les personnages s'ennervent et crient.

 

"Cours camarade" est donc un album très intéressant ! Pas complètement abouti, il fait néanmoins preuve d'une inventitité graphique très nouvelle pour l'époque et préfigure avec bonheur les futurs grands albums de Baru.  

 

 

 

La critique très complète de Phylactérium .

 

 

Autres titres de Baru sur ce blog :

 

- Quéquette blues

 - La piscine de Micheville

 - Vive la classe !

 

 

 

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bd du mercredi

 

Chez Mango

 

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 08:00

 

mildiou-01.jpg

 

Auteur : Lewis Trondheim

Editeur : Seuil

Date de parution : Septembre 1993

Prix :  €

  140 pages

 

 

Une cité médiévale indéterminée, la révolte du peuple dans la rue et un usurpateur qui a volé le trône du roi. Voilà le décor planté. Mildiou est un tyran qui a pris la place du roi et le peuple, bien décidé à le faire partir, assiège le chateau. Malheureusement le meneur est très vite dégommé par Mildiou et le sabre qu'il s'obstine à brandir.  Un lapin qui n'a rien demandé à personne est désigné pour affronter l'usurpateur. Une cible rêvé pour Mildiou qui cherche à prouver qu'il est le plus fort de tous. Désormais, son obsession sera de tuer le lapin coûte que coûte. La course-poursuite commence et ce, jusqu'à la fin de l'album.

 

Je ne suis pas une fanatique du dessin de Trondheim. Je ne dois d'ailleurs pas avoir ouvert beaucoup de ses albums... Aussi, quand un ami m'a mis cet album dans les mains, j'étais plutôt septique.

Et pourtant ! "Mildiou" est un album qui commence à dater un peu mais qu'est-ce qu'il est drôle !

 

L'intrigue est sommaire : un méchant veut tuer un gentil. Et nous suivrons tout au long de l'album, les bagarres entre les 2 protagonistes. Mildiou qui ne veut pas lâcher l'affaire et le lapin qui se retrouve embarqué par hasard dans cette histoire, un lapin qui refuse de combattre et qui cherche à fuir et à négocier la paix. La situation empire un peu plus quand Lapin bouscule par hasard un serviteur du roi, venu reprendre son trône, qui va vouloir désormais réparer l'affront par un duel. Voilà notre lapin poursuivi par 2 assaillants de chaque camp. Sans compter le magicien qui traine dans les couloirs du chateau et qui, en voulant aider Mildiou, fait pire que mieux en interchangeant les enveloppes corporelles des 2 combattants !

 

Vous l'aurez compris le point fort de cette BD, c'est la manière dont Trondheim traite le scénario. La dérision et la loufoquerie est omni-présente et les dialogues sont un pur bonheur ! 

Sur une base stéréotypée de scénario de combat entre le bien et le mal, Trondheim réussit aussi à se moquer des clichés du super-héros qui abat le gros méchant. La chute de l'album particulièrement savoureuse en est la parfaite illustration de la bêtise de ces combats.

 

Si vous ne le connaissez pas, ne faîtes pas comme moi et n'attendez pas pour le découvrir !

 

 

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palseches

 

Challenge PAL sèches chez Mo'

 

 

bd du mercredi

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 08:00

 

trop n'est pas assez 01

 

Auteur : Ulli Lust

Editeur : ça et là

Date de parution : Novembre 2010

Prix : 26 €

  463 pages

 

 

Vienne, 1984. Ulli est une jeune fille autrichienne de 17 ans, une gentille punkette qui passe son temps avec les copains à refaire le monde et à boire. Les chambres sont squattées par les uns et les autres. L'ambiance est plutôt libertaire et la famille assez loin. Un jour débarque Edi, une nana quelque peu délurée qui n'a pas froid aux yeux. Les deux sympathisent et décident de partir sur un coup de tête pour prendre la route, direction l'Italie. Mais le goût de l'aventure et de l'interdit les mèneront surement un peu plus loin qu'elles ne l'auraient souhaités.

 

Parties les mains dans la poche, sans passeport, sans bagage, sans argent et sans prévenir personne, Edi et Ulli sont pourtant bien décidés à franchir la frontière et à prendre du bon temps. En faisant du stop et en prenant des chemins détournés, elles débarquent en Italie, joyeuses et insouciantes. Pourtant sur place, elles rejoignent le milieu des marginaux et découvrent la nécessité de la survie : il faut trouver de l'argent de quelque manière que ce soit. Mendicité, vols et bientôt offres de gâteries diverses pour avoir à manger. La violence règne, les bastons sont récurrentes, la drogue fait aussi des ravages et la mafia n'est pas loin. Si Edi couche sans scrupules avec des hommes pour un simple repas ou par pur plaisir, Ulli a un peu plus de mal avec tout ce qui touche au sexe.


  " Même si je m'efforçais de jouer les dures à cuire, mes besoins érotiques étaient étonnamment innocents. Embrasser, des câlins, je trouvais ça super. La baise, je m'en fichais. "

 

Passant de Vérone à Rome puis s'enfonçant un peu plus vers le Sud et la Sicile, les 2 amies vont peu à peu découvrir que les italiens sont de plus en plus intéressées par les parties de jambes en l'air potentielles qu'elles représentent. Leurs regards se faits de plus en plus lourds et leurs demandes de plus en plus insistantes. Pour eux, une étrangère est une fille facile, voire une pute.

 

" Le pire, c’est d’être matée et pelotée sans arrêt, le viol mental. D’être traitée comme un petit toutou, qui par hasard sait parler. Mais ce que toutou dit, tout le monde s’en fiche. "


Le mode de vie des 2 punkettes basé sur la liberté commence à trouver ses limites et se fait de plus en plus inquiétant. A raison car le drame finit par arriver. Ulli perd le contact avec Edi mais continue malgré tout son voyage seule. Elle tombe de déchéance en déchéance et ses retrouvailles avec Edi n'y changeront rien.

Edi, inconsciente, les entraine dans les mains de mafieux sans scrupules avant d'abandonner son amie.

Les 2 mois de voyage se termineront abruptement. Ulli rentrera chez elle, seule, avec ses illusions perdues.

 

Récit autobiographique, "Trop n'est pas assez" est la chronique amère et violente d'un voyage initiatique qui conduira notre héroine sur la voie du désenchantement.

Exaltée par la liberté et les interdits bafoués, Ulli va pourtant découvrir la face noire des hommes.

L'idéal punk et ses idées libertaires sont bien mis à mal dans ce récit qui n'épargne pas non plus l'amitié et ses petites trahisons.

L'auteur décrit, sans complaisance aucune envers elle-même et avec beaucoup de recul et d'à-propos son expérience quelque peu borderline qui l'a emmené au-delà des limites qu'elle souhaitait. Cru et sans équivoque, elle évoque sans pudeur la sexualité, devenue un moyen de se protéger, de se nourrir plutôt que de se donner du plaisir.

Un récit toujours sur le fil mais qui ne tombe pas dans le glauque et sait se ménager des passages plus légers où l'humour affleure.

L'odyssée italienne d'Ulli est entrecoupée ici de passages textuels, extraits de son carnet de voyage, donnant ainsi une résonnance encore plus forte et réaliste de son périple.

Ce voyage en Italie restera indélébile pour Ulli, marquant d'une certaine manière la fin de l'enfance et de ses illusions. Découvrant la cruauté et l'oppression masculine, son regard sur le monde sera à jamais changé et laissera place à une vision plus féministe des choses.

 

On notera le graphisme, plutôt surprenant avec sa bichromie dans les tons verts, et son trait simple assez expressif qui sert bien le propos.

 


Prix révélation Angoulême 2011.

 

L'avis d'Yvan.

 


 

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Et pour lire les 37 premières pages, c'est juste en dessous....

 


 

 

bd du mercredi

 

Bd du mercredi avec Mango

 

 

palseches

 

Challenge PAL sèches chez Mo'

 

 

Women bd

 

Challenge Women BD chez Theoma

 

Challenge roaarrrPrix révélation 2011


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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 14:00

 

parenthese 01

 

Auteur : Elodie Durand

Editeur : Delcourt, Encrages

Date de parution : Mai 2010

Prix : 14,95 €

  221 pages

 

 

A 21 ans, Judith est régulièrement atteinte de pertes de mémoire et de courtes absences. Les crises se multiplient, ses proches le lui font remarquer. Judith finit par consulter un médecin qui diagnostique de l'épilepsie et lui donne un traitement médical pour diminuer les crises. Pourtant ces dernières ne cesent de s'accentuer et finissent par devenir sérieusement handicapantes. Des analyses plus importantes s'imposent au cours desquelles les médecins décèlent une tumeur au cerveau.

 

Cette histoire que Elodie Durand nous raconte, c'est la sienne. Cachée sous le deuxième prénom de l'auteur, l'héroine est son alter-égo.

C'est le récit de sa maladie, 4 ans de douleur, de mémoire qui flanche et de souvenirs qui s'en vont,  de batteries de tests médicaux et d'opérations. 4 ans de sa vie donc que l'auteur cherche à retrouver.

Cet album est une manière pour elle de retrouver ces années perdues, de fermer la parenthèse d'une période dont elle a quasiment tout oublié.

 

Nous allons suivre Judith depuis ses premiers symptomes jusqu'à son rétablissement. Elle va évoquer ses premiers oublis, les "blancs" qui lui font zapper la conversation en cours, l'inquiétude de ses proches.

Quand le diagnostic de l'épilepsie tombe, la maladie continue de s'accélérer et Judith , n'est plus capable d'avoir une vie normale. Elle ne comprend plus le sens de ses études, elle perd ses capacités intellectuelles, elle oublie qui elle est, où elle habite, ne reconnait plus sa mère qu'elle suit comme une petite fille qui attend qu'on lui dise quoi faire. Elle dort toute la journée et ne veille que quelques heures par jour.


  " On est où là ? Il est quelle heure ? On est où là ? Il est quelle heure ? Là où je suis...

Je ne vois rien. Je ne sens rien. Je ne peux plus parler... Je ne peux plus entendre... "


Judith regresse, se perd mais sa famille, patiente, est toujours là à la soutenir.

L'opération a lieu, la tumeur est bombardée de rayons mais la rémission est lente, très lente.

Néanmoins, Judith finit par revenir mais sans souvenirs de ces années de maladie.

Les connaissances qu'elles croisent dans la rue et lui demandent de ses nouvelles la gêne : elle ne les reconnait pas, a tout oublié de leur souvenirs communs et peut difficilement leur parler de sa maladie.


  " Dans ma tête, ça allait dans tous les sens. J’étais un monstre. Un monstre s’était emparé de moi tout entière. Je n’avais plus de tête. Ma tête était une prison. Je ne pensais pas que je mettrais tant d’années à me réconcilier avec elle. "


Aujourd'hui, Elodie a voulu aller à la rencontre de ces années là, en interrogeant ses proches, en rassemblant leurs souvenirs à eux, leur ressenti et le sien.

Cela donne un album extrêmement touchant et pudique où aucun voyeurisme n'y a sa place. Loin d'être larmoyant, on y trouve au contraire des passages légers, légèrements ironiques de l'auteur sur elle-même.

Ce récit se révèle le témoignage fort d'une jeune femme qui se bat pour retrouver une vie normale et devenir celle qu'elle était,  un témoignage sur la mémoire qui a sans aucun doute une vertu thérapeuthique pour l'auteur qui nous confie ici ses peurs et ses doutes.

Aujourd'hui Elodie Durand est d'ailleurs devenu illustratrice.

 

Le trait de l'auteur est simple, en noir et blanc, fait avec de nombreux crayonnés sombres.

Elle a par ailleurs inséré dans son album d'autres dessins réalisés à l'époque de sa maladie : des personnages torturés qui reflètent bien le désordre mental de la jeune femme et accentue encore plus le relief de cette histoire.

 

Un grand album, tout simplement.

 

Prix Révélation du Festival d’Angoulême 2011

 

 

 

Les avis de Cécile, Yvan et de Mo'.

 

Une interview de l'auteur est à lire ici.

 

 

Quelques planches à découvrir :


 

 

 

bd du mercredi

 

 

Découvrez les autres participants chez Mango !

 

 

Women bd

 

Women Bd Challenge chez Theoma

 

Challenge roaarrrPrix révélation 2011

Prix BdBoum 2010


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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 08:00

 

Apprenti 01

 

 

Auteur : Bruno Loth

Editeur : La boite à bulles

Date de parution : Janvier 2011

Prix : 17 €

  96 pages

 

 

 

Nous sommes en 1936, à Bordeaux. Nous suivons Jacques, un jeune homme de 16 ans, dans son apprentissage sur les chantiers navals.

Jacques est plutôt un bon élève à l'école et ses parents espèrent qu'il va réaliser de grandes études. Mais le jeune homme, devant les difficultés financières de la famille va préférer s'engager dans les ateliers de construction navale. Il va apprendre son métier avec Bertin qui va lui montrer comment se servir des outils et toutes les choses à savoir à l'atelier de traçage.

C'est aussi la découverte du sens de la hiérarchie. Les nouveaux apprentis, les arpettes, sont gentiment bizutés par les travailleurs aguerris et Jacques va devoir apprendre à se faire respecter.

A la fin de la journée, Jacques enfourne le vélo retapé de son père et va à la rencontre des plaisirs de son age.

 

Inspiré de la vie de son père, Bruno Loth fait surtout de "Apprenti" le portrait d'une époque emblématique où le monde ouvrier est en plein changement.

C'est l'époque du Front Populaire. Une certaine douceur de vivre règne. Les ouvriers, par leurs manifestations, ont obtenus la semaine de 40h et les congés payés. Les gens profitent des petits moments de plaisir : bals, pique-nique, sorties entre amis et même virée dans les maisons closes...

Hitler et la future deuxième guerre n'ont pas encore atteint le moral de la population même si la montée du nazisme est évoquée dans les conversations.

Graphiquement, les couleurs majoritairement grises et beiges donnent une ambiance douce et quelque peu suranné.

 

C'est donc un album sympathique dont il est question ici, entre portrait biographique et chronique historique d'un temps où les choses paraissaient plus faciles.

 

Une découverte que je dois à Mo' dont le billet est bien plus intéressant que le mien

 

 

palseches

 

 

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 08:00

 

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Auteur : James Sturm

Editeur : Delcourt

Date de parution : Octobre 2010

Prix : 17,50 €

  96 pages

 

 

 

Début XXè siècle.

Mendleman est un tisserand juif dont la femme va bientôt accoucher. Comme chaque semaine, il va vendre ses tapis au marché. Mais ce jour-là, il découvre que son acheteur habituel a pris sa retraite et que pour son successeur, la qualité importe peu comparativement au prix... Tentant sa chance ailleurs, notre homme ne parvient malheureusement pas à écouler sa production. Effrayé à l'idée de ne plus pouvoir nourrir sa famille, l'artisan perd pied.

 

Mendelman est un homme de l'ancien monde, respectueux des traditions et fier de la qualité de son travail. Il va découvrir l'émergence d'un nouveau monde basé sur le profit, où seul compte le rendement et les coûts bas. C'est un homme inadapté qui voit l'invasion de produits manufacturés aux détriments des vraies valeurs et dont les créations se voient vendues au moins offrant. On pourrait d'ailleurs y voir aussi un parallèle avec la création d'une oeuvre artistique.

C'est aussi un homme que cette première paternité fait peur. Un homme qui s'interroge sur son existence, sur le sens qu'il lui faut donner désormais. Un homme qui n'hésite pas à prendre Dieu à parti et à mettre en doute sa foi.

 

C'est un album simple, sans fioritures, où la parole va à l'essentiel. Les traits sont épais et les couleurs forment de vastes applats. Une planche pourra se découper en 12 cases comme offrir un seul plan muet et contemplatif.


Se déroulant sur une seule journée, le récit transforme le quotidien ordinaire d'un homme en petit conte philosophique qui rend également hommage à la communauté juive d'Europe de l'Est.

 

A découvrir !

 


 

Un autre avis chez Du9.

 

 

 

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 08:00

 

chateau de sable 01

 

Dessinateur : Frederik Peeters

Scénariste : Pierre Oscar Lévy

Editeur : Atrabile

Date de parution : Octobre 2010

Prix : 17 €

  100 pages

 

 

C'est l'été. Voici le temps où famille, jeunes et moins jeunes, se retrouvent sur les plages, cherchant à s'isoler des autres et à coloniser son propre espace personnel de sable blanc. Voici une petite crique où 13 personnages anonymes se rencontrent. Chacun s'efforce d'ignorer l'autre. Jusqu'à ce que l'improbable survient...

Impossible de dévoiler le fond de cette histoire sans déflorer l'album... alors la chronique sera courte.

En tout cas, la réalité bascule dans le fantastique et nos 13 anonymes vont devoir cohabiter dans un huis-clos oppressant et sans issue où les gens vont peu à peu révéler leurs plus mauvais côtés, comme leurs meilleurs.

 

Le lecteur va découvrir petit à petit qui sont ces gens, les liens qui les unissent, leur évolution psychologique dans ce face à face qui ne se passe pas sans heurts. Ce sont des gens comme vous et moi, des familles avec enfants, des couples, des retraités, un immigré. Chacun va réagir différemment face à ce basculement. La peur fera sortir chez certains, préjugés et violences alors que d'autres sauront s'élever au dessus de leurs faiblesses.

Aucune explication ne sera donné de cet évènement qui survient et on fermera l'album sans la réponse à nos questions. Et pourtant, l'essentiel est ailleurs.

Car cette histoire est juste un prétexte pour souligner le caractère éphémère de notre vie, le fait qu'il faut savoir apprécier les moments présents et ne pas les gâcher en disputes et mesquineries inutiles. Un album qui nous renvoit à nos propres aspirations, au temps qui passe et à ce que nous en faisons. Une réflexion sur la mort et notre condition d'être humain.

 

Un très très bel album en forme de conte allégorique qu'il faut vraiment découvrir !

 

 

 

Les avis de David (qui m'avait donné envie), Mo, Lunch,


 

palseches

 

 

C'était ma BD du mercredi avec Mango !


 

bd du mercredi

 

 

 

 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 08:00

 

 

kraa 01

 

Auteur : Benoit Sokal

Editeur : Casterman

Date de parution : Septembre 2010

Prix : 18 €

  94 pages

 

 

 

On connait Sokal pour son célèbre inspecteur Canardo et voilà qu'il nous surprend avec un album aux antipodes de l'univers policier et de son dessin ligne claire.


Yuma est un jeune garçon indien qui vit dans une vallée perdue de l'Alaska. Vivant avec sa tribu, son quotidien est fait de chasses et de contes chamaniques racontés près du feu. Fasciné par un jeune aiglon orphelin, il prend la responsabilité de s'en occuper et de le nourrir, n'en déplaise à certains.

Jusqu'au jour où la vie de la tribu va être bouleversé : des promoteurs sont bien decidés à les faire quitter le territoire pour qu'ils puissent exploiter les nombreuses ressources naturelles du sous-sol et construire la grande cité prospère dont ils rêvent : Klontown. Refusant de partir, la tribu est alors massacré.

Le jeune Yuma qui en réchappe va dès lors associer sa vie et son destin à son aigle, qu'il va appeler Kraa et crier vengeance auprès de ces hommes qui lui ont tout pris, sa famille et sa terre.


Voilà un très bel album qui plaira aux amateurs de mythologie indienne, d'aventures et aux défenseurs de la nature.

Yuma va en effet se lier de manière extrêmement forte avec cet aigle : un lien d'ordre chamanique qui n'étonnera pas lorsque l'on découvre le culte que la tribu vouait à l'animal. L'aigle est d'ailleurs un personnage à part entière dans cette histoire où l'on trouve régulièrement en narration ses propres pensées. Le jeune garçon ne fait qu'un avec son animal totem qui l'aidera à défendre son territoire et à venger la mort de sa tribu. Se fondant complètement avec l'animal, il devient une partie de cette nature qu'il défend. Une entité à la fois bonne et mauvaise qui doit parfois blesser pour sauver ce qui est important. Une nature difficile donc où la survie se fait parfois aux détriments des autres et qui exige aussi sa part auprès des hommes.

Il y a d'ailleurs un côté Jack London dans cette grande fresque primitive qui oppose la Nature et les Hommes.

 

Graphiquement, le dessin est vraiment très beau. Sokal a su mettre en valeur cette nature sauvage et difficile. Les décors nous embarquent dans des contrées étrangères et le dessin de l'aigle est remarquable de finesse. On ne peut certes pas en dire autant pour les chevaux qui, je dois dire, sont absolument ratés... En tant qu'ancienne cavalière, j'ai pu relever des disproportions notables et des mouvements un peu improbables au niveau des jambes des chevaux. Mais vous allez dire que je chipote ! 

Les couleurs sont douces,sombres et denses à la fois et servent bien le récit et son petit côté surranné des récits d'aventure du 19ème siècle justement.

 

Le récit est prévu en 2 tomes. La suite devrait sortir en 2012. (patience !)

 

Vous pouvez lire les premières pages ici ! Et une interview très intéressante de Sokal !

 

 

L'avis de Saraswati qui m'avait donné envie !

 

palseches

 

 

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 08:00

 

vive la classe 01villerupt 1966

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Baru

1ère édition : Futuropolis - 1987

Nouvelle édition : Futuropolis

Date de parution : Janvier 2011

Prix : 16 €

  59 pages

 

+ Edition en coffret : Novembre 2010

(avec "La piscine de Micheville" et "Quéquette Blues" + DVD bonus)

Editeur : Les rêveurs

Prix : 40€

300 pages

 

 


Nous retrouvons ici une fois encore Baru, le héros de "Quéquette Blues" qui, en cette année 1968, devient un conscrit pour le service militaire.

A l'époque, tous les jeunes hommes  devaient faire leur service militaire. Chacun devait passer devant un conseil de révision qui les jugeait apte ou pas. Et avant que les conscrits acceptés aillent faire leur classe, ils étaient célébrés dans des fêtes de quelques jours où la débauche était quelque peu de mise et toléré...

Ainsi les heureux élus, "bon pour le service" se voyaient gratifier de baisers et autres gentillesses par les filles qui ne pouvaient décemment le leur refuser.

 

A travers le portrait d'une classe donnée, celle de Baru, nous est donné celle d'une époque.

L'album commence judicieusement par un petit rappel de l'histoire de la conscription à travers les époques jusqu'à 1968 où nous suivons Baru et sa bande de copains au moment qui précède le conseil à celui où ils font leurs classes.

Véritable évènement dans la vie de ces jeunes, la conscription signait pour eux une sorte de passage à la vie adulte en leur donnant le droit d'aller combattre pour leur patrie et faire la guerre...

 

On y retrouve ce qui faisait le sel de la jeunesse de ses précédents albums : les déconnades entre copains, les fêtes alcoolisées, quelques bagarres... et les filles bien sûr ! Car ces jeunes hommes qui partiront peut-être prochainement combattre et éventuellement mourir méritent bien de passer quelques bons moments intimes en compagnie de ces demoiselles ! Qui ne sont pas toutes forcément d'accord...

Cé déferlement de testostérone qui souligne la maturité et l'âge adulte penche de plus en plus vers une violence moins bon enfant qui préfigure leur futur statut de combattant.

 

"Vive la classe" est un album vraiment très intéressant. Il réussit à donner le parfum d'une époque et des implications de la conscription sur lequel l'auteur a un regard plutôt critique sans le dire explicitement. Exacerbant leur rôle et leur importance dans la société, le service militaire demandera à ces derniers d'oublier leurs bonnes manières pour tuer.

 

Sous couvert de fêtes et de célébrations, "Vive la classe" est, une fois encore, un album assez sombre qui va bien au-delà de l'évocation de souvenirs de jeunesse. A découvrir !!


 

 

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 08:00

 

 

piscine de micheville 01villerupt 1966

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Baru

1ère édition : Dargaud - 1985

Réédition : Albin Michel - 1993

Nouvelle édition : Les rêveurs

Date de parution : Septembre 2009

Prix : 16 €

  88 pages

 

 

+ Edition en coffret : Novembre 2010

(avec "Quéquette blues" et "Vive la classe" + DVD bonus)

Editeur : Les rêveurs

Prix : 40€

300 pages

 

 

Comme l'explique Baru dans le DVD du coffret, si "Quéquette blues" est son premier album, apporté complètement clé en main à l'éditeur, "La piscine de Micheville" fut sa première oeuvre parue. En effet, Dargaud n'a pas souhaité prendre le risque de publier de suite l'album complet d'un auteur inconnu et demanda à Baru quelques nouvelles à éditer au préalable. Voici donc "La piscine de Micheville" qui nous replonge dans le même univers lorrain de la mine, découvert dans Quéquette Blues.

C'est ici une sucession de petites scènes intimistes qui prennent place à la piscine de la ville, construite grace à l'argent des aciéries, ou ailleurs.

Le contexte social est toujours aussi noir. Les jeunes partent peu en vacances et la piscine est un de leurs rares loisirs, quand leurs parents ne les envoient pas en colonie de vacances.

On y retrouve Baru et ses potes, leur obsession première : coucher avec des filles.

Ils rêvent, ils draguent les gonzesses, font les 400 coups alors que les usines menacent de fermer.

 

Beaucoup plus anecdotiques à mon sens que Quéquette blues, ces petits récits manquent un peu d'ampleur à mon sens pour en garder une impression forte. Néanmoins sympathique, l'album se laisse lire avec plaisir.

Une bonne introduction à l'auteur mais certainement pas suffisante pour découvrir la force de la narration de Baru.

 

 

 

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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
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