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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 08:00

 

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Auteur : Arnaud Boutle

Editeur : Glénat

Date de parution :  Septembre 2010

Prix : 14 €

  72 pages

 

 

Après une apocalypse dont on ne sait pas grand chose et qui a décimée l'humanité toute entière, un seul homme erre encore sur cette planète dévastée. Seul rescapé, il survit dans une grande ville anonyme où la nature reprend peu à peu ses droits. Désespérement seul, notre héros continue à vivre avec ses souvenirs et ses regrets.


On pense forcément à "La route" et pourtant on en est tout de même éloigné.

On découvre ici un homme qui continue de vivre contre et malgré tout. Dévalisant les supermarchés pour se nourrir et habitant dans des magasins de meubles. Pas de menaces particulières dans cet enfer silencieux, pas de bêtes sauvages ou de zombies sortis de films d'horreur. Juste lui, le silence et les souvenirs qui l'aident à continuer à avancer. Les jours se suivent et se resemblent, les saisons passent, apportant leur lot d'inconfort.

Ses seules distractions :se remémorer son existence passée et ses petits riens qui en font le sel. Les parties de pêche avec le grand-père,  son rapport à la musique, ses histoires amoureuses, .... Mais des souvenirs qui le renvoient inexorablement à sa solitude désormais sans fin. Notre homme s'invente des compagnons, profite des dernières ressources électriques, se met à la lecture et passe son temps comme il peut pour mieux combattre son démon à lui : la solitude.

 

Les amateurs d'action passeront leur chemin. Voilà un album très contemplatif qui n'a d'autre souci que de nous montrer une tranche de vie d'un survivant, son quotidien, ses pensées, ses questionnements. L'ambiance de fin du monde est parfaitement retranscrite même si la vie dans un monde où on reste le dernier survivant ne semble pas si difficile de prime abord, d'un point de vue "technique".

Si le pitch de départ semblait intéressant et original, l'album laisse néanmoins sur sa faim. L'histoire se cloture sans grande explication, laissant notre héros dans le même état que quand le lecteur l'a trouvé.

Les dessins, au contraire, sont plutôt bien grattés. La couverture qui m'a d'ailleurs attiré vers cet album reflète très bien le contenu de l'ouvrage. Les couleurs tendent majoritairement vers le noir, blanc et gris, ponctué de touches vert foncé, associées à la nature de plus en plus envahissante qui défait inexorablement l'oeuvre de l'Homme.

 

"Entre les ombres" est donc un bel album poétique et intimiste à déguster avec finesse mais qui aurait mérité un je ne sais quoi supplémentaire (un supplément d'âme ?) qui en aurait décuplé toute la force.

A découvrir tout de même !

 

 

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Un avis un peu plus poussé chez Digital Univers.

 

 

bd du mercredi

 

Les autres sont à découvrir chez Mango

 


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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 19:30

 

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Auteur : Clément Baloup

Editeur : La boite à Bulles

Date de parution : Juillet 2006 - 70 pages

Nouvelle édition augmentée : Août 2010 - 95 pages

Prix : 16€

 

 

 

Après une première édition en 2006, La boite à Bulles réédite aujourd'hui une nouvelle édition de "Quitter Saigon" avec une vingtaine de pages supplémentaires.

Alors qu'un deuxième volume est en préparation, ce premier opus se penche sur la mémoire des viet kieus. Les viet kieus, ce sont les vietnamiens condamnés à l'exil et marqués par la guerre qui toucha leur pays.

Eparpillés sur la planète, ils ont essayés de reconstruire leur vie en occultant plus ou moins leur passé.

Et c'est la mémoire de ces immigrés que Clément Baloup nous invite à découvrir. Autant dire qu'il les connait bien : son père est un de ceux-là.

 

A travers l'histoire et le témoignage de 4 exilés, Clément Baloup dessine le portrait extrêmemnt touchant de ces hommes qui ont tout quittés pour vivre libre. On découvre tout d'abord le père de l'auteur qui évoque les années de la guerre, le quotidien fait de virées entre copains, le manque de travail, l'occupation américaine et ses G.I.'s.

Ensuite le second témoignage porte principalement sur les camps où les communistes arrivés au pouvoir enfermaient les fonctionnaires de l'ancien gouvernement : privations, faim, froid, séances d'autocritiques, rien ne leur est épargné...

Le troisième exilé raconte son enfance de petit vietnamien blond, proie des japonais envahisseurs traquant le moindre occidental, son adolescence sous domination française puis américaine et enfin son départ pour la France.

Le dernier récit décrit le départ précipité d'un jeune garçon et de sa famille pour fuir les communistes. Oubliés en pleine mer par le bateau qui devait les transporter, ils vivront un véritable calvaire avant d'être sauvé in-extremis.

 

4 témoignages donc, poignants de vérité que Clément Baloup nous invite à garder en mémoire par respect pour ces exilés et pour les nombreuses souffrances de la guerre.

L'auteur utilise une palette monochrome pour évoquer les souvenirs du passé, donnant ainsi plus de force à des histoires qui n'en manquent pas. Le temps présent est, quant à lui, chatoyant et l'utilisation des couleurs se fait un peu trop forte à mon goût mais marquant ainsi la rupture que l'exil a dû provoquer dans l'identité de ces hommes. Pas d'émotion larmoyante ici mais des faits bruts racontés avec précision et pudeur.

 

Un album digne, touchant qui rend honneur à ces nombreux exilés. A lire !!

 

 

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C'était ma BD du mercredi avec Mango et les zôtres !

 

bd du mercredi

 

  Challenge roaarrr

Prix Oeucuménique 2011

 

Un grand merci à Babelio et à LA boite à Bulles pour cette découverte !

 

 


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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 13:13

 

 

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Dessinateur : Tirabosco

Scénariste : Pierre Wazem

Editeur : Futuropolis

Date de parution : Août 2010

Prix : 20 €

  120 pages

 

 

Après "La fin du monde" en 2008, les 2 auteurs réitèrent leur collaboration pour un album dans la même lignée.

Une jeune fille se réveille un jour dans de curieux sous-sols. Il s'agit de ceux du CERN et de son accélérateur de particules. Dans ses errements, à la recherche de la sortie, elle croise un scientifique qui se dit bloqué ici depuis plusieurs semaines. Ensemble, ils vont chercher à sortir et à échapper aux monstres qui rodent.

Parallèlement, à la surface, la femme du scientifique et la soeur jumelle de la jeune fille vont se rencontrer. La lumière a disparu depuis 3 semaines, suite à un trou noir provoqué par l'accélérateur de particules. Date où le mari a disparu et date aussi du sommeil sans réveil de la jumelle.

 

Vous n'y comprenez rien ? C'est normal !

"Sous-sols" vous plonge dans une ambiance à la fois onirique et fantastique qui préfigure l'inconscient.

La jeune fille des sous-sols découvre la physique quantique, les expériences scientifiques avec l'accélarteur de particules, le pouvoir de la lumière, les mondes parallèles qui peuvent se former,...

Alors que sa soeur de la surface doit faire face à la tension grandissante de la population, suite à l'absence de la lumière.

Et si ces 2 réalités ne faisaient qu'un ? Et si les 2 jeunes filles n'étaient qu'une seule et même personne ?

N'est ce pas le symbole du pouvoir de l'inconscient qui s'échappe pour mieux combattre ses démons intérieurs ?

 

"Sous-sols" est ainsi un album très déstabilisant qui force son lecteur à s'interroger sur le sens caché de cette histoire déroutante.

Ainsi, les auteurs s'arrêtent sur la notion de solitude, sur la peur de grandir, sur l'acceptation d'un monde où il faut trouver sa place malgré les "monstres" qui la peuplent. Un évènement traumatique sera évoqué de façon très subtile.

 

On y retrouvera le trait épais significatif de Tirabosco et ses beaux bleus sombres qui mettent parfaitement en relief l'onirisme de l'album tout en accentuant l'aspect mystérieux d'un monde parallèle. La lumière et l'ombre sont agréablement travaillés et rendent l'émotion de nos héroines de façon très subtile et touchante.

 

Certains lecteurs y ressentiront l'espoir et la perspective d'une nouvelle naissance, d'autres se perdront dans les dédales de ces mondes duels. Un album qui ne laissera pas indifférent, à coup sûr !

 

" Dans les deux volumes, nos héroïnes se débattent avec leurs problèmes intérieurs qui entrent en écho avec les événements dramatiques extérieurs ", explique Tom Tirabosco.

"Je ne me suis jamais reconnu dans les superhéros, confie-t-il. Mes personnages sont fragiles, perdus, au bord du gouffre. Elles incarnent les moments d’abattement que nous pouvons avoir."

 

 

Vous pouvez découvrir les premières planches ici !

 

 

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 08:00

 

 

rides 1

 

Auteur : Paco Roca

Editeur : Delcourt, Mirages

Date de parution : Mars 2007

Prix : 14,95 €

  94 pages

 

 

Ernest est un vieux monsieur que ces enfants viennent de placer en résidence spécialisée pour personnes agés. Vivant assez mal cet abandon, il est néanmoins chaleureusement accueilli par Emile qui lui fait faire la visite. Les pensionnaires se succèdent, tous plus félés les uns que les autres : Simone qui cherche désespéremment un téléphone pour mieux l'oublier 2 minutes après, Rose qui s'imagine dans l'Orient-express, un couple d'amoureux où une georgette nourrit un Marcel qui a pris le large... et enfin Emile, lui-même qui extorque par la ruse de l'argent à tout ce petit monde ! Emile qui évitera d'ailleurs de montrer à son nouveau compagnon le 1er étage où les cas graves sont placés : ceux qui deviennent dépendants...

Malheureusement, Ernest perd lui aussi un peu la tête. La maladie d'Alzheimer est rapidemment diagnostiqué et dès lors sa seule hantise : attérir au 1er étage. Son copain Emile va alors tout faire pour retarder l'échéance.

 

Voilà un album bouleversant qui traite comme aucun autre du sujet délicat de la vieillesse, de la maladie et du placement des personnes agées.

Suivant les pas d'Ernest depuis son arrivée, on découvre avec lui les "joies" de la vie en résidence pour 3ème age et son manque d'attractivité évident. Les jours sont réglés par les repas, la prise de médicaments, la télévision bloquée sur la même chaine, les activités de "gymnastique"et les rares visites des proches.

Le temps est long, très long pour Ernest dont le seul réconfort est l'amitié d'Emile. Car Ernest perd un peu les pédales et il va pouvoir compter sur un coup de main de ce dernier pour faire illusion. S'habiller, garder la notion du temps et de l'espace, réussir les tests des médecins,... la vie quotidienne devient difficile à gérer quand on perd la mémoire. Les souvenirs s'envolent et une partie d' Ernest avec.

 

Voilà donc un sujet difficile mais traité avec tendresse et même humour. Emile semble être le cataliseur de l'autodérison. Sa présentation de la résidence est savoureuse, ses ruses et l'organisation d'une escapade interdite au volant d'un bolide est plus que comique !

Tous les personnages sont touchants et on n'y trouve aucune pité à leur égard.

 

Au delà de tout ça, Paco Roca s'interroge habilement sur la position des personnes agées dans notre société. Le déchirement de quitter sa maison ou sa famille, la perte de repères, l'inactivité, les rares visites des proches et leur incompréhension (comme, par exemple, la mamie qui offre à son petit-fils exédé des sachets de sauce, récupéré avec économie et persévérance), etc... concourt à démontrer que le fossé est désormais large entre les générations et que les "vieux" trouvent difficilement leur place quand ils redeviennent dépendants.



"Rides" est un récit très poignant qui sait toucher chacun de nous au coeur sans tomber dans

Un de ces albums d'une telle forceet d'une telle humanité

qu'on se demande bien pourquoi il ne vous est pas tombé dans les mains avant !

 


 

Les premières pages peuvent être lues ici !

 

Les avis tous convaincus de Mo', Mango, Keisha,...

 

 

 

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C'était la BD du mercredi avec Mango et les zôtres !

 

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 08:00

 

 

lydie 1

 

Dessinateur : Lafebre, Jordi

Scénariste : Zidrou

Editeur : Dargaud

Date de parution : Avril 2010

Prix : 14,50  €

  60 pages

 

 

Bienvenue dans l'impasse du bébé à moustaches ! Dans ce quartier où tout le monde se connait et se respecte, nous allons suivre plus particulièrement Camille. Jeune femme simple d'esprit, elle vit avec son père et n'a pas connu sa mère, morte en couches. Camille attend à son tour un enfant (de père inconnu) mais accouche d'une petite Lydie, mort-née. Le sort semble s'acharner sur cette famille et le père peine à gérer le drame. Sa fille s'enfonce dans le déni et la souffrance. Jusqu'au jour où elle emerge de sa douleur pour annoncer à tous le retour de sa petite Lydie, ressucitée par la grace du ciel. Devant la joie et le bonheur de l'accouchée, tout le quartier se met à jouer le jeu et à faire semblant que la petite Lydie est vivante.


  " Mon bébé ! Les anges du ciel me l'ont rapporté ! Je le savais bien, moi, que le Bon Dieu ne pouvait pas garder mon petit bébé auprès de lui. La place d'un bébé, c'est contre le coeur de sa maman, pas au paradis "

 

Nous sommes dans les années 30 et nous voilà plongé dans l'ambiance bon enfant de ce quartier populaire où chacun est solidaire de son voisin. Il y a le médecin dévoué qu'on appelle en pleine nuit pour la maladie d'un bébé imaginaire, il ya les voisines qui s'extasient sur sa beauté, les enfants qui jouent à l'école avec la petite Lydie, etc...

Tout le quartier, dans un geste d'humanité et de compassion, va se comporter comme si le bébé vivait. Au fil des années, Lydie grandit : elle apprend à marcher, va à l'école, se fait des copines. Personne ne trahit la supercherie et chacun se tient à cette ligne de conduite que le quartier s'est imposé sans concertation. 

Camille vieillit et continue de croire que sa fille est vivante, poursuivant un délire obsessionnel jusqu'à sa mort.


Je dois dire que cet immense mensonge m'a pas mal gênée au début. Il y a quelque chose de terriblement malsain dans ce déni que tout le monde semble encourager. Et puis finalement, comme les habitants du quartier, on voit la jeune femme heureuse et épanouie. De quel droit devons-nous lui asséner une vérité insupportable qui l'obligerait peut-être à vivre dans la douleur ? Est-ce que ce n'est pas une preuve d'humanité de cacher à nos proches l'insupportable pour mieux les préserver ?

Et Camille est-elle réellement la folle qu'elle semble être ? Crois-t'elle à cette invention ou bien est-ce une solution personnelle pour mieux gérer sa douleur ?

 

L'histoire nous est raconté de façon très originale par la statue de la vierge abritée dans une niche d'une maison du quartier. Témoin unique de tout ce qui s'y passe, la statue attire à elle tous les souhaits et les plaintes des habitants du quartier qui font appel à sa générosité et à sa compassion. Impuissante, elle regarde les Hommes s'agiter et s'en remettre à ses bonnes graces par dépit.

 

Le côté nostalgique est parfaitement mis en valeur par un dessin dans les tons sépias qui accentue l'impression d'histoire du temps passé que l'on vous raconte au coin du feu. Les personnages sont très expressifs et certains arborent même ce qu'on appelle une "gueule".

 

 

Lydie se révèle au final un album très touchant et extrêmement fort !

A découvrir, sans aucun doute !

 

 

 

 

 

L'avis de Mélopée, Bulles et onomatopées, Béné.

 

 

Vous pouvez lire les premières pages de l'album ici.

 

 

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 08:00

 

omni-visibilis 1

 

 

  Scénarariste : Lewis Trondheim

Dessinateur : Mathieu Bonhomme

Editeur : Dupuis

Date de parution : Aout 2010

Prix : 19 €

158 pages

 

 

Hervé est un jeune trentenaire à la vie on ne peut plus banale. Seul élément distinctif : sa maniaquerie maladive qui le pousse à un hygénisme extrême.

Un jour, alors qu'il marche dans la rue, les passants l'interpellent et lui parlent comme s'ils lisaient dans ses pensées. Plus loin, c'est son encombrante mère qui lui décrit au téléphone les éléments qu'il a devant les yeux.

ça parait improbable et pourtant le monde entier est relié à Hervé à travers qui ils voient, sentent, ressentent, entendent tout ce que le jeune homme vit. Un cauchemar pour ce dernier dont la vie privé est désormais publique. Poursuivi par les autorités et la population, Hervé s'enfuit, aidé de 2 amis qui comptent bien exploiter ce don exceptionnel.

 

Voilà une histoire abracadabrante pour un scénario très réaliste ! Imaginez que votre voisin bien pénible entende tout le mal que vous pensez de lui tout bas, que votre mère se rend compte que vous lui mentez, que votre patron voit votre zig que vous regardez au dessus de la cuvette des toilettes, que votre meilleur ami ressente la douleur de la baffe qu'il vient de vous donner, etc...

Sans compter que ce pouvoir suscite bien des convoitises : votre amoureuse qui fait tout d'un coup la belle pour décrocher un rôle au cinéma, les chomeurs qui veulent passer une anonce d'emploi, les aveugles qui veulent voir, ceux qui veulent retrouver un proche ou bien faire la promotion de leur commerce.

Vous aurez une idée de l'horreur du quotidien de ce pauvre Hervé qui ne peut plus aller nulle part, penser ou parlez sans que quelqu'un dans le monde l'ignore...

Devenu un emetteur universel, Hervé perturbe complètement la société et de personnage un peu loser devient l'homme le plus couru et connu du monde.

 

Voilà un scénario original pour une histoire qui se déroule à toute vitesse. Le lecteur courra avec notre héros de courses poursuites en petites pauses pour mieux rebondir plus loin. Très rythmé, il se ponctue de nombreuses scènes comiques engendrées par la situation : par exemple, la scène où Hervé, à la selle, fait profiter au monde entier ses toilettes odorantes !

La fin de l'histoire vaut aussi son pesant de cacahuetes en rebondissant encore plus loin dans le délire... je vous laisse le découvrir !

 

Le style graphique choisi témoigne lui aussi d'originalité. Complètement en bichromie blanc et gris-bleu, il s'adapte parfaitement à l'ambiance quasiment nocturne de l'intrigue. Le tout pour un trait réaliste qui souligne bien l'alliance des 2 thématiques dans cet album.


 

Omni-visibilis se révèle donc une très bonne surprise de la rentrée !

Je recommande très très chaudement !

 

 

 

L'avis de Bulles et Onomatopées tout aussi convaincue.

 


 

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C'était ma Bd du mercredi avec Mango et les zôtres !

 

 

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 08:00

 

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Dessinateur : Olivier Martin

Scénariste : Sylvain Runbert

Editeur : Futuropolis

Date de parution : Juin 2010

Prix :  18 €

  152 pages

 

 

Satoshi est un employé modèle. Travaillant à Tokyo pour une grande entreprise en tant qu'analyste financier, il se contente de dormir dans des capsules hotels pour mieux retrouver sa femme et son enfant le week-end. En attendant, il se contente de communiquer avec eux par webcam et téléphone, et essaye d'esquiver les nombreuses soirées entre collègues que son directeur impose quelque peu.


Mayumi, une jeune femme de 26 ans, travaille dans la même entreprise en tant que secrétaire. Elle peine à s'intégrer et ses nombreuses absences aux soirées organisées sont pointées du doigt. De plus, elle doit faire face aux invitations pressantes de Junichi, un autre collègue. Ce dernier aimerait bien en faire sa petite amie et remarque l'attention excessive de cette dernière pour Satoshi dont il jalouse aussi la situation professionnelle...


 

face-cachee-4.jpgCapsule-hotel


 

Cette série en 2 volumes nous plonge dans l'univers très codifiée du monde du travail au Japon. Les 2 auteurs, qui rangent leur album dans le style manga, ont volontairement dressé un portrait réaliste des relations au sein de l'entreprise japonaise. Le dessinateur dont la compagne est japonaise a vécu plusieurs années au Japon et le scénariste admire de nombreux dessinateurs japonais.

 

Une trame en apparence toute simple donc mais qui va dévoiler petit à petit un autre visage des personnages. Satoshi n'est pas le père de famille parfait. Mayumi cache des soucis de famille et n'est pas la gentille célibataire qu'on imagine. Enfin, le patron qui emmène toute son équipe dans des soirées de beuveuries semble cacher quelques souffrances personnelles.

Nous voilà donc dans une société où les relations doivent être polies et policées. Chaque salarié reste sur son quant à soi et n'évoque pas sa vie personnelle par pudeur. Les salariés doivent se consacrer entièrement à leur entreprise et les soirées entre collègues se terminant très tard font partie des passages obligés

 

Beaucoup de non-dits et de silence chez ses personnages qui ne peuvent se dévoiler complètement. Le lecteur découvre ce qui se cache derrière ses visages souriants et normés. La surprise est souvent au rendez-vous quand les révélations tombent au détour des cases. Chacun a sa personnalité, ses parts d'ombre et ses mensonges, ses espoirs et ses déceptions. Tous sont humains et pourraient être votre voisin, votre collègue.

 

En dehors des personnages, on découvrira un Tokyo contemporain où la multitude noit l'individu au profit de la masse, une mégalopole ultra urbaine où se cotoient buldings, centres commerciaux, karaokés et bars.

Le dessin, fait dans un simple crayonné sans couleurs, donne un univers fin et non-surchargé qui convient bien à cette histoire de faux-semblants. Tout en étant de style europée, on y décèlera de petites touches asiatiques.

 

Un album intéressant donc mais qui laisse tout de même sur sa faim. On penserait lire un premier tome d'introduction. Le scénario prend son temps et on aimerait savoir où tout celà nous mène. La révélation de la dernière planche semble augurer un deuxième tome avec son lot de révélations ! On l'attend donc avec impatience pour début 2011 semble-t'il, et espérons qu'il refermera les nombreuses portes ouvertes.


 

 

Vous pouvez lire les premières planches ici !

Et une interview de Runberg !

 

 

 

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C'était ma BD du mercredi avec Mango et les zôtres !

 


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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 08:00

 

 

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Auteur: François Bourgeon

Editeur : 12BIS

Date de parution : Janvier 2009

1ère édition : 1981

Prix :  13 €

  48 pages

 

 

 

Nous sommes au 18ème siècle, sur le Foudroyant, un navire de la Marine Royale à destination de l'Amérique. A son bord, 2 jeunes femmes voyagent incognito dans une chambre réquisitionné par le commandant. Mais un jour, un jeune marin, Hoël, croit surprendre des silhouettes féminines et se faufile dans la zone interdite du bateau. Pris sur le fait, il est mis au fer par le capitaine qui voudrait bien que son secret reste bien gardé. Cherchant à l'éliminer, il va lui imposer une périlleuse épreuve. Mais c'est compter l'aide de la belle Isa qui voit dans le matelot une occasion d'arriver à ses fins personnelles...

 

Voilà un incontournable de la bande dessinée qui manquait à ma culture... Avec la récente sortie du tome 7, il était bien temps de remédier à cette lacune...ahem...

Cet album paru en 1981 n'a absolument pas vieilli et nous offre une formidable aventure maritime, historique saupoudré d'amour.

 

On y trouve une héroine forte qui n'hésite pas à s'habiller en homme pour mieux s'affranchir des conditions de son sexe. Volontaire et pleine d'allant, elle choisit de prendre en main son destin après avoir dû subir ce dernier. Ainsi, nous découvrirons son passé et le drame survenu suite à une plaisanterie de jeunesse ainsi que la raison de sa présence sur le bateau.

Ce personnage sexy nourrit l'album de son charme et apporte de légères touches d'érotisme dans l'univers masculin de la marine. Dénudée à l'occasion, elle sait aussi offrir son corps à son propre sexe.

Hoël, son pendant masculin, semble lui aussi peu apte à se plier aux règles mais, reste à ce niveau de l'histoire, un peu écrasé par le caractère de la demoiselle.

 

Enfin, qui dit vie sur un navire, dit luxe de détails maritime. Bourgeon a su recréer une véritable ambiance de navire : les détails du décor, le langage des matelots, les codes de conduite, combats navals, ...

Le tout est d'une grande précision et témoigne d'un vrai travail de documentation historique et maritime.

 

Mon seul bémol sur cet album sera au niveau des couleurs qui, elles, semblent un poil datées par leur ton quelque peu criard et agressif.

 

En bref, ne faites pas comme moi, n'enterrez pas cette série culte dans les limbes de la profusion de nouveautés inutiles... Revenez aux essentiels !

 

 

L'avis de Yaneck

 

 

 

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C'était la BD du mercredi avec Mango...et les autres !

 


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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 09:00


 

 

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Scénariste :  Jim

Dessinateur : Mermoux

Editeur : Vents d'ouest

Date de parution : Avril 2010

Prix : 18 €

156 pages

 

 

 

Imaginez... Il est 2h du mat', vous et votre compagne êtes en train de dormir et vous êtes réveillé par un ami qui vous appelle à l'aide : sa caisse est en rade et il vous demande de venir le chercher à 1h de route de chez vous. Forcément ça énerve. Vous avez juste envie de dormir et ce coup de fil vous pourrit la vie.

 

Et bien, c'est ce qui arrive à Raphaël. Il s'apprête à se recoucher et oublier ce coup de fil mais c'est sans compter sa copine qui lui rappelle que les amis c'est fait pour ça. Raphaël part donc aider Léo avec des pieds de plombs. Alors quand à son arrivée, il comprend que c'était une blague de Léo pour tester ses amis, Raphaël le prend très très mal malgré l'ambiance festive qui règne...

 

«  A 3 heures du mat', ça m'amusait de voir qui viendrait, qui viendrait pas... »

 

Pourtant quelques semaines plus tard, un soir d'ennui, Raphaël se lance à son tour dans ce test stupide pour un résultat bien différent.... et qui sera l'occasion d'une longue discussion entre Raphaël et Léo sur la notion d'amitié.

 

Un test d'amitié stupide certes mais qu'on serait tous curieux d'en connaitre le résultat !

C’est d’ailleurs inspiré d’un épisode de la vie de Jim qui s’est réellement trouvé en rade en pleine nuit… Le premier pote appelé se défile mais la deuxième vient le dépanner. Une expérience qui lui est resté et lui fait dire : «  il m'a semblé que finalement je tenais peut-être là un plus joli départ de fiction que de vraie vie... »

 

Ces deux amis, radicalement différents, aux caractères opposés vont confronter leur idée de l'amitié. Leurs relations n'ont pas toujours été simples. Léo est un homme enjoué, sur de lui et Raphaël, plus renfermé et taciturne, s'est souvent senti en concurrence avec lui. Léo a pleins d'amis, Raphaël n'en a pas vraiment.

La discussion est houleuse et chacun campe sur ses positions. Le poids des années pèse et peut éloigner. Ils ne repartiront pas fâchés mais ne se verront pas avant un moment.

Le temps passe donc et les deux amis se retrouveront à l'occasion d'un repas très spécial, réunissant bon nombre d'entre eux. Léo y révélera ses failles et Raphaël, sa force, ou plutôt la force de l'amitié.

 

Car cet album est une véritable ode à l'amitié.

 

A travers les relations de ces 2 amis, Jim s'interroge sur la valeur de l'amitié. Est-elle mesurable ?  Doit-on toujours être d'accord avec ses amis ? Doit-on se protéger avant de se donner à l'autre ? Peut-on toujours compter sur ses amis ? Peut-on tout leur demander ?

Des questions universelles qu'on s'est tous posés consciemment ou pas.

 

Cet album offre peu d'action et fait la part belle aux discussions intimistes. On y trouvera même un côté théâtral, les scènes étant d’ailleurs découpées en actes.

Le dessin est agréable et met en valeur l’intensité de ces échanges en ne surchargeant pas le décor. L’histoire se passant majoritairement la nuit, les couleurs sont douces et sombres. Le papier donne un rendu mat qui me plait assez et son toucher est extrêmement agréable. On regrettera juste parfois le manque de nuance et de lisibilité.

 

Je dois dire que, pour ma part, cet album m’a complètement bouleversé !

L’amitié étant un sujet qui me tient énormément à cœur, j’ai retrouvé dans cet album tout les paradoxes qu’on peut éprouver dans l’amitié.

La scène finale est d’autant plus forte que le lecteur comprend enfin que malgré leurs différences, leurs désaccords, Raphaël et Léo n’en restent pas moins des amis.

Et être un ami, c’est savoir être là quand l’autre a besoin de vous…Quand c’est réellement nécessaire et pas pour un test à la con…


  "L'amitié, c'est gérer les affinités. L'amour, c'est concilier les différences".

 

Chacun ressentira, vivra cet album selon son vécu. Certains le trouveront peut-être quelconque, peu profond ou que sais-je encore…

Pour ma part, je vous avouerais même que, si j’avais lu cet album chez moi, à l’abri des regards, j’aurais pleuré comme une madeleine…. Ce qui n’est pas peu dire !

 

Bref c’est un album sensible, plein de subtilité qui, après le très chouette « Petites éclipses » des mêmes auteurs, continuent dans la même veine intimiste et vous invitent à vous pencher sur ses élancements du cœur purement désintéressés et dont vous oubliez peut-être parfois l’importance…

 

Et pour la peine, je dédie cet article à mon cher Matthias qui ne le lira probablement pas mais sait-on jamais… 

 

L’avis de Ys que j’ai réussi à convaincre :) J’attends les zotres ! ^^

 

 

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 20:30

 

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  Scénariste :  Sergio Salma

Dessinateur : Libon

Editeur : Dupuis

Date de parution : Mai 2010

Prix : 13,50 €

 

 

 

Depuis 4 ans, Libon et Salma nous amuse avec leurs strips sur le libraire spécialisé BD et sur ses clients fanatiques.

Paraissant dans Spirou, ils sont aujourd'hui réunis dans un petit album allongé pour notre plus grand plaisir.

 

Bienvenue donc dans BD Boutik à la découverte d'un libraire spécialisé au quotidien houleux, rythmé par des clients exigeants, passionnés ou sectaire.

Le lecteur va découvrir au fil des histoires le quotidien du libraire que l'on verra tour à tour submergé par le flot de cartons de nouveautés, desespéré qu'on lui demande LE titre qu'il n'a pas ou l'album qu'il n'a pas lu, fou de répéter 50 fois par jour que le dernier Largo est reporté, crispé par les demandes incongrues des clients ou bien encore écoeuré de vendre des daubes, etc...

Le patron de la librairie, devenu blasé et aigri, se bat contre la surproduction éditoriale et doit faire face à la concurrence des supermarchés où l'on vend du livre comme des petits pois, ainsi qu'au mépris de certains clients devant cet objet dessiné qui ne vaudrait pas tripette.

 

En parallèle, on s'amusera devant le fanatisme des amateurs de bande dessinée : les collectionneurs qui interdisent de toucher à leurs premières éditions, les lecteurs de manga qui lisent les bds à l'envers, les nostalgiques de leurs premiers albums enfantins, les lecteurs compulsifs qui cherchent à se soigner, ...

Bref, chaque type de lecteur et ses propres petites manies sera ici détaillé

 

Le monde de la bd et ses travers sont ici décryptés avec humour et de nombreux lecteurs et libraires s'y reconnaitront !

L'autodérision est reine et certains confrères dessinateurs sont dénoncés...mais sans les citer... dommage que l'ironie n'aille pas jusque là !

 

"Animal Lecteur" est donc un album bien sympathique qui ravira les amateurs de bande dessinée et semblera surement un peu obscur aux néophytes.

 



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Humeur

Le 26 Août 2013 :
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