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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 19:53




Espagne, 1936. La guerre civile menace et pousse Jonas à s'éloigner de Madrid. Il trouve un emploi de secrétaire auprès du peintre Salvador Déséo, installé avec sa femme Galatée dans le petit village de pêcheur de Cadaquès.  
Son arrivée est très mal perçue et les villageois le chassent du village. Jonas va, en effet, s'apercevoir que le peintre, par son attitude plus qu'excentrique, est craint et détesté. Le jeune homme va découvrir peu à peu les dessous sanglants et glauques qui sont à l'oeuvre derrière cette intense période créatrice du célèbre Déséo et qui vont habiter ses pires cauchemars.

Vous aurez bien sûr reconnu les similitudes du personnage Salvador Déséo avec le peintre Salvador Dali !
Paco Roca s'est, en effet, inspiré librement du célèbre peintre pour faire de son album un bel hommage à son génie créatif. Vous y retrouverez des clins d'oeil à des tableaux célèbres, au groupe des artistes surréalistes de l'époque, 
Seul différence, l'auteur pousse la folie du peintre à des extrémités assez peu catholique... et transforme Salvador en tueur en série pour assouvir son art et son besoin de modèles ! Je ne vous en dit pas plus !
Des passages difficiles pourront choquer certains. Cela reste un album à ne pas mettre entre toutes les mains.
L'album oscille entre réalité et cauchemars, ce en quoi il se raccroche magnifiquement à l'aspect surréaliste de l'artiste.
Une préface et une postface entourent l'album d'explications sur l'origine du récit : un récit retrouvé chez un antiquaire qui serait le journal d'un ancien secrétaire de Déséo. Nous voilà en plein dans la tradition picaresque espagnole.

Un album dérangeant et très original qui colle parfaitement à son sujet : Dali et le surréalisme.


Note : ****



Editions Erko - (épuisé)
 







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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 18:20




Nous sommes en Grece, en pleine dictature militaire. Le général Metaxas, s'inspirant de Mussolini et Hitler, impose un régime autoritaire où les libertés sont bafouées. Les rébètes, musiciens pour qui le plaisir de la musique, des femmes et de l'herbe passent avant tout, sont particulièrement réprimés.
Prudhomme va nous faire découvrir leur quotidien en suivant un groupe de musiciens qui se défie de la police pour laisser libre cours à leur art.

Nous voilà plongé dans l'ambiance du Rébétiko, musique populaire qui parle d'amour impossible, de hashich, de classe marginale, et imprégnés des rythmes orientaux de Turquie.
En effet, les grecs chassés de Turquie dans les années 20 sont obligés de revenir dans leur pays d'origine. Considérés comme des parasites, ce sont des marginaux. Les cafés où ils jouent et fument le narguilé sont victimes de razzias et peu à peu leur espace de liberté disparait.
Vers 1950, le rébétiko s'appauvrit en laissant la place à des chansons plus fades et plus commerciales. Associée à la drogue et aux marginaux, ce style de musique deveint mal vu.

Voici un petit extrait du film "Rebetiko" de Costas Ferris, histoire que vous compreniez l'ambiance.
(Le son n'est pas top mais bon...)




Cet extrait reflète bien l'ambiance que vous allez retrouver dans cet album : les cafés enfumés, les improvisations musicales, la belle femme qui fait languir tous les hommes, les jeux de cache-cache avec la police,...
Les personnages sont un mélange de figures musicales réelles et de personnes inventées.
Le dessinateur a su parfaitement nous plonger dans l'ambiance.

Cet album est une tranche de vie de ce groupe de musiciens. Je ne suis tout de même pas rentrée complètement dans le récit, finalement assez léger. Et le sujet, pas facile à prendre en main si on ne connait pas le contexte historique, même si la bd l'aborde.
Bref un bel album, à lire rien que pour l'ambiance qui nous fait voyager et pour la découverte de ces rébètes bafoués !









Note : ***


Editions Futuropolis - 20€

 

Challenge roaarrrPrix regard sur le monde 2010


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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 22:52




Tout le monde connait (ou presque  ) Jorn Riel et ses célèbres racontars. Voilà ti pas que les voici adaptés en Bande dessinée !
 N'ayant pas encore lu les romans, je me devais de le découvrir au moins par ce biais.


Nous voilà plongés dans l'enfer froid et sombre du Groenland où les nuits sont plus longues que vos jours. Les chasseurs vivent en autarcie ou presque et rêvent aux corps féminins qui leur manquent sur cette banquise immaculée et plongée dans un noir quasi permanent. Leur seule distraction : les bittures entre copains, prétextes à se raconter les fables et autres fadaises qui courent dans leur imagination.
Vous y découvrirez l'intérêt de courir nu dans la neige, que les coqs peuvent être philosophes, que revendre le droit de cuissage sur une femme n'étonne personne, que tatoueur est un métier d'avenir au Groenland, ...




Bref 7 histoires qui se suivent et où l'on retrouve notre groupe de trappeurs. Ces hommes bourrus vivant dans des conditions extrêmes font pourtant preuve de magnanimité et de sensibilité. Les situations burlesques se succèdent et on ne se lasse pas des passe-temps plus ou moins barrés pour occuper ses journées.
Le dessin dans des dégradés de noir et gris rend parfaitement bien l'ambiance froide de la banquise. Les personnages ont tous des "gueules" et leurs expressions sont très travaillées.
Jorn Riel ayant passé une quinzaine d'année de sa vie au Groenland, on peut dire qu'il maitrise son sujet.
Sujet admirablement repris par Tanquerelle et De Bonneval qui ont su sublimer le récit par cette adptation.






Note : ****




Editions Sarbacane - 23€

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 20:11





Nous sommes en Espagne dans un petit village de campagne. Une vieille femme observe la pleine lune et se souvient...
Artemisa et son frère vivent dans ce village et n'hésite pas à se réfugier dans la forêt, près des animaux et d'un jeune garçon rejeté qui entretient un lien particulier avec eux.
Attirée inexplicablement par la lune, Artemisa se défie des croyances et des superstitions autour des fantômes et pénètre dans un lieu maudit dans le but d'observer cet astre dans sa plénitude. Le drame arrive et va bouleverser leur vie à tous...

Très bel album qui nous emmène dans des contrées oniriques et fantastiques.
Le traitement graphique est original et les différents tons de gris, ponctués de quelques touches de rouge savamment intégrées, rendent parfaitement l'ambiance de cette histoire oscillant entre poésie, violence et mélancolie. Certaines planches sont d'ailleurs de toute beauté !
Le récit nous renvoie à nos peurs d'enfance, à nos cauchemars, à notre adolescence : deux adolescents luttent pour obtenir l'amour d'une jeune fille ; une compétition s'organise pour prouver son courage ; le fils argenté qui tient sous sa coupe les autres enfants du village par sa violence et sa méchanceté. 
Une histoire simple et sans surprise qui laisse un peu sur sa faim au niveau de l'intrigue que j'aurais aimé plus profonde mais doté d'un tel dessin, qu'il serait dommage de passer à côté !

N'hésitez pas à visiter le site de la BD : http://lesignedelalune.dargaud.com/

Je vous rappelle que Munuera est le dessinateur de Merlin ainsi que de trois albums de Spirou et Fantasio.



Note : ****


Editions Dargaud - 15,50€









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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 21:04





Patrick vit seul : sa femme l'a quitté. Patrick déprime et nous le fait bien sentir...
Ironie de l'histoire : il tient un magasin de farces et attrapes, nommé "le petit rien tout neuf avec un ventre jaune" qui vivote tant bien que ma à cause de la morosité permanente de son propriétaire qui voit tout en noir. Ses remarques sarcastiques sur le monde et la vie plombe l'ambiance et les efforts de ses proches n'y changeront rien. Seule la venue d'un cirque et d'une jeune femme acrobate un peu curieuse et persistante fera sortir notre homme de son mutisme ravageur.

Cette tranche de vie dans la vie de Patrick est faite de petits riens qui pourraient être les votres. Un homme abandonné qui cherche une raison de vivre ou un être à qui se raccrocher,
Pourtant, comparé aux magnifiques "Les petits ruisseaux" et "La marie en plastique", j'ai été quelque peu déçue. J'ai été moins sensible à l'intrigue et à l'histoire d'amour. De plus, la fin reste en suspens et c'est au lecteur d'imaginier la suite... Légèrement frustrant.

Cet album reste pourtant une belle histoire simple et sensible à découvrir.

L'avis de Clarabel ici.



Note : ***



Editions Futuropolis - 18€








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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 22:55





Un homme, une femme. Ils sont sur un divan et racontent leur histoire : leur rencontre, leur années d'étudiant, leur amour et l'évidence qui s'est imposé à eux de se marier. L'homme travaille beaucoup et estime que sa femme n'a pas à faire de même. Elle s'occupe de la maison et reste aux petits soins pour son mari.
Puis un jour, une querelle. Un basculement. Une giffle à l'encontre de la femme.
Peu à peu, les violences deviennent moins banales, plus fortes. La femme lui trouve des excuses et s'enferme dans le silence. Quelques proches s'en apercoivent avec des implications variées.
Mais rien ne peut changer tant que la victime elle-même accepte cet état de fait...

Excellente BD qui aborde un sujet bien peu traité avec pudeur et psychologie : les femmes battues.
L' histoire décrit et explique parfaitement le déroulement d'une descente aux enfers avec les implications physiques morales et physiques qui en découlent. Commençant sur un ton léger, elle entraine le lecteur dans une spirale de violence que personne n'attendait, la femme en premier.
Le récit alterne entre la voix du mari et celle de sa femme. Le contraste entre leur vision différente de ces violences n'en est que plus frappante.
La réaction des proches est bien étudiée : entre ceux qui prônent le silence et ceux qui refusent la violence mais ne savent pas comment aider, on ne peut qu'epprouver de l'empathie pour cette femme, victime d'un amour trop fort qui l'empêche de voir la vérité.
La chute dramatique que l'on pressent n'en est que plus déprimante car criante de vérité et de naïveté...

Le dessin aux tons sépias, très léger, laisse la part belle aux personnages et à leur propos.

Bref une BD très forte à mettre dans les mains des victimes de violences pour leur ouvrir les yeux et dans celles des autres, pour comprendre comment une femme battue peut accepter ce genre de situation, et pour la description remarquable de l'état psychologique des victimes et de leurs bourreaux.

Une réussite !



Note : ****                                   


Editions Futuropolis - 20€








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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 16:48




Voici un superbe conte morbide livré par Kerascoët et Vehlmann !
Nous suivons un groupe d'enfants liliputiens, perdus dans une gigantesque forêt. Débarqués dans ce monde hostile sans trop savoir comment, les enfants s'organisent sans plus se poser de questions : construction d'abris, recherche de nourriture, etc...  Les personnalités divergent et la cohabitation n'est pas simple.
Le récit s'attache particulièrement à Aurore, jeune amoureuse du prince charmant Hector dont elle cherche les attentions.

Pourtant sous des allures de conte, l'histoire se tourne petit à petit vers le glauque. Un élément particulièrement macabre, que je vous laisse découvrir, est introduit dans le récit et vous fait voir l'histoire d'un autre oeil !
La petite communauté alterne alors entre candeur enfantine et cruauté innocente : des enfants sont enterrés vivants, un oiseau se voit couper les ailes, une fillette hautaine prend le pouvoir et l'ascendant sur ses compagnons, ...
 Le contraste est fort, l'atmosphère devient pesante et malsaine et pourra même en déranger certains.
Difficile de vous dire plus sans dévoiler l'essentiel de cet album.

Cet album dérangeant et très original est pourtant un tableau très réaliste de la nature humaine. Tous ses personnages avec leurs travers, leur innocence et leur méchanceté sont une partie de nous-même.

Le seul bémol est qu'aucune réponse ne sera apporté aux nombreuses questions du lecteur. L'album est une tranche de vie et nous n'en saurons pas plus. Personnellement, j'aurais aimé une conclusion plus percutante et je garde un sentiment d'inachevé, devant ces mystères insolubles totalement voulus par les auteurs.

Un album très fort que je vous recommande chaudement et qui ne laissera personne indifférent !
(A ne pas mettre dans les mains des enfants !)










Note : ****

L'avis de Leiloona à découvrir ici.


Editions Dupuis - 16€

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 11:45




"Bien des choses", à l'origine un spectacle de François Morel, a été adapté par les éditions Futuropolis en un recueil où récit et dessin s'entremêle.
Il s'agit d'un échange de cartes postales fictives entre la famille Brochon et les Rouchon. Ces échanges, simples et droles, nous donne une image des petites gens ordinaires qui n'est pas sans rappeler ses fameux personnages des Deschiens.
Partis pour des voyages au long cours auquels ils ne semblent pas accorder toute la fascination attendue, ils se raccrochent à des détails de leur quotidien : la grille de jeu non renvoyée, la fuite d'eau, la nouvelle coupe de cheveux de Julien Lepers,...

Je ne résiste pas à l'envie de vous citer quelques passages :

"Nous avons été déçus par la Bulgarie à cause de la climatisation du car qui est tombée en panne".
"je signe pour Roger : il est parti au coiffeur se faire rafraichir le derrière".
"une excursion a été organisée pour aller voir le  pain de sucre mais avec le diabète de Robert nous avoins jugé plus raisonnable de rester à l'hôtel."

Cet album est aussi l'occasion de rappeler l'art de la carte postale qui, à cette époque d'internet, devient peu à peu désuet. En tant que fille d'un fanatique de la carte postale qui m'en envoie chaque jour au moindre déplacement, cet album ne pouvait que me parler !

Illustrée avec bonheur par le célèbre Rabaté, l'album n'est cependant pas une bande dessinée (et je le classe dans cette section faute de mieux...). J'avoue avoir été un peu déçue par les dessins que j'attendais un peu plus travaillés mais ceci n'enlève rien à la qualité de cet album, véritable bouffée d'air frais ponctuée de petites piques assassines que je vous laisse découvrir !


Clarabel l'a aussi beaucoup apprécié !





Note : ***


Editions Futuropolis - 19€

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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 11:15





Bienvenue dans la famille Loony ! Après 40 ans de mariage, les parents ont décidés de divorcer. Ils ont réunis leurs 3 enfants pour leur annoncer. La semaine de séjour dans leur maison en bord de plage s'annonce longue, très longue pour tous les membres de la famille. Chacun se retrouve face à ses échecs. Dennis l'ainé, lui même père d'une jeune bébé, est complètement bouleversé et cherche à tout prix une explication. Sa femme qui a l'impression que sa vie est toute tracée cherche de rares moments de liberté. Claire se remet difficillement de son divorce et cherche à comprendre une fille adolescente mal dans sa peau. Enfin Peter, le dernier fils, est un looser. Réalisateur raté, il découvre enfin l'amour dans les bras d'une jeune femme un peu spéciale. On va partager avec cette famille le dernier séjour où la famille sera réunie.

Tout d'abord, n'ayez pas peur du pavé de 700 pages sous lequel se présente ce formidable roman graphique. Sa lecture est très fluide et son graphisme prend le temps de s'attarder sur les détails du quotidien sans alourdir le récit. On y trouve des planches sans paroles, des plans de maison, des lettres,des messages crytptés ...
Mais ce qui touche dans ce récit, c'est la richesse de la palette émotionnelle. Dash Shaw, auteur de 25 ans je le rappelle, a su rendre avec brio les sentiments contrastés des personnages qui ont une tous une personnalité bien marquée. Chacun est noyé dans sa solitude et les échanges sont rares dans cette famille.

Un roman graphique qui parle de mémoire, du passage à l'age adulte, de fuite des responsabilités, de relations humaines, où chaque lecteur pourra se reconnaitre.

Les 40 premières pages sont à lire gratuitement ici.
Vous pouvez aller faire un tour sur le site internet de Dash Shaw : http://www.dashshaw.com/ où il publie actuellement "Bodyworld" (un nouveau chapitre tous les mardis)










Note : ****



Editions ça et la - 30€


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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 20:33





Nous sommes dans un monde futuriste, où la terre et ces 45 milliards d'humains est à deux doigts de mourir de surpopulation et de l'épuisement des ressources naturelles. Le Président de la Terre a confié à Roger, la mission de trouver une nouvelle planète pour sauver la race. Le problème est que Roger est un gros looser qui préfère boire des coups au bar et raconter des histoires abracadabrantes sur des origines supposées extra-terrestres.

Le premier tome en noir et blanc (les suivants seront en couleurs) se découpe en petites histoires de quelques pages. Je dois dire que j'ai trouvé tout ça un peu quelconque. Le héros est creux et se limite à alcool, manque de gonzesse et baratin. Le scénario est convenu et les gags ne m'ont pas vraiment fait rire.

Bref un album qui ne casse pas des briques, aussi vite lu qu'oublié...







Note : **


Editions Fluide Glacial - 9,95€

Si vous avez aimé, il ya le site de Roger... ici.

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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
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