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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 07:00

ramayana 01Le Ramayana est une des plus grandes légendes mythologiques de l'Inde. Ce grand texte épique d'inspiration hindouiste aurait été écrit au VIème siècle par un certain Valmiki mais sa datation prête encore à discussion. C'est un texte très long (48 000 vers...) qu'il est difficile d'appréhender dans son entier.

Pourtant tous les indiens la connaissent, même par petits bouts. Enfants et adultes se la transmettrent souvent oralement et les grands épisodes se récitent souvent par coeur agrémentés de scènes très visuels.

 

L'histoire, là voilà, dans ses grandes lignes : Ravana, un démon ivre de pouvoir, muni de 10 têtes et du double de bras, médita pendant plusieurs milliers d'années afin de pouvoir obtenir auprès des dieux la formulation d'un voeu. Brahma finit par exaucer son voeu de ne pouvoir être vaincu ni par un dieu, ni par un démon. Grace à son nouveau pouvoir, Ravana libère des démons des ténèbres qui, bientôt, envahissent l'univers. La Terre finit par se plaindre et le dieu de la justice, Vishnu, intervient. Ravana ne pouvant être neutralisé par un dieu, Vishnu décide de se réincarner sous la forme d'un avatar : Rama. Rama nait une famille royale et grandit entouré de ses frères. Il épouse la belle Sita et vit heureux jusqu'au jour où une des reines du royaume exige qu'il soit exilé au profit d"un de ses fils qu'elle désire voir accéder au trône. Rama, suivi de son demi-frère Lakshman et de Sita quittent le royaume et errent dans la jungle. Mais bientôt, c'est le démon Ravana qui enlève Sita pour la faire sienne. Rama et Lakshman, aidés du singe blanc Hanuman et de Jambavan, l'ours noir, se mettent à la recherche de la jeune femme. Après une longue et célèbre bataille, le prince exilé Rama réussit à tuer le démon, avant de retrouver le trône qui lui était dû.

 

Vous l'avez compris, c'est une grande fresque épique que ce Ramayana. Sanjay Patel, qui travaille pour les studios Pixar, s'est pris de passion pour cette histoire. C'est un homme que la lecture endort et pourtant, il s'est lancé dans l'adaptation illustrée de ce conte. Bien conscient que peu de personnes peuvent suivre le texte original dans son entier, il a choisi de présenter "une version bien plus courte et subjective de cette mythologie".

Et de fait, l'ouvrage est une grande réussite !!

 

L'album n'est pas exactement une bande dessinée : il pourrait tout aussi bien être catégorisé en album jeunesse car il se présente plus comme une suite d'illustrations accompagnées de textes.

Le texte, parlons-en : l'auteur a su retranscrire toute la saveur du mythe d'origine en simplifiant l'histoire sans l'édulcorer. La narration est courte et ne s'encombre pas de détails superflus et trop compliqués pour les néophytes en mythologie indienne. Les principaux dieux sont présentés, les rares termes indiens expliqués ou traduits. la lecture se fait avec fluidité et le lecteur ne se perd pas en route !


Mais l'atout majeur de cet album est à trouver dans les illustrations, absolument surprenantes et fabuleuses !

Le style peut vraiment déstabiliser au début mais se révèle habile et convient parfaitement à cette histoire foisonnante. Les illustrations s'avèrent en effet très colorées. Les personnages, les décors sont constituées à partir de formes simples rondes ou géométriques. Mais loin de donner une ambiance académique, l'auteur fait preuve d'une grande inventivité qui met en scène le tout avec une très grande originalité. Renouant avec la tradition picturale indienne, Sanjay Patel revisite le mythe ancestral pour lui donner un véritable souffle de modernité.

Les personnages sont extrêmement expressifs, l'action est ultra dynamique . Les mots sont presque parfois inutiles tant l'histoire passe naturellement dans les images. Le texte se place d'ailleurs le plus souvent dans un cadre de couleur, sur le côté de l'illustration. Mais on trouve aussi des illustrations pleine page ou en double page, sans texte, accentuant ainsi un peu plus la valeur de l'image.

 

Enfin, le dernier quart de l'ouvrage se veut un peu plus didactique et apporte un intéressant bonus en présentant un glossaire explicatif des différents dieux et personnages présents dans l'histoire.

Suivront ensuite quelques pages de croquis préparatoires, avant le travail sur les formes et la mise en couleurs par ordinateur, qui permettent de se rendre compte de la masse de travail pour un album qui a demandé 4 ans d'effort.

 

Ramayana, la divine ruse est véritablement un petit bijou d'inventivité au style graphique détonnant qui s'adresse à un large public, enfant comme adulte. Permettant de (re)découvrir un des mythes indiens les plus importants, il offre au lecteur de pénétrer avec une grande facilité dans une mythologie pas toujours facile à appréhender. Un album d'une grande richesse qui donne vie à la légende. Bref, une découverte éblouissante ! Je vous la recommande chaleureusement !

 

 

Lien :

Vous pouvez feuilleter les premières pages sur le site de l'éditeur.


 

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Titre : Ramayana, la divine ruse

  Auteur : Sanjay Patel

Editeur : Ankama

Parution : Octobre 2011

    184 pages 

Prix : 29,90€


 

bd du mercredi

 

 

Un grand merci à Babelio pour ce partenariat !

 


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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 07:00

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Eco est la petite fille d'une dizaine d'années d'un couple de couturiers, les Schakleboot. Leur travail a grande réputation et les oblige à fournir sans délai les clients les plus fortunés et les plus exigeants. Laissée à elle-même, Eco tente de s'occuper et s'amuse elle aussi à coudre ses propres vêtements. Hélas, la jeune Eco n'est pas très douée et ses créations ressemblent plus à des oripeaux et à des chiffons, au grand dam des parents. Un jour cependant, ils lui confie une mission d'importance : porter un coffret de 3 poupées à la famille d'un princesse d'importance. Malheureusement, la généreuse Eco préferera s'en démunir au profit d'une plus pauvre, entraînant ainsi la colère et la ruine de sa famille. Maudite par sa mère, voilà la jeune enfant forcée de quitter son doux cocon enfantin, d'autant plus que son corps murit lui aussi...

 

La collection Metamorphose est une branche très surprenante et autrement plus qualitative des éditions Soleil. Elle propose des albums audacieux qui se démarque totalement de la trame traditionnelle de la bande dessinée et sont au carrefour de l'illustration et de l'album.

De fait, ici, Eco penche même plutôt du côté des albums jeunesse par l'alliance d'illustrations et de textes joints à côté ou sur l'image elle-même.

 

Eco se présente donc sous forme de conte et plonge le lecteur dans une ambiance enchantée et onirique.

La petite fille, suite à une acte de générosité, se voit mal comprise par ses parents qui la punissent d'une malédiction et d'un rejet. Eco découvre avec douleur la violence des adultes et sa peur d'être abandonnée est palpable. Désormais, elle devra avancer seule face à l'inconnu et aux dangers qui la guettent. Seule aussi pour apréhender les changements corporels qui l'atteignent (disportion du corps, des grosseurs à la poitrine, sang qui s'écoule de son corps) et découlent, selon elle, de la malédiction maternelle.

La petite fille solitaire s'est donc construit un univers bien à elle qui ne fera que s'accentuer après le rejet de ses parents. Les amulettes magiques données par une vieille mendiante vont animer 4 petites poupées qui lui tiendront désormais compagnie et parfois lui serviront de guides.

 

Vous l'aurez compris, on navigue en plein dans l'univers de l'enfance et, bientôt, des changements de l'adolescence. Eco grandit avec douleur, renvoyée à elle-même contre son gré, effrayée de devoir quitter le monde rassurant de la sphère familiale.

L'album se révèle finalement une belle allégorie de cette période ingrate où le corps change et où il va être temps de se confronter à l'extérieur et à l'inconnu.

Les auteurs ont utilisés ici l'atmosphère des contes de bien belle manière. 

En clin d'oeil, on retrouve d'ailleurs avant chaque début de chapitre une petite citation de Jack et le haricot magique , posant ainsi la filiation narrative qui les lie.

 

Le texte de Guillaume Bianco est à la fois naïf et violent. Il n'hésite pas à asséner quelques vérités tout en conservant une certaine part de légèreté et de poésie.

Le dessin de Jérémie Almanza, quant à lui, est véritablement de toute beauté ! Collant parfaitement à cette histoire, le trait est rond, chaleureux, coloré, déroulant le fil d'un univers chamarré aux décors finement travaillés. Le tout donne un univers féérique et enchanté qu'on rêverait presque de croiser sur grand écran !

La mise en page est soignée, et alterne des illustrations pleine page avec des médaillons qui colonisent une page de texte. Les angles de vues sont d'ailleurs variés et rappellent certaines techniques photographiques.

 

Eco est donc un superbe album d'une grande richesse qui, à la manière des contes, pose subtilement de nombreuses questions, parle de la vie et de nos peurs, des êtres que nous sommes et que nous devenons à travers les années.

Un album inclassable, un conte intemporel destiné aux plus grands mais qui flirte avec la littérature jeunesse d'une manière telle que je suis un peu en peine pour vous dire s'il est lisible aussi par les plus jeunes...

 

 

 

D'autres avis :

Noukette - Sara - Jérome - Lael - Lily - Lunch et Badelel - AcrO -

 

 

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 Titre : Eco, tome 1 : la malédiction des Schakelboot

 Dessinateur : Jérémie Almanza

Scénariste : Guillaume Bianco

Editeur : Soleil, Métamorphose

Parution : Octobre 2009

    72 pages 

Prix : 14,90€


 

bd du mercredi

 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 07:00

Love-le-tigre-01.jpg"Dans le règne animal, les bêtes ne s'aiment pas, mais ne se détestent pas non plus. L'amour et la haine forment un tout. Un tout universel. Un ensemble suprême qu'on pourrait appeler le divin ou encore amour. L'amour que l'homme n'atteindra jamais".

 

Un album qui débute par cette adresse ne peut qu'être un bel hommage aux animaux. De fait, d'animaux, il ne sera que question ici.

Nous sommes dans la jungle. Un tigre se réveille et part à la recherche de son diner. Il croise un tapir qui s'abreuve au bord du fleuve et le prend en chasse. Ce dernier lui échappe in-extremis mais le tigre ne lâche pas sa proie. Pourtant c'est bientôt son tour de devoir se défendre contre un alligator et plus loin devant un couple de panthères.

La vie des animaux ne se définit pas en terme d'amour ou de haine. C'est juste la loi de la jungle. Le plus fort mange ou tue le plus faible. Le hasard parfois peut conduire à la mort.

 

Love est un surprenant album qui tient à la fois du conte et du documentaire animalier. Totalement sans paroles, il laisse la jungle et ses animaux s'épanouir au fil des pages et bientôt le lecteur est totalement immergé dans un univers où il n'a pas sa place.

A travers les déambulations, on découvre la vie de la forêt par d'habiles enchaînements qui font preuve de naturel et de fluidité : le tapir qui s'abreuve au bord du fleuve, les piranhas qui attendent le maladroit,  les escargots qui s'unissent, les singes qui narguent du haut des arbres leurs prédateurs, les paons qui se font la cour, ...

L'expérience est d'autant plus forte que l'album peut s'enorgueillir d'un magnifique dessin qui fait la part belle à la nature. Les auteurs ont su rendre avec précision les gestes et les expressions de chaque espèces animales et dénote d'une belle observation. Elle se révèle dense, foisonnante de mille détails qui enrichissent chaque case. La couleur se fait douce et déploie une jolie palette de vert, de gris et d'ocre.

On notera également la grande diveristé des angles de vue qui rappelle d'ailleurs un certain côté cinématographique à cet album.

 

Bref, Love est véritablement une réussite qui plaira aux enfants autant qu'aux adultes. Laissez-vous donc prendre par la magie et la beauté de la nature et des animaux à l'état pur !

 

D'autres avis :

Bulles et Onomatopées - Emmyne - Kactuss -Belzaran -

 

Liens :

Preview de l'album

 

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 Titre : Love, le tigre

 Dessinateur : Federico Bertolucci

Scénariste : Frédéric Brrémaud

Editeur : Ankama, Etincelle

 Parution : Mai 2011

     74 pages 

Prix : 14,90€


 

bd du mercredi

 

 

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 18:30

soupe froide 01Il neige. Un homme marche pieds nus à travers la nuit et tente de trouver un abri. Cet homme est en fait un SDF, recueilli dans un centre de convalescence. Il s'est enfui pour de bonnes ou de mauvaises raisons : l'humiliation d'une soupe froide qui le rabaisse à être comme un chien. Une humiliation supplémentaire que notre homme refuse et le pousse à fuir sans réfléchir.

 

Charles Masson, médecin, a vu de nombreux patients sans domicile.Il évoque l'origine de cet album dans la postface à travers une de ses expériences professionnelles :

" En 2000, je suivais un autre patient que j’aimais beaucoup. On établit des liens privilégiés avec certains malades et ce patient était un peu ma mascotte. C’était un clochard de Lyon : il venait toutes les semaines à ma consultation et je le faisais hospitaliser dès que les grands froids arrivaient. Un soir, au début du printemps, il a voulu quitter le service avec toutes ses affaires et nous ne sommes pas parvenus à le convaincre de rester. Il avait été vexé : une infirmière lui avait servi une soupe froide. Pour lui, m’a-t-il expliqué, c’était une insulte : c’est aux chiens que l’on sert la soupe froide."

 

Dans cet album, le médecin s'est mis dans la peau d'un patient et nous présente le parcours d'un homme qui a tout perdu. Le SDF est le narrateur qui, tout au long de l'album, va soliloquer sur sa vie, ses difficultés, ses erreurs. Il nous explique les raisons de son départ, cette soupe dont il ne veut pas. Il évoque sa vie d'avant avec sa femme, sa fille, sa façon de les décevoir. Il parle de ce cancer de la gorge qui le ronge, du médecin qui voulait lui retirer une mandibule et de son refus de se faire enlever un peu plus une part de lui-même. Il raconte la difficulté d'une vie sans toit, de l'alcool qui seul réchauffe.

Le lecteur découvre un homme àla fois en colère et résigné. Un homme qui a conscience de ses erreurs passées mais qui dénonce aussi l'injustice de ce monde, son indifférence.

 

L'auteur réussit habilement une construction qui sépare parfois narration et dessin. En effet, si le lecteur suit le chemin du clochard à travers la campagne enneigée, puis enfin la ville, ses recherches vaines d'un toit et d'une soupe chaude, le dessinateur intercale dans le récit de cet homme désesperé des séquences représentant d'autres personnages tout en leur laissant une parole réduite. On découvre ainsi l'infirmière du centre qui semble très affectée de cette escapade (se sent-elle responsable ?), les flics incapables de voir le SDF erré, les médecins pour qui son cas n'est qu'un numéro parmi d'autres, sa femme et sa fille qui ne sont trouvés un nouvel homme de confiance,...

Les images se suffisent souvent et appuient avec intelligence le monologue du errant.

 

Bien que non dessinateur à l'origine, Charles Masson propose ici un album assez fort où il redonne la parole à ceux qui sont devenus invisibles. Usant d'un trait sombre et tourmenté, il illustre bien le propos engagé qui est le sien. Il se plaît à rappeler que ces personnes avaient une vie tout comme la nôtre et que parfois de hasard en erreur, ils terminent leur vie dans le caniveau. Des gens que nous ignorons le plus souvent par habitude, par ignorance ou parce que nous ne savons tout simplement pas quoi faire pour eux.

Des gens qu'il est bon d'entendre quelque fois, histoire de nous ramener sur terre ou à notre place.

 

" Me servir une assiette de soupe froide. Elle ne se rend pas compte que ça ne se fait pas à un clochard. Connasse d’infirmière. Quand on est clochard, le seul plaisir d’une soirée, c’est souvent seulement une assiette de soupe chaude."



D'autres avis :

Yvan - Yaneck -

 

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 Titre : Soupe froide

Auteur : Charles Masson

Editeur : Casterman, Ecritures

Parution : Novembre 2003

    134 pages 

Prix : 13,50€



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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 23:30

le-serpent-d-hippocrate 01

Alain Mangeon est médecin. Mais aujourd'hui, c'est devant un jury qu'il se présente. Que s'est-il donc passé ?

Dans le cadre de ses consultations, Alain a fait la connaissance d'Isabelle qui lui fait part de ses angoisses et de ses coups de déprime. Son mari Paul est militaire et est souvent absent lors de ses missions dans le golfe. Peu à peu, au fil de ses visites, Isabelle se confie de plus en plus à Alain et lui parle de violence conjuguale dont elle est victime. Alain devient rapidement son amant et tente de soutenir la jeune femme dont il est très amoureux. Hélas, parfois l'amour rend aveugle...

 

Impossible d'en dire plus sur cet album qui mènera en bateau le lecteur et certain de ses personnages sans révéler le fin mot de l'histoire.

S'inspirant d'une histoire vraie, Fred Pontarolo a construit une intrigue qui couvre les 8 années que le couple interdit vivra ensemble.

Isabelle semble psychologiquement cassée, souffrant en silence des horreurs que lui inflige son mari. Alain, lui, est terriblement touché par sa détresse et délaisse peu à peu sa propre famille. Pourtant, on sent comme un certain malaise. En tant que médecin, Alain semble avoir une position assez statique devant ces violences. Malgré le secret professionnel, on s'attendrait à ce que son implication soit plus forte, qu'il tente de convaincre Isabelle de fuir son mari, de réagir. Son soutien restera moral et les années passant, les faits s'aggravent. 

 

Contre toute attente, il sera question dans Le serpent d'Hippocrate, de manipulation et de maladie mentale. Ce n'est que dans les toutes pages que le voile se lèvera sur une suprenante révélation. Chapitré en plusieurs parties, l'histoire trace les grandes lignes de la relation entretenue entre Alain et Isabelle. Malgré les grosses ellipses temporelles, le ton de leur relation est clairement palpable. Alain est très amoureux. Isabelle, soumise et impuissante devant son mari. On ne peut que se révolter devant la description des sévices racontés par Isabelle. Mais les choses sont bien plus complexes et les apparences parfois trompeuses.

L'auteur réussit avec succès à décortiquer tout la psychologie des personnages et de la relation qui les tient. Fait de petits détails anodins, cette histoire garde en son sein une révélation percutante qui associera notre surprise à celle de l'un des personnages. La tension s'accentue crescendo et le drame est attendu.

Après le coup de théâtre final, on pourra néanmoins regretter l'absence de quelques pages supplémentaires permettant d'affiner un peu plus les raisons de tout ceci.   

 

Visuellement, c'est un très beau dessin qui nous est offert ici. Le trait est fin, les visages anguleux et les couleurs, particulièrement réussies, restent dans des teintes douces ou passées tout en plongeant parfois dans des épisodes plus sombres, plus tourmentés. On notera aussi la présence de dessins enfantins réalisés par Dorothée Jost. Pour certaines planches, Pontarolo utilise même de très beau lavis qui donne beaucoup de profondeur.

 

Un album réussi donc qui ne pourra qu'impressionner par le retournement et la manipulation dont l'auteur fait habilement preuve à l'égard de ses lecteurs... et de ses personnages !

  

 

D'autres avis :

Mo'

 

Liens :

Blog de l'auteur

Preview

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 Titre : Le serpent d'Hippocrate

Auteur : Fred Pontarolo

Editeur : Futuropolis

Parution : Mars 2011

    56 pages 

Prix : 15€


 

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 07:00

cahiers-ukrainiens 01

 Comme l'annonce la couverture, cet album n'est pas une fiction mais un récit-témoignage. Nous avons entre les mains le résultat de 2 ans de voyage en Ukraine (en 2008-2009) que l'auteur s'applique à nous faire connaître à travers ses habitants et son histoire.

Après une douzaine de pages posant les bases d'un pays en plein marasme depuis la domination russe, Igort rentre ensuite au coeur de l'histoire Ukrainienne en rapportant et illustrant les propos de quelques habitants qui lui ont confiés leur vie.

On découvre alors avec stupéfaction le drame humain qui s'est joué depuis les années 30 et les conditions difficiles de vie, de survie même pourrait-on dire.

 

En 1932, Staline lance une opération de "dékoulakisation". Les koulaks sont des propriétaires terriens qui refusent la collectivisation. Il s'agit alors de réquisitionner toutes les réserves de céréales des paysans et par là même d'annihiler toute tentative d'indépendance du pays. Outre la terrible famine qui s'en suit, une vaste déportation dans les goulags est organisée. La population meurt littéralement de faim au point de se pervertir en mangeant chiens, chevaux et... cadavres humains. Les corps sont déterrés, les enfants abandonnés.

La conséquence de cette opération : la population passe de 5 600 000 à 149 000 personnes...

Un crime contre l'humanité dont on discute encore aujourd'hui de sa reconnaissance. Seuls 24 pays l'ont reconnu comme génocide, et la France n'en fait pas partie.

 

Vous l'aurez compris, c'est un témoignage extrêmement fort que nous livre ici Igort. Alternant les témoignages d'habitants avec des chapitres historiques qui nous détaillent avec beaucoup d'habileté la réalité de l'époque, il nous sert le portrait inhabituel d'un pays dont on ne sait finalement que peu de choses.

Chaque habitant a vu sa vie brisée d'une manière ou d'une autre par la famine, la pauvreté ou la maladie. Et leurs conditions de vie actuelles ne se sont pas vraiment améliorées. Seraphina, 80 ans, évoque l'horreur de la famine. Nicolaï, 78 ans, raconte son enfance cahotique, l'invasion allemande, ses drames sentimentaux et surtout une terrible maladie qui le laisse à moitié paralysé et rampant comme un chien pour essayer de survivre malgré sa solitude. Maria à 83 ans explique son parcours qui la mène aujourd'hui à gagner quelques kopeks en proposant aux passants de se peser sur sa balance.

L'Ukraine, après avoir été le grenier de l'Europe, est aujourd'hui un pays qui peine à se redresser malgré l'indépendance obtenue en 1991. Chômage, hausse des prix, la population peine à s'en sortir et l'ombre communiste continue toujours de peser sur le pays.

 

Igort traduit excellement son expérience dans un dessin et une mise en page audacieuse. Prenant quelque peu l'apparence d'un carnet de voyage, l'album alterne entre une narration plus classique dans des planches colorées de 5-6 cases et des pages plus libres où texte et illustration se mélangent dans un noir et blanc plus affirmé. Cette opposition reflète bien les différentes narrations. Les témoignages d'ukrainiens s'illustrent de manière plus "académique" dans des tons sépias et éteints tandis que le récit historique apporté par Igort se teinte d'un noir plus agressif qui traduit bien la violence des faits de l'époque.

 

Les cahiers ukrainiens d'Igort est vraiment une lecture forte qui ne pourra laisser aucun lecteur indifférent. Mélangeant habilement histoire et témoignage, l'auteur réussit à dresser le portrait d'un pays peu médiatisé et dont l'histoire dramatique reste à ce jour encore peu connu du grand public. C'est vraiment un album de grande qualité que l'auteur et l'éditeur ont su mettre en valeur avec une belle présentation, un beau papier qui soulignent toute la richesse graphique de son dessinateur.

 

 

D'autres avis :

Mo' - Joelle - Catherine - Théoma - Leiloona -

 

Liens :

Le site de l'auteur (en italien)

 

 

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 Titre : Les cahiers ukrainiens

Auteur : Igort

Editeur : Futuropolis

Parution : Juin 2010

    176 pages 

Prix : 22€


 

bd du mercredi

 

challenge récit de voyage

 

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 07:00

blueberry-t1-01.JPGTome 1 : Fort Navajo

 

Le lieutenant Craig vient d'être affecté à Fort Navajo. Sur sa route, il croise le lieutenant Blueberry qui se dirige également au même endroit. Si Craig parait bien sous tout rapport, respecteux des règles et féru de politesse, Blueberry, au contraire, est précédé d'une sale réputation. Amateur de whisky et joueur impénitent de poker, Blueberry est une tête brûlée qui aime s'affranchir des ordres à l'occasion.

Nous sommes en 1860, après la guerre de sécession, dans l'ouest américain et les indiens apaches viennent de faire la paix avec les blancs. Mais il suffit d'un massacre d'une famille de ranchers et la disparition de leur enfant pour attiser les tensions. Le commandant de Fort Navajo, homme modéré et réfléchi se bat avec la maladie et c'est malheureusement son major Bascom qui va le remplacer à la tête du fort.

Alors que Bascom, qui voue une véritable haine envers les indiens, se prépare à une chasse aux rouges, Craig et Blueberry enquêtent sur ces meurtres qui semblent avoir été perpétrés par des mexicains de la frontière et tentent d'éviter une véritable montée de violence de la part des indiens.

 

blueberry-t2-01.jpgTome 2 : Tonnerre à l'ouest

 

Bascom, le commandant raciste de Fort Navajo a profité d'une rencontre pacifique avec les indiens pour mieux les trahir et les emprisonner. Le chef Cochise réussit à s'enfuir et conduit une véritable attaque contre Fort Navajo. Alors que le commandant Tucson se meurt d'une morsure de serpent et que Bascom attise la guerre avec les indiens, Blueberry décide d'aller chercher un remède à Tucson. Il utilise la ruse afin de déjouer l'attention des indiens qui ne manquent pas de le poursuivre. Après avoir échappé de justesse à divers périls, aidé de Crowe, un lieutenant métis indien, il décide de partir à la recherche de Stanton, le jeune garçon disparu afin de calmer la tension entre les 2 camps.

 

 


 

 

blueberry-t3-01.jpgTome 3 : L'aigle solitaire :

 

Blueberry a réussit à arracher le jeune Stanton des mains des indiens mexicains. Croisant sur sa route une compagnie de soldats qui les conduit à Fort Quitman, Blueberry découvre que leur commandant a décidé de lever une armée contre les apaches. Bien décidé à l'arrêter, Blueberry se charge de le rejoindre en prenant la tête d'un convoi de munitions qui leur est destiné et va devoir affronter de nombreux périls sur leur route.  Dirigés par Quanah, dit Aigle solitaire, ils vont être trompé par leur guide.

 

 

 

 

 

 

blueberry-t4-01.jpegTome 4 : Le cavalier perdu :

 

Le convoi a réussi à atteindre Camp Bowie et Blueberry obtient une entrevue avec le commandant Crook qu'il réussit à convaincre de mettre fin à la guerre. Craig s' est porté volontaire pour délivrer un message de paix au président. Alors que son retour se fait attendre, Blueberry part à sa recherche. Mais Quanah qui a espionné leur conversation a capturé Craig. Blueberry réussit à libérer son ami et tente par la suite de retrouver Crowe le métis pour que ce dernier l'aide à négocier la paix avec le chef Cochise. Accompagné de MacClure, il part pour de nombreuses péripéties à travers la sierra et le Nouveau Mexique.

 

 

 

 

 

blueberry-t5-01.jpgTome 5 : La piste des navajos :

 

Blueberry, toujours accompagné de MacClure et Cowe, est toujours à la recherche du campement des apaches. Lorsqu'ils les retrouvent, ils découvrent que ces derniers attendent une cargaison d'armes des mexicains. Bien décidé à empêcher cette livraison qui nuierait à toute possibilité de paix entre les indiens et les blancs, Blueberry se lance à la poursuite des trafiquants mexicains dont il espère bien faire exploser leur cahche secrète.

 

 

 

 

 

 

 

Tout le monde connaît Blueberry, au moins de nom, et les 5 albums ci-dessus constituent le premier cycle de cette série en plein devenir à l'époque.

Comme vous pouvez le constater, je viens à cette série mythique sur un tard. J'ai plutôt découvert la BD en tant qu'adulte, il y a de ça une petite dizaine d'années et j'ai débuté mon apprentissage par les mangas puis par des albums atypiques (one-shot, éditions indépendantes...) avant de toucher aux plus grandes séries. Ce qui fait que les grandes séries de référence comme Blueberry, XIII, Largo winch me sont tout à fait étrangères. Il y a quelque temps, j'ai donc eu envie de me pencher sur mes lacunes.

Si je vous raconte tout ça, c'est qu'il m'est très difficile de juger aujourd'hui Blueberry avec l'oeil du lecteur de l'époque.

 

Blueberry est donc LA série d'aventures dans le Far-West, initié par Giraud et Charlier.

On y suit les aventures du fameux Blueberry, lieutenant fort en gueule mais toujours prêt à défendre la veuve et l'orphelin au péril de sa vie s'il le faut. Un homme donc qui n'hésite pas à désobéir et à partir seul lutter contre l'injustice ou les méchants, et qui tente à tout prix de ramener la paix dans son pays.

Car en effet, l'Histoire a ici tout son importance. Nous sommes juste après la guerre de sécession et les tensions entre indiens et blancs sont plus que latentes. Bref, il s'agit bien d'une histoire de cow-boys et d'indiens dans ses grandes largeurs.


Dans ces 5 premiers tomes, Blueberry rebondit d'aventures en aventures. Il s'agit vraiment d'un héros tout ce qu'il y a de plus classique. Il vient à bout de toutes les attaques lancées contre lui et réussit à se sortir de toutes les situations meme les plus extrêmes grace à son imagination, ses pièges ou l'intervention d'autres personnages qui tombent toujours à point nommé.

Autour de Blueberry, se bousculent toute une série de personnages, faire valoir du héros ou pivot de la narration, qui enrichissent l'histoire. En pleine guerres indiennes, nous découvrons des soldats racistes, des commandants qui cherchent à les exterminer à tout prix, des indiens violents et vengeurs qui s'accompagnent parfois de grands chefs plein de sagesse, des petites gens qui tentent de survivre au milieu de tout ça. Les insultes fusent et tout le monde semble vouloir faire couler le sang de l'ennemi.

Blueberry cherche de son coté à faire la jonction entre ces peuples ennemis et y réussit avec plus ou moins de succès. Homme bon et éclairé par excellence, il n'hésite pourtant pas à blesser ou tuer les indiens, les mexicains qui le pourchassent. Et de fait, si les blancs ont leur brebis noires, il est notable de voir que les indiens ont malgré tout le mauvais rôle ici.

Néanmoins, le scénario extrêmement dense tient tout à fait la route. Il prend place dans un contexte historique marqué qui reprend certains faits réels des guerres indiennes. Ne connaissant pas très bien cette période de l'histoire américaine, ça m'a étonnament permis d'y voir un  peu plus clair.

On notera bien évidemment les nombreux concours de circonstances ou coincidences qui permettent bien utilement à faire avancer le récit. On soulignera aussi que parfois le récit traîne un peu en longueur et que l'on fait durer le plaisir sur plusieurs tomes.

 

Du côté de dessin de Giraud, au risque de me faire lyncher, je dois bien dire qu'il m'a tout de même semblé un peu daté... ça n'est que le début de la série et les personnages sont encore assez caricaturaux. Blueberry a d'ailleurs pour modèle un Belmondo de fraîche jeunesse et peine à s'en démarquer. Le trait est classique, les couleurs ne sont franchement pas formidables avec des tons très francs, assez primaires. Et les phylactères envahissent une bonne partie des cases, l'époque étant encore à une narration très bavarde dont les informations passent souvent de manière un peu artificielle dans les dialogues. Certains voient une évolution positive du dessinateur à travers ces 5 albums que, pour ma part, je ne suis pas capable d'observer.

 

Vous l'aurez compris, affranchie de toute nostalgie et de tout culte, je n'ai pas eu de coup de coeur pour ce début de série. Si je pointe certains défauts à l'aune de mon regard d'aujourd'hui, il reste pourtant difficile de critiquer cette série majeure. Car Blueberry, malgré son petit côté un peu vintage, reste une histoire fichtrement intéressante à lire. Un vrai récit d'aventure comme on en fait encore rarement qui embarque le lecteur dans les péripéties de notre lieutenant tout en donnant à son histoire un contexte historique enrichissant.

 

 

 

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Titre : Blueberry

Tome 1 : Fort Navajo

Tome 2 : Tonnerre à l'ouest

Tome 3 : aigle solitaire

Tome 4 :Le cavalier perdu

Tome 5 : La piste des navajos


Scénariste : Jean-Michel Charlier

Dessinateur : Jean Giraud

Editeur : Dargaud

Parution, 1ères éditions : 1965 / 1966 / 1967 / 1968 / 1969

   46 pages 

Prix : 11,55€




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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 07:00

Histoire de France en BD tome 1 01

Vous connaissez tous la célèbre collection jaune et noir pour les nuls. L'éditeur se lance désormais dans la réalisation de BD. S'appuyant sur l'ouvrage L'histoire de France pour les nuls, il propose désormais une version dessinée adapté du titre en question.

Prévue en une douzaine de volumes, la série débute avec un premier tome consacré aux gaulois.

 

Depuis les premiers hommes préhistoriques évoqués en quelques cases jusqu'à la mort de Clovis et le partage de son royaume entre ses fils en 511, l'album va retracer les grandes lignes de cette période charnière qui va être le point de départ de l'histoire de la France avec "nos ancêtres les gaulois" ! 

 

L'album se présente tout d'abord dans un format BD et non de la forme un peu carrée auquel l'éditeur nous avait habitué : une couverture cartonné, une cinquantaine de pages, papier glacé et bonus texte à la fin.

Toute la difficulté est, bien évidemment, de raconter plus de 1000 ans d'histoire en un format si court.

Les auteurs ont fait le choix de raconter les grands moments historiques en une succession de scènes représentatives : migrations de population, guerres entre les peuples, sièges, ...

On découvre ainsi le quotidien gaulois, sa barbarie mais aussi son savoir, sa lutte contre les romains, ... 

 On y voit apparaître Jules César, Vercingétorix, Attila et Clovis.

La narration se fait en voix off et accompagne les dialogues des personnages. Dans les phylactères, de nombreuses informations sont données : dates à retenir, étymologie, informations contextuelles. Quelques cartes ponctuent la narration et détaille l'évolution de la répartition géographique des peuples de la future France.

Au niveau du dessin, la charte graphique est très classique. Un dessin qui ne m'enthousiasme pas particulièrement mais qui a le mérite de rendre de manière réaliste les éléments historiques. Les décors et paysages sont travaillés de manière à rendre le plus possible l'atmosphère de l'époque.

A la fin de l'ouvrage, se retrouve une section uniquement écrite ("la partie des dix") qui aborde 10 thématiques variées au sujet des gaulois (nourriture, saints, etymologie gauloise, ...) puis 10 évènements de l'époque mais prenant place dans le reste du monde.

 

Histoire-de-France-en-BD-tome-1-02.jpgCet album fort didactique n'a bien sûr pas la prétention d'être exhaustif sur le sujet. Le degré d'informations reste très basique, certaines paraissant même quelque peu anecdotiques. De nombreuses ellipses temporelles limitent parfois les liens ou l'enchaînement entre les scènes et perturbent un peu la lecture.

Le format restreint d'une cinquantaine de page est une limite fort compréhensible mais on peut tout de même regretter un certains manque d'ambition malgré un projet de nombreux volumes étalés sur plusieurs années. 

Je me souviens vaguement d'une autre histoire de France en Bd qui (de mémoire défaillante) me semblait plus complète et plus riche avec ses 150 pages.

Malgré tout l'album proposé par la collection Pour les nuls n'en reste pas moins une première approche intéressante qui permet  de mettre un premier pied de façon ludique et non rébarbative dans une période de l'histoire que nous avons bien souvent oublié. Pour ma part, il a réactivé bon nombre de souvenirs scolaires et m'a fait me rendre compte que que ma connaissance s'était bien appauvrie avec les années !

 

Vous êtes curieux et intrigué, j'en suis sure, par cette nouvelle branche BD que la collection nous propose.

Aussi, je vous donne RDV ici pour gagner un exemplaire de cet album et le découvrir sans bourse délier !

 

 

D'autres avis :

Mango - Mo' - Leiloona -

 

 

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  Titre : L'histoire de France pour les nuls, en BD - Tome 1 : les gaulois

Scénariste : Laurent Queyssi

Dessinateur : Gabriele Parma 

Editeur : First, Pour les nuls

Parution : Octobre 2011

   57 pages 

Prix : 11,90€


 

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 07:00

cabinet chinois 01Nous sommes en Hollande, au 16ème siècle. Corneel est un étudiant en médecine qui suit des cours académiques et fort inutiles à son goût. Ne supportant plus ce simulacre d'enseignement, il va désormais travailler pour un mystérieux laboratoire secret et abandonner sa fiancée Magriete. Mais cette dernière est bientôt kidnappé par un riche commerçant qui va la séquestrer à "Verzegeldhuis" afin de mieux pouvoir admirer sa beauté, si proche de celle de son ancienne amante chinoise perdue. Dans cette étrange maison, Magriete va découvrir un petit cabinet chinois dont les murs peints s'animent bientôt à ses seuls yeux.

 

Nous pénétrons ici dans une ambiance toute particulière, entre une Hollande renaissance et traditionnelle et une Chine exotique et fantastique, tout en passant par les mystères de l'Alchimie !

Corneel est enfermé dans un laboratoire dont il ne sort jamais et s'épuise à rechercher, au point d'en devenir obsédé. Egoiste, il oublie vite sa dulcinée pour mieux aspirer à cette modernité et ce futur grandiose qu'il appelle tant mais qui lui sera fatal.

son employeur, au contraire, veut replonger dans un passé qu'il veut éternel et oublie de profiter du présent.

Et la jeune Magriete, elle, fait face à un séquestreur au visage repoussant et préfère se réfugier dans le fameux cabinet chinois où les ombres et personnages des tentures semblent lui révéler le vrai visage des uns et des autres.

 

Voilà une jolie histoire qui tire sur le conte ! On retrouve ici peut-être l'histoire d'amour entre la belle et la bête et surtout un petit côté magique ou fantastique qui surprend dans cette Hollande traditionnelle. Entre passé, futur et présent, les personnages tentent de se positionner et évoluent sensiblement au fur et à mesure du récit. Les sentiments de Magriete évoluent vers quelque chose de positif et son aura atteint également ceux qui la cotoient.


Il s'agit ici du premier album de l'auteur et aussi le premier que je lis d'elle. Le dessin en noir et blanc de Nancy Peña est très original. Il est rond et doux, mais aussi sec et violent à la fois. Certaines textures ou les ombres sont constituées de longs traits hachurés qui donnent un côté plus sombre et peu nuancé. Les décors chinois du cabinet sont très intéressants et on pourra même regretter l'absence d'une couleur qui réhausserait le tout et animerait un peu plus le sujet.

 

Le cabinet chinois est ainsi une belle introduction à l'univers de Nancy Peña, qui mélange poésie et fantasmagorie avec beaucoup d'aisance. Un album pas encore complètement abouti mais qui semble contenir toutes les qualités que l'on retrouvera dans ses albums suivants. A découvrir !

 

 

D'autres avis :

Mo' -

 

 

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Titre : Le cabinet chinois

Auteur : Nancy Peña

Editeur : La boite à Bulles

Parution : Octobre 2003

   96 pages 

Prix : 12,50€


 

bd du mercredi

 

Women bd

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 07:00

cent-mille-journees-livre-1-01.jpgLouis est un petit garçon de 8 ans, d'origine asiatique. Il vit seul dans une banlieue normande en compagnie de sa mère et ignore qui est son père. Malgré les nombreuses questions sur ses origines, sa mère refuse de lui répondre. Louis, que sa différence de peau éloigne de ses camarades peu tolérants, est un solitaire. Aussi c'est l'oiseau que lui a confié sa mère, fort absente à cause de son métier d'infirmière, pour tromper son ennui qui lui sert de confident. L'animal silencieux, réceptacle de ses peurs, de ses questions et bientôt de ses folles suppositions sur son paternel, devient dès lors, même à travers sa mort, un compagnon mystérieux au pouvoir intriguant qui détiendrait la vérité cachée.

 

Voilà un très bel album qui se penche sur les secrets de famille et surtout sur le rapport filial d'un enfant à son père.

L'album s'inpire d'une partie de l'histoire familiale de la scénariste Loo Hui Phang. Découvrant sur un tard la disparition et par là-même l'existence d'un oncle, de tantes et de cousins qui subirent le régime sanglant des Khmers rouges, l'auteur revient de manière détournée sur ce sujet.

L'album raconte l'enfance de ce petit garçon qui grandit sans père. Mais au-delà du manque, c'est surtout l'ignorance qui blesse avant tout Louis. Démuni devant ses camarades de classe qui se moque de lui ( et le prennent pour le fils de Bruce Lee), démuni devant sa mère qui évite à tout prix le sujet et semble très affectée à tout évocation, Louis n'a d'autres choix que de s'inventer un père. Il l'imagine héros et construit des histoires à travers une photo qu'il a trouvé. Bientôt, l'arrivée d'amis cambodgiens bouleverse un peu plus la famille. Alors que le racisme ordinaire s'accentue un peu plus dans la population, Louis découvre des bribes du passé de sa mère, sa vie au Cambodge avant qu'il naisse, sa capacité à parler la langue khmer et même des traces de son père qui serait prisonnier au pays. Le voile qui se lève peu à peu sur les origines de Louis ne manquera pas de s'épanouir pleinement dans un deuxième tome attendu.

 

Cent mille journée de prières, c'est le parcours d"un enfant à la recherche de ses origines, de sa vérité et de sa propre identité. Qui est-il ? D'où vient-il ? Son père est-il un héros ou un criminel ? Un chemin qu'il parcourt seul aidé par son oiseau fantôme et des indices semés ça et là par des adultes incapables de faire face à leur détresse, trop empêtrés dans leur propre souffrance. Le récit est extrêmement poignant et on ne peut rester insensible face à ce petit garçon qui souffre en silence et tente de grandir et de se constuire sur une absence et des secrets qui ne lui sont pas accessibles.

 

Le dessin de Sterckerman est dépouillé et s'épanouit dans un noir et blanc qui renforce l'aspect intimiste du récit. Le dessinateur réussit à transcrire en quelques traits l'angoisse du petit garçon et développe avec succès une partie plus onirique liée à l'oiseau.

 

Voilà donc un album très fort qui fait la part belle aux sentiments et à la souffrance d'un enfant quelque perdu sans tomber dans un pathos voyeuriste. Les auteurs montrent avec beaucoup de pudeur l'importance des relations filiales et la vérité sur les origines qui aident chacun à se construire personnellement, d'autant plus lorsque l'on est un enfant "différent" qui peine à s'identifier physiquement à ses proches. Un album sensible donc qui semble se diriger un peu plus dans le deuxième opus vers l'histoire dramatique du Cambodge et ses millions de disparus et de prisonniers. On attend la suite !

 

 

D'autres avis :

Mo' -

 

Liens :

Premières pages à lire

Blog de Michaël Sterckeman qui termine le tome 2


 

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Titre : Cent mille journées de prière, Livre 1

Scénariste : Loo Hui Phang

Dessinateur : Michaël Sterckeman

Editeur : Futuropolis

Parution : Mai 2011

  120 pages 

Prix : 20€


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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
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