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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 23:00

 

 

dunkerque-1.jpg

Auteur : Victor Hugo

 Editeur : Mona Lisait

Date de parution : Décembre 2001
Prix : 3,90 Euros

 ISBN : 2-912100-12-7

 

 

 

Note : 3 / 5

 

 

 

 

 

 


 

 

Alors que je cherchais un petit classique à lire vite fait pour honorer de façon express le challenge de Marie L., je suis tombé sur ce mini livre.

Impossible de trouver une trace de ce livret sur internet mais il semblerait que ce soit la librairie parisienne Mona Lisait qui ait publié cet opus. Ce dernier contient tout simplement 4 lettres de Victor Hugo, adressé à sa femme Adèle. Ce récit épistolaire a été extrait de l'ouvrage "France et Belgique, Alpes et pyrénnées, voyages et excursions" publié par la Librairie Hetzel et Cie à Paris en 1892.

 

dunkerque-2.jpgLettre de Hugo à sa femme avec dessin du beffroi de Mons

 

 

Les Dunes :


Après avoir passé 17 jours en Belgique, Hugo est de retour en France, à Dunkerque. Il raconte son périple quelque peu rocambolesque au départ de Gand. Le cabriolet dans lequel il voyage nécessitant des réparations, hugo cherche une place à bord d'une diligence. La diligence est complète, occupée "par six derrières flamands des mieux conditionnés".  On lui suggère de prendre une chaise de poste mais la route n'est pas achevée. Résultat, voilà notre poète qui case son bagage dans la diligence ( " la grande dame indéfrisable a dû se résigner, avec une rougeur oudique, à avoir des chemises d'hommes entre les jambes") et part faire les 7 lieus à pied pour atteindre Dunkerque. Traversant les dunes, il s'extasie sur leur paysage. Il y rapporte les conversations entendues dans un cabaret et se languit de la longue attente pour récupérer les lettres d'Adèle à la poste.


dunkerque-3.jpg

Lettre de Hugo à sa femme avec dessin de la Place de Gand

 

 


Calais- Boulogne :


Victor Hugo continue de rapporter son périple à sa famille. Il évoque la médiocrité de Gravelines, l'amusant beffroi de Calais, son charmant trajet et son arrivée à Boulogne, sa côte merveilleuse. On s'étonnera de l'entendre critiquer la bière belge qui a "un arrière-goût odieux" au profit de la française, et leur vin qui "sent la violette".


Etaples:

 

Préférant les petits ports, Hugo part à Etaples. La route " est un enchantement perpétuel". Il poursuit son voyage par Montreuil-sur-Mer, Crécy et Bernay.il nous régale d'anecdoctes diverses. Le Tréport, Le Crotoy, Abbeville auront égalemment l'honneur de sa visite.


La lecture de ces quelques extraits de correspondance tenant sur 30/40 pages a été très intéressante !

Elle me rappelle la prose et la poésie de ce grand auteur que j'ai assez peu lu finalement. A travers la description de son "voyage", Hugo n'oublie pourtant pas sa famille et on assiste à de jolis envolées d'amour pour Adèle et ses enfants. On découvrira aussi que l'auteur ne manque pas d'humour et n'hésite pas à critiquer les belges et leur moeurs !

Bref, ce fut un interlude très plaisant !

 

 

 

j-aime-les-classiques.jpg



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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 00:10

 

mademoiselle chambon 1


Auteur : Eric Holder
Editions :
 Flammarion - 1996 - 16€
J'ai Lu - 2001 - 4,20€
GF, étonnants classiques - 2008 - 3,50€



Note :  2 / 5










Trouvé complètement par hasard pour 1€ chez un bouquiniste, je me suis laissée tentée par ce roman à cause de l'adaptation ciné qui est sortie il y a peu et qui me tentait beaucoup.  Voilà donc une bonne occasion de commencer mon challenge Lunettes noires pour pages blanches !

Jean est maçon et vit une routine sans heurts avec Anne-Marie, sa femme et leur petit garçon Kevin. Son quotidien s'épanouit autour des chantiers où il travaille, des visites intempestives de son patron et de leur maison à Montmirail, petite ville où tout le monde se connait mais où plus personne n'échange.

"Il faut avoir grandi, puis vivre dans le même bourg de la province profonde pour épouver le poids de l'enlisement, les grandes espérances ramenées aux proportions d'un compte bancaire, l'ennui auquel on n'échappe plus que par d'infimes détails : un magasin qui ouvre, la fermeture d'un ancien, le vote, au conseil municipal, d'une nouvelle fontaine. "

C'est la rencontre avec la maitresse de son fils qui va servir d'électro-choc. Antonio va chercher Kevin pour la première fois à l'école. Mademoiselle Chambon bouleverse notre maçon et elle-même aura le coeur qui s'emballe. Chacun va essayer d'établir un rapprochement de façon innocente : Antonio va prendre l'habitude d'aller chercher son fils, Mademoiselle Chambon lui demandera de changer une fenêtre.
Personne ne parle de ce qu'il ressent et les deux personnages en resteront là, avec leur sentiments.
Iront-ils alors au bout de leur attraction mutuelle ?

 Ce roman prometteur m'a finalement pas mal déçue...
Très marquée par les quelques extraits du film où le couple semble sublime, tout en retenue et en pudeur, j'ai trouvé ce roman très froid et très distancié. Je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages et je n'ai pas ressenti du tout l'intensité de leurs sentiments. Au contraire des auteurs asiatiques ( exemple pris complètement au hasard  ) qui savent montrer les non-dits et la force des sentiments à petites touches, on retrouve ici un style complètement plat (excepté quelques passages) qui n'est pas capable de traduire l'amour que se porte les deux personnages. Au point que je me suis même posé la question, si c'était vraiment de l'amour ou un prétexte pour fuir le quotidien...
Car c'est bien de fuite qu'il est question ici. Tel le champ de blé qu'ils contemplent à la fin du roman, leur amour a muri et prêt à être "récolté". Pourtant chacun se dérobera devant leur attirance pour mieux se conformer à ce qu'on attend d'eux. Plus que l'histoire d'un amour impossible, j'y ai surtout vu de la lacheté et du conformisme chez deux êtres qui préfèrent choisir la fuite donc et le désespoir de leur petite vie étriquée.

mademoiselle-chambon-3.jpgLe Crotoy


On y trouve cependant quelques beaux passages, comme la scène des champs de blé ou celle où Antonio part au Crotoy et cherche des traces de la présence de Mademoiselle Chambon alors que cette dernière a décidé de ne pas y partir pour mieux trainer du côté de la maison d'Antonio. Constat amer de deux personnages qui se croisent et ne sont pas destinés à se retrouver.

Je dois dire que j'ai très hâte maintenant de voir le film en question et j'espère qu'il sera à la hauteur de mes attentes en me faisant ressentir toute la force de cet amour impossible que j'attendais.

mademoiselle-chambon-2.jpg
L'adaptation ciné :

Je viens de visionner à l'instant même le très beau film de Stéphane Brizé et je m'empresse de rédiger la suite de mon billet !

Et bien, je dois dire que j'y ai trouvé dans cette adaptation tout ce qui faisait défaut dans le roman.
L'histoire avance par petites touches, de façon très lente et laisse ainsi les sentiments grandir peu à peu. La narration est plus fluide, les choses se font de façon beaucoup plus naturelle.
Ici, on ne pénètrera pas dans les pensées des 2 personnages et l'essentiel ne sera exprimé qu'au travers des gestes et des regards. Peu de dialogues et c'est tant mieux. Certains sentiments se passent de commentaires. Peu de musique aussi : un minimum d'effets pour plus de force encore dans les moments essentiels.
Le réalisateur a fait le choix d'ajouter des scènes (dont je ne dirais rien pour ne pas vous gacher le plaisir !) et d'en enlever d'autres. Pas d'ami à qui confier ses penchants affectifs, pas de patron perturbateur, pas de vacances au Crotoy.

Au final, paradoxalement, le film m'a paru beaucoup plus dense que le roman alors qu'habituellement on attend plutôt le contraire ! Les acteurs sont remarquables de justesse et de retenue.
Surtout, je n'ai pas retrouvé le sentiment de lacheté qui imprégnait le roman. On ressent beaucoup plus le côté amour impossible et je dois dire que j'ai versé ma petite larme !
Inutile de vous dire que tout ça m'a rappelé le côté minimaliste de certains films asiatiques...
Bref, le réalisateur a réussi le pari de filmer une histoire d'amour pudique faite de silence, sans tomber dans le côté larmoyant. Je vous le conseille très chaudement donc !
(et oubliez le roman qui, au final, n'a que peu d'intérêt...)

mademoiselle-chambon-5.JPG


Ce billet vous a été gracieusement présenté pour le challenge Lunettes noires pour pages blanches !
challenge litt et cinema
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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 23:57

vie d'une autre 1

Auteur : Frédérique Deghelt

Editeur :
Actes Sud - Janvier 2007 - 21€
Actes sud, Babel - Juin 2008 - 8,50€
Livre de Poche - Janvier 2010 - 6,50€




Note
: 5 / 5







Marie est une jeune femme de 25 ans. Alors qu'elle fête son embauche avec des amis dans un restaurant, elle y rencontre le beau Pablo. Ces deux-là se plaisent tout de suite et finiront la nuit ensemble. Au matin, Marie le retrouve à ses côtés. Il lui parle de leur première nuit d'amour il y a 12 ans, de leurs enfants. Mais de quoi parle-t'il ?! Tout d'abord abasourdie, elle finit par comprendre que 12 ans de sa vie se sont envolés de sa mémoire. Oubliés le mariage, sa vie de couple, ses grossesses et ses 3 enfants !
Cachant son amnésie à ses proches et surtout à son mari, Marie va se lancer à corps perdu dans la recherche de la femme qu'elle était, pour le meilleur mais aussi pour le pire.

Nous allons découvrir son passé petit à petit, au fur et à mesure des découvertes de l'héroine : le couple idéal qu'elle forme avec Pablo et que ses copines lui envient, un job passionnant, des enfants charmants et aimants. Marie découvre et réapprend les gestes du quotidien. Elle découvre son rôle de mère et les responsabilités qui en découlent. Son amour pour Pablo est naissant. Son regard est celle d'une jeune femme de 25 ans sur la vie d'une autre qu'elle. Puis, on sent que des éléments manquent, que certaines choses perturbantes se sont passées. Son mari lui parle d'un pacte, elle a quitté son emploi de son propre chef, ...
Les failles qu'elle va découvrir sont bouleversantes et je n'en dirai pas plus.

Je dois dire que j'ai adoré ce roman ! Je me suis parfaitement identifiée au personnage de Marie. Comment réagirais-je si, demain, moi célibataire, je me réveillais au sein d'une famille ? Je serais aussi perturbée qu'elle, si ce n'est plus !

C'est un roman qui pose de nombreuses questions. La mémoire est ce qui nous constitue. Sommes nous une autre personne si nous oublions notre passé ? Etre mère s'apprend-t'il ou est-ce inné ? Pouvons-nous avoir assez de recul pour voir les choses pour la première fois ?
Ce qui m'a impressionnée, c'est le fait que Marie a le pouvoir de voir sa vie de façon "innocente", avec une approche extérieure. Sommes-nous capable d'avoir autant de recul sur nos vies pour en pointer les défauts, les regrets ? Sommes-nous capable de constater que nous sommes devenus celui ou celle que l'on ne voulait pas être, et plus encore, d'avoir la volonté de changer ? Son amnésie est à la fois une chance d'avoir un regard neuf sur les choses et une perte du passé qui nous constitue tous. Marie aborde son couple avec l'envie du début. Son couple est établi et son mari s'étonne de la fraicheur de son amour. Mais n'est-ce pas ainsi que nous devrions continuer de vivre nos couples. Peut-on éviter de tomber dans la routine et le quotidien ?
"La vie d'une autre" est aussi un éloge du pardon. Pouvons-nous continuer à avancer malgré nos erreurs ? à faire table rase du passé pour prendre un nouveau départ ?

Le texte est très beau et se révèle une introspection très touchante qui ne tombe pas dans le mièvre. Les pensées de Marie et les dialogues se mélangent parfois, sans prévenir. Déroutant au début, j'ai très vite compris la gymnastique. De Pablo, de ses sentiments, on ne saura pas grand chose finalement, juste ce qu'il partage avec Marie. C'est le roman de Marie, sorte de journal de bord de son avancée dans la mémoire et la vie.
La tension monte jusqu'à la fin qui n'offrira pas de happy end car rien n'est jamais tout noir ou tout blanc dans le monde réel.

Mon seul bémol se situera au niveau de la réaction des rares personnes au courant de l'amnésie. Je les ai trouvés fort peu bouleversés par cette annonce et quelque peu "absentes" . On aurait attendu plus de surprise et de soutien. De même, l'anecdocte finale de l'esthéticienne me parait bien trop fortuite pour etre crédible.

J'ai lu ce roman d'une traite, sans m'arrêter. J'ai été complètement bouleversée. C'est venu des tripes, de mon passé ou de mon petit coeur sensible. Vous êtes peu nombreuses à avoir eu le même coup de coeur que moi et je le regrette... Pour moi, ce fut une lecture très personnelle qui m'a beaucoup parlé.
J'en ai même oublié de noter des extraits...

En voici quelques uns, piochés ici et là :

  " On dit toujours que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, mais on devrait ajouter que ce qui nous mine quotidiennement fini par nous tuer ! "


  " La mélancolie et la tristesse sont déjà le commencement du doute ; le doute est le commencement du désespoir ; le désespoir est le commencement arrêté des différents degrés de la méchanceté. "


" Le chagrin est une blessure qui demande à saigner pour pouvoir guérir."


"
Tout, plutôt que le non-être, le non-recevoir, le non-dit, le non. Tout plutôt que l'anonymat soudain de deux personnes qui se côtoient et ne savent plus rien de l'autre que ses soucis quotidiens, ses rythmes intestinaux. "


L'avis de Cynthia avec qui c'était une lecture commune quelque peu retardée !, de Manu, Mango, Celsmoon, Liliba, ...


Je remercie mille fois Babelio et Le Livre de poche pour cette lecture si bouleversante !

masse-critique.jpg




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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 00:30

manhattan

Des taches sur un bras formant une sorte de plan de Manhattan, une insensibilité de la peau, une radio et soudain, un diagnostic qui tombe : des taches blanches dans le cerveau.
Pour l'héroine du roman, la seule décision à prendre est celle de partir. Partir loin de son mari, de ses enfants pour leur épargner la lente déchéance. Elle va tout quitter sans rien dire, sans se retourner, fuyant son foyer et la vie parfaite qu'elle s'y était construite. Seul le chien l'accompagnera.
Elle décide de partir à l'étranger, et puis non, renonce, abandonnant le chien à l'aéroport. Elle comprend qu'elle lui reste une chose à faire : écrire à sa mère, se libérer d'un secret qui la ronge depuis tant d'années. Alors elle s'enferme et lui écrit.

Les critiques sont unanimement positives sur ce roman mais si je me suis laissée prendre par le début de l'histoire, je suis vite restée sur le bord de la route...
Cette femme, malade, dont on ignore vraiment si elle va en mourir, fait montre d'une froideur et presque d'un égoisme qui m'a empêchée toute empathie avec le personnage. Elle abandonne sa famille sans un mot, sans un regret. Quand elle en parle, elle ne montre aucune affection, comme si tout ça était juste une commodité auquelle elle s'est prêtée sans rechigner mais sans sentiments. Le chien, lui-même, sera trahi un peu plus loin. Son seul souci finalement, c'est de soulager sa concience, sans réfléchir à la souffrance des autres. Le fameux secret m'a, pour ma part, fortement déroutée.
Difficile d'en parler sans spoiler mais je m'attendais à quelque chose de plus "fort", de plus "horrible". Non pas que je minime les faits mais je ne comprends pas vraiment en quoi ça peut bouleverser une vie au point de jouer une comédie auprès de sa famille, au point de taire les faits. Certains me trouveront peut-être insensible mais tant pis, je suis vraiment restée complètement extérieure à cette histoire.

A côté de çà, j'ai beaucoup appréciée l'écriture de l'auteur. Pas d'excès de sensiblerie, pas de pathos qui aurait plombé le récit déjà pas bien gai. Je regrette juste cette froideur dans les sentiments du personnage, froideur qui forcément se ressent dans le style qui ne laisse éclater aucune concession sur le plan des émotions. La fin, innatendue, laisse une impression forte mais insuffisante pour que je m'attache à ce personnage qui, jusqu'au bout, n'aura pas le courage d'affronter son passé, ni la force de se battre. Pourquoi une lettre alors qu'elle pourrait en parler directement avec sa mère ?

Bref, je suis donc passée complètement à côté de ce petit roman, auprès duquel j'espérais tant pourtant... et que j'oublierais surement très vite...
Mais je ne manquerais pas tout de même de suivre les futurs textes de l'auteur.



Note : 2 / 5



Les avis positifs de Cynthia que je remercie pour son prêt,  Lily, Antigone, Leiloona, Cathulu, George, Nanne, Kathel, ... et celui d'Amanda qui l'est beaucoup moins et que je rejoins complètement.



Editions Arléa - 13€

 

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 13:20

poissons adultere



Valérie vient de rater son bus. Elle sait qu'elle va être en retard à son travail et devoir supporter l'enguelade de son patron. A travers ce bus qui s'en va, c'est toute la lourdeur d'une vie pesante auquelle elle veut soudain mettre fin. Valérie est une femme de 40 ans, caissière, qui a consacré sa vie à sa famille. Son mari ne la regarde plus et se moque même de la tentative de relooking que ses copines lui ont offerte pour son anniversaire. Ses relations avec sa fille sont devenues conflictuelles.
Alors Valérie s'en va. Sans bagages. Elle prend un peu au hasard un train en partance de Toulouse où une vague cousine est susceptible de l'accueillir. Son départ va être l'occasion de réveiller la femme qui est en elle. Peu à peu, elle va reprendre de l'assurance, à travers le regard flatteur des hommes. Elle se rebaptise Julia, en hommage à l'actrice de "Pretty Woman". Le trajet va être l'occasion de se réapproprier la liberté qu'elle avait perdue. Dans son compartiment, elle fera connaissance avec Colette, une vieille dame dont le coeur balance entre 2 hommes ; ainsi que deux amis chercheurs qui partent à un colloque, accompagnés de leurs femmes. Vincent, l'un des deux, ne semble pas indifférent au charme de  Julia.
Julia saura-t'elle se libérer des chaines qui la contraignent depuis tant d'années ?

Le roman commençait sous de bons augures. Une femme, absolument pas épanouie dans sa vie, décide de tout plaquer pour vivre enfin. Valérie est bien à plaindre en effet. On peut dire qu'elle a une vie de merde. Ses relations avec son mari sont loin de tout amour et de toute affection et on est ravie que cette femme délaissée prenne enfin le taureau par les cornes pour sortir de l'ornière où elle est tombée.
Julia est la narratrice et nous partageons avec bonheur ses pensées et son envie de renouveau.
Puis peu à peu, le point de vue alterne. On entre dans la tête des voisins de compartiment, du controleur de train. Intéressant certes, mais ça éparpille quelque peu l'intrigue qui n'est plus aussi centrée sur Julia.
J'aurais préféré un narrateur omniscient, plutot que de passer d'un point de vue à un autre ou resté plonger dans l'esprit de Julia qui est très attachante.
Puis le récit tombe peu à peu dans le surréaliste : le controleur décide de ne plus controler et raconte sa vie dans les hauts-parleurs, un groupe de chroristes improvisent un concert où tout le monde vient danser, un sourd-muet rate son arret et le train s'arrête un peu plus loin, exprès pour lui, ....
Là je dois dire que je n'ai pas du tout adhéré à cette folie désordonnée et pas désagréable malgré tout.
J'attendais un récit plus concentré sur l'aspect dramatique de cette vie qui se termine ou qui commence un nouvel épisode. J'ai aimé le côté romantique d'un amour naissant dans un train, genre un inconnu vous offre des fleurs ! (c'est mon côté bluette qui ressort lol) mais j'y trouvé aussi le cliché des comédies romantiques qu'on peut voir à la télévision. Je ne serais d'ailleurs pas étonné que le roman soit adapté au cinéma.

Bref, un avis très mitigé pour ce roman que je ne saurais dire avoir aimé sans pour autant le détester.
Julia est un personnage très attachant avec sa démarche courageuse qu'on a tous peut-être rêvé de faire un jour mais l'intrigue est quelque peu convenue et se perd dans une folie un peu débridée fort mal à-propos

Extrait :


" Le vrai se dévoile presque par hasard. A notre insu. Nous n'avons de cesse, dans l'amour comme dans tout le reste, que de nous créer des habitudes. Notre existence ne repose que sur une chose : la répétition. Le don juan, le globe-trotteur ou même l'érudit cherchent chacun à apprivoiser le désir. Mais, au fond de nous, nous le savons, à la fin, nous ne garderons en mémoire que la première fois, cette première fois où, avec l'unique secours de notre imagination, nous nous sommes jetés à l'eau.
"



Note : 2,5 / 5


Les avis de Cathulu, Amanda, Manu, Soukee, ...


Editions JC Lattès - 18€

Je remercie Livraddict et les editions Lattès pour leur envoi !



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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 23:50

lion 1


" Il me semblait que j'avais retrouvé un paradis rêvé ou connu par moi en des âges dont j'avais perdu la mémoire. Et j'en touchais le seuil. Et ne pouvais le franchir.
De rencontre en rencontre, de désir en désir frustré, le besoin était venu - sans doute puéril, mais toujours plus exigeant - de me voir admis dans l'innocence et la fraicheur des premiers temps du monde. "


Ainsi parle le narrateur, voyageur au long cours qui a décidé cette fois-ci de s'arrêter au Kenya pour toucher du doigt la faune, libre et innaccessible qui le fascine.
Dès les premières pages, nous voici donc plongés dans la poussière et la chaleur de l'Afrique qui abrite en son sein des territoires presque vierge de l'influence humaine.
Son premier réveil est déjà une révélation :

" Je ne m'appartenais plus. Je me sentais appelé par les bêtes vers un bonheur qui précédait le temps de l'homme. "

lion-2.jpg

Alors qu'il s'apprête à suivre ses instincts du début des temps et à s'approcher des bêtes au mépris de toute prudence, il est arrêté par une petite fille, Patricia, fille de John Bullit, l'administrateur du parc.
Elle semble posséder un certain pouvoir sur les animaux qu'elle comprend et qui la comprennent, et plus particulièrement sur King, un lion sauvage que sa famille a sauvé et élevé.
Dès lors, nous allons suivre le narrateur sur les traces de Patricia et de son étrange relation fusionnelle avec le roi des animaux et découvrir sa famille.
Alors que la petite fille préfère passer tout son temps dans la brousse, son père oublie son passé de chasseur en gérant "sa" réserve avec toute la protection possible envers les animaux et en surveillant les conflits avec les Massaïs. Sybil, la mère, préfère quant à elle s'enfermer dans sa villa : la brousse et King lui inspire désormais une peur panique et elle cherche à tout prix à en éloigner sa fille.
Le narrateur suivra les conflits familiaux de cette famille malgré tout aimante et ne pourra qu'être spectateur du drame qui se profilera au fur et à mesure.


lion-3.jpgLe roman est tout d'abord une formidable plongée dans la vie africaine et plus particulièrement kenyane. L'intrigue se passe au pied du Kilimandjaro et on ne pourra que s'émerveiller devant de très belles descriptions de la savane et des animaux. On y découvrira ses habitants, les massaïs et les autres tribus, leurs moeurs, leur fierté, leurs fêtes. Bref c'est une véritable ode à l'Afrique et à sa vie sauvage.

L'Afrique, certes, mais l'Afrique coloniale surtout. Les blancs restent ceux qui ont le pouvoir et dirigent. Les postes de chauffeurs et de serviteurs leur sont réservés. La famille Bullit et le narrateur les respectent pourtant, connaissent leurs traditions et leurs qualités, participent à leur vie communautaire mais une certaine condesdence point malgré tout.

"Les Masaïs ne vendent et n'achètent rien. Ils ont beau être noirs, il y a du seigneur en eux."


        Jeune guerrier morane

"Les noirs ne souffrent pas d'être laids. Et chez eux, les chasseurs sont fiers des marques de la chasse"


Le roman tournera pourtant autour de la relation très particulière de Patricia avec King. Faite de complicité, d'amour et de fidélité, elle est fascinante par son caractère irréel et presque impossible.

" King lécha le visage de Patricia et me tendit son mufle que je grattai entre les yeux. Le plus étroit, le plus effilé me sembla, plus que jamais, cligner amicalement. Puis le lion s'étendit sur un flanc et souleva une de ses pattes de devant afin que la petite fille prît contre lui sa place accoutumée. "

Comme le narrateur qui n'arrive pas à se détacher de la vision de cette petite fille qui parle aux animaux d'une manière quasi magique, les massaïs pensent que le père de Patricia est un lion. Oriounga, un jeune guerrier morane s'interessera plus particulièrement à elle et servira de déclencheur du drame.

lion-4.jpg
Patricia fait la loi dans la réserve et fait plier tout le monde a ses quatre volontés, son père le premier. Elle semble avoir une dizaine d'années mais fait preuve d'une maturité rare et presque peu crédible par ses remarques et son analyse des choses. Malgré son orgueil, elle perçoit la souffrance qu'elle provoque chez sa mère et cherche à s'amender en se pliant à ses désirs lorsque la crise de nerfs menace chez cette dernière.
La famille est en effet sous tension. Chaque membre a conscience de faire souffrir l'autre en étant soi-même. Bullit, ainsi que sa fille, savent que Sybil est malheureuse dans la brousse mais ne sauraient concevoir vivre ailleurs. Sybil en a bien conscience et essaie de réprimer ses accès de nerfs tout en essayant de soustraire Patricia à cette vie dangereuse et en faisant bonne figure.

Ce roman est finalement un roman d'amour : amour entre des êtres qui éprouvent des difficultés à vivre ensemble, amour entre l'Homme et l'Animal, amour de l'Afrique éternelle. Un amour orgueilleux qui mènera Patricia à perdre tout ce à quoi elle tenait.


Bullit s'interrogera d'ailleurs sur l'amour un peu extrême des animaux :

" Pour bien tuer les bêtes, il faut les bien connaitre. Pour les connaitre, il faut les aimer, et plus on les aime et davantage on les tue. C'est même pire que cela en vérité. C'est exactement dans la mesure où on les aime qu'on éprouve le besoin et la joie de les tuer. Et alors qu'on ait faim ou non, que cela rapporte ou que cela coûte, avec ou sans licence, en terrain permis ou défendu, que l'animal soi dangereux ou sans défense, peu importe. S'il est beau, noble ou charmant, s'il vous touche au plus profond du coeur par sa puissance ou sa grâce alors, on tue, on tue, on tue... Pourquoi ? "

Vous aurez compris que cette lecture a été un coup de coeur pour moi et que je regrette de ne pas avoir découvert bien avant. L'écriture est merveilleuse et l'histoire fascinante.
Je vais devoir lire très prochainement l'autre roman de Kessel qui patiente dans ma PAL : "Les cavaliers" ...


Note : *****


Editions Folio ou Folio plus classique - 6,10€
Editions Folio Junior - 7,60€

Editions Galliamard - épuisé

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Lu dans le cadre du challenge "J'aime les classiques" 


j-aime-les-classiques.jpg

Et il s'avère que c'était aussi le coup de coeur de Bladelor !


challenge-theoma.jpg

Et qu'en plus ça trainait dans ma PAL...


Objectif-PAL.jpg
Objectif PAL : # 14




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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 23:30

mangez le

L'impertinent Jean Teulé nous avait déjà ravi avec ses précédents romans et il revient ici avec un texte fort et violent qui en dégouté plus d'un sur la blogosphère !
On en a déjà tout dit mais bon, je m'y met à mon tour !

Nous sommes en 1870, à Hautefaye, petit village de Dordogne sans histoire. Nous allons suivre Alain de Moneys, jeune homme de bonne famille, qui vient d'être élu conseiller municipal. Il est en route pour la foire et semble apprécier et connaitre tous les habitants qui ont chacun droit à un petit mot sympathique.
La France est en pleine guerre contre la Prusse et l'issue plutôt mauvaise que laisse présager les nouvelles du front exacerbe la tension chez les habitants.
C'est pourquoi, quand le cousin d'Alain de Moneys en pleine altercation politique s'enfuit en criant "Vive la République", les villageois prennent à partie Alain qui dément les tendances politiques de son cousin. Hélas, il prononce le mot "prussien", un quiproquo s'ensuit et voilà notre jeune homme accusé lui-même d'être un prussien !
Il n'en fallait pas plus pour faire exploser la foule qui reprend l'insulte de prussien et commence à malmener Alain de Moneys. S'ensuit alors une véritable descente aux enfers pour Alain qui sera poursuivi, battu, insulté et torturé. Quelques proches amis essaient de faire entendre raison à la foule en rappelant à tous qu'il s'agit d'Alain de Moneys, connu pour son engagement et qui, de plus, était en passe de partir pour la guerre contre les prussiens. Hélas ! Les villageois se déchainent et perdent complètement les pédales.
Le maire préfère se planquer dans sa maison et se lave les mains de toute l'histoire, condammant ainsi le jeune conseiller municipal à la vindicte de ses bourreaux.
"- Mangez-le si vous voulez."
Vous le savez tous, l'histoire finira mal, très mal... puisqu'Alain sera brûlé vif et que certains se délecteront même de sa chair et de sa graisse.
A l'issue de ce meurtre collectif, un procès s'ouvrira et on découvrira alors des villageois abasourdis devant le lynchage qu'ils ont commis et incapables de comprendre leur geste.

Si je vous dévoile l'histoire, c'est qu'elle est connue : on en a beaucoup parlé et la quatrième de couverture ne cache pas l'issue de cette violence.
De plus, et c'est là le plus terrifiant, cette histoire est vraie ! Le village de Hautefaye a effectivement connu ce drame et c'est tout l'art de Jean Teulé d'avoir su saisir le "romanesque" de ce fait divers.

Teulé nous raconte le déroulement de cette journée tragique en n'épargnant aucun détail. Les descriptions des sévices sont crues et s'accumulent mais je n'ai pas trouvé comme certains que Teulé se complaisait dans le glauque des descriptions. Je dirais même qu'il apporte une certaine dose d'humour (noir) pour dédramatiser les situations. Par exemple, il fait dire à Alain, noyé sous les coups : "Il faudrait dire à ma mère que je rentrerais plus tard". Plus loin, une scène de torture s'accompagne d'une partie de jambes en l'air, tentative réussie de détourner son agresseur.
Le récit est ponctué par les pensées du pauvre Alain qui n'en continue pas moins de s'interroger sur la raison de ce déchainement. Teulé donne un portrait très étonnant du jeune homme qui malgré la violence subie continue d'avoir un regard extrêmement réaliste sur ses contemporains. Son esprit et son corps sensible semblent presque dissociés.
La narration est simple, l'écriture dépouillée. Chaque chapitre correspond à une "étape" sur le chemin de la mort. Et en écrivant ceci, je m'interroge même sur un possible parallèle avec la figure de Jesus... mais je m'égare peut-être !

A la suite de ce périple meurtrier, la chute et le procès n'en sont que plus durs. On essaie de décrypter les raisons d'une violence collective innatendue. On comprend les mécanismes de la foule qui s'auto-encourage.
Et on finit par s'interroger : Comment des gens apparemment normaux finissent par provoquer de tels crimes ? La violence est-elle inhérente à la nature humaine ?

Plus que la violence physique, c'est la violence morale et cette tendance à se comporter comme des moutons sans se poser de questions qui m'a le plus interpellé.

Un roman plus fort qu'il n'en a l'air et qui mérite qu'on ne s'arrête pas aux seules descriptions de tortures.
IL est important de ne pas oublier qu'il s'agit donc d'un ROMAN et que même si Teulé s'appuie sur des données historiques, il a tout de même laissé libre cours à son imagination.


Note : ***



A noter, il existe aussi un essai sur le sujet : "Le village des cannibales" d'Alain Corbin

De nombreux autres avis : Laetitia la liseuse, Leiloona, InColdBlog, Ys, Stephie, ...



Editions Julliard - 17€


Petit oubli ! Ce roman était un livre voyageur gracieusement prêté par Leiloona !

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 23:15

aden arabie

"J'avais vingt ans. Je ne laisserais personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. "

Vous avez déjà surement entendu cette citation célèbre : il s'agit de l'incipit du texte de Paul Nizan, Aden Arabie, paru en 1931 et beaucoup moins connu.
Paul Nizan est né en 1905 et fait la connaissance de Sartre au lycée Henri IV. En 1926, il part à Aden, au Yémen pour devenir précepteur. A son retour, en 1927, il adhère au parti communiste. En 1939, à la suite du pacte germano-soviétique qu'il voit comme une alliance entre nazis et communistes, il rompt avec le parti. C'est en 1940 qu'il tombera à la guerre.
Si je vous raconte tout ça, c'est parce que, suite à sa rupture avec le PCF, s'est ensuivit une campagne discriminatoire sur sa personne et qu'il fut peu à peu oublié. C'est la réédition de l'ouvrage en 1960, préfacé par Sartre, qui permettra de le réhabiliter aux yeux du grand public. Et c'est cette même édition qu'on trouve encore aujourd'hui.

La préface de Sartre fait quand même une cinquantaine de pages que j'ai allègrement sauté après les premières !
Je dois dire qu'il va m'être très difficile de parler de ce livre que je n'ai pas complètement compris...

Nizan y relate son voyage à Aden mais on ne se trouve pas face à un récit de voyage...
Il commence tout d'abord par dresser un portrait particulièrement dur sur ses contemporains occidentaux et n'hésite à donner des sentences sans appel sur la fameuse Ecole Normale.

" Il ne resta plus que l'Ecole Normale, objet comique et plus souvent odieux, présidée par un petit vieillard patriote, hypocrite et puissant qui respectait les militaires."

" On y dresse une partie de cette troupe orgueilleuse de magiciens que ceux qui apeint pour la former nomment l'Elite et qui a pour mission de maintenir le peuple dans le chemin de la complaisance et du respect, vertus qui sont le Bien. "


Il décide de partir pour Aden pour fuir la petite bourgeoisie, son confort et son conformisme qu'il abhore au plus haut point. Une fuite qui peu à peu se changera en révolte contre le devoir et la patrie. Nizan fait partie de la génération de l'après-première guerre mondiale qui reprochera à ses ainés de n'avoir pu empêcher une telle guerre. Une époque faite de vide qui verra les débuts d'une industrialisation galopante. Nizan rêve aux voyages de ses prédécesseurs, Rimbaud, Gauguin et autres artistes. Il attend de l'aventure.
Mais sa désillusion va être grande : Aden est sous protectorat britannique et
Il y retrouvera les vendeurs de pétrole et de café et les hommes d'affaires qu'il exècre. Comme en Europe, c'est la loi du profit qui règne. Le portrait d'un certain Mr C. est, à ce titre, édifiant :

" Le passé dont il tirait une excessive fierté se réduisait au nombre de lakhs de roupies dont pouvait le créditer la National Bank of India "

L'argent fait la loi et conditionne la vie des locaux qui vivent sous l'influence coloniale
C'est écoeuré qu'il rentre à Paris et complètement désabusé sur l'utilité des voyages.

" Avais-je besoin d’aller déterrer des vérités si ordinaires dans les déserts tropicaux et chercher à Aden les secrets de Paris ".

Il conclut en déclarant qu'il faut combattre le capitalisme et l'esprit petit-bourgeois, à sa source même. 
Il oppose le monde des producteurs et des ouvriers à celui des capitalistes et condammne " l'Homo Economicus".

Vu comme ça, le texte parait facile. Sachez qu'il n'en est rien !
Nizan part dans de grandes envolées philosophiques et utilise de nombreuses métaphores qui perde complètement le lecteur non préparé à un tel texte et au contexte historique dans lequel il a été écrit.
On y trouvera aussi de très beaux passages pleins de poésie mais parfaitement obscurs.

On ne s'étonnera pas non plus d'y trouver une ou deux remarques, quelque peu antisémite, époque oblige.
" Mais les bourgeois produisent et possèdent abstraitement. Comme il y a beau temps qu’ils ont hérité d’Israël, ils passent la vie à prêter à intérêt . "

Je dois dire que ma lecture a été très très pénible et que j'ai failli abandonner en cours de route.
Mal préparée et ne m'attendant pas à un tel pamphlet, je n'ai absolument pas adhéré à son écriture que j'ai trouvé confuse, décousue et très abstraite.
Malgré tout, il faut reconnaitre que c'est un livre fort pour l'époque et dans lequel on pourrait tirer certaines sentences encore valables aujourd'hui. Pourtant le texte a vieilli et est devenu difficile d'accès pour les lecteurs d'aujourd'hui.

Aden Arabie reste pourtant le cri d'un homme révolté contre un monde dans lequel il ne se reconnait pas, un monde dirigé par les enjeux économiques et les intérêts coloniaux. Symbole d'une jeunesse désanchanté, Nizan déteste le monde sur lequel il porte un regard très pessimiste. 

" Il n'existe que deux espèces humaines qui n'ont que la haine pour lien. Celle qui écrase et celle qui ne consent pas à être écrasée. "

On pourra constater qu'il se rapproche un tant soit peu de Rimbaud dont le parccours offre quelques similitudes. 

Contente de l'avoir lu mais je ne le recommande pas tant sa lecture est laborieuse...
Quelqu'un a-t'il un autre avis ?
Les seuls avis que j'ai pu trouver sont sur un site d'un groupe de lecture ici .



Note : **


Editions de La Découverte - 6€


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Lecture dans le cadre du challenge "J'aime les classiques" chez Marie. L


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Objectif PAL : # 9



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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 19:49



Marie-Yvonne, jeune fille des années 50, grandit dans un petit village du Finistère, entouré de sa famille. Sa mère devient peu à peu sourde, sa grand-mère Mélie s'occupe de Jeanne, sa grande soeur souffrant d'un mal inconnu et son père, menuisier, se mure dans le silence.
Issue d'une grossesse tardive non souhaitée, Marie-Yvonne baigne depuis toujours dans une atmosphère de deuil et de mort. Elle porte les prénoms d'ancêtres mortes.

«Par tradition, il me donna le prénom composé de sa soeur asthmatique, morte en crise beaucoup trop tôt en laissant trois jeunes orphelines. C'était aussi le prénom de sa tante, la soeur de Tad, qui n'avait vécu que quelques années. «Marie-Yvonne», avait écrit l'employée. Enfin, puisqu'il fallait un second prénom, celui de la fille de ma marraine, Nicole, fit l'affaire. Asphyxiée par une fuite de gaz, elle s'était éteinte à six ans.»

La maison jouxte le cimetière et elle n'hésite pas à s'y promener, attirée malgré elle par la mort ; les décès rythment la vie du village et les portraits des défunts fleurissent les murs.

«Je retrouvais le cadre immense, le visage grandeur nature, le garçonnet de papier. Le rayon de son regard me fixait alors. J'étais debout sur une chaise, au même niveau que lui mais à bonne distance. Il m'envoûtait, je cherchais son mystère et restais sans réponse devant le pâle sourire, les yeux clairs habités d'une douce mélancolie. Sa trop grande gravité, qui ne correspondait pas à l'enfant espiègle qu'il avait été, me laissait penser qu'il pressentait son destin.»

Alors que Jeanne est sujette à des accès de cris et de rage, sa soeur est au contraire enfermée dans le silence et le mutisme du menuisier qui ne lui accorde que peu de mots.
Ses relations familiales sont constitués de non-dits et Marie-Yvonne doit rassembler année après année les indices, les bribes de conversation qui lui permettront de mettre à jour un secret sous-jacent qu'elle ressent malgré elle.

Ce beau roman, empreint tout du long d'une forte mélancolie, est loin d'être léger.
L'auteur nous offre surement une part autobiographique de son histoire. L'ambiance de village breton, baignant dans les traditions ,ainsi que la rudesse de la vie d'une famille modeste est parfaitement rendue.
On suit une jeune fille dans sa quête personnelle, une quête d'amour aussi qui n'est jamais nommé.

"J'étais la fille du Menuisier, je le savais. Jeanne, malgré sa folie, était plus normale que moi, côté filiation. Elle le nommait. Pas moi. Nous n'avions pas de mots l'un pour l'autre. Notre lien était un long fil continu que personne ne pouvait voir. Aucun mot ne s'y accrochait comme le font les notes sur une portée. Nous-mêmes en étions ignorants, seulement soupçonneux de sa présence tenace."

Son envie de percer le silence qui règne entre son père et elle même est emblématique des difficultés de communication entre un père et sa fille. Le père n'est jamais nommé que "le menuisier", le toucher est proscrit entre eux et cette mise à distance révèle bien leur peur à aller l'un vers l'autre.
L'écriture est superbe, très poétique et plonge le lecteur, par petites touches,dans le moi intime de cette jeune fille.

Malgré un thème très touchant, je dois pourtant dire que je n'ai pas été emportée par cette lecture.
Le texte est très bien écrit, l'atmosphère est envoutante pourtant je m'en suis vite lassée... Le récit n'avance pas (et pourtant je suis adepte de la littérature et du cinéma asiatique où il ne se passe rien ;) )
et j'ai été assez déçue par la révélation du secret de famille : tout ça pour ça...
Peut-être que le saucissonage de ma lecture y a été pour quelque chose mais je ne me retrouve pas dans le concert d'éloges lu ici et ailleurs sur ce roman... Bref une rencontre râtée...

Les avis beaucoup plus positifs de Cuné, Cathulu, Sylire, Aifelle, Lou, Leiloona, ...  



Note : ***





Editions Phebus - 20€
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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 20:14





Jeanne est une grand-mère de 80 ans qui vit seule depuis la mort de son mari. Jusqu'au jour où un malaise la saisit et entraine de la part de ses filles un placement dans une institution spécialisée.
Jade, sa petite-fille, n'accepte pas que sa Mamoune adoré y soit abandonnée. Sur un coup de tête, elle décide de "kidnapper" sa grand-mère pour l'emmener vivre avec elle à Paris.
Commence alors une cohabitation entre ces 2 générations qui découvrent que, finalement, elles se connaissent bien mal.

" Mamoune, je croyais la connaître, mais je ne la voyais pas comme une femme. C'était juste ma grand-mère. C'est ridicule, je sais, mais en vivant avec elle je suis remplie de questions, de curiosités et même d'indiscrétions. C'est comme si j'avais sous la main un trésor et que je ne sache pas encore bien ce que je peux en faire ou comment l'ouvrir. Elle sait tant de choses que j'ignore. "

Jade va découvrir que sa grand-mère a été aussi une femme avec ses amours, ses secrets et Jeanne va lui révéler son plus gros : toute sa vie, elle a été une lectrice cachée ! A son époque, lire était considéré comme de la faignéantise !
Quelle révélation pour une jeune femme qui a du mal à comprendre le contexte et les  difficultés d'autrefois d'être une femme cultivé.

" - J'ai beaucoup lu, depuis très longtemps. Je suis une lectrice assidue, une amoureuse des livres. On pourrait le dire ainsi. Les livres furent mes amants et avec eux j'ai trompé ton grand-père qui n'en a jamais rien su pendant toute notre vie commune.

Mes mains furent les compagnes de mon âme, les artisans des rêves accomplis, le fantôme des corps arrachés, des blessures restées ouvertes. Ce sont elles qui se posaient sur ta peau, Jean. Elles ont recueilli mes pleurs après ton départ. Alors que je te parle en cet instant, c'est la première fois que je sens mes yeux secs. Depuis trois ans je n'ai jamais pensé à toi sans verser une larme. En venant me chercher cette petite ne savait pas quels miracles allaient s'accomplir. Bonnes ou mauvaises, les conséquences de nos actes sont toujours des mystères. "



Jade, de son côté, se révèle être une femme qui se cherche. Après quelques années de vie commune, elle vient de quitter son amoureux sans vraiment de raison apparente. Journaliste de bas étage dans des quotidiens féminins, elle aspire à écrire. Son premier roman ne rencontre pourtant que peu de succès auprès des éditeurs.

Le roman se présente comme une narration à 2 voix qui alterne entre Jade et Jeanne.
Souvent présenté comme un roman dont la thématique est la lecture, ce texte est surtout une réflexion sur la vieillesse et la filiation. Jeanne s'interroge sur son grand age, son inutilité, la possibilité de commencer une nouvelle vie après son veuvage, les choses qu'elle peut transmettre à ses enfants et petits-enfants.

" Et quand arrive la vieillesse : pourquoi faut-il toujours en venir à réclamer la permission d'exister à ses enfants ? "

Jade, de son côté, découvre la vieillesse et fait le parallèle avec sa vie future.
Peu à peu, les 2 femmes vont s'apprivoiser, trouver l'équilibre et redécouvrir la vie et l'amour.

Ce roman est un véritable message d'amour pour nos proches un peu agés dont on oublie trop souvent la vie passée, les sentiments, les peurs. Bourré de tendresse et de petits riens qui font la vie, mais sans aucune mièvrerie, il nous enjoint à ne pas oublier l'essentiel.

" Tant que le cœur se réveille et combat les outrages du temps, la vie est un trésor. "

« C’est quand l’âme se refuse le plaisir de vouloir encore, malgré le poids de l’âge, que tout s’en va en lambeaux. »



Pour moi, c'est un énorme coup de coeur que je vais m'empresser d'envoyer à ma môman...
Je n'ai qu'une chose à vous dire : lisez-le !

 



Note : *****

Les avis de Cuné, Clarabel, Leiloona, Liliba,... qui ont toutes aimées !   


Editions Actes Sud - 21€





Objectif PAL : # 4



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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
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