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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 08:00

 

 

Saules-aveugles-01.jpg

 

Auteur : Haruki MURAKAMI 

Edition papier : Belfond

Date de parution : Septembre 2008

Prix : 21,50 €

  427 pages

 

Edition audio : Audiolib, Mars 2009, 17€ 

Sélection de 8 nouvelles - 6H d'écoute

 

 

 

 

Comme de nombreuses blogueuses, j'ai succombé à l'offre d'Audiolib de découvrir un livre audio de mon choix. J'ai juste un peu de retard pour mon article....ahem...

N'ayant jamais testé le procédé et afin de permettre une écoute plus souple, j'ai choisi des nouvelles alors même que je sais que je ne suis pas adepte du genre.... Bon, d'accord, le fait que l'auteur soit japonais y est aussi un peu dans la balance...

  J'ai donc choisi "Saules aveugles et femme endormie" d'Haruki Murakami. Alors que la version papier propose 23 nouvelles, la version audio n'en a sélectionné que 8. Pourquoi ce choix limité, je ne saurais dire. 6h d'écoute, c'est déjà pas mal me direz-vous mais bon certains romans en fait au moins le triple alors pourquoi pas pour celui-ci ?

 

J'ai donc testé la formule de différentes façons :

- Ecouter bien tranquillement, allongée dans le canapé, en fin d'après-midi.

Bon, je ne sais pas si c'était le mauvais jour mais je dois vous avouer que je me suis clairement endormie... bercé par la voix du narrateur.Il faut croire que l'écoute passive n'a rien de bon pour moi !

- Le deuxième essai a été beaucoup concluant. M'appuyant sur les expérience de certaines, je me suis lancée dans le repassage intelligent ^^

Et là, je dois dire que ça a extrêmement bien fonctionné. Nonobstant le vide abyssal du cerveau de la ménagère en pleine pratique, j'ai su écouter avec plaisir et plonger dans les nouvelles pendant que les bras s'activaient.

Et pour tout dire, voulant prolonger mon écoute, j'ai même cédé à l'appel du panier à linge qui me priait de le vider depuis de trop nombreux mois (oui oui en mois ^^).

Résultat : une écoute intelligente et plus de vêtements qui trainent !

  - Autre essai du même genre : en faisant la vaisselle. L'activité la plus rébarbative que je connaisse et qui m'a semblé tout de même un peu moins pire avec un charmant acteur qui me sussure à l'oreille.

  - Enfin, dernier test : au coucher, au lieu de prendre le livre habituel, tester le MP3. Approuvé mais néanmoins pas la meilleure si le sommeil se fait pressant.

 

Conclusion : je suis assez partagée sur cette nouvelle façon de "lire".

 

La lecture par le comédien Sylvain Machac s'est révélée très agréable. Il interprète avec succès les différents narrateurs et narre de façon dynamique le récit.

Le découpage en nouvelles m'a permis d'étaler plus facilement mes écoutes.

Le livre audio m'a permis d'occuper de façon positive un temps quelque peu perdu dédié aux tâches ménagères.

Néanmoins, pour mon cas personnel, ça reste assez limité. Je dois dire que cette écoute passive ne me convient pas tout à fait. Mon esprit s'est échappé à de nombreuses fois et j'ai souvent perdu le fil des récits. Revenir en arrière, faire une pause est un peu rébarbatif et au final on ne le fait pas. Noter les pages des passages significatifs est impossible. La narration se fait plus lente et il faut le double de temps pour arriver au bout de l'ouvrage.

Bref, si l'écoute de livres peut être très intéressante dans certains cas de figure, ma vie à moi n'offre qu'assez peu de moment où le livre audio semble pertinent. Car oui, je ne repasse qu'une fois tous les 6 mois et, même si je fais ma vaisselle régulièrement (enfin tout est relatif ^^), c'est un laps de temps trop court pour me permettre de dédier un écoute audio à cet usage.

 

Merci à Thomas d'Audiolib pour cette première découverte !

 

 

Quelques mots sur les nouvelles tout de même...

Et bien, comme pour le recueil de Margaret Atwood, je n'ai une fois encore pas grand chose à en dire.

Aussi vite écouté, aussi vite oublié...Une conséquence de l'audio ?

Les ambiances étaient plutôt tristes, sous forme de petits contes désabusés et amers.

Je me souviens que la fin des nouvelles tombait sans vraiment se conclure de façon tranchée.

Aucune des histoires ne m'a marquées et je trouve ça d'autant plus regrettable que j'aime habituellement la prose de Murakami.

Bref, encore une fois, peu convaincue par ce format court...


 

L'avis de Kathel.

 

 


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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 08:00

 

 

tsubame 1

Auteur : Aki Shimazaki

Editions :

Actes sud - 2001 - 11,50€

Actes sud, Babel -2008 - 6,50€

 

 

Alors que les 2 premiers opus de la série donnait la parole aux 2 enfants, Yukiko et Yukio, c'est au tour de la maman de Yukio de nous confier sa propre histoire.

Nous sommes en 1923. Un célèbre tremblement de terre dévaste une partie du Japon. La famille de Mariko, d'origine coréenne, se voit détruite par la catastrophe. Sa mère réussit néanmoins à la confier à un prêtre avant de partir à la recherche d'un oncle potientiellement survivant. Elle ne reviendra jamais.

La petite Mariko grandit alors auprès de Monsieur Tsubame ("hirondelle") au sein de l'orphelinat qu'il dirige et cache ses véritables origines, par sécurité. En effet, les coréens étaient plutôt mal considérés à l'époque et même accusés des pires crimes à l'occasion de ce tremblement de terre.

Nous suivrons Mariko dans sa vie de femme adulte et de grand-mère. 50 ans plus tard, Mariko est mariée, s'est construite une belle famille japonaise. Désormais veuve, elle vit chez son fils Yukio. Et Mariko se souvient. De sa jeunesse, de sa mère. et de ce secret qui alourdit tant son coeur et qu'elle n'a jamais révélé à personne...

 

tsubame-3.JPG

 

Voilà un opus qui m'a beaucoup plus enthousiasmée que les 2 précédents. La narratrice étant adulte, le récit m'a paru bien plus travaillé et étudié que ceux énoncés par les 2 enfants.

Mariko nous brosse le portrait d'une enfance et d'une vie un peu difficile, basée sur un secret dont elle va porter le poids toute sa vie.

Tout en suivant son parcours personnelle, nous allons découvrir tout un pan de l'histoire japonaise.

En effet, on trouve une importante population coréenne au Japon, dû en partie par l'occupation de la Corée par le Japon. Mal considérés, ils sont la proie des critiques et doivent essuyer de nombreuses malversations.

Le tremblement de terre de 1923 a exacerbé la tension entre les 2 communautés et fut l'occasion pour les japonais de se débarrasser de ces émigrés encombrants. Accusés d'empoisonner l'eau, de mettre le feu, de vols, de nombreux coréens furent battus et même tués sans aucune forme de procès, par des milices locales.

Evoqués à mots couverts dans le récit, ces évènements n'en restent pas moins marquant pour l'histoire personnelle de Mariko. Réduite à cacher sa véritable identité, à changer de nom, la petite devra faire face à d'autres adversités comme la bombe atomique qui tomba sur Nagasaki.

 


 

tsubame-2.jpg

 

"Tsubame" offre ainsi un très beau portrait de femme de sa jeunesse à ses vieux jours. Condensée en quelque pages, son histoire réussit néanmoins à évoquer l'essentiel et à rendre avec émotion son évolution, son parcours avec ses bonheurs et ses malheurs. Ce témoignage donne un éclairage particulier à l'histoire familiale de tous ces personnages et explique en partie l'importance du secret dans une famille qui n'en manque pas.

 

 

Les très nombreux avis de : Marie, George, Manu, Papillon, Restling, Cynthia, Emi Lie, Leiloona, ...

 

 

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 08:00

 

sommeil-1.jpg

Auteur : Haruki Murakami

Illustrateur : Kat Menschik

Editeur : Belfond

Date de parution :  Novembre 2010

Prix : 17 €

80 pages

 

 

"Sommeil" est une petite nouvelle déjà parue précédemment dans le recueil "L'éléphant s'évapore". Belfond la ressort aujourd'hui de façon indépendante dans une édition dite luxe : grand format, couverture cartonnée, avec de nombreuses illustrations à l'intérieur.

 

Nous suivons une jeune femme de 30 ans. Mariée, ses journées se déroulent entre la préparation du repas, son petit garçon à s'occuper et les courses à effectuer.

Mais un jour, sa petite routine est perturbée : elle ne dort plus. Commence alors une étrange période de 17 jours oniriques où notre insomniaque redécouvre le plaisir de la lecture, du chocolat et du cognac à l'insu de son mari...

 

sommeil 2  "Après avoir vérifié que mon mari était endormi, je me rendais au salon, m'asseyais sur le canapé, buvais un verre de cognac et ouvrais un livre. La première semaine, je relus Anna Karénine trois fois de suite. Plus je lisais, plus je faisais de nouvelles découvertes. Ce long roman était plein d'énigmes et de nouveautés. Comme une série de boîtes, chaque monde en contenait un autre plus petit, et ainsi à l'infini. Et tous ensemble ces mondes formaient un univers entier, et cet univers était là, attendant d'être découvert par le lecteur. Autrefois, je n'en avais saisi qu'une infime partie. Mais aujourd'hui mon regard pénétrait clairement au travers, je voyais ce que Tolstoï avait voulu dire, ce qu'il voulait faire comprendre aux lecteurs, avec quelle efficacité il avait cristallisé son message sous forme d'un roman, et en quoi ce roman dépassait finalement l'écrivain lui-même."

 

 

Voilà donc notre ménagère qui ne dort plus et n'ose en parler à son mari, convaincue que cet état va passer. Nous la voyons désormais occuper son temps nocturne à des moments privilégiés qui ne sont qu'à elle. Elle relis Tolstoi, retrouve le plaisir de manger du chocolat qu'elle s'était interdit, suite à la désaprobation de son mari, se remet à la natation.

Les jours passent et elle ne ressent toujours aucune fatigue. Elle continue de vivre dans une sorte d'état d'apesanteur et regarde sa famille d'une oeil plus lointain, comme s'il ne vivait plus dans le même monde qu'elle, oscillant entre rêve et réalité.

 

"Sommeil" est une étonnante nouvelle qui, je dois dire, ne m'a pas du tout convaincue...

Si on se rend bien compte que la narratrice a effacé petit à petit ses propres désirs et plaisirs au profit de la vie familliale et maritale, je suis restée dubitative quant au sens global à donner...

Mon absence de goût pour les nouvelles, la fin abrupte du récit, ma lecture entre 2 portes n'ont peut-être pas aidé... Sans compter les illustrations que je n'ai pas du tout aimé...


Pour ma part, le livre en lui-même est une simple opération marketing...

17€ pour une simple nouvelle sous prétexte qu'elle est sous reliure cartonnée, je trouve que c'est un peu se moquer du monde...

Bref, un ouvrage plus que dispensable pour ma part... Choisissez plutôt le recueil de nouvelles en question...

 

 

Virginie, chez qui on voit des photos des illustrations, est d'un autre avis.

 

 

 

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 08:00

 

ete-en-vetements-1.jpg

 

Auteur : Akira YOSHIMURA

Editeur : Actes sud, Babel

Date de parution : Juin 2010

Prix : gratuit

  52 pages

 

 

Ne cherchez pas ce petit récit dans les rayons de votre libraire, il vous sera simplement offert pour l'achat de 2 Babel. N'hésitez pas à lui faire les yeux doux... (Sinon vous pouvez essayer de m'acheter ^^)

 

" Un été en vêtements de deuil " est une longue nouvelle d'une quarantaine de pages que Yoshimura a écrite en 1958.

Kiyoshi est un jeune garçon orphelin qui vit en compagnie de sa grand-mère. Cette dernière, malade et alitée depuis de nombreuses années, ne se déplace plus et nécessite une attention constante de la part des domestiques. Plaintive, elle n'hésite pas à insister sur ses maux et exige la tranquillité.

A proximité, vit la nièce de la vieille femme avec son mari et sa fille Tokiko. Pauvres et forcés de lui payer un loyer, ils se voient aussi refuser l'accès de sa maison. Aigris, ils n'attendent qu'une chose : que la vieille trépasse pour récupérer l'héritage et ils ne manque pas d'interroger Kiyoshi à ce sujet !


  "Kiyoshi et Tokiko, après avoir étendu la natte, jouaient souvent à la dînette sous l’arbre.
- Ta grand-mère, elle n’est toujours pas morte ?
Tokiko, quand elle voyait Kiyoshi, lui posait toujours la question sur le mode d’un léger salut, en guettant sa réaction.
- Pas encore, répondait invariablement Kiyoshi avec candeur.
- Mon garçon, il ne faut pas jouer avec elle, parce que c’est la fille d’un voleur, lui répétait la domestique en tordant les lèvres, un éclair de colère dans le regard."


 

ete-en-vetements-2.JPG


Kiyoshi, lui, est un garçon solitaire. Rendant de fréquentes visites à ces proches parents, il est un peu laissé à lui-même. Un de ses passe-temps : aller observer les poussins du poulailler, bravant ainsi l'interdit de s'en approcher. Découvrant un poussin faible et blessé qui subit les violences des plus forts, le jeune garçon décide d'abréger sa courte vie... (je ne spoile pas, on le sait au bout de 5 pages)

 

" Il était sensible à la douleur du poussin qui devenait lancinante à hauteur de ses cuisses. Le petit animal affaibli continuerait à se tordre de douleur du fait de ses blessures, et le lendemain matin son corps serait certainement raidi. "

 

"Manifestement rassuré de se retrouver sur sa paume, le poussin, les yeux mi-clos, continuait à piailler faiblement. Kiyoshi observa le petit corps un moment et bientôt, décidé, il prit la tête du poussin entre ses doigts et la tourna lentement. La tête fit un tour, revint sur le devant. Les petits yeux au contour bien dessiné se fermèrent lentement, par à-coups, tandis que l’extrémité un peu froide des griffes touchait en palpitant le poignet de Kiyoshi. Du bec entrouvert pointa tout droit une langue rugueuse et orange.
Kiyoshi mordit ses lèvres de ses petites dents.
Le corps du poussin était mollement allongé sur sa paume. Sa tiédeur qui se transmettait aux plumes n’en finissait pas de disparaître."

 

Difficile de vous en dire plus sans dévoiler tout le sel de ce court roman. Kiyoshi va découvrir un secret de famille et l'histoire va tourner en une farce macabre.

On y retrouve l'obsession de l'auteur pour la mort. Le personnage de Kiyoshi est extrêmement bien traité. Entre naiveté, bon sens et cruauté, Yoshimura en fait l'élément central de son récit.

 

Bref, "Un été en vêtements de deuil" se révèle un excellent petit conte cruel !

 

Pour ma part, c'est même un coup de coeur !! C'est dire !

 

 

livre-coeur.jpg

 

 

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 08:00

 

hamaguri-1.jpg

 

Auteur : Aki SHIMAZAKI

Editions :

Actes Sud - 2000 - 11€ - 109 pages

Actes Sud Babel - 2007 - 6,50€ - 118 pages

 

 

Il y a quelques mois, je vous parlais de Tsubaki, le premier tome de cette série. 

Voici venu le temps des lectures communes avec Cynthia, Manu et Restling et celui de ce deuxième tome !

Je prends un peu d'avance sur mes compères (et m'excuse auprès d'elles) pour pouvoir vous proposer le jour dit ma Bd du mercredi.

 

Dans ce volume-ci, on découvre le jeune Yukio qui vit seul à Tokyo avec sa maman. Montré du doigt par ses camarades d'école, il trouve du réconfort auprès d'une petite fille de son age qu'il retrouve régulièrement au parc où son papa l'emmène jouer. Avec naïveté, ils se promettent fidélité et mariage en scellant leur promesse au creux d'une palourde ("Hamaguri" en japonais).


  "Chez les hamaguri, il n'y a que deux parties qui vont exactement ensemble, même si en apparence elles semblent pareilles. On souhaite que les filles puissent rencontrer l'homme idéal pour le reste de leur vie"


Parti à Nagasaki où sa mère se marie, Yukio grandit. Il n'oublie pas sa promesse d'enfance mais rencontre Yukiko, une voisine avec qui il sympathise. Peu à peu, une partie du voile se soulève et Yukio finit par découvrir le secret qui pèse sur sa famille.

 

 

hamaguri-2.jpg

 

Vous l'aurez compris, nous retrouvons ici les personnages du premier tome de cette série. Nous revivons les mêmes évènements mais cette fois-ci, le narrateur est Yukio. Cet autre point de vue est très enrichissant et permet de découvrir la manière dont chacun a vécu son enfance et comment le poids du secret a pesé sur leur vie. 

 

La relation entre Yukio et ELLE (comme il la nomme) est très touchante, ainsi que plus tard celle avec Yukiko. On sent les enfants blessés, victimes malgré eux des non-dits familiaux.

 

"Je marche quelques pas derrière ma mère pour aller à l'église.  Je vois sa jupe évasée s'agitant au rythme de sa marche et de ses longs cheveux noirs.  Les couleurs des fleurs d'hortensia.  Le bruit de la pluie, qui tombe sur le  parapluie de papier huilé.  Les escargots.  La barbe noire de l'homme étranger.  La silhouette de la petite fille s'éloignant avec son père.  Et le bruit du coquillage."

 

Le premier tome ne m'avait pas complètement emballée, une impression que l'histoire ne laisserait pas une image très marquante dans ma mémoire. Maintenant que j'ai lu ce 2ème tome, je pense comprendre un peu mieux mes réticences : le style. J'aime l'épure, la pudeur et les non-dits des romans japonais pourtant ici j'ai surtout été frappé de la platitude de l'écriture.

 

Le style un peu enfantin convient bien au début de l'histoire. Yukio est une petit garçon et c'est lui qui nous raconte son histoire. Mais ça m'a semblé plus gênant au fur et à mesure que le garçon grandissait. La langue n'évolue pas avec lui et reste toujours aussi basique.

On y trouve bien évidemment de jolis passages comme celui cité précédemment mais l'impression générale reste malgré tout décevante pour moi.

Du coup, j'ai quelque peu de mal à comprendre pourquoi cette série est si encensé pour son style épuré à la japonaise. Pour ma part, j'ai lu de nombreux autres romans japonais qui sont autrement plus travaillés stylistiquement sans en être plus lourd ou moins suggestifs.

 

Il va de soi que je vais poursuivre la série car j'aime son histoire de secret de famille et d'amour impossible mais je reste sur mon quant à soi d'un point de vue de l'écriture. A voir avec les tomes suivants.

 

 

 

Retrouvez le très bel avis de Leiloona, celui de Luke qui me rejoint sur le style, et tout plein d'autres chez Babelio et ailleurs ! (oui pour une fois, j'ai la flemme des liens, il y en a trop partout ! ^^ )

 


challenge In the mood for Japan

 

 

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 08:00

 

tatouage 1

 

Auteur : Junichiro TANIZAKI

Editeur : Sillage

Date de parution : Juin 2010

Prix : 9,50  €

128 pages

 

 

" Le tatouage", nouvelle éponyme de ce recueil de nouvelles, marque l'entrée en littérature du célèbre écrivain japonais. Parue en 1910 dans une revue, cette première et très courte nouvelle qui le rendra célèbre contient déjà tous les thèmes fétiches de l'auteur.

Elle est ici accompagné de 2 autres nouvelles : "Les jeunes garçons" et "Le secret".

 

Le tatouage (1910) :

 

Seikichi est un jeune tatoueur talentueux, réputé pour l'originalité de ses compositions. Les courtisanes se battent pour avoir le privilège de voir leur peau décorée par le maitre. Car c'est ce dernier qui choisit ses modèles et leur imposent le motif et le prix. Mais Seikichi est insatisfait et rêve de réaliser un chef d'oeuvre sur le corps d'une femme exceptionnelle qui révèlerait le plus profond de son âme.

Un jour, le hasard met sur sa route une femme dont il n'aperçoit qu'un simple pied blanc. Celle-ci disparait et Seikichi en eprouve une violente passion. Quand la jeune fille, Satsuko, future prostituée, vient à recroiser le tatoueur, celui-ci décide de la séquestrer et de lui tatouer sur le corps une énorme tarentule...

 

Il faut savoir qu'au Japon le tatouage est un signe d'appartenance à un groupe social. Il était autrefois réservé aux prostitués et voyous / prisonniers, avant de devenir un code yakuza, par extension. L'araignée est par ailleurs le symbole de la prostitution.

C'est un art qui est surtout reconnu pour la maitrise de celui qui le réalise et passe traditionnellement par des séances de tatouage à la main (et non par des outils électriques comme aujourd'hui) extrêmement douloureuses, le tatoueur maniant lui-même les aiguilles.

Et comme souvent chez les japonais, douleur rime souvent avec plaisir et perversion.

 

" Et lui, contemplant d'un œil glacé la forme misérable, ne manquait jamais de dire avec un sourire de satisfaction:

«Vrai ! Ce que vous devez avoir mal ! » "

 

Dans cette nouvelle, l'accent est mis sur le plaisir qu'eprouve Seikichi d'infliger d'atroces douleurs aux tatoués et plus particulièrement à la femme séquestrée. On pourrait presque y voir un parallèle entre pénétration des aiguilles et acte sexuel.

On retrouvera également le fétichisme marqué de l'auteur pour le symbole du pied, qui provoque la passion chez notre tatoueur. Le désir se retrouve nourri par l'attente et Seikichi perd tout maitrise de lui-même.

Avant de tatouer la jeune fille, Seikichi va lui montrer 2 peintures qui symbolisent la beauté cruelle de la femme. Alors que Satsuko refuse de s'y voir tout en s'y reconnaissant, le tatouage transformera véritablement la jeune fille en femme fatale. Et le tatoueur, qui y a mis toute son âme, y perd sa cruauté. Eprouvant compassion pour la souffrance qu'il lui a infligé, Seikichi n'est plus celui qui mène la danse. C'est désormais la jeune femme qui impose ses règles et accepte de se dévoiler pour éblouir les hommes avec son tatouage, endossant la figure de la femme fatale des tableaux.

 

Cette nouvelle qui parait bien trop courte à la première lecture finit par dévoiler ses thématiques cachées au cours des suivantes et se révèle d'une grande force, précurseur des oeuvres à venir de Tanizaki.


 

Vous avez la possibilité de lire la nouvelle dans son intégralité ici !!

 

 

Les jeunes garçons (1911) :

 

Dans cette nouvelle, nous sommes face à un narrateur qui évoque ses souvenirs d'enfance. Sympathisant à l'école avec le jeune Shin-Ichi, il passe désormais ses journées à jouer avec ce dernier dans la grande maison de sa famille. Rejoints par Mitsuko, la soeur de Shin-Ichi, et Senkichi, le palefrenier, les enfants s'amusent à des jeux innocents qui dérivent bientôt en séances plus perverses. Et les garçons deviennent peu à peu l'esclave de la petite fille qu'ils avaient tout d'abord maltraitée.

Leurs jeux mettent en avant les notions de domination, d'humiliation qui touchent tour à tour chacun des enfants qui prennent plaisir à ces souffrances corporelles.

 

Entre sado-masochiste et scatologie, "Les jeunes garçons" est une nouvelle sulfureuse qui vaudra pour la première fois à l'auteur une censure au nom des bonnes moeurs. Explorant l'univers de la sexualité inconsciente des enfants, il évoque les jeux à la fois innocents et pervers d'une bande d'enfants, fascinés par le pouvoir qu'ils peuvent avoir sur autrui. Comme dans la première nouvelle, nous assistons à une transformation : la tourmentée devient à son tour une tourmenteuse cruelle.

 

Le secret (1911) :

 

"Le secret" est également un récit à la première personne. Le narrateur semble blasé de toutes formes de plaisir et recherche l'attrait de la nouveauté en se travestissant en femme.


  " N'existait-il pas quelque chose d'insolite, de bizarre, qui fût propre à secouer, à ébranler mes nerfs devenus totalement insensibles aux excitations ordinaires ? "

 

Habillé, coiffé et maquillé en femme, il se rend au théâtre et jouit de sa nouvelle identité. Un soir, à ses côtés, une ancienne conquête le reconnait discrètement sous son fard. Ils ne se connaissent pas sous leur vrai nom mais souhaitent mutuellement se revoir, en gardant leur identité secrète. La femme l'emmène chez elle les yeux bandés, faisant moults tours et détours pour que notre homme ne puisse reconnaitre le trajet. Ce dernier, piqué par la curiosité, élabore tout un stratagème pour retrouver le chemin. Le secret éventé, le charme et l'effet de mystère n'agit plus. Les 2 amants ne se verront plus.

 

On retrouve une fois de plus chez Tanizaki des pratiques sexuelles déviantes : ici, le travestissement. La femme fatale est toujours présente, sublimé ici par le goût du secret dont la disparition évente le pouvoir attractif. La technique employée par le narrateur pour retrouver la sroute qui l'emmène chez son amante est particulièrement intéressante. S'appuyant sur les bruits, les odeurs, la mémoire et la logique, ce dernier réussit avec brio à venir à bout de l'énigme. Hélas pour lui, celà se fera au détriment du désir et de la passion.

 

 

Ce recueil  se révèle particulièrement intéressant. Présentant 3 nouvelles parmi les premières écrites par Tanizaki, il expose déjà les thématiques centrales de son oeuvre.

Tout le monde n'y trouvera pas son bonheur, les thèmes étant assez particuliers mais je le conseille aux amateurs !

 

 

 

 

 

Tatouage - Film de Yasuzo MASUMURA (1966) :

 

 

Ce film, qui est un classique du cinéma japonais, est annoncé partout comme l'adaptation de la nouvelle "Tatouage" de Tanizaki. Mais le film s'est avéré à ma grande surprise être aussi une reprise de la nouvelle "Le meurtre d'O-Tsuya" du même auteur, dont je vous parlais il y a quelque temps et que je vous invite à relire !

 

tatouage 3

 

Le film de Masumura se révèle un habile mélange entre les 2 histoires.

Nous retrouvons à l'identique O-Tsuya et son amant Shinsuke qu'elle pousse à trahir son patron pour fuir avec elle. L'ami qui les héberge n'hésitera pas là non plus à les piéger pour gagner quelques pièces.

C'est dans ce lieu que O-Tsuya, qui se vautre dans la fainéantise et la luxure, va croiser le chemin de Seikichi, tatoueur de son espèce, que la vision de son pied subjugue.

L'ami tend un traquenard pour que Shinsuke soit tué (en vain) et vend O-Tsuya à Takubei pour en faire une geisha.

Cette dernière se verra alors confiée aux mains de Seikichi, qui désire passionnément posséder la peau de la jeune femme et lui tatouera de force une araignée dans le dos.


tatouage-2.jpgEt voilà les 2 histoires entremêlées avec beaucoup de naturel. La violence séductrice et sa tendance manipulatrice d'O-Tsuya trouve ici son origine dans l'araignée qui orne désormais son dos et symbolise la vengeance et le pouvoir de destruction de cette femme -mante religieuse.

Entrainant la mort tout autour d'elle, O-Tsuya se révèle une femme sensuelle sublimé par le réalisateur. Enfouie sous de nombreuses couches de kimonos, elle ne se dévoile que très peu tout en offrant une forte connotation érotique. Elle n'en reste pas moins une figure manipulatrice qui utilise les hommes pour mieux les blesser et les humilier et de dédouane de toute culpabilité en accusant l'araignée de son dos.

Le tatoueur qui a mis son âme dans le motif se révèle là-aussi, comme dans le texte de Tanizaki. Vide de toute inspiration, il erre sur les pas d'O-Tsuya et découvre les ravages provoqués par son chef d'oeuvre.

Shinsuke, l'amant malheureux, n'arrive pas à se détacher d'un semblant de sens moral et continue à osciller entre le bien et le mal.

La fin surprenante du film intègre parfaitement bien les conclusions des 2 nouvelles.

 

Masumura filme magnifiquement ses acteurs et arrive même à rendre vivante l'araignée tatouée qui bouge au rythme des mouvements d'O-Tsuya. C'en est saisissant !

 

 

Bref un chef d'oeuvre japonais que les amateurs ne doivent pas rater !

 

 

 

 

              challenge litt et cinemachallenge In the mood for Japan

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 08:00

 

danseuze d'izu 1

 

Auteur :  Kawabata Yasunari


Editions :

- Albin Michel, 1973, 183 pages, 13€

- Livre de poche, 1984, 124 pages, 4€


 

 

 

 

 

" La danseuze d'Izu "est la première publication de Kawabata. Cette nouvelle, paru en 1926, rendra célèbre celui qui deviendra un des plus grands auteurs japonais. 

Les cinq nouvelles qui composent le recueil ici présent tournent toutes autour du sujet de l'amour, de la beauté des femmes et de la mort, comme on le retrouvera fréquemment dans son oeuvre.

 

La danseuze d'izu (1926) :

Cette première nouvelle, qui donne son nom au recueil, est inspiré de l'expérience personnelle de l' auteur.

En 1918, Kawabata part en voyage vers Izu. Lors de son parcours à pied, il rencontre une troupe de théâtre itinérant.

On retrouve la même trame dans ce récit où le narrateur est fasciné par la beauté d'une des jeunes actrices. Il accorde son chemin à celui de la troupe, lie amitié avec le meneur, Eikichi, pour mieux se rapprocher de sa soeur, la belle Kaoru qui se révèlera très jeune.


  " La lampe de la cabine s'éteignit. Une odeur de poisson frais, de marée, montait vers la bateau et devenait plus intense. Il faisait complètement noir. Je me réchauffais à la tiédeur du corps de mon compagnon et je laissais couler mes pleurs. Ma tête se résolvait en eau claire, qui s'écoulait sans rien laisser en moi ; et j'en éprouvais une douceur paisible. "

 

Elégie (1932) :

Une femme veuve se souvient de son mari et continue à le croire vivant à travers la nature. Parlant aux fleurs, aux plantes, elle continue d'honorer son amour pour lui au delà de la mort.

 

"Quelle est navrante cette coutume des vivants d'invoquer les morts ! mais comme elle est navrante surtout cette croyance que l'être survit en conservant, dans un monde à venir, la forme qui fut déjà sienne dans un monde antérieur !"

 

" Les grandes eaux tumultueuses des massacres, des destructions, ne peuvent donc anéantir ces riens qui ont existé entre un homme et une femme ? "

 

Bestiaire (1933) :

Un homme un peu solitaire élève des oiseaux. Il se passionne pour ces animaux, les regarde vivre, grandir, s'aimer, se battre et mourir avec indifférence. Il n'aime pas les hommes car "les liens sont difficiles à rompre". alors que les animaux tendent "vers un canon de beauté très arbitraire, sans égard pour leur vie ni pour leurs moeurs". Ses réflexions sur les animaux, non dénués de cruauté, l'amène plus loin à se souvenir de Chikako, une danseuse avec qui il a eu une liaison.

 

" Prenons les chiens, par exemple : après avoir eu des colleys, on continue de préférence avec la même race, comme on aime les femmes qui vous rappellent votre premier amour, au point de vouloir, pour finir, en épouser une qui ressemble à celle qu'on a perdue. "

 

Retrouvailles (1946) :

Nous sommes en 1945. Un homme, qui revient de la guerre, assiste à une représentation et aperçoit dans le public une ancienne amante. Leur rencontre fait remonter les souvenirs à la surface et la belle Fujiko s'attache aux pas de Yuzo, lui contant à demi mots les difficultés de sa situation.

 

" Cela rappelait à Yuzo ce qu'il avait aussi ressenti : que l'extrême abnégation et l'extrême égoïsme se confondaient parfois, en un curieux mélange : de la critique de soi-même à la fatuité, de l’altruisme à l’exclusif souci de ses intérêts, de la bienveillance à la méchanceté, de la torpeur à l'excitation. "

 

La lune dans l'eau (1953) :

Un homme invalide et malade se voir forcé de garder le lit. Sa femme Kyoko lui fait alors voir le monde à travers un miroir à main. Observant sa femme en train de jardiner à travers la fenêtre, le mari finit par y découvrir un autre monde, plus étincelant. Kyoko y découvre une autre image d'elle-même.

 

" On ne connait que le reflet de son visage ; ces traits qui vous sont personnels, uniques, vous demeurent invisibles. On se touche la figure chaque jour, comme si les traits que renvoie le miroir étaient ceux de votre vrai visage..."

 

" Pour conserver ce reflet du monde, il aurait sacrifié sa vie. Certain jour, après une forte averse, tous deux contemplaient la lune reflétée dans une flaque d'eau. Cette lune, dont on pouvait à peine dire qu'elle fut l'illusion d'une illusion, resurgit dans le coeur de Kyoko. "

 

 

Voilà donc 5 nouvelles d'une beauté exemplaire, parfois hermétiques et qui nécessiteront pauses et réflexion (ou même plusieurs lectures) pour en comprendre tout le sens. 5 nouvelles qui nous parlent d'amour avec subtilité et non-dits, de la vieillesse et de la beauté de la mort qui exacerbe les sensations et les sentiments.

5 nouvelles contemplatives et poétiques qui souligne l'impermanence du bonheur et l'éphémère de la vie.

 

 

A noter : les traductions françaises existantes sont plutôt anciennes et certaines semblent avoir quelque peu remodelé le sens de certains passages. Par exemple, il semblerait qu'une touche d'homosexualité pointe dans le premier texte qui a été occulté avec la traduction.

Cécile Sakai a étudié ces différences de sens et on peut en trouver quelques exemples ici.

 

 

 


challenge In the mood for Japan


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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 23:53

 

submersion du japon 1

 

Auteur : KOMATSU Sakyo 

Editeur : Picquier

Date de parution : 1997 / 2000

Prix : 8 €

  254 pages


 

Le japon est un pays constamment agité de tremblements de terre et l'histoire du pays est parsemé de nombreuses catastrophes. Situé au niveau de plusieurs failles terrestres, il a du s'adapter aux caprices de l'écorce terrestre. Les constructions doivent aux normes sismiques et les enfants sont, dès leur plus jeune age, sensiblisés aux risques et à la conduite à tenir.

Aussi, la peur des catastrophes est bien ancré dans l'esprit japonais et la peur de l'engloutisssement bien réelle. La submersion du Japon dû à des cataclysmes est un thème récurent dans la culture japonaise.

 

Komatsu Sakyo a donc obtenu beaucoup de succès pour son roman de science-fiction "La submersion du Japon", sorti en 1973 et qui est un devenu un véritable best-seller au Japon.

 

Le roman met en scène un Japon, récemment perturbé par une recrudescence de tremblements de terre. Les températures sont excessivement anormales, des volcans endormis se réveillent, des failles apparaissent au niveau des batiments et les secousses se font de plus en plus violentes et destructrices. Nous allons suivre une équipe de scientifiques qui découvre que certains ilôts non ou peu habités ont littéralement disparus , et pour cause : ils ont été submergés ! Leur enquête, à base de plongée en eaux profondes et de calculs scientifiques, leur fait soupçonner une  immersion totale du Japon dans un court délai.

Alors que ces derniers étudient la certitude d'une telle catastrophe, le gouvernement japonais s'organise en secret et cherche à sauver ce qui peut l'être...

 

submersion-du-japon-5.jpg

 

Ce scénario catastrophe, digne des grands studios américains, s'appuie plutôt sur de nombreux faits scientifiques. Loin d'être une intrigue trépidante au suspens insoutenable, la narration débute par une présentation en règle des personnages principaux qu'on découvre en plein travail. Leur découverte, si elle les surprend, ne semble pas les affectuer énormément et seule le but de prouver les faits semblent primordial.

Les personnages sont assez peu décrit dans leur vie personnelle et on peine à s'attacher à eux.

Si on assiste à certaines catastrophes, la narration ne tombe pas dans du voyeurisme catastrophique et larmoyant à outrance. Au contraire, c'est surtout une sensation de froideur et de maitrise qui ressort de la lecture. Et c'est d'autant plus étonnant et frustrant lorsqu'on assiste à un évènement d'une telle ampleur.

 

On assistera aux tractations entre scientifiques et politiciens, à leur incrédulité puis à leurs manoeuvres secrètes avec d'autres états pour prévoir des solutions d'évacuation des habitants et du patrimoine. Les expositions d'oeuvres d'art à l'étranger se multiplieront,  la politique extérieure sera fortement mis en avant, les exportations soutenues, des négociations pour obtenir des terres en Autralie et ailleurs seront tenues, ...

 

Bref, je dois dire que le récit se traine beaucoup en longueur et que le suspense n'est finalement pas au rendez-vous. Le lecteur sera plus plongé dans des questions d'ordre intérieur qu'autre chose.

L'écriture, qu'il est difficile de juger ici à cause de la traduction, n'est pas très fluide et manque de dynamisme.

 

Pourtant, le roman se révèle malgré tout intéressant. A une époque de changement climatique, on peut se demander la part de véracité d'un tel ouvrage. Komatsu nous oblige à nous poser certaines questions. Que ferions-nous si demain le Japon disparait ? Ou une autre partie du monde ? Que deviendrait leurs habitants ? Quel accueil leur serait réservés par les populations locales ? Comment sauvegarder une culture identitaire si votre propore pays disparait et que les habitants soient dispersés à travers le monde ?


  "En dehors de cet archipel et de sa nature, de ces montagnes, de ces rivières, de ces forêts, de ces herbes... les Japonais n'existent pas. Ils sont unis à eux. Ils ne font qu'un seul corps avec tout cela. Si cette nature délicate et les îles sont détruites et disparaissent, les Japonais n'existent plus."

 

Les questions sont nombreuses et il n'y a pas de réponses toutes faites.

Il faut rappeler que ce roman a été écrit en pleine époque de guerre froide et que le Japon, 3ème puissance mondiale, cherchait à revendiquer ses intérets et affirmer son statut vis à vis des autres puissances.

 

Finalement ce roman d'anticipation révèle plutôt bien l'esprit japonais : sa peur de l'engloutissement, l'absence de héros qui sauve le monde pour une action collective, l'absence de happy end, un esprit pragmatique et organisé,...

 

Si ce n'est pas un chef d'oeuvre d'écriture, si le lecteur français sera beaucoup moins passionné par cette question, "La submersion du Japon"  reste malgré tout une oeuvre intéressante

 

   

submersion-du-japon-6.jpg

 

Le roman a d'ailleurs connu de nombreuses adaptations dont :

- Une version manga chez Panini : La submersion du Japon.

- le film Nippon chinbotsu, réalisé par Moritani Shirô en 1973.

- le film Nihon chinbotsu, réalisé par Higuchi Shinj en 2006.

 



Pour ma part, je me suis dit que c'était l'occasion de couple ma lecture avec un film !




Adaptation ciné par Higuchi Shinji :

 

submersion-du-japon-2.jpg

 

 

Un quart d'heure pour voir débuter le générique, une musique digne des grands mélos.... tout laissait augurer le pire... et ça n'a pas raté !

Ce film de 2h15 est à oublier absolument...

 

submersion-du-japon-3.jpgContrairement au roman, on rentre directement dans le sujet de la catastrophe et on ne vous fait pas lanterner 2 plombes pour savoir officiellement que le Japon va couler. Mais ce n'est pas pour autant que les longueurs vous seront épargnés. On assiste à l'organisation gouvernementale et scientifique face à ce futur évènement, on saute d'un sujet à un autre et au final, le tout n'apporte pas grand intérêt. L'intrigue a été tout de même allégé de nombreux éléments qui faisaient trainer en longueur le roman, un peu trop même... et le scénario a été quelque peu changé.


Si on retrouve les personnages principaux, leur caractère est beaucoup plus mis en avant en lieu et place de l'action collective. Une petite fille sauvé en début de film servira de fil rouge narratif et mélodramatique.

Une poignante histoire d'amour remplace un mariage pseudo-arrangé, un permier ministre fuit ses resonsabilités pour mieux laisser sa place de sauveur du Japon à une charmante ministre,...

Car ici, la politique intérieure disparait pour laisser place à l'humain. De l'humain certes, mais au trait plus qu'appuyé. Les 3 scientifiques deviennent des héros : Le plus rebelle découvre une solution pour sauver le Japon de la noyade, le deuxième meurt dans l'essai qui en découle et le troisième sacrifie sa vie et son amour pour une femme pour sauver des millions de vies.

Car, oui, vous n'échappez pas au merveilleux happy end avec discours de la ministre, reconnue pour son courage, en l'honneur des héros.


Tout ça n'a bien sûr aucune crédibilité et savoir que le sort du Japon dépend d'un gars, au commande d'un submersible vieux de 20 ans, qui doit se débrouiller seul pour placer un tube d'allumage dans le but de faire exploser des dizaines de mini bombes nucléaires pour casser l'écorce terrestre et empêcher le Japon de s'enfoncer sous l'eau avec elle.... et bien, oui tout ça, me parait fort bien ridicule !!


submersion du japon 4

Je vous ferais grace des effets spéciaux, cherchant à copier les pires films catastrophes américains... explosions, raz de marée, effondrements, vies sauvés in-extrémis....ou pas, rien ne vous sera épargné.

Je vous ferais grace aussi de la séquence émotion des dernières embrassades du héros avec son amoureuse (à qui il a refusé de faire l'amour quelques minutes avant... franchement, qui n'en aurait pas profité à sa place ^^) sous un magnifique air de J-pop à reprendre en version karaoké si l'envie vous vient...

 

 

 

 

Bref...

 

Passez votre chemin, prenez une douche, un Télérama ou un Picsou magazine....

Vous perdrez toujours moins votre temps...

 

 

Bon, et si j'allais lire un bon livre pour faire passer la pilule....

Tiens, le nouveau Laurent Gaudé, "Ouragan"...

qui n'est pas encore sorti mais que j'ai déjà dans ma besace...


oui je sais, ça vous dégoute mais ce sont les risques de mon métier

 

 

challenge In the mood for Japan

defi-sf.jpgchallenge litt et cinema

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 09:30


barberousse 1

 

Auteur : YAMAMOTO Shugoro

Editeur : Rocher
Date de parution : Mars 2009
Prix : 19 Euros

 

 

 


1820, Edo (Tokyo) - Japon.
Fraichement sorti d'une école de médecine hollandaise à Nagasaki, Noboru Yasumoto espère une carrière prestigieuse auprès du Shogun, grace à ses appuis. Pourtant à sa grande déception, il est affecté dans un dispensaire qui soigne gratuitement les indigents, auprès de Kyojo Niide, surnommé Barberousse.
Le jeune ambitieux refuse de s'impliquer et se plaint des conditions de vie.

" Il n'avait aucune intention de rejoindre l'équipe de médecins stagiaires. Il suffisait d'ouvrir les yeux pour se rendre compte que travailler dans ce cadre était salissant et peu stimulant, pour ne pas dire fort ennuyeux."

" On a beau être dans un établissement de soins gratuits, la moindre des choses serait de nous faire dormir sur des tatamis comme tout le monde."

Barberousse, autoritaire et bourru, ne dit rien et décide d'emmener Noboru avec lui dans ses consultations. Peu à peu, le jeune homme découvre des cas divers de maladies souvent liés à des difficultés sociales ou financières. Sa révolte s'assouplit et il devient admiratif devant le travail de son mentor.

barberousse2Ce roman est une formidable approche de la basse société japonaise de l'époque. A travers les portraits des différents patients, on découvrela misère humaine des petites gens : des jeunes filles exploitées pour la prostitution au détriment de leur santé, Oyumi la nymphomane qui tue ses amants suite à différents traumatismes, un garçon de  ans qui vole pour nourrir sa famille, le suicide d'une famille entière pour échapper à la honte et à la misère, un homme qui fait des demandes de mariage compulsives, un vieil homme qui sacrifie sa vie et sa santé pour expier une ancienne faute, ...


Les situations sont dramatiques et on ne peut rester indiférent devant tant de détresse.
Noburu s'éveille à la compassion et finit par adhérer aux réflexions humanistes du médecin.

"Il n'y a rien de plus précieux, de plus beau, de plus pur qu'un être humain. En même temps, rien n'est plus abject, plus infâme, plus stupide, plus pervers, plus avide et plus cruel."

"Pour moi, l'humanité authentique se trouve plutôt chez ceux qui souffrent de la pauvreté et de l'ignorance que chez ceux qui s'enrichissent et mènent des vies prospères ; ce sont les premiers et non les seconds qui ont véritablement espoir en l'avenir."

On y découvrira aussi une critique des politiques de l'époque qui vont réduire les "subventions" du dispensaire pour vivre plus largement, signifiant ainsi la mort de nombreuses personnes, qui ne peuvent payer les consultations.

barberousse3"- Ce que nous pouvons faire actuellement, ce que nous devons commencer à faire, c'est lutter contre la misère et l'ignorance pour pallier les insuffisances de la médecine, tu comprends ? […] Tu peux toujours dire que c'est un problème politique, c'est la façon habituelle de se débarrasser de la question ! Mais qu'est-ce que la politique a fait jusqu'à présent pour éradiquer la misère et l'ignorance, hein ? Prends la misère, simplement : depuis le début du gouvernement d'Edo, il y a eu je ne sais combien de lois et d'ordonnances, mais peux-tu me citer un seul article interdisant de laisser les êtres humains vivre dans le dénuement ? "

Des réflexions qu'on pourrait encore ressortir aujourd'hui....

Le style du roman est simple, sans fioritures mais Yamamoto se reclame du genre de "littérature populaire" et refuse que ses écrits soient considérés comme de la littérature.

Il est à noter que ce roman a été adapté par le célèbre Akira Kurosawa sous le même titre en 1965 avec le légendaire Toshiro Mifune dans le rôle titre. Kurosawa a d'ailleurs repris d'autres titres (non-traduits) pour les films : Sanjuro et Dode's Kaden.

barberousse5(Photos tirées du film de Kurosawa)


Une plongée dans le Japon du 19ème et ses bas fonds à découvrir pour son réalisme et son humanisme.



 
 

Edit du 15 juin :


 

Je ressors ce billet du 7 janvier pour intégrer ce chouette bouquin et son adaptation ciné dans le challenge lunettes noires pour pages blanches !

 

Comme je vous en parlais précédemment, ce roman a été adapté par le grand réalisateur japonais Akira Kurosawa, en 1965. 

On retrouve exactement la trame du roman, que Kurosawa a abrégé à certains endroits mais sans amputer le sens et la densité du texte. Le jeune Yasumoto est envoyé contre son gré auprès de Barberousse pour l'assister dans sa tâche de soigner les plus pauvres. Réfractaire et bien décidé à quitter au plus tôt la clinique, Yasumoto va peu à peu découvrir l'humanité et la générosité de son maître.


Si les anecdoctes médicales sont moins importantes que dans le roman, Kurosawa a su parfaitement les mettre en valeur pour souligner leur caractère poignant.

Chaque malade est prétexte à une histoire édifiante où la misère mène à des actes extrêmes, où les riches vivent dans un excès d'opulence alors ques les pauvres meurent.


barberousse4L'acteur fétiche de Kurosawa, Toshiro Mifune, qui interprète Barberousse donne au personnage un charisme et une prestance sans faille. Mais, alors que le roman nous offrait un personnage complexe et torturé, Mifune interprete un héros plus inébranlable.


Kurosawa déclarera d'ailleurs :

"C'est dans cette direction que j'aurais voulu pousser le personnage. Malheureusement Mifune n'a rien voulu entendre. Il a voulu jouer le personnage qu'il avait en tête, une sorte de héros sublime sans peur et sans reproche, et donc fatalement aussi sans humanité. Son interprétation héroïque, granitique, austère, a faussé le personnage. Mifune n'a pas voulu m'écouter. Alors j'ai décidé de ne plus travailler avec lui. Quand un acteur commence à jouer son propre personnage, c'est fini."

En effet, Barberousse scellera la fin de la collaboration entre Mifune et Kurosawa au bout de 17 ans de travail ensemble...

ça sera aussi sa dernière réalisation en noir et blanc qui se présentera comme un tournant dans son oeuvre.

 

S'il n'est pas, selon moi, le film le plus fort de Kurosawa, entaché surement par la mésentente entre ces 2 figures du cinéma japonais, "Barberousse" reste un film incontournable bourré d'humanisme, pour tout amateur de cinéma japonais !


 

challenge litt et cinema

 

Objectif-PAL.jpg

 

Objectif PAL : # 10

 


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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 22:15

 

totto-chan-1.jpg

 

 

Auteur : Tetsuko KUROYANAGI


 Editions :

 2006 - Presses de la renaissance - épuisé

2008 - Pocket - 6,50€

2008 - Pocket jeunesse - 6,50€

 

 

 

 

Note : 2 / 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tokyo, années 40. Une petite fille surnommé Totto-Chan vient d'être renvoyée de son école. En effet, à 6 ans, Totto-chan est une élève curieuse et active qui perturbe la classe par ses questions, sa bougeotte et son incapacité à rester tranquille.

Ses parents décident alors de l'inscrire dans une école un peu différente, Tomoe, tenu par Sosaku Kobayashi.

Le directeur présente en effet une approche totalement nouvelle dans son école qui met en valeur l'écoute, la liberté et la tolérance. Les cours sont donnés dans d'anciens wagons de trains, les élèves choisissent la matière qu'ils étudient,...etc.

Peu à peu, la petite fille va découvrir de nouvelles valeurs et devenir une écolière assidue.


 

totto-chan-3.jpg

 

Tetsuko Kuroyanagi nous raconte ici ses propres souvenirs d'écolières. Devenue une vedette de la télévision, elle choisit de nous parler de son parcours hors norme au sein d'une école qui la fit devenir une personne honnête et bonne.

Le récit nous est conté par la voix de Totto-Chan elle-même. Innocente et naive, elle décrit ses journées dans sa nouvelle école. Nous assistons au fil des chapitres à une successions d'anecdcotes qui trace le portrait de Tomoe, de son directeur et de ses méthodes éducatives.

 

La petite fille est attendrissante et son innocence est charmante à voir. Ses réflexions terre à terre et faisant preuve de bon sens font souvent sourire. On admire la pédagogie pratique du directeur qui sait parler aux enfants et accepter leurs différences.

 

" Au grand étonnement de la fillette, le portail de cette nouvelle école était fait de deux troncs d'arbres pas très hauts et couvert de feuilles.

- Il pousse dans la terre, ce portail, dit Totto-Chan à sa mère"


totto-chan-2.jpg

Pourtant, au fil des pages, la lecture m'est devenue franchement agaçante.

Le langage enfantin employé par la petite fille, touchant au début, finit à la longue par être franchement quelconque. D'un point de vue littéraire, le texte n'a finalement aucun intérêt. On y trouve en plus beaucoup de répétitions.

On se demande d'ailleurs pourquoi ce choix de l'auteur d'employer la troisième personne du singulier pour parler d'elle-même... Même si l'auteur a voulu retranscrire ses souvenirs et sentiments d'enfants, elle aurait été beaucoup plus inspirée de parler avec sa langue et sa vision d'adulte. Ansi le texte manque cruellement du recul et de l'analyse qu'on aurait attendu sur ce concept de pédogogie différente.

 

 

 

Le texte n'est finalement qu'une succession d'anecdoctes qui se suivent, sans aucun lien.

Totto-Chan grandit et évolue mais son regard reste toujours un peu gnan-gnan.

Car de la mièvrerie, il y en a dans ce roman qui nous offre un monde sucré et rose où tout va pour le mieux.

Des parents qui comprennent tout, des élèves qui se respectent sans jamais se disputer, etc...

La guerre sous-jacente, évoquée au détour d'un chapitre, ne changera pas grand chose à la vision idyllique de cet univers. Il faudra que l'école par un bombardement soit détruite pour que l'image parfaite se fissure.

 

Bref, vous aurez compris que cette lecture m'a plutôt ennuyée. Dommage car le postulat de départ était intéressant mais le parti pris de faire parler la petite fille a clairement empêché une analyse un tant soit peu poussée et intelligente de cette expérience hors-norme.

 

Cette lecture m'a été "imposée" par Joey dans le cadre du challenge Caprice et c'était aussi une lecture commune avec elle !

Et je m'excuse auprès d'elle pour les quelques jours de retard de mon billet !

 

challenge caprice

 

 

Vous pouvez trouver son avis bien plus positif ici ainsi que celui de Manu, qui tout en reconnaissant les mêmes défauts est beaucoup moins sévère !

 

 

Et dans un processus de défrichage de bibliothèque, j'offre mon exemplaire défraichi à celui qui me le demandera !



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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
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