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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 18:00

 

bateau usine 1

 

 

Auteur : KOBAYASHI Takiji

 Editeur : Yago

Date de parution : Octobre 2009
Prix : 18 Euros

 ISBN : 9782916209647

  138 pages

 

 

Note : 4 / 5

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes au Japon, dans les années 20. Un bateau-usine est affrété au beau milieu du pacifique, près de la frontière russe, pour pêcher le maximum de crabes possible. Ces navires gigantesques étaient de véritables usines flottantes et on y trouve à bord des marins, des pêcheurs et même des ouvriers pour mettre en boite les fameux crabes.

 

bateau-usine-5.jpg

Nous allons suivre ici le quotidien de l'équipage du Hakkô-maru. Un quotidien qui est loin d'être rose....

Les conditions de travail et de vie sont catastrophiques. Les hommes sont soumis à des cadences inhumaines. Le sommeil passe après le profit et on les oblige à écourter ou sauter leur nuit si le crabe se présente. L'hygiène est déplorable et les hommes blessés ou malades sont forcés de travailler ou se meurent à petit feu sans aucun soin.


Les chefs sont écoeurants d'égoisme et de méchanceté, s'offrant ce quils refusent à leurs hommes. Ils n'hésitent pas à donner de mauvais traitement en cas de contestation et vont jusqu'à ignorer un autre navire en détresse ( qui coulera avec ses 500 hommes...) pour ne pas faire baisser leur quota de pêche.

Les bateaux-usines sont d'ailleurs des épaves ambulantes : de vieux batiments russes gagnés à la guerre vaguement repeints feront l'affaire...

Bref la révolte gronde chez ces hommes qui n'en peuvent plus d'être considérés comme du bétail etqui sont à deux doigts d'y laisser leur vie.

Nous assisterons à la prise de conscience collective des travailleurs qui apprendront à s'unir pour lutter contre l'exploitation et le capitalisme.

 

bateau-usine-3.jpg

 

Le bateau-usine est un texte majeur de la littérature dite prolétarienne.

Ecrite en 1929, ce texte est frappant de réalisme. L'auteur s'est appuyé sur de véritables faits pour construire son roman. Le capitalisme et le développement industriel sont en plein essor mais au détriment des populations ouvrières et paysannes dont les conditions de vie s'aggravent.

 

 

Dans ce texte (et ses précédents écrits), Kobayashi veut dénoncer ce capitalisme à outrance qui conduit à la déshumanisation des travailleurs. Un engagement qui lui valut de connaitre plusieurs fois la prison. Vivant dans la clandestinité, il est une nouvelle fois arrêté et passe un an enfermé. Il meurt alors brusquement, officiellement d'un arrêt cardiaque.... officieusement de tortures.... Il avait 29 ans.

 

Ce roman met donc en avant la prise de conscience des travailleurs qui apprendront que l'union fait la force, dans le processus de contestation et de grèves. Un parfait exemple pour les membres de la classe ouvrière qu'il enjoint à faire de même

 

Vous trouverez à la fin de l'ouvrage plusieurs postfaces très intéressantes sur la biographie de l'auteur, le contexte historique et politique ainsi que sur la redécouverte récente (2008) de ce texte majeur.

 

bateau usine 4

 

 

Sinon vous pouvez trouver ici  de très bons dossiers en PDF.

 

A noter : ce roman a bénéficié de 2 adaptations cinématographiques (1959 et 2009...si quelqu'un sait me trouver... ) et même d'une série manga !


 

 

Un roman passionnant pour qui s'intéresse au Japon, à l'histoire ou à toute forme d'engagement politique !

 

 

 

  L'avis de Michel

 

 

 

bateau usine 2(Photos tirés du film de 1959 : Kanikosen)

 


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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 12:30

 

tsubaki 1
Auteur : Aki Shumazaki
Editeur : Actes Sud
Date de parution : 1999.
Réédition en 2009
Poche Babel en 2005


Prix : épuisé / 12,04€ / 5,50 Euros


Note : 4 / 5


"Il y a des cruautés qu'on n'oublie jamais.
Pour moi, ce n'est pas la guerre ni la bombe atomique."







Yukiko est une survivante de la bombe atomique. Alors qu'aujourd'hui, elle est mère et grand-mère, elle n'a jamais voulu parler de ce qu'elle avait vécu à Nagasaki à sa famille. Peu après sa mort, sa fille découvre une lettre laissée à son intention ainsi qu'une deuxième adressé à un homme qu'elle ne connait pas et dont elle est chargé de retrouver la trace. Elle y découvre alors ce que sa mère lui avait toujours caché, un secret douloureux porté depuis tant d'années.

Ce premier opus de la série "Le poids des secrets" porte effectivement bien son nom.
A travers cette lettre adressée à sa fille, Yukiko va nous raconter son enfance et son adolescence dans un Japon menacé par la guerre. La menace nucléaire est plus que sérieuse et les enfants sont même envoyés à la campagne où le risque était moindre semble-t'il. Hélas...

" Quand j'habitais à Nagasaki, j'ai rencontré des catholiques. Nagasaki est bien connue pour ses croyants. Un jour, une jeune fille catholique de mon école m'a dit, d'un air très sérieux : « Les Américains sont chrétiens. S'ils trouvent des croix dans notre ville, ils passeront sans faire tomber les bombes. » Je lui ai dit aussitôt : « Pour eux, les Japonais sont des Japonais. » Et la bombe atomique est tombée en face d'une église. "

La bombe tombe bien sur Nagasaki et nous la revivrons ainsi à travers les yeux de la jeune Yukiko qui y échappe par hasard. Les conséquences humaines sont légèrement évoquées quand la jeune fille retourne dans son quartier sur une route où de nombreuses victimes lui demandent de l'aide.

" La vallée était couverte de gens gémissant et criant "De l'eau!" Des enfants hurlant partout "Maman ! Maman !" Je trouvais des visages déformés, des corps brûlés ou déjà morts sur la terre. Dans la rivière, des cadavres flottaient en passant devant moi. La vallée de la mort. (...). Dans la rue je vis un homme sous un toit effondré. Quand on essaya de le secourir en le tirant par la main, son bras se détacha ".

Pourtant, au delà du drame national que va entrainer cette bombe, c'est aussi à un drame familial que nous allons assister. Yukiko découvre un secret qu'elle n'aurait pas du connaitre et son destin en restera marqué, au point de la conduire à un acte violent que je vous laisse découvrir.
Nous découvrirons le poids de la tradition qui est encore bien présent dans les familles où les convenances tiennent lieu de règles de vie. Convenances qui sont bien sûr bafouées dans le secret pour le meilleur et pour le pire...

Cette japonaise émigrée au Canada écrit en français dans une langue simple et pudique. Pas de fioritures dans ce texte qui laisse peu de place à l'extériorisation des sentiments. Certaines questions restent sans réponses mais la suite de la série qui continue de naviguer dans le même cercle familial donnera sans aucun doute les clés des ombres restantes.

"Tsubaki" est donc un récit fort qui fait le lien entre la Petite et la Grande Histoire, qui mélange passé et présent, à l'image du récit qui alterne les 2 temps.

"L'empoisonnement, les bombes atomiques, l'Holocauste, lemassacre de Nankin... Etait-ce nécessaire? C'était, selon elle, une question inutile après une pareille catastrophe. Ce qu'on peut faire, peut-être, c'est de connaître la motivation des gestes".

Ma note n'est cependant pas très élevée car j'ai la sensation que ce roman s'effacera très vite de ma mémoire. Alors que je viens de le lire, il m'a déjà fallu faire un effort pour me remémorer toute l'histoire. Ce n'est donc pas un coup de coeur pour moi. La lecture de la suite de la série permettra peut-être de m'en faire une empreinte  plus marquante.


" C'était ma mère qui aimait les camélias. Le rouge des camélias est aussi vif que le vert des feuilles. Les fleurs tombent à la fin de la saison, une à une, sans perdre leur forme : corolle, étamines et pistil restent toujours ensemble. Ma mère ramassait les fleurs par terre, encore fraîches, et les jetait dans le bassin. Les fleurs rouges au cœur jaune flottaient sur l'eau pendant quelques jours. Un matin, elle dit à mon fils : « J'aimerais mourir comme tsubaki. Tsubaki, c'est le nom du camélia en japonais. » Maintenant, comme elle le voulait, ses cendres sont répandues sur la terre autour des camélias alors que sa pierre tombale est à côté de celle de mon père au cimetière. "




Les avis de Papillon, Abeille, Karine, Jules, Emilie, Joelle, Aifelle, Virginie , Fashion, Chiffonnette, ...


Je vous invite à découvrir quelques images de cette tragédie :




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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 15:28





Le coupeur de roseaux est un court roman, écrit en 1932.

Nous suivons le narrateur qui décide de se promener aux abords du sanctuaire de Minase, ancien palais de l'empereur Gotoba (12ème siècle) transformé en lieu de culte. Son récit est émaillé de descriptions géographiques et historiques et ponctués de citations littéraires et poétiques. Il imagine l'empereur et le décor qui s'offrait à ses yeux tout en plongeant dans ses écrits.

"Je regarde dans le lointain
Le pieds des montagnes est enveloppé de brume
Rivière Minase !
Pourquoi avoir préféré
Les soirs d'automne ? "

Sa promenade le conduit au fleuve Yodo qui se traverse en 2 fois pour atteindre Hashimoto. Un banc de sable au milieu du fleuve sert de relai. C'est sur ce banc de sable que notre narrateur décide de se poser pour contempler à loisir la pleine lune.

La lune au dessus du fleuve Yodo et du château d'Osaka, par Hokusaï

C'est sur cet îlot qu'il rencontre un coupeur de roseaux qui, tout en lui offrant du saké sans compter, lui rapporte une anecdocte de jeunesse : son père l'emmenait chaque année en promenade sur les bords de la rivière Yodo et s'arrêtait pour observer une belle jeune femme qui jouait du Koto sur la berge opposée. Les années passent et le père se décide enfin à raconter à son fils l'histoire de cette femme.
On va découvrir alors, en même temps que notre narrateur, une histoire d'amour contrarié entre la belle O-Yû et le père, où le respect, l'amour pur et le sacrifice sont élevés au rang d'honneur.
Je n'en dirais pas plus pour ne pas vous dévoiler la richesse de l'intrigue.

Ce roman très intéressant n'est toutefois pas si facile d'accès suite à la longue introduction du narrateur sur le lieu de sa promenade. Regorgeant de références peu connues par les lecteurs occidentaux, il peut très rapidement ennuyer... Cependant, il faut avoir le courage de poursuivre pour atteindre la partie du récit sur O-Yu et Shinnosuke, autrement plus passionnante.
Entremêlant passion, secret, raffinement, mélancolie et relation à trois, cette histoire en forme de conte traite du désir innasouvi et l'élève comme forme d'amour suprême. Une femme sacrifie sa vie pour l'amour de sa soeur et de son mari. Une autre se refuse à aller contre les traditions. Un homme se marie par amour d'une autre femme. C'est une relation triangulaire bien complexe qui nous est présentée ici.
Le problème de la condition féminine est quelque peu montrée du doigt. Enfermées dans les traditions, elles sont soumises au bon vouloir de leurs maris et de leur famille.
Le lecteur baigne dans une atmosphère de mystère et de mélancolie renforcée par une écriture poétique qui rappelle les haikus.

Bref une belle découverte malgré une mise en place un peu longue du récit.

Il est à noter que le cinéaste Mizoguchi s'est inspiré de cette nouvelle pour réaliser en 1951 le film "Mademoiselle Oyu".







 

















Tanizaki s'étant lui-même inspiré du conte floklorique japonais : le coupeur de bambou. Datant du Xème siècle, il est considéré comme le plus ancien texte narratif japonais.Je vous renvoie à la notice Wikipédia qui est très bien faite : http://fr.wikipedia.org/wiki/Kaguya-hime.


Cette lecture était commune avec Cynthia qui a trouvé l'histoire très agaçante !



Note : ****


Editions Folio, 2€


Objectif-PAL.jpg

Objectif PAL : # 6


 

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 21:56



Shinsuke est apprenti chez le père d'O-Tsuya. Il est amoureux de la jeune fille qui partage son inclination.
Pourtant leur amour doit rester cacher car contraire aux usages. Un soir où les patrons se sont absentés, les deux amants se rejoignent. O-Tsuya essaie de convaincre Shinsuke de s'enfuir pour vivre leur amour. Ce dernier, faible de caractère se laisse convaincre un peu par facilité. Nos deux amoureux se retrouvent hébergés chez un ami qui doit organiser des pourparlers avec le père d'O-Tsuya pour qu'il consente à leur union. Mais Shinsuke ignore encore dans quel engrenage cette fuite va le mener...

Ce court roman nous plonge dans les affres de la passion et des extrémités où cette dernière peut nous entraîner. Shinsuke, jeune homme naïf et respectueux, ne fera pas le poids devant une jeune femme fougueuse, séductrice et manipulatrice. On reste frappé devant une naïveté qui, peu à peu, se transformera en violence, vengeance et crime... Le basculement est progressif et insidieux.

Ecrit en 1915, le récit prend place dans un Japon médiéval engoncé dans ses traditions, ses conventions et ses codes d'honneur que Tanizaki balaye allègrement en introduisant des personnages qui s'en défont sans scrupules.

Pour la petite histoire, l'auteur s'est inspiré de Ono No Komachi en comparant O-Tsuya à la "Komachi de Tachibana". Komachi était une poétesse d'une très grande beauté, spécialisée dans les thèmes amoureux et érotiques. Son nom est désormais devenu le symbole de la belle femme au Japon.

                                            Ono No Komachi par le peintre Kikuchi Yosai.



Une histoire d'amour passionnel à découvrir !


Note : ****



Edition Folio, 2€



Objectif-PAL.jpg
Objectif PAL : # 5

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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 17:36



L'auteur s'est interessé cette fois-ci au phénomène de prostition ou de "rendez-vous arrangé" qui touche les jeunes filles japonaises en mal d'argent facile pour s'offrir les produits de consommation de luxe ( sacs, vêtements, bijoux,...) dont est saturé leur quotidien. Enorme critique de la société de consommation et de la culture japonaise où les dérives paraissent normales à tout le monde ( flippant ! ) et où la seule possibilité de sortir de l'isolement, de la soumission et des voies toutes tracées est de choisir le danger d'un rendez-vous avec un ou une inconnue. Roman excellent donc pour qui s'intéresse un tant soit peu à la culture japonaise
.

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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
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