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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 23:55

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Tsunéo Asai, employé du ministère de l'Agriculture, est en plein déplacement professionnel à Kobe. Mais un coup de fil soudain lui apprend le décès de Eiko, son épouse. L'homme revient vers ses supérieurs et les accompagne encore un petit moment avant de réussir à se libérer. De retour à Tokyo, il découvre les circonstances de sa mort. Fragile du coeur, Eiko aurait eu une attaque avant de succomber. Cependant, le lieu de son décès (un quartier qu'elle n'avait pas l'habitude de fréquenter et où elle n'avait aucune connaissance ; un magasin de produits de beauté de luxe trop loin de chez elle pour mériter un tel déplacement) ne lasse pas d'intriguer son époux qui trouve décidemment très surprenant sa présence dans ce quartier. Ce dernier va faire des recherches et enquêter à sa façon afin d'en savoir plus. Quant il découvre que le quartier où Eiko est morte comporte de nombreuses maisons de rendez-vous, Asai ignore que le chemin où il s'engage va le mener au drame...

 

"Un endroit secret" est un polar à la japonaise : ne cherchez pas de suspense trépidant, de meurtrier sanguinaire qui fait subir les pires atrocités à ses victimes. Il y aura du sang certes mais ici, c'est plutôt la psychologie du personnage qui est mise en avant. Car ce qui est important, c'est plutôt le contexte et les raisons sociales qui entrainent ces crimes.


Tsunéo Asai est un petit fonctionnaire qui ne fait pas de vagues mais espère malgré tout que son fort investissement professionnel sera un jour récompensé. Très respectueux des manières et de la politesse inhérente à la culture japonaise, il se laisse à peine troubler par le décès de sa femme pour mieux continuer à remplir ses obligations. Pourtant Eiko n'était peut-être pas la femme qu'il croyait et son mari s'aperçoit qu'il la connaissait finalement assez mal. Il s'intéressait peu à ses activités (haikus, peinture, ...) et ils n'avaient plus de rapports sexuels depuis sa première attaque cardiaque.

Asai va devenir petit à petit complètement obnubilé par ses recherches sur le décès d'Eiko. Le roman monte en puissance petit à petit, en parallèle avec les sentiments du héros avant d'aboutir à un drame inattendu mais à la fois inévitable.

 

"Asai n'avait pas aimé Eiko au point ressentir aussi profondément le choc de samort. Il eprouvait plutôt de la colère envers celle qui l'avait trahi (...spoiler) ,il ne pouvait se résoudre à laisser les choses en l'état sans réagir.(...) Asai ne voulait pas rendre la pareille à son adversaire parce qu'il s'était joué de sa femme, mais plutôt se venger lui-même. "

 

Matsumoto dresse avec Tsunéo un très intéressant portrait psychologique. Cet homme travailleur qui ne prêtait que peu attention à sa femme et pour qui seul le travail compte va évoluer au fil des pages pour devenir un être impulsif et irresponsable, qui va délaisser ses obligations.  Cet homme carriériste et respectueux des codes va voir son univers bien ordonné s'effondrer.

L'insensibilité dont il fait preuve est plutôt choquante pour nous, occidentaux. La politesse et les convenances imposées par l'éthique japonaise sont des valeurs fortes qu'un homme se doit de respecter. Mais ce sont également des valeurs oppressantes qui peuvent conduire à des extrémités graves. Le déshonneur est une atteinte telle qu'il peut provoquer

Et c'est bien ce que l'auteur veut dénoncer ici : les contraintes et les responsabilités trop lourdes que l'on fait peser sur chaque homme. A la fois victime de ses actes et de la société dont laquelle il vit, Tsunéo est le parfait reflet d'une population, embourbée dans ses convenances et ses contradictions et qui ne réussit à s'en sortir qu'en se faisant violence à soi-même ou aux autres.

 

" Un endroit discret" s'avère tendre vers le polar social à la japonaise. Pas de rebondissements tonitruants, une tension progressive qui se termine sur un très beau coup de théâtre non dénué d'ironie, un personnage très étudié qui permet de découvrir les dessous de la culture japonaise : les paysages japonais, les convenances sociales, les relations amoureuses et conjugales, le monde du travail. On passera sur les déductions parfois un peu trop tirées par les cheveux du mari pour découvrir un très bon roman que je vous recommande !

 

endroit-discret-02.jpg

 

Une citation prémonitoire à noter :

 

" Asai avait ouvert une revue achetée au kiosque. Il y avait une page spéciale intitulée :

<<En cas de grand tremblement de terre, combien de personnes mourraient à Tokyo ?>>

Asai réalisa alors que cinqu jours plus tard on serait le 1er Septembre. Chaque année à l'approche de l'anniversaire du grand tremblement de terre du Kantô de 1923, il y avait toujours un journal ou un magazine pour publier ce genre d'article.(...)

<<Le séisme qui a eu lieu le 1er septembre de la douzième année de l'ère Taishô a atteint à Tolyo une magnitude de 7,9. D'intensité 6. A ce moment-là, il y a eu soixante mille morts. Il y a eu plus de morts dans les incendies que dans les décombres. Actuellement, la population de 'agglomération de Tokyo est de douze million d'habitants, à peu près le triple de ce qu'elle représentait en 1923. Dans le Tokyo d'aujourd'hui, les gratte-ciel se bousculent, des océans de maisons pressées les unes contre els autres cernent les grands ensembles, et tout cela s'étend à l'infini. Supposons que, par malheur, il s'y produise un séisme de la même magnitude que celui de 1923, combien feraut-il de victimes ? (...) "

 

D'autres avis :

Virginie - Le vent sombre (attention spoiler dans les 5 dernières lignes) - Littératurejaponaise -

 

 

 

"Un endroit discret"

MATSUMOTO Seichô

1ère édition japonaise : 1983

Editions Actes Sud, Actes noirs

Novembre 2010 - 215 pages - 18,80€

 

 

challenge In the mood for Japan

quinzaine nippone

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Jour 5 :

 

Retrouvez d'autres nipponeries chez :

 

Jérome présente un bel album jeunesse "les grenouilles samourais de l''étang des genjis"

Monsieur Happy de même avec "Un amour de ballon"

Ankya nous évade avec le "Japon, 365 us et coutumes "

Emma débute la série du poids des secrets, de Shimazaki.

 


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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 07:00

 

faute de preuves 01

 

Auteur : Harlan Coben

Editeur : Belfond

Date de parution : Mars 2011

Prix : 22  €

  378 pages

  

  

 

 De Harlan Coben, je n'avais lu qu'un roman : le premier de la série Bolitar, qui ne m'avait franchement pas convaincue. Depuis, je n'avais jamais retenté l'exérience. Il aura fallu une proposition éditoriale pour me décider. Et il faut bien reconnaître que ce roman a été assez agréable à lire !

  

Dan Mercer est éducateur pour les adolescents en difficultés. Divorcé, il a gardé de bons rapports avec son ex-femme qu'il cotoie toujours et s'occupe même de la fille qu'elle a eu avec son nouveau mari. Bref, Dan semble être un homme sans histoire, jusqu'au jour où Wendy Tines vienne chambouler sa vie. Présentatrice d'une émission de télévision à succès, cette dernière s'occupe de débusquer des pédophiles en leur tendant des pièges. Et c'est ce qui arrive à Dan qui, persuadé de répondre à l'appel d'une adolescente en détresse, se retrouve finalement face à une équipe de télévision peu scrupuleuse.

L'affaire Dan Mercer fait alors grand bruit, d'autant plus qu'on recherche toujours Haley MacWayd, une adolescente disparue sans aucune traces.

Dan, libéré faute de preuves, voit sa vie complètement détruite. Harcelé par les médias, les voisins, les parents de victimes, il continue néanmoins de crier son innocence. Il contacte même Wendy et réussit à lui instiller le doute quant à cette affaire. La journaliste qui culpabilise quelque peu de son acte, va finir par enquêter sur Dan et farfouiller dans son passé très mystérieux, tout en se penchant sur la disparition de l'adolescente. Les 2 affaires seraient-elles liées ? Dan serait-il le meurtrier de la jeune Haley ?

 

faute-de-preuves-02.jpg

 

Cette histoire conduite sous la direction de la journaliste donne une approche intéressante. Veuve, vivant seule avec son fils adolescent, Wendy a toujours du mal à accepter l'accident de son mari dû à une chauffeuse alcoolique. Prête à tout pour défendre les faibles et à ne laisser aucun tueur ou violeur en liberté, c'est une femme de poigne qui va au bout de ses convictions. Mais sous cette apparence de roc, Wendy est une femme bien fragile qui se débat avec ses propres faiblesses et doit gérer un enfant asocial qui lui adresse à peine la parole pour se murer devant son ordinateur.

 

L'intrigue est sans temps mort et les rebondissements fourmillent au rythme des découvertes de la journaliste. L'histoire se lit tout seule sans difficulté et on peine même à lâcher le roman pour avoir le fin mot de l'enquête. 

Néanmoins, le roman n'est pas sans défauts. Wendy, ardente accusatrice de Dan Mercer qu'elle dénonce comme un affreux pervers au début du roman finit par changer bien trop facilement et rapidement son fusil de l'épaule, juste sur la base d'une première intuition personnelle. Si elle continue néanmoins de douter quant à la culpabilité ou l'innocence de Dan, elle est tout de même passée d'une virulence extrême à un doute bien trop facilement posé qui laisse la place à toute sorte de conjonctures.

Plus loin, on retrouve notre journaliste devant internet. Quiche informatique, elle fait appel à son fils pour apprendre à rejoindre un groupe Facebook. Le paradoxe, c'est que quelques pages plus loin, on la retrouve encore sur internet à faire des recherches (j'ai oublié lesquelles...!) autrement plus compliquées que Facebook...

Bref, quelques petites incohérences, quelques situations un peu téléphonées font que ce roman pêche un tant soit peu par sa facilité.

Malgré tout, comme je le disais, "Faute de preuves" reste un polar extrêmement distrayant malgré son manque d'originalité. Les personnages principaux et secondaires sont suffisamment intéressants et travaillés. L'intrigue est menée tambour battant et je n'ai, pour ma part, pas su déceler la chute de l'enquête.

J'ai également apprécié toute la critique plus ou moins implicite qui est faite du monde des médias et de télévision en particulier. Le portrait des journalistes est loin d'être rose. Présentés comme des chacals à l'affût du moindre scoop qui fera monter l'audimat, les médias sont pointés du doigt pour leurs méthodes peu scrupuleuses

 

" C'est l'Audimat qui dicte la politique éditoriale. Si le public regarde, le sujet reste à l'antenne. Sinon les producteurs doivent se creuser les méninges pour trouver un nouveau jouet afin de récupérer l'attention volatile des spectateurs. "

 

 La chute qui préfère s'appuyer sur le pardon (et pas celui que vous imaginez ! ) plutôt que d'offrir un énième cliché  du Bien contre le Mal est à noter également.

On pourra conclure que finalement ce roman démontre une fois de plus qu'il ne faut pas toujours se fier aux apparences, qu'il ne faut pas non plus prendre ce que nous donnent les médias au pied de la lettre et qu'un homme bon peut aussi connaître des erreurs.

 

 

D'autres avis :

Leiloona - Stephie

 

Liens :

 N'hésitez pas à en découvrir un peu plus avec les fans de l'auteur sur la page Facebook qui lui est dédié. 

 

 

 

Merci à Jérémy et aux éditions Belfond pour cette découverte !

 

 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 16:24

 

N'ayez crainte ! 01

 

Auteur : Peter Leonard

Editeur : L'Archipel

Date de parution : Avril 2011

Prix : 19,95 €

  280 pages

 

 

Karen, mannequin, vit depuis peu avec Lou Starr, un riche propriétaire de restaurants. Une nuit, 2 voleurs du dimanche, Bobby et Lloyd, viennent les cambrioler. Le couple est séparé et menacé pour leur soutirer des gains de casino qui ne s'avèrent même pas là. Gardant son sang-froid, Karen voit là une excellente occasion d'utiliser leurs capacités. Elle propose aux cambrioleurs un coup qui devrait leur rapporter une sacré fortune. En effet, son ex-compagnon, Samir (accessoirement prêteur sur gage), lui doit de l'argent (299 560 dollars) qu'il se refuse à lui rendre. La jeune femme espère bien réussir à récupérer son dû grace à l'aide de Bobby et Lloyd. Le coup est monté, le cambriolage a lieu mais la suite ne se passe pas du tout comme prévu... N'ayez crainte, Karen a tout prévu !

 

Voilà un casse tout simple qui se termine en effusion de sang : un homme est tué, un autre est dans le coma. Le coffre se révèle vide lorsque l'on procède à son ouverture et Karen, elle, s'enfuit avec toute une clique d'hommes en colère et conscient d'avoir été arnaqués à ses trousses. C'est alors le départ d'une course poursuite trépidente qui durera tout le long du roman. Karen est poursuivi par Bobby et Lloyd. Bobby, joueur endetté auprès de Samir justement est poursuivi par O'Clair, le bras-droit du patron. Il y a aussi Ricky, bien décidé à prendre la place de patron de son oncle Samir, qui envoit 2 tueurs irakiens récupérer l'argent dérobé. Sans compter d'autres personnages dont je ne déflorerais pas le rôle. Vous l'aurez compris : dans cette histoire, tout le monde coure après tout le monde !


 

N-ayez-crainte---02.jpgFilm "Hitcher"


 

Peter Leonard, fils du célèbre Elmore, nous offre ici une histoire qui se déroule sur les chapeaux de roues. Pas de temps mort, des rebondissements à souhaits et des personnages variés. Deuxième roman à être publié mais premier à être traduit en France, "N'ayez crainte !" a recueilli les cautions de Westlake, Ellory, Connelly et j'en passe, la couverture et la 4ème se faisant un plaisir de nous le rappeler.

Sauf que pour moi, et bien, ça ne suffit pas...

L'intrigue est on ne peut plus classique : une banale course-poursuite pour récupérer le sac du magot. Rien d'autre ne compte que ce foutu argent. N'espérez donc pas une intrigue un peu fouillée avec une critique sociale, politique ou autre en arrière-fond.

Les "dialogues percutants" ne m'ont pas percutés, les trouvant même parfois vulgairement basiques. Je n'attends pas d'un gangster qu'il ait un langage chatié mais un minimum d'élévation littéraire ne ferait pas de mal.

Je n'ai pas relevé de "personnages hilarants" malgré le (seul) profil intéressant d'O'Clair qui, tel un warrior, se relève à chaque fois de tous les pépins qui lui tombent dessus. Karen, elle, m'a franchement agacée. Ma seule envie sur la fin : bon dieu mais faites qu'elle se fasse chopper, je n'en peux plus... ! Pour ma part, j'ai même eu un peu de mal au début à identifier qui faisait quoi et surtout comment chacun était connecté à un autre, tant les nouveaux personnages affluent au début du roman, tant les fils qui les relient sont nombreux.


Au final, ce roman n'est pas un mauvais roman, juste un banal polar qui sera parfait pour la distraction estivale et qu'on oubliera aussitôt lu. Si c'est ce que vous cherchez, n'hésitez pas.

Pour la comparaison, le dernier Coben m'a même semblé plus intéressant, mieux construit et mieux écrit.


 

Les lecteurs de polars semblent pourtant l'apprécier :  Pierre Faverolle -  Eskalion -  Claude Le Nocher -

Un autre avis chez  Nice Matin dont je me rapproche beaucoup plus.

Certains le compare à Tarantino, à Snatch... Si une adaptation ciné donnerait surement un de ces polars trépidants grand public que la famille apprécie de visionner dans le canapé du samedi soir, faut tout de même pas pousser....

Bref, n'est pas Elmore ou Quentin qui veut...


Je serais curieuse de découvrir de nouveaux avis sur le cas Léonard... Serais-je passée complètement à côté du nouvel auteur à suivre ?


 

N-ayez-crainte---03.jpgFilm "Bullitt" avec Steve Mac Queen


 

Extrait :

 

" Lou Starr lisait au lit, le drap remonté à hauteur de la taille. Il avait réglé l'air conditionné sur vingt degrés et le compresseur, dehors, se mit en marche. Il rajusta ses lunettes, tombées sur le bout de son nez, et admira un nouveau parcours de golf de la PGA, Whispering Palms, dessiné par Robert Trent Jones II.
Il toucha, sur la fourrure de sa poitrine, le médaillon de la chaîne en or qu'il portait au cou.
- Tu veux voir le plus beau trou du monde ? demanda-t-il. Il inclina la revue vers Karen, allongée du côté opposé du king size : soixante centimètres de matelas entre eux.
Karen garda le silence. Elle était adossée aux oreillers et le drap, en biais sur sa poitrine, dévoilait la peau très blanche e son épaule ainsi que la courbe d'un sein. Elle regardait un feuilleton sur le Sony à écran plat accroché au mur.
- C'est un par cinq de cinq cent cinquante mètres, le plus long du monde.
Il sourit, s'imagina au départ, face au fairway. Il exécute un ou deux swings de préparation avec son driver Fusion FT-3 et balance la balle à trois cents mètres. Hé, Tiger, fais mieux !
Le deuxième coup de Lou franchit un bunker et un obstacle d'eau... Sur le green en deux swings. Il prépare son putt, fait rouler la balle sur douze mètres en tenant compte de l'inclinaison de la pente : eagle !
Il eut un large sourire, ferma la revue et la posa sur la table de nuit. Il ôta ses lunettes de lecture, les mit sur le magazine et éteignit la lampe."

 

 


Merci à BOB !

 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 07:00

 

 

baka 01

 

Auteur : Dominique Sylvain

 Editions :

Viviane Hamy - 1995 et Mai 2007 (réécriture) - 256 pages - 16€

Points Seuil - Mai 2009 - 263 pages - 7€

 

 

" Baka ! " est le premier roman de Dominique Sylvain et la première appararition de Louise Morvan. L'auteur l'écrivit lorsqu'elle partit vivre au Japon et c'est avec logique que ce dernier s'y situe également.

 

Louise Morvan est une jeune détective privée qui a repris l'agence de feu son oncle. Elle récupère des missions ici et là et cette fois-ci accepte celle d'un certain Chevry-Toscan, évèque qui soupçonne des ennuis chez Florent, son neveu expatrié au Japon, après qu'il lui ai fait la demande d'un prêt exhorbitant. Louise ne parle pas un mot de japonais et ignore tout de ce pays mais c'est une jeune femme dynamique qui ne manque pas de ressources. Arrivée sur place, elle trouve une interprète en la personne d'Eve Steiner, jeune hotesse de bar accompagné de son amant japonais, et rencontre Michael Murat un beau policier français tout prêt à lui filer un coup de main.  L'affaire se révèle bien complexe que prévue. Florent semble s'être mis à dos Boss Gonzo, un chef yakuza et parait trafiquer avec une vieille antiquaire pas très nette. Louise découvre que l'évèque ne lui as pas tout dit, et quand Eve subit les conséquences de son enquête, cette histoire prend une bien plus grosse ampleur...


 

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Pour cette première enquête, Louise Morvan se révèle une héroine très intéressante. Elle fait preuve de ressources et d'intelligence, n'a pas froid aux yeux et n'hésite pas à affronter verbalement yakuza et méchants en tout genre. Mais Louise est aussi une femme séduisante, loin d'être insensible aux charmes des hommes, et qui peut aussi se laisser aller à une douce sensualité. Ses relations avec le français Michael et avec Ken le japonais oscillant entre attirance et rejet, jeu du chat et de la souris ou carrément sexuelles, mettent du piquant dans une histoire qui n'en manque pas. 

En suivant notre héroine dans une ville dont elle ignore tout, nous (re)découvrons un Tokyo, tout ce qu'il y a de plus typique avec ses bains japonais, sa politesse intrinsèque, ses yakuzas. L'ambiance est très réaliste : on y circule à vélo, on se balade avec son parapluie et on supporte les fortes chaleurs humides estivales. On l'accompagne dans un sanctuaire shinto, les Love-hotels, les établissements de bains et la petite salle de bain personnelle et son " grand baquet d'eau fumante " où il ferait si bon de s'y prélasser à deux...

Elle fréquente toute une variété de personnages qui va du monde yakuza à celui des bars à hotesses, en passant par les hommes politiques ou celui plus traditionnel des pratiquants du rakugo. Seront évoqués en filigrane différents éléments ou travers de la culture japonaise, comme l'hikikomori par exemple.

Excepté au Japon, on la cotoiera également de manière plus succinte dans son petit coin de Paris, près du Canal Saint-Martin où un petit café lui sert de point de chute et de rendez-vous, mais où la gouaille des clients et de Pépé Maurice st tout aussi évocatrice.


L'intrigue quant à elle est pleine de surprise et de rebondissements, et prend de l'ampleur au fur et à mesure de la narration. Mais elle m'a semblé parfois un peu trop décousue.

Vous vous en doutez, j'ai surtout acheté ce roman pour son intrigue qui se passe au Japon ! J'en ai été un poil déçue dans le sens où j'espérais découvrir plus de choses et plonger profondément dans la vie japonaise. Les néophytes seront ravis de cette plongée inédite dans un univers inconnu. Pour ma part, ça reste un peu trop en surface.

Bref, "Baka !" (expression japonaise qui signifie idiot, con) reste malgré tout un bon polar très facile à lire. N'oublions pas qu'il s'agissait d'un premier roman et l'arrivée tonitruante de Louise Morvan dans le rang des héroines de polar est plutôt savoureuse, augurant une évolution passionnante du personnage !

 

 

 

L'avis de Virginie, Fashion, Brize.

 

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 08:00

 

 

Totally killer 01

 

Auteur : Greg Olear

 Editeur : Gallmeister 

Date de parution :  3 mars 2011 

Prix : 22,90 €

  314 pages

 

 

 

 New York, 1991. Taylor Schmidt est la nouvelle colocataire de Todd. A 23 ans, c'est plutôt une jeune femme libérée, sexy en diable, qui débarque de son Missouri natal pour conquérir le monde. Todd devient fou de cette force électrique et dynamique, prête à tout par ambition, et rêve de se glisser dans son lit. Sauf que Taylor est morte peu après. Et que c'est Todd qui nous raconte son histoire tragique.

 

Nous sommes dans les années 90, le chômage touche de plein fouet les nouveaux actifs et la recherche d'emploi se révèle un véritable parcours du combattant. Taylor coure de bureaux de placement en bureaux en vain, son diplome dans une université lambda non côté ne l'aidant pas outre mesure. Todd galère aussi, malgré son statut de salarié, et l'arrivée de Taylor dans son appart va soulager quelque peu ses charges financières. Sauf que ce dernier, subjugué par la belle, lui passe pas mal de frais et de caprices.

Jusqu'au jour où Taylor se rend dans la curieuse agence Quid pro quo ( dont la devise est "un job  pour lequel on tuerait") qui semble proposer l'emploi parfait à chacun en échange d'un petit "remboursement" de la part du salarié. Taylor, très enthousiaste lorsqu'on lui propose le job d'éditrice dont elle rêvait, ne se préoccupe pas de la question et accepte la proposition. Mais quand l'heure des comptes sonne, Taylor va découvrir qu'il va lui falloir "libérer" un emploi.... La direction de l'agence part en effet du principe que les salariés agés du baby boom ont fait leur temps et que leurs emplois super rémunérés devraient être aux mains d'une nouvelle génération. Après, tout est question de méthode pour cette fameuse "libération"....

 

totally-killer-02.jpg

New York, 1991 

 

 

Vous soupçonnez peut-être déjà la trame du roman mais si vous souhaitez vous ménager un peu de suspense, ne lisez pas la quatrième de couverture qui annonce clairement la couleur.

Vous reconnaitrez peut-être dans "Totally killer" une idée déjà évoquée dans " Le couperet" par exemple.

La fin de Taylor est annoncée dès les 10 premières lignes donc pas de suspense à ce niveau. Tout l'intérêt est ailleurs.

Todd, obsédé par sa colocataire, nous raconte sa vie depuis que Taylor est entré dans son appartement. Aidé de la lecture de ses journaux intimes, de ses espionnages, il va nous révéler le moindre détail du parcours de cette jeune active pleine d'espoir.

A travers le portrait de Taylor et des autres personnages, l'auteur dresse celui sans concession d'une génération sacrifiée par la crise économique. Pour survivre, les jeunes trentenaires se doivent d'accepter n'importe quel boulot, sacrifier leurs envies, leurs espoirs et parfois même leur dignité. Les patrons se révèlent souvent des ordures. Taylor se fait, par exemple, harcelée sexuellement par un vieux pervers qui lui fait miroiter un job en échange de sa docilité. Bref, le désenchantement ne peut qu'être au rendez-vous pour ces jeunes confrontés à un chômage inéluctable.

Une satire sociale donc, teinté de noirceur et de pessimisme. Et pourtant : le style de ce roman est absolument réjouissant et me parait être l'élément le plus marquant de ce roman !!

A travers les propos de Todd, Greg Olear multiplie les références aux années 90 : musique, cinéma, littérature, évènements politiques ou sociaux. Il nous rappelle qu'internet n'existait pas, que " les gens croyaient encore que le SIDA pouvait être transmis par les larmes", que Brad Pitt était pratiquement inconnu,...etc et autres joyeusetés que nous avons tous oubliés ! 

Ainsi l'auteur, par le biais de ces références extrêmement nombreuses et foutraques, nous renvoie au contexte de l'époque et souligne d'autant plus l'évolution et le décalage par rapport à notre société d'aujourd'hui.

Mais le plus original dans ce polar, c'est tout de même le ton. Oscillant entre ironie noire, remarques caustiques et cynisme, tout est joyeusement écrit et dénote d'une grande habileté.

 

Vous l'aurez compris, je me suis régalée à la lecture de cet étonnant roman !!

Si la trame et l'intrigue pêche quelque peu pour son manque d'originalité et d'ampleur malgré un final plutôt réussi, l'humour et le style d'écriture rattrape tout le reste et mérite à lui seul qu'on se penche sur ce nouvel auteur plein d'avenir !

 

 

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 Sans-abris à New York, 1996 - Teun Voeten

 

 

 

Les avis de : Amanda, de Richard et d'Emeraude.

 

 

Extraits :

 

Le prologue, à lui seul, donne le ton et mérite d'être entièrement cité mais je vous renvoie à la page de l'éditeur qui vous le propose à la lecture.

 

"Une fois dans votre existence, si vous avez de la chance, vous rencontrez la femme de votre vie. Taylor Schmidt était de ce genre-là. Chez cette nana, les phéromones suintaient de partout. Elle était le sexe incarné. Et pas seulement pour moi. Tous ceux qui la rencontraient avaient envie de coucher avec elle. Tous ceux et toutes celles, pas seulement les mecs.

Avec le temps, c’était devenu un fardeau pour elle, comme si son incroyable sex-appeal était une difformité grotesque – un groin, un becde-lièvre, une tache de vin sur la joue. Elle s’en plaignait tout le temps. Sa situation faisait penser à un de ces mythes grecs qui se terminent de façon ironique : la fille n’est pas terrible, elle aimerait bien être très belle, elle devient si attirante qu’il lui est impossible d’avoir une relation non sexuelle avec qui que ce soit. Les hommes désirent son corps. Les femmes désirent son corps ou bien détestent la rivale qu’elles voient en elle, ou les deux. Elle est coincée. C’est la reine Midas, et son or, c’est le sexe.

Je m’embrouille un peu dans mes métaphores métalliques, mais vous voyez ce que je veux dire. Les mecs ne pensaient qu’à la tringler, c’est ça le point essentiel, et la plupart du temps, elle satisfaisait leur envie."

 

" - Que ferait le Prince Charles ? S'il en avait assez d'attendre et voulait devenir roi demain ?

- Pour commencer, il se débarasserait de cette dingueb qui lui sert de femme.

Charles et Diana ne se séparèrent qu'en 1992, et ils ne divorcèrent que quatre ans plus tard. Toutefois, en 1991, l'apothéose de Diana suite à  sa mort tragique était encore bien loin ; la perception que le public en avait à l'époque  était plus celle d'une emmerdeuse de première un peu frappée, que celle qu'une mère Teresa avec une plus belle coiffure que la vraie. "

 

" Quels sont les hommes que l'ont estiment le plus aujourd'hui ? Les athèltes qui excellent dans des sports simulant la mise à mort, et les acteurs qui jouent dans des films où la mise à mort est valorisée. En 1991, les trois plus grandes stards du box-office étaient Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone et Bruce Willis : tous des héros de films d'action, des durs brandissant des armes lourdes. Il est clair que tuer, les gens trouvent ça excitant. "

 

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 15:30

 

signal 01

 

Auteur : Ron Carlson

Editeur : Gallmeister

Date de parution : 5 Janvier 2011 

Prix : 22 €

  232 pages

 

 

Mack vient de sortir de prison. Ce n'est pas un méchant homme mais il a mal tourné. Des mauvaises rencontres, un ranch endetté qui nécessite toujours plus d'argent, ... l'ont entrainés dans des petites magouilles. Sa femme Vonnie n'a pas supporté ses écarts de conduite, surtout lorsqu'il s'est acoquiné à une jeune droguée. Pourtant, comme tous les ans, elle est là, au rendez-vous. Prête à l'accompagner pour cette randonnée commune qui sera cette fois-ci la dernière. Remariée à un riche avocat, elle a promis à Mack de l'accompagner une dernière fois pour cette sortie annuelle qu'ils avaient l'habitude de faire.

Entre souvenirs du passé et tentative de recoller les morceaux, l'excursion en pleine nature s'annonce tranquille. Pourtant, les ennuis ne sont jamais loin avec Mack...

 

  signal 02

 

Ne cherchez pas un thriller à couper le souffle, comme l'annonce le curieux bandeau, il s'agit ici plutôt d'une randonnée en pleine nature qui va finir par mal tourner. Pas de suspense haletant, de rebondissements à toutes les pages. Le rythme prend celui du pas des personnages et l'intrigue avance lentement.

Alors que pour Connie, cette randonnée est une façon de marquer définitivement leur rupture, elle est plutôt pour Mack une manière de se faire pardonner ses actes et de chercher à reconquérir la femme qu'il n'a jamais cessé d'aimer. Bien décidé à se remettre dans le droit chemin, payer ses dettes et sortir le ranch hérité de son père du gouffre financier, il s'accorde une dernière "mission" qui lui permettra de rebondir dans sa nouvelle vie. Mission qui doit être effectuée lors de cette randonnée.

Toute la première moitié du roman est consacré aux 2 personnages principaux. Nous les suivons au fil de leur randonnée dans le wyoming et découvons à leurs côtés les sublimes paysages traversés. Les descriptions sont grandioses et on laisse aller à imaginer le décor. Quasiment vierge, la nature ne semble héberger que nos 2 protagonistes, en pleine communion avec elle. Ils pêchent, dorment sous la tente, croisent des animaux sauvages et profite de l'immensité et du silence.

 

 " Il était aussi loin des routes qu'on pouvait l'être dans ce pays, et il avait la sensation primitive et rare d'être la première personne à marcher ici, et quelques minutes plus tard, à marcher ailleurs. Depuis le début du temps. Ce plateau rocheux incliné était nu et indifférent ; parfois, certains endroits révélaient leur indifférence. Ils étaient là depuis une éternité et y resteraient. Les rochers se fichaient de ce qui arrivait à l'homme, ils s'en fichaient il y a mille ans et ils s'en ficheraient dans mille milliers d'années. Partout autour de lui, il voyait des rochers qui s'en fichaient et s'en ficheraient toujours. C'était exaltant, Mack savait qu'il était en plein mélodrame. Le soleil ici n'avait pas d'âge et il était lui aussi indifférent. Mack sourit. "

 

 

signal-03.jpg

 

Au delà de l'aspect Nature de ce roman, cette partie est aussi l'occasion pour l'auteur de se pencher sur le passé des personnages et plus précisement de celui de Mack. On découvrira son enfance au sein du ranch de son père, sa rencontre avec Vonnie et leur histoire amoureuse qui semble tomber sous le sens.

Héros très touchant, Mack n'a pas eu la vie facile et a souvent fait les mauvais choix, par peur de ne pas être à la hauteur de son père. La relation entre les 2 anciens amants est tendrement esquissée. Connie a fait le deuil de son amour mais continue d'avoir de l'affection pour cet homme un peu gauche.

Il faudra attendre plus de la moitié du livre pour que l'action s'accélère quelque peu. La randonnée finit par prendre mauvaise tournure lorsque de mauvaises rencontres sont au rendez-vous...

 

"Le signal" s'avère ainsi un très bon roman qui oscille entre Nature Writing, roman d'amour et d'espoir déçus, et enfin drame sanglant. Les amateurs seront ravis, les fans de thriller un peu moins.

Dans tous les cas, il est bien évidemment à découvrir !!

 

Vous pouvez lire les premières pages ici.

 

Les avis de Cuné, Sylire, Keisha, Aifelle, La ruelle bleue, Brize, Clara,

 

 

 

 

challenge nature writing

 

 

 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 08:00

 

tijuana straits 01

 

Auteur : Kem Nunn

Editeur : Sonatine

Date de parution : Janvier 2011 

Prix : 21 €

  140 pages

 

 

Magdalena est une jeune mexicaine qui milite pour la préservation de l'environnement de Tijuana. Sa famille est morte suite à une inondation qui aurait pu être évitée, les passe-droits des entreprises américaines installées en terre mexicaine la révolte par le non-respect des normes environnementales. Et Magdalena est aussi impliquée dans la défense des travailleurs pauvres et plus particulièrement dans la protection des femmes. Bref c'est une battante qui refuse de laisser faire les choses et qui a fait le choix de combattre pour ses idéaux. Une personne qui dérange et qui va devoir un jour subir une tentative de meurtre... Echappant à un accident de voiture inopiné, 2 mystérieux hommes la poursuivent pour mieux la tuer. Magdalena réussit à s'enfuir et passe même la frontière avec les Etats-Unis. Elle atterrit chez un certain Sam Fahey, un curieux solitaire au passé bien lourd.

Sam est un ancien surfeur qui a abandonné sa passion pour vivre avec sa petite affaire de lombriliculture. Il traque à l'occasion les chiens dangereux et protège les oiseaux devenus rares. Pourtant son père était un pourri et lui-même a connu un peu de prison. Bien décidé à vivre seul, loin des ennuis, il a pourtant du mal à tirer un trait sur certains actes du passé.

L'arrivée de Magdalena chamboule son quotidien. Installée chez lui pour se remettre de ses blessures, la belle lui demande son aide pour démasquer les assassins qui la traquent.

 

 tijuana straits 03

 

 

"Tijuana straits" au delà de son intrigue de traque humaine  et d'enquête est un véritable portrait de la frontière mexicaine et de ses habitants. A travers les différents personnages, le lecteur découvre que la vie n'est pas rose sur ce bout de terre coincé entre Mexique et Etats-Unis. La vie est même carrément difficile. Les mexicains sont pauvres et peinent véritablement à faire vivre leur famille. Les entreprises qui les emploient n'ont aucun scrupules à les faire travailler sans protection physique, à les virer s'ils deviennent gênants, tant la main d'oeuvre est prête à tout pour obtenir un travail. De plus, elles polluent les eaux mexicaines qui peu à peu empoisonnent la population. Au besoin, elles ferment et vont se réinstaller plus loin.

Qui dit misère, dit aussi trafiquants de drogue, trafiquants humains, etc... Une misère humaine qui peut en rendre fous certains.

Pas étonnant donc qu'ils soient si nombreux à tenter de pénétrer illégalement aux Etats-Unis.

 

La description que fait l'auteur de cette partie du monde est saisissante de réalisme : le désert poussiéreux, ses chiens sauvages, ses pièges marécageux, sa patrouille des frontières, ses cow-boys,.... Et puis il y a l'océan, ses vagues mythiques et ses surfeurs tout aussi mythiques dont fait partie Sam, qui cherche à renier cette époque tout en refusant de l'oublier complètement. Les personnages sont touchants par leurs failles ou leur opiniatreté. Magdalena se rendra compte que son combat et ses idées sont peut-être trop idéalistes et que les apparences peuvent être trompeuses. Fahey, lui, devra faire face à sa culpabilité et devra affronter ses peurs. Sa rencontre avec Magdalena lui redonnera la force et le conduira sur la voie de la rédemption. Même les 2 mercenaires aux trousses de la mexicaine bénéficient d'un portrait intéressant et assez riche.

 

 

tijuana straits 02  Tijuana River

 

 

L'intrigue avance de manière assez trépidante. Le récit s'installe doucement mais accèlère rapidemment, suite aux menaces qui pèsent sur Magdalena et ça va défourailler ! Peu de temps mort et quand ils apparaissent, c'est pour mieux éclairer le passé des uns et des autres.

Si les enquêtes de Magdalena portent sur les activités des maquiladoras, le récit n'est malgré tout pas si centré que ça sur le sujet. Je m'attendais à une mise en situation bien plus marquante des faits. Finalement, c'est plus les conséquences sous-jacentes qui sont montrées du doigt.

Le thème du surf sera bien évidemment assez présent mais inutile d'être un expert pour apprécier la passion de Fahey pour ce sport qui est bien plus qu'un loisir.

L'attirance entre Sam et la belle mexicaine n'étonnera pas mais le traitement se révèlera bien loin des clichés et du romantisme convenu.

 

Bref, "Tijuana Straits" est un très bon roman : portrait vivant d'une frontière qui se divise entre nantis intouchables, jeunes surfeurs insouciants et mexicains accablés par la réalité, il nous plonge dans une réalité sociétale peu reluisante. Porté par la rencontre et la relation entre Sam et Magdalena, l'histoire convainc également par la psychologie des personnages très étudiés et évite l'happy-end attendu par une fin très surprenante !

 

Je vous le conseille très chaudement donc !

 

tijuana straits 04 Maquiladoras à Tijuana.

 

    

 

Extraits :

 

" On dit que ce sont nos choix qui font de nous ce que nous sommes".

 

" Elle estima que cela faisait partie des risques de la profession qu'elle avait choisie, dans un pays où l'ouvrière assassinée et l'enfant mort pour lequel on organisait la veillée aux flambeaux était indissociables et constituaient le prix que son pays semblait trop heureux de payer pour s'élever tout doucement vers la lumière. "

  

 

logotwitter2.jpg

 

Merci à BOB et aux Editions Sonatine pour cette très chouette découverte ! 

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 08:00

 

 

 

Tour noire 01

 

Auteur : Louis Bayard

Editeur : Le cherche midi

Date de parution : Octobre 2010

Prix : 22 €

  403 pages

 

 

 


 

Tour noire 03Paris, 1818. Louis XVI et Marie-Antoinette ont été guillotinés, Napoléon a été exilé et les Bourbons sont revenus au pouvoir.

Hector est un jeune étudiant en médecine qui vit avec sa mère, veuve, dans une maison qui accueille quelques pensionnaires pour permettre d'améliorer l'ordinaire quelque peu difficile. Son quotidien est rigide et fait de nombreuses petites habitudes desquelles il ne dévie pas. Pourtant, l'imprévu va survenir en la personne de Vidocq. Un meurtre, lié à la personne d'Hector, a été commis et le célèbre inspecteur compte bien s'adjoindre l'aide du jeune homme dans la résolution de cette enquête, bon gré, mal gré. Voici donc notre jeune étudiant un peu naïf mais néanmoins perspicace entrainé à la suite de Vidocq dans les méandres de l'histoire et de la royauté. En effet, l'enquête va les mener sur les traces du Dauphin, le petit Louis XVII (serait-il véritablement mort ?) et par la même occasion sur le passé du père d'Hector...

 

 

Quand j'ai reçu cet ouvrage, j'étais un peu sceptique. Je ne suis pas grande amatrice de polar historique encore moins de la France du 19ème siècle. Et pourtant, ma lecture fut une très bonne surprise !

Nous sommes loin du "meilleur thriller historique" annoncé sur la couverture (je ne dois pas avoir la même notion du thriller que l'éditeur mais bon...) mais la lecture fut des plus agréables !

 

Le narrateur de cette histoire est Hector lui-même. Il rapporte avec brio son aventure en compagnie de Vidocq. Nous plongeons dans le Paris de l'époque avec intérêt et découvrons l'époque de la Restauration de l'intérieur : ses aristocrates et ses dames qui tiennent salon, ses petites gens qui survivent tant bien que mal, les quartiers misérables de Paris et ses prostituées, les petits larcins et les grands crimes. C'est précis sans être rébarbatif et innaccessible.

Bref, j'ai pris pour ma part, une petite leçon d'histoire (mais comme je le disais, cette époque là c'était pas trop mon truc donc je ne pouvais qu'apprendre des choses !).

Et puis, il y a les personnages. Vidocq tout d'abord qui est un personnage truculent avec de la gouaille à revendre, qui se grime et se transforme au gré des besoins et en impose au jeune Hector. Hector, qui se révèle plus faible, plus malléable va malgré tout trouver son intérêt dans cette histoire qui le plongera dans sa propre histoire familiale. Attachant par sa bonté et ses questionnements, il finira par se libérer au contact de Vidocq. On pourra juste regretter que certains personnages secondaires ne soient pas assez fouilllés.

L'intrigue, quant à elle, est sujette à révélations et à rebondissements. On ne s'ennuie pas une seconde. Le récit est rythmé et alterne entre l'époque d'Hector (la Restauration) et celle de son père (la révolution). Le lecteur découvrira d'ailleurs au cours du récit de nombreux encarts issus du carnets de notes du paternel, notes qui intriguent au début mais finissent par donner tout son sens au récit. Le père d'Hector aurait en effet été le médecin de la famille royale, enfermée à la prison du Temple, la fameuse Tour noire, et aurait plus particulièrement soigné le Dauphin, jeune garçon de 10 ans alors.

 

Tour noire 02Prison du Temple - Paris


 

" La tour noire" se révèle donc un bon polar historique où le lecteur suivra une enquête à énigmes dirigé par un "couple" d'enquêteurs qui se complètent plutôt bien.

N'étant pas une adepte du roman historique, je ne suis pas trop exigente sur ce sujet mais peut-être que certains trouveront les références trop légères à leur goût.

Pour ma part, j'ai passé un bon moment et ce fut suffisant. Et ayant été prise par l'histoire que je ne n'ai finalement pas pu lâcher, je vous le recommande !

 

 

Les avis de Karine, Ys, Gruikman, Neph.

 

 

Merci à Solène et aux Editions du Cherche-Midi pour cette découverte !

 


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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 23:30

 

bobby-z-1.jpg

 

Auteur : Don Winslow

Editions :

Belfond, 1998, épuisé

Pocket, 2001, épuisé

Livre de Poche, 03-2010, 6,95€

 

 

 

Tim Kearney est en prison. Il vient de refroidir un Hell's Angel qui en voulait à sa peau. Alors qu'il va bientôt avoir toute une bande de motards sanguinaires qui crient vengeance sur le dos, voilà que l'inspecteur Grusza lui propose un deal : il retrouve sa liberté mais en échange, il doit prendre l'identité d'un certain Bobby Z, à qui il ressemble parfaitement. 

Le chef de la brigade des stups doit échanger le dit Bobby contre un de ses hommes, retenu par un gros bonnet mexicain de la drogue et trafiquant de travailleurs clandestins, Don Huertero. Et le problème est que le vrai Bobby Z est mort...

Tim accepte mais sans vraiment avoir le choix et sans savoir ce qui l'attend. Notre loser de service n'est pas au bout de ses surprises ! Car le voilà obligé d'incarner Bobby Z, le grand, le fameux Bobby Z, dealer légendaire que tout le monde connait et que peu ont réellement rencontré. Pas des plus facile pour un petit délinquant, spécialiste des coups foireux et qui a toujours joué de malchance.

La rencontre entre Don huertero et la police a bien lieu mais contre toute attente, finira à feu et à sang.

Et voilà que, de fil en aiguille, Tim se retrouve en cavale dans le désert avec toute une floppée de dangereux gars à sa suite qui en veulent à ses fesses : les Hells Angels, les flics des stups, Don huertero et sa bande de pisteurs, ... Et comme tout va toujours de travers dans la vie de Tim, ce dernier a même réussi à s'encombrer dans sa fuite d'un gamin délaissé qui voit en Bobby, un père légendaire et le seul à s'intéresser à lui.

Il n'a pas fini d'en baver Tim... et le lecteur de s'en régaler !


 

bobby z 3Désert d'Anza-Borrego

 


  Car oui, "Mort et vie de Bobby Z" est un excellent polar qui parait sans prétention mais qui se révèle au final trépidant et bourré de surprises.

L'histoire commence et se termine à toute berzingue : fusillades, courses-poursuites, piège qui se termine en massacre, ... Pas de repos pour notre anti-héros, ni pour le lecteur qui dévore les pages sans pouvoir s'arrêter. C'est un roman qui ne fait pas dans la dentelle, vous l'aurez compris. Violence, tueries, scènes de sexe, sont monnaie courante ici.

 

La langue est à l'avenant : populaire, directe, parfois vulaire, ne s'embarrassant pas de fioritures et digne des meilleurs polars.

Désamorçant le trop plein de violence, l'humour est omniprésent et Tim fait fréquemment preuve d'ironie sur son propre sort. L'écriture s'en trouve vivifiée et abonde en second degré.

 

Pourtant, loin de se limiter à une bonne histoire d'action, Bobby Z se révèlera aussi le récit touchant d'un perdant de première qui cherche aussi une forme de rédemption. A travers la relation qui se construit avec le fils de Bobby Z, Tim devient extrêmement attachant et apprend à montrer son "bon" côté.

 

Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup apprécié cette première découverte de Don Winslow !

Un bon roman noir que j'imaginerais très bien adapté au cinéma !

Laissez-vous tenter !!

 

bobby z 2Migrants mexicains

 

 

 

L'avis de EmiLie,

 

 

Merci à BOB !

 

logotwitter2.jpg

 

   

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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 22:30

 

livre des morts 0

 

Auteur : Glen Cooper

Editeur : Le cherche-midi

Date de parution : Mars 2010

Prix : 21 €

  420 pages

 

 

Depuis quelques jours, New York se voit secoué par de curieux décès. Bien que ces morts ne semblent avoir aucun lien, chacun des protagonistes a reçu une carte postale leur annonçant la date de leur mort !

Aucune piste à se mettre sous la dent... Rien de tel que de ramener sur le devant de la scène, Will Piper, profiler à la retraite pour mettre la main sur ce fameux "tueur de l'apocalypse".

 

Parallèlement, nous suivons une intrigue bien plus ancienne qui nous propulse en l'an 777 sur l'Ile de Wight où il se passe d'étranges choses. Une prophétie parle de la naissance du 7ème fils d'un 7ème fils en la date emblématique du 7ème jour du 7ème mois. L'enfant qui semble posséder d'étranges pouvoirs est alors recueilli au sein de l'abbaye.


 

livre-des-morts-3.jpgAbbaye de Quarr, ile de Wight


 

2 récits qui n'ont a priori rien à voir mais qui vont progressivement se rejoindre. La narration alterne habilement les 2 époques et ménage un suspense certain. Le lecteur découvrira à la fois les rouages secrets du gouvernement américain qui, sous couvert de recherches extra-terrestres (la fameuse zone 51 et son roswell), cache de sombres découvertes ; mais aussi la vie dans une abbaye en plein Moyen Age, complètement perturbé par le pouvoir fascinant du 7ème fils.


Les personnages aux typologies marqués sont plutôt attachants : l'agent du FBI alcoolique qui cherche une rédemption dans cette dernière enquête, un employé de la zone 51 en mal d'amour et de reconnaisance, des religieux complètement déstabilisés qui cherchent à trouver une signification dans un pouvoir ésotérique.,...

 

livre-des-morts-2.jpgLoin d'être un thriller trépidant, "Le livre des morts" offre une intrigue intéressante qui sait ménager ses effets de surprise. Le rythme est soutenu de part les allers-retours entre les époques. Si la part ésotérique ou religieuse semble peu crédible, elle m'a parue plutôt originale. Je ne suis pas vraiment adepte de ce type de sujet et il s'avère que c'est celle que j'ai trouvé la plus intéressante.

Pourtant, le roman se révèle de facture assez classique. L'enquête principale de Will Piper est somme toute bien légère. Seuls les passages sur l'ile de Wight et ceux suivant notre petit fonctionnaire de la zone 51 apporte un peu de contenu.


 

Bref, on passe un bon moment mais cette lecture me parait loin d'être indispensable. Plutôt un roman facile à lire entre 2 ouvrages plus travaillés.

 

 

Les avis très variés de : Amanda, Leiloona, Pickwick, Cathulu, Neph, Ankya, Joelle, Emmyne, Emeraude, ...

 

 

Je remercie Solène et les Editions du Cherche-midi pour cette découverte et m'excuse auprès d'elle d'avoir tant tarder à le lire !!

 


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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
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