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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 07:00

 

mer-engloutie-1.jpg

 

Auteur : Taras Grescoe

Editeur  : Noir sur Blanc
Date de parution : Avril 2010

Prix :  24 Euros 

453 pages

 

 

 

 

Vous l'ignorez surement mais je suis végétarienne. Je ne mange ni viande, ni poisson pour des raisons éthiques. Parallèlement, l'écologie est un domaine qui me touche également.

Aussi quand BOB m'a offert la possibilité de lire cet essai sur le poisson et l'industrie de la pêche, j'ai eu très envie de découvrir les dessous de VOS assiettes...

Et je dois dire que je suis très contente d'avoir lu ce livre, même si ce qu'on y découvre n'est pas franchement réjouissant.

 

Taras Grescoe, qui a lui même supprimé la consommation de viande dans son alimentation, a voulu savoir comment manger sainement et de façon éthique du poisson alors que les informations quant au bien fondé de sa consommation était contradictoires. Alors que les populations grandes mangeuses de poissons se révélaient en meilleure santé, de nombreux signaux d'alarmes quant à la toxicité et à l'impact écologique de la pêche font réfléchir.

L'auteur est donc parti faire un tour autour de la planète à la rencontre de différents lieux et systèmes de pêches.

Le constat se fait plutôt alarmant...

 

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Un chef cuisinier célèbre, un article dans la presse peuvent susciter l'engouement pour un poisson ignoré jusqu'à lors et provoquer une sur-pêche qui mène à une quasi extinction.

La pêche intensive a fini par épuiser les stocks et pire à détruire l'environnement marin. Le chalutage, la pêche à la dynamite détruisent de nombreux écosystèmes et laisse un désert derrière eux, supprimant ainsi les moyens de subsistance de toute une population locale dont elle est la seule source de revenu.

La baisse des grands prédateurs surpêchés (thon,...) perturbent complètement la chaine alimentaire et les poissons de bas de chaine prolifèrent et étouffent la diversité. On doit s'attendre à terme à voir les eaux peuplées de méduses et d'algues.

Les prises dites accessoires sont rejeteés à la mer et se révèlent comme un énorme gachis.

Les élevages de poissons, cherchant à pallier à la raréfaction des poissons sauvages provoquent de nombreux dégats d'un point de vue environnemental, en polluant tous les lieux à proximité. Bourrés d'antibiotiques, parqués dans des espaces confinés propices au développement des maladies, les poissons en s'échappant permettent aux bactéries de proliférer et de tuer la faune locale.

On découvrira aussi que pour nourrir ces élevages, on utilise bien de matières premières (des petits poissons transformés en farine, quand ce ne sont pas des déchets de viande impropres à la consommation humaine et animales.... ) pour produire une quantité moindre de chair consommable, alors que certaines populations meurent de faim ailleurs.

On pourra noter l'absence de réel souhait des politiques de préserver des ressources que tout le monde pense infini. Les quotas imposés sont toujours bien trop élevés, les lois édictés non appliqués, la corruption et le lobbying peut aussi faire rage et ne laisser aucune chance à notre planète pour retrouver sa diversité d'autrefois.

Bref, je vous en passe des pires et des meilleures...

 

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Taras Grascoe ira à New York (Lotte), dans la baie de Chesapeake et en Bretagne (huitres), en Angleterre (fish and chips), à Marseille (bouillabaisse), au Portugal et en France (sardines), en Inde (crevettes), en chine (ailerons de requin), au Japon (Thon rouge), en Colombie-Britannique (saumon) et en Nouvelle-écosse (colin) pour nous faire découvrir la pêche dans tous ses aspects et bien souvent les pires.

Son enquête est extrêmement fouillée tout en nous faisant comprendre facilement les tenants et aboutissants des enjeux de la pêche d'aujourd'hui. Alarmiste, il nous confiera aussi les formes positives que la pêche peut prendre et citera des cas d'industrie éthique et durable.

Une appendice finale listera clairement pour les consommateurs les espèces à éviter et celles que l'on peut manger. 

 

Taras Grescoe nous offre ici un essai édifiant que chaque consommateur de poissons devrait lire. Donnant les clés d'un développement durable des ressources marines, il nous enjoint d'avoir une attitude responsable quant à nos choix alimentaires si l'on veut que nos petits-enfants connaissent la même biodiversité.


  " Est-ce qu'en changeant nos habitudes alimentaires nous pouvons vraiment aider les océans .

La réponse est oui, catégoriquement.

Pour moi, continuer à choisir mon poisson en étant dans l'ignorance n'est plus acceptable. Je me suis aperçu qu'en suivant le fil reliant l'animal qui était dans mon assiette à l'hameçon ou au filet qui l'avait pris - ou bien au bassin dans lequel il avait été élevé -, je découvrais trop souvent un spectacle de désolation. La lotte grillée à new York vous amène à une plaine de vase, ce qui reste du fond de l'Atlantique après le passage des chaluts de fond ; le napoléon à la vapeur à Shanghai vous conduit à des coraux empoisonnés par du cyanure et réduits en miettes  par de la dynamite ; les crevettes panées frites dans les centres commerciaux d'Amérique vous entraîne vers des forêts de mangrove mortes et des eaux de consommation devenues toxiques, et ce dans certaines des contrées les plus pauvres du globe. Partout dans le monde, une seule force a provoqué cette déconfiture : l'appétit de l'homme, encouragé par toutes les industries & destructrices qui sont nées pour le satisfaire.

Alors oui, ce que vous décidez de manger compte. (...) Et quand nous achetons du poisson sans chercher à nous préoccuper de sa provenance - eh bien, quand vous multipliez cette déciciosn par quelques  milliards de bouches, alors ça compte vraiment, vraiment beaucoup. "


Après cette lecture, je dois dire que je suis contente et fière d'être végétarienne!

Mais je ne suis pas du genre militant alors sans vouloir vous commander, je vous engage juste à lire ce livre ou du moins à vous documenter sur le sujet.

Je suis toujours un peu agacée par ces personnes qui me disent, au sujet de la viande, refuser de voir comment elle est produite et industrialisé car elles en seraient écoeurées...

La même chose est valable pour les poissons. Refuser d'apprendre comment votre nourriture atterrit dans votre assiette est pour moi,  une façon de se voiler la face que je trouve un peu lâche et égoiste.


On annonce un "effondrement de toutes les pêches du monde aux alentours de 2048 "


Vous ne pourrez pas dire : je ne savais pas...

 


 

Et pour conclure la minute militante lol,

sachez que je ferais voyager ce livre avec grand plaisir aux consommateurs intéressés...

 

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En attendant... Bon appétit !



Sachez que vous pouvez retrouver les 40 premières pages de cette étude ici !


Les avis tout aussi positifs de Folfaerie, Catherine, Yv

 

 

 

Mille merci à BOB et aux Editions Noir sur Blanc pour cette enquête passionnante !

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Published by Choco - dans Essai
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commentaires

Tulisquoi 27/06/2010 15:09



Non, c'est vrai les bananes françaises je n'ai jamais trouvé non plus ;) Maintenant ce n'est pas que je n'achète plus rien de l'étranger (pour certains produits, ce n'est juste pas possible),
mais j'évite par exemple les haricots du Maroc ou du Kenya (comme vu hier sur les étals). Dans un mois je trouverai des haricots de France ou même mieux, j'irai les cueillir moi-même (il y a ça
près de chez moi : tu cueilles et tu payes tes légumes, c'est le top !)



Choco 28/06/2010 22:29



Ah j'aimerais bien aussi avoir des fermes à cueillettes comme toi !



Marie 24/06/2010 22:40



Gloups ! Ca me donne envie de devenir végétarienne ! Je mange peu de viande, mais j'en prépare 2 à 3 fois par semaine tant que mes enfants n'ont pas fini leur croissance...



Choco 24/06/2010 23:31



Ouiiii, rejoins le club !!


Je n'ai pas d'enfants et donc pas ce problème mais j'avoue m'être déjà posé la question... sans trouver de réponse adéquate ! On avisera plus tard !



Tulisquoi 23/06/2010 20:04



Ce livre a l'air très intéressant ! Je ne suis pas du tout végétarienne, mais j'essaye autant que possible de prendre des produits qui viennent de France (et éviter ainsi les courgettes sans
saveurs en plein hiver), ne plus prendre les produits en voie d'extinction comme le thon, etc, etc... Bref je tente autant que possible de faire moins mal à la planète, même si je continue à être
carnivore !



Choco 24/06/2010 23:28



Je pense que c'est l'attitude à avoir ! On oublie trop souvent les "vraies" saisons des légumes (et moi la première hein !).C'est pas toujours facile de s'y retrouver ou même de trouver certains
produits venant de france : Par exemple, les bananes... perso, j'ai en encore jamais vu...


On peut être viandard sans faire trop de mal à la planète ! Par contre, vis à vis des animaux c'est un autre problème... Mais ça c'est un autre aspect de mon végétarisme !



Kikine 22/06/2010 23:33



Ce qui est souvent dommage c'est que l'on a bien souvent du mal à savoir d'où viennent les poissons que l'on achète ... on finit par aller dans les poissonneries où les poissonniers semblent
connaître la provenance de leurs poissons ... mais la garantie n'est jamais là 



Choco 24/06/2010 23:21



Oui tout à fait, l'auteur soulève d'ailleurs ce problème et déplore le manque d'informations... Il essaie de donner quelques clés mais je reconnais que ça n'est pas simple.



Pickwick 22/06/2010 19:44



Ben zut alors, moi qui pensais que tu allais payer ta tournée générale de sushis pour la réussite du challenge sur la littérature japonaise ;)


Plus sérieusement, je me dis qu'il est grand temps de m'y mettre. Mes connaissances se limitent grosso modo aux problèmes des perches du Nil et du thon rouge, c'est bien peu. Beaucoup de lectures
programmées en juillet, mais je note pour plus tard, ça me semble indispensable.



Choco 24/06/2010 23:16



Indispensable que tu te penches sur la question, c'est sur !


Quant au sushis... c'est niet ! Mais je pense peut-être récompenser celui qui fera le plus de lectures japonaises...



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