Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 23:00

 

Ces derniers temps, le Japon a le vent en poupe !

Ces derniers mois, sont sortis plusieurs ouvrages relatant de séjours japonais d'auteurs et artistes variés.

Je vous propose de les découvrir !

 

 

 

voyage au japon t1 01Voyage au Japon, tome 1 : Tokyo

 

Sandrine et Rémy ont réalisés leur rêve. A l'occasion de leur voyage de noces, ils ont pu partir au Japon. De leur séjour, ils ont ramenés l'envie de partager leur expérience. Un carnet de voyage personnel qui n'a pas vocation à vous montrer les lieux "qu'il faut faire" mais plutôt à vous donner un ressenti, des impressions, des émotions face à un lieu rêvé. 

Essentiellement dessiné, ce carnet au format à l'italienne fait la part belle aux aquarelles qui n'hésitent pas à s'étaler en de superbes doubles pages. A la suite du couple, le lecteur plonge dans un univers contrasté entre petites échoppes traditionnelles, rues étroites garnies de feuillage et quartier technologique aux enseignes clignotantes. Leur déambulation à travers Tokyo se visualise à l'aide d'un plan de métro qui renvoit aux lieux dessinés. Les commentaires écrits soit l'un ou l'autre sont permettent d'apréhender la surprise, la joie, la déception parfois de la découverte d'une ville inconnue. On note d'ailleurs que l'ouvrage est bilingue, permettant ainsi aux lecteurs japonais de découvrir l'oeil des étrangers sur leur pays. 

Un bel ouvrage donc qui, sans prétention aucune, offre une belle part de dépaysement et s'apprécie essentiellement pour la qualité des illustrations qui permettent à chacun d'ouvrir sa propre fenêtre japonaise et de se projeter dans un voyage futur ! (qui sait !?)

 

Liens :

Interview des auteurs.

 

voyage-au-japon-t1-02.jpg

 

 

voyage-au-japon-t1-03.jpg

 


voyage-au-japon-t1-04.jpg

 

 

voyage au japon t1 05

 

 


Titre : Voyage au Japon, tome 1 : Tokyo

Auteur : Rému Maynègre et Sandrine Garcia

Editeur : Ankama

Parution : Février 2012

    160 pages 

Prix : 25,90€


 

 

 

 

petite épopée nippone 01Petite épopée nippone :

 

Le dessinateur Philippe Buchet, compagnon de route de Morvan dont on connaît le goût pour le Japon, a passé de nombreux mois au Japon. Entre 2003 et 2005, il y a effectué plusieurs voyages dont il ramena plusieurs carnets de croquis. Petite épopée nippone, préfacé par Taniguchi, rassemble quelques un de ces dessins. Réalisés sur du papier à dessin beige que l'auteur affectionne particulièrement, ils sont particulièrement mis en valeur dans ce bel ouvrage à la couverture cousue et au sobre emboitement cartonné qui rappelle le drapeau japonais. Vous y découvrirez des croquis très aboutis de paysages, des détails joliment mis en valeur. Buchet y ajoute quelques légendes explicatives. Dans les marges, l'auteur présente aussi régulièrement des petits strips où il se met en scène, à la manière des mangakas qui n'hésitent pas à apporter une touche personnelle, vivante et humoristique de leur quotidien.

Bref, cette petite épopée ravira les amateurs de Japon et les adeptes de Buchet !

 

A noter : 1€ est reversé au Secours populaire pour les sinistrés du Japon à chaque album acheté.

 

 

petite-epopee-nippone-02.jpg

 

 

petite-epopee-nippone-04.jpg

 

petite-epopee-nippone-03.jpg

 

 

petite-epopee-nippone-05.jpg

petite-epopee-nippone-06.jpg

petite-epopee-nippone-07.jpg

petite-epopee-nippone-08.jpg

 


Titre : Petite épopée nippone

Auteur : Philippe Buchet

Editeur : Kana

Parution : Novembre 2011

    76 pages 

Prix : 15€


 

 

 

Carnets de Kyoto :

 

carnets-de-Kyoto-01.JPG

 

En 2008, le dessinateur Nicolas de Crecy bénéficie d'une résidence d'artiste à Kyoto. Ce carnet est le résultat de quelques mois de séjour.

Une introduction de l'auteur, agrémentée de quelques photos, présente tout d'abord les circonstances de son séjour et la raison de ce carnet. S'ensuivent ensuite les magnifiques dessins qui donnent à voir la réalité de l'artiste. On reconnaît la patte de l'auteur et on retrouve la méticulosité de ses illustrations. Visages souriants, paysages urbains, animaux mythiques s'épanouissent sous le crayon de l'artiste aux couleurs éteintes.

Si ce carnet est un peu moins accessible que les 2 premiers, il donne à voir pourtant la qualité du dessinateur, oscillant entre réalité et Japon fantasmé.

 

carnets-de-kyoto-02.jpg

carnets-de-kyoto-03.JPGcarnets-de-kyoto-04.JPG

 

 

carnets de kyoto 06 

 

carnets de kyoto 07


Titre : Carnets de Kyoto

Auteur : Nicolas de Crecy

Editeur : Editions du Chêne

Parution : Mars 2012

    160 pages 

Prix : 35,90€


 

Challenge Dragon de Feu

 

10 jours japonais


 Les 10 jours japonais

Jour 3

 

Au programme, aujourd"hui :

 

 

- Jérome s'adresse à la jeunesse avec La maison en petits cubes

- Tiphanya voyage avec Japon, itinéraires de voyageurs

- Ankya a lu Hamaguri, de Shimazaki

- Unchocolatdans mon roman présente le manga Oishinbo

- Emmyne nous parle du conte Ce qui arriva à monsieur et madame Kintaro

- Soukee a lu La brokante Nakano

- Catherine est allée voir du côté des chats

 


Repost 0
21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 07:00

Vladivostok 01Après avoir pas mal voyagé dans le monde, Cédric Gras, jeune géographe français, se voit confier la mission de créer une alliance française à Vladivostok. S'il a déjà séjourné en Russie, le jeune homme ne connaît pas le côté extrême-oriental du pays. C'est avec grande surprise que la ville se révèle à lui. A travers les saisons, l'auteur va s'atteler à nous faire découvrir une ville et une région dont on ignore tout et réussir à décortiquer l'âme russe dans laquelle il se retrouve tant.

 

Parti pour un an d'expatriation, Cédric Gras restera finalement 3 ans dans cette ville qui lui fit pourtant une si mauvaise impression à son arrivée. Vladivostok est une ville russe que 9000 kms séparent pourtant de la capitale. Coincée sur une péninsule à l'extrême sud du pays, la ville est plus proche de la Chine, de la Corée du Nord et du Japon que de Moscou. Port de pêche important de la région, elle interagit régulièrement avec ses plus proches voisins avec qui elle fait commerce.

Contrairement à l'idée que nous nous faisons tous certainement, la région ne ressemble pas à la froide Sibérie et bénéficie d'un climat temperé qui alterne entre hiver enneigé et un été pluvieux de mousson.

L'auteur arrive au printemps, au terme d'un voyage en Transsibérien et commencera son récit par cette saison qui peine à soulever l'enthousiasme. La ville a l'apparence d'un "marais à l'eau salé et à l'air vicié" et la mer pourtant toute proche se laisse à peine sentir. Pourtant, Cédric Gras ressentira cette ville comme une évidence et l'étrange sentiment d'arriver dans un endroit familier.

 

Vladivostok-02.jpg

 

A travers les saisons donc, le français détaille les particularités d'une ville et d'une région à cheval entre occident russe et Asie. Une région méconnue que ses habitants cherchent à fuir pour un eldorado moscovite ou étranger. Pour mieux y revenir parfois. Il évoque les difficultés économiques d'une région oubliée par le pouvoir central, l'architecture communiste qui enlaidit le paysage, les produits manufacturés chinois qui remplacent la production russe trop lointain et peu accessible, le manque de transports qui oblige chacun à patauger dans la neige boueuse l'hiver, Noël et les voeux de bonne année enregistrés du président qui sont diffusés en domino au gré des fuseaux horaires de la vaste Russie, les particularismes religieux,  etc...

L'auteur adopte un regard d'ethnologue et nous donne à voir avec un exotisme surprenant une ville insoupçonnée. Loin d'avoir une vision pessimiste d'une région quelque peu sinistrée, Il réussit à aborder de manière positive de cette ville qu'il a adopté avec beaucoup de coeur.

 

" Vraiment, je ne sais pas pourquoi j'aime la Russie. Je l'ai découverte par hasard. Un peu par hasard et elle s'est imposée. Je cherchais une terre d'asile, de nouveaux horizons. Je voulais aussi cultiver une certaine manière de vivre, généreuse et un peu triste. Je voulais l'immense, le froid, le farouche et le grand. "

 

Mais au-delà de la ville, Cédric Gras parle aussi avec beaucoup de chaleur des hommes qui l'habitent. Il pointe du doigt leurs difficultés et le souhait de fuir une ville si grise. Il met en lumière les relations entre les hommes et les femmes russes. Ces dernières, toutes en féminité malgré le froid, prennent plaisir à jouer les indifférentes, les froides beautés, s'attachant au statut et au confort que l'homme pourrait leur amener.

 

"Elles sont belles tous les jours, sans faute, sans exception."

 

C'est que la vie est dure et que l'amour parfois vient en second. Le français découvre l'amour à la russe, il réapprend des codes chevaleresques oubliés par chez nous : raccompagner une femme jusqu'à chez elle, offrir des fleurs par pur plaisir, faire la cour mais sans jamais rien attendre en retour et ne même pas s'étonner de l'absence d'un simple sourire. Attendre les beaux jours pour se séparer et éviter ainsi les déménagements pénibles de la saison glaciale. Supporter les séparations à longue distance et s'aimer à travers les années, ou alors s'oublier doucement et faire la cour à une autre.

 

Vladivostok-04.jpg

 

Loin d'être un récit de voyage au sens classique du terme, Vladisvostok est surtout le portrait honnête et tendre d'une ville, victime d'un imaginaire faux et/ou tronqué, qui cherche son identité entre l'austérité russe et la profusion asiatique. Cédric Gras restitue ainsi les 2 faces d'une ville, à la fois difficile et pourtant aimante, et ne tente pas d'enjoliver son propos. Repoussante et séduisante dans un même élan, Vladivostok a su excercer sur notre expatrié une fascination qu'il transmet au lecteur avec beaucoup de tendresse.

Si l'auteur ne parle qu'à peine de lui et de son emploi, il transmet malgré tout la relation qu'il a noué avec cette ville et ses habitants, et surtout la manière dont cette rencontre l'a grandit et l'a renvoyé à lui-même.

 

"Ce que j'aime dans la Russie, c'est qu'elle m'a rendu à l'Europe. J'ai détesté ce continent pour fuir sur tous les autres. Je trouvais chez nous que l'Europe n'avait plus de caractère, plus d'identité, plus de force. Or tout cela est encore bien vivant à l'Est."

 

Il n'hésite pas, au cours de la narration, à évoquer avec force citation les nombreux auteurs qui l'ont précédés sur les terres russes. Et la culture française continue de bénéficier d'un certain prestige que les élèves savent restituer avec facilité alors que leurs homologues français en sont paradoxalement incapables.

Il fait preuve aussi d'humour et relève avec amusement certaines différences culturelles qui l'étonne.

 

" Le kitch est de retour là où l'argent a fait défaut pendant trop longtemps, porté par tous les nouveaux riches de tous les nouveaux mondes. En chine comme en Russie les intérieurs des puissants sont des horreurs commandées à grands frais à des décorateurs italiens sans scrupule. Une recherche d'appartement à Vladivostok peut donner de doubles crises cardiaques : à la vue du loyer et à celle de l'intérieur."

 

Cédric Gras repartira plus riche de son séjour, prêt à se "replanter" ailleurs. Et le lecteur de son côté, pourra se laisser aller à un certain fantasme russe d'extrême-orient...


"Quand vous quittez Vladivostok, c'est toute une valse de mots dont vous ne saisissez peut-être pas bien le sens qui revient composer une poésie nommée mélancolie. J'en ai fait l'expérience. Pendant ces mois j'ai fait de cette ville la mienne. Il faut s'ennuyer de longues heures dans un endroit, à en fouiller tous les recoins, pour pouvoir affirmer que c'est chez vous. (...). Après toutes ces saisons, Vladivostok, c'était ma ville ! Et c'est tout un vocabulaire." 

 

Sylvain Tesson qui offre à ce récit une très belle préface n'hésite pas à écrire qu'il s'agit du "plus beau salut que j'ai lu depuis des années à cette Russie qui nous aimante. " On ne peut que lui donner raison, tant Vladisvostok est une déclaration d'amour formidablement écrite !

 

 

D'autres avis :

Ecrivains et voyageurs -

 

 


 Titre : Vladivostok, neiges et moussons

Auteur : Cédric Gras

Editeur : Phébus

Parution : Avril 2011

    196 pages 

Prix : 17€ 


 

challenge récit de voyage

Repost 0
17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 19:30

 

 

sous les yourtes de mongolie 01

 

Auteur : Marc Alaux

Editeur : Transboréal

Première édition : Décembre 2007

Réédition : Novembre 2010

Prix : 19,90 €

  387 pages

 

 

Marc alaux est un passionné de la Mongolie. Depuis 2001, il y aura effectué 4 voyages et parcouru le pays de long en large, seul ou accompagné.

"Sous les yourtes de Mongolie" est le récit de ces découvertes. Edité une première fois en 2007, il ressort aujourd'hui avec une nouvelle couverture.

En 2001, Marc Alaux traverse la Mongolie à pied d'Est en Ouest pendant 7 mois avec un ami : Départ d'Oulan-bator, désert de Gobi, Khangai. En 2003, on le verra cheminer seul dans le massif du Khentii. Il retrouvera en 2004, son compagnon de route pour un nouveau périple de 2300 kms pendant 6 mois dans les confins montagneux de l'Altaï et des Sayans. En 2006, il retournera avec son épouse dans les monts du Khentii. Sans compter les autres voyages qui suivirent la parution de l'ouvrage.


Loin d'être un récit chronologique de ses voyages, l'ouvrage se présente comme une somme culturelle des régions parcourues. Il se découpe d'ailleurs en 4 parties géographiques :

1 -  Oulan-Bator – Sans faucille ni marteau

2 - Gobi et steppes orientales – La Terre des herbes

3 - Khangai et Khan Khöökhi – Le pays aux cent rivières

4 - Altai et Sayan – Les confins montagneux

 

sous-les-yourtes-de-mongolie-02.jpg


Nous découvrirons tout d'abord le goût de Alaux pour la marche et l'effort. Ses voyages sont souvent synonymes d'exploits sportifs. Il part seul ou avec un ami dans des conditions extrêmes de températures, se contente de nourriture frugale et s'attache particulièrement à la forme du voyage à pied. Il se perd parfois, ne rencontre aucun habitant pendant des jours et doit sbir la faim, le froid et l'épuisement du corps. C'est une forme de voyage un peu extrême mais qui est essentielle pour notre auteur.

 

Puis il y a la Mongolie, ce pays rêvé auquel on associe une somme de clichés plus ou moins justes. Car la Mongolie, ce n'est pas simplement ces vastes steppes vertes où courrent des chevaux en liberté. C'est aussi un désert, des montagnes, un été qui ne dure que 2 mois, des villes aussi en apparence pauvres et crasseuses, et tant d'autres choses que je vous laisse découvrir.

Les nombreux voyages de l'auteur à travers les différentes régions vont l'aider à pénétrer le tréfond de la culture mongole et le lecteur avec lui. En effet, au delà de l'aspect récit de voyage, Marc Alaux a l'art de nous présenter la Mongolie dans tout ce qu'elle est intrinsèquement.

Sera évoqué le nomadisme en perte de vitesse, les changements climatiques qui entraine la mort des troupeaux et l'obligation pour les nomades de s'expatrier à la ville où fleurissent de plus en plus des bidonvilles de yourtes, la nécessité de la collectivisation des paturages qui entraine un épuisement des sol, le patrimoine culturel qu'on ne cherche pas à sauvegarder, les répercutions du communisme sur le pays,  etc...

Partageant avec l'auteur la vie des éleveurs nomades, on découvrira le quotidien difficile de ses hommes qui vivent en adéquation avec la nature difficile, leurs coutumes, leur hospitalité légendaire, leur philosophie de vie, le statut de la femme, etc...

 

sous-les-yourtes-de-mongolie-04.jpg

 

Moi ce que que j'aime dans les récits de voyage, c'est apprendre des choses, découvrir une civilisation de l'intérieur, vivre des expériences inédites par procuration. J'aime que ça ne soit pas un simple récit rapportant un parcours qui se limite à ce que l'on en voit. Et je dois dire que Marc Alaux réussit formidablement bien à dépasser tout ça !

Car c'est un ouvrage véritablement complet qui se révèle ici à nous,  presque une étude ethnologique. S'appuyant sur de nombreuses lectures dont les références nous sont en plus abondamment données, Marc Alaux évoque l'histoire de la Mongolie, son évolution, ses perspectives d'avenir. 

 

C'est un livre érudit mais accessible, très bien écrit,  passionnant, et extrêmement fort que j'ai adoré et vous conseille plus que chaudement !

Un texte qui vous fera aimer la Mongolie si ce n'est pas encore le cas !


 

Extraits :

 

 

" Je m’abandonnai à l’haleine chaude du poêle. Ses tentacules me libérèrent de la tension musculaire qui avait fait de mon corps un bouclier. La perspective obsédante d’une nuit dehors et l’anxiété du vagabond sous la pluie s’estompèrent. Je n’étais pas à même d’apprécier d’emblée l’aménité de mes hôtes – j’ignore si c’est la fatigue ou une émotion plus profonde qui me fit trembler quand on m’offrit un bol de thé. Toutefois, je compris que des inconnus sacrifiaient leur confort déjà mince pour mon intérêt, et je mesurai la valeur qu’ils donnaient à ma vie. Ces gens – éleveurs et passants retenus par la pluie – nous laissaient poliment nous remettre. La femme vaquait à ses occupations, le chef de famille craminait une peau de marmotte. Nulle impatience n’altérait le sourire de nos hôtes qui venaient de nous soustraire aux caprices de la steppe. Je levai les yeux vers le toono. Mon geste dérouta mes hôtes mais je pus ainsi ravir un peu de la quiétude du campement. Tous les regards suivirent le mien en respectant mon silence. Je profitai des chants de la yourte : le souffle de l’argal au cœur de l’âtre, le bruit de paille de la pluie sur le toit, le grincement de la charpente, le vent pris dans la cheminée. "

 

sous-les-yourtes-de-mongolie-05.jpg" Qui sonde les entrailles du Gobi ne peut en admirer niaisement les paysages ! Il se sent encerclé, dépouillé, décharné par eux, happé par leur hostile physionomie, décontenancé par l’absence d’hommes, concassé par le gigantisme de l’intervalle qui le sépare du firmament. Où qu’il lève les yeux, les empreintes s’effacent et les corps s’évanouissent sous la brûlure du soleil, le vent des steppes, le bec des vautours. Même l’herbe ne résiste pas. Elle se consume l’été, givre en hiver, roussit au printemps. Le gel effrite les roches et le sable se disperse. La mort paraît omniprésente. Je me demandais qui, hormis les défunts, pouvait se reposer dans le Gobi. Cela dit, quand le vent se taisait, j’éprouvais dans le soudain mutisme du désert une douce sérénité. Un mélange d’excitation et d’effroi laissait alors mon cœur battre librement. Toutefois ces rares instants finissaient vite avec le retour des bourrasques."


" Inouïes et gracieuses mais surtout rieuses et spontanées, les Mongoles dégagent une sensualité émouvante. Dans un visage rond, large et plat comme la steppe, des lèvres charnues s’ouvrent sur deux lignes de dents dont la blancheur contraste avec des joues rosées sur des pommettes saillantes. Le reste du visage est discret avec la racine du nez comme enfoncée et, sous de longs sourcils, la fente étroite des yeux est retroussée au coin. Entre les paupières plissées brillent des iris bruns ou noirs comme le charbon. Le regard est paisible, mais expressif et jamais soumis. L’indépendance et la franchise s’y remarquent aussi clairement qu’une yourte dans la steppe. "

 

 

Vous pouvez retrouver d'autres extraits de l'auteur sur le site de Transboréal.

 

A noter :

Marc Alaux est également l'auteur de " La vertu des steppes, petite révérence à la vie nomade " aux éditions Transboréal, mai 2010, 8€.



 

sous-les-yourtes-de-mongolie-03.jpgLes photos de l'article sont de Marc Alaux

 

 

 

 

challenge récit de voyage


Repost 0
3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 20:10

 

passion japon 01

 

Auteur : Valérie Harvey

Editeur : Septentrion, Hamac-Carnets

Date de parution : Février 2010

Prix : 22,35€

181 pages

 

 

 

 

Passion Japon, c'est celle de Valérie Harvey et de son compagnon. Partis vivre au Japon pendant un an, le couple s'est installé à Kyoto en 2006, bien décidé à trouver du travail et à faire connaissance avec les traditions de ce pays.

A la fois carnet de route et essai, l'ouvrage se découpe en sections thématiques, qui nous permettent de suivre leur découverte et leur apprentissage de la vie quotidienne japonaise.

Débutant par l'aspect pratique de l'installation et de la recherche d'emploi, la lecture se poursuit sur l'apprentissage la langue, les différentes religions, les moyens de transport, les vêtements, les fêtes japonaises, la cuisine, les arts traditionnels, etc...

 

Sans être un essai éminement complet, "Passion Japon" se distingue pourtant par son approche concrète et relate l'expérience humaine d'une installation au Japon. Décryptant les grandes lignes de certains codes culturels, il permet aussi de se projeter soi-même dans les difficultés qu'une vie dans un pays étranger implique.

 

Un récit très plaisant pour les amateurs de nipponeries !   

 

 

Si vous souhaitez en découvrir plus, vous trouverez de plus amples informations sur le site de l'auteur québecoise où quelques extraits sont disponibles à la lecture ainsi que sur le blog qui continue d'être régulièrement tenu.

 

 

 

passion-japon-02.jpg

 

 

challenge In the mood for Japan

 

Repost 0
21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 08:00

 

des livres pour voyager 1

 

passeport-pour-tokyo-01.jpg

 

Auteur : Sebastien Lebègue

Editeur : Elytis

Date de parution : Novembre 2010

Prix : 9 €

  96 pages

 

 

Petite collection de poche, Les Passeport pour... nous emmène cette fois-ci au sein de la capitale nippone. L’auteur, résident tokyoïte, nous fait découvrir son Japon personnel, à travers ses propres déambulations.
Naviguant au hasard de ses pas, on le suit au fil des arrêts de métro ou autres hasards de la promenade, visitant ainsi les différents quartiers de Tokyo. Alliant aquarelles, photos, récit de voyage et citations, ce petit opus se révèle un enchantement pour les yeux tout en faisant voyager le lecteur, de manière originale.

 

 

passeport-pour-tokyo-02.jpg

 

 

passeport-pour-tokyo-03.jpg

 

 

passeport-pour-tokyo-04.jpg

 

 

passeport-pour-tokyo-05.jpg

 

 

passeport-pour-tokyo-06.jpg

 

 

passeport-pour-tokyo-07.jpg

 

 

passeport-pour-tokyo-08.jpg

 

 

 

challenge In the mood for Japan


Repost 0
6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 08:00

 

Dans le cadre de mon travail, mon collègue du rayon Tourisme et moi même avons souhaité proposer notre propre sélection de livres pour la fin d'année, en dehors de toutes celles que l'on voit fleurir ici et là.

 

Chacun des ouvrages choisis s'est révélé un véritable coup de coeur,

en dehors de toute contrainte commerciale.

 

Je me suis dit que ça pouvait vous intéresser !

 

Je vous fais donc partager ma propre sélection,

l'introduction (que j'aime beaucoup pour son humour) étant signée de la main de mon confrère.

 

En espérant que vous y piocherez quelques idées cadeaux pour noël !!

 

 

des livres pour voyager 1

 

 

 

L'hiver est là et les vacances vous semblent bien loin (et la retraite encore plus...). Vous souhaiteriez vous imaginer vivre l'aventure loin de votre ordinateur de bureau ou alors vous projeter dans un futur enivrant et ensoleillé ou bien tout simplement vous évader par l'esprit... Alors notre sélection est faite pour vous !

Mais peut-être est-ce Belle-maman qui vous a encore invité pour la Noël et à qui vous ne savez toujours pas quel livre vous allez offrir... Et pourquoi pas faire d'une pierre deux coups ? La gâter tout en lui donnant l'envie de partir en voyage pour une destination bien improbable, bien lointaine, bien sauvage (et pourquoi pas sur une île abandonnée ?).

Ou alors vous aimez juste les bons livres de voyage et vous souhaitez tout bonnement vous faire plaisir. Vous sentez-vous prêts à éplucher les diverses sélections de cadeaux de fin d'année proposées par vos journaux préférés ? Sachant que vous n'aurez pas l'assurance de tomber sur une idée vraiment originale. Sans parler du risque que l'on vous offre un de ces ouvrages multi-poly-chroniqués qui vous fera double emploi...

Epargnez-vous donc cet effort fastidieux et piochez plutôt dans la sélection que l'on vous propose. En plus, vous pourrez ensuite venir en discuter avec nous (si vous préférez toujours ça à un conseil d'ami anonyme, pixellisé ou sur papier glacé).


Bonne lecture et à bientôt !

 

 

Voici la liste complète de notre sélection.

 

 

Voyagez.... avec les écrivains :

 

- Errance amérindienne, de philippe Sauve

- Ambassadeur des bêtes, de Grey Owl

- Indian Creek, de Pete Fromm

- Au bord du monde, d'Astrid Wedlandt

- Le vol du paon mène à Lhassa, de Elodie Bernard

- Sous les yourtes de Mongolie, de Marc Alaux

 

Voyagez...de par le monde

 

- Carnets de voyage - le monde au bout du crayon, collectif

- Faites de beaux voyages, de Sarah et Guillaume Lembo

- Himalayas, de Priscilla Telmon

- Explorateurs du toit du monde

 

Voyagez... au Japon

 

- Un geek au Japon

- Japon, 365 us et coutumes

- Tokyo, petits portraits de l'aube

- Passeport pour Tokyo

 

Voyagez... en terres boréales

 

- Sublimes pôles

- Islande, splendeurs et coleres d'une ile

- Utsala

 

Voyagez... en noir et blanc

 

- Terra Boréalis, de Marco Paoluzzo

- New-york

- Terre d'Egypte

- Le désert, états d'âme

 

Voyagez... insolite

 

- Atlas des iles abandonnées

- Chemins de saint Jacques de Compostelle

- Guerriers d'Afrique

- Dictionnaire insolite de ...

 

 

 

Certains des titres ci-dessus ont déjà fait l'occasion de billets sur le blog

que vous pouvez retrouvez en cliquant sur le titre.

D'autres sont des choix de mon collègue.


Les titres en couleur feront l'objet d'un billet dans les jours à venir !

Surveillez donc le logo ci-dessus !

 

 

Repost 0
13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 08:00

 

  un geek au japon 1

 

Auteur: Hector Garcia

Editeur : 12BIS

Date de parution : Juin 2010

Prix :  19 €

152 pages

 

 

 

Ce livre un peu inclassable trouve son origine dans un blog. Hector Garcia, un espagnol passionné de Japon, est parti y vivre et travailler. Peu à peu, il apprend à décoder la culture japonaise et, pour partager son expérience, il crée un blog où il raconte ses impressions. Ce blog est devenu grand et se voit aujourd'hui transformé en livre.

 

Cet ouvrage qui mélange textes et photos s'apparente à la fois au beau livre (entre autre par son format) et à l'essai. Découpé en différents chapitres, il aborde tous les aspects de la culture japonaise et a pour objectif de nous donner de véritables clés de compréhension pour aborder la société japonaise, très éloigné de nos vies occidentales.

 

Les premiers chapitres abordent les arts traditionnels (taoisme, geisha, bushido,...), décryptera certains symboles typiquement japonais (le bain japonais, les cerisiers, ...) avant d'aborder l'univers de l'entreprise japonaise et son étiquette extrêmement rigoureuse. Plus loin, ça sera le quotidien des japonais qui sera passé au crible : son faible taux de criminalité, les trains toujours à l'heure, ... Des journées types de salary man, d'otaku,... vous seront proposées. La culture otaku sera bien évidemment abordé et un chapitre est même consacré aux mangas et aux animés. Avant de poursuivre sur la musique, le cinéma et a télévision.

Enfin, le livre se cloturera sur un chapitre touristique qui vous présentera les différents quartiers de Tokyo et leurs attraits.

 

Il répondra à des questions du type : pourquoi les japonaises se cachent la bouche lorsqu'elles rient ? Pourquoi vous demande-t'on votre groupe sanguin pour vous présenter ? Pourquoi le concept d'humilité est-il si fort au Japon ? Pourquoi les japonais se déguisent-ils ? pourquoi les japonais se suicident-ils en masse ? ...

 

" Un geek au Japon" se révèle une mine d'information pour tout passionné néophyte ou pas. Agrémenté de nombreuses photos sur le Japon, il se révèle très agréable à lire et peut se feuilleter au gré de vos envies.

 

On regrettera juste que certaines sections (en particulier les aspects traditionnels) soient un peu trop succintes et ne permettent pas une approche un peu plus profonde,

 

Ce livre-guide n'en reste pas moins extrêmement riche et varié et vous permettra de découvrir les secrets de la société japonaise.

 

Amoureux du Japon, ce livre est pour vous !!

   


Le blog de l'auteur : http://www.kirainet.com/

 


 


 

geek au japon 3

 

 

geek au japon 4

 

geek au japon 5

 

 


challenge In the mood for Japan



Repost 0
25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 23:50

 

tokyo portraits 1

 

 

Auteur : Mickaël Ferrier


Editeur : Gallimard, L'infini

Date de parution : Octobre 2004

Prix : 10,50€

105 pages


Editeur  : Arléa
Date de parution : Avril 2010

Prix :  7 Euros 

  108 pages

 

 

 

Voilà un petit ouvrage très étonnant ! Car Mickaël Ferrier, professeur de littérature à Tokyo,  nous emmène à sa suite dans un Tokyo interlope, inconnu du grand public.

A travers les portraits de quelques marginaux, il nous fait découvrir les bas-fonds de la capitale japonaise faits de bars, de ruelles tortueuses où l'on se perd et où l'on croise d'extravagants personnages.


" Il y a dix millions de personnes qui vivent sous terre dans cette ville. Des ouvriers, des stripteaseurs, des danseuses, des scientifiques, des alcooliques, des agriculteurs, des écrivains, ... " 

 

tokyo portraits 4


L'auteur porte un regard poétique et curieux sur la ville qui s'offre à lui dans son étrangeté nocturne. Entre rencontres clandestines arrosées au saké, soirées mondaines, promenades à l'ombre des souterrains où poussent les meilleurs champignons de Tokyo, se compose un visage différent, à mille lieux de tout conformisme japonais.


" Fluide et organisée en surface, Tokyo est fougueuse et syncopée dans ses bas-fonds. Dès que l’on s’en approche un peu, on est surpris de constater à quel point c’est un bordel inénarrable qui sous-tend cette apparence de rationalité. De Tokyo, le voyageur pressé ne verra que ceci : trains et métros en files d’attente bien rangées, emballages soigneusement étiquetés, personnel attentionné. Posez quelques temples sur le dessus pour faire joli, deux ou trois fleurs arrangées et une tasse de thé : c’est le Japon du travail, des hôtels et des reportages télévisés. Mais sous les apparences, dans les marges ou sur les côtés, à la lisière de cette formulation claire et impersonnelle, s’agite tout un peuple de fainéants, de buveurs, de rieurs et de lézards, de chanteurs improvisés sur des morceaux de comptoir. C’est un jazz permanent qui soutient la ville."


tokyo-portraits-3.jpgInsaisissable et silencieuse, Tokyo se révèle toujours mystérieuse pour l'étranger et c'est avec plaisir que Mickaël Ferrier nous offre ses propres impressions. Sa rencontre avec un grand calligraphe, Trésor National du Japon, en est la plus vibrante et la plus émouvante.


Parsemés de quelques réflexions culturelles et de leçons de calligraphie à chaque introduction de chapitre , ces Petits portraits de l'Aube se concluent par l'arrivée d'une nouvelle aube, préambule à une future déambulation nocturne...


" Les Japonais divisent la nuit en plusieurs ’soirées’ successives, comme si elle était un ruban qu’on peut découper à sa guise (…). La vie devient extensible jusqu’à ce que l’aube pointe, c’est à dire quasiment à l’infini. Souplesse exquise du temps libéré des entraves du jour. "


Une découverte sympathique pour ceux qui souhaitent découvrir les dessous de la capitale tokyoite et toucher du bout des doigts un des nombreux visages de ce pays mystérieux.


 

 

 

challenge In the mood for Japan


Repost 0
4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 23:45

 

sur les chemins de chine 1

 

 

Auteur : Clara Arnaud

Editeur : Gaïa
Date de parution : Avril 2010
Prix : 20 Euros

  243 pages

 

 

 

Je vous parlais il y a peu d'Elodie Bernard, une jeune femme qui pénétra illégalement au Tibet et en rapporta un chouette récit : Le vol du Paon mène à Lhassa.

 


 

La période étant riche en récits de voyageuses, j'ai poursuivi sur ma lancée avec celui de Clara Arnaud.

C'est à l'age de 21 ans que la jeune fille est partie en Chine pour réaliser son rêve : traverser l'ouest de la Chine en compagnie de chevaux. Fascinée par ce pays, elle a commencé à apprendre le mandarin dès l'age de 15 ans. Et c'est en 2008, qu'elle décide de sauter le pas.

 

sur-les-chemins-de-chine-4.jpg

 

Après quelques jours passés à l'université de Xian, elle se lance dans son périple et part dans le Xinjiang. Elle se procure un cheval de bat et s'enfonce en pays ouïghour. La population est chaleureuse et les invitations nombreuses. Mais bientôt la surveillance chinoise la rattrape et là voilà prié de partir...

Elle atteint alors en train les hauts plateaux tibétains et se met en quête une fois de plus de chevaux de bât qui pourront lui permettre de cheminer en tout indépendance. Eole et Zephyr seront ses compagnons de route et là voici seule avec elle-même pour aller au bout de son objectif.

 

sur-les-chemins-de-chine-3.JPGClara s'astreint à une marche harassante sur une terre désolée où l'herbe qui nourrit les animaux a du mal à pousser. Les villages sont plus difficiles d'accès et souvent situés à plus de 4000 mètres d'altitude. Car ce voyage est aussi en quelque sorte un exploit physique.

Pourtant peu importe la difficulté, Clara multipliera les rencontres, plus variées les unes que les autres.

Une étrangère passe rarement inaperçue, surtout lorsqu'elle est seule et accompagnée de 2 précieux chevaux. Chevaux, qui en demandant soins et nourritures, favorisent les contacts et permettent à Clara de se déplacer en tout indépendance.

 

Une jeune femme qui part seule, en Chine et au Tibet, à l'époque des jeux olympiques : impossible de ne pas faire la comparaison avec Elodie Bernard. Si cette dernière nous faisait amplement part de ses rencontres, du contexte politique, des implications de la répression chinoise dans le quotidien de ses habitants, Clara est pour sa part, beaucoup plus tournée vers les répercutions intérieures que ce voyage provoque en elle.

Partie pour aller à la rencontre de ce pays rêvé et fantasmé, Clara reconnaitra que pénétrer l'âme de son peuple lui est impossible.


sur les chemins de chine 2

Partie pour un chemin difficile, elle apprendra à reconnaitre ses faiblesses physiques et morales, à renoncer quand la route s'avère trop dangereuse ou à aller au delà de sa lassitude. Elle devra faire face à la solitude écrasante

 

" Aussitôt arrivées, je sens la solitude s'abattre sur moi. La Chine me replonge dans mes vieux démons : l'angoisse, la solitude, le sentiment de fragilité. J'ai beau craindre ces longs mois en tête avec moi-même, je sens qu'au bout la sérénité sera là. Je sens que derrière la panique se niche une paix profonde, celle de celui qui a su faire face à ses faiblesses. "

 

Si les problèmes politiques sont évoqués, le voyage de Clara est surtout intérieur. Elle n'hésitera pas à parler de ses déceptions, de ses attentes déçues, de rencontres magiques et inattendues. Elle réfléchira sur elle-même, ses peurs, la vie et la mort.

 

Je ne vous cacherais pas que j'ai préféré Le vol du Paon mène à Lhassa au récit de Clara. Très tournée vers son propre ressenti, son récit ne nous fait effectivement pas assez pénétrer dans le coeur des gens qu'elle rencontre et dont les échanges sont assez peu rapportés.

Son quotidien avec les chevaux est constamment sous-jaçent et elle parle assez peu finalement du rapport qu'elle a créé avec eux. En tant qu'amoureuse des chevaux, j'aurais aimé qu'ils soient plus présents.

Son style d'écriture est trop écrit, trop travaillé malgré de nombreux passages qui dénotent une véritable plume, digne des grands écrivains voyageurs.

 

Malgré ces quelques bémols, je vous encourage à découvrir ce récit de voyage très intéressant, surprenant de la part d'une jeune fille de cet age-là.


Extraits :


" Le désir de voyage naît de l'émotion brute que procure la contemplation des éléments : une ombre sur la route, une lumière à travers les branchages, un souffle de vent. Qu'est le voyage, sinon cet espace de liberté dans lequel un individu peut assouvir un temps donné sa réceptivité aux détails du monde, ceux qui perdent leur sens dans un quotidien soumis aux exigences de la rentabilité. "


" Avant de vous révéler ses secrets, la route vous encrasse, vous ôte du corps cette pellicule de propreté, dilue dans la saleté la contenance des quotidiens ordinaires. "


" Alors que le temps court, que les jours, les semaines et les mois se succèdent, que les paysages défilent, j'ai l'étrange sensation de ne pas avoir encore satisfait mes espérances. Le sentiment que le but profond de mon entreprise est souvent noyé sous des objectifs matériels, et bien moins fondamentaux. J'ai pris la route pour tenter d'approcher la vie d'une autre manière, voir le monde à hauteur d'homme, de ceux mêmes dont je dresse les portraits dans les petits cahiers de cuir noir qui m'accompagnent partout. Je ressens encore en moi, criants, les désirs, les passions, l'urgence à vivre et la précipitation dans l'action. Je ressens encore cette avidité face à la vie qui est mon moteur, mais sonnera aussi mon glas. Je sais de mieux en mieux définir cependant ce à quoi j'aspire. J'aspire à ce calme intérieur qui transpire dans chacun des gestes des gens heureux. (...) Oui je sais ce à quoi j'aspire, et je mesure le chemin à parcourir, plus difficile que celui que j'arpente de mes pas. "

 

 


Clara a tenu un blog pendant son voyage où vous pouvez trouver récit et photos :

http://lachinecheminfaisant.blogspot.com/

 

 Vous trouverez également ici une interview écrite de l'auteur

et ci dessous une petite interview vidéo où Clara parle de son voyage.

 


 

 

 

 


J'ai eu la grande chance d'avoir pu rencontrer Clara Arnaud et Elodie Bernard à La Comédie du Livre.

Et c'est très étonnant de voir à quel point leurs écrits leur ressemble...

Mais ceci est une autre histoire dont je vous parlerais très prochainement !

 


Repost 0
1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 16:25

 

indian-creek-1.jpg

 

Auteur : Pete Fromm

 Editeur : Gallmeister / Gallmesiter, Totem

Date de parution : Septembre 2006 / Avril 2010
Prix : 22,90 / 9 Euros

 

265 /  238 pages

 

 

Note : 4 / 5

 

 

 

 

 

 

 

 

Pete Fromm est étudiant en biologie dans le Montana. Il choisit son cursus un peu par hasard et est devenu champion de natation aussi par hasard. Son frère jumeau, blessé, déclarant forfait pour une compétition, l'entraineur l'envoie d'office dans la piscine pour le remplacer !

Et son parcours se poursuivra sur la même lancée : Maitre nageur dans une piscine pour l'été, une copine lui parle d'un ami qui vient de lacher un emploi et de l'employeur qui se retrouve un peu dans la panade. Le job consiste à garder des oeufs de saumons pendant tout un hiver en solitaire. Bercé par les récits et les romans d'aventures de son compagnon de chambrée, Pete décide sur un coup de tête de proposer sa candidature.

Il a 20 ans et ignore qu'il s'embarque pour une expérience exceptionnelle !

 

Voici donc notre innocent embarqué dans un tourbillon dont il ne mesure pas encore les implications. 2 semaines de préparation pendant lesquels il passe plus de temps à se bitturer et à faire des pots de départs qu'à réellement se préparer ! Heureusement le colocataire prend les choses en main et lui offre même un adorable chiot pour lui tenir compagnie pendant ces futurs mois de solitude.

Pete se retrouve enfin parachuté pour 7 mois au fin fond des Montagnes Rocheuses dans un campement précaire fait d'une tente et d'un poêle pour affronter un hiver où la neige bloquera tout accès à sa personne.

Le jeune homme réalise enfin et commence à douter... Il n'est absolument pas préparé  et passe pour un crétin auprès des gardes venus l'aider à s'installer.

 

" Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j'avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer.
- Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m'expliqua-t-il. Fais attention à ça. Tu dois t'en constituer toute une réserve avant que la neige n'immobilise ton camion.
Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important je me lançai :
- Heu... C'est quoi, une corde de bois ? "


Il ne sait pas chasser, ni utiliser une tronconneuse pour couper le bois indispensable à sa survie, ...etc.

Bref, on ne peut que craindre pour lui !

Il va très vite se retrouver seul dans un environnement difficile et découvre qu'il va lui falloir occuper son temps.

 

" En acceptant de venir ici, j’avais dans la tête une vague idée de liberté : n’obéir à personne, ne faire que ce que je voulais. Il me semblait maintenant avoir négligé le fait tout simple que, même si je pouvais faire tout ce qui me chantait, et à n’importe quel moment, il n’y avait rien à faire "


indian-creek-3.jpgPourtant Pete va se révéler débrouillard. Il va devoir apprendre à occuper son temps et commencera par se lancer dans la provision de bois.

Par moment, la solitude et l'ennui lui pèse tant qu'il rêve de retour à la civilisation. Les moments de déprime sont nombreux et une simple rencontre râtée avec son père peut faire baisser les bras du jeune intrépide.

Mais peu à peu, Pete Fromm va de plus en plus apprécier cette vie au contact de la nature. il va découvrir la riche vie animale et observer son environnement naturel, il pistera pendant des heures les animaux pour mieux en comprendre la vie, il apprendra à utiliser les ressources que la nature lui offre, en chassant, en évitant le gachis, à tanner les peaux et à conserver la viande sans frigo,...

Et surtout, quand le printemps arrive, que les humains reprennent leurs droits sur ce coin de paradis qu'il s'était approprié, que la fin du contrat arrive, Pete fromm se prend à regretter ces moments privilégiés passés en tête à tête avec la nature...


  " Après un hiver passé à rêver de m’échapper quelques jours, je n’avais plus envie de sauter dans mon camion pour m’en aller. Je restai dans la montagne à regarder le printemps s’installer et transformer mon univers. "


Outre l'intérêt aventureux de ce récit, l'intéret du livre se situe également dans l'écriture et le regard porté par l'auteur sur cette expérience de jeunesse. Pete Fromm n'hésite pas à appuyer avec humour sur sa naiveté et son inconséquence de l'époque. Il tourne en dérision sa bêtise et explique comment il a appris de ses erreurs.

Car cette expérience qu'il a mis tant de temps à mettre à l'écrit se révèle bien plus forte que ce qu'elle en laisse paraitre. S'interrogeant sur le sens de son expérience, Pete s'interroge aussi sur notre incapacité éventuelle à profiter du moment présent et notre envie du toujours plus de consommation. Ne cherchons nous pas toujours ce qui nous manque ? Pourquoi ne pouvons-nous pas profiter du strict minimum ? Apprenons donc à profiter du présent et bien plus encore de la simplicité de la nature et des richesses qu'elle nous offre...


" Pendant tout ce temps passé à regretter ce que je manquais dans l'autre monde, jamais je ne m'étais rendu compte de ce que je manquerais en quittant Indian Creek. [...] Il me restait toute une vie à vivre dans la civilisation, mais à peine quelques mois à vivre ici."

 

A travers son apprentissage d'une vie réduite au minimum matériel, Pete Fromm nous offre une très belle déclarartion d'amour à la Nature dans ce qu'elle a de plus beau : sa simplicité, sa richesse et sa beauté. Profitons en avant qu'il ne soit trop tard...


indian-creek-4.jpg

 

Les avis enthousiastes de Papillon, Isabelle, Lili galipette, Cryssilda, ...

 

 

Comme dirait un collègue : C'est comme Into the wild mais en mieux car y'a pas de mort à la fin !

 


Repost 0

Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
Ce blog sera à terme supprimé.
Suivez moi désormais sur :

 

Rechercher