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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 20:30

l-ile-infernale-t1-01.jpgUn nouvel éditeur manga fait son apparition sur le marché. Son nom : Komikku. Certains amateurs de nipponeries devraient reconnaître derrière cette nouvelle entité la librairie parisienne du même nom, spécialisé Japon et Asie. Désormais, Komikku se lance dans l'édition et promet un travail d'édition de qualité soutenu par une promotion dynamique de chacun de ses titres.

Le premier ouvrage à sortir est un manga seinen prévu en 3 tomes : L'île infernale.

 

Le Japon a abolit la peine de mort en 2009, estimé trop injuste. Désormais, la peine capitale prend la forme d'un exil sur une île éloignée où sont conduit les plus dangereux criminels. En ce jour, l'île infernale voit l'arrivée d'un nouveau groupe de prisonniers. Parmi eux, Ei Mikoshiba condamné pour le meurtre de 5 personnes, un géant musclé qui semble n'avoir peur de rien, et Kozuma, un pleutre au physique fluet et détourneur de fond, qui cache sa peur en parlant trop. Nous découvrons leur arrivée sur cette île livrée à elle-même dont personne ne peut s'enfuir. Alors que leurs compagnons sont tués dès la porte franchie par un groupe de prisonniers, Mikoshiba et Kozuma réussissent à s'échapper pour cheminer ensemble et tenter de comprendre les lieux et les usages en cours. On apprend alors que Mikoshiba n'est pas sur cette île par hasard : il a tué intentionnellement afin de se retrouver dans cette prison particulière où il espère mettre la main sur l'homme qui a massacré sa famille... un homme qui était son ami...

 

Le thème de l'exil sur une île infestée de monstres, criminels et autres joyeusetés n'est pas nouveau. Mais ici, l'auteur y superpose une sombre histoire de vengeance qui  reste encore pleine de zones d'ombres dans ce premier volume. L'île prison est bien évidemment inhospitalière et s'apparente à une sorte de jungle où les hommes sont prêts à tout pour survivre. Organisés en bandes, regroupés dans le village ou éparpillés dans la nature, ils sont prêts à tuer pour un blouson ou un bol de riz. Alors que les uns chassent les quelques animaux de l'île, les autres préfèrent réduire en esclavage leurs prochains réduits à d'effrayants fantômes hagards facilement remplacés. 

Vous l'aurez compris, le scénario ne fait pas dans la délicatesse et la violence règne dans cette histoire. POur autant, cette dernière ne semble pas gratuite et le caractère des personnages adoucit quelque peu l'ensemble. Mikoshiba, derrière son allure de meurtrier sanguinaire, semble un homme réfléchi et son fort tempérament l'aide à se faire respecter sans avoir à trucider tout le monde. Son compagnon d'infortune, suiveur un peu naïf et peureux, s'attache à ses pas dans lesquels il trouvera peut-être une certaine force. On croisera également d'autres prisonniers de cette île. SI ceux qui les ont accueillis dans le sang se révèlent au final assez humains, d'autres "habitants" plus sournois cachent derrière leurs sourires de bien atroces exactions.

Prévue en 3 tomes, cette série entre directement dans l'action sans s'embarrasser de détours inutiles. Entre scènes d'actions violentes et passages psychologiques, le scénario s'avère fort bien équilibré, en introduisant les points essentiels de l'histoire tout en garantissant un suspense certain quant à la quête de vengeance de Mikoshiba.

Côté dessin, le mangaka est parvenu à coller à son sujet. La mise en page est dynamique, les décors sont chargés et rendent une impression lourde et étouffante qui renforce l'aspect malsain de l'île. Les personnages sont fort bien reconnaissables et leurs expressions finement travaillées.

 

L'île infernale s'avère donc au final une bonne surprise. Si le scénario semble de prime abord assez classique, on peut pourtant décéler quelques pistes amenant à d'autres chemins de traverse, notamment l'apparition d'un personnage plus qu'intriguant dans les dernières pages de ce premier volume. Dans tous les cas, nous avons une série efficace qui devrait combler les amateurs de seinen violent qui aiment avoir du contenu et de la psychologie pour aller avec. Bref, je recommande ce titre et attend la suite prometteuse de ce nouvel éditeur qui débute sans fausse note !


 

A noter :

Le tome 2 sortira en janvier et le troisième en avril.

 

Liens :

Pas de planches disponibles à vous présenter mais les premières pages sont à découvrir ICI !

 


 


Titre : L'île infernale, tome 1

Dessinateur / Scénariste : Yusuke Ochiai

Éditeur : Komikku

Parution : Octobre 2012

  180 pages 

Prix : 7,90€


 


 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 11:20

 

Dengeki-Daisy-t1-01.jpgDengeki-Daisy-t2-01.jpg Teru est une lycéenne qui n'a plus de famille depuis la mort de son grand frère. Depuis, elle vit seule et sans le sou, ce qui lui vaut les moqueries d'une certaine frange de son école. Pourtant, Teru peut toujours trouver du réconfort ailleurs. Avant de mourir, son frère lui confia un téléphone portable qui lui permet de contacter un mystérieux Daisy qui semble toujours là pour la protéger.

"Ce portable est relié à Daisy, tu pourras le contacter à chaque fois que tu seras triste ou que tu auras des problèmes".

Mais loin de se plaindre des brimades qu'elle subit de la part du comité des élèves, elle préfère rassurer Daisy en lui déclarant que tout va bien.

Bientôt, un nouveau gardien arrive à l'école. Kurosaki, un beau jeune homme au caractère bien trempé, n'hésite pas à utiliser l'accident d'une fenêtre cassée pour faire travailler Teru à son service et la transformer en larbin. Mais derrière ces apparences de profiteur et de voyou, se cache anonynement le fameux Daisy qui continue de protéger Teru !

 

Dengeki Daisy s'avère vraiment une bonne surprise, question shojo. Vous l'aurez compris, l'identité cachée du fameux Daisy/Kurosaki que l'on découvre très rapidement est la pierre angulaire de cette histoire. Car si le lecteur est mis dans la connivence, Kurosaki refuse au contraire que Teru soit au courant. Leurs relations se construisent donc en dépit de ce lien qui les unit déjà.

Les personnages, très charismatiques, très attachants, sont un des points forts de cette histoire.

Teru est une lycéenne courageuse qui fait front aux élèves qui n'hésitent pas à la harceler pour sa pauvreté et fait preuve d'une grande générosité d'âme. Elle n'hésite pas à pardonner à ceux qui l'ont blessée, certaine qu'il recèle en eux du bon malgré tout. La simple présence de Daisy suffit à la soutenir moralement mais l'arrivée de Kurosaki la perturbe quelque peu. Elle va découvrir des sentiments nouveaux à ses côtés, charmée par son côté protecteur derrière un caractère fondeur. C'est que le jeune homme semble porter une lourde histoire et semble porter la responsabilité de la mort du frère de Teru. Amoureux depuis toujours de la jeune fille, il se refuse du coup à laisser libre cours à ses sentiments.

Hélas, la situation se complique quand les échanges de mails se font entre Teru et Daisy, en présence de Kurosaki ou quand, par un concours de circonstance, Teru se retrouve à habiter chez lui temporairement !

 


Bref, vous l'aurez compris, l'humour est loin d'être absent dans cette comédie romantique enlevée.

Le mangaka, qui est ici un homme, s'est éloigné des clichés du genre et de l'image de l'héroine nunuche. Mélangeant situations comiques et légères avec un aspect plus sombre et torturé des personnages, il distille au fil de l'intrigue des révélations au compte goutte qui agrippe son lecteur impatient de connaître la suite de leurs aventures.

Un manga optimiste à découvrir donc ! 12 tomes sont en cours de parution actuellement.

 

 

D'autres avis :

Bulles et onomatopées, tome 1 - tome 2

 


 

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Titre : Dengeki Daisy, tomes 1 et 2

Auteur : MOTOMI Kyousuke

Éditeur : Kaze

Parution : Mars 2010 / Mai 2010

  192 pages 

Prix : 6,69€


 

Challenge roaarrr

Ce manga a reçu le prix du meilleur shojo au Japan Expo Award 2012

 

ChallengeDragonFeu

 


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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 07:00

lady_snowblood-t1-01.jpglady_snowblood-t2-01.jpglady_snowblood-t3-01.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une jeune femme est missionnée dans le quartier des plaisirs de Yoshiwara auprès d'un chef yakuza. Elle réussit à prendre part à un de leur jeu de dés et prend la place du croupier. Mais rapidement démasquée pour tricherie, la belle Yuki dévoile alors ses intentions meurtrières : tuer le parrain. Au terme d'un combat au sabre qu'elle conduit entièrement nue, Yuki apparaît alors comme Lady Snowblood, une meurtrière froide et déterminée, qui n'hésite pas à utiliser ses charmes pour mener à bien ses contrats et sa vengeance.

 

C'est en 1972 que naît cette héroïne de l'imagination de deux grands auteurs japonais : Kazuo Koike et Kazuo Kamimura. Le premier est le scénariste de grandes séries devenues aujourd'hui mythiques comme Crying Freeman et Lone Wolf and Cub, tandis que le deuxième est un dessinateur très prolifique qui s'inscrit à contre-courant de la tendance de son époque et donnera ses lettres de noblesse au genre du Gegika (manga réaliste).

Après le début de sa série Lone Wolf and Cub où l'on suit un homme et son jeune fils dans une quête de vengeance sanglante, Koike propose à nouveau avec Lady Snowblood, une autre histoire de vengeance dont le héros est cette fois-ci une femme, reprenant ainsi les personnages fétiches de Kamimura.

A 20 ans, Yuki est déjà une tueuse professionnelle qui vend ses compétences de tueuse à gages mais aussi une femme qui porte le poids de la vengeance maternelle. Sayo, enfermée pour meurtre sans espoir de sortie pour le meurtre de l'un des 4 assassins de sa famille (mari et fils) envisage la maternité comme l'instrument de sa revanche. Née en prison des amours illicites de sa mère avec les gardiens, Yuki sera "l'enfant de la vengeance" et sa destinée toute tracée se fera dans le sang des bourreaux de sa mère. Reprenant le fardeau de sa mère, la jeune Yuki va dès lors apprendre dès son plus jeune âge à devenir une tueuse parfaite.

Déployée sur plus de 1000 pages, cette saga vengeresse est découpé en courts chapitres qui alternent à la fois, ses missions de tueuse à gages, sa quête meurtrière et le passé dramatique de sa famille.

Kamimura use d'un dessin réaliste et fort dynamique qui sublime particulièrement la beauté de l'héroine et les scènes de combats au sabre dont nous pouvons apprécier la chorégraphie à travers les arrêts sur images en plein mouvement, révélant ainsi toute la grâce et la beauté de cette danse de la mort.

 

Au-delà de la pure tradition des récits de vengeance, Lady Snowblood se veut également un témoignage particulièrement intéressant d'un point de vue historique. L'histoire de Yuki prend place à l'ère Meiji (1852-1912) et il s'agit d'une période phare pour le Japon qui est en pleine transition. Alors que le pays vient de vivre plusieurs siècles dans un relatif isolement, il commence à ouvrir ses portes à l'Occident sous la poussée de l'empereur Meiji, ardent défenseur des idées européennes. Le système de classe est détruit. Les samourais sont remplacés par une armée militaire munie de modernes armes à feu. L'état entre peu à peu dans un modèle de société capitaliste. Tout cela ne se fait pas sans heurts et la population manifestera son mécontentement en organisant des émeutes. Nous retrouverons bon nombre de détails historiques dans cette histoire : les émeutes des paysans qui donnent son origine au massacre de la famille de Yuki, l'occidentalisation, la montée des mouvements d'extrême-gauche, l'épidémie de peste de 1900, la guerre russo-japonaise, l'arrivée de la photographie, ...). Koike donne une trame fort bien documentée à son histoire et livre un excellent témoignage à rebours d'une époque clé.

 

Pourtant, ce que le lecteur retiendra certainement le plus, c'est cette figure féminine incarnée par la sublime Yuki, dite Lady Snowblood. Belle femme au fort pouvoir hypnotique, Yuki semble à la fois pure et glacée comme la neige, tout en portant en elle une forte charge violente et sensuelle (le titre d'origine Shurayuki Hime est d'ailleurs un jeu de mot sur les termes "blanche", "neige" et "enfer"). Une sensualité froide et vénéneuse qui prend les hommes dans ses filets. La féminité représenté par cette dernière est ici totalement inédite.  Dans une société fortement paternaliste et codifiée où la femme n'a pas de place de premier ordre, Yuki défie ici toutes les conventions. Femme née sans amour pour se venger des hommes, elle représente la prise du pouvoir par une figure féminine. Sa mère use habilement de ses charmes pour mener à bien sa vengeance, par delà sa mort. Sa fille Yuki fera de même pour mieux mystifier et subjuguer ses ennemis. Femme sexuellement libérée, elle n'hésite pas non plus à se laisser aller à des amours saphiques pour mieux arriver à ses fins et les quelques scènes de lesbianisme sont là pour en témoigner. Ainsi donc, les hommes n'ont ici pas le beau rôle et les femmes semblent les régenter selon leur bon vouloir. Le sexe masculin est tourné en ridicule : phallus en bois transperçé d'aiguilles, personnage au sexe surdimensionné incapable d'avoir d'avoir des relations sexuelles avec une femme, tentatives de viol sur Yuki qui n'aboutissent pas.

On notera d'ailleurs que cette série est parue dans "Weekly Playboy" dont le nom ne laisse aucun doute sur les scènes explicites que le lecteur pourra trouver dans cette histoire. Pourtant, sans crudité ni vulgarité, Kamimura réussit à envelopper cette histoire d'une aura érotique sans jamais montrer explicitement un seul sexe mais en suggérant tout acte à connotation érotique ou en floutant habilement les parties du corps concernées.

 

Lady Snowblood, femme à la fois sublime et cruelle, libre et emprisonnée par sa destinée se veut le mélange de tradition et de modernité d'un Japon en pleine transition. Combattant grâce à ses dons de tueuse à l'aide du sabre caché dans son ombrelle et du solide entrainement qu'elle a subi depuis son plus jeune âge, elle incarne la vengeance féminine dans toute sa splendeur. Une quête dure et difficile qui ne laisse pas de place aux sentiments et à la pitié mais rend d'autant plus attachante cette femme à la volonté si forte, capable de s'oublier et de sacrifier pour venger sa mère.

Véritable chef d'oeuvre, Lady Snowblood est un manga qui dépasse les époques et qui n'a pas pris une ride tant par son dessin soigné entre finesse et audace, que par son scénario qui se joue habilement des codes pour afficher une femme conquérante et fière qui, dans sa quête de justice, condamne les hommes au passé.

 

 

A noter :


lady snowblood filmDifficile de parler de Lady Snowblood sans évoquer le cinéma.

Manga adapté cinématographiquement par Fujita en 1973 et 1974, le personnage de Yuki est incarnée par l'actrice Meiko KAJI, déjà connu pour son interprétation dans la série des Sasori (La femme scorpion, Elle s'appelait Scorpion, Beast Stable), série de films de prisons de femme où la vengeance tient également un rôle majeur. Les Sasori et les Lady Snowblood sont aujourd'hui des classiques du genre et on pourra même retrouver son influence chez Tarantino qui s'inspirera de l'histoire de Lady Snowblood et du film de Fujita pour son désormais célèbre Kill Bill. Il reprendra d'ailleurs l'actrice Meiko Kaji dans son film (elle interprète 2 chansons de la bande originale et Lucy Liu en semble fortement inspiré), en forme d'hommage à celle qui l'incarna autrefois au cinéma. Si on présente souvent Lady Snowblood, comme le manga ayant inspiré Tarantino, il est de bon ton d'oublier cette étiquette pour mieux apprécier cette oeuvre majeure qui n'attendit pas Kill Bill pour rentrer dans la légende. Koike, lui-même, dira : "J"ai été déçu."

 

Enfin, il est à noter également que l'histoire de Lady Snowblood se présente en 3 tomes. Sachez que si les deux premiers forment un tout indispensable, le troisième volume de cette saga peut s'oublier sans problème ! Un tome qui semble être une suite plus discutable en rajoutant des scènes inutiles et brodant autour d'une Yuki qui cherche la rédemption en abandonnant la voie du sabre et se consacrant à la pratique de la gymnastique occidentale (!), après sa vengeance achevée.

 

 

D'autres avis :

Yvan - Du9 -

 

 

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Titre : Lady Snowblood

tome 1 : Vengeance sanglante

Tome 2 : Qui sème le vent récolte la tempête

Tome 3 : Epilogue

  Scénariste : KOIKE Kazuo

Dessinateur : KAMIMURA Kazuo

Éditeur : Kana, Sensei

Parution : Novembre 2007 / Janvier 2008 / Août 2008

    512/510/384 pages

Prix : 12,70€ le tome


 

bd du mercredi

Chez Mango

 

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 07:00

Soil-t1-01.jpgsoil-t2-01.jpgSoil Newton est une petite ville japonaise de province, une de ces villes nouvelles et artificielles créées en périphérie des grosses cités. Lieu idéal où tout n'est qu'ordre et beauté, Soil est en apparence tout ce qu'il y a de plus tranquille. En apparence seulement.... Car quand toute la famille Suzushiro disparaît, le vernis se craquèle. Le capitaine Yokoi et le lieutenant Sonoda se chargent d'enquêter sur cette affaire et font bientôt d'étranges découvertes comme ses montagnes de sel retrouvées au domicile des disparus et dans la cour de l'école.

 

Soil se veut à l'image de la famille idéale des couvertures de cette histoire : une banlieue charmante aux maisons parfaitement entretenues, égayées de fleurs aux compositions parfaites. Tous les habitants se respectent, entretiennent des relations polies et amicales. Le délégué des habitants qui veille à ce que chacun respectent les règles de la communauté semblent ne pas avoir beaucoup de travail tant la ville semble paisible. Une belle image d'Epinal qui cache bien évidement en son sein une vérité bien moins idéale.

La famille Suzushiro est une de ces familles parfaites qui ne fait pas de vagues et que tout le monde apprécie. Sa disparition survenue pendant une coupure d'électricité n'est pas sans perturber la communauté. A leur place, on retrouve un petit tas de sel dans la chambre de leur fille ainsi qu'une montagne gigantesque de même nature dans la cour de l'école.

Le capitaine Yokoï et sa collègue débutante, le lieutenant Sonoda vont enquêter sur cette disparition et tenter d'en savoir plus au près des habitants idéaux de cette ville idéale.

Yokoï se révèle un être plutôt déplaisant qui n'hésite pas à se curer le nez, se gratter les couilles et à renifler sa transpiration. Plutôt misogyne et sexiste, il rabaisse régulièrement sa collègue, la traite de mocheté et l'interroge régulièrement sur ses activités sexuelles. La jeune Sonoda peine à se défendre et handicapée par une émotivité et timidité extrêmes, tente vainement de recadrer son chef. Mais contrairement aux apparences, ce duo improbable va néanmoins se révéler efficace et mettre à jour les dessous de ce vaste mystère.

 

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Derrière l'apparence d'une enquête tout ce qu'il y a de plus classique, se dégage peu à peu une ambiance particulière qui touche au fantastique. Le malaise est palpable depuis le début de l'histoire. Les choses semblent trop parfaites pour être vraies et le capitaine ne s'y trompe pas en affirmant : "les gens normaux, ça n’existe pas." De fait, les personnages dévoilent peu à peu leur deuxième visage, bien plus sombre que soupçonné. Perversion, jalousie, méchanceté, viol, auto-mutilation font peu à peu leur apparition et offrent un autre regard sur la ville de Soil et ses habitants.

Pour autant, si les révélations se succèdent peu à peu, l'intrigue s'épaissit dans une construction complexe qui laisse constamment en attente le lecteur. Nul doute que les questions ne trouveront leurs réponses dans le dernier tome de cette série qui en compte 11.

 

Au vu de ce pitch intéressant, vous pourriez croire que j'ai apprécié cette série. Il n'en est malheureusement rien. Malgré une intrigue intéressante qui joue sur les multiples facettes des personnages, malgré une aura fantastique qui tourne autour d'une intrigue peu banale, malgré un couple d'enquêteurs inhabituels, je suis restée totalement extérieure à cette histoire, hélas. J'ai trouvé que le rythme était extrêmement lent et que la mise en place prenait trop d'importance. Mais le point essentiel est surtout que je n'ai absolument pas aimé le dessin de Atsushi Kaneko. L'auteur a fait le choix d'un trait épais qui accentue les expressions des visages. Grimaçants, figés, caricaturales, les personnages m'ont parus hautement antipathiques. Les trames sont quasi absentes et donnent un résultat assez froid et distancé sur l'environnement et ses habitants, et parfois même fouilli. Certains lecteurs rapprochent ce style des auteurs américains issus de l'underground, parfois de Charles Buns précisément. Ceci expliquerait cela. Élevée à la sauce asiatique, je n'aime tout simplement pas ce style graphique. Si je conçois bien qu'elle est parfaitement en adéquation avec le sujet et l'ambiance de cette histoire, je n'ai pourtant pris aucun plaisir à le découvrir et à m'y plonger.


Soil est très certainement une série de qualité pour ceux qui sauront en apprécier le dessin si particulier, bien différent des canons habituels du manga. Vous y découvrirez une histoire à l'ambiance mystérieuse marquante et un scénario original non dénué d'étrangeté. Sa narration dénote d'une construction intelligente et étudiée qui réserve de toute évidence de savoureux rebondissements couplés à un avalanche de questions sans réponses. A vous de voir si vous souhaitez embarquer dans une histoire cousine des Twin Peaks ! 

 

 

D'autres avis, tous positifs :

Zorgblog - David - Du9 - SBM - Oliv' - Champi - David F. - Yvan -

 

 

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Titre : Soil

Auteur : Atsushi Kaneko

Éditeur : Ankama

Parution : Janvier 2011 / Avril 2011

    228 / 240 pages

Prix : 8,95€


 

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 07:00

Sad-girl-01.jpgShiori se réveille un matin dans une appartement dévasté. Son mari cuve l'alcool qu'il a ingurgité et, elle, et bien, elle se souvient des plaques de médicaments qu'elle a ingurgité. Dans un sursaut de lucidité, elle déclare "ça ne peut plus continuer comme ça."

Dès lors, Shiori nous narre son parcours qui s'avère une véritable descente aux enfers...

 

Shiori s'enfuit donc de chez elle et trouve refuge chez M., une ancienne amie d'université. On découvre qu'elle est dépendante aux médicaments et que son mari, alcoolique, la bat de temps à autre. Malheureusement M. est, elle aussi, dépendante. POur elle, il s'agit de la drogue et très vite, elle initie Shiori à ses plaisirs coupables qui leur font oublier leurs angoisses et leurs soucis. Lorsque la police débarque, elle se retrouve à nouveau dans la rue. Cette fois-ci, c'est vers un ancien amant qu'elle se tourne. Heureux de trouver une femme pour s'occuper des 5 enfants dont il a la garde, il l'accueille chez elle. Mais bientôt, c'est la prostitution qui la guette.

 

Je n'en dirais pas plus mais vous l'aurez compris, la vie de Shiori va aller de Charybde en Scylla et c'est avec horreur que nous la voyons tomber dans une spirale infernale dont la jeune femme est incapable de se dégager.

Femme brisée, angoissée qui ne tient que grace à ses médicaments qu'elle réclame comme le saint Graal, Shiori fuit sa vie comme elle a fuit le domicile parental, enfermée dans des préceptes religieux et sectaires qui lui coupait les aîles. 

Drogue, alcool, dépression, manipulation, viol sur mineur, prostitution, embrigadement sectaire. cette histoire ne vous épargnera aucune horreur et c'est l'écoeurement qui vous guette devant cette femme qui refuse de se secouer et de prendre sa vie en main. Sauf que, il y a une chute à ce récit. Totalement innattendue, elle donne un autre regard sur tous les détails glauques survenues jusque là. Impossible d'expliciter plus sans vous dévoiler le sens de cette histoire !

 

Kan Takahama, éditée depuis quelques années chez Casterman, est connue pour ses ouvrages appuyant particulièrement les relations entres les hommes et les femmes. Vous vous souviendrez peut-être de Mariko Parade écrit à quatre mains avec Frédéric Boilet. Dans Sad Girl, on retrouve ce souci de mettre en lumière la difficulté d'être et de communiquer avec les autres. Son héroine semble seule au monde et les seuls personnes qui lui tendent la main ne font que la plonger un peu plus dans la déchéance.  

Ecrit expressément pour la France, sans passer par la case Japon, ce récit bénéficie d'un traitement graphique à l'aune de l'histoire. Alors que la couverture évoque une histoire féminine pleine de fraicheur, l'intérieur se décline dans une large gamme de noir et de gris qui laisse peu de place à la lumière, présente par quelques petites touches peu apaisantes et plutôt mélancoliques.

Sad Girl est au final un livre sans concession qui déplaira peut-être par son parti-pris extrême et exagéré mais qui finalement se révèle d'un espoir surprenant et sert de fonction cathartique. Un ouvrage plutôt intéressant sur la dépendance, qui peut permettre d'ouvrir les yeux sur les actes extrêmes qu'elle peut nous faire faire.

 

 

D'autres avis :

David Fournol -

 

 

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  Titre : Sad Girl

Auteur : Ken Takahama

Editeur : Casterman

Parution : Avril 2012

    88 pages 

Prix : 16€


 

  ChallengeDragonFeu

 

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 07:00

 

histoire-des-3-adolf-t1-01.jpghistoire-des-3-adolf-t2-01.jpgAoût 1936 : les jeux olympiques battent leur plein à Berlin. Le journaliste japonais Soheï Togué est dépêché sur les lieux. Il compte en profiter pour retrouver son jeune frère, étudiant en Allemagne. Avant leurs retrouvailles, ce dernier prévient Togué qu'il a des documents extrêmement importants à lui transmettre qui remettraient en cause la place d'Adolf Hitler. Mais quand Soheï se présente avec retard au RDV, c'est le cadavre de son frère qu'il découvre. Il alerte la police qui prend en charge le corps mais découvre bientôt qu'elle va tout faire pour effacer toutes traces de passage de son frère. Enquêtant alors sur ces fameux documents compromettants, c'est à son tour d'être menacé par la police et les services secrets.

Parallèlement, nous découvrons l'existence de 2 jeunes garçons qui vivent au Japon : Adolf Kaufmann et Adolf Kamil. Si l'amitié et le même prénom les rapprochent, leur origine différente (l'un est juif tandis que l'autre est allemand pure souche) est un frein à leurs relations. Se jurant une fidélité à tout épreuve, les 2 enfants doivent faire face à la pression des adultes qui refusent de les voir se côtoyer. Bientôt, Adolf Kaufmann, fils d'un haut dignitaire des nazis, va être envoyé contre son gré dans les jeunesses hitlériennes.

 

Osamu Tezuka, un des grands maîtres et précurseurs du manga, livre ici une grande fresque historique qui entraîne le lecteur dans la période d'avant-guerre qui voit la montée du nazisme puis dans les années tourmentées de la seconde guerre mondiale. Il adopte un angle original en proposant en parallèle un point de vue allemand et japonais sur la politique nazie et le conflit qui se prépare. En s'appuyant sur la rumeur des origines juives d'Hitler, il dénonce habilement l'intransigeance allemande, le racisme plus ou moins avoués de certains allemands, l'embrigadement des enfants mais aussi il réussit à mettre en relief le soutien du Japon envers l'Allemagne et son implication dans la guerre qui est loin d'être anodine. Le Japon envahit d'ailleurs la Chine en 1938 et met en place sa propre politique d'expansion d'un État où bientôt la critique devient impossible.

Mais loin d'être un simple récit historique, Tezuka donne un parfum d'aventure à son histoire qui suit à la trace le journaliste Togué qui va avoir fort à faire pour sauver sa peau et découvrir les meurtriers de son frère. Accablé de coups du sort le plus souvent provoqués par ceux qui sont à ses trousses,il trouve néanmoins sur sa route de bonnes âmes charitables qui lui donneront un coup de main pour ses recherches ou sa simple survie. Des personnages qui font d'ailleurs habilement le lien avec nos deux jeunes garçons que nous continuerons à suivre ponctuellement.

Aussi, la construction s'avère particulièrement intelligente, dynamique et ponctuée de nombreux rebondissements qui atténue la longueur de l'histoire de plus de 1000 pages pour sa totalité !

On retrouve d'ailleurs le même dynamisme dans le trait caractéristique de Tezuka. Son dessin est très vif, exprimant à l'excès la rapidité des actions, accentuant les émotions et les expressions des personnages, n'hésitant pas à recourir à l'exagération des mouvements et à la caricature. C'est néanmoins un dessin très efficace qui se laisse appréhender facilement.

 

L'histoire des 3 Adolf est donc un très grand manga qui reste toujours autant d'actualité et dénote de l'engagement de l'auteur contre toute forme de guerre qu'elle quel soit. Si Hitler a disparu, les haines raciales sont toujours de notre monde et Tezuka décrypte ici avec succès le mécanisme de rejet qui peut toucher certains. Mais loin d'être une oeuvre sombre, l'auteur réussit le tour de force de proposer une histoire divertissante qui fait parfois même preuve d'humour, tout en abordant de façon frontale des thèmes forts et difficiles. A travers l'histoire de Togué et de ses recherches, à travers l'amitié des 2 Adolfs dont on s'interrogera bien évidemment sur la longévité, Tezuka retrace l'histoire des hommes, de leur condition, oscillant entre haine, amour et amitié.

Moi qui, je l'avoue, ne suis habituellement que peu sensible à cet auteur dont je trouve le dessin quelque peu daté, je me suis plongée dans cette histoire avec bonheur et vous la recommande !

 

 

D'autres avis :

Oliv' - Lunch et Badelel - Du9 -

 

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 Titre : L'histoire des 3 Adolf

Auteur : Osamu Tezuka

Editeur : Tonkam

Parution : Mai 2008 / Août 2008 (réédition version luxe)

    288 / 224 pages 

Prix : 19,90€ le tome (4 volumes) 


 

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 23:55

bonne-nuit-punpun-t1-01.jpgbonne-nuit-punpun-t2-01.jpgPunpun est un jeune garçon de 13 ans qui mène une vie tout à fait ordinaire entre l'école et les copains. Mais quand Aiko débarque dans sa classe comme nouvelle élève, Punpun tombe amoureux tout de suite. Ils sympathisent rapidement mais le comportement et les promesses que la jeune fille lui impose font peur à Punpun. Malheureusement, c'est la vie familiale du jeune garçon qui va bientôt être perturbé. Sa mère est à l'hôpital victime d'un "accident" tandis que son père a quitté le domicile. C'est désormais son oncle Yuichi qui va s'occuper de lui.

 

Formidable manga qui se cache derrière ses couvertures colorées et énigmatiques ! Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas ici d'un manga pour enfant mais plutôt d'une chronique de vie pour adultes.

Inio Asano restitue ici cette période entre enfance et adolescence à travers la vie de Punpun que l'on voit mûrir au fil des pages. Jeune garçon naïf, Punpun est témoin du jeu des adultes qu'il ne comprend pas toujours mais dont il perçoit le malaise. Perturbé par l'absence de ses parents, par le mensonge qui entoure les faits et gestes des grands, perturbé par cet amour naissant qu'il a dû mal à gérer, Punpun hésite constamment sur la conduite à tenir. Ce sont les débuts de la sexualité avec les magazines et revues porno qu'on se refile entre copains avant de découvrir que la cervelle peut jaillir de son petit zizi ! Ce sont les premiers émois amoureux qui vous font promettre les choses les plus extrêmes. C'est le dur choix à faire entre les copains et l'amoureuse. La vie n'est pas tendre avec Punpun qui éprouve bien des difficultés à devenir adulte et à trouver sa place.

Les adultes, parlons-en. Ils sont loin ici d'avoir une image positive... Le père bat sa femme et s'enfuit de la maison. La mère tente de se suicider lors de son séjour à l'hôpital. L'oncle est au chômage et lui parle d'un dieu funky à qui on peut tout demander pour mieux s'emporter sur la religion plus loin. Une autre mère oblige sa fille à l'accompagner au démarchage en porte à porte pour la secte auquelle elle appartient. Plus loin, c'est un meurtrier qui a assassiné sa famille qui fera son apparition, etc... Les autres adultes ont tous une attitude extrême et exagéré au possible qui ne fait qu'accentuer l'absurdité de leur inquiétant comportement.

Bref, à travers cette petite chronique quotidienne, l'auteur n'hésite pas à égratigner la société japonaise dont il dénonce les excès et les artifices.

 

Graphiquement, l'auteur a fait preuve d'une réelle inventivité et de renouvellement en donnant à son personnage principal l'apparence d'un poussin, grossièrement dessiné. Ainsi, Punpun et toute sa famille sont peints sous les traits de curieux volatiles qui ne semblent pas à leur place dans ce manga (dans cette société japonaise ?) Autre particularité : vous ne verrez jamais Punpun parler. Les pensées et paroles du héros sont constamment rapportés par ses interlocuteurs ou devinable par le contexte. Un étrange parti-pris donc qui peut déstabiliser au début mais qui s'assimile très rapidement et qui n'élimine pas pour autant une large palette de sentiment.

Les adultes ont souvent des visages grimaçants, des traits fortement caricaturés tandis que la petite Eiko est synonyme de douceur et beauté.

 

Vous l'aurez compris, Bonne nuit Punpun est un manga profondément humain qui s'arrête sur les individus, leur place dans la société, sur le malaise de l'adolescence de manière tout à fait subtile et douce-amère. Oscillant entre tristesse et petites joies éphèmeres, entre fraicheur enfantine et interrogations tourmentées, le récit s'épanouit avec richesse autour de la figure de Punpun. Loin d'être très sombre pourtant, l'histoire ménage des passages plus enlevés où l'humour a aussi sa place. Un humour typiquement japonais qui fait naître sous la plume de l'auteur des situations totalement improbables avec des adultes complètement barrés, ce qui donne un contrepoint intéressant à des thématiques plus difficiles.

C'est donc une série plus que prometteuse dont il s'agit ici puisqu'elle est déjà de haut niveau, une histoire au long cours (8 tomes à ce jour au Japon) qui nous permettra de suivre dans le temps le jeune Punpun (2 ans s'écoule dans les 2 premiers tomes). 

 

Une oeuvre véritable profonde et touchante pour moi, un vrai coup de coeur !


 

D'autres avis :

Bulles et onomatopées - Yvan, tome 1 et tome 2 - Lili galipette -

 

 

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 Titre : Bonne nuit Punpun

Auteur : Inio Asano

Editeur : Kana, Big Kana

Parution : Février 2012

    224 pages 

Prix : 7,45€ le tome


 

 

bd du mercredi

Chez Mango

 

Challenge Dragon de Feu

 

 

10 jours japonais

 

Jour 9 :

A découvrir chez les autres :

 

- Unchocolatdansmonroman s'est émue avec Les années douces, de Kawakami

- Sharon attaque le manga Alice 19th

- Tiphanya a découvert Le tricycle de Shinichi

- Ankya a suivi les pas d'une japonaise en France avec Nâââde ?!

- Hélène s'est plongé dans le Japon de 17 dessinateurs.

- Catherine présente son salon du livre japonais

- Loula termine sa lecture de Nanja Monja

- Manu s'est offert Le bureau des chats

- Ambroisie a lu Le chateau ambulant

 


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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 23:50

nanja-monja t1 01Nanja-Monja-t2-01.jpgDepuis la mort de son grand-père, Taro vit seul dans le petit village d'Hananoki. Son passe-temps : observer les étoiles depuis sa lunette astronomique. Mais un soir, alors qu'il observe le Nanja Monja, immense arbre sacré du village, il est témoin de la chute d'une jeune fille lors de son ascension. Alors qu'il se précipite pour lui porter secours, il ne découvre à son arrivée que des vêtements vides au pied de l'arbre. Le policier du village enquête sur la disparition de cette dernière tandis que Taro découvre bientôt dans sa maison une petite fille miniature qui se cache dans ses placards.

 

Voilà une charmante histoire qui ravira les adeptes de Miyazaki !

Prenant place dans un petit village tranquille et bucolique où chacun se connaît, Nanja Monja se révèle plein de fraîcheur et de douce féerie. Les habitants du village que l'on découvre peu à peu sont d'une simplicité désarmante et tous semblent d'une grande douceur et bonté. Il y a le meilleur ami d'enfance de Taro prêt à tout pour aider son ami, il y a Michiko qui semble secrètement amoureuse de Taro, il y a le groupe des anciens qui abreuvent le jeune garçon de victuailles et tentent de l'aider depuis la mort du papy et le sympathique policier ventripotent un peu trop bavard.

Rien ne semble donc altérer la quiétude du lieu, excepté cette étrange disparition. Sora, la disparue, va atterrir en version minipousse chez Taro qui se décide à la protéger et à l'aider à retrouver un médaillon un peu particulier dont vous découvrirez le pouvoir dans le tome 2. Obligée de se cacher, Sora dont la petitesse est parfois un frein à leur recherche, va finir par se perdre, obnubilé par l'idée de retrouver son précieux bijou. Mais heureusement, d'étranges petits hommes veillent cachés dans des peaux de grenouilles...

 

Vous l'avez compris, il sera question dans cette histoire d'un étrange petit peuple miniature lié au Nanja Monja, l'arbre sacré du village. L'ambiance oscille entre réalisme campagnard empreint de douceur et magie mystérieuse liée aux esprits de la forêt. Un très beau mélange qu'on ne manquera de rapprocher d'Arrietty, par exemple. Sans être un manga d'action, Nanja Monja possède sa part d'aventure et de suspense. Le scénario avance intelligemment et ménage sa part de mystère en ne donnant pas toutes les réponses tout de suite.

Le dessin quant à lui est simple et léger, ce qui le rend accessible à un vaste public même jeune. Les personnages sont très expressifs et les décors soignés.


J'ai eu pour ma part un petit coup de coeur pour ce titre enchanteur qui change des mangas bourrins destinés aux ados en manque d'action fantastique. Ici, douceur, mystère et poésie suffisent à qualifier ce titre qui mérite largement qu'on s'y arrête. C'est une vraie petite perle qui nous rappelle ces contes et légendes d'autrefois peuplés de créatures mystérieuses et renvoit au lien avec la nature qu'on retrouve beaucoup dans la culture japonaise.

A découvrir sans tarder donc !

 

 

D'autres avis :

Loula qui a porté mon attention sur cette série -

 

 

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 Titre : Nanja Monja

Auteur : ITO Shizuka

Editeur : Glénat

Parution : Janvier 2011 (T.1) / Mars 2011 (T.2)

    238 / 192 pages 

Prix : 7,50€ le tome


 

Challenge Dragon de Feu

 

10 jours japonais

 

Jour 8

(avec un peu de retard...)

 

Vous pouvez découvrir ce mardi chez les autres participants :

 

- Mango nous fait découvrir le peintre Yorosu Tetsugoro

- Ambroisie continue sa lecture de Shinobi life

- The Bursar a attaqué le manga Bamboo Blade

- Merquin s'est penché sur les cent vues d'Edo de Hiroshige

 



A mercredi soir avec un autre manga !

Si la connexion le permet...

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 23:56

soldats de sable 01

En 1945, l'archipel d'Okinawa est le théâtre de batailles qui voient s'affronter l'armée impériale japonaise et les forces armées américaines. Des mois de combats qui feront de nombreuses victimes militaires et civiles.

Dans Soldats de sable, Susumu Higa évoque, en différentes histoires, le conflit vue de l'intérieur par les habitants eux-mêmes. S'appuyant sur la propre expérience de ses parents, l'auteur (né dans les années 1950) livre un témoignage hors pair qui n'hésite pas à égratigner l'image des soldats japonais.

 

Voici le contenu de quelques unes :

 

Lame de sable :

Une garnison de soldats japonais vient investir l'île sous prétexte de protection. Réquisitionnant l'école, déboisant les arbres sacrés du lieu, pêchant à la dynamite, obligeant les civils à des entraînements militaires, ces derniers sont assez mal acceptés par la population. Seul un homme tentera de les convaincre de partir et de leur rendre la tranquilité qui les protège des combats américains.

 

....... :

Ici, c'est une mère et ses 3 enfants que nous allons suivre. Attendant le retour de son mari parti à la guerre, la mère tente de protéger et nourrir  comme elle peut sa progéniture. Alors qu'elle se réfugie dans un abri, des soldats japonais font iruption et pillent ses dernières provisions. Son bébé, effrayé par le bruit des bombardements, se met à hurler au grand dam des soldats qui craignent d'être repérés. Menacée de mort, la petite famille est expulsé à l'extérieur et la mère, contrainte de se trouver un nouvel abri, reprend son errance.

 

...... :

Un soldat japonais fait prisonnier par les américains découvrent que ses ennemis ne sont pas les terribles vengeurs annoncés. Bien traité par ces derniers, il accepte de collaborer avec eux afin d'épargner des vies de civils japonais. Devenu traducteur, il accompagne les soldats américains qui tentent de convaincre la population cachée dans des abris de sortir et de se rendre. Mais craignant les exactions ennemies et incités par les soldats japonais infiltrés parmi eux, nombreux se résoudent au suicide ou pire encore, sont victimes de ces "actes de bravoure" de l'armée impériale.

 

.... :

La guerre est terminée depuis de nombreuses années. On découvre un jeune apprenti potier qui suit l'enseignement de son maître. Se fournissant de la terre du village, bientôt pourtant, le jeune homme est atteint de cauchemars récurrent. Quand des ossements humains sont découverts dans le village, bientôt, l'ombre des ancêtres devenus fantômes plâne au dessus des descendants d'Okinawa.

 

 

soldats de sable 04Vous l'aurez compris, l'auteur a construit habilement son recueil qui va de la menace des combats à l'après-guerre et ses blessures non cicatrisées. Les récits réunis ici donnent ici une vision radicalement différente du discours officiel et laissent entendre la voix de la population civile qui a eu à subir la guerre mais aussi l'attitude de l'armée japonaise.

On découvre ici des soldats égoistes pour qui seule la victoire et l'honneur comptent. Ils prennent certaines décisions en dépit du bon sens, utilisent la population comme bouclier humain, pillent leurs réserves sans vergogne et ne font preuve d'aucune compassion ou sentimentalisme.

Heureusement, l'auteur sait aussi montrer des soldats plus positifs qui n'hésitent pas à se battre pour sauvegarder quelques vies humaines, ou plus loin des étudiants qui renoncent à rejoindre leur famille pour sauvegarder vainement des milliers de livres et écrits inestimables pour l'histoire japonaise.

Les habitants, forcés de se plier aux ordres, sont pris entre deux feux. Ils n'ont pas voix au chapitre devant la force militaire et doivent tout accepter sous prétexte d'aide à l'effort de guerre. Lorsque les américains envahissent les terres japonaises, la population forcée de faire profil bas est même accusée par ses propres soldats de traitres et menacés de morts. Là encore, rien n'est tout noir et la solidarité fait parfois oeuvre de miracle.

 

Bref, c'est une vision totalement absurde, amorale et meurtrière qui nous est donné ici de la guerre, un véritable plaidoyer anti-militariste que l'auteur livre en toute simplicité, s'appuyant sur des portraits très humains et très réalistes de citoyens japonais, victimes impuissantes de la guerre qui tentent de se sauver sans oublier leurs valeurs.

Une veine réaliste donc qu'on retrouve dans son dessin très simple, aux lignes claires, qui réussit en quelques traits à donner vie à cette époque tourmentée sans alourdir le propos.

La postface, très éclairante, revient sur le contexte de l'époque, détaille l'origine et le sens de chaque nouvelle.

 

Soldats de sable s'avère donc un ouvrage particulièrement salutaire du point de la mémoire et de l'histoire. Devant un Japon qui, encore aujourd'hui, fait face à des discours révisionnistes au sein même de son gouvernement, l'auteur fait preuve d'un certain engagement humaniste en illustrant ce traumatisme de la guerre et en livrant sans manichéisme une vision réaliste des batailles d'Okinawa.

Le français, de son côté, découvrira certainement en plus cet épisode mal connu de l'histoire japonaise.

Au final, voilà bien des raisons de se pencher sur ce formidable recueil !

 

 

A noter :

Ce titre est sélectionné pour le Festival d'Angoulême dans la sélection officielle.

 

D'autres avis :

L'article très complet de Culturopoing  qui vous propose de gagner un exemplaire. 

 

Liens :

Premières pages à lire

 

 

 

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Titre : Soldats de sable

  Auteur : Susumu Higa

Editeur : Le lézard

Parution : Septembre 2011

    250 pages 

Prix : 19€


bd du mercredi

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 22:50

Bride-Stories t1 01Loin des univers japonais auquel les mangas nous avaient habitués, Bride stories nous emmène cette fois-ci dans les steppes d'Asie centrale.

Amir, à 20 ans, vient d'être donné en mariage à un jeune garçon de 12 ans, Karluk, pour des questions d'alliance entre clans. Loin de voir sa nouvelle situation comme une perspective peu réjouissante, Amir s'accommode fort bien de cette nouvelle famille qui l'accueille chaleureusement.

A travers ses yeux de nouvelle arrivante d'une culture différente, nous allons découvrir les coutumes de son clan d'origine tout comme celle de sa nouvelle famille. Elle fait connaissance avec son jeune mari et les autres membres. Tout se passe bien mais bientôt, son statut est remis en question par les membres de son propre clan...

 

Disons le tout net : ce manga est une grande réussite !

L'auteur que l'on connait pour son goût pour l'angleterre victorienne (Emma) avoue ici une autre passion pour l'Asie centrale et ses vastes steppes désertiques. L'histoire que nous pouvons suivre ici se trouve empreint de vastes recherches documentaires et le lecteur se plaira à découvrir à travers l'histoire d'Amir une culture méconnue.


Amir est une jeune femme indépendante et complète : elle sait monter à cheval, elle chasse avec l'aide d'un faucon, elle sait coudre et créer de nouveaux vêtements, donner une meilleure apparence à son intérieur. Au delà de ses connaissances, elle fait preuve de qualités humaines indéniables, toujours prête à aider ses proches, à désamorcer les conflits et à donner de sa personne. Une perfection que sa nouvelle famille a relevé avec bonheur.

Ses relations avec son petit mari sont, au début, sous le signe de l'affection maternelle : elle protège Karluk, est aux petits soins pour lui. Le jeune garçon, fasciné par cette jolie fille, est très intimidé et peine à envisager toute relation plus intime. Amir tente peu à peu quelques approches et on sent que la situation évolue. Ce point, la différence d'âge et la jeunesse extrême de Karluk, était un des points qui me gênait de prime abord avant d'entamer ma lecture. La jeunesse de Karluk augurait pour moi quelque chose de malsain ou d'anormal. Pourtant, je dois reconnaître qu'il n'y a rien de tout cela ici. Même si je reste circonspecte sur la suite de leur idylle, l'auteur réussit à évoquer leur amour avec finesse et tout en douceur.

 

Mais au-delà de l'histoire qui nous emmène sur des terres dépaysantes, l'auteur fait preuve d'une grande qualité graphique. Son dessin est d'une minutie incroyable et dénote d'une réelle analyse des costumes, des intérieurs, des paysages. Tout est extrêmement détaillé et d'une grande richesse de motifs à l'image de l'artisanat de ces peuples asiatiques : les tapis qui habillent les sols, les bois sculptés de la maison, les vêtements richement ouvragés, décorés de broderies et de tissus chatoyants, les bijoux et les armes qui complètent les tenues. Je dirais qu'il ne manque que la couleur !

 

Vous l'aurez donc compris, je rejoins le concert de louanges des précédents lecteurs et vous conseille chaleureusement ce titre qui allie une histoire impeccable construite sans urgence avec un dessin très travaillé et très précis.

Un manga à l'atmosphère originale qui plaira à un vaste public curieux de contrées lointaines.

Moi, j'en redemande !


 

D'autres avis :

Emmyne - Cely - Bulles et Onomatopées - Jérome - Tiphanya - Lael - Akialam -

 

Liens :

Les 35 premières pages à lire !

 

 

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Bride-Stories-t1-04.jpg

 

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 Titre : Bride stories, tome 1

Auteur : Kaoru Mori

Editeur : Ki-oon

Parution : Juin 2011

    192 pages 

Prix : 7,50€ 


 

bd du mercredi

 

Challenge roaarrr

Fauve - Prix intergénération 2012

 


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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
Ce blog sera à terme supprimé.
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