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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 23:47

El-Paso-01.jpgL'histoire commence en prison. Le jeune Russell vient à la prison rendre visite à son père. Le moment est émouvant. Silencieux et fort.

Un flash-back nous renvoie quelques semaines plus tôt et nous fait revivre un bout de leur destinée commune, celle d'un père et de son fils qui apprennent à s'aimer.


Russell vient de perdre sa mère. Désormais, c'est un père qu'il ne connaît pas qui veille sur lui. A sa façon. Car Andy ne sait pas très bien comment s'occuper d'un enfant. Il ne sait pas comment lui parler, lui faire plaisir. Il ne sait pas que les boissons sucrées ne sont pas bonnes pour le petit. L'ambiance n'est pas à la fête et les relations entre les deux sont plutôt glaciales, empruntées de gêne ou maladroites. Le père, loin d'avoir une stabilité idéale, embarque son fils dans une sorte de road-movie un peu voyou, censé le mener sur le lieu d'un bon coup (foireux évidemment). En attendant, ils passent d'un hôtel miteux de bord de route à la caravane d'une ancienne amante. la route défile, les rencontres se succèdent mais peu à peu, un lien se crée entre Russell et Andy. Un lien fait de petits moments intimes sans importance : traverser des trombes d'eau sans essuie-glaces, profiter d'une piscine de façon illégale. La relation entre le père et le fils prend de l'ampleur et l'amour grandit.

 

El-Paso 04

Magnifique et touchante histoire initiatique entre un fils qui se découvre un père et un homme qui apprend à gérer sa paternité. Faite de beaucoup de silences, leur relation se mue peu à peu en quelque chose d'intense qui ne se révèle que lorsque celui-ci leur est enlevé. Russell est aussi renfermé que son père paraît extraverti. Et pourtant, ces deux-là vont réussir à s'unir. La narration se fait sans excès d'action, de parole. A travers les gestes, les quelques mots prononcés par chacun d'eux transparaît  une émotion palpable, des sentiments sur le fil qui se cachent et se révèlent à la fois à travers les non-dits du récit.

 

Pour illustrer cette rencontre filiale, Bastien Quignon nous offre un superbe dessin fait en aquarelles ocres très lumineuses. Son trait est doux et possède beaucoup de relief, avec ce petit côté flou et granuleux du plus bel effet. Personnellement, j'adore ! Tout simplement.

 

El paso se révèle au final le résultat extrêmement réussi d'un duo de qualité qui a su communiquer l'émotion et la force de la simple construction d'un amour entre un père et son fils. Entre road-movie à l'américaine et drame familial, l'album se révèle une excellente surprise qui se départit d'une trame en apparence peu originale. Un très bel album et deux auteurs à suivre qu'il faut découvrir !

 

 

Liens :

Preview

Blog d' Aurélien Ducoudray

Site de Bastien Quignon

Interview des auteurs

 

Du même scénariste sur ce blog : Bekame, tome 1

 

D'autres avis :

Paka - Oliv'David Fournol -

 

 

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Titre : El paso

Dessinateur : Aurélien Ducoudray

Scénariste : Bastien Quignon

Éditeur : Sarbacane

Parution : Octobre 2012

  96 pages 

Prix : 17,90€




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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 20:54

preacher-t1-01.jpgAu commencement était le Verbe.

Et de fait, nous pénétrons dans l'histoire de Preacher en assistant au déjeuner de 3 personnages qui se racontent leur parcours. Le révérend Jesse Custer a fuit son église où un massacre a eu lieu et a croisé bien à-propos Tulip, son ex-petite amie qu'il avait largué autrefois sans mot dire. Cette dernière, bien décidée à connaître la raison de sa désertion, compte bien lui coller aux basques tant qu'elle n'aura pas eu ses réponses. Accompagnée de ses flingues qui ne la quittent pas mais aussi de Cassidy, un curieux bonhomme qui l'a prise en stop et se cache du jour la journée, Tulip emboite le pas à Jesse, et c'est désormais à 3 que la petite équipe fuit... car les choses ne sont pas si simples...

 

Jesse Custer a vu l'église où il officiait de manière exaltée, complètement pulvérisée. La lumière qui a surgit a tué tous les fidèles et seul Jesse en est sorti vivant. Fuyant le lieu du massacre, il va bientôt comprendre qu'une entité du nom de Génésis a fusionné avec lui. Ce dernier, issu des amours d'une démone et d'un séraphin, vient de s'échapper du ciel où il était retenu prisonnier, son pouvoir trop grand menaçant celui de Dieu. Le problème est que Dieu s'est tiré du paradis et laisse tout ce bordel aux mains de ses sous-fifres complètement dépassés. Pour le récupérerer, les anges envoient alors le terrible Saint des Tueurs qui semble plutôt incontrolable.

Poursuivis donc par le Saint des tueurs mais aussi par un super flic qui se sent pousser des aîles, Jesse et ses 2 compères prennent la fuite. Alors qu'on découvre que Cassidy est en fait... un vampire, Jesse profite de "la voix de Dieu" que lui a conféré la fusion avec Génésis : sa parole fait force de loi et tout le monde y obéit, même contre son gré. Je vous laisse imaginer l'effet d'un "Va te faire foutre, connard"... En attendant, Jesse ne se laisse pas faire et est bien décidé à retrouver Dieu pour lui botter le cul.

 

Vous l'aurez compris à ce résumé, Preacher est une série un peu barrée, qui ne s'encombre pas de finesse. La violence et la vulgarité sont omniprésentes. Sexe, tripailles et outrages langagiers sont de rigueur. Les personnages sont totalement immoraux, le révérend le premier.

L'Amérique qui nous est dépeinte est peu reluisante : raciste, arriérée, mesquine. Ses habitants sont des alcooliques, des dégénérés, des suicidaires ratés, des corrompus, des chrétiens de pacotille qui se donnent bonne conscience à coup de sermons et de confessions.

Une violence démesurée certes mais qui se trouve contrebalancée par l'humour noir sous-jacent et totalement irrévérencieux du scénario. Un Dieu qui a décidé de laisser en plan sa création, un pasteur défroqué qui se met à sa recherche pour lui demander des comptes, un grand méchant envoyé non pas par l'Enfer mais par les Anges du Paradis. On nage dans un délire total qui colle au mot religion le terme de trash.

 

Si vous fréquentez régulièrement ce blog, vous savez un peu que les comics ne sont pas particulièrement ma tasse de thé. Je peine souvent à entrer dans leur univers et surtout à apprécier le graphisme américain.

Preacher ne me fut pas aisé à aborder. J'ai eu du mal à accepter ce mélange de fantastique et de religieux, à comprendre où l'intrigue allait me mener. Le dessin de Dillon, pourtant très accessible, ne m'a pas transporté.

Pourtant, avec le recul, avec la rédaction de cet avis, je me rends compte malgré tout que cette histoire a su me séduire. Son côté foutraque, son humour que je n'ai pas perçu tout de suite, les dialogues percutants de Ennis, la critique fort bien amenée de la religion et de l'Amérique puritaine qui en prend plein la face.

Finalement, je crois que je vais lire la suite... et ça, c'est déjà une petite victoire et le signe que cette série est de qualité !

 

Bref, un titre décalé et explosif qui oscille entre humour trash et critique sociétale sous couvert d'un scénario abracadrant ! A la fois polar fantastique et western contemporain, Preacher est une référence qui bouscule de manière décapante l'univers des super-héros.

 

 

A noter :

La série n'est hélas plus totalement disponible aux Editions Panini.

Mais je peux déjà vous annoncer qu'elle devrait être reprise en 2013 par Urban Comics.

 

D'autres avis plus éclairés :

David - Oliv' - Yvan -

 

 

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Titre : Preacher, tome 1 : Mort ou vif

Dessinateur : Steve Dillon

Scénariste : Garth Ennis

Éditeur : Panini

Parution : Mars 2007

  216 pages 

Prix : épuisé



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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 07:00

ballade-de-magdalena-t1-01.jpg1913, Arnaud de Sars quitte tout, sa famille, son entreprise, son pays, pour prendre la route autour du monde. Quelques mois plus tard, sa fille Léonie de Sars part sur ses traces en Nouvelle Guinée afin de retrouver le père disparu et le ramener auprès de ses affaires menacées de faillite. Sa route va croiser celle de Lukian et de sa nièce Magdalena. Ces derniers viennent de subir un naufrage qui a coûté la vie au père de la jeune fille. Mais le violent Lukian laisse peu de place aux sentiments et embarque à sa suite Léonie dont il serait le dernier à avoir été en contact avec son père, et l'étrange et silencieuse Magdalena, dans une aventure maritime loin de tout repos.

 

Comme l'annonce la couverture, La ballade de Magdalena se place sous le signe de l'aventure maritime. Et de fait, cette histoire débute par un naufrage dramatique qui coûte la vie à quelques hommes. Le frère de Lukian en fait partie. Mais ce dernier, loin de s'apitoyer sur cette perte, affiche une insensibilité notoire qui le rend cruel. Les gens qui l'entourent font les frais de son autorité, de sa brutalité et de sa grande gueule. Même pour sa nièce Magdalena, c'est "marche ou crève". La jeune fille désormais orpheline complètement sous la coupe de cet homme, et peu habituée aux contacts extérieurs, semble dans son monde, n'affichant elle aussi que peu d'émotion tout en étant sujette à des crises de panique paralysantes. L'arrivée de Léonie de Sars dans leur groupe, jeune femme de bonne famille qui tente de s'adjoindre l'aide de Magdalena pour faire parler Lukian de ses rapports avec le père disparu, ne réussit pas à dérider cette jeune fille effacée.

Nos personnages vont bientôt reprendre la mer pour une fuite aventureuse qui flirtera avec la flibusterie.

 

Série d'aventures en 2 tomes, La ballade de Magdalena se présente comme un voyage aventureux en compagnie de personnages plus ou moins faciles. La figure de Lukian est majeure dans ce premier volume et sa personnalité détestable marque les esprits. Si les 2 femmes semblent plus effacées, nul doute que le deuxième tome leur accordera une place d'importance comme le suggère le final de cet album que je vous laisse découvrir. La présentation des personnages, l'action se mettent en place avec facilité et bientôt l'intrigue se complexifie. Première guerre mondiale en arrière-fond, mystère autour de Magdalena et ses curieuses crises, autour du père de Léonie, autour de Lukian lui-même. Le maillage est dense, suspense, aventure et voyage se rejoignent ici pour offrir au lecteur un scénario riche et très maîtrisé, ferrant son lecteur avec de nombreuses questions en attente.

 

Si le scénario est de qualité, on peut en dire autant pour le dessin qui s'avère une grande réussite !

L'auteur est sans nul doute un amateur de la mer, sous toutes ses formes. Son travail sur l'eau, les bateaux est remarquable. Je pense notamment à quelques planches qui se déroule sous l'eau et s'avèrent saisissantes. La colorisation en couleurs directes est parfaite. Les dégradés de couleur, les jeux de lumières, les scènes nocturnes particulièrement bien rendus sont un des atouts majeurs de cet album.

Mon seul bémol, les personnages : on sent que leur représentation est moins aisée. Les visages sont très fixes, peu expressifs, parfois même grimaçants.

 

Très prometteur, cet album réalisé entièrement en solo par le dessinateur du Cycle d'Ostruce s'avère un très bon début de série, malgré ses petits défauts. Une belle histoire aventureuse et dépaysante magnifiée par la qualité graphique de Christophe Dubois qui devrait voir, je l'espère, sa qualité confirmée dans un deuxième et dernier tome à paraître.

 

 

Liens :

Interview de l'auteur

 

D'autres avis :

Cely

 

 

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Titre : La ballade de Magdalena, tome 1 : La stratégie du poisson-flûte

Dessinateur / Scénariste : Christophe Dubois

Éditeur : Le lombard

Parution : Septembre 2012

  63 pages 

Prix : 14,99€




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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 07:00

Zizi-chauve-souris-t1-01.jpgCe matin, Suzie, dite Zizi, a décidé d'arborer la dernière coiffure à la mode de Beverly Hills. C'est à dire les cheveux en pétard. Tellement en pétard que ça gêne son voisin de classe de voir le tableau. Mais Zizi a son opinion bien à elle et trouve plutôt que c'est de la faute du jeune garçon et de sa petite taille. Une répartie mordante qui lui vaut d'aller chez le directeur. Une fois de plus.

Sa tignasse sculptée par le vent, Zizi se retrouve bientôt avec une chauve-souris dans les cheveux. Douée de parole, cette dernière sympathise avec la petite fille et tente de rester indéfiniment dans les cheveux bien confortables de Zizi en se faisant passer pour une barette ! Se gavant des araignées si détestées par Zizi, elle va faire découvrir à la petite fille l'effrayant monde de la nuit et ses créatures fantastiques.

 

(...)

 

 

 

Je vous invite à retrouver l'intégralité de cette chronique sur le site Lire et Merveilles,

dont je suis désormais l'une des heureuses contributrices !

 

 

Liens :

Blog de Bianco

 

D'autres avis :

David Fournol - Zaelle - 

 

Zizi-chauve-souris-t1-03.jpg

 

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Titre : Zizi chauve-souris, tome 1 : Cheveux rester

Dessinateur : Guillaume Bianco

Scénariste : Lewis Trondheim

Éditeur : Dupuis

Parution : Septembre 2012

  48 pages 

Prix : 14,50€


 

bd du mercredi

Chez Mango

 

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 07:00

d-air-pur-et-d-eau-fraiche-01.jpg Joshua est fils de trappeur. Un père qu'on envie peu tant son alcoolisme et sa violence pèse sur le jeune garçon, sa mère et sa petite soeur. La petite famille grandit à l'ombre de cet homme puissant qui fait la pluie et le beau temps à la maison. Jusqu'au jour où une bande d'indiens attaquent et massacrent la famille. Seul Joshua réussit à s'en sortir. Le voilà désormais livré à lui-même dans une nature hostile qu'il va devoir apprendre à apprivoiser pour survivre.

 

A l'issue de l'attaque indienne, il ne restera plus à l'adolescent que les cadavres de ses parents, la poupée de sa soeur enlevée, un tas de ruines fumantes en lieu et place de cabane, et un jeune chiot survivant. Il ne lui reste plus que le choix de prendre la route avec le jeune animal et de tenter de survivre dans ces régions sauvages où la nourriture, la chaleur d'une fourrure, la protection d'un toit se mérite. Affamé, transi de froid, il erre jusqu'à la ville où il se fait refouler. Joshua doit alors apprendre à compter sur lui-même et surtout à chasser pour se nourrir, se vêtir et plus tard, faire commerce de fourrure, tel son père autrefois. Une vie solitaire qu'il a choisi mais qui le tourmente aussi parfois. Au point de chercher une femme à tout prix.

 

L'histoire se déroule dans une Amérique des grands espaces à une époque où il est encore de coutume de circuler à cheval. Mais loin d'être une histoire de survie légère, comme le laisserait suggérer le titre, D'air pur et d'eau fraiche se révèle au contraire un album sombre et désabusé sur la nature humaine.

Entre western, histoire de survie et récit initiatique, on assiste à l'évolution du personnage principal au fil des années, à son morne quotidien fait de chasse et de petits travaux. Libéré de son père et des contraintes qu'il lui faisait peser, Joshua va apprendre à devenir adulte et à assumer sa propre (sur)vie. On admire le courage et la volonté des jeunes années. Mais bientôt, ces derniers laisseront place à une certaine rancoeur et misère affective qui pervertira notre héros. Alcool, violence, sexe : c'est à son tour de tomber dans ces travers. Joshua reproduit les gestes de son père et c'est avec amertume que le lecteur fermera cet album. Point de salut dans les grands espaces, dans la nature sauvage et libre. L'homme finit par laisser s'exprimer ses bas instincts et ne semble pas apprendre de ses aînés.

 

La particularité la plus notable de cet album est qu'il s'agit d'une histoire sans paroles. Pero a fait le choix du silence pour laisser s'exprimer toute la force des illustrations. Et de fait, il fait preuve d'une grande force narrative et réussit à exprimer avec succès les émotions, les interrogations, les réflexions des personnages à travers un découpage judicieux et l'utilisation ponctuelle d'image pour signifier telle ou telle pensée. Le découpage classique met particulièrement en valeur les paysages enneigés (ou pas) de l'ouest mais aussi l'expressivité des visages qui pallie à l'absence de texte. Son trait épuré et pourtant travaillé utilise parfois les hachures, donnant ainsi un caractère torturé et dur au propos. D'une grande fluidité, le lecteur n'est jamais perdu dans ce dédale silencieux en noir et blanc.

 

A travers le portrait de Joshua, D'air pur et d'eau fraiche revient sur la notion de fatalité humaine et délivre une vision éminément pessimiste de la vie. Album graphiquement très intéressant et très réussi, on pourra tout de même regretter la fin abrupte à laquelle on aurait préféré une morale un peu plus aboutie.

Un bel album à découvrir !

 

 

Liens :

Premières pages à découvrir

 

 

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Titre : D'air pur et d'eau fraiche

Dessinateur / scénariste : Pero

Éditeur : La boite à bulles

Parution : Juin 2012

  128 pages 

Prix : 14€




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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 07:00

leger-bruit-dans-le-moteur-01.jpgDans un petit village isolé où personne ne s'arrête jamais, excepté le facteur, et où la vie semble être un sac de briques accroché au cou de ses habitants en pleine noyade sociale et financière, un gamin a décidé de tuer tout le monde. Pour d'obscures raisons, il s'attèle à trucider les habitants un par un, en faisant preuve de beaucoup d'ingéniosité.

 

Cette adaptation du roman éponyme de Jean-Luc Luciani (que je n'ai pas lu et dont je ne peux juger l'adaptation) est une oeuvre à la fois noire et cynique. On y suit les pensées et les actes de ce petit garçon qui, persuadé d'avoir commencé à tuer dès sa naissance (sa mère) construit un plan fort réfléchi pour arriver à ses fins : tuer tous les habitants du village, sa propre famille compris. A travers la narration de ce personnage dont nous ne connaîtrons pas le nom, nous allons suivre la fin tragique de chacun d'entre d'eux. Le petit frère qui décède d'un accident de balançoire, l'institutrice qui se prend un coin de bureau dans l'oeil, un gamin qui s'empale dans un piège à sanglier, un autre qui se noie dans la vase, etc...

Seule la petite Laurie trouve quelque peu grâce à ses yeux et, pour cela, devra mourir la dernière.

 


"Madame Frolignac, c'est l'épicière du village. Et c'est son chat que j'égorge si souvent dans mes rêves. C'est la seule à avoir un contact avec le monde de dehors du village. Elle part acheter des aliments qu'elle revend trois fois plus cher. C'est mon père qui l'a dit. Rien que pour ça, elle mourra plus lentement que les autres."

 

Vous l'aurez compris, inutile de chercher un peu de lumière dans cette histoire à la fois malsaine et oppressante. Le gamin tueur est effrayant de sang-froid et d'absence de remords et de compassion. Il nous explique ses faits et gestes avec une certaine naïveté, fautes d'orthographe à l'appui, tout en faisant preuve d'une résolution incompréhensible.  Sa seule volonté est d'achever tout le monde et de partir, dans le monde, hors de cette communauté bien peu amène. Si les enfants seront les premiers à subir sa violence, les adultes ne seront pas en reste. Et d'une certaine façon, on pourrait presque le comprendre ! Les habitants de ce petit village vivent en vase clos, dans une misère crasse qui les enfoncent dans la médiocrité, la méchanceté et la perversion. Chômage, misère, folie, avarice, luxure, inceste, infidélité, racisme... les adultes de ce groupe donnent de beaux exemples d'immoralité et sont prêts à planquer les cadavres dans le jardin pour continuer à toucher les pensions de ces derniers. Aucun des personnages ne semble pouvoir être sauvé ici.

Cette descente aux enfers s'avère pourtant surprenante. Le contraste entre un propos profondément noir et une narration enfantine et innocente donne un effet totalement décalé qui donne presque envie d'en rire. On s'étonne à attendre la suite du récit avec impatience, s'interrogeant sur les limites sans cesse repoussées du jeune assassin.

 

Mais si le scénario en perturbera certains, on ne pourra que s'enthousiasmer pour son traitement graphique. Dans une palette aux tons ocres et bleu nuit, Munoz a imaginé un univers oppressant dont l'ambiance crépusculaire est rendue à la perfection. Son trait offre à la fois un côté naïf avec des traits épais, appuyés, et un côté très travaillé sur le grain, la lumière, donnant ainsi beaucoup de profondeur et de densité. Un aspect qui m'a fait un peu penser au dessin de Tirabosco, dont j'apprécie aussi le travail. Les personnages sont fort bien croqués et leurs expressions mises en avant. Par exemple, on ne peut oublier le regard perdu et désespéré de Laurie dans un lit où elle ne devrait pas être.

 

Un léger bruit dans le moteur est un album qui ne manquera pas de troubler son lecteur. Une histoire hors-norme qui ne vous laissera pas indifférent. Laissez-vous embarquer malgré tout dans ce cauchemar sauvage qui, tout en piétinant toute forme de morale, montre l'aspiration d'un jeune garçon à une vie "normale" en dehors de ce village inhumain. Faut-il aller au bout de son inhumanité pour retrouver une quelconque forme d'humanité ? La question est posée. En attendant, nous pourrez toujours vous régaler de l'étrange beauté qui ressort de ces pages, sublimé par le dessin de Munoz.

Un petit coup de coeur pour ma part !

 

 

Lien :

Blog du dessinateur, Jonathan Munoz

 

 

 

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Titre : Un léger bruit dans le moteur

Dessinateur : Jonathan Munoz

  Scénaristes : Gaet's / Jean-luc Luciani

Éditeur : Physalis

Parution : Août 2012

  120 pages 

Prix : 17,90€


 

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 07:00

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Brás a 32 ans. C'est le jour de son anniversaire et son père l'a encore oublié. Alors qu'il travaille pour la rubrique nécrologique d'un journal, son père est un célèbre écrivain qui l'écrase de sa supériorité et de son succès. Mais on ne choisit pas sa famille et ce soir-là, Brás décide tout de même d'aller assister au gala donné en l'honneur de son père. Le détour par le café du coin pour acheter des cigarettes lui sera fatal. Il mourra par balles quelques minutes plus tard.

Brás a 21 ans. Il a toute la vie devant soi. Avec son ami Jorge, il est parti au Salvador où il rencontre la belle Olinda. Mais il y rêvera de la déesse de la mer qui prendra bientôt sa vie. Il mourra noyé dans les festivités qui célébreront la déesse.

Brás a 28 ans. .... et ainsi de suite, tout au long des 10 chapitres qui constitue cet album.

 

Vous l'aurez compris, le héros de cette histoire est Brás. Nous le suivons à travers les chapitres, à des âges différents et de manière non chronologique. Et si notre personnage meurt à chaque fin de chapitre, se profile pourtant le portrait d'un homme à travers ses possibles.Si vous supprimez toutes les morts et que vous remettez dans l'ordre le fil de vie du personnage, vous pouvez redessiner le parcours d'un homme, à travers les moments clés de son existence.

 

Car c'est bien de cela qu'il s'agit : de ses petits moments insignifiants qui construisent votre vie, de ces choix pris plus ou moins consciemment qui peuvent déterminer une vie entière.

 

" N'est ce pas étrange que l'on semble toujours se souvenir des détails les plus anodins de notre quotidien... alors que l'on oublie trop souvent le plus important ?"


A travers ce procédé original de faire mourir le protagoniste principal à chaque chapitre, les auteurs mettent l'accent sur le pouvoir de la vie à travers la mort. " La mort fait partie de la vie" comme le dit un des personnages. Et de fait, c'est elle qui donne de l'importance à ces moments précieux, rares et éphémères que l'on vit tous. La mort peut surgir à tout moment et il est important de profiter du moment présent, voilà ce que nous disent en substance les frères Moon et Bá.

 

" Bràs se réveilla et comprit qu'au coin de la rue , cet avenir que vous aviez prévu et espéré n'était pas toujours celui qui vous attendait. En réalité, c'était généralement tout le contraire... en sortie de virage, ne se trouvait qu'un autre grand et ennuyeux point d'interrogation. ça s'appelait la vie."

 

Daytripper est tout simplement un chef d'oeuvre. La perle de l'année que j'attendais !

Sous l'apparence d'une fausse simplicité, cet album se penche sur l'existence toute entière. Il y sera question de filiation, de l'amour, de l'amitié, mais aussi de l'écriture et de la transmission. Il y sera question de nos choix de vies, ceux qu'on prend un peu par hasard et les autres, mûrement réfléchis. Il y sera question de la vie et de la mort, la notre, celles de nos proches. De ce que nous transmettons à nos enfants. De la façon dont tout cela nous construit et nous permet d'avancer. Du fait qu'accepter la mort est une manière d'accepter la vie, et inversement.

La qualité graphique n'est pas en reste mais je n'ai même pas envie de vous en parler !


Daytripper est un album extrêmement fort qui parlera à chaque lecteur de façon différente. C'est un de ses albums précieux qui, par une construction intelligente, hors-norme et des dialogues soignés et réfléchis, atteint à une sorte d'universalité tout en touchant à l'intime, à l'émotionnel du lecteur.

C'est un album vibrant qui m'a personnellement bouleversé, comme tant d'autres avant et après moi.

 

Un album qui, entre tristesse, nostalgie et joie de vivre donne envie de VIVRE tout simplement.


"La vie est belle, mon pote"


Oui, la vie peut être belle. Profitons en.

 



On ne s'étonnera pas du parrainage de Pedrosa, qui signe la préface, et de Craig Thompson, qui s'est chargé de la postface, deux auteurs qui ont mis l'humain au coeur de leur travail.

 

Extraits :

 


" La vie est comme un livre, fils. Et tous les livres ont une fin. Peu importe combien tu aimes ce livre, tu arriveras à la dernière page et ce sera fini. Aucun livre n’est complet sans une fin. Et une fois que tu y es, au moment où tu lis les derniers moments, tu sais à quel point le livre est bon. Ça sent le vrai. "

 

" Quand tu accepteras qu'un jour, tu mourras... Tu rofiteras vraiment de la vie. C'est ça le grand secret. C'est ça, le miracle. "

 

 

D'autres avis :

Mo' - David - Zorg - Zaelle - Jérome - Lunch et Badelel - Yvan - Oliv' - David F - K.BD -

 

Liens :

Préview

Interview video des auteurs

 

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Titre : Daytripper, au jour le jour

Auteurs : Fábio Moon / Gabriel BÁ

Éditeur : Urban comics

Parution : Avril 2012

  256 pages 

Prix : 22,50€


 

Challenge roaarrr

Eisner Award du meilleur album 2011

 

bd du mercredi

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 19:47

megabras-01.jpgGuillaume Bouzard s'est réveillé un matin avec un super pouvoir. C'est en s'énervant sur un agriculteur peu aimable qu'il a découvert que son bras pouvait muter en un mégabras herculéen, sous la force de la colère. Un super pouvoir, c'est chouette. A l'image de Superman ou de Batman, Guillaume décide donc de devenir un super héros. Sauf que c'est plus facile à dire qu'à faire. Surtout quand on ne contrôle pas son super-pouvoir.

 

Comme dans ses autobiography précédentes, Bouzard reprend son propre personnage de gars un peu médiocre, empêtré dans son quotidien.

Ici, plein de bonne volonté, il décide de défendre les citoyens contre les gros (petits ?)  méchants, comme ce pauvre jeune qui demande quelques euros sous un prétexte de prendre un train, pris pour un amateur de tournantes. La bonne volonté, ça ne suffit pas. Et ça peut se retourner contre vous. ça peut vous mettre en colère et tout peut partir en cacahuètes. Parce que le problème de Guillaume, c'est que son pouvoir ne marche que sous le coup de sa colère qu'il ne contrôle pas. Guillaume décide alors de se trouver un fidèle acolyte, son ami David, chargé de le rendre énervé au bon moment, comme en laissant tomber une tartine de confiture sur ses disques préférés. Mais bientôt, Mégabras va découvrir que son pouvoir a une contrepartie. Qui exacerbe ses désirs sexuels. Et que tout de même un super-héros qui fantasme sur les sous-vêtements de la mère de son meilleur pote, ça ne le fait pas du tout. Et puis les choses vont se compliquer encore plus quand le célèbre super-héros "aspic du marais poitevin" vient l'inviter à séjourner dans une école de super-héros. Il ignore encore que tout cela va le mener dans un vrai nid de guêpes...

 

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Mégabras est l'aventure totalement barrée de ce super-héros improbable qu'est Guillaume Bouzard, affublé de ce bras super-puissant qu'il peinera à maîtriser. Bouzard, l'auteur, s'est beaucoup amusé dans cette histoire (et le lecteur aussi !) dans laquelle il reprend les codes des super-héros : découverte du pouvoir, appropriation de ce dernier, défense de la veuve et de l'orphelin. Sauf que l'auteur fait côtoyer le tout avec le quotidien basique de notre anti-héros et nous offre une succession de gags et de chutes comiques du meilleur effet. On pourra y découvrir des personnages de super-héros tous plus ridicules les uns que les autres : le frelon asiatique dont tout le monde écorche le nom (frolon), Super ginglin qui se transforme en nain sodomite, le caméléon qui se fond dans le décor aussi bien que vous et moi, etc...

Vous l'aurez compris, on ne se prend pas au sérieux ici. Pour autant, le dessin n'est pas à mettre de côté et l'auteur signe d'un trait efficace et soigné une narration dynamique et ponctué de multiples rebondissements.

 

Bref, on se marre à la lecture de cet album jouissif et on ne peut qu'en redemander ! Amateurs d'humour, jetez-vous dessus !

 

 

D'autres avis :

David F. -


 

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Titre : Mégabras

Auteur : Guillaume Bouzard

Éditeur : Fluide Glacial

Parution : 29 août 2012

  64 pages 

Prix : 14€ 



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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 00:18

 

 

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Depuis que je l'avais découvert, il était devenu mon dessinateur préféré.

Il réalisait avec virtuosité des dessins sans pareil.

Je rêvais de le rencontrer, de le voir dessiner.

Je le savais malade mais hier, il nous a quitté définitivement.

Et ça me peine. Énormément.

 

Je vous très souvent parlé de lui.

Faites-moi ce plaisir : juste, découvrez le.

 

Sur ce blog :


Le joyau mongol (1998)

Le sceptre de Muiredeagh (1998)

Le trésor de Cibola (2004)

Soudards et belles garces (2008)

Saint Acheul / Comme un ours en furie / Mietzko (2010)

Un dieu mineur (2011)

Les tarots des origines (2011)

Exposition Toppi à Thiers (2011)


 

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 07:00

 

metronom--t1-01.jpgmetronom--t1-02.jpg Dans un futur proche, la population terrienne vit sous le joug d'un état totalitaire qui, à coup de décrets en tout genre, limite les libertés individuelles pour  le bien-être du collectif.

Dans ce monde effrayant, nous allons suivre Lynn qui est sans nouvelles de son mari, un éboueur spatial parti en mission depuis plusieurs semaines. Ses tentatives de renseignements auprès de la société qui l'emploie ont échoués et le salaire indispensable de son mari, est même suspendu.

Elle rencontre alors Linman, un journaliste quelque peu rebelle qui lui propose son aide.

 

Bienvenue dans un monde où vous êtes sur surveillance, où le collectif passe avant l'individuel et où toute forme de contestation est séverement brimée.

La société décrite ici semble être un ersatz de notre monde à nous, en mille fois pire. Le gouvernement passe son temps à légiférer sur des lois liberticides et les citoyens sont appelés à voter par voie électronique, à coup de hauts-parleurs dans les lieux publics.

 

" Vous votez. Nous luttons. Le vote électronique est la solution."

 

Le vote électronique, malgré sa modernité, semble empreint de malversations. A ce jour, c'est une loi qui interdit le suicide (!) qui en cours de vote. Plus loin, ça sera un décret sur l'interdiction de vagabondage.

Un couvre-feu est établi et quiconque le dépasse s'expose à de la prison et une amende. Les oeuvres d'art sont également interdites et se revendent sous le manteau à prix d'or.

Pourtant, au milieu de toutes ces réglementations, certains tentent de lutter. Il y a Linman, un journaliste grande gueule qui n'hésite pas à critiquer l'état, à enquêter sur des sujets sensibles qui seront bien évidement censurés par son chef, fort désireux de mettre dehors cet anarchiste incontrolable. Il y a Lynn, qui a pleinement conscience de la main mise de l'état sur la population et qui, avec ses petits moyens, s'entraîne avec un petit groupe d'irréductibles à une sorte de représentation de la contestation. Enfin, il y a Métronom', un étrange album pour enfants qui sous forme de fable, s'attaque au président. Non-autorisés et envoyés aux membres de l'Etat, le pamphlet dérange et son auteur, activement recherché.

Alors que Lynn, grace à sa soeur qui travaille au ministère, apprend que son mari est en quarantaine des suites d'un animal/objet qu'ils auraient ramenés,  le commissaire Radcliff est missionné sur l'affaire du Métronom' et bientôt suspecte le journaliste Linman.

 

Si cette série semble peu originale en partant du postulat déjà vu d'un état totalitaire, le résultat s'avère pourtant excellent !

Le monde totalitaire présenté ici est parfaitement réaliste et offre même un goût amer de futur très probable. La vision très sombre d'une Terre sous contrôle ne se départit pas pourtant d'un allant donné par les personnages et l'intrigue multiple qui offre moults rebondissements. Entre la quête de Lynn, les agissements de son beau-frère, le parcours tortueux de Linman et son amour de la peinture, l'étrange être/objet ramené de l'espace, le livre Métronom' et son mystérieux auteur, le lecteur a de quoi faire ! Corbeyran, dont je suis souvent critique de par sa trop forte prolixité d'oeuvres qui part dans tous les sens, me convainct ici entièrement avec cette intrigue fort bien menée.

Le dessin n'est pas en reste et m'a même agréablement surprise. Le trait de Grun est d'une très grande richesse. Extrêmement détaillé, le monde créé par le dessinateur est fascinant et les couleurs directes fort bien posées ne font qu'accentuer la haute qualité, rendant l'atmosphère de cette histoire envoutante.


Métronom' est donc une très bonne série de SF (prévu en 4 tomes) qui conviendra à un large public. Pour ma part, je suis fan et j'attends avec impatience le tome 3, annoncé pour le 12 septembre... A bon entendeur !

 

 

D'autres avis :

Lunch - Kactuss - Yaneck - Bulles et onomatopées -

 

 

 

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Titre : Métronom', tomes 1 et 2

  Scénariste : Corbeyran

Dessinateur : Grun

Éditeur : Glénat

Parution : Mars 2010 / Mars 2011

  55 pages

Prix : 13,90€


bd du mercredi


 

Chez Mango

 

 

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Humeur

Le 26 Août 2013 :
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