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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 07:00

quand-nous-etions-orphelins-01-copie-1.jpg

Christopher Banks est un jeune anglais qui a grandi à Shanghai. Il vivait sur la concession internationale avec ses parents jusqu'au jour où son père disparu subitement. Quelques mois plus tard, c'est au tour de sa mère de s'évaporer. Toutes les enquêtes de police furent vaines et Christopher fut finalement envoyé en Angleterre où il habitera un pensionnat. Orphelin, il grandit avec le secret espoir de devenir un grand détective et de retrouver ses parents.

Au début de ce roman, nous retrouvons un Christopher adulte , 15 ans plus tard, commence tout juste sa carrière de détective. Devenu le tuteur d'une jeune orpheline dont il s'occupe avec beaucoup d'affection, il décide pourtant de la laisser un temps pour retourner à Shanghai. Fort de quelques succès d'enquête, il espère bien une nouvelle fois mener à bien ce mystère qu'est la disparition de ses parents, persuadé qu'on les détient prisonniers depuis toutes ces années.

 

Ce retour à Shanghai est l'occasion pour le détective de se replonger dans ses souvenirs d'enfance. Le lecteur découvre ainsi la vie shanghaïenne de ce début du 20ème siècle où le territoire était sous autorité britannique. Le père de Christopher est diplomate et fort absorbé par ses affaires. Sa femme, elle, s'engage contre le trafic d'opium et cherche à convertir ses amies. Christopher grandit dans cette aristocratie anglaise de bon ton et évoque avec nostalgie ses jeux avec son meilleur ami Akira, un petit japonais.

Il relate la période de disparition de ses parents, les sensations et les faits qui prennent sens avec la maturité. Il évoque également son éducation à Cambridge, ses relations mondaines et sa rencontre avec Sarah Hemmings.

Ses retrouvailles avec la ville de son enfance sont pourtant quelque peu perturbé : la ville est touchée par la guerre entre la Chine et le Japon et les échos des combats s'élèvent au loin. La menace n'empêche pourtant pas toute cette coterie de continuer à vivre avec insouciance et à se retrouver dans les soirées et les bals qui rythment la vie des occidentaux. Jouissant de ses réjouissances, Christopher mène de front son enquête sur la disparition de ses parents mais les éléments sont minces.  S'accrochant à de supposées pistes, les retrouver devient vite une obsession qui guidera notre détective jusque sur les lignes guerrières. Pour le meilleur ou pour le pire ?

 

quand-nous-etions-orphelins-02.jpgShanghai dans les années 30

 

Quand nous étions orphelins plonge littéralement le lecteur à une autre époque. L'auteur décrit admirablement bien l'ambiance de toute une époque. Par l'intermédiaire des souvenirs de Christopher, il livre un portrait fort réaliste de Londres et de Shanghai plus particulièrement.

La découverte d'un pan de l'histoire shanghaïenne, des conditions de la colonisation britannique est plutôt passionnante et révèle tout une critique de l'auteur sur l'attitude des anglais de l'époque.

 

" Ici, au cœur du maelström qui menace d'engloutir la totalité du monde civilisé, je ne découvre qu'une pathétique conspiration du déni, un déni de responsabilité qui a tourné à l'aigre et se manifeste dans les attitudes pompeusement défensives que j'ai rencontrées si souvent. Et je la voyais devant moi, maintenant, la prétendue élite de Shanghai, traitant par le plus complet mépris les souffrances de ses voisins chinois de l'autre côté du canal. "

 

quand-nous-etions-orphelins-03.jpgMélangeant plusieurs genre, roman d'époque, récit d'initiation, roman policier, le récit alterne continuellement entre passé et présent, entre une enfance idéalisé et un shanghai en déliquescence, donnant du rythme à une histoire où il se passe finalement peu de choses.

Ce titre est ma première rencontre avec Ishiguro et je dois dire que j'ai été au début fort déstabilisé par son style d'écriture et/ou du langage qu'il attribue à ses personnages. La langue est très stylisée, les phrases comportent de nombreuses formulations alambiquées qui du coup, accentue le côté nostalgique et désuet de l'histoire.

De fait, j'ai eu un peu de mal à rentrer dans cette enquête qui n'en est pas tout à fait une. Heureusement l'intrigue monte en puissance au fur et à mesure et a finit par me happer quand l'histoire tourne à l'avantage des obsessions de Christopher. Les faits importants sont distillés le long du récit, presque noyés dans des élements de moindre importance. Et c'est peut-être cela qui m'a gênée. Le roman traîne un peu en longueur. On attend des réponses quant à l'enquête sur les parents pour finalement découvrir que l'important n'est peut-être pas là. Le personnage de Christopher est troublant, d'apparence équilibré, il se révèle finalement très perturbé par la disparition de ses parents et semble s'être construit une vie basé sur des souvenirs plus ou moins vrais.

Je reconnais avoir fini par apprécier cette histoire qui se termine de manière forte mais mon avis reste néanmoins en demi-teinte.C'est un roman dont je reconnais les qualités d'écriture. dont j'ai aimé le portrait psychologique qui se dresse peu à peu du héros, dont j'ai apprécié la portée historique. Mais au final, c'est un roman qui m'a quelque peu laissée de marbre... Un roman étrange donc ! J'ai l'impression d'être passée à côté... Lu à un mauvais moment peut-être ? Il va me falloir retenter avec Ishiguro pour avoir un avis définitif sur l'auteur.

 

"Notre destin, à nous et à nos semblables, est d'affronter le monde comme les orphelins que nous sommes, pourchassant au fil de longues années les ombres de parents évanouis. A cela, il n'est d'autre remède qu'essayer de mener nos missions à leur fin, du mieux que nous le pouvons, car aussi longtemps que nous n'y sommes pas parvenus, la quiétude nous est refusée."

 

quand-nous-etions-orphelins-04.jpg

D'autres avis :

Manu - Ys - Nanne - Papillon -

 

 

Quand nous étions orphelins

Kazuo Ishiguro

Parution anglaise : 2000

Editions Calmann-Lévy - 2001 - épuisé

Editions 10/18 - 2002 - 383 pages - épuisé

Editions Folio - 2009 - 512 pages - 7,80€


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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 23:03

 

des adhésifs 01

 

Auteur : Marina Lewycka

Editeur : Editions des 2 terres

Date de parution : Avril 2011

Prix : 23 €

  508 pages

 

 

 

Georgie Sinclair traverse une mauvaise passe. Après une dispute ridicule avec son mari, toujours bien trop occupé à accomplir "quelque chose qui puisse contribuer au progrès de l’humanité et façonner les générations futures", celui-ci vient de quitter la maison familiale. Désemparée, elle jette la totalité de ses affaires dans une benne. C'est à cette occasion qu'elle fait la connaissance de Mrs Shapiro, une vieille dame excentrique, reine de la récupération et grande amoureuse des chats. Quelques jours plus tard, Georgie la recroise au supermarché en train de traquer la promotion. Les 2 femmes se rapprochent et la vieille dame se révèle une proche voisine. Mrs Shapiro vit dans une immense maison délabrée colonisée par les chats et une crasse sans nom. D'origine juive, elle vit seule depuis la mort de son mari, rescapé des camps de concentration. Georgie et Mrs Shapiro finissent par lier amitié. Aussi quand la vieille dame fait une chute sérieuse qui l'envoie à l'hopital, Georgie prend la responsabilité de s'occuper de la maison et de nourrir les chats. Les choses se compliquent quand plusieurs agents immobiliers et une assistante sociale intéressée se mettent en tête de vendre la maison à leur avantage et de laisser la "vieille" dans une maison de retraite. Indignée par leurs méthodes douteuses, Georgie est prête à défendre Mrs Shapiro et à enquêter sur son passé quelque peu mystérieux.

 

Au fur et à mesure que l'intrigue avance, la vie et le passé de Mrs Shapiro se découvrent à travers le récit qu'elle en fait à Georgie mais aussi par l'enquête quelque peu cachée que la jeune femme initie. Ses découvertes montrent des incohérences et laissent plâner des doutes qui se verront bien évidemment éclairés à la fin de l'histoire.

On y découvre une histoire d'amitié improbable entre des femmes de 2 générations différentes.

Georgie est une femme moderne qui se débat avec un job de rédactrice à domicile pour un journal nommé "des adhésifs dans le monde moderne" qui traite des colles et des adhésifs divers et variés de ce bas monde. Elle voit à peine sa fille aînée qui vit sa vie en toute indépendance et doit gérer un fils adolescent à moitié mutique qui préfère passer sa vie devant son ordinateur (" je suis un cyber-ado, m’man. J’ai grandi avec l’hypertexte") et s'inquiéter de thèses apocalyptiques plutôt que d'échanger avec sa mère. Ses envies d'écriture ne donnent pas grand chose et Georgie tranpose laborieusement ses soucis et ses fantasmes personnels dans un roman à l'eau de rose qu'elle essaie de composer.  Fantasmes qui ne demandent qu'à s'épanouir au contact des quelques hommes farouchement sexy croisés depuis son célibat.

Mrs Shapiro, elle, reste assez mystérieuse sur son passé. Elle se donne des âges différents et rechigne à parler d'elle-même pour mieux conter l'histoire chaotique de son mari. Elle se préoccupe bien plus du bien-être de ses chats accariâtres et joyeux pisseurs ainsi que de l'avenir amoureux de "Georgine", comme elle l'appelle, et n'hésite pas à lui prodiguer des conseils bien à elle.

Les autres personnages sont tout aussi savoureux et attachants : l'artisan palestinien serviable qui a vu sa famille massacrée, ses neveux incapables mais prêts à tout pour se trouver un toit, un agent immobilier qui souffle sur la braise de la sensualité endormie de Georgie, un invité israrélien de dernière minute, un mari qui ne s'avoue pas vaincu, etc...

Bref des personnages en tout genre, bien loin de pouvoir s'accorder tous ensemble. Et pourtant. Tout ce petit monde réussira à se mêler ! Georgie sait qu'il existe une colle pour chaque chose en ce monde et, tel les adhésifs qui font son quotidien, sera le ciment qui donnera sa cohésion au groupe.

 

" Peut-être que si l'on réussissait à améliorer la cohésion humaine, les autres détails - les lois, les frontières, la Constitution - se régleraient d'eux-mêmes. Il suffirait de trouver l'adhésif le mieux adapté aux supports. La clémence. Le pardon. Si seulement ça existait en tube."

 

 

 

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Premier roman de Lewycka que je lis et une très bonne surprise ! Voilà un roman que l'on dévore sans interruption et qui, sous des dehors de roman léger, évoque des sujets plus graves.

Le lecteur s'amusera des différents portraits qui lui sont offerts et du savoureux mélange donné par cette galerie de personnages. L'humour est omniprésent et de nombreux dialogues réjouissants parsèment le texte.

Des histoires d'amitié et d'amour compliquées qui n'oublient pourtant pas les grandes questions : problème du 3ème âge, escroqueries immobilières, adolescence difficile, conflit israélo-palestinien, diaspora juive, ... Evoqués sans la gravité habituelle des journaux télévisés, ces multiples thématiques donnent de la profondeur à une histoire pleine de rebondissements épiques.

 

"Des adhésifs dans le monde moderne" se révèle un roman facile à lire, à l'écriture simple et accessible à tous mais loin d'etre une vulgaire bluette sans intérêt, il offre au lecteur une véritable comédie où amour et humour sont au rendez-vous !

 

Extraits :

 

" Il avait un côté hamster plutôt mignon, avec cette façon de confondre parfois les p et les b - quoique rien ne prouve que les hamsters le font aussi."

 

" Dès que j'ai franchi le seuil, j'ai été assaillie par une puanteur indescriptible. J'ai manqué suffoquer et j'ai eu du mal à masquer mon dégoût. C'était un mélange d'humidité, de crottes et de pipi de chat, de pourriture, de nourriture avariée, de saleté, d'évier encrassé, le tout mêlé d'ignobles relents de poisson qui vous soulevaient le coeur. Non sans désespoir, je me suis rendu compte que cette dernière odeur n'était autre que celle du dîner."

 

 

D'autres avis chez : Amanda - Sandrine - Lili Galipette - Daniel Fattore


 

Vous pouvez lire le premier chapitre sur le site de l'éditeur !

 

 

Merci à Babelio et aux Editions des 2 terres pour cette charmante découverte !

 



 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 08:00

 

a quand les bonnes nouvelles 01

 

Auteur : Kate Atkinson

Editions : 

Editions de Fallois - 2008 - 20€ - 360 pages

Edition Livre de poche - Octobre 2009 - 6,95€ - 466 pages

 

 

Joanna Mason a 6 ans quand sa mère et sa soeur sont sauvagement assassinés sous ses yeux. Seule survivante, elle est devenu 30 ans plus tard le docteur Hunter, une mère de famille heureuse qui a su dépasser ses traumatismes. Pourtant, l'assassin vient de sortir de prison et l'inspectrice Louise Monroe surveille de près la jeune femme, par peur de récidive.

Reggie, 16 ans, s'occupe du bébé de Joanna. Sans famille, excepté un frère qui lui en fait baver, c'est une jeune fille un peu larguée qui s'est énormément attaché au Docteur Hunter et connait toutes ses habitudes.

Aussi, quand cette dernière est prétendument parti avec son bébé chez une vieille tante, selon son mari, Reggie est la seule à s'inquiéter et à imaginer une disparition. Elle se met à enquêter seule pour convaincre l'inspectrice Monroe et trouvera sur son chemin l'aide d'un certain Jackson Brodie, vieille connaissance de Louise...


 

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Premier roman d'Atkinson que je lis et très grand plaisir de lecture !

L'absence de référence aux précédentes aventures de Jackson Brodie n'a pas été un frein et donne d'autant plus envie de les découvrir !

Voilà un récit complexe où se succèdent différentes intrigues bien évidemment liées entre elles. En effet, la romancière alterne les points de vue et multiplie les approches de ce qui va se révéler un grand ensemble cohérent. Les histoires de chacun se recoupent et dénotent d'une habile construction de la part de l'auteur.

 

"A quand les bonnes nouvelles " est un roman très étonnant qui oscille entre roman policier et roman psychologique. Car si l'intrigue policière avec la disparition de Joanna est la première qui saute  aux yeux, le roman va bien au delà de ça.

L'analyse psychologique est poussée et le portrait qui est fait des personnages est dense. Chacun a une histoire forte, des failles qui conditionnent son mode de vie et ces faiblesses ne les rendent que plus attachants.

Les bonnes nouvelles ne sont d'ailleurs pas légion dans ce roman qui s'attache particulièrement au destin qui malmène l'Homme...


"Ce n'est pas parce qu'il  vous est arrivé quelque chose d'horrible une fois que ça ne peut pas se reproduire."

 

Mais loin d'être plombant, le roman se trouve aussi ponctué de petites touches d'humour et d'ironie.

Les personnages semblent englués dans le malheur et une succession de malchance. Pourtant, loin de se résigner, ils continuent d'avancer envers et contre tout. L'amour d'un homme, d'une femme, d'un enfant, ou même de la vie, les oblige à se dépasser et à continuer à croire dans un avenir qui semble malgré tout bouché.


  "Vraiment, chaque fois qu’on disait au revoir à quelqu’un, on devrait faire attention, juste au cas où ce serait la dernière fois. "

 

 

Bref, tout ceci nous donne un excellent roman auprès duquel il serait dommage de passer !

J'en veux encore ! :)


 

 

Les avis de Cuné, George, Joelle, Mango, Keisha, Cathulu, Clara, Brize, Aifelle, Hélène, ...

 

 

 

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 13:00

 

 

longue-secheresse-01.jpg

 

Auteur : Cynan Jones

Editeur : Joelle Losfeld

Date de parution : 14 Octobre 2010

Prix : 15,90 €

  136 pages

 

 

 

Gareth est fermier. Il vit avec sa femme Kate et ses 2 enfants, Dylan et Emmy dans la ferme que lui a légué son père. Ce matin-là, quand il se lève, il s'aperçoit qu'une vache sur le point de vêler s'est échappée. Dès lors, Gareth parcourt la campagne pour retrouver cette dernière. Une quête difficile qui prendra peu à peu une forme d'introspection sur sa propre vie. Les souvenirs et les questionnements se font jour, les difficultés familiales apparaisssent et peu à peu se dresse le portrait d'un homme résigné qui cherche encore à redresser sa vie.

 

La sécheresse sévit et accable les bêtes sur ses terres difficiles. Une sécheresse qui touche aussi les hommes. La femme de Gareth semble quelque peu dépressive. Elle se réfugie dans le sommeil pour mieux oublier sa famille et les soucis.

 

" Depuis toute petite, elle avait toujours estimé que le mieux à faire quand on avait un souci ou mal quelque part, c'était d'aller se coucher. Parce que la chose qui vous faisait mal était obligée de dormir elle aussi. "

 

 

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Une sécheresse qui la touche au plus profond d'elle-même. Les fausses couches successives et une infidélité ravageuse ont annihilées tout désir envers son mari qui continue néanmoins à la trouver belle sans qu'elle se laisse approcher.

Dylan, le fils ainé souvent absent, ne souhaite qu'une chose : quitter la ferme. La petite Emmy, elle, vit dans un monde à la fois poétique et terre à terre.

Et Gareth, lui, parcourt la campagne. A la recherche de sa vache, à la recherche de lui-même et du bonheur perdu.

Opiniatre, il persiste à vouloir retrouver sa bête alors que que le vétérinaire doit passer pour euthanasier leur vieux chien Curly, alors que les autres vaches doivent bientôt vêler, alors que sa femme est parti s'allonger, oubliant le reste du monde.

 

Situé sur une seule journée, le roman découpé en courts chapitres, donne à entendre les différentes voix intérieures des personnages. Un narrateur omniscient viendra même nous éclairer sur le drame à venir auquel le lecteur n'assistera pas, situé dans un futur qui dépasse le cadre de cette journée.

 

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On y sentira l'amour des bêtes et de la campagne, sa simplicité de l'existence, l'amour de la famille et des souvenirs d'enfance, l'amour pour une femme aussi qui n'ose plus assumer son statut de mère et d'épouse et que la vie à la ferme pèse sur ses épaules, l'amour des enfants bien sûr qui dans leur innocence réussisse à affronter les écueils des adulte. L'amour donc pour lequel Gareth se refuse à la résignation et qui le pousse toujours plus avant dans sa vie.


  " Le souvenir lui revient en force, avec ce goût très fort ; il remonte très distinctement du fond de lui-même. C’est comme les sentiments, ça. Les souvenirs et la vraie tendresse sont sous la surface, comme des réservoirs immobiles attendant qu’on y puise. C’est facile, il le sait, de cueillir à la surface de ces choses, comme si on plongeait délibérément un seau dans l’eau : on peut rappeler ces choses-là. Mais lorsque le souvenir vient sans être sollicité, hors de votre contrôle, déclenché par un parfum dans l’air, une peur, il peut vous frapper par sa profondeur, que vous portez en vous tout le temps."

 

"Longue sécheresse" est un très beau texte sur l'amour d'un homme pour la vie, sur sa foi en l'existence et sur sa volonté de ne pas baisser les bras devant les difficultés. Si le roman peut être un peu déstabilisant dans sa forme narrative et quelque peu frustrant pour la lenteur de cette unique journée racontée, il en emmerge une telle poésie qu'il ne laissera personne insensible à la beauté de son écriture, lumineuse et nostalgique à la fois.

 

 

 

L'avis de Keisha, Clara, Cathulu,

 

 

Merci à BOB pour cette belle découverte !

 

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1% litteraire 2010

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 08:00

 

meurtres entre soeurs 1

 

Auteur : Willa Marsh

Editeur : Autrement

Date de parution :  Septembre 2009

Prix : 18 €

  205 pages

 

 

Olivia et Emily : voilà 2 jeunes filles que tout oppose obligées de cohabiter pour le meilleur et pour le pire. En effet, le père de Liv et la mère d'Em, veufs tous deux, se sont rencontrés et filent le parfait amour. Flanqués de leurs 2 filles, les voilà qui décident d'emménager ensemble. Liv et Em vont devoir garder leur rancune pour elle. De plus, la situation est loin de s'arranger : voilà que leurs parents leur "donne" une nouvelle petite soeur. Rosie, la dernière née, est un enfant gâtée et choyée à qui on ne refuse rien. Mais sous des dehors angéliques, cette dernière est d'une jalousie crasse et n'hésite pas à multiplier les sounoiseries à l'attention de ses soeurs haïes. Au risque de voir la machine s'inverser un jour...


 

meurtres-entre-soeurs-2.jpg

 

"Meurtres entre soeurs" est une petite perle d'ironie et d'humour noir.

Le lecteur va suivre la destinée de ces 3 soeurs, de leur enfance à leurs vieux jours.

Rosie multiplie les coups bas et peu à peu Liv et Em vont s'allier dans la défense. Les 3 filles grandiront de façon plus ou moins heureuse, les vilennies de Rosie atteignant l'avenir même de ses 2 soeurs. Utilisant ses parents, les proches, les compagnons de ses soeurs, Rosie se révèle une manipulatrice née et réussit à pourrir la vie d'Olivia et Emily par des manigances destinées à faire échouer toute tentative de bonheur dans leur vie.


  " A l'âge de cinq ans, Rosie connaît ses parents sur le bout des doigts et les fait manger dans le creux de sa main. A dix ans, elle pourrait en remontrer à Iago, question rouerie. Lorsque ses soeurs rentrent, aux vacances, elle les observe attentivement. Elle devient championne de stratégie en deux temps trois mouvements. Elle n'a jamais entendu l'expression "diviser pour régner", mais elle sait parfaitement la mettre en pratique. "

 

Comme je le disais, le ton de ce roman est excellent pour la cruauté et l'humour qui s'en dégage. Les concours de circonstances se multiplient et après avoir entrainés Liv et Em dans son sillage, ça sera bientôt à Rosie de connaitre l'ironie de la vie qui se retourne parfois sur ceux qui en ont abusés.

 

Loin d'être un polar avec meurtre prémédité, comme pourrait le sous-entendre le titre, "Meurtres entre soeurs" se révèle une farce grinçante qui décrypte de façon admirable les ressorts de la psychologie et les sentiments d'une fratrie féminine recomposée. Les réparties aussi drôles les une que les autres fusent et personne n'épargne l'autre. De jalousies en mesquineries, l'histoire se termine finalement en une comédie sarcastique qui ne pourra que réjouir le lecteur amateur d'humour noir !

 

 

 

L'avis de Clarabel, Audouchoc, Keisha, Cathulu, Kathel, Brize, Manu, Restling,  ...

 

Merci à Théoma ?? pour le prêt !

 ça fait 2 mois que j'ai fermé ce roman et j'ai déjà oublié sa propriétaire... ça va pas mieux, du côté de la mémoire, moi...

 

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 13:59


Lire est bien le cadet des soucis de la reine d'Angleterre... jusqu'au jour où elle se retrouve dans un bibliobus par un concours de circonstances qui l'amène à emprunter un livre par politesse. Un commis de cuisine rencontré au bibliobus va alors devenir son conseiller de lecture. Choisissant tout d'abord les ouvrages d'auteurs qu'elle a cotoyé dans le grand monde, elle finit par attaquer les romanciers les plus ardus. Bouleversée par ses découvertes littéraires qui en entrainent indéfinement d'autres, la reine va commencer à négliger les obligations dûs à son statut et devoir faire face à la désaprobation grandissante du palais.

Nous allons découvrir dans ce roman une reine très touchante mais un peu coincée qui, à 80 ans, va se mettre à penser grace à la lecture. L'ironie de l'auteur sur le protocole du palais de Buckingham, sur le manque de sincérité et de spontanéité de ses habitants, sur l'intimité des écrivains, sur les chefs d'état incultes (oui oui on pense au même !)  est présent tout au long du roman. On se régale de la chute complètement inattendue
Il offre également de belles réflexions sur la lecture, son pouvoir subversif et sa place dans nos sociétes actuelles. Place qui devient si peu importante qu'on soupçonne la reine de sénilité à force de s'y adonner avec tant de passion !
C'est une lecture jubilatoire que ce roman à l'humour bien trempé que je vous conseille fortement !

Petit extrait :

"Windsor accueillait ce soir-là un banquet d'apparat : le président de la République française s'était placé aux côtés de Sa Majesté tandis que la famille royale se regroupait derrière eux ; la procession se mit lentement en marche et rejoignit le salon Waterloo.

- Maintenant que nous sommes en tête à tête, dit la reine en adressant des sourires de droite à gauche à l'imposante assemblée, je vais pouvoir vous poser les questions qui me tracassent au sujet de Jean Genet.

- Ah... Oui, dit le président.

La Marseillaise puis l'hymne britannique suspendirent durant quelques instants le déroulement des opérations, mais lorsqu'ils eurent rejoint leurs sièges, Sa Majesté se tourna vers le président et reprit :

- Il était homosexuel et il a fait de la prison, mais était-ce vraiment un mauvais garçon ? Ne pensez-vous pas qu'il avait un bon fond, au contraire ? ajouta-t-elle en soulevant sa cuillère.

N'ayant pas été briefé au sujet du dramaturge chauve, le président chercha désespérément des yeux sa ministre de la Culture, mais celle-ci était en grande conversation avec l'archevêque de Canterbury.

- Jean Genet, répéta la reine pour lui venir en aide. Vous le connaissez ?

- Bien sûr, répondit le président.

- Il m'intéresse, dit la reine.

- Vraiment ?

Le président reposa sa cuillère. La soirée promettait d'être longue. "


Note : *****

Editions Denoël - 12€

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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
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