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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 07:00

muse-01.jpgSi le dramaturge John millington Synge connaît une belle notoriété parmi les amateurs de littérature irlandaise, l'actrice Molly Allgood ne peut en dire autant parmi nos contemporains. Selon les voeux de Synge, ce couple de légende est resté dans l'ombre et Molly, terminera sa vie seule et sans le sou avant d'être internée en hôpital psychiatrique.

 

C'est d'ailleurs en 1950, à Londres, que nous retrouvons l'ancienne actrice. La belle a perdu de son lustre et c'est désormais une vieillarde qui traîne ses nippes dans les rues à la recherche de quelques sous. Une vieille femme donc, qui survit péniblement, en se réchauffant à coup d'alcool et de souvenirs. Car des souvenirs, Molly en possède de nombreux. Tous liés à son grand homme de théâtre à qui elle restera toujours fidèle même après avoir choisi de le quitter. L'histoire d'amour de toute une vie que Molly nous conte à sa façon dans ce roman qui s'appuie sur des faits réels.

 

Muse nous plonge donc dans les affres nostalgiques de Molly, suivant au gré de ses pensées des épisodes du passé. Se déroulant sur une journée à l'issue tragique, son parcours ne manquera pourtant pas de nous conduire à travers les époques.

Sans aucun ordre chronologique, nous allons découvrir les débuts de Molly, sa rencontre avec Synge qui signera le début d'une vie amoureuse compliquée par la trop grande pudeur de Synge, son désir de rester secret et de ne pas trop s'impliquer, pris par les affres de la création et trop tenu par une mère dominatrice. Molly, elle, respire l'insouciance, la liberté. Elle n'hésite pas à braver les traditions de la famille pour vivre comme elle l'entend. Issu d'un milieu populaire, elle découvre à ses côtés l'art, la littérature et tente de perdre son accent peu raffiné. On est le spectateur de leurs échanges épistolaires, riche de références intellectuelles et de petits mots passionnés.Il est protestant , elle est catholique et pourtant leur amour dépasse les clivages.

Au delà de leur histoire d'amour, on découvre aussi toute une époque, tout le milieu théâtral anglais qui vît les débuts de Synge et de Yeats, l'incompréhension du public, l'attachement de Synge envers les petits paysans qui va à l'encontre de son éducation.


Leur histoire tournera court et c'est la vieille Molly qui, en tant que dernier témoin, nous livrera son témoignage sur cette époque bénie. Le contraste est d'autant plus choquant que Molly vit désormais dans le dénuement le plus total, se nourissant de souvenirs faute d'aliments. Sa déchéance est poignante, tout comme sa fierté à vouloir sauver la face, envers et contre tout. Les allers-retour entre les époques perturbent quelque peu au départ, avant de nous embarquer dans un tournoiement de misère et de gloire. Synge n'est plus mais l'amour de Molly continue de flamboyer sous sa carapace décrépie, s'accrochant à quelques lettres comme à un trésor de grande valeur.

 

muse-02.jpgMolly Allgood, par Yeats - 1913

 

Formidable roman dont la très belle écriture nous interpelle dès les premières lignes ! La narration se fait à la deuxième personne et prend à partie à la fois le lecteur et Molly, comme une petite voix de la conscience qui admonesterait son enveloppe physique. Très écrit, dans une prose raffinée qui retranscrit bien les formes et l'ambiance de l'époque, Muse nous catapulte dans un Londres théâtral où les carrières se font et se défont au gré d'une opinion publique arrêtée et peu novatrice. Amour, solitude, difficulté de la création littéraire, théâtre, histoire irlandaise, ce roman d'inspiration historique et littéraire s'avère très dense et riche d'émotions. Suivant le parcours d'une jeune fille naïve qui deviendra néanmoins la muse d'un grand auteur, le lecteur ne peut que s'attacher au personnage et découvrir un aspect peut-être méconnu de l'auteur. Centré autour de Molly, le texte tend à mettre en avant celle qui fut toujours dans l'ombre tout en brillant sur les planches.

Muse est sans conteste un roman brillant qui fait la part belle à la finesse et transforme un amour à la fois passionné et douloureux en un petit bijou littéraire. Un superbe hommage à un dramaturge que, je dois le reconnaître, je ne connaissais pas vraiment.

 

Citations :

"Alors il marche, et il marche avec ses vieilles bottes abîmées, et elle marche à ses côtés, par temps de pluie ou de canicule. Ils sont presque toujours côte à côte, rarement face à face, et leurs empreintes sur la plage forment de gracieuses parallèle qui ne se rencontrent guère."

 

"J'imagine que quand on est vieux, les souvenirs sont comme des pierres, on pose toujours le pied sur cellesqu'on connait bien pour ne pas tomber."

 

 

muse-03.jpg

 

 

D'autres avis :

Yvon - La ruelle bleue - Lili galipette - Kathel - Lili - Chiffonnette -

 


Titre : Muse

  Auteur : Joseph O'Connor

Editeur : Phébus

Parution : Août 2011

    278 pages 

Prix : 19€


 

 

prix lectrices ELLE

 

 

 

 



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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 07:00

trois-lumieres-01.jpgNous sommes en Irlande, dans la campagne éloignée du Wexford. Une fillette est emmenée en voiture par son père chez des inconnus. On ne lui a rien dit : ni le pourquoi, ni la durée, ni qui sont ces gens qui vont l'accueillir. Les Kinsella sont un couple de fermiers sans enfants. C'est eux qui vont prendre en charge la petite fille. Cette dernière s'intègre facilement dans cette famille douce et tendre qui lui prodigue beaucoup d'attention. Une famille qui ressemble peu à la sienne, dépassée par le nombre d'enfants et d'argent, par le manque d'affection aussi. Une famille qui ne lui appartient pas mais qui, le temps d'un été, lui apprendra l'amour.

 

Ce petit roman est un bijou de finesse et douceur.

L'histoire tourne autour de cette petite fille dont nous ne connaîtrons pas le nom. Débarquée abruptement chez un couple inconnu, elle ne semble pas avoir eu une enfance sous le signe de l'a tendresse. Son père part sans lui dire au revoir et oublie même de lui laisser ses bagages. Sa mère, bien trop occupée par ses autres nombreux enfants dont celui qu'elle porte, se soucie peu de la revoir rapidement, soulignant que les Kinsella peuvent la garder autant qu'ils le souhaitent. Bref, notre héroïne semble un peu noyée dans la masse familiale. Mais chez les Kinsella, les choses vont s'avérer différentes. On lui porte attention, on l'écoute, on joue avec elle, on l'habille et on lui offre toutes ses attentions qu'elle n'avait jamais obtenues.


" Une grosse lune illumine la cour et sa blancheur nous accompagne sur le chemin puis sur la route. Kinsella prend ma main dans la sienne. Dès qu'il la prend, je me rends compte que mon père ne m'a absolument jamais tenu la main, et une partie de moi voudrait que Kinsella me lâche pour que je n'aie pas à éprouver cette sensation. C'est une sensation pénible mais progressivement je m'apaise et ne me préoccupe plus de la différence entre ma vie à la maison et la vie que j'ai ici. Kinsella fait de petits pas pour que nous avancions ensemble. Je pense à la femme de la chaumière, à sa façon de marcher et parler, et j'en conclus qu'il existe des différences énormes entre les gens."


Tout le récit est conté du point de vue de cette petite fille. La narratrice est assez silencieuse et peu expansive. Elle semble accepter les choses passivement sans jamais se rebeller. On découvre le regard innocent qu'elle porte sur le monde et ses différences, ses interrogations, ses peurs. Si elle s'adapte rapidement à l'univers de la ferme qu'elle connaît, elle apprend à s'attacher à ce couple qui semble si lisse, si aimant, sans défauts. Pourtant, elle soupçonnera des zones d'ombre qui n'enlèveront rien à l'affection qu'elle leur porte. Une affection dont elle a peu conscience peut-être, une affection qui se révélera avec force quand on la lui enlèvera.

 

trois-lumieres-03.jpg

 

Les trois lumières est véritablement envoutant par la délicatesse que l'auteur utilise pour évoquer avec pudeur les sentiments et sensations de ses personnages. Une petite fille mutique qui grandit et découvre le bonheur de l'attention et de la tendresse. Un couple fragile qui a un trop-plein d'amour et d'attention à offrir. La rencontre entre ces trois-là se fait douce et lente, et l'apprivoisement se fait avec pudeur et par une sucession de petits riens qui sont beaucoup.

 

Comme de nombreux lecteurs avant moi, je ne peux que vous recommander très chaudement de découvrir cette histoire extrêmement touchante qui, avec une économie de mots, réussit à nous emporter dans ses filets.

 

On regrettera juste le prix un peu élevé pour une édition si légère et une 4ème de couverture qui, une fois de plus, dévoile tout le contenu du roman...

 

Extraits :

 

" Une partie de moi voudrait que mon père me laisse là pendant qu'une autre partie voudrait qu'il me ramène, vers ce que je connais.Je suis dans une situation où je ne peux ni être ce que je suis toujours ni devenir ce que je pourrais être. " 

 

" Ses mains ressemblent aux mains de ma mère mais il y a autre chose en elles, une chose que je n'ai jamais sentie avant et pour laquelle je n'ai pas de nom. Les mots me manquent terriblement mais c'est un nouvel endroit, et des mots nouveaux sont nécessaires. "

 

" Tout, ce soir, semble étrange : marcher jusqu’à une mer qui est là depuis que le monde est monde, la voir et la sentir et la craindre dans la pénombre, écouter cet homme parler des chevaux en mer, parler de sa femme qui  fait confiance aux autres pour apprendre à qui ne pas faire confiance, des paroles qui m’échappent en partie, des paroles qui ne me sont peut-être même pas destinées.
Nous atteignons finalement un endroit où les rochers et les falaises s’avancent dans l’eau. Ici on ne peut pas aller plus loin, il faut donc rebrousser chemin. Peut-être que le retour donnera un sens à la promenade. Çà et là, des coquillages blancs et plats brillent, rejetés sur le sable. Je me baisse pour les ramasser. Je les sens lisses, propres et fragiles entre mes doigts. Nous tournons le long de la plage et continuons notre marche, avec l’impression de parcourir une distance plus grande que tout à l’heure avant de nous trouver bloqués, puis la lune se cache derrière un nuage sombre et nous ne voyons plus où nous allons."

 

D'autres avis :

 Leiloona  que je remercie ! - Keisha - Clara - Brize - Mélopée -Jérome -

 

 


Titre : Les trois lumières

Auteur : Claire Keegan

Editeur : Sabine Wespieser

Parution : Avril 2011

  100 pages

Prix : 14€

 


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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 16:40

cette-main-qui-a-pris-la-mienne-01.jpgMilieu des années 50. Alexandra, 21 ans, ne rêve que d'une chose : quitter sa campagne du Devon insipide et les récriminations maternelles pour aller à Londres. Elle croise par hasard, un jeune londonien en panne, Innes Kent qui bientôt lui ouvrira les portes de la  vie londonienne. En effet, nous retrouvons la jeune femme quelques mois plus tard dans la capitale et c'est Innes, charmé par Lexie (comme il l'a surnomme) qui va l'initier à la vie moderne. Rédacteur en chef d'une revue d'art, il va l'embaucher comme secrétaire, lui apprendre le journalisme. Devenue son amante, Lexie prend son envol mais c'est sans compter les hasards malheureux de la vie...

Parallèlement à l'histoire de Lexie et 40 ans plus tard, nous découvrons le nouveau quotidien d'Elina. Elle vient d'accoucher dans des circonstances difficiles et semble totalement perdue devant cette maternité qu'elle ne comprend pas totalement. Ted, son mari, est sujet à d'étranges réminiscences ou absences qui perturbent de plus en plus sa vie de famille. N'ayant aucun souvenir de ses années précédant ses 9 ans, sa nouvelle paternité le renvoie à ses propres parents et réactive des souvenirs perdus.

Les 2 histoires sont bien évidemment liées mais ce n'est qu'à la fin de l'ouvrage que le lecteur découvrira ce qu'il en est réellement.

 

Après la lecture de 2 précédents romans de Maggie O'Farrell ( La distance entre nous ; La disparition d'Esme Lennox), ce nouvel opus m'a séduit tout autant même s'il n'en devient pas mon préféré.

On retrouve ici le type de construction qu'elle aime employer : 2 narrations différentes qui finissent par se recouper d'une manière ou d'une autre.

Nous suivons ici 2 parcours à 50 ans de distance. Lexie personnifie la jeune femme qui s'émancipe en faisant fi des règles de l'époque. Elle vit avec un homme marié, plus âgé que lui qui plus est, fait un enfant presque toute seule et l'assume avec force et courage. J'ai aimé cette figure maternelle qui fait preuve de combativité et ne s'en laisse pas compter. La relation qu'elle noue avec son enfant est forte et semble même l'aider à se dépasser.

Bien plus tard, c'est au tour d'Elina d'être mère. Artiste peintre, son accouchement et la mort vue de près l'a complètement déstabilisée. Son attitude envers le bébé nous fait craindre le pire. On découvre à travers elle la naissance du sentiment maternel, la difficulté d'y faire face mais aussi les petits bonheurs qu'une naissance offre. Alors qu'elle reprend pied pourtant, c'est son mari qui commence à réagir étrangement. Un drame se prépare mais sûrement pas celui auquel on s'attendait.


Tout l'art de l'auteur est là : la manière dont elle alterne les 2 intrigues et provoque chez le lecteur l'attente du petit détail qui nous permettra de comprendre le lien.  Si on connaît assez rapidement le sort de Lexie qu'elle révèle en avance, O' Farrell prend son temps pour fusionner les différents destins de ses personnages et se plaît à décrire avec force détail leur destinée. Mais loin de faire traîner en longueur son roman, elle nous raconte avec beaucoup de sensibilité leur vie, leurs attentes, leurs espoirs et leurs déceptions. On se passionne pour chacun, on les voit grandir, mûrir, apprendre à être mère ou père.

Une fois de plus, c'est encore une histoire de secret de famille et de non-dits qui bouleversera les vies de chacun. Pour ma part, la révélation finale qu'on finit par soupçonner a réussi à me surprendre et m'a laissé la gorge bien serrée devant l'émotion du personnage.

 

Si je n'ai pas eu de coup de coeur, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce roman qui prend son temps pour raconter les destins de plusieurs femmes, pour évoquer à des époques différentes les questionnements de la filiation et de la transmission. On pourra même y trouver une évocation lointaine de la création et de l'artiste, avec le personnage d'Elina. Son écriture est toujours fluide et se laisse aborder sans difficultés. On regrettera peut-être un petit manque d'originalité et on pourrait lui reprocher de ne pas se renouveler dans la construction de ses textes. Néanmoins, Cette main qui a pris la mienne vaut d'être découvert tant pour l'émotion qui en ressort que pour la belle analyse de la maternité et de la paternité.

 

 

D'autres avis :

Cathulu - Ys - Antigone - Clara - Aifelle - Mélopée - Leiloona -

 

 

Titre : Cette main qui a pris la mienne

Auteur : Maggie O'Farrell

Editeur : Belfond

Parution :Avril 2011

Pages : 418

Prix : 21,50€


 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 08:00

 

distance entre nous 01

 

Auteur : Maggie O'Farrell

Editions :

Belfond - Septembre 2005 - 370 pages - 20€

10/18 - Avril 2008 - 370 pages - 7,90€

 

 

Jake est un jeune homme qui vit à Hong Kong. Adolescente, sa mère a abandonné sa famille britannique pour courir les chemins avec son petit ami. Le petit ami est parti et Jake est né à Hong Kong, de père inconnu. Bien dans ses baskets, Jake aime sa ville où il est parfaitement à l'aise. Complètement bilingue, il travaille comme assistant pour des réalisateurs de films. Depuis 2 mois, il sort avec Mel mais rien de bien sérieux. Le soir du Nouvel an chinois, Jake sort faire la fête avec Mel et Lucy, une de ses amies. Pris dans un mouvement de foule, la situation dégénère. Lucy décède, Mel est dans un état critique en réanimation mais Jake réussit à s'en sortir. Alors que Mel est susceptible de ne pas passer la nuit, elle implore Jake : " Je ne veux pas mourir... sans t'avoir épousé". Jake cède et un prêtre vient les marier sur le lit d'hôpital. Sauf que Mel survit et que Jake se retrouve attaché bien malgré lui à cette femme qu'il n'aime pas et obligé de l'accompagner en Grande-Bretagne, chez ses parents, pour sa convalescence...

 

Stella est une jeune londonienne issue d'un couple italo-écossais. Elle a une grande soeur, Nina, avec qui elle a une relation très fusionnelle. Mais Stella cache au fond d'elle de gros traumatismes qui l'empêche de vivre sereinement. Un jour, un inconnu croisé par hasard réveille ses pires peurs. La jeune femme s'enfuit sans prévenir en Ecosse où elle devient un peu par hasard hotesse d'accueuil dans une belle maison d'hôtes.

 

Vous vous en doutez, ces deux-là vont finir par se rencontrer. Mais sauront-ils dépasser la distance qui les sépare ?

 

"La distance entre nous" est le troisième roman de Maggie O'Farrell, celui qui précède " L'étrange disparition d'Esmé Lennox".

Ce qui marque tout d'abord, c'est la construction particulière du récit. En effet, l'auteur alterne les deux destins de façon régulière. On passe très souvent de Jake à Stella, puis par la suite à leurs parents même. L'alternance des personnages et des époques permet au lecteur de découvrir l'histoire de chacun, celle de leur famille et d'instaurer une attente chez le lecteur. L'intrigue découpée peu paraitre un peu déstabilisante au début mais on finit par s'y habituer. Les personnages secondaires en gagnent d'autant plus de consistance que l'auteur s'attarde sur leur histoire.

Jake et Stella sont tous les deux des personnages torturés. Jake est prisonnier d'une relation qu'il n'assume guère et ne trouve pas la force de quitter Mel qui se remet péniblement de son accident. Alors que les beaux-parents commencent à parler de mariage plus "officiel", Jake décide de prendre le large pour un temps et d'aller en Ecosse sur les traces de son père inconnu. Stella, elle, n'assume pas plus sa vie, extrêmement lié (trop ?) à sa soeur et à un évènement du passé que nous découvrirons petit à petit. Sa relation avec Nina semble l'étouffer tout en lui étant indispensable.

La rencontre entre Jake et Stella se fait assez tardivement dans le livre. Le caractère des héros est donc suffisamment fouillé quand ils se croisent et permet d'aprécier d'autant plus l'évolution de leur psychologie. Questionnements, peurs, souffrances les accableront et chacun réagira à sa manière en fonction de l'autre.

 

"La distance entre nous" se révèle un roman intéressant qui mélange psychologie et histoire d'amour. Les amateurs de romantisme seront servis. Certains trouveront ça trop dégoulinant, d'autres que le roman vaut pour l'étude des personnages et de leur famille. Pour ma part, sans avoir eu un coup de coeur, j'ai aimé cette histoire qui nous rappelle que les belles histoires d'amour sont encore possibles et que parfois le hasard fait bien les choses, tout comme l'espoir et la persévérance. 

 

Extrait :

 

" Hong Kong évoque souvent à Jake une sorte de déversoir de l'Europe. Les gens qui y viennent ont quitté leur pays et leur famille pour une raison qu'ils tiennent généralement secrète. Ils en sont arrivés à des stades divers de séparation ou de fuite, à moins qu'ils ne soient à la recherche d'un élément insaisissable susceptible de parfaire leur personnalité. Du moins espèrent-ils que leur sentiment de manque ne les poursuivra pas de l'autre côté de l'océan. A condition de s'éloigner suffisamment, on peut réussir à se fuir soi-même. "

 


 


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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 08:00

 

brooklyn-01.jpg

 

Auteur : Colm Toibin

Editeur : Robert Laffont, pavillons

Date de parution : Janvier 2011

Prix : 20 €

  314 pages

 

 

Eilis est une jeune irlandaise qui vit avec sa mère et sa soeur Rose à Enniscorthy. Son père est mort, ses frères sont partis travailler en Angleterre, il ne reste qu'elles pour s'occuper de leur mère. Rose est la seule à ramener un peu d'argent tandis que Eilis peine à trouver du travail. Jusqu'au jour où le père Flood, pasteur irlandais vivant à Brooklin aux Etats-unis, prend en main le destin de la jeune fille. Sans qu'elle comprenne bien comment, Eilis se retrouve envoyée aux Etats-unis, par sa mère et sa soeur qui lui espèrent un meilleur avenir en dépit du sacrifice de la séparation.

Eilis se retrouve employée comme vendeuse dans un magasin de vêtements et vit dans une petite pension de famille. La vie n'est pas très drôle, se partageant entre le travail et ses cours du soir en comptabilité. Sa seule distraction : les bals de la paroisse où se pressent les jeunes gens. Elle y rencontrera Tony, un jeune italien très amoureux.

Un évènement vient pourtant tout bouleverser et peut-être remettre en cause l'avenir qui lui était tracé...

 

brooklyn-02.jpg

Chateau d'Enniscorthy - Irlande


 

Nous sommes dans les années 50 et la vie n'est pas simple pour les jeunes filles d'alors. Le chômage est important, les perspectives d'avenir peu reluisantes. Nombreux sont ceux qui passent les frontières irlandaises pour aller chercher fortune plus loin. Les moeurs et le statut de la femme ne sont pas encore franchement libérés. Le départ d'Eilis pour l'Amérique est vu comme une chance.

Son intégration ne se fait pas sans heurts. Tout en découvrant un nouvel espace de liberté, la jeune femme a le mal du pays. Son travail est peu épanouissant et ses colocataires un peu grinçantes. 


A travers l'histoire de cet exil volontaire, l'auteur nous fait le portrait de toute une époque : misère, immigration, développement économique, communauté noire qui prend de l'importance, ...

Les choses se passent différemment selon que l'on soit en Amérique ou en Irlande. On pourrait presque y voir un portrait croisé de ces 2 pays. Alors que l'Amérique prend son envol économique, l'Irlande semble encore englué dans ses traditions et sa misère.

 

Tout le roman se fait autour d'Eilis. Le récit donne une description très minutieuse de ces faits et gestes, de son arrivée, de son emploi du temps. Une précision qui rend, hélas, le texte quelque peu ennuyeux. Il ne se passe rien de notable dans la vie de notre irlandaise, tout est très long et monotone. Eilis semble faire tout ce qu'on attend d'elle et peu de choses viennent pimenter sa vie toute tracée.

Et c'est là où le bât blesse pour moi... J'ai trouvé l'héroine insupportable...

Loin d'être à l'image d'une jeune femme qui prend en main son destin, Ellis se veut le parfait modèle d'existence de la bonne et gentille femme, celle qui travaille mais pas trop, celle qui soutiendra son mari et lui fera de beaux bébés. Même si parfois, elle se permet quelques aspirations plus personnelles, elle s'en tient finalement à ce qu'on attend d'elle. Ses questionnements, s'ils sont évoqués, ne sont pas assez détaillés et approfondis, eux, pour le coup

Sans dévoiler la fin, je dois même dire que j'ai excécré la façon dont elle se fait manipuler par sa famille et ses proches. La chute du récit est à son image : elle laisse l'impression d'une femme qui n'assume pas ses choix et reste dans l'incertitude de ce qu'elle veut réellement.

 

Bref, sans avoir détesté, ce fut une déception donc... et je semble être la seule fausse note pour le moment...

 

Les avis tous beaucoup plus positifs de : Amanda, Kathel, Manu, Cuné,

 

brooklyn-04.jpgLe pont de Brooklin - Edouard Boubat

 

 

 

logotwitter2.jpg

 

Merci à BOB et à Robert Laffont pour ce partenariat.



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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 08:00

 

autre amour 1

 

 

Auteur : Kate O'Riordan

Editeur : Joelle Losfeld

Date de parution : Aout 2010

Prix : 22€

  288 pages

 

 

 

Connie a tout pour être heureuse. Mariée à celui qu'elle aime depuis l'enfance, elle s'est construit une petite vie parfaite avec Matt, son mari dentiste, et ses 3 garçons. Elle habite une belle maison londonienne et s'épanouit dans une activité créatrice de cartes postales personnalisées qu'elle a créée avec son amie Mary. Jusqu'au jour où son petit monde va basculer.

Connie et Matt, partis pour un petit séjour en amoureux à Rome, vont voir leurs certitudes voler en éclats : Matt y recroise Greta, son premier amour, en plein malheur. Son jeune fils est mort dans l'incendie de sa maison et Greta se sent particulièrement responsable de cet accident. Matt n'arrivera pas à quitter Greta et ses souvenirs. Connie se voit alors obligée de rentrer seule à Londres où elle va devoir affronter le regard de ses enfants et de son amie Mary, à qui elle cache les faits. Commence alors pour elle l'attente, le déchirement et les souffrances de l'amour....

 

Voilà plus de 3 mois que j'ai lu ce roman.... J'ai trainé, trainé à faire ce billet.... Non pas parce que le livre m'a ennuyée mais plutôt parce qu'il m'a énormément touchée... Bouleversée presque.

Un roman, vieux de 3 mois dont je me souviens encore très bien et que pour une des premières fois de ma vie, je souhaite déjà relire.... (avis aux généreux donateurs ^^ comme dirait certaine...)

 

autre-amour-3.JPG

 

Kate O'Riordan nous raconte ici l'histoire d'une femme en plein drame conjugual. Dissequant les êtres et les relations qui les lient, elle nous offre de magnifiques portraits.

Il y a les 3 garçons de Connie : Fred, l'ainé et le plus responsable, et Joe, l'adolescent insupportable. Et Benny qui, à 10 ans, est un enfant étrange qui parle peu mais est celui qui comprend mieux le monde par sa sensibilité exacerbée, celui "qu'on aime de telle manière qu'on en a le coeur serré".

Il y a Mary, la bonne amie et associée. Célibataire, elle ne vit qu'à travers la famille de Connie et cherche le meilleur pour Connie.

Il y a Greta, qui vit comme un fantôme depuis la mort de son fils. Poussant Matt à retourner vers sa femme, elle n'en est pas moins reconnaissante de sa présence à ses côtés, ravivant une flamme qui ne s'était peut-être jamais éteinte.

Il y a Matt, coupable de trahir sa femme mais incapable d'abandonner Greta. Matt et ses souvenirs d'enfance où la jeune fille d'alors le menait par le bout du nez.

Et enfin, il y a Connie. Connie qui joue la comédie du tout va bien pour ses enfants, pour ne pas les inquiéter Mais aussi pour ne pas sombrer. Connie qui attend que son mari revienne à la maison et se persuade que tout reprendra comme avant. Mais une Connie qui se souvient également de son enfance commune avec Matt et Greta, de tous ces moment passés à observer les 2 amoureux, de sa volonté de fer d'épouser envers et contre tout un Matt qui fut abandonné autrefois par une Greta sauvage et libre. Une Greta qui fascinait la toute jeune Connie.

 

 

autre-amour-2.jpg

Les relations entre les hommes sont souvent beaucoup plus compliquées qu'elles n'y paraissent.

Au départ, passive, Connie attend que son mari lui revienne. Elle fait jouer la corde sensible de son amour, de ses enfants auprès de lui. Mais Connie refuse à son tour l'acceptation passive de son mari.

Matt reviendra-t'il ou pas ? Je vous laisse le découvrir. Dans tous les cas, Connie finira par ne plus supporter le bouleversement que Greta provoque chez son mari. Car loin de simuler, Matt affiche une transparence et un refus du mensonge qui se révèleront bien pire pour Connie. La vérité est parfois plus douloureuse que la dissimulation.

Mais qui est le plus mensonger des 2 ? Matt qui assume ses sentiments tout en ne voulant pas faire souffrir sa femme ?


  " Les peines les pires sont celles qu'on ressent quand quelqu'un ne veut surtout pas vous en faire."

 

où bien est-ce Connie qui s'est illusionnée dans un mariage, en espérant pouvoir effacer le passé ?


  " Il ne l'a jamais oubliée. Pas un seul jour. Je crois qu'il ne le savait même pas. Moi, si, j'ai toujours compris. "

 

Connie finira par prendre en main son destin, seule ou pas. Acceptant l'éclatement de ses illusions, brisée en pleine de regret sur ce qui a été et aurait pu être, elle trouvera nénanmoins la force de continuer.

 

" Dehors sur le balcon, un merle saluait le matin en chantant à tue-tête. Son chant laissait entrer le regret dans la pièce, le regret de ce qui a été perdu, du temps qui passe, de la souffrance subie et de la souffrance infligée, des vies qui ne se sont pas déroulées comme elles avaient autrefois été prévues avec une impatience fébrile, de l'occasion ratée quand tout aurait pu changer."

 

" Regarder un feu mourant tard le soir - il y avait toujours cette autre vie qu'on aurait pu vivre. Celle qui s'était éclipsée quand on ne regardait pas. Celle qui continuait à se dérouler le long d'une langue de flamme presque invisible qu'on n'aperçoit que du coin de l'oeil. "

 

"Un autre amour" est un roman sublime. Juste, subtil et extrêmement fort sur les affres du coeur et les drames du quotidien que chacun a / aurait pu vivre.

Un roman sur le couple et sa faillite, sur le poids du passé.

Un roman dur et pessimiste sur la nature humaine, où les Hommes se font souffrir.

Un roman qui va droit au coeur et parlera à tout le monde.

 

 

Enorme coup de coeur donc, vous l'aurez compris !

Un indispensable pour vos bibliothèques ! POurquoi êtes-vous si peu à en avoir parlé sur les blogs ?!

Décidemment cette Kate O'Riordan n'en finit pas de me ravir, après "Un garçon dans la lune"...

J'imagine que ses autres romans sont de même qualités ?

 

livre-coeur5.jpg

 

 

Les avis tous convaincus de : Cathulu, Theoma, Kathel,

 

 

1% litteraire 2010

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 21:40

 

 

garçon dans la lune 1

 

Auteur : Kate O'Riordan


   Joelle Losfeld, janvier 2008, 275 pages, 21€

Folio, Juin 2009, 351 pages, 7,10€

 

 

 

Nous sommes en pleine terre irlandaise avec Julia et Brian, un couple que les 10 ans de mariage a quelque peu usé. Julia gère le foyer de manière tyrannique et les reproches à l'égard de son mari se font constants.

Accompagnés de leur fils de 7 ans, Sam, ils quittent Londres et partent passer quelques jours dans la sombre maison familiale de Brian, auprès de Jérémiah un père taciturne dont l'éducation semble avoir laissé des traces indélébiles dans l'esprit de son fils. Hélas, le pire arrive et provoquera le délitement du couple. Contre toute attente Julia ressent alors le besoin de se réfugier auprès de son beau-père, homme silencieux et secret tandis que Brian tombe dans une apathie maladive qui fait craindre pour sa santé mentale.

 

" Pas de larmes. Juste des frémissements et des hoquets et de nouveau le calme et le vide. Et une douleur tenace, lente et presque exquise d’une manière insupportable, comme une note de violon prolongée. "


 

garçon dans la lune 2

 

Voilà une chouette histoire familiale, plombante comme il se doit ! Car si vous ne sortirez pas de votre lecture bourré de joie de vivre, vous serez néanmois enchantés par la finesse et la qualité de l'analyse psychologique de cette famille à problèmes. Kate O'Riordan sait disséquer l'âme humaine et elle le fait plutôt bien !

 

Sam est un enfant étrange qui aime revasser et voit dans la lune un garçon qui crie. Brian a été élevé à la dure par un père tout puissant qui a donné une vie de misère et de travail, à sa femme et à ses enfants. La mort accidentelle de son petit frère semble toujours le hanter et le culpabiliser. Jérémiah, devenu veuf, se mure dans son silence et refuse d'évoquer toute forme de passé, se rattachant à sa femme ou à ses enfants. Edward, son autre fils, est un homme un peu raté : bègue et célibataire, il ne sait toujours pas répondre aux attaques haineuses de son père. Julia ne supporte plus les petits travers de son mari et souffre de la vie parfaite de sa soeur à qui elle se compare.

 

 " Dans une ligne droite, à l’approche d’un feu vert, il freinait en prévision du passage au rouge ; dans la même situation, elle collait le pied au plancher. Au bout de dix ans de mariage, c’était la différence la plus significative qu’elle aurait pu citer s’ils s’étaient retrouvés devant le tribunal pour divorcer. "

 

 

 

Une famille bourré de failles donc, et de secrets bien enfouis...


 

garçon dans la lune 3

 

Aussi, quand Julia décide de vivre pour un temps auprès de Jérémiah, elle ne se doute pas de ce que sa venue va provoquer. Cherchant à oublier Brian et le drame qu'il a provoqué, elle trouvera son équilibre auprès de cet homme bourru qui lui parle à peine et ne lui pose aucune question. S'abrutissant de travail de ferme, la jeune femme cherche à se libérer de ses démons.  Peu à peu, à travers les histoires des voisins et d'Edward, elle va apprendre l'histoire dramatique de cette famille. La découverte et la lecture du journal caché, tenue par la mère de Brian sera l'élément fédérateur autour duquel la  vérité sortira au sein de la famille, plombé par des années de non-dits et de haine.

Alternant entre les souvenirs brumeux d'un Brian qui se laisse à moitié mourir, les découvertes de Julia, le journal de la mère ou les anecdoctes des voisins et amis,  le lecteur va remonter le fil du passé et découvrir la haine qui habite les membres de cette famille, rongé par des reproches qui couvent depuis plusieurs dizaines d'années.

 

La vérité qui éclatera fera souffrir, beaucoup souffrir mais apaisera aussi ,d'une certaine façon, les protagonistes de ce drame familial. 

 

 


 

"Le garçon sur la lune" est un roman extrêmement fort qui nous fait pénétrer dans l'âme humaine, qui parle de secrets familliaux, de deuil, de pardon, du poids de la culpabilité qui vous entraine à certains actes inconsciemment,...

 

Un excellent roman donc !

 

 

 

Les avis de Lily, Cuné, Amanda, Theoma, Bladelor, ...

 

 

 

 

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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 22:19




Iris est une jeune femme active qui tient sa propre boutique. Elle vit seule mais entretient, sans se poser de questions, une relation avec un homme marié. Son quotidien est rythmé par ses rencontres furtives avec Luke, ses recherches professionnelles et par sa relation très forte avec Alex, son frère de coeur, avec qui elle a été élevé. En effet, Iris n'a pas connu son père, décédé, et sa mère a refait sa vie avec un jeune papa veuf. Quotidien qui va se retrouver bouleversé, le jour où on lui annonce qu'elle a une grand-tante et qu'elle va devoir lui trouver un autre toit ! En effet, l'asile où cette dernière était enfermée depuis 60 ans ferme ses portes.
Iris prend en charge, tant bien que mal, la vieille dame et s'interroge. Sa grand-mère, Kitty, est atteinte d'alzheimer et ne peut communiquer sur cette soi-disante soeur. Sa mère ne connait même pas son existence. Bref c'est le flou le plus total sur Esme, qui n'est pas aussi folle que ce qu'on veut bien lui dire, et les raisons de l'avoir enfermée à l'age de 16 ans.
Dès lors, tout l'enjeu du roman est de découvrir le mystère de sa vie passé.

Je dois le dire tout net : ce roman m'a complètement bouleversée et je me suis retrouvée à pleurer à chaudes larmes, à mon grand étonnement (moi qui ne pleure que exceptionnellement devant un roman...) et de façon très innatendue, en découvrant le parcours de cette fameuse Esme Lennox.
Le roman alterne entre 2 points de vue : d'un côté, celui d'Iris et de ces préoccupations vis à vis de sa nouvelle aieule et de l'autre, celui d' Esme qui se souvient de son enfance, de son passé tout en savourant sa nouvelle liberté.
Peu à peu, se profile le portrait d'une époque (les années 30) où les femmes évoluaient dans un cadre rigide et codifié. On y découvrira les débuts de la famille Lennox en Inde puis leur vie bourgeoise en Ecosse, la jeunesse des deux soeurs et leurs différences. Kitty ne pense qu'à se marier alors que sa soeur préfère s'affranchir des codes. Les drames vont se nouer et se dénouer.
Parallèlement, la relation entre Iris et sa grand-tante évolue. Elles s'écoutent et peu à peu s'apprivoisent.
Au final, c'est la mémoire retrouvée et l'acception de soi qui en découlera pour Esme comme pour Iris.
L'écriture est simple mais sait parfaitement transmettre les émotions aux lecteurs qui ne pourra qu'être touché par ce destin sous le signe de l'injustice, de la solitude et de l'emprisonnement.

Un roman fort sur un sujet fort : Ne ratez pas ce roman si vous ne l'avez pas encore lu !!

" Revenue au présent, Esme se trouve dans la voiture et revient d'une balade au bord de la mer. Elle fait semblant de dormir. Non qu'elle soit fatiguée, mais elle a besoin de réflechir. La tête renversée en arrière, elle ferme les yeux. Au bout d'un moment, la fille, Iris, se penche pour éteindre la radio. La musique orchestrale, qu'Esme appréciait, à la vérité, est réduite au silence.
C'est là l'unique attention qu'on ait témoignée à Esme depuis bien longtemps. Un peu plus et elle se mettrait à pleurer, ce qui ne lui arrive plus jamais. L'envie d'ouvrir les yeux et de prendre la main de la fille l'envahit. Mais elle n'en fait rien. La fille ne sait pas à quoi s'en tenir sur son compte, elle préférerait qu'elle ne soit pas là... Esme le sait. N'empêche. Elle craignait que la musique ne trouble son sommeil. Vous vous imaginez ?"


Les avis de Karine, Yspaddaden, Gambadou, Keisha, et bien d'autres sur BOB !


Note : *****

Je remercie amplement Ys pour ce livre voyageur bouleversant !
Je ne peux que vous inciter à lui demander de poursuivre son voyage jusqu'à chez vous !




Editions Belfond - 19€

et le poche vient de sortir ce mois-ci ! profitez-en !
Editions 10-18 - 7,90€

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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
Ce blog sera à terme supprimé.
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