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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 08:00

 

ascension t1 01

 

 

 

 

 

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Auteur : Shin'ichi Sakamoto

Editeur : Delcourt

Date de parution : Septembre 2010 / Novembre 2010

Prix :7,95 €

200 pages

 

 

Buntaro Mori vient d'arriver dans son nouveau lycée. Taciturne, solitaire, il fuit ses camarades de classe et préfère ne compter que sur lui-même. L'intégration se fait donc difficilement malgré les tentatives de rapprochements des autres élèves. Un jour, il relève le défi de l'un d'eux : escalader le batiment de l'école. Il réussit et ressent pour la première fois le sentiment d'être vivant, une sensation de bien-être qu'il va vouloir désormais retrouver à tout prix.

Refusant de s'inscrire au club d'escalade de l'école et d'apprendre sous la houlette d'un professeur, Mori préfère oeuvrer en solitaire, quitte à se mettre en péril. Mais c'est sans compter la persévérance du professeur qui décèle chez le jeune homme, un potentiel extraordinaire, et la compétitivité de Miyamoto, autre élève, qui vit très mal de se voir supplanter par ce débutant qui ignore tout des techniques de base.

 

Adapté du roman " L’Homme solitaire " de Jiro Nitta, "Ascension" parait être un banal manga de sport où le héros va retrouver le goût de vivre par l'intermédiaire d'une activité physique, mais se révèle finalement assez loin des clichés !

L'aspect sportif sera bien évidemment abordé. Le lecteur va suivre Mori dans sa découverte de l'escalade. Car s'il a un sens inné de la grimpe et de l'observation, il ne connait rien aux techniques, au lexique la concernant. Ainsi, on aura beau être néophyte, à aucun moment, le lecteur ne se sent largué par un aspect plus spécialisé de l'histoire. Un lexique et des explications plus théoriques sont d'ailleurs donnés et complètent parfaitement la mise en situation du manga.

A côté de ça, Mori est un personnage très intéressant. Solitaire, refusant toute activité de groupe, il se met ainsi en porte à faux avec les codes de la société traditionnelle japonaise.

De même, en pronant l'escalade en solitaire, considéré comme suicidaire, Mori apprend à vaincre ses peurs et à avancer en se surpassant. Se soumettre au danger et ignorer les voies plus faciles et sécuritaires semble être une chose quelque peu oublié aujourd'hui et l'attitude de Mori n'en est que plus enthousiasmante.

On sent d'ailleurs bien qu'un secret ou une blessure pèse sur lui et que l'escalade est une manière d'excorciser les démons du passé. 

Le scénario est dynamique, on ne s'ennuie pas.

Graphiquement, il est plutôt bien gratté. Les angles de vue peuvent être originaux, et les mouvements semblent assez réaliste d'un point de vue sportif.  La Fédération de la Montagne et de l’Escalade est d'ailleurs partenaire de l'édition.

 

 

Une très bonne surprise à découvrir donc !

 

 

Vous pouvez lire les premières pages ici !

 

A noter :

Sakamoto est aussi l'auteur de "Nés pour cogner " et "Kiômaru".

Ascension est en cours de parution au Japon et 12 volumes existent déjà.

 

 

 

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C'était la BD du mercredi avec Mango et les autres !

 

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 19:45

 

lorsque nous vivions ensemble t1 1

 

Auteur : Kazuo Kamimura

Editeur : Kana, Sensei

Date de parution : Septembre 2009

Prix : 18 €

  704 pages


 

 

Tokyo, dans les années 70.

Kyoko et Jiro sont amoureux. Ils ont fait le choix de vivre ensemble sans être mariés et cela n'est pas extrêmement bien vu dans une société où la libéralisation des moeurs commence à peine.

Nous allons les suivre dans leur quotidien sur près de 700 pages. Une somme donc qui s'attache aux petits faits de la vie de tous les jours : la passion, le quotidien routinier, le travail, le malaise qui les touche et le sexe qui parfois les rapproche, leurs interrogations sur leur avenir commun, la désaprobation des proches de leur union non officielle.

 

Un pavé qui pourrait paraitre bien lourd mais qui réussit à distiller en de courts chapitres une belle histoire d'amour et l'ambiance de toute une époque.

L'équilibre du couple est difficile à trouver et les écueils nombreux. Graphiste et illustrateur, les 2 jeunes gens travaillent dur et ne se soucient pas de l'avenir. Vivant au jour le jour, ils apprécient les petits bonheurs du quotidien et se "contentent" de l'maour qu'il porte à l'autre. Pourtant le poids de la société pèse sur leurs épaules et ils doivent cacher leur relation de couple non marié à leur entourage. En ressort, le portrait d'un couple à la fois libre, qui vit son amour comme il l'entend, et torturé par le mensonge que la société l'oblige à énoncer.

Ainsi au delà de l'histoire de ce couple d'amoureux, Kamimura dresse un état des lieux de la jeunesse désabusée d'une époque en pleine transition. Entre tradition et modernité, la place des jeunes n'est pas facile à trouver et notre couple en est un parfait exemple. Des sujets difficiles, comme l'inceste ou le suicide, seront même abordés.

 

Les personnages de ce manga pour adulte sont très riches et variés. Le trait du futur dessinateur de "Lady Snowblood" est simple et épuré, dans la droite ligne des gekiga de l'époque, et tend même à la poésie de l'instant, là où un simple trait signifie tout. Les cadrages sont originaux, certains diront même cinématographiques, et accentuent une action ou un moment particulier.

 

 

" Lorsque nous serions ensemble " est donc une belle tranche de vie assez lente et peu joyeuse, qu'il ne faut peut-être pas ingurgiter en une fois sous peine de lassitude, une histoire d'amour entre passion et doute, bref un manga de référence, écrit entre 1972 et 1973, que les amateurs se doivent de découvrir.


  " L'amour se présente toujours comme un ensemble de fautes. S'il est beau malgré tout... c'est certainement parce que les fautes commises par l'homme et la femme sont belles. Et si l'amour se termine toujours par des larmes... c'est certainement parce que l'amour lui-même est un réservoir de larmes... Le gîte de l'amour lorsque nous vivions ensemble. "

 

 

L'avis de Yozone et de Mo'

 

 

 

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C'était ma BD du mercredi avec Mango et les zôtres !

 

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 08:00

 

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Auteur : Suehiro Maruo

Editeur : Le lézard noir

Date de parution :  30 Octobre 2010

Prix : 16 €

148   pages

 

 

Je vous parlais il y a peu du dessinateur japonais Maruo qui adapta avec bonheur un roman d'Edogawa Ranpo, L'ile panorama. Aujourd'hui, nous retrouvons toujours le même aux commandes d'une autre nouvelle de l'auteur : "La chenille". Edogawa Ranpo a écrit cette nouvelle en 1929, censurée pendant la guerre dans les années qui suivirent. A juste titre...

 

Quand Tokiko apprend que son mari va enfin revenir de la guerre, elle ignore encore dans quel état elle va le retrouver. Alors que ses voisines soulignent la chance qu'elle a de ne pas être veuve, la jeune femme espère retrouver l'homme qu'elle a quitté il y a 3 ans. Mais hélas le lieutenant Sunaga a ramené avec ses médailles de bravoure, une infirmité qui ne lui laisse plus apparence humaine : amputé du nez, des oreilles, des 2 bras et des 2 jambes, il n'est même plus capable d'entendre ni de parler. Sous couvert de fausse compassion et de respect, l'état et même la famille de ce dernier abandonne à Tokiko le soin de s'occuper de ce monstre...

 

Obligée de subvenir à tous les besoins de son mari, Tokiko fait preuve d'abnégation oscillant entre fascination et répulsion pour cet être rampant. Communiquant par écrit, le lieutenant Sunaga (qui n'est pas mutilé de partout...ahem...) est complètement dépendant de sa femme qui, peu à peu, va redécouvrir le plaisir érotique et se rendre compte du pouvoir qu'elle peut exercer sur lui. Elle s'approprie son corps et en fait une sorte de jouet érotique qu'elle se plait à faire souffrir. Une perversion qui mènera à la folie....


 

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L'ero-guro est un mouvement artistique japonais, né dans les années 30, qui mélange érotisme et éléments macabres. Maruo en est un des chantres et s'est beaucoup inspiré d' Edogawa Ranpo. Rien d'étonnant donc qu'il adapte ses oeuvres.

Devant cet homme rampant au sol comme une chenille, Tokiko éprouve tout d'abord du dégoût. Mais un dégoût qui évolue petit à petit vers une forme de plaisir déviant qui mélange érotisme et horreur.

Tokiko, obligée par les convenances de tenir son rôle d'épouse quoiqu'il advienne, va voir sa vie se transformer en une horreur maritale dont elle tentera de s'échapper par la  perversion, trouvant de la beauté dans ce qui n'en a plus.

Dénonçant le poids du devoir qui force les femmes à se soumettre au mari, Edogawa Ranpo (et Maruo) n'hésite pas non plus à montrer du doigt les ravages de la guerre. Les membres de l'armée préfèrent souligner la gloire et l'héroisme des soldats plutôt que de s'interroger sur l'absurdité d'une guerre qui fait de nombreuses victimes. Nous sommes début 1900 et le Japon est en guerre contre la Russie. Le port de l'uniforme est valorisé et même montré en exemple. Aussi rien d'étonnant que ce récit ait été interdit pendant la guerre qui a suivie.


Le style graphique, loin d'alourdir une ambiance difficile allège le récit par ses traits fins et élégants. On y retrouvera le souci du détail, cher au dessinateur, qui illustrera de façon explicite les scènes érotiques. Mélangeant décors fleuris et chairs mutilées, il rend parfaitement compte de la symbiose entre horreur et plaisir.

 

"La chenille" est un récit cru et dur qui, au delà de son aspect grotesque et de son sadisme, se révèle profondement pessimiste sur la vie sociale japonaise et sur l'engagement militaire.

 

Un manga à ne pas mettre entre toutes les mains et qui ne plaira qu'aux amateurs de bizarreries japonaises...

Un indispensable pour les autres !


 

 

A noter : Une longue postface qui explique le genre de l'eroguro.


 

 


La Chenille 2.0 de Suehiro MARUO et Edogawa RANPO
envoyé par lezardnoir. - Découvrez plus de vidéos créatives.

 

 

 



La Chenille de Suehiro MARUO et Edogawa RANPO
envoyé par lezardnoir. - Futurs lauréats du Sundance.

 

 

 

 

C'était ma BD du mercredi avec Mango !

 

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 08:00

 

 

Pavillon-des-hommes-tome-1-1.jpg

 

Auteur: Yoshinaga Fumi

Editeur : Kana, Big Kana

Date de parution : Octobre 2009

Prix :  7,35 €

 

 

Au cours du 17ème siècle, une mystérieuse épidémie, " la variole du Tengu", a décimée une grande majorité de la population masculine du Japon. Devenus fragiles et précieux, ils sont désormais choyés et préservés des travaux difficiles réservés aux femmes désormais. Les beaux jeunes hommes sont très recherchés et les femmes en viennent à acheter leur semence pour avoir la chance d'enfanter. Un luxe réservé aux femmes les plus argentées... Le shogun, qui est désormais une femme, dispose d'ailleurs de son propre "harem" : un pavillon regroupant les plus beaux jeunes hommes du pays à la hiérarchie très codifiée.


Le jeune Mizuno, malgré la pauvreté de sa famille, refuse de se prostituer. Il préfère offrir généreusement sa semence aux femmes malheureuses. Afin de ne plus être un fardeau pour sa famille et pour éviter un mariage qui ne lui conviendrait pas, ce dernier s'engage dans ce fameux pavillon, s'attendant à une vie douce et oisive. Mais Mizuno ne sait pas encore que le Pavillon des hommes est un vrai nid à complot où les jalousies se font jour pour mieux obtenir le pouvoir...


Nous allons donc découvrir la vie à l'intérieur du pavillon en même temps que Mizuno. Seuls les plus nobles et les plus beaux peuvent accéder à cette zone protégé et rien ne doit sortir à l'extérieur de ce qui s'y passe. La hiérarchie est très marquée entre les hommes du pavillon, leurs tâches étant différentes selon leur grade. Faute de rapports sexuels fréquents, une certaine homosexualité est latente, d'autant plus que celà peut parfois servir pour avancer en grade... Les complots et les coups bas sont courant quand il s'agit d'y voir son propre intérêt.

Mizuno, pauvre, dénué des bonnes manières de la noblesse, doit subir les quolibets de ses compagnons. Refusant de tomber dans les manières féminisantes de certains, d'offrir son corps à des supérieurs, il préfère être libre et s'intéresse de près à des activités plus physiques, comme le combat. 

 

Parallèlement à l'apprentissage de Mizuno, on assiste à celui de la nouvelle Shogun, Yoshimune. Peu au fait des règles, elle remplace le précédent shogun, mort alors même qu'il était encore enfant. Femme forte et droite, elle se plie difficilement aux traditions de son rôle et envisage de réformer le système. Rejetant le luxe inutile du pavillon, Yoshimune doit faire face à certaines difficultés économiques alors mêmequ'elle doit présenter un visage fort aux émissaires étrangers qui voient dans le pavillon un reflet de la toute puissance du Shogun.

 

Voilà une série qui détourne avec beaucoup d'originalité l'histoire et inverse les rôles prédéterminés des 2 sexes !

Nous assistons à un véritable inversement de situation. C'est une société où les femmes ont le pouvoir et où les hommes sont considérés comme de petites choses fragiles à protéger.

Comme autrefois dans le Japon médiéval, le shogun possède son propre harem pour les plaisirs de la chair.

Et de multiples rapprochement pourront être fait entre la réalité et la fiction, les codes prévalant autrefois pour les femmes se retrouvant ici de la même manière pour les hommes. De plus, on pourra y retrouver d'utres évènements historiques qui prennent ici un autre sens. Par exemple, la fermeture du Japon aux étrangers qui sert à cacher que les hommes se font rares ! Les situations sont donc ici très réalistes.


La réflexion sur les rôles attribués ordinairement aux différents sexes est également très intéressante. On notera avec humour la surprise et l'incompréhension de la shogun lorqu'un émissaire étranger lui apprend que, dans son pays, les femmes sont trop fragiles pour faire la guerre. Les femmes ne sont-elles pas enfermées dans un carcan de préjugés que nous nous trimballons encore de nos jours ?

 

Les personnages extrêmement bien travaillés font preuve de finesse et de psychologie. La shogun a une proche servante pour confidente et leurs conversations nous révèlent les pensées cachées de celle-ci. Les relations entre Mizuno et certains de ses confrères sont très étudiés. Les histoires d'amour ne seront pas oubliées et ne tomberont pas dans le larmoyant et le cliché.

Le dessin, quant à lui est sobre, tout en étant fourni au niveau des décors. Pas de trames shojo pour cette série qui plaira d'ailleurs au lectorat féminin, comme masculin.

 

A noter : les tomes suivants (5 volumes en cours, au Japon) révèleront d'autres personnages et d'autres époques toujours autour de notre fameux pavillon des hommes.

Mon seul regret : que l'attachant Mizuno disparaisse de l'intrigue à fin de ce premier tome.

 

 

Vous l'aurez compris, "Le pavillon des hommes " est une très bonne surprise !

Un manga intelligent qui se joue des clichés pour mieux nous parler du passé (le Japon des samourais de la période Edo) et du présent (les idées préconçues sur le rôle des femmes).

 

Je vous encourage très fortement à le découvrir !

 


Un autre avis chez Bulles et Onomatopées et chez Nyméria.

 

 

 

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C'était ma BD du mercredi avec Mango et les zotres !

 

Challenge roaarrrPrix Tezuka 2009


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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 08:00

 

 

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Auteur: MARUO Shuehiro

Editeur : Casterman, Sakka

Date de parution : Avril 2010

Prix :  13,50 €

270 pages

 

 

 

" L' ile panorama" est à l'origine un roman de EDOGAWA Ranpo, auteur fortement influencé par Edgard Allan Poe, qui touche souvent au macabre et au fantastique dans ses écrits . C'est le sulfureux Maruo qui adapte aujourd'hui ce récit en version dessinée. Ce dessinateur est un maitre de l'éro-guro, mouvement érotique grotesque, dont Edogawa est un des chefs de file. Maruo s'inscrit dans un courant undergound et ses dessins mélangent érotique, fantastique, déviance sexuelle,...

Aussi, on ne s'étonnera pas de voir ici réunis ces 2 auteurs.

  

Hirosuke est un écrivain raté. Il est fasciné par Edgar Allan Poe et notamment sa nouvelle : Le domaine d'Arnheim ". A l'image du roman, il rêve de créer un paradis terrestre, lieu de perfection absolue.

Un espoir vain jusqu'au jour où il apprend la mort d'un ancien camarade de classe très fortuné, Komoda, avec qui il a une ressemblance frappante.

Hirosuke met alors en place un plan afin d'usurper l'identité du mort. Jouant à l'humain enterré vivant, qui arrive à ressortir de sa sépulture, Hirosuke se débarrasse du corps de Komoda et prend sa place auprès de sa femme. Désormais à la tête de la fortune familiale, plus rien ne s'oppose à la réalisation de son rêve : la création d'un paradis d'un terre.

  

Voilà l'histoire d'un homme idéaliste qui, par amour de la perfection et de la beauté, va sacrifier ses valeurs morales et plonger dans l'inhumanité. Hirosuke n'hésitera pas à transgresser l'ordre moral (profanation de sépulture, assassinat, usurpation d'identité) pour mieux parvenir à ses fins.

Le paradis, créé sur une ile, est une nature belle et parfaite mais fausse et artificielle, qui cache des mécanismes techniques en son sein. ( On pensera bien sûr aux paradis artificiels de Baudelaire, célèbre traducteur de Poe !)

Bref, une nature qui n'a plus rien de naturelle, à l'image de son créateur. L'ile est une pure illusion où les sirènes, les éphèbes et ses autres habitants sont de simples acteurs rémunérés qui profitent de ce faux paradis pour laisser libre cours à leurs instincts primaires.

 

  " Ce monde n'est qu'une illusion, seuls les rêves de la nuit sont vérité. " .

 

 

Maruo a repris ici de façon linéaire le roman de son compatriote. Nous suivons Hirosuke dans sa déchéance morale : l'usurpation d'identité, la construction du paradis artificiel, sa présentation à la femme de Komoda, ses soupçons, qui entraineront une ultime déchéance de la part de Hirosuke.

Le récit devient peu à peu trouble et oppressant et tombe avec subtilité dans la folie du personnage.

Le summum de l'histoire étant la fameuse révélation de cette ile à sa femme (et par la même occasion au lecteur). Maruo y révèle tout son art par la diversité des décors et le souci du détail. Chaque lieu découvert est propice à de nouvelles merveilles.

Le manga dévoilera aussi sur la fin une touche érotique par l'intermédiaire de scènes de sexe très explicites mais qui reste néanmois très "soft", comparé à ce à quoi l'auteur nous avait habitué dans ses oeuvres précédentes (tout est relatif !). On est un maitre de l'éro guro ou on ne l'est pas !

 

Maruo réussit donc avec succès cette adaptation, tout en y intégrant ses propres éléments personnels. On y retrouve l'ambiance malsaine des 2 auteurs, sublimée par un dessin tout en finesse et en richesse.

On regrettera juste la chute un peu abrupte et quelque peu obscure qui laisse le lecteur libre d'interpréter la fin de l'histoire.

 

" L'ile panorama " est donc un manga atypique, pas forcément destiné au grand public, et qui plaira aux amateurs du genre...

 

Mille merci à Aurore qui avait glissé ce manga dans son swap kawai... ! J'étais sure que j'allais aimer !

 

 

A noter : Le roman éponyme de Edogawa Ranpo est hélas épuisé... Si quelqu'un le possède et souhaite s'en débarasser (ou le faire voyager...), je suis fortement intéressée !

 

Sinon, la nouvelle de Edogawa qui fascine le personnage de cette histoire, le domaine d'Arnheim, est à lire en libre accès ici !

 

Vous pouvez lire aussi l'avis de Faelys sur ce manga ici !

 

 

 

Retrouvez d'autres BD du mercredi chez Mango !

 

 

ile panorama 2

 

  Challenge roaarrr

Prix Tezuka 2009


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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 08:00

 

puzzle tome 1 1

 

Auteur: IKUEMI Ryo

Editeur : Delcourt

Date de parution : Juin 2010

Prix :  6,25 €

   

 

Yuma est une jeune lycéenne. Tous les matins, elle doit prendre le train pour aller à l'école mais à chaque fois, elle doit subir les mains baladeuses de certains passagers. Tétanisée, elle n'ose jamais crier. Un camarade de classe, Suwa, choisit de l'accompagner pour la protéger. Un jour, Yuma découvre la présence de son prof de biologie, au cours du trajet et se sent attirée peu à peu par cet homme taciturne.


Parallèlement, on suit un groupe de 4 amis, 2 filles, 2 garçons. L'équilibre va être rompu entre eux lorsque l'amour viendra perturber le groupe. Haruta et Maya sont amoureux de la même fille, Kanna, tandis que l'autre jeune fille, Asami, aime secrètement Haruta. Secrets, jalousies, amours non partagés : le drame sea au rendez-vous...

 

Ces 2 histoires indépendantes ne trouvent encore aucune liaison dans ce premier tome mais elles sont appelées à se rejoindre.

Selon l'éditeur, la série va nous présenter le destin croisés de ces personnages au fil des tomes. Nous les verrons évoluer, grandir pour enfin les voir se rencontrer dans le dernier tome.


Difficile donc de se prononcer pour le moment sur ces histoires très classiques d'amour contrariées mais la construction originale semble annoncer du bon !

La première partie se concentre sur Yuma et ses émois amoureux, bien plus compliqués qu'il n'y parait. En quête d'identité, la jeune fille semble perdu et facilement influençable.

La deuxième partie, complètement indépendante, est beaucoup plus sombre. La tension est bien présente et le drame est attendu tout en réussissant à nous surprendre.

Pas d'histoire mièvre et dégoulinante de bons sentiments pour ce shojo intéressant et mature.

 

 

Une série de 13 volumes à suivre pour découvrir ce qu'elle a dans le ventre !

 

 

Vous pouvez lire les premières pages ici !

 


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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 22:20

 

do you know 1

 

Auteur :  Hirotaka Kisanagi

Editeur : Asuka

Date de parution : Février 2010

Prix : 7,50 €

208 pages

 

 

Shigure et Ryunosuke sont deux jeunes détectives. Hélas, le travail se fait quelque peu désirer et ils sont obligés d'avoir un deuxième boulot pour vivre : serveurs dans un bar, mais n'importe quel bar, un bar gay !

En effet, nous allons découvrir très vite que les 2 hommes sont bien plus que des collègues...


Alors qu'ils doivent repousser les avances des nombreux clients yakusas du bar, ils sont missionnés pour retrouver un chat perdu. Un peu plus tard, il s'agira de pister un infidèle. Les dossiers se suivent mais rapportent peu.

Leur petite vie tranquille va pourtant être bouleversée par l'arrivée inopinée du frère de Ryunosuke qui compte bien l'obliger à prendre la direction du clan de yakusa familial...

 

Ce oneshot yaoi, à l'intrigue plutôt classique, est très agréable à lire.

Le récit est ponctué de scènes d'action bien senties et alterne avec des phases plus intimes. Les scènes de sex hot entre garçons ne vous seront pas épargnés mais rien de vulgaire ici. Les 2 personnages sont même plutôt touchants, révélant peu à peu leurs failles : Shigure a été recueilli dans la rue "comme un chat de gouttière" par Ryunosuke tandis que ce dernier cache un héritage familial difficile.

Les autres personnages secondaires sont aussi plutôt travaillés. Le frère de Ryunosuke semble lui aussi tourmenté par une amitié masculine...

Bref, les choses ne sont jamais aussi simples qu'elles en ont l'air.

L'humour est également bien présent tout en jouant sur le thème de l'homosexualité.

Rien à dire, côté dessins. L'ensemble est soigné, les personnages bien identifiables et les scènes de cul nous épargnent les gros floutages blancs de censure par le soin des cadrages ou des poses.


Un manga bien sympathique donc ! On regrettera juste que l'histoire tienne sur un seul volume. On sent beaucoup de potentiel dans le scénario et les personnages, notamment leur passé et leurs sentiments amoureux qui auraient très bien pu se développer dans d'autres tomes.

 

Un manga, paru précédemment dans Be X Boy, qui plaira aux amateurs du genre donc !

 

Je remercie Lau qui m'a offert ce manga plein de sexy men pour le swap du même nom !!

Je confirme : ils sont bien là...


 

 

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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 23:45

 

hokusai 1

Auteur : Shotaro Ishinomori

Editeur : Kana, sensei

Date de parution : Juin 2010

Prix : 15 €

  608 pages

 

 

 

Tout le monde connait Hokusai ou au moins un de ses plus célèbres tableaux : "La grande vague de Kanagawa". Mais nous connaissons surement moins le parcours de ce maitre de l'estampe japonaise.

Hokusai était un peintre exigeant qui a changé plusieurs fois de nom et de style.

Le manga ici-présent s'ouvre sur un Hokusai de 90 ans, en fin de vie mais au caractère toujours bien trempé. Allongé et malade dans une cabane miséreuse, il se redresse pour réclamer un pinceau et du papier. Au moment de peindre un nouveau chef d'oeuvre, l'artiste s'effondre. Nous sommes en Avril 1849 et Hokusai vient de mourir.

 

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Voilà que débute sous le signe de l'originalité cette biographie du mangaka Shotaro Ishinomori. 

L'auteur a fait le choix de parler de Hokusai par la petite porte et nous livre ainsi son quotidien, bien loin du mythe.

Ce fou de peinture a été un élève toute sa vie et n'a jamais cessé d'apprendre et de vouloir améliorer son style. Il a de nombreuses fois changé de nom pour mieux recommencer dans l'anonymat et se libérer de l'effet pervers de sa réputation.

Le lecteur ne verra donc pas son enfance et entrera tout de suite dans le vif de sa période artistique. Il va ainsi découvrir les dessous de la création de l'artiste qui va se révéler un travailleur acharné et buté. De nombreux flash-backs permettront de comprendre petit à petit le parcours hors-norme d'un homme passionné.

 

Personnage à la fois imaginaire et historique, le Hokusai de Ishinomori va se révéler très attachant mais aussi très drôle ! Car Hokusai est aussi un obsédé sexuel et ne néglige aucune occasion de se faire plaisir ! De nombreuses scènes moqueuses présentent un homme plus terre à terre qui n'hésite pas à tromper sa femme pour mieux laisser libre cours à ses fantasmes.

Ishinomori dévoile ainsi une des obsessions de l'artiste que l'on retrouvera dans certaines de ses estampes érotiques. 

 

hokusai 3

 

Et difficile de parler du génie de l'estampe japonaise, sans aborder ses oeuvres personnelles. Ainsi, le mangaka intégrera tout au long du récit, une sélection de ses oeuvres les plus marquantes.

Pour ce titre paru en 1987, le graphisme date quelque peu (années 70) mais n'a pourtant pas vieilli.

 

Bref, cette biographie dessinée est à saluer pour le vrai travail d'adaptation qui a été réalisé de la part d'un auteur qui a aussi produit une histoire du japon en 55 volumes (!), une autre biographie du célèbre samourai Miyamoto Musashi et un manga fantastique au nom de "Cyborg 009".

 

Je la conseille chaleureusement aux amateurs de l'artiste qui souhaiteront découvrir sa part cachée, comme aux fans de mangas qui découvriront un personnage fantasque tout en s'instruisant sur un génie de la peinture qui inventa le terme de "manga" !

 


Quelques pages sont à lire ici !

 

 

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 23:20

 

tokyo home 1

 

Dessinateur : Cyrielle

Scénariste : Gloris

Editeur : Kana, Kiko

Date de parution : Juin 2010

Prix : 15 €

  224 pages

 


 

Julie, jeune française de 17 ans, débarque au Japon chez son père. Après une violente dispute avec sa mère, elle a décidé de venir vivre avec lui alors qu'elle le connait assez peu. En effet, Jean-Raymond vit à Tokyo depuis une dizaine d'années et se comporte comme un père un peu fantasque et peu responsable de l'éducation de sa fille. Aussi quand Julie débarque et lui anonce son installation,son père est plutôt réticent. Il finit par proposer un marché : elle est autorisée à rester si Juie fait l'effort de s'intégrer en allant à l'école et en apprenant le japonais.

Commence alors pour la jeune fille une découverte du Japon et de sa culture, aidée par une étrange japonaise catcheuse !

 

Ne connaissant du Japon que ce qu'elle en a pu découvrir dans les mangas, à la télévision, Julie a finalement tout à apprendre de cet étrange pays. Se débattant avec les difficultés d'une langue, elle doit aussi faire face à la jalousie des filles de son lycée international qui lui reproche d'attirer tout l'intérêt masculin. A côté de ça, la jeune fille essaie de construire une relation durable avec un père absent qui fuie le rapprochement avec sa fille et semble avoir quelque cose à cacher.

 

Se présentant sous une chouette couverture cartonnée, Tokyo home se présente comme un hybride entre manga et franco-belge. Mariant un dessin plutôt manga et shojo mais un scénario et un sens de lecture européen, il dresse le portrait réjouissant d'une jeune fille en mal de reconnaissance tout en formant une sorte de carnet de voyage. Mêlant récit d'apprentissage, histoire familiale, anecdoctes scolaires et découverte de l'amour, Tokyo home évolue entre émotion et humour. Nous verrons grandir la relation de Julie avec son père qui finira par se confier à sa fille mais aussi l'amitié naissante avec une catcheuse sensible qui nous vaudra de belles pages d'humour.

 

Bref, c'est frais, c'est gai, c'est dépaysant, c'est émouvant, c'est drôle, ....

...c'est japonais !  (enfin presque... )


 

Un premier album que je vous conseille !

 

 

 

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Vous pouvez aussi retrouver Cyrielle sur son blog !

 


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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 20:00

 

la où la mer murmure 1

 

Auteur : Keiko Ichiguchi

Editeur : Kana, Made In

Date de parution : Mars 2010

Prix : 15 €

96 pages

 

 

Marina vit en Italie, au bord de la mer, en compagnie de son père, sa compagne et leur fille. Sa mère serait décédée lorsqu'elle était petite, en la sauvant de la noyade. Son père garde le silence sur l'accident et Marina grandit dans l'ignorance en compagnie des cauchemars de noyade qui l'assaillent chaque nuit.

Un jour, elle fait la connaissance de José, un étudiant français rencontré sur la plage. Ce dernier la questionne sur sa mère et pousse la jeune fille à s'interroger un peu plus. Découvrant une photo de sa mère dans les affaires de son père, José croit y reconnaitre Claudia, une chanteuse célèbre qui se serait retiré.

Dès lors, Marina, aidé de José, se met à la recherche de la vérité et décide de partir en France.

 

On assiste ici à la quête de filiation d'une jeune fille tourmentée par le mystère qui plane autour de sa mère. Marina va découvrir ce que son père lui a caché et devoir accepter une vérité décevante qui n'est pas simple à assumer. Alors que sa première réaction sera le rejet, elle finira par affronter ses peurs en découvrant peu à peu l'histoire personnelle de sa mère.

Cette quête du passé finira tout de même par libérer la jeune fille de ses cauchemars récurrents qui prendont enfin sens, au vu des révélations. Marina gagnera alors en maturité et apprendra le pardon.

 

Le dessin de la mangaka est simple et épuré sans être fantastique. Elle exprime avec subtilité les sentiments des personnages.

Mais malgré tout, j'ai trouvé l'histoire un peu ennuyeuse. Ses autres albums ("1945" et "america"), parus également en Made In m'avait fait le même effet. On aurait pu aller ici à l'essentiel tout en accentuant les émotions.

En bref, l'investissement me parait un peu élevé pour cet album que j'ai trouvé finalement un peu quelconque et convenu.


L'avis plus positif de Faelys qui vient de tomber aussi !

 


 

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Humeur

Le 26 Août 2013 :
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