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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 07:00

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Nous sommes à l'extrême sud du Chili, dans une zone à moitié désertique uniquement fréquentée par de rares géologues. C'est dans ce quasi isolement que grandit Paolo en compagnie de ses parents. Un jour, un homme survient. Et tue ses parents pour s'approprier le refuge et se cacher de la police. L'enfant est épargné et doit désormais partager son quotidien avec Angel, l'assassin. Le temps fait son oeuvre et finit par rapprocher les 2 hommes en silence.

 

Paolo est un garçon assez mutique qui parle peu. Son enfance ne semble pas totalement épanouie, ni remplie d'amour. L'arrivée d'Angel et la disparition de ses parents n'entament pas beaucoup son silence. Son émotion est assez peu palpable et donne presque une impression d'indifférence. Pourtant, peu à peu, au contact de l'assassin, Paolo reprend vie. Tout comme Angel qui s'humanise au contact du jeune garçon.

Puis c'est Luis, un étranger un peu vagabond qui va atterrir à leur cabane. Echappant au couteau d'Angel, il va partager leur vie. Bientôt la faim les oblige à retourner en ville, à Punta-Arenas. Où le passé ne manquera pas de rattraper Angel.

 

"Les larmes de l'assassin" est tout d'abord un roman d'Anne-Laure Bondoux. C'est Thierry Murat qui signe ici l'adaptation BD. Le dessinateur construit son récit à partir de Paolo qui est le narrateur de l'histoire. Tout en retenue et en silence, il est constitué de vastes planches découpées le plus souvent en 3 cases laissant ainsi la part belle au décor et aux personnages. Les dialogues sont rares et ne prennent pas place dans un phylactère. La narration, elle, prend place sous chaque vignette. Les couleurs se font ternes et assez neutres, majoritairement en ocre, accentuant ainsi l'effet désertique des paysages. Murat s'arrête longuement sur les paysages dont il rend avec brio l'âpreté et la difficulté qu'il y a à vivre dans cet environnement.

Mais finalement, l'album s'avère riche en émotion. La relation entre Paolo et l'assassin de ses parents évolue vers un attachement qui devient indispensable à chacun.

 

"Je ne t'abandonnerai jamais. J'imagine que je devais être la seule personne au monde à qui il pouvait dire des mots aussi improbables que "toujours" ou "jamais"."

 

Angel, malgré sa violence intrinsèque, atteste de gestes affectueux : il s'inquiète de sa disparition, lui ramène un bébé renard, ... Le jeune garçon découvre, de son côté, la conscience d'exister aux yeux de quelqu'un, tout assassin soit-il.

 

"- C'est quoi le jour de ta naissance, essaye de te souvenir...

- C'est le jour où tu es arrivé ici. Je ne me souviens de rien avant ce jour."

 

Car leurs rapports restent malgré tout ambigus. Paolo n'oublie pas qu'Angel est un tueur. Et c'est tout l'art de l'auteur de suggérer cette ambivalence.

Aussi n'attendez pas ici un album trépidant : il s'agit d'un récit contemplatif où tout se tient dans l'ambiance et les non-dits.

Les larmes de l'assassin est finalement un très bel album à la fois noir et poétique qui remuera le lecteur pour la charge émotionnelle qu'il contient et le portera par son dessin très évocateur.

A découvrir absolument !

 

 

D'autres avis :

Noukette - Théoma - Kactuss - Yvan - Chiffonnette - Véro - sont tous sous le charme.

Joelle qui n'a pas été touchée.

 

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Titre : Les larmes de l'assassin

Dessinateur / Scénariste : Thierry MUrat

Editeur : Futuropolis

Parution : Février 2011

  128 pages 

Prix : 18€


 

palseches

 

bd du mercredi

 

Challenge roaarrr

Prix du Jury Œcuménique de la Bande Dessinée 2012


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Published by Choco - dans Bande dessinée
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commentaires

In Cold Blog 01/09/2011 13:43



Je tourne autour de cette BD depuis des lustres et je me demande toujours ce qui serait le mieux : lire le roman avant ou après...



Choco 01/09/2011 14:06



Arrête de tourner et attaque la BD ^^


Pour ma part, j'ai toujours préféré découvrir le roman avec l'adaptation Bd et bien m'en a toujours pris. Je pense par exemple à "je ne mourrai pas gibier" par exemple.



Noukette 01/09/2011 00:24



J'ai tout aimé dans cette adaptation : l'ambiance, les personnages, les paysages, les non-dits... C'est une BD puissante qui m'a laissée sans voix ! Et pourtant j'avais peur de m'y lancer tant
j'avais aimé le roman...



Choco 01/09/2011 13:51



Comme je te comprends ! Toujours la peur d'être déçue !



Theoma 31/08/2011 17:47



un coup de poing pour moi alors que le roman m'était tombé des mains.



Choco 31/08/2011 18:18



Ah voui ? Comme quoi !



alain 31/08/2011 17:45



C'est vrai. C'est magnifique...



Choco 31/08/2011 18:18







Manu 31/08/2011 15:29



Pas trop mon genre, je ne m'y attarderai pas.



Choco 31/08/2011 18:18



Tant pis...



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