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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 08:00

 

 

bien-etrange-attraction-1.jpg

 

Auteur: Tom Robbins

Editeur : Une bien étrange attraction

Date de parution : 26 Août 2010

Prix :  25,50 €

408 pages

 

 

Lachez toutes vos idées préconçues sur la littérature et plongez dans cet OLNI qu'est "Une bien étrange attraction" !


Nous avons Amanda, une belle gitane (sans l'être réellement ), spécialiste de la voyance, végétarienne mystique et adepte du yoga fascinée par les papillons.

Nous avons son mari, John-Paul Ziller, né en Afrique ("ou étais-ce en Inde ?"), musicien accompli pour qui le style passe avant tout et prfère se balader en pagne, avec un os dans le nez.

On oubliera pas Mon Cul, son inséparable babouin, son "fidèle ami, [son] frère par tous les temps, à travers toutes les frictions et les moments sublimes. "

Et enfin Baby Thor, le fils d'Amanda qui, par une nuit d'orage, en a gardé des "yeux électriques".

Un couple peu orthodoxe donc, dont la rencontre fut une évidence.

 

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Ils se marièrent et quittèrent le Cirque Indo-tibétain & le Gypsy Blues Band du Panda Géant pour ouvrir un zoo en bord de route.

Rien de plus normal me direz-vous...  (enfin presque...) Et bien, non.

Le zoo se compose d'un cirque de puces que seule Amanda arrive à diriger, de 2 couleuvres et d'une mouche tsé-tsé quelque peu morte. Le tout est accolé à un restaurant de hot-dog, décoré d'une enseigne géante du dit met de choix, visible à des kilomètres à la ronde et agrémenté de centaines de mini hot-dogs sur la façade.


  " Une saucisse, c'est une image de repos, de paix et de tranquilité qui forme un contraste frappant avec le chaos et la destruction dont est faite la vie quotidienne. Songez un peu à la nonchalance paisible de la saucisse, comparée à l'agressivité et à la violence du bacon. "

 

Bienvenue à la réserve naturelle et stand de hot dogs du memorial du capitaine kendrick !

 

Le quotidien se déroule entre transes d'Amanda, conversations philosophiques et lectures des lettres de Plucky Purcell. Leur ami, à la virilité dynamique et dealer à ses heures, s'est retrouvé dans une communauté religieuse, sous l'identité d'un autre par le plus grand des hasards et par désir de se lancer dans une nouvelle aventure. Il finira par intégrer une armée secète du Vatican où il fera une étrange découverte...

Aussi, quand ce dernier fuit et débarque avec un mystérieux corps momifié, toute la question est de savoir qu'en faire...

 

Vous l'aurez compris ce roman ne ressemble à aucun autre. Complètement déjantée et foutraque, l'histoire nous est raconté par un certain Max Marvelous qui, débarquant au zoo, vient postuler pour un emploi qu'il s'improvise. Affligé d'hémoroides, bandant sec pour la belle Amanda et rêvant de la culbuter, il enrobe son récit de multiples digressions. Le lecteur y perdra son latin, le fil et le bébé avec l'eau du bain avant de retomber sur ses pattes et plonger dans la fantaisie de ce joyeux roman qui vous emmènera aux frontières de l'incompréhensible !

La langue est savoureuse et les bons mots constants. On pourra relever des dizaines de métaphores plus mémorables les unes que les autres.

 

" John Paul s'était débarrassé de son pagne. Il était au dessus d'elle. Son membre rigide reposait contre le ventre d'Amanda comme le manche d'une binette contre une citrouille. En le regardant, tout ce qu'elle trouva à dire fut :

- Le Petit Blanc du Chou possède une trompe enroulée en spirales des plus remarquables. Oh ! "

 

  " Max Marvelous fronça les sourcils comme la gargouille qui haïssait Notre-Dame. "

  " Octobre s'étend sur le pays Skagit comme une serpillière sur une salade. "

 

 

" Son sourire  ressemblait à une tâche de sauce au jambon sur une cravate représentant la Statue de la Liberté. "

 

Vous assisterez à une scène d'anthologie entre Jésus et Tarzan, à de philosophiques réflexions comme sur la blennoragie :


  " Maintenant, supposons que le cafard, le seigneur de la planète, attrape la blennorragie. Est-ce qu’il y survivrait ? Est-ce que la blennorragie échouerait avec cet insecte là où elle a réussi avec l’homme ? Qui triompherait de qui ? Ou est-ce que ça serait simplement le cas de l’objet que rien ne peut déplacer rencontrant la force à laquelle rien ne peut résister ? Ils pourraient s’affronter et se neutraliser éternellement, chacun étant incapable de faire plier l’autre et ce, à tout jamais. Des années après que l’homme se sera lui-même exterminé, transformant la Terre verte en une boule de cendres pour un quelconque malentendu politico-économique puéril, commencera alors le vrai combat. La blennorragie et le cafard aux prises pour la domination de l’univers. Le voilà, votre Armageddon "

 

Bref, on pourrait citer la moitié du livre sans arriver à rendre un quart de la folie de l'auteur.

 

Pourtant, malgré l'excentricté de ce roman qui semble en apparence ne mener nulle part, pointe une certaine éloge de la liberté et du je m'en foustisme, propre aux sixties. La religion, la norme en prennent plein la tête !

 

" - [...] Ma petite dame, j'ai risqué ma vie pour que vous puissiez avoir la liberté, l'éducation et tous ces avantages qu'offrent notre société. [...]

- [...] Le vrai courage, c'est risquer une chose avec laquelle il faut continuer à vivre, le vrai courage, c'est risquer quelque chose qui pourrait vous obliger à revoir vos idées, à supporter le changement et à élargir votre conscience. Le vrai courage, c'est risquer ses lieux communs. "

 

Si vous n'avez pas peur du bizarre,

si vous ne craignez pas de ne rien y comprendre,

si vous n'avez pas peur de rire,


lisez ce formidable roman !!

 

 

Dans tous les cas, vous êtes prévenu :


  " Envers les lecteurs qui épprouvent peut-être quelque irritation face à un récit qui fait preuve d'un certaine négligence en matière de prgression linéaire et qui ne court pas à un rythme soutenu de point culminant secondaire en point culminant secondaire jusqu'au point culminant principal, comme cela se fait habituellement dans nos meilleurs livres, l'écrivain est moins enclin à s'excuser. " 

 

Vous pouvez lire les premières pages du roman ici !

 

Retrouvez les avis tous enthousiastes de Tulisquoi, La ruelleBleue, Richard,

où vous découvrirez d'autres extraits tout aussi savoureux !

 

 

Meri à BOB et aux fantastiques éditions Gallmeister qui n'en finissent pas de m'enthousiasmer !

 

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1% litteraire 2010

 

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commentaires

zarline 26/08/2010 12:48



"Si vous n'avez pas peur du bizarre, si vous ne craignez pas de ne rien y comprendre" euh, je n'aime ni l'un, ni l'autre donc
je pense que je vais passer pour ce livre. 



Choco 29/08/2010 18:27



Ah bon ? C'est dommage. Moi ça m'éclate comme ambiance ! Mais bon, je peux comprendre que ça puisse ne pas plaire !



Tulisquoi 23/08/2010 20:38



Je n'ai plus qu'une hate maintenant, c'est de pouvoir, enfin, lire La grenouille. J'avais aimé Les cow-girls et là, j'ai adoré. Et cet échange entre Jésus et Tarzan... j'en riais toute seule ;)



Choco 25/08/2010 00:35



Et moi, je vais essayer de sortir la grenouille un de ces 4 !! Oui trop bon, ce passage !



Aifelle 22/08/2010 06:57



J'ai tellement ramé pour venir à bout de "la grenouille" que je ne suis pas prête à retenter l'aventure avec cet auteur.



Choco 22/08/2010 23:50



Aie... Tu ne feras donc pas partie des adeptes alors...



Manu 21/08/2010 13:23



J'aime bien quand c'est un peu déjanté mais pas complètement barré.



Choco 22/08/2010 23:44



Le dosage du barré est une question toute personnelle, je te l'accorde ! Ceci dit, l'histoire a tout de même un sens et une certaine linéarité malgré tout.



Richard 21/08/2010 12:12



Et bien, au contraire !


Moi j'ai aimé la façon dont tu as abordé l'analyse de ce roman et ton choix de citations. tu as très bien décrit l'atmosphère du bouquin.


Et cette collaboration avec La ruelle bleue, m'aura permis de visiter ton blog ... que j'aime beaucoup. je serai, à l'avenir un lecteur assidu et je le mettrai dans mes liens favoris.


Au plaisir de te lire !



Choco 22/08/2010 23:38



ET ben, dis donc... tu es plus généreux que moi ! Merci Richard pour tes compliments, c'est très encourageant !


Tes billets m'ont l'air fort riche et très développés aussi


Au plaisir donc !



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