Mercredi 2 septembre 2009
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Le petit Huitième, mort à 16 jours, a été enterré sous la fenêtre de la maison. Maison est un bien grand mot car il s'agit plus
exactement d'une unique pièce de 13m², où s'entassent une famille chinoise de 11 personnes, frôlé toutes les 7 minutes par le train !
C'est Petit Huitième qui nous raconte le quotidien de ses parents, frères et soeurs.
Loin d'allier amour et protection, cette famille plongée dans la misère ne jure que par le chacun pour soi.
Le père, docker bagarreur et alcoolique bat sa femme et s'acharne sur Septième frère, dernier né traité comme un chien et qui dort sous le lit parental, faute de place. La mère aguiche les voisins
et considère qu'être battue est une soupape nécessaire pour son mari. Grand frère travaille la nuit pour pouvoir dormir le jour, toujours faute de place. Bref les enfants ne souhaiteront qu'une
chose : quitter au plus vite ce lieu sordide.
Vue par par l'innocence du regard du Petit Huitième, le portrait de cette famille est encore plus choquant. Aucun jugement de valeur n'est donné, au lecteur de se faire la sienne. Mais il n'est pas
difficile de comprendre la cruauté des uns et des autres dans le luxe de détails offerts par l'auteur. La famille n'est qu'un cercle aléatoire de personnes. L'échec et le malheur leur ont fait
oublier le sens des mots amour et famille. Fang Fang y dénonce aussi les conséquences du libéralisme : Il n'est pas anodin que le seul membre ayant "réussi" sa vie est celui qui aura écrasé tout le
monde par rancoeur et qui aura su jouer de ses relations pour gagner de l'argent et un statut qu'il ne mérite pas.
Fang Fang, auteur du courant réaliste chinois, nous donne ici un véritable documentaire sur la vie d'une famille ouvrière pauvre des années 60-70 par l'intermédiaire du regard d'un enfant
nous rapportant les choses les plus crues, comme les plus violentes avec la candeur et l'inconséquence de son age.
Note : ***
Editions Picquier, poche - 6,50€
Par Choco
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Publié dans : Littérature chinoise
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