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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 07:00

cinq-mille-kilometres-par-seconde-01.jpg Lucia et sa maman emmenage dans leur nouvel appartement italien sous le regard curieux de Piero, voisin habitant l'immeuble d'en face. En compagnie de Nicola, son inséparable ami, il grandit avec insouciance et se prend à rêver à sa belle voisine. Timide et réservé, il finit par la séduire malgré la rivalité amicale de Nicola, plus séducteur.

Quelques années plus tard, nous retrouvons Lucia à Oslo où elle est étudiante. Elle a quitté Piero et se remet difficilement de sa rupture en tombant dans les bras de Sven, le fils de sa logeuse. De son côté, Piero est parti faire des fouilles archéologiques en Egypte. Alors que Lucia tombe enceinte, PIero apprend qu'il va devenir père. Les années ont passées mais ni l'un ni l'autre n'ont oubliés leur premier amour.

 

Cinq mille kilomètres par seconde est clairement une histoire d'amour. De ces amours qu'on n'oublie pas, de ceux qui vous marquent à vie et perdurent à travers le temps.

Piero et Lucia se sont rencontrés, se sont aimés quelques mois (années ?). Ils se sont séparés pour une raison que l'on ignore. Et ils ont chacun continué leur route. Le destin les réunira encore mais pour combien de temps ?


Voilà une histoire d'amour ratée puis impossible qui avait tout pour me plaire. Mais c'est la déception qui a été au rendez-vous...

L'auteur dresse par petites touches le récit de vie de ces 3 personnages. Les séquences sont parcellaires et de nombreuses ellipses emmaillent le texte. Très subtile, la narration reste très simple et rentre peu finalement dans l'intimité des personnages. On suit nos 3 personnages à différentes époques et on constate qu'ils n'ont rien oubliés de ce premier amour. Ils se sont aimés, perdus puis retrouvés. Mais l'adolescence est loin et il est difficile de revenir en arrière.

Je m'attendais à une histoire de premier amour qui m'emporte par la force des sentiments et des émotions. Mais j'y suis restée complètement extérieure. Je n'ai ressenti aucune empathie pour les personnages. Je n'ai pas vibré à leur côté. Au final, au risque de choquer ses autres lecteurs, j'ai trouvé cette histoire franchement quelconque et plate... Adepte des non-dits et de toute subtilité qui nécessite observation, je n'ai pourtant pas su déceler ici le sel et la subtilité de cette histoire.

J'attendais, qu'à cette histoire universelle qu'on a tous plus ou moins connu, un supplément d'âme qui n'est pas venu. L'ambiance de cette histoire est bien évidemment nostalgique et offre même une vision quelque peu triste et désabusée de l'amour et du couple. Celà ne m'a posé aucun problème mais a, d'une certaine manière, accentué la froideur qui ressort de cet album.

 

Et ce n'est, hélas pas, le beau dessin de Manuele Fior qui a pu me faire modifier mon impression.

Le dessin fait à l'aquarelle s'étend dans unne palette bien particulière de couleurs acidulées : de jaune, de vert qui m'a paru cependant un poil en décalage avec l'aspect désabusé et nostalgique de l'album. Néanmoins, j'ai appréciée plus particulièrement les magnifiques paysages reflétant parfaitement une Italie estivale, une Norvège glaciale et un désert brûlant.

 

Cinq mille kilomètres par seconde est un album sur l'amour mais pas que. Il évoque aussi le hasard et les circonstances de la vie qui fait que l'on ne se rencontre pas toujours au bon moment. Il parle des choix de vies que nous faisons et qui conditionnent tout le reste de notre existence. Il évoque le temps qui passe et les regrets liés au passé, les erreurs que nous faisons tous. Un propos universel donc où chacun devrait se retrouver. Mais pour moi, la magie n'a pas du tout fonctionnée et c'est amertume que je constate une rencontre ratée avec cet album qui a su faire vibrer les autres lecteurs.

Et d'autant plus amère que l'album a reçu le prix Fauve d'Or du meilleur album au festival d'Angoulême 2011. Peut-être faudrait-il que je la relise un peu plus tard.

Peut-être saurez-vous y déceler plus de qualités que je n'en ai su trouver...

 

Les autres avis, tous séduits :

Mo' - Yvan - Lunch et Badelel - Hélène - KBD - Cécile - Kactuss -


 

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Cinq mille kilomètres par seconde
Dessinateur / Scénariste : Manuele FIOR
Editions Atrabile

janvier 2010 - 144 pages - 19€

 

palsechesChallenge PAL sèches chez Mo'

 

Challenge roaarrrPrix Fauve d'or 2011


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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 07:00

ines-01.jpgLes Leblon vivent dans un immeuble collectif avec leur petite fille. Les voisins s'inquiètent et s'agacent de l'entendre pleurer tous les soirs. N'y tenant plus, leur voisine décide d'aller prendre des nouvelles auprès de ses parents sous l'oeil indifférent de son compagnon. Le père ouvre et explique les scènes de la petite fille pour aller dormir : " Si on commence à marcher dans son jeu, je crois qu’on n’a pas fini. " La voisine repart rassurée.

Mais le lecteur va vite comprendre que la réalité est tout autre. Inès pleure car sa maman est battue par le père... 

Les pages qui suivent nous permettent de découvrir tout l'envers du décor de la violence conjugale.

 

Voilà un album fort sur un sujet difficile.

J'avais déjà abordé ce thème par un autre album lu précédemment : ...A la folie de Ricard et James, que j'avais trouvé extrêmement bien construit et très "éducatif" sur les ressorts psychologique de cette violence.

BIen, malgré moi, la lecture d'Inès s'est faite d'une certaine manière en regard de cette lecture.

 

Inès est donc la tranche de vie d'une famille et plus précisement d'une femme battue par son mari. Le lecteur va la suivre durant 48h et découvrir la violence physique et morale dont fait preuve son compagnon à son égard. Dévalorisant sa femme, la rendant coupable de ses emportements, sa cruauté s'accentue encore plus avec l'alcool. Il ne semble même plus dormir avec elle et la force à avoir des rapports sexuels.

Sa femme, elle, semble impuissante à faire face. La tentation de partir pour le bien-être de sa petite fille est grande mais l'inconnu, la difficulté, la peur de devoir revenir l'effraie et l'empêche de passer à l'acte.

Alors Mme Leblon se refugie dans son amour pour sa fille. Les moment passés avec elle sont une source de bonheur et d'oubli de son terrible quotidien. Mais le retour de son mari et l'image pleine de bleus que lui renvoit son miroir la ramène inexorablement à sa souffrance.

Les proches, eux, semblent peu présents. Les voisins sentent que quelque chose ne va pas mais difficile pour eux d'aller voir plus loin. Le collègue qui passe à leur domicile découvre les marques de coups, passe une soirée horrifiante où Mr Leblon traite sa femme pire que tout mais sa proximité avec le mari ne lui permet que de réagir mollement.

La tension monte crescendo et le drame qui se profile est inévitable.

 

Inès est l'histoire d'une femme battue, comme il en existe d'autres malheureusement. Seule face à la violence de son mari, elle peut difficilement réussir à s'en sortir. Les auteurs ont fait le choix de nous montrer juste ces 48h de vie. On ne saura rien de comment le couple en est arrivé là, on ne connaitra pas l'avenir des Leblon et de la petite fille. Au lecteur d'imaginer le pire ou le meilleur. 

On s'immerge malgré tout très facilement dans la vie de cette jeune femme. Les dialogues sont parfois absents et les longues plages de silence qui pontuent l'histoire font passer autant d'émotion par le non-dit et la pudeur.

Car Inès finalement joue beaucoup sur l'émotion. Le père est abject et ne suscite aucune compassion. La mère est une simple victime. Tout se déroule dans la spère familiale, en huis-clos.  Et c'est peut-être ce qui m'a gêné ici. ...A la folie, dont je vous parlais au début de ce billet, m'a semblé bien plus dense et plus riche au niveau des raisons de cette violence conjugale. Comment en vient-on à frapper sa femme ? POurquoi la femme battue ne part-elle pas ? Comment cache-t'elle les faits à l'extérieur ? Comment les proches doivent réagir face à ce genre de situation ? Ici, rien n'est expliqué. On vous montre abruptement les faits. Pour ma part, je n'ai pas attendu de lire ces albums pour découvrir l'ampleur du phénomène. Ce qui m'intéresse, c'est justement les raisons du pourquoi, de les analyser, de comprendre la passivité qu'on reproche souvent injustement à ces femmes battues.

 

Côté dessin, rien à redire. J'ai beaucoup apprécié le graphisme en noir et blanc de Jérôme d'Aviau. Le trait est simple mais montre beaucoup d'expressivité. Le côté hachuré de certaines textures renforcent l'aspect inquiétant du récit.


Alors, oui, l'album est excellent, et même nécessaire. Il réussit à aborder un sujet casse-gueule sans tomber dans le larmoyant et le pathos. Il provoque malaise et colère, de manière nécessaire.

Mais je regrette néanmoins qu'il ne donne pas plus de clés de compréhension sur ce fait qui touche de nombreuses femmes de manière bien trop souvent invisible.

Le but n'était pas, je suppose, d'expliquer mais de montrer cette violence bien trop cachée, de la dénoncer. Mais je pense qu'un complément d'information, si je puis dire, n'aurait pas nuit à la qualité de cet album.

Du coup, sa lecture fut pour moi une légère déception mais celà ne m'empêche pas malgré tout de vous recommander cette lecture salutaire.

On ne parle jamais trop des femmes battues : 1 femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon...Si cet album permet au moins à quelque personnes de se poser les bonnes questions, il aura rempli son rôle.

 

D'autres avis :

Mo' qui a été submergée par le malaise

David - Lunch et Badelel - KBD -

 

Liens :

Les premières pages à lire

INterview de Dauvillier

Interview vidéo des auteurs en plusieurs chapitres

 

 

 

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Inès
Dessinateur : Jérôme D’Aviau
Scénariste : Loïc Dauvillier
Édition Drugstore

Mars 2009 - 102 pages - 15€C


 

 

bd du mercredi

chez Mango

 

palseches

Challenge PAL sèches chez Mo'

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 07:00

moscou-cour-des-miracles-01.jpgMaya, 15 ans, a pris un train qui l'amène à Moscou. Munie d'un simple baluchon, elle voyage avec son bébé et tente de ne pas se faire remarquer. Alors qu'un soldat tente de l'agresser, une dame affable la sauve et la prend en charge. Maya s'endort enfin apaisée. Mais à son réveil, la dame a disparue et son bébé avec ! Paniquée, Maya erre dans la gare puis tente de contacter la police. Ces derniers, soupçonneux, ne la croient pas et tentent de l'emprisonner. Réussissant à s'enfuir, elle finit par être prise sous l'aile du jeune Zenya, un ado des rues débrouillard.

Parallèlement, l'inspecteur Renko est confronté au décès d'une jeune femme dans une vieille caravane. Alors que son boss le pousse à conclure cette enième affaire de prostituée morte par overdose, Renko pousse les investigations pour ce décès qui ressemble à un meurtre.

 

Voilà un polar bien sombre qui nous transporte dans la Russie poutinienne bien tourmentée. Aucune concession n'est faite dans ce portrait moscovite qui n'épargne personne : prostitution, corruption, misère, etc...

Martin Cruz Smith réussit avec brio à dépeindre avec réalisme une ville noyée sous les problèmes politiques, économiques et sociaux.

 

moscou-cour-des-miracles 02Kazanskiy station, l'une des 3 gares de la place Komsomolskaia

 

Un pays où les parents vendent leurs enfants, où les orphelins doivent s'organiser en bandes pour survivre dans la rue, où les corruptions de tout ordre aident à enterrer des histoires bien dérangeantes ou à obtenir des informations ou des appuis. Un pays communiste qui s'est perdu dans un capitalisme à outrance où la pauvreté la plus extrême cotoient le luxe tapageur. Comme son titre l'indique, Moscou est une vraie cour des miracles où chacun cherche à survivre comme il le peut en écrasant son voisin ou en l'ignorant.

L'inspecteur Renko, lui-même, est plutôt mal loti. Il conduit une vieille Lada pourrie, interdite de stationnement dans certains quartiers riches (!). Il camoufle l'alcoolisme avancé de son collègue et n'hésite pas à outrepasser les ordres de sa hiérarchie, au risque d'être menacé de suspension et de se retrouver à la rue le lendemain. A ses côtés, nous allons passer des soirées luxueuses des riches oligarques aux banlieues misérables où le peuple s'entasse.

Son petit protégé Zenya, est un enfant des rues, qui se planque solitairement dans un casino abandonné. Il vit de menus larcins et de sa passion pour les échecs qui lui permet de remporter des parties payantes. Attiré par Maya et ému par sa quête désespérée de retrouver son bébé, il tente de l'aider malgré le mystère que laisse planer la jeune fille sur son passé. C'est dans le quartier miteux des Trois gares que les 2 jeunes nous baladeront nous faisant découvrir l'abysse de la misère et de la criminalité.

 

moscou-cour-des-miracles-06.jpgEnfants des rues moscovites


Vous l'aurez compris, rien n'est rose dans ce roman qui va osciller entre ces 2 intrigues qui ne vont jamais vraiment se rejoindre malgré les quelques passerelles qu'il y a entre elles.

L'auteur donne un langage tout aussi noir à ses personnages qui n'hésitent pas à faire dans l'humour et l'ironie, et dans le parler populaire. Le propos est dur, la violence reste quotidienne et n'épargne pas les enfants, parfois tués pour de mauvaises raisons.

La critique contre le pouvoir en place s'avère elle aussi assez violente et le constat franchement négatif.


Des personnages attachants, une construction intelligente et un portrait réaliste et vivant de la Russie contemporaine : il n'en faut pas plus pour faire de Moscou, cour des miracles, un excellent polar qui m'a, pour ma part, passionné ! Je vous le recommande !

 

" La routine. Il était du genre triste et timide. Un suicide est un suicide. Non se dit Arkady. Entre de bonnes mains, un suicide est un meurtre. "

 

" Arkady se demanda si la mort compenserait une vie entière de manque de sommeil "

 

D'autres avis :

Nahe -

 

A noter :

On peut retrouver l'inspecteur Renko dans 6 autres précédent romans...

Je sais ce qu'il me reste à faire... :)

 

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Merci à Newsbook pour cette formidable découverte !



Moscou, cour des miracles

Martin Cruz Smith

Editions Calmann Lévy

Coll. Robert Pépin présente

Mai 2011 - 272 pages - 19,50€


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Published by Choco - dans Polar
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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 14:00

 

Il était une fois une bébé merleau paresseux qui aimait traîner près des terrasses nourissières...

et se laissait relativement approcher...


 

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C'est chez ma maman dans le Nord que j'ai pu observer l'animal !

En quelques semaines de temps, j'ai vu le petit merleau grandir.

Au début, sa mère le nourissait au bec en venant récupérer les miettes des repas pris en terrasse.

 

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Puis le petit a été sevré et a gardé l'habitude de venir quémander de la nourriture chez les hommes....

Au point de le voir toute la journée traîner dans le jardin, quitte même à rentrer dans la véranda et récupérer les graines des oiseaux de volière !

 

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La maman merlette qui est, elle, beaucoup plus méfiante :

 

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Difficile de prendre ces bestiaux !

ça bouge tout le temps et le queue est souvent coupée...

 

 

Les dimanches en photos sont aussi chez : 

 Liyah, Tiphanie, Choupynette, Fleur, Liliba, Sandrine, SeriaLecteur, Margotte, Estellecalim.

 

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 07:00

 

Gerda Taro, je vous en parlais il y a 2 jours avec la biographie romancée,  En attendant Robert Capa, qui raconte ses années communes avec le célèbre photographe Robert Capa.

Le grand public l'ignore souvent mais Gerda Taro était également devenue photographe sous l'égide de Capa, son compagnon, et d'autres de ses amis. Je vous renvoie à la critique du livre pour les détails de sa vie.

 

Morte écrasée par un char en 1937, elle fut la première femme photographe reporter.

 

 

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Robert Capa par Gerda Taro :

 

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Pour aller plus loin :

- Gerta Taro, une photographe révolutionnaire dans la guerre d'Espagne - Irme Schaber

Editions Le Rocher/Anatolia - 2006 - 23€

- L'ombre d'une photographe, Gerta Taro - François Maspéro

Editions Seuil - 2006 - 14€

 


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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 01:00

 

Voilà une nouvelle petite rubrique destinée à durer... ou pas !

ça fait longtemps que l'idée me trotte dans la tête...

la rentrée est une bonne occasion pour se lancer !


Je vais essayer de vous annoncer régulièrement :

- la liste des romans japonais à paraître

et éventuellement tout autre parution sur le sujet.

 

Puissiez-vous y trouver votre bonheur !


 

 

LITTTERATURE :

 

18 août :


love-and-pop-01.jpg- Love and pop, de Murakami Ryu

Editions Picquier poche - 7€

 

Love & Pop aborde une forme de prostitution propre au Japon, dont Murakami avait déjà fait le sujet troublant de son film Tokyo Decadence. Par l’intermédiaire de messageries téléphoniques, de jeunes lycéennes acceptent des rendez-vous avec des inconnus pour pouvoir s’acheter des produits de marque. Le roman raconte la journée d’une jeune fille qui, désirant absolument s’offrir une topaze impériale, accepte coup sur coup deux rendez-vous avec des hommes. Mais les rencontres ne vont pas se passer comme elle l’avait prévu.

22 août :


chansons-populaires.jpg- Chansons populaires de l'ère Showa, de Murakami Ryu

Editions Picquier - 17,50€

 

Six jeunes paumés dépourvus d'émotions et de buts dans la vie entrent en guerre avec six femmes trentenaires, divorcées en manque d'amour, dans une spirale de violence qui voit les cadavres s'accumuler avant de culminer dans une explosion (presque) atomique qui raye de la carte toute une ville près de Tokyo.
Six jeunes déseouvrés qui passent leurs soirées à parler sans s'écouter, à rire de façon incontrôlée et à interpréter des chansons à la mode au bord de la mer.
Six femmes qui n'ont en commun que leur prénom, Midori, et qui vont découvrir les vertus de la vengeance.
Murakami a écrit une fable très noire, en forme de karaoké littéraire, jouant avec les références aux mangas, à la culture urbaine et aux chansons populaires japonaises de la seconde moitié du xxème siècle.
Un regard d'une lucidité effarante sur une société où seule l'intrusion de la violence donnerait du sens à un monde voué à la solitude.  

 

25 Août :


1q84-tome-1.jpg1q84-tome-2.jpg- 1Q84, volume 1 , de Murakami Haruki

Editions Belfond - 23€

- 1Q84, volume 2, de Murakami Haruki

Editions Belfond - 23€

 

D'interrogation en rebondissement, de flash-back en hésitation morale, d'épisode sexuel en scène de violence, histoire des aventures et des amours d'Aomamé et de Tengo vécues d'avril à septembre 1984. A moins qu'il ne s'agisse de l'année 1Q84 dans un Japon parallèle ? Ou bien les deux à la fois ?

 

- Sommeil, de Murakami Haruki

Editions 10/18 - 12€

 

Japon, de nos jours. Une femme, la trentaine. Elle est mariée, elle aime son mari. Le matin, elle prépare le repas. L'après-midi, elle prend la voiture pour aller faire les courses, Parfois, elle va nager à la piscine. Elle vit sa vie comme un robot. Car cette femme ne dort plus depuis dix-sept ans. Du coup, elle fait des rêves étranges et angoissants. Ou peut-être est-ce la réalité.

 

- La ballade de l'impossible, de Murakami Haruki

Editions 10/18 - 8,20€

 

Au cours d'un voyage en avion, le narrateur entend la mélodie d'une chanson des Beatles, qui ressuscite en lui, brusquement, le souvenir de l'amour qu'il a vécu il y a dix-huit ans. Un roman d'apprentissage aux résonances autobiographiques.

 

 

22 Septembre :


quartier-sans-soleil.jpg- Le quartier sans soleil, de Tokunaga Sanao

Editions Yago - 20€

 

Les ouvriers d'une grande imprimerie se mettent en grève pour protester contre le renvoi de leurs camarades et réclamer de meilleures conditions de vie. Alors que la maison du directeur de l'usine est incendiée, que les grévistes sont pourchassés, la lutte s'intensifie. Evoquant un pays à peine sorti du féodalisme, ce récit se fonde sur l'histoire de la grève de l'imprimerie de Kyodo de 1926.

 


 

6 Octobre :


la-digue.jpg- La digue, de Uchida Hyakken

Editions Atelier in 8 - 12€

 

Qui d’entre nous n’a jamais éprouvé en rêve la sensation d’un sol qui se dérobe, le sentiment étrange de déjà-vu, le dédoublement de personnages ?

C’est dans ce monde onirique, où le vent n’en finit pas de souffler, la terre de trembler et la nuit de tomber, qu’Uchida Hyakken nous transporte. Un monde peuplé de femmes impérieuses qui exercent sur des hommes égarés leur pouvoir implacable.

À travers une ironie parfois cruelle et une écriture savamment épurée, Uchida Hyakken crée dans ces textes l’univers envoûtant qui fait de lui le maître incontesté de la nouvelle au Japon.

 

- Le mystère de Yoshiwara, de Matsui Kesako
Editions Picquier - 18,50€
Katsugari, une geisha du plus haut rang et la plus prisée du quartier réservé Yoshiwara, a disparu. Un personnage, dont l'identité reste longtemps inconnue, enquête d'après des témoignages de travailleurs de ce quartier. Il découvre peu à peu les secrets de Yoshiwara, son fonctionnement complexe, ses travailleurs et le détail de l'affaire.

- Romans, nouvelles, de Tanizaki Junichiro
Editions Gallimard, Quarto - Prix à définir
Réunit : Un amour insensé - Yoshino - Le coupeur de roseaux - L'histoire de Shunkin - Esquisse d'un portrait - Le chat, son maître et ses deux maitresses - La clef : la confession impudique - Journal d'un vieux fou - Svastika - Le goût des orties - Le récit de l'aveugle.

- Le mauvais (titre provisoire), de Yoshida Shuichi
Editions Picquier - 19,50€
Dans la région montagneuse de Kyûshû, une jeune femme est retrouvée étranglée. Pour sortir de la vie terne de cette province déshéritée, elle faisait commerce de ses charmes. Les réactions des personnages, ni tous bons, ni tous mauvais, à ce meurtre, remettent en question les normes morales et l'idée de justice et de culpabilité. S. Yoshida ébranle les certitudes de la société japonaise.

- Parade, de Yoshida Shuichi
Editions Picquier poche - 8€
Cinq jeunes gens partagent un appartement dans Tokyo. Chacun se présente à tour de rôle : un étudiant amoureux, une belle délaissée, une artiste alcoolique et misanthrope, un garçon assez voyeur, un employé de société de films violent à ses heures. Chacun évoque ses lieux, ses mets, ses séries TV, ses fréquentations. Une fiction sur le phénomène communautaire de la colocation.

13 octobre :

dahlia.jpg- Dahlia, de Hitonari Tsuji
Editions Seuil, cadre vert - 16€
Dahlia apparaît, en premier lieu, comme l'histoire d'une famille installée dans la banlieue d'une capitale. Elle peut être japonaise, française ou tout autre chose. Le quartier où elle habite a été autrefois destiné à la bourgeoisie mais peu à peu occupé par des immigrés.On fait d'abord la connaissance du grand-père. Il s'apprête à aller se promener comme tous les jours et croise trois amis à lui, qui lui proposent de les joindre au bridge. Il accepte l'invitation, mais doit rentrer chez lui pour demander l'autorisation à sa femme. Or, une fois chez lui, il se souvient d'être allé se recueillir sur les tombes des ses amis. C'étaient donc des visions. Puis il se tourne vers sa femme. Et il se rend compte qu'elle non plus, elle n'est plus de ce monde. Depuis qu'elle a confié à une infirmière la tâche de s'occuper de son beau-père sa belle-fille a pris l'habitude de se promener avec son chien. Dans un parc, elle engage la conversation avec un jeune homme au teint basané. Il se nomme Dahlia. Il lui propose de venir dans son appartement et elle le suit. Dahlia se révèle brutal et sans pitié. Il ordonne la femme de se déshabiller dans le seul but de l'humilier et de mettre en évidence la laideur de son corps.Un jour, Dahlia exige qu'elle l'invite à dîner en présence de sa famille. Contre toute attente, son mari, ses fils et sa fille éprouvent de la sympathie pour Dahlia. Le mari prend un verre en tête-à-tête dans salon avec Dahlia et lui propose de rester dormir. La fille demande à la mère de l'engager comme tuteur...L'auteur considère ce livre comme un de ses plus importants. Il rassemble ici de façon symbolique des thèmes qui lui sont chers : la désagrégation du tissu social et familial, l'hermaphroditisme et la visite des fantômes.

10 novembre :
- Chronique de l'oiseau à ressort, de Murakami Haruki
Editions Point seuil, réédition - 10€
Dans la banlieue de Tokyo, la vie de Toru Okada, chômeur qui reste à la maison, est bouleversée par la recherche d'un chat perdu et le coup de téléphone érotique d'une inconnue. Quand sa femme, Kumiko, lui annonce qu'elle le quitte et demande le divorce, il lâche prise et se réfugie dans un puits pour rêver et méditer. Commence pour Okada une quête qui lui fait rencontrer d'étranges personnages.

BANDE-DESSINEES / ILLUSTRATIONS :
( les mangas, trop nombreux, ne seront pas traités) 

24 Août :

contes-cruels-japon.jpg- Contes cruels du Japon, de Jean-David Morvan et Naoki Saito
Editions Delcourt, exlibris - 14,95€

 

Le coeur de glace de la femme des neiges, la complainte du carnage, les larmes de l’hommerequin,
le cerisier du seizième jour, le mangeur de cadavres… Cet inquiétant cortège traîne dans son sillon des Hommes qui, face à des peurs ancestrales, doivent choisir entre promesse et trahison, entre courage et couardise. Huit histoires de fantômes et d’êtres surnaturels, issues du folklore japonais.

 

8 septembre :


magnitude-9.jpg- Magnitude 9 : des images pour le Japon

Editions CFSL.ink - 30€

 

Les plus belles contributions de Tsunami, initiative mise en place sur Internet au lendemain du séisme du 11 mars 2011. Cet artbook est avant tout un hommage au Japon, à sa culture qui, depuis 20 ans, influence le monde entier.

 

 


 

ESSAIS :

 

31 Août :


japan-attitude.jpg- Japan attitude !  Attitudes et cultures japonaises

Editions hachette tourisme, guide bleu - 7,90€

 

Ce guide explore tous les sujets qui permettent une meilleure compréhension de la culture japonaise : histoire, religion, coutumes, traditions, vie quotidienne, etc.
 
 
 
   
22 Septembre :

- Un an et demi à vivre, de Nakae Chômin

Editions Belles Lettres - 21€

 

Lorsqu'il apprend en 1901 qu'il est atteint d'un cancer et que ses jours sont comptés, N. Chômin, au sommet de sa carrière, décide d'écrire cet ouvrage. Ce dernier offre un regard sur la politique et la vie culturelle du Japon de l'ère Meiji.

 

6 Octobre :

 

- Ce n'est par hasard, de Sekiguchi Ryoko

Editions POL - 15€

 

Une femme originaire du Japon se trouvait à Paris le 11 mars 2011, au moment où le Japon subissait un tsunami qui déclenchait la catastrophe nucléaire de Fukushima. Elle rend compte des questions et des propos qu'elle a entendus durant les jours qui ont suivi et décrit l'ambiance qu'elle a observé sur place trois semaines plus tard.

 

20 octobre :

 

- Journal d'Hiroshima, de Hachiya Michihiko

Editions Tallandier - 16,90€

 

L'explosion de la première bombe nucléaire racontée par un témoin survivant. Entre le matin du 6 août 1945 et l'arrivée des troupes d'occupation américaines, l'auteur, médecin, s'occupe malgré ses blessures à soigner ses compatriotes et à lutter contre les maladies provoquées par les radiations atomiques. Le récit est riche d'observations psychologiques et d'enseignements humains.

16 Novembre :

- Ici l'amour n'existe pas, d'Agnès Giard
Editions Glénat - 35€

Cet ouvrage recence les cent histoires d'amour les plus connues du Japon, décryptées et commentées par des artistes, des anthropologues ou des historiens.

30 Novembre :

- Nondé ?! : les tribulations d'une japonaise en France, de Nakamura Eriko
Editions NIL - 18€

L'auteure, une Japonaise installée depuis 10 ans en France, dresse le portrait plein d'amour et d'effroi des Français au quotidien. Nôndé ! ? (Mais que se pass t-il ?) c'est la question qu'elle se pose chaque jour. Dans les transports, chez le médecin, lors d'un dîner en ville..., elle fait le tour des façons d'être des Francais, en expliquant comment cela se passe au Japon.



 


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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 22:40

sakyo komatsu 01

submersion du japon 1

Il y a un an, je vous parlais du roman d'anticipation La submersion du Japon.


Ce roman évoquait une catastrophe provoquée par plusieurs tremblements de terre, entrainant la submersion du Japon dans la mer. Un roman dont on a reparlé à l'occasion des évènements récents au Japon.

Paru en 1973, le roman a été un véritable succès et ses ventes ont atteints 4 millions d'exemplaires.

 

Son auteur, Sakyo Komatsu, est décédé d'une pneumonie, le 26 juillet 2011, à l'âge de 80 ans.

Auteur d'autres romans de science-fiction, non traduits en france, il avait reçu  le plus prestigieux prix littéraire de science-fiction japonais, le Nihon SF Taisho Award.

 


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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 07:00

sous-l-eau-l-obscurite-01.jpgCorée, années 80. Min-Sun, huit ans, habite en banlieue de Séoul avec sa grande soeur Min-Jin et ses parents. Comme tous les autres enfants du quartier, elle fréquente les cours de natation. Cepandant, Min-Sun végète dans la section "canard" des débutants. C'est que la piscine, elle n'aime pas ça. Petite fille solitaire qui souffre de la comparaison avec sa grande soeur qui réussit tout, elle se sent transparente et inférieure aux autres et ses façons de se faire remarquer sont souvent maladroites et malvenues. Son père est quasiment absent et sa mère est bien trop accaparée par ses histoires d'argent et de bourse pour s'occuper d'elle, si ce n'est pour l'encourager à devenir une meilleure nageuse.

La petite Min-Sun se sent donc bien seule et son enfance se déroule dans un contexte bien triste que viendra finalement égayer une autre gamine rejetée.

 

A travers la tranche d'enfance de Min-sun, on découvre une Corée du Sud contemporaine sous un jour des moins heureux. Les bâtiments et les logements sont des parallélépipèdes froids et austères. La société coréenne valorise avant tout l'argent et la réussite. Les enfants sont incités constamment à devenir les meilleurs et la notion de compétition pèse dès le plus jeune âge. Les relations entre parents et enfants sont rigides et exempt de toute chaleur.

C'est dans cette environnement que grandit Min-Sun, qui porte aussi les soucis et les interrogations de son âge. L'album est centrée sur cette petite fille et ses sentiments. Elle est d'ailleurs le narrateur de cette histoire et nous fait partager la moindre de ses impressions : tristesse, déception, colère, et surtout la solitude. Rabrouée par sa grande soeur, oubliée par sa mère, évitée par ses camarades de classe, Min-Sun peine à trouver sa place dans un monde qui ne valorise que les gagnants.

Se dresse ainsi un portrait très touchant d'une petite fille émouvante qui se débat dans ses problèmes.

On y retrouve ici une enfance universelle avec ses jalousies, ses disputes, ses questions, le besoin d'affection et d'exister pour les autres, son envie de faire partie du groupe comme de s'en distinguer.


Beaucoup de lecteurs n'ont pas su s'attacher à Min-Sun à cause d'une froideur, d'une absence de sentiments que j'ai dû mal à comprendre. Pour ma part, j'ai été extrêmement touchée par cette petite coréenne dans laquelle je m'identifie pleinement. J'ai trouvé au contraire qu'on ressentait parfaitement la moindre de ses émotions, présentées avec pudeur et parfois non-dits. Suis-je plus sensible que d'autres justement à ces fameux non-dits ? Dans tous les cas, j'ai vibré avec elle, j'ai détesté, je me suis accroché en sa compagnie et j'ai refermé cet album gardant toute la tristesse que cet album contenait.

 

Le graphisme est plus déstabilisant. La très belle couverture annonce des dessins dans une palette de bleus et de blancs exclusifs qui rappelle l'élément centrale de l'eau et de la piscine. Si les couleurs sont très agréables, la physionomie des personnages m'a semblé moins heureuse. Réduits à leur plus simple expression, les détails de leur corps sont souvent absents ou juste suggérés. Les mains et les pieds sont esquissés ou laissés blancs, les visages sont réduit à quelques traits symbolisant les différents orifices. Malgré tout, les personnages ne sont pas dénués d'expression.

 

Au final, si le dessin ne m'a pas complètement convaincue, j'ai trouvé le scénario plus qu'intéressant et touchant. Pour moi, Sous l'eau, l'obscurité est un bel album intimiste qui, au-delà du portrait sans concession d'une Corée en pleine poussée économique, se révèle être la chronique d'une enfance blessée par la solitude.

A vous de vous faire votre propre avis !

 

Merci à Mo' de m'avoir transmis cet album et à Jérôme de l'avoir fait voyager !

 

D'autres avis :

Mo' - Jérôme - Liyah qui sont mitigés

Catherine qui a apprécié

 

Liens :

Interview de l'auteur

 

 

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Sous l'eau, l'obscurité

Yoon-Sun Park

Editions Sarbacane

Mars 2011 - 160 pages - 19,50€

 

 

palseches

Challenge PAL sèches chez Mo'

 

Women bd

Chez Théoma


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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 07:00

en-attendant-robert-capa-01.jpgSi tout le monde a entendu parler du photographe Robert Capa, il n'en est surement pas de même de Gerta Porohylle, qui fut sa compagne.

Gerta est une juive qui a fuit la Pologne fascisante pour se réfugier à Paris en 1935. Vivant avec son amie Ruth, elle fréquente les intellectuels de gauche et les autres réfugiés. Vivotant de petits boulots, elle fait la rencontre d'un certain André Friedmann, photographe hongrois, pour qui elle va servir de modèle. Les 2 jeunes gens sympathisent et André, accompagné de son ami David Seymour (dit Chim), va initier Gerta à la photographie.

Leur relation va évoluer lentement pour aboutir à un amour passionné qui mènera les 2 photographes sur les terres espagnoles en pleine guerre civile.

 

En attendant Robert Capa est finalement une version romancée de la vie de Gerta et de André. Nous allons les suivre de leur rencontre à la mort tragique de l'un d'eux.

Gerta, jeune femme timide, peine tout d'abord à s'attacher à André. Son ami Georg parti en Russie occupe toujours son coeur. POurtant, elle se laisse peu à peu séduire par cet homme passionné qui l'initie à son art. Découvrant les techniques photographiques, Gerta finit par s'investir au côté de cet homme dont elle va choisir de prendre en main la carrière. Les exilés sont nombreux à s'être fait photographe et il est difficile de se faire remarquer. Gerta a alors l'idée de proposer leurs photos sous pseudonymes américains. Désormais André est Robert Capa tandis que Gerta prend le nom de famille de Garo. Se faisant passer pour son manager et attisant le "mystère", elle contribue à son succès. Leurs reportages se multiplient et bientôt, ils partent en Espagne où la guerre civile et la résistance des républicains, par leur symbole de résistance aux fascismes, est synonyme d'engagement politique. Une guerre qui leur offrira leurs plus célèbres clichés mais sera aussi synonyme de drame...

 

en attendant robert capa 04Quel roman passionnant que celui-là ! Mélangeant romance, histoire et photographie, l'auteur a réussit à donner vie à cette histoire d'amour tout en lui donnant un contexte historique fort bien documenté. 

S'appuyant sur les détails connus de la vie des 2 amants, Susana Fortes embarque son lecteur dans la tourmente d'une Europe menacée par les fascistes de tout ordre.

Au début, le lecteur découvre le Paris des années 30, une certaine douceur de vivre et sa richesse intellectuelle mais aussi le racisme ambiant auquel doit faire face Gerta qui voit son appartement vandalisé. Puis, en suivant le couple en Espagne, c'est toute l'horreur et l'absurdité de la guerre civile qui apparait. L'engagement de Gerta et de Robert est fort : ils n'hésitent pas à prendre des risques, à approcher au plus près le front pour rapporter les preuves photographiques de ce qui s'y passe.

Tout au long du récit, l'auteur n'hésite d'ailleurs pas à évoquer certaines photos réelles des 2 amants et donnent ainsi un réalisme certain, comme  un certain éclairage ou une explication quant à leur contexte ou à leur répercution. La plus célèbre photo de Capa, montrant un milicien républicain fauché en pleine action, est ici donné comme un véritable traumatisme pour son auteur, donnant ainsi une résonnance tout autre à un cliché qui a fait le tour du monde.


 

en-attendant-robert-capa-02.jpgMort d'un soldat républicain - 1936 - © Robert Capa


Face à la violence du monde, leur amour fait contrepoint et va se révéler finalement passionné, et parfois même houleux. Construisant des personnages denses et complexes, l'auteur nous offre de vrais figures mythiques pour lesquelles, malgré leurs défauts, on ne peut que s'attacher et eprouver de l'admiration pour leur tenacité et leur courage. On croisera à l'occasion dans le texte d'autres figures célèbres qui ne font qu'accentuer le côté réaliste du roman. Sera évoqué aussi une fameuse valise contenant des négatifs et des clichés de Gerta et Capa, perdue dans les méandres de l'histoire. Valise qui a été rédécouverte en 2008 ! (Je vous en reparlerais certainement le mois prochain, vu qu'elle est exposée aux rencontres photos de Arles... )

 

Vous l'aurez compris, j'ai vraiment adoré ce roman qui touche à des sujets qui me touchent. On ne peut que vibrer face à la destinée tragique de Gerta, devant la souffrance de Capa face à sa disparition. On ne peut que se passionner pour la vie de ces photographes reporters qui bravent le danger pour mieux informer le monde. En attendant capa est un formidable roman qui révèle l'intimité d'un couple et nous fait découvrir plus particulièrement Gerta Taro, compagne quelque peu oubliée dont les photographies se mélangent parfois à celle de son compagnon, tant leur union était forte.

Une femme forte et volontaire qui m'a fasciné et dont je vous parlerais à l'occasion du prochain photographe du samedi !

 

en-attendant-robert-capa-03.jpgGreta Taro et Robert Capa

 

Citations :

 

La profondeur de champ n'est pas quelque chose que l'on programme. Elle vient quand elle vient. Toute une vie ne suffit pas à certains pour la trouver.

 

C'était à ce genre de journalisme-là qu'elle et André aspiraient. Être au cœur des évènements, les apprendre de première main, sentir le monde palpiter dans leurs veines.

 

 

D'autres avis :

Kathel que je remercie ! - Sylire - Estellecalim - Saxaoul -Voyelle et consonne - Fleur -

 

POur en savoir plus sur la valise mexicaine retrouvé, c'est ici

 

 

En attendant Robert Capa

Susana Fortes

Editions Héloise d'Ormesson

Janvier 2011 - 247 pages - 19€



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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 07:00

voyage-aux-iles-de-la-desolation-01.jpg2010. Emmanuel Lepage, le dessinateur, vient d'obtenir la possibilité de voyager à bord du Marion Dufresne en direction des TAAF (Terres australes et  antarctiques françaises). Voyage aux iles de la désolation est son carnet de voyage où se mélange aquarelles et récit de son périple.

 

Les îles de la désolation, mais où sont-elles ? En fait, il s'agit du surnom donné aux îles Kerguelen situées au beau milieu de l'océan indien, à proximité des terres arctiques. Au départ de La Réunion, Emmanuel Lepage est donc parti à bord d'un navire qui effectue la navette dans les TAAF et ravitaille ses terres éloignées qui ne doivent leur survie qu'à ces maigres voyages.

Iles Crozet, Saint-Paul-et-Amsterdam, Kerguelen : des terres difficiles donc qui sont pour la plupart habitées par des scientifiques passionnés qui sacrifient souvent leur vie personnelle au service de leur travail.

 

A travers les yeux d'Emmanuel Lepage, nous découvrons la vie à bord du bateau et le quotidien de l'équipage : la navigation difficile, le poste de commandement, les repas avec les membres de l'équipage qu'il nous présente par ailleurs individuellement, les manoeuvres de déchargement des marchandises qui se compliquent avec la réduction du personnel. L'immersion dans ce voyage maritime est totale. 

Les arrêts dans les îles sont l'occasion pour Lepage de croquer ses habitants, humains ou animals. On découvre les difficultés de la communauté scientifique, ses récriminations (l'absence trop fréquente de légumes frais par exemple dû à la suppression des potagers locaux, susceptibles de menacer la flore locale) comme ses joies (nuits étoilées sans pareil). On assiste aux magnifiques ballets des animaux : les manchots, les éléphants de mer, les albatros, ...

Le dessinateur n'hésite pas à évoquer les conditions difficiles  pour son art : vent d'une force à vous envoler, pluie battante qui ponctue les feuillets, animaux curieux, ou même temps compté qui oblige à un crayonné fait dans l'urgence.

 

Et pourtant, quel résultat !! Cet album est tout simplement magnifique !

Ces 5 mois de voyage ont donnés un recueil extrêmement vivant qui rapporte avec une palette chatoyante une expérience rare. L'album est construit sur une base de noir et blanc mais se ponctue régulièrement de vignettes ou de pages totalement en couleurs. Utilisant l'aquarelle, Lepage magnifie avec brio les immensités glaciales de l'arctique, les mers agitées, les colonies d'animaux. Certaines double-pages sont même de véritables peintures !

 

Vous l'aurez compris, ce carnet de voyage est une vraie réussite et ravira tous les amateurs de voyage martime ou non. Un beau coup de coeur pour moi !

 

 

D'autres avis, tous conquis  :

Zorblog - Yvan - GuigzzYaneck -

 

Liens :

 

Vous pouvez lire les premières pages ici !


Le journal de bord des aventuriers du Marion Dufresne où vous pouvez retrouver dessins et photos des Lepage.

Le site de François Lepage, photographe et frère d'Emmanuel avec ses belles photos du périple.

 

Petite vidéo pour découvrir le voyage en image et le travail du dessinateur :



Voyage aux îles de la Désolation - Teaser... par Futuropolis

 


 

 

 

voyage-aux-iles-de-la-desolation-04.jpg


" En arrivant aux Kerguelen, on touche au but. Rien que le nom est mythique et incarne l'essence du voyage. A bord régnait une grande fébrilité. A l'aube (rose) et par grand froid, on monte sur le pont au-dessus de la passerelle. Devant nous, une sorte de montagne rose complètement pelée, sans végétation, fouettée par le vent. Autour, de l'eau turquoise bouillonnante, aux vagues décapitées. C'était absolument magique, et donnait le sentiment d'être au bout du monde. "

 

 

voyage-aux-iles-de-la-desolation-02.jpg

 

 

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voyage-aux-iles-de-la-desolation-06.jpg

 

Voyage aux îles de la désolation

Emmanuel Lepage

Editions Futuropolis

Mars 2011 - 160 pages - 24€


 

bd du mercredi

Chez Mango

 

challenge récit de voyage

Chez Tiphanya

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Humeur

Le 26 Août 2013 :
Le grenier de choco n'est plus...
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